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L’envoyĂ© spĂ©cial amĂ©ricain pour la Syrie Ă  Damas

L’Ă©missaire amĂ©ricain pour la Syrie, Thomas Barrack, est arrivĂ© jeudi Ă  Damas, selon l’agence officielle Sana, une nouvelle Ă©tape dans le rapprochement entre les deux pays après la chute de Bachar al-Assad.M. Barrack, Ă©galement ambassadeur en Turquie, a inaugurĂ© avec le ministre syrien des Affaires Ă©trangères, Assaad al-Chaibani, la rĂ©sidence de l’ambassadeur amĂ©ricain dans la capitale syrienne, a indiquĂ© Sana.Les photographes de l’AFP ont vu la bannière Ă©toilĂ©e hissĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de la rĂ©sidence de l’ambassadeur, situĂ©e Ă  quelques centaines de mètres de l’ambassade amĂ©ricaine dans le quartier d’Abou Roummaneh, au milieu de strictes mesures de sĂ©curitĂ©.L’ambassade amĂ©ricaine en Syrie avait Ă©tĂ© fermĂ©e lors de la rĂ©pression par Assad d’un soulèvement pacifique en 2011 qui a dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en guerre civile.L’envoyĂ© spĂ©cial du prĂ©sident Donald Trump pour la Syrie avait rencontrĂ© le 24 mai Ă  Istanbul le prĂ©sident syrien par intĂ©rim Ahmad al-Chareh, après la levĂ©e des sanctions amĂ©ricaines envers Damas.Cette rencontre Ă©tait intervenue Ă  la suite de la rĂ©union Ă  Ryad entre Donald Trump et Ahmad al-Chareh, qui avait renversĂ©, Ă  la tĂŞte d’une coalition islamiste, le pouvoir de Bachar al-Assad en dĂ©cembre.”Tom comprend qu’il y a un grand potentiel Ă  travailler avec la Syrie pour stopper le radicalisme, amĂ©liorer les relations et assurer la paix au Moyen-Orient”, a affirmĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain dans un post sur X du DĂ©partement d’Etat jeudi.Le dernier ambassadeur en poste en Syrie, Robert Ford, avait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© persona non grata après avoir dĂ©fiĂ© le pouvoir syrien en se rendant en 2011 Ă  Hama, ville assiĂ©gĂ©e par l’armĂ©e Ă  210 km au nord de Damas, et théâtre d’une manifestation monstre contre le rĂ©gime.Depuis la chute d’Assad, les relations entre le nouveau pouvoir syrien et les Etats-Unis se sont progressivement amĂ©liorĂ©es. Fin dĂ©cembre, une dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine conduite par Barbara Leaf, responsable du Moyen-Orient au sein du dĂ©partement d’Etat, s’Ă©tait rendue Ă  Damas pour un premier contact avec les nouveaux dirigeants syriens.

Loi simplification: après le recul du ZAN, l’AssemblĂ©e approuve la suppression des “zones Ă  faibles Ă©missions”

Saisie du projet de loi de “simplification”, l’AssemblĂ©e nationale a approuvĂ© mercredi coup sur coup un recul du principe de “zĂ©ro artificialisation nette”, et surtout la suppression des zones Ă  faibles Ă©missions, qui restreignent la circulation de certains vĂ©hicules.Introduite en commission Ă  l’initiative de LR et du RN, la suppression des zones Ă  faibles Ă©missions (ZFE) a Ă©tĂ© adoptĂ©e par 98 voix contre 51, avec celles de l’alliance RN-UDR, de la droite, de LFI et quelques macronistes.Ecologistes et socialistes ont largement votĂ© contre, comme certains dĂ©putĂ©s MoDem et Horizons. Le gouvernement Ă©tait opposĂ© Ă  la suppression, proposant, sans succès, un compromis.InitiĂ©es en 2019 pour limiter les Ă©missions de particules fines, les ZFE sont une mesure emblĂ©matique de la loi Climat et rĂ©silience du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, excluant de leur pĂ©rimètre certains vĂ©hicules très anciens et polluants, identifiĂ©s par les vignettes Crit’Air 3 ou plus selon les villes.Mais leur application est critiquĂ©e par de nombreux responsables politiques qui considèrent qu’elles excluent des catĂ©gories de la population ne pouvant acheter des vĂ©hicules moins polluants.”Je ne vais pas vous dire aujourd’hui que je pleure”, a rĂ©agi jeudi sur CNews Europe 1 le ministre (LR) des Transports, Philippe Tabarot.”Le texte tel qu’il a Ă©tĂ© dĂ©fini aujourd’hui est dĂ©passĂ©”, a-t-il ajoutĂ©, appelant Ă  amĂ©liorer le dispositif par “des mesures de bon sens (…) qui puissent nous permettre de garder des objectifs nationaux et europĂ©ens au niveau de la pollution de l’air, mais certainement pas de cette manière et certainement pas en montant les Français contre les Français”.Leur suppression “n’est pas une dĂ©faite pour l’écologie, c’est une dĂ©faite pour l’écologie punitive et pour tous ceux qui veulent systĂ©matiquement taper sur les Français”, a abondĂ© sur X la patronne des dĂ©putĂ©s RN Marine Le Pen.Le groupe LFI a saluĂ© une “victoire” contre “un dispositif injuste”. “LFI a proposĂ© dès 2022 un moratoire sur les ZFE (…) Il est urgent de planifier nos mobilitĂ©s en mettant de rĂ©els moyens dans des alternatives en transports en commun”, a-t-il poursuivi dans un communiquĂ©.”La pollution de l’air est Ă  l’origine de près de 40.000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s par an (…) Et les zones Ă  faibles Ă©missions ont contribuĂ© Ă  baisser ces dĂ©cès prĂ©coces”, avait dĂ©fendu dans l’hĂ©micycle la ministre macroniste de la Transition Ă©cologique Agnès Pannier-Runacher.- “DĂ©magogie” -Elle a tentĂ© de faire adopter un compromis, pour sanctuariser le fait que les ZFE ne seraient obligatoires qu’autour de Paris et Lyon, et instaurer toute une batterie d’exceptions Ă  la main des collectivitĂ©s qui veulent les mettre en place.”Ce ne sera pas possible de le faire mĂŞme pour ceux qui le souhaitent”, a dĂ©plorĂ© le ministère dans un communiquĂ©, après le vote de l’AssemblĂ©e.L’ancien ministre macroniste des Transports ClĂ©ment Beaune, dĂ©sormais Haut-commissaire au Plan, a dĂ©plorĂ© sur X une “triste semaine de dĂ©magogie anti-Ă©colo”, citant Ă©galement une loi agricole visant entre autres Ă  rĂ©introduire certains nĂ©onicotinoĂŻdes, et qui poursuit sa route au Parlement grâce Ă  un coup tactique du bloc central lundi.Concernant la loi simplification, les dĂ©putĂ©s ont aussi adoptĂ© mercredi un article pour faciliter l’implantation de vastes centres de donnĂ©es numĂ©riques. Mais après son passage en commission, il comporte surtout une rĂ©vision significative du “zĂ©ro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre la bĂ©tonisation d’espaces naturels et agricoles.L’article permet de “dĂ©passer jusqu’Ă  30%” la limite de surfaces naturelles amĂ©nageables, “sans justification”, et prĂ©voit d’exclure du dĂ©compte du ZAN les constructions reconnues par dĂ©cret comme “projet d’intĂ©rĂŞt national majeur”.L’AssemblĂ©e a aussi adoptĂ© un amendement visant Ă  sĂ©curiser la conformitĂ© de projets comme celui de l’autoroute A69 – une limitation du “droit aux recours” selon la gauche -, ou un article ambitionnant de simplifier l’implantation d’antenne-relais.Des dĂ©putĂ©s estiment toutefois que certaines dispositions, comme l’abrogation des ZFE, encourent un risque de censure au Conseil constitutionnel, comme cavaliers lĂ©gislatifs (trop Ă©loignĂ©s du texte initial).Les votes sur les articles devront ĂŞtre confirmĂ©s par celui sur le projet de loi, alors que les dĂ©bats sur ce texte, morcelĂ©s depuis dĂ©but avril, doivent reprendre mi-juin, avec 623 amendements Ă  Ă©tudier.

A l’ombre de Trump, cĂ©rĂ©monie de remise des diplĂ´mes Ă  Harvard

Harvard organise jeudi sa cĂ©rĂ©monie annuelle de remise des diplĂ´mes, une coutume très amĂ©ricaine ternie cette annĂ©e par une bataille judiciaire avec le gouvernement de Donald Trump qui a multipliĂ© les mesures contre l’une des universitĂ©s les plus prestigieuses au monde.Traditionnellement marquĂ©e par des discours Ă©mouvants d’Ă©tudiants portant toge et toque, la cĂ©rĂ©monie survient au moment oĂą le prĂ©sident amĂ©ricain exerce une pression sans prĂ©cĂ©dent sur Harvard. Il a cherchĂ© Ă  lui interdire d’accueillir des Ă©tudiants Ă©trangers, supprimĂ© ses contrats avec le gouvernement fĂ©dĂ©ral, rĂ©duit ses subventions de plusieurs milliards de dollars et remis en cause son statut d’Ă©tablissement exonĂ©rĂ© d’impĂ´ts.Harvard conteste toutes ces mesures devant les tribunaux.Quant Ă  ses Ă©tudiants et chercheurs Ă©trangers, ils sont “nombreux Ă  faire Ă©tat d’une dĂ©tresse Ă©motionnelle importante qui affecte leur santĂ© mentale et rend difficile la concentration sur leurs Ă©tudes”, a dĂ©plorĂ© mercredi Maureen Martin, la directrice des services d’immigration de l’universitĂ© amĂ©ricaine.”Un nombre incalculable d’Ă©tudiants Ă©trangers se sont renseignĂ©s sur la possibilitĂ© d’un transfert vers une autre institution”, a ajoutĂ© Mme Martin, dans un dĂ©pĂ´t d’acte judiciaire. L’institution de la Ivy League, le club fermĂ© des grandes universitĂ©s amĂ©ricaines, n’a cessĂ© de s’attirer les foudres de Donald Trump, menant une fronde contre la volontĂ© de son administration de contrĂ´ler les recrutements, le contenu des programmes ou encore ses orientations dans le domaine de la recherche. Depuis son retour Ă  la Maison Blanche en janvier, le prĂ©sident s’est lancĂ© dans une vaste campagne contre des universitĂ©s qu’il accuse de propager une idĂ©ologie “woke”, leur reprochant notamment leurs politiques de promotion de la diversitĂ© ou encore d’avoir laissĂ© prolifĂ©rer des manifestations contre la guerre Ă  Gaza, qu’il associe Ă  de l’antisĂ©mitisme.”Harvard manque beaucoup de respect Ă  notre pays et ne fait que s’enfoncer de plus en plus”, a dĂ©clarĂ© Donald Trump mercredi.”Parfois, ils n’aiment pas ce que nous reprĂ©sentons”, avait estimĂ© mardi le prĂ©sident de Harvard Alan Garber sur la radio NPR, en rĂ©fĂ©rence Ă  l’administration Trump, bien dĂ©cidĂ©e Ă  promouvoir son idĂ©ologie conservatrice.- “ReprĂ©sailles” -Alan Garber doit prendre la parole lors de la cĂ©rĂ©monie de jeudi. Il a reconnu des problèmes d’antisĂ©mitisme Ă  Harvard. Mais “ce qui laisse perplexe, c’est que les mesures qu’ils ont prises pour rĂ©soudre ces problèmes ne touchent mĂŞme pas les personnes qui en sont selon eux Ă  l’origine”, a affirmĂ© Alan Garber Ă  NPR.La star du basket-ball et militant des droits humains Kareem Abdul-Jabbar s’est adressĂ© Ă  la promotion 2025 Ă  l’occasion de la journĂ©e des Ă©tudiants mercredi, comparant le combat d’Alan Garber Ă  celui de Rosa Parks, icĂ´ne de la lutte pour les droits civiques contre la sĂ©grĂ©gation raciale.Si Harvard est en première ligne, tenant tĂŞte au prĂ©sident, ce dernier a pris pour cible plusieurs universitĂ©s prestigieuses, dont Columbia, qui a fait des concessions importantes Ă  l’administration espĂ©rant rĂ©cupĂ©rer les 400 millions de dollars de subventions fĂ©dĂ©rales qui lui avaient Ă©tĂ© retirĂ©es.En marge de la cĂ©rĂ©monie, un juge fĂ©dĂ©ral de Boston doit entendre les parties en litige sur la suppression du droit d’accueil d’Ă©tudiants Ă©trangers.La juge Allison Burroughs a dĂ©jĂ  suspendu cette mesure du gouvernement, alors que 27% des Ă©tudiants de Harvard viennent de l’Ă©tranger, une importante source de revenus et de rayonnement international pour l’Ă©tablissement.Ancienne juge spĂ©cialisĂ©e dans l’immigration, Patricia Sheppard a manifestĂ© mercredi devant Harvard, vĂŞtue d’une robe noire de magistrate et brandissant une pancarte: “Pour l’Etat de droit”.”Il n’est pas normal qu’un prĂ©sident s’engage dans certaines actions en guise de reprĂ©sailles”, a-t-elle dit Ă  l’AFP.

Suisse: inquiĂ©tudes sur la formation d’un lac après un gigantesque Ă©boulement

Les autoritĂ©s suisses s’inquiètent jeudi de la formation d’un lac artificiel, et d’une possible inondation, après l’Ă©boulement de millions de mètre cubes de glace et de roches qui ont dĂ©truit la quasi totalitĂ© d’un village dans le sud du pays.Le lac artificiel qui s’est créé après la destruction du glacier du Birch tend Ă  grossir heure par heure et le blocage de la rivière Lonza qui passe au fond de la vallĂ©e du Lötschental fait craindre des inondations en aval. “Nous allons essayer, aujourd’hui, de nous rendre compte de ses dimensions”, explique Antoine Jacquod, un responsable de la sĂ©curitĂ© civile et militaire du Canton du Valais, Ă  l’agence de presse Keystone-ATS.”Un gros risque d’embâcle existe qui pourrait inonder la vallĂ©e en contrebas”, selon le responsable, faisant allusion Ă  l’accumulation de roches, de glace et de terre qui obstrue la rivière.Par prĂ©caution, seize personnes ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©es dès mercredi soir dans deux villages situĂ©s en aval de la zone sinistrĂ©e. “L’embouteillage est d’environ 2 kilomètres de long sur la Lonza (…) et c’est comme une montagne, et bien sĂ»r, cela crĂ©e un petit lac qui devient de plus en plus grand”, a expliquĂ© mercredi soir le responsable cantonal en charge de la gestion des dangers naturels, RaphaĂ«l Mayoraz.Un barrage artificiel a Ă©tĂ© prĂ©ventivement vidĂ© pour contenir l’eau refoulĂ©e par le mur de glace, de terre et de gravats.Si l’eau devait dĂ©border de ce barrage artificiel il faudrait alors songer Ă  Ă©vacuer la vallĂ©e. Le gouvernement cantonal du Valais a demandĂ© Ă  l’armĂ©e de fournir des pompes pour sĂ©curiser le lit de la rivière et des appareils de dĂ©blaiement. “Savoir quand on pourra concrètement intervenir demeure actuellement une grande inconnue”, admet Antoine Jacquod.L’Ă©boulement du glacier du Birch a dĂ©truit en grande partie le petit village de Blatten et fait un disparu, ont indiquĂ© les autoritĂ©s.L’effondrement du glacier Ă©tait attendu depuis plusieurs jours, de nombreux Ă©boulements de roche s’Ă©tant dĂ©jĂ  produits dans la partie montagneuse qui le surplombe.La personne portĂ©e disparue est un habitant de la rĂ©gion, âgĂ© de 64 ans, qui, selon les informations de la police cantonale du Valais, se trouvait dans la zone concernĂ©e au moment de l’Ă©vĂ©nement. Des images diffusĂ©es sur YouTube montrent un immense nuage de glace et de gravats dĂ©valant la pente de la montagne surplombant la vallĂ©e.  La force et la vitesse du nuage Ă©taient telles qu’il a poursuivi sa course sur la pente opposĂ©e de la vallĂ©e.Et le phĂ©nomène a Ă©tĂ© enregistrĂ© par toutes les stations sismiques du pays.Selon RaphaĂ«l Mayoraz, ce sont “3 millions de mètres cubes de roches qui sont tombĂ©s d’un coup sur le glacier, l’emportant avec eux” dans la vallĂ©e. 

Droits de douane: un tribunal américain inflige un camouflet à Trump, les marchés soulagés

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a subi un nouveau camouflet judiciaire avec la dĂ©cision d’un tribunal amĂ©ricain de bloquer ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, une dĂ©cision contestĂ©e par la Maison Blanche mais qui faisait grimper les marchĂ©s financiers jeudi.Si les trois juges du tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) ne contestent pas dans leur dĂ©cision la possibilitĂ© pour les Etats-Unis d’augmenter leurs surtaxes douanières, ils ont estimĂ© que celles-ci relevaient d’une prĂ©rogative du Congrès et que M. Trump avait ainsi outrepassĂ© les pouvoirs dont il dispose.La dĂ©cision bloque Ă  la fois les droits de douane imposĂ©s au Canada, au Mexique et Ă  la Chine, accusĂ©s de ne pas lutter assez contre le trafic de fentanyl, et les surtaxes “rĂ©ciproques” imposĂ©es dĂ©but avril –dont l’application au-delĂ  d’un plancher de 10% a Ă©tĂ© repoussĂ©e dĂ©but juillet.Le gouvernement Trump a interjetĂ© appel mercredi, selon un document judiciaire consultĂ© par l’AFP.Mais en dĂ©pit de l’incertitude des procĂ©dures, la dĂ©cision de l’ITC a Ă©tĂ© saluĂ©e par les marchĂ©s financiers: les Bourses en Asie ont grimpĂ© –Tokyo s’adjugeant près de 2%– et les places europĂ©ennes devraient faire de mĂŞme selon les indices Ă  terme.Profitant d’un regain d’appĂ©tit pour le risque, le dollar bondissait de 0,8% face au yen et de 0,5% face Ă  l’euro vers 06H00 GMT.Dans le dĂ©tail, les juges considèrent que le prĂ©sident ne peut invoquer la loi d’urgence Ă©conomique de 1977 (IEEPA) pour instituer par dĂ©cret “une surtaxe illimitĂ©e sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon le jugement que l’AFP a pu consulter.Pour les magistrats, les dĂ©crets adoptĂ©s “outrepassent les pouvoirs accordĂ©s au prĂ©sident dans le cadre de la loi IEEPA pour rĂ©guler les importations”, ce texte lui permettant seulement “de prendre les sanctions Ă©conomiques nĂ©cessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”.Toute interprĂ©tation qui lui dĂ©lègue “une autoritĂ© illimitĂ©e sur les droits de douane est anticonstitutionnelle”, ont insistĂ© les juges.Dans une opinion Ă©crite accompagnant la dĂ©cision, l’un des juges, qui n’est pas nommĂ©, a estimĂ© que cela “constituerait un renoncement du pouvoir lĂ©gislatif au bĂ©nĂ©fice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire Ă  la Constitution amĂ©ricaine.-“Juges non Ă©lus”-Dans un communiquĂ©, un porte-parole de la Maison Blanche a dĂ©noncĂ© une dĂ©cision de “juges non Ă©lus” qui n’ont “pas le pouvoir de dĂ©cider comment gĂ©rer convenablement une urgence nationale”.”Le prĂ©sident Trump a jurĂ© de placer les Etats-Unis en premier et le gouvernement est dĂ©cidĂ© Ă  utiliser tous les leviers du pouvoir exĂ©cutif pour rĂ©pondre Ă  cette crise et restaurer la grandeur amĂ©ricaine”, a ajoutĂ© ce porte-parole, Kush Desai.De son cĂ´tĂ©, le chef de file de la minoritĂ© dĂ©mocrate Ă  la commission des Affaires Ă©trangères de la Chambre des reprĂ©sentants, Gregory Meeks, a estimĂ© que la dĂ©cision venait confirmer “un abus illĂ©gal du pouvoir exĂ©cutif”.Le tribunal se prononçait suite Ă  deux plaintes, dĂ©posĂ©es l’une par une alliance de douze Etats amĂ©ricains dont l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises amĂ©ricaines, qui reprochaient Ă  Donald Trump de s’arroger des pouvoirs appartenant au Congrès.Depuis son retour Ă  la Maison Blanche, le milliardaire rĂ©publicain a utilisĂ© les droits de douane comme principale arme de politique commerciale mais Ă©galement d’incitation Ă  la rĂ©industrialisation du pays et de moyen de pression sur d’autres pays.Le 2 avril, il avait annoncĂ© ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, censĂ©s concerner l’ensemble des pays dans le monde, avant de reculer face Ă  la chute des marchĂ©s financiers, accordant une pause de 90 jours –tout en maintenant une surtaxe-plancher de 10%–, afin d’ouvrir la porte Ă  des nĂ©gociations commerciales.Le nĂ©gociateur du Japon Ryosei Akazawa a indiquĂ© jeudi qu’il Ă©tudierait la dĂ©cision judiciaire, peu avant son dĂ©part pour Washington pour une quatrième sĂ©ance de pourparlers en vue d’Ă©chapper aux taxes prohibitives plombant les exportations d’automobiles et d’acier de l’archipel.Donald Trump a par ailleurs fait volte-face dimanche sur sa menace d’imposer dès le 1er juin 50% de droits sur les produits de l’UE en perspective de pourparlers.Et PĂ©kin et Washington, après un bras de fer et une escalade des surtaxes colossales qu’ils s’imposaient mutuellement, se sont finalement entendus mi-mai sur un retour Ă  10% sur les produits amĂ©ricains et 30% sur les produits chinois.

Droits de douane: un tribunal américain inflige un camouflet à Trump, les marchés soulagés

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a subi un nouveau camouflet judiciaire avec la dĂ©cision d’un tribunal amĂ©ricain de bloquer ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, une dĂ©cision contestĂ©e par la Maison Blanche mais qui faisait grimper les marchĂ©s financiers jeudi.Si les trois juges du tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) ne contestent pas dans leur dĂ©cision la possibilitĂ© pour les Etats-Unis d’augmenter leurs surtaxes douanières, ils ont estimĂ© que celles-ci relevaient d’une prĂ©rogative du Congrès et que M. Trump avait ainsi outrepassĂ© les pouvoirs dont il dispose.La dĂ©cision bloque Ă  la fois les droits de douane imposĂ©s au Canada, au Mexique et Ă  la Chine, accusĂ©s de ne pas lutter assez contre le trafic de fentanyl, et les surtaxes “rĂ©ciproques” imposĂ©es dĂ©but avril –dont l’application au-delĂ  d’un plancher de 10% a Ă©tĂ© repoussĂ©e dĂ©but juillet.Le gouvernement Trump a interjetĂ© appel mercredi, selon un document judiciaire consultĂ© par l’AFP.Mais en dĂ©pit de l’incertitude des procĂ©dures, la dĂ©cision de l’ITC a Ă©tĂ© saluĂ©e par les marchĂ©s financiers: les Bourses en Asie ont grimpĂ© –Tokyo s’adjugeant près de 2%– et les places europĂ©ennes devraient faire de mĂŞme selon les indices Ă  terme.Profitant d’un regain d’appĂ©tit pour le risque, le dollar bondissait de 0,8% face au yen et de 0,5% face Ă  l’euro vers 06H00 GMT.Dans le dĂ©tail, les juges considèrent que le prĂ©sident ne peut invoquer la loi d’urgence Ă©conomique de 1977 (IEEPA) pour instituer par dĂ©cret “une surtaxe illimitĂ©e sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon le jugement que l’AFP a pu consulter.Pour les magistrats, les dĂ©crets adoptĂ©s “outrepassent les pouvoirs accordĂ©s au prĂ©sident dans le cadre de la loi IEEPA pour rĂ©guler les importations”, ce texte lui permettant seulement “de prendre les sanctions Ă©conomiques nĂ©cessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”.Toute interprĂ©tation qui lui dĂ©lègue “une autoritĂ© illimitĂ©e sur les droits de douane est anticonstitutionnelle”, ont insistĂ© les juges.Dans une opinion Ă©crite accompagnant la dĂ©cision, l’un des juges, qui n’est pas nommĂ©, a estimĂ© que cela “constituerait un renoncement du pouvoir lĂ©gislatif au bĂ©nĂ©fice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire Ă  la Constitution amĂ©ricaine.-“Juges non Ă©lus”-Dans un communiquĂ©, un porte-parole de la Maison Blanche a dĂ©noncĂ© une dĂ©cision de “juges non Ă©lus” qui n’ont “pas le pouvoir de dĂ©cider comment gĂ©rer convenablement une urgence nationale”.”Le prĂ©sident Trump a jurĂ© de placer les Etats-Unis en premier et le gouvernement est dĂ©cidĂ© Ă  utiliser tous les leviers du pouvoir exĂ©cutif pour rĂ©pondre Ă  cette crise et restaurer la grandeur amĂ©ricaine”, a ajoutĂ© ce porte-parole, Kush Desai.De son cĂ´tĂ©, le chef de file de la minoritĂ© dĂ©mocrate Ă  la commission des Affaires Ă©trangères de la Chambre des reprĂ©sentants, Gregory Meeks, a estimĂ© que la dĂ©cision venait confirmer “un abus illĂ©gal du pouvoir exĂ©cutif”.Le tribunal se prononçait suite Ă  deux plaintes, dĂ©posĂ©es l’une par une alliance de douze Etats amĂ©ricains dont l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises amĂ©ricaines, qui reprochaient Ă  Donald Trump de s’arroger des pouvoirs appartenant au Congrès.Depuis son retour Ă  la Maison Blanche, le milliardaire rĂ©publicain a utilisĂ© les droits de douane comme principale arme de politique commerciale mais Ă©galement d’incitation Ă  la rĂ©industrialisation du pays et de moyen de pression sur d’autres pays.Le 2 avril, il avait annoncĂ© ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, censĂ©s concerner l’ensemble des pays dans le monde, avant de reculer face Ă  la chute des marchĂ©s financiers, accordant une pause de 90 jours –tout en maintenant une surtaxe-plancher de 10%–, afin d’ouvrir la porte Ă  des nĂ©gociations commerciales.Le nĂ©gociateur du Japon Ryosei Akazawa a indiquĂ© jeudi qu’il Ă©tudierait la dĂ©cision judiciaire, peu avant son dĂ©part pour Washington pour une quatrième sĂ©ance de pourparlers en vue d’Ă©chapper aux taxes prohibitives plombant les exportations d’automobiles et d’acier de l’archipel.Donald Trump a par ailleurs fait volte-face dimanche sur sa menace d’imposer dès le 1er juin 50% de droits sur les produits de l’UE en perspective de pourparlers.Et PĂ©kin et Washington, après un bras de fer et une escalade des surtaxes colossales qu’ils s’imposaient mutuellement, se sont finalement entendus mi-mai sur un retour Ă  10% sur les produits amĂ©ricains et 30% sur les produits chinois.

Roland-Garros: face Ă  Sinner, l’exploit ou la “der” pour Gasquet

OpposĂ© jeudi au N.1 mondial Jannik Sinner, le presque retraitĂ© Richard Gasquet s’offre une affiche de gala devant le public français Ă  Roland-Garros pour ce qui devrait ĂŞtre, sauf surprise majuscule, le dernier match de sa carrière.Après le vibrant hommage offert dimanche Ă  la lĂ©gende Rafael Nadal et ses 14 titres porte d’Auteuil, le court Philippe-Chatrier pourrait ĂŞtre le théâtre d’une nouvelle cĂ©rĂ©monie d’adieux Ă©mouvante pour “Richie”, qui a indiquĂ© en octobre qu’il mettrait un terme Ă  sa carrière Ă  Roland-Garros, Ă  près de 39 ans.Comme pour l’Espagnol, peu de dĂ©tails ont filtrĂ© sur l’hommage prĂ©vu pour l’un des chouchous du public français en cas de dĂ©faite.”C’est sĂ»r que l’affiche est belle quand tu es en fin de carrière et que tu joues peut-ĂŞtre ton dernier match. Je ne peux pas rĂŞver mieux”, a commentĂ© Gasquet, après sa victoire au premier tour contre son compatriote Terence Atmane (121e).Vingt ans après une victoire au Masters 1000 de Monte-Carlo contre le N.1 d’alors Roger Federer, qui avait achevĂ© de le rĂ©vĂ©ler, le virtuose du revers Ă  une main s’apprĂŞte sans doute Ă  boucler la boucle contre le nouveau roi du circuit.Sinner, qui s’est dĂ©fait lundi du Français Arthur Rinderknech (75e), s’attend dĂ©jĂ  Ă  devoir composer avec la chaude ambiance du Central. “Le public, en gĂ©nĂ©ral, a Ă©tĂ© très respectueux (lundi, Ndlr), (…), ils n’ont rien contre moi”, a rĂ©agi l’Italien après sa victoire, louant la carrière de Richard Gasquet, qui “a beaucoup apportĂ© au sport, pas seulement en France”.Le respect est manifestement mutuel. En fĂ©vrier, juste après l’annonce de la suspension pour trois mois de Sinner Ă  la suite de contrĂ´les positifs Ă  un anabolisant, son aĂ®nĂ© avait saluĂ© un “type formidable, très gentil sur le court” et s’Ă©tait rĂ©joui par avance de son retour rapide sur le court. L’an passĂ©, au mĂŞme stade de la compĂ©tition, le natif du Haut-Adige tout juste aurĂ©olĂ© d’un premier titre en Grand Chelem Ă  l’Open d’Australie n’avait laissĂ© aucune chance au Biterrois et s’Ă©tait imposĂ© en trois sets (6-4, 6-2, 6-4), sa troisième victoire en autant de confrontations entre les deux joueurs.- “Capable de tout” -Depuis, l’Italien de 23 ans est devenu le N.1 mondial incontestĂ©, a accrochĂ© deux autres tournois majeurs Ă  son palmarès (US Open 2024 et Open d’Australie 2025) et reste sur une sĂ©rie de 15 victoires en Grand Chelem.Que peut alors espĂ©rer Gasquet, absent du 3e tour de Roland-Garros depuis 2018, face Ă  un Sinner qui est sur une sĂ©rie de 62 victoires face aux joueurs classĂ©s hors du top 20?”Richard, c’est un champion exceptionnel. Tu ne sais jamais ce qu’il peut faire. Il est capable de tout”, l’a encouragĂ© Arthur Rinderknech après sa dĂ©faite contre Sinner.”Je l’admire Ă©normĂ©ment. J’espère que ses jambes seront fraĂ®ches comme Ă  ses 20 ans. Ça lui donnera une chance au moins de rivaliser”, espère-t-il.Gasquet, qui joue son 22e Roland-Garros – un record dans l’ère Open – pourra s’inspirer du Varois, qui a menĂ© 4-0 au dĂ©but du 3e set et enflammĂ© le public du Chatrier, profitant d’un trou d’air de l’Italien, avant que ce dernier ne rĂ©agisse.Autres sources d’inspiration Ă©ventuelles pour l’ex-N.7 mondial: Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon, membres comme Gasquet du club officieux des “nouveaux Mousquetaires” et dont les adieux au tennis professionnel avaient Ă©tĂ© particulièrement soignĂ©s.Pour le dernier match de sa carrière, en 2022 Ă  Roland-Garros, Jo-Wilfried Tsonga avait pris un set au NorvĂ©gien Casper Ruud, futur finaliste. Quelques mois plus tard, au Masters 1000 de Paris, Gilles Simon s’Ă©tait lui offert deux succès de prestige contre Andy Murray et Taylor Fritz.

Camouflet judiciaire pour Trump sur les droits de douane

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a subi mercredi un nouveau camouflet judiciaire, alors qu’un tribunal amĂ©ricain a bloquĂ© les droits de douane dits “rĂ©ciproques” imposĂ©s depuis dĂ©but avril sur l’ensemble des produits entrant aux Etats-Unis.Si les trois juges du tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) ne contestent pas dans leur dĂ©cision la possibilitĂ© pour les Etats-Unis d’augmenter les surtaxes que le pays impose sur ses importations, ils ont estimĂ© que ces dernières relevaient d’une prĂ©rogative du Congrès et que M. Trump avait ainsi outrepassĂ© les pouvoirs dont il dispose.Ils considèrent que le prĂ©sident ne peut pas invoquer la loi d’urgence Ă©conomique de 1977, utilisĂ©e pour justifier l’usage de dĂ©crets prĂ©sidentiels afin d’instituer ces droits de douane, pour “imposer une surtaxe illimitĂ©e sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon le jugement que l’AFP a pu consulter.Pour les juges, les dĂ©crets pris depuis le retour de Donald Trump Ă  la Maison Blanche “outrepassent les pouvoirs accordĂ©s au prĂ©sident dans le cadre de la loi IEEPA (permettant d’agir en cas d’urgence Ă©conomique, NDLR) pour rĂ©guler les importations via l’usage de droits de douane”.Cela concerne Ă  la fois les droits de douane imposĂ©s au Canada, au Mexique et Ă  la Chine, accusĂ©s de ne pas lutter assez efficacement contre le trafic de fentanyl, et la surtaxe d’au moins 10% imposĂ©e le 2 avril sur l’ensemble des produits entrant aux Etats-Unis, et jusque 50% selon les pays d’origine.La loi IEEPA “permet au prĂ©sident de prendre les sanctions Ă©conomiques nĂ©cessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”, a rappelĂ© le tribunal.Mais toute interprĂ©tation qui lui dĂ©lègue “une autoritĂ© illimitĂ©e sur les droits de douane est anticonstitutionnelle”, ont insistĂ© les juges.Dans une opinion Ă©crite accompagnant la dĂ©cision, l’un des juges, qui n’est pas nommĂ©, a estimĂ© en effet que cela “constituerait un renoncement du pouvoir lĂ©gislatif au bĂ©nĂ©fice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire Ă  la Constitution amĂ©ricaine.Dans un communiquĂ©, un porte-parole de la Maison Blanche a dĂ©noncĂ© une dĂ©cision de “juges non Ă©lus” qui n’ont “pas le pouvoir de dĂ©cider comment gĂ©rer convenablement une urgence nationale”.”Le prĂ©sident Trump a jurĂ© de placer les Etats-Unis en premier et le gouvernement est dĂ©cidĂ© Ă  utiliser tous les leviers du pouvoir exĂ©cutif pour rĂ©pondre Ă  cette crise et restaurer la grandeur amĂ©ricaine”, a ajoutĂ© ce porte-parole, Kush Desai.Le gouvernement Trump a interjetĂ© appel mercredi, selon un document judiciaire consultĂ© par l’AFP.- Principale arme commerciale -De son cĂ´tĂ©, le chef de file de la minoritĂ© dĂ©mocrate Ă  la commission des Affaires Ă©trangères de la Chambre des reprĂ©sentants, Gregory Meeks, a estimĂ© dans un communiquĂ© que la dĂ©cision venait confirmer que “ces droits de douane sont un abus illĂ©gal du pouvoir exĂ©cutif”.Le tribunal se prononçait Ă  la suite de deux plaintes dĂ©posĂ©es ces dernières semaines, l’une par une alliance de douze Etats amĂ©ricains, notamment l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises amĂ©ricaines.Ils reprochaient prĂ©cisĂ©ment Ă  Donald Trump d’utiliser une loi qui ne lui permettait pas d’utiliser des mesures d’urgence pour imposer des droits de douane, un pouvoir que la Constitution amĂ©ricaine attribue au Congrès, un argument repris donc par le tribunal.Depuis son retour Ă  la Maison Blanche, le milliardaire rĂ©publicain a utilisĂ© les droits de douane comme principale arme de politique commerciale mais Ă©galement d’incitation Ă  la rĂ©industrialisation du pays et de moyen de pression sur d’autres pays.Le 2 avril, il a notamment prĂ©sentĂ© ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, censĂ©s concerner l’ensemble des pays dans le monde, avant de reculer face Ă  la chute des marchĂ©s financiers, accordant une pause de 90 jours au-delĂ  de 10% de droits de douane, afin d’ouvrir la porte Ă  des nĂ©gociations commerciales.Après une rĂ©plique de PĂ©kin, qui a augmentĂ© ses droits de douane en rĂ©ponse Ă  ceux imposĂ©s par Washington, les deux premières puissances Ă©conomiques mondiales se sont rĂ©pondues coup pour coup jusqu’Ă  les porter Ă  respectivement 125% et 145%, au-delĂ  de la surtaxe existante avant le 2 avril.Les deux pays se sont finalement entendus mi-mai sur un retour Ă  10% sur les produits amĂ©ricains et 30% sur les produits chinois.Vendredi, Donald Trump s’en est par ailleurs pris Ă  l’Union europĂ©enne, assurant qu’elle ne “cherchait pas d’accord” commercial avec les Etats-Unis, menaçant d’imposer 50% de droits de douane sur les produits en provenance des 27, avant de reculer en annonçant une pause sur cette surtaxe jusqu’au 9 juillet.

Camouflet judiciaire pour Trump sur les droits de douane

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a subi mercredi un nouveau camouflet judiciaire, alors qu’un tribunal amĂ©ricain a bloquĂ© les droits de douane dits “rĂ©ciproques” imposĂ©s depuis dĂ©but avril sur l’ensemble des produits entrant aux Etats-Unis.Si les trois juges du tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) ne contestent pas dans leur dĂ©cision la possibilitĂ© pour les Etats-Unis d’augmenter les surtaxes que le pays impose sur ses importations, ils ont estimĂ© que ces dernières relevaient d’une prĂ©rogative du Congrès et que M. Trump avait ainsi outrepassĂ© les pouvoirs dont il dispose.Ils considèrent que le prĂ©sident ne peut pas invoquer la loi d’urgence Ă©conomique de 1977, utilisĂ©e pour justifier l’usage de dĂ©crets prĂ©sidentiels afin d’instituer ces droits de douane, pour “imposer une surtaxe illimitĂ©e sur les produits provenant de quasiment tous les pays”, selon le jugement que l’AFP a pu consulter.Pour les juges, les dĂ©crets pris depuis le retour de Donald Trump Ă  la Maison Blanche “outrepassent les pouvoirs accordĂ©s au prĂ©sident dans le cadre de la loi IEEPA (permettant d’agir en cas d’urgence Ă©conomique, NDLR) pour rĂ©guler les importations via l’usage de droits de douane”.Cela concerne Ă  la fois les droits de douane imposĂ©s au Canada, au Mexique et Ă  la Chine, accusĂ©s de ne pas lutter assez efficacement contre le trafic de fentanyl, et la surtaxe d’au moins 10% imposĂ©e le 2 avril sur l’ensemble des produits entrant aux Etats-Unis, et jusque 50% selon les pays d’origine.La loi IEEPA “permet au prĂ©sident de prendre les sanctions Ă©conomiques nĂ©cessaires en cas d’urgence pour combattre une menace +extraordinaire et inhabituelle+”, a rappelĂ© le tribunal.Mais toute interprĂ©tation qui lui dĂ©lègue “une autoritĂ© illimitĂ©e sur les droits de douane est anticonstitutionnelle”, ont insistĂ© les juges.Dans une opinion Ă©crite accompagnant la dĂ©cision, l’un des juges, qui n’est pas nommĂ©, a estimĂ© en effet que cela “constituerait un renoncement du pouvoir lĂ©gislatif au bĂ©nĂ©fice d’une autre branche du gouvernement”, ce qui est contraire Ă  la Constitution amĂ©ricaine.Dans un communiquĂ©, un porte-parole de la Maison Blanche a dĂ©noncĂ© une dĂ©cision de “juges non Ă©lus” qui n’ont “pas le pouvoir de dĂ©cider comment gĂ©rer convenablement une urgence nationale”.”Le prĂ©sident Trump a jurĂ© de placer les Etats-Unis en premier et le gouvernement est dĂ©cidĂ© Ă  utiliser tous les leviers du pouvoir exĂ©cutif pour rĂ©pondre Ă  cette crise et restaurer la grandeur amĂ©ricaine”, a ajoutĂ© ce porte-parole, Kush Desai.Le gouvernement Trump a interjetĂ© appel mercredi, selon un document judiciaire consultĂ© par l’AFP.- Principale arme commerciale -De son cĂ´tĂ©, le chef de file de la minoritĂ© dĂ©mocrate Ă  la commission des Affaires Ă©trangères de la Chambre des reprĂ©sentants, Gregory Meeks, a estimĂ© dans un communiquĂ© que la dĂ©cision venait confirmer que “ces droits de douane sont un abus illĂ©gal du pouvoir exĂ©cutif”.Le tribunal se prononçait Ă  la suite de deux plaintes dĂ©posĂ©es ces dernières semaines, l’une par une alliance de douze Etats amĂ©ricains, notamment l’Arizona, l’Oregon, New York et le Minnesota, l’autre par un groupe d’entreprises amĂ©ricaines.Ils reprochaient prĂ©cisĂ©ment Ă  Donald Trump d’utiliser une loi qui ne lui permettait pas d’utiliser des mesures d’urgence pour imposer des droits de douane, un pouvoir que la Constitution amĂ©ricaine attribue au Congrès, un argument repris donc par le tribunal.Depuis son retour Ă  la Maison Blanche, le milliardaire rĂ©publicain a utilisĂ© les droits de douane comme principale arme de politique commerciale mais Ă©galement d’incitation Ă  la rĂ©industrialisation du pays et de moyen de pression sur d’autres pays.Le 2 avril, il a notamment prĂ©sentĂ© ses droits de douane dits “rĂ©ciproques”, censĂ©s concerner l’ensemble des pays dans le monde, avant de reculer face Ă  la chute des marchĂ©s financiers, accordant une pause de 90 jours au-delĂ  de 10% de droits de douane, afin d’ouvrir la porte Ă  des nĂ©gociations commerciales.Après une rĂ©plique de PĂ©kin, qui a augmentĂ© ses droits de douane en rĂ©ponse Ă  ceux imposĂ©s par Washington, les deux premières puissances Ă©conomiques mondiales se sont rĂ©pondues coup pour coup jusqu’Ă  les porter Ă  respectivement 125% et 145%, au-delĂ  de la surtaxe existante avant le 2 avril.Les deux pays se sont finalement entendus mi-mai sur un retour Ă  10% sur les produits amĂ©ricains et 30% sur les produits chinois.Vendredi, Donald Trump s’en est par ailleurs pris Ă  l’Union europĂ©enne, assurant qu’elle ne “cherchait pas d’accord” commercial avec les Etats-Unis, menaçant d’imposer 50% de droits de douane sur les produits en provenance des 27, avant de reculer en annonçant une pause sur cette surtaxe jusqu’au 9 juillet.

Les Etats-Unis vont rĂ©voquer “activement” des visas d’Ă©tudiants chinois

Le gouvernement amĂ©ricain a annoncĂ© mercredi qu’il allait rĂ©voquer “activement” des visas d’Ă©tudiants chinois, après que PĂ©kin a critiquĂ© la suspension aux Etats-Unis du traitement des visas d’Ă©tudiants Ă©trangers, dont l’administration de Donald Trump veut passer au crible les rĂ©seaux sociaux.Il s’agit de la dernière mesure en date prise par l’administration amĂ©ricaine dans le cadre de son offensive contre les universitĂ©s, visant notamment Harvard qui organise jeudi sa cĂ©rĂ©monie annuelle de remise des diplĂ´mes.Le gouvernement amĂ©ricain va “rĂ©voquer activement les visas pour les Ă©tudiants chinois, notamment ceux ayant des liens avec le Parti communiste chinois ou Ă©tudiant dans des filières sensibles”, a affirmĂ© le chef de la diplomatie amĂ©ricaine Marco Rubio dans un communiquĂ©.”Nous allons aussi revoir les critères pour renforcer l’examen de toutes les prochaines demandes de visa venant de la Chine et de Hong Kong”, a ajoutĂ© le secrĂ©taire d’Etat.Plus de 277.000 Chinois Ă©taient inscrits dans les universitĂ©s amĂ©ricaines pour l’annĂ©e 2023-2024, seulement dĂ©passĂ©s – pour la première fois depuis des annĂ©es – par les Ă©tudiants indiens, selon un rapport approuvĂ© par le dĂ©partement d’Etat.Les Ă©tudiants chinois reprĂ©sentent l’une des sources de revenus les plus importantes pour les universitĂ©s aux Etats-Unis.Depuis son retour Ă  la Maison Blanche en janvier, Donald Trump s’est lancĂ© dans une vaste campagne contre des universitĂ©s qu’il accuse de propager une idĂ©ologie “woke”, leur reprochant notamment leurs politiques de promotion de la diversitĂ© ou encore d’avoir laissĂ© prolifĂ©rer des manifestations contre la guerre Ă  Gaza, qu’il associe Ă  de l’antisĂ©mitisme.Lors de son premier mandat (2017-2021), le milliardaire rĂ©publicain avait surtout pris pour cible les Ă©tudiants chinois dans les filières jugĂ©es sensibles, soupçonnĂ©s de liens avec les renseignements chinois.L’annonce de Marco Rubio survient après que la Chine a appelĂ© les Etats-Unis Ă  “garantir concrètement les droits et intĂ©rĂŞts lĂ©gitimes des Ă©tudiants internationaux, y compris des Ă©tudiants chinois”.- Suspension des visas -L’administration Donald Trump, bien dĂ©cidĂ©e Ă  imposer son idĂ©ologie nationaliste et conservatrice, a ordonnĂ© mardi la suspension du traitement des visas pour les Ă©tudiants Ă©trangers, dont elle veut passer au crible les rĂ©seaux sociaux.Dans un document interne consultĂ© par l’AFP, le dĂ©partement d’Etat amĂ©ricain demande dĂ©sormais aux ambassades et aux consulats amĂ©ricains de ne pas autoriser de “rendez-vous pour de nouveaux visas Ă©tudiants ou de programmes d’Ă©change”, en attendant la publication de “directives sur l’examen approfondi des rĂ©seaux sociaux pour toutes les demandes de ce type”.Depuis janvier, des centaines d’Ă©tudiants Ă©trangers ont dĂ©jĂ  vu leurs visas rĂ©voquĂ©s, tandis que des Ă©tudiants en situation rĂ©gulière sur le sol amĂ©ricain ayant participĂ© Ă  des manifestations propalestiniennes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s et menacĂ©s d’expulsion. La charge de Donald Trump sur les visas va au-delĂ  des Ă©tudiants, l’administration amĂ©ricaine ayant annoncĂ© mercredi qu’elle refusera les visas aux responsables Ă©trangers qui “censurent” les AmĂ©ricains sur les rĂ©seaux sociaux.M. Rubio – blâmĂ© par certains pour avoir retirĂ© des visas de personnes ayant critiquĂ© IsraĂ«l – a estimĂ© qu’il existait des “actions flagrantes de censure” Ă  l’Ă©tranger contre des entreprises amĂ©ricaines.Il a annoncĂ© mercredi, sous forme de reprĂ©sailles, “une nouvelle politique de restriction des visas qui s’appliquera aux responsables Ă©trangers et aux personnes qui se rendent complices de la censure des AmĂ©ricains”, sans citer de noms.Le chef de la diplomatie amĂ©ricaine avait toutefois visĂ© la semaine dernière le juge Alexandre de Moraes, de la Cour suprĂŞme brĂ©silienne, qui s’est opposĂ© Ă  Elon Musk en bloquant temporairement son rĂ©seau social X au BrĂ©sil en 2024.L’administration de Donald Trump, lui-mĂŞme très friand des rĂ©seaux sociaux, a aussi accusĂ© ses alliĂ©s allemand et britannique d’avoir limitĂ© l’accès Ă  certains discours qualifiĂ©s par ces deux pays de haineux.burs-rr/lgo