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“JP”, streamer à succès vivant sa “meilleure vie” ou gars “trop gentil manipulé” ?
Pour certains proches, Jean Pormanove, décédé lundi en live sur internet, vivait “sa meilleure vie” depuis qu’il avait rencontré, il y a cinq ans, ses partenaires de streaming. Pour ses amis d’avant en revanche, “Raph” était un gars “trop gentil” qui a pu se laisser “manipuler”.Dans son quartier de la Condamine à Drap (Alpes-Maritimes), Raphaël Graven, alias Jean Pormanove ou JP, laisse le souvenir d'”une personne très appréciée” qui avait trouvé dans cette cité populaire tranquille de 1.500 habitants une qualité de vie jamais connue dans sa Moselle natale.”Il vivait ici sa meilleure vie: on allait manger avec lui, on faisait du bateau, on allait à la plage”, assure, sous couvert d’anonymat, un proche de l’influenceur Owen Cenazandotti, alias NarutoVie, enfant du quartier qui l’avait convaincu de s’y installer après avoir découvert ses vidéos de gaming sur Youtube.Avant, “JP vivait chez sa mère, n’avait pas de voiture et n’était jamais allé au resto!”, affirme ce proche.Selon lui, l’homme de 46 ans vivait seul dans un petit appartement que lui avait trouvé Owen Cenazandotti dans cette cité champêtre de petits immeubles, à quelques kilomètres de Nice.”Owen lui avait acheté une voiture, une Clio, il y a quatre mois, et l’an dernier, ils étaient allés en Turquie pour une greffe de cheveux”, assure ce proche, mais l’intervention aurait dû être abandonnée, en raison d’une faiblesse cardiaque détectée par les médecins turcs.”Il mangeait mal, surtout des bonbons, buvait tout le temps du Coca ou du Red Bull, et fumait énormément”, dit un jeune du quartier, qui préfère lui aussi ne pas être nommé.Ici, on ne comprend pas “la polémique” autour des vidéos où les “défis” se résumaient essentiellement à des scènes d’humiliations ou violences infligées à Jean Pormanove et un autre souffre-douleur, Coudoux. “C’était comme du théâtre, juste pour buzzer. Jamais personne ne lui aurait fait de mal”, dit un autre jeune du quartier.Argument avancé par Raphaël Graven lui-même en janvier, lorsqu’il avait été entendu par la police niçoise dans une enquête ouverte notamment pour “violences volontaires sur personnes vulnérables”, après un article de Mediapart sur ces vidéos, suivies par des milliers de personnes, principalement sur la plateforme australienne de diffusion en direct Kick. – “Pas le niveau” -Ancien militaire de carrière, Nicolas Frérot a côtoyé Raphaël Graven plusieurs années sur la base aérienne 128 de Metz-Frescaty, où il était affecté à l’entretien.Né en 1979 dans un milieu modeste, “il est rentré un petit peu par hasard à l’armée”, raconte M. Frérot. “Il était appelé quand le service militaire a été supprimé, et quand l’armée lui a proposé de rester, il a sauté sur l’opportunité. Sauf qu’au bout de quelques années, il a été obligé de passer des tests. Mais il n’avait pas le niveau, et il a dû partir”, dit-il au téléphone à l’AFP.Nicolas Frérot se souvient de “quelqu’un de très gentil”, “un bon gars”, “le coeur sur la main” mais “pas très intelligent”. “C’était quelqu’un de crédule, vous auriez pu lui faire croire qu’un arbre était bleu. Il était très influençable”. Déjà, il était “un peu harcelé”. “Très maigre” et “fragile physiquement”, certains l’appelaient “le cadavre”.Après l’armée, Raphaël Graven se fait embaucher “dans un abattoir à Metz, mais il s’est fait virer pour des questions d’hygiène”.Sur le groupe Facebook de la base aérienne 128 (fermée en 2012), où la mère de Jean Pormanove, Joëlle Graven Feknous, a annoncé son décès lundi, d’anciens compagnons d’armes se souviennent d'”un gentil gars”. “Le coeur sur la main et toujours volontaire”, dit l’un. “Une personne très agréable et simple”, écrit un autre.Après son départ de l’armée, “je suis allé chez lui une fois. Il avait un problème informatique avec son ordinateur, il n’y connaissait rien”, raconte encore Nicolas Frérot.C’est pourtant grâce à internet que Raphaël Graven acquiert la notoriété, d’abord dans le gaming, où ses accès de colère sur des jeux vidéo comme “Fortnite” ou “FIFA” lui valent ses premiers fans.Après avoir rejoint NarutoVie et un autre influenceur niçois, Safine Hamadi alias Safine, leur collectif “Le Lokal” commence à diffuser, d’abord sur Youtube, puis Tiktok et enfin Kick, des vidéos de plus en plus dégradantes.Quand Nicolas Frérot les découvre, il commence par laisser des commentaires. “Je lui disais: +mais putain, Graven, pars de là, reste pas avec tes connards, quoi+”.”Ils ont clairement profité de lui parce que c’était quelqu’un de crédule. C’était facile de le manipuler”, accuse Nicolas Frérot. “La dernière fois que j’ai échangé avec lui c’était en janvier. Il m’avait dit +t’inquiète, tout va bien dans ma vie+”.
Washington vise de nouveau la CPI pour ses enquêtes impliquant Etats-Unis et Israël
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), qu’ils accusent de “politisation”, visant quatre magistrats, dont un juge français, une décision saluée par Israël mais décriée par la France et la Cour qui a dénoncé une “attaque flagrante”.Les sanctions américaines visent la juge canadienne Kimberly Prost, le juge français Nicolas Guillou, qui est impliqué dans le dossier du mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi que deux procureurs adjoints, la Fidjienne Nazhat Shameem Khan et le Sénégalais Mame Mandiaye Niang.Ils sont sanctionnés pour avoir “directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des Etats-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays”, a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, dans un communiqué.Ces nouvelles sanctions viennent s’ajouter à celles annoncées début juin visant quatre autres magistrates de la CPI. Et en février, les Etats-Unis ont sanctionné le procureur de la CPI Karim Khan, qui avait initié une procédure contre des dirigeants israéliens.Marco Rubio, qui a dénoncé la “politisation de la CPI”, a souligné que l’institution basée à La Haye représentait “une menace pour la sécurité nationale et a été utilisée comme un instrument de guerre juridique contre les Etats-Unis et leur proche allié Israël”.Les Etats-Unis rejettent des procédures ayant visé des soldats américains en Afghanistan, suspectés de crimes de guerre présumés ou encore les mandats d’arrêt de la CPI contre le Premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, soupçonnés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans la guerre à Gaza.La précédente administration du démocrate Joe Biden s’était également insurgée contre ces mandats d’arrêt.- “Impartiale” -La CPI a qualifié les sanctions américaines d'”attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale”, selon un communiqué.La Cour a ajouté qu’elle “soutenait fermement son personnel et les victimes d’atrocités inimaginables”, et assuré qu’elle “continuerait à remplir ses mandats, sans se laisser décourager” et “sans tenir compte d’aucune restriction, pression ou menace”.Les mesures annoncées consistent en une interdiction d’entrée sur le sol américain des personnes visées et le gel des avoirs éventuels détenus aux Etats-Unis et toute transaction financière avec eux.La juge canadienne est sanctionnée pour avoir autorisé l’ouverture d’une enquête de la CPI sur des crimes présumés commis pendant la guerre en Afghanistan, y compris par les forces américaines. Le juge français est lui en charge d’une affaire dans laquelle un mandat d’arrêt a été délivré contre M. Netanyahu.Nicolas Guillou, juriste chevronné, a travaillé pendant plusieurs années aux Etats-Unis sous la présidence de Barack Obama, en tant que détaché au sein du ministère de la Justice pour y développer la coopération judiciaire avec la France.Les procureurs adjoints Nazhat Shameem Khan et Mame Mandiaye Niang sont sanctionnés pour leur soutien aux “actions illégitimes de la CPI contre Israël”, notamment s’agissant des mandats d’arrêt.Le Premier ministre israélien, visé par un mandat d’arrêt depuis novembre 2024, a salué les sanctions américaines.”C’est une action décisive contre la campagne de diffamation et de mensonges visant l’Etat d’Israël (et son armée) en faveur de la vérité et de la justice”, a-t-il affirmé dans un communiqué.- “Consternation” de la France -La France a exprimé sa “consternation”, selon le ministère des Affaires étrangères.Elle “exprime sa solidarité à l’égard des magistrats visés par cette décision” et estime que les sanctions sont “contraires au principe d’indépendance de la justice”, a souligné un porte-parole du ministère.Ni les Etats-Unis ni Israël ne sont membres de la CPI, juridiction permanente chargée de poursuivre et juger des individus accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre.Ils ne reconnaissent pas sa capacité à poursuivre leurs ressortissants.La CPI peut cependant engager des poursuites contre eux pour des crimes présumés commis sur le territoire d’un Etat partie — ce qui est le cas de la Palestine — ou d’un pays non membre reconnaissant sa juridiction.Au cours du premier mandat de Donald Trump, la CPI, en particulier sa procureure d’alors, Fatou Bensouda, avait déjà été la cible de sanctions américaines – levées par Joe Biden peu après son arrivée au pouvoir en 2021.
Washington vise de nouveau la CPI pour ses enquêtes impliquant Etats-Unis et Israël
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi de nouvelles sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI), qu’ils accusent de “politisation”, visant quatre magistrats, dont un juge français, une décision saluée par Israël mais décriée par la France et la Cour qui a dénoncé une “attaque flagrante”.Les sanctions américaines visent la juge canadienne Kimberly Prost, le juge français …
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Incendies: plus d’un million d’hectares brûlés dans l’UE depuis début 2025, un record
Les incendies ont déjà ravagé plus d’un million d’hectares (10.000 km2) dans l’Union européenne depuis le début de 2025, une année d’ores et déjà record, alors que plusieurs feux continuent de sévir particulièrement en Espagne et au Portugal.Le bilan atteignait précisément 1.015.731 hectares brûlés jeudi à la mi-journée, une superficie plus grande que la Corse, dépassant en moins de huit mois le précédent record de 988.524 hectares sur l’ensemble de l’année 2017.En plus de ce tableau global, calculé par l’AFP à partir des estimations par pays fournies par le système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), quatre pays de l’Union européenne ont eux aussi déjà battu leur record annuel depuis vingt ans de relevés : l’Espagne, Chypre, l’Allemagne et la Slovaquie. En proie à de nombreux feux dans l’ouest du pays, ayant fait quatre morts, l’Espagne est de loin le pays de l’Union européenne le plus touché par les incendies, avec plus de 400.000 hectares (4.000 km2) partis en fumée, soit près de 40% des surfaces brûlées dans l’UE cette année.Quant au Portugal, il conserve son record de 563.530 hectares brûlés en 2017 (le maximum pour un pays de l’UE), mais il n’avait jamais atteint, à la date du 21 août, une telle superficie calcinée. Les flammes ont déjà ravagé plus de 274.000 ha de forêt portugaise, causant la mort de trois personnes. En 2017, les incendies avaient causé 119 décès dans le pays.Derrière les deux pays ibériques, suit la Roumanie, avec 126.000 ha brûlés. En France, 35.600 hectares de forêt ont été réduits en cendres, notamment dans l’Aude ravagée par un gigantesque incendie début août.- 10 décès -Hors UE, le Royaume-Uni connaît également déjà une année record, après des incendies au printemps, lors d’une vague de chaleur précoce, ainsi que dans le nord de l’Ecosse fin juin. Dans les Balkans, la Serbie enregistre aussi sa pire année depuis le début des relevés.Ces estimations d’EFFIS, un indicateur de l’observatoire européen Copernicus, prennent uniquement en compte les incendies ayant brûlé au moins 30 hectares.Entre début janvier et le 19 août, les feux de forêt dans 22 des 27 pays de l’UE avaient émis 35 mégatonnes de dioxyde de carbone (CO2), un niveau inédit à ce stade de l’année, selon EFFIS, laissant présager un dépassement du record annuel de 41 mégatonnes établi en 2017.Cette année là, les incendies avaient tué plus de 200 personnes dans l’UE, notamment au Portugal, en Italie, en Espagne et en France.En 2025, deux personnes sont décédées à cause des feux à Chypre, une en France, et sept dans la péninsule ibérique, soit un bilan provisoire de 10 décès, selon un décompte de l’AFP.
Incendies: plus d’un million d’hectares brûlés dans l’UE depuis début 2025, un record
Les incendies ont déjà ravagé plus d’un million d’hectares (10.000 km2) dans l’Union européenne depuis le début de 2025, une année d’ores et déjà record, alors que plusieurs feux continuent de sévir particulièrement en Espagne et au Portugal.Le bilan atteignait précisément 1.015.731 hectares brûlés jeudi à la mi-journée, une superficie plus grande que la Corse, dépassant en moins de huit mois le précédent record de 988.524 hectares sur l’ensemble de l’année 2017.En plus de ce tableau global, calculé par l’AFP à partir des estimations par pays fournies par le système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), quatre pays de l’Union européenne ont eux aussi déjà battu leur record annuel depuis vingt ans de relevés : l’Espagne, Chypre, l’Allemagne et la Slovaquie. En proie à de nombreux feux dans l’ouest du pays, ayant fait quatre morts, l’Espagne est de loin le pays de l’Union européenne le plus touché par les incendies, avec plus de 400.000 hectares (4.000 km2) partis en fumée, soit près de 40% des surfaces brûlées dans l’UE cette année.Quant au Portugal, il conserve son record de 563.530 hectares brûlés en 2017 (le maximum pour un pays de l’UE), mais il n’avait jamais atteint, à la date du 21 août, une telle superficie calcinée. Les flammes ont déjà ravagé plus de 274.000 ha de forêt portugaise, causant la mort de trois personnes. En 2017, les incendies avaient causé 119 décès dans le pays.Derrière les deux pays ibériques, suit la Roumanie, avec 126.000 ha brûlés. En France, 35.600 hectares de forêt ont été réduits en cendres, notamment dans l’Aude ravagée par un gigantesque incendie début août.- 10 décès -Hors UE, le Royaume-Uni connaît également déjà une année record, après des incendies au printemps, lors d’une vague de chaleur précoce, ainsi que dans le nord de l’Ecosse fin juin. Dans les Balkans, la Serbie enregistre aussi sa pire année depuis le début des relevés.Ces estimations d’EFFIS, un indicateur de l’observatoire européen Copernicus, prennent uniquement en compte les incendies ayant brûlé au moins 30 hectares.Entre début janvier et le 19 août, les feux de forêt dans 22 des 27 pays de l’UE avaient émis 35 mégatonnes de dioxyde de carbone (CO2), un niveau inédit à ce stade de l’année, selon EFFIS, laissant présager un dépassement du record annuel de 41 mégatonnes établi en 2017.Cette année là, les incendies avaient tué plus de 200 personnes dans l’UE, notamment au Portugal, en Italie, en Espagne et en France.En 2025, deux personnes sont décédées à cause des feux à Chypre, une en France, et sept dans la péninsule ibérique, soit un bilan provisoire de 10 décès, selon un décompte de l’AFP.
Incendies: plus d’un million d’hectares brûlés dans l’UE depuis début 2025, un record
Les incendies ont déjà ravagé plus d’un million d’hectares (10.000 km2) dans l’Union européenne depuis le début de 2025, une année d’ores et déjà record, alors que plusieurs feux continuent de sévir particulièrement en Espagne et au Portugal.Le bilan atteignait précisément 1.015.731 hectares brûlés jeudi à la mi-journée, une superficie plus grande que la Corse, …
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Un Ukrainien arrêté en Italie pour le sabotage du gazoduc russe Nord Stream
Près de trois ans après le sabotage du gazoduc russe Nord Stream dans la mer Baltique, un Ukrainien suspecté d’être l’un des coordinateurs du commando a été arrêté jeudi en Italie.Il s’agit de la première arrestation dans cette mystérieuse affaire, particulièrement sensible en raison de la guerre en Ukraine, attaquée depuis février 2022 par la Russie.Dans un communiqué diffusé jeudi, le parquet fédéral allemand, spécialisé dans les affaires de terrorisme, a annoncé avoir “fait procéder à l’arrestation sur la base d’un mandat d’arrêt européen du citoyen ukrainien Serhii K., par la police italienne, dans la province de Rimini (Italie)”.”Serhii K. faisait partie d’un groupe de personnes qui, en septembre 2022, ont placé des explosifs sur les gazoduc ‘Nord Stream 1’ et ‘Nord Stream 2’ près de l’île (danoise, ndlr) de Bornholm”, a-t-il ajouté.Il s’agit “vraisemblablement d’un des coordinateurs de l’opération” de sabotage, a-t-il souligné. Le suspect âgé de 49 ans séjournait depuis quelques jours avec sa famille à San Clemente, village proche de Rimini, grande station balnéaire de la mer Adriatique, ont indiqué les autorités italiennes.”Les gendarmes ont lancé un raid sur le bungalow où il se trouvait et il a été arrêté sans opposer de résistance”, ont-elles précisé.- Plusieurs Etats soupçonnés -Lors d’un bref point presse à Berlin, la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, a loué le “succès très impressionnant” du parquet.Questionnée sur les conséquences de cette arrestation pour les relations germano-ukrainiennes, la ministre a réaffirmé la solidarité de Berlin à Kiev, dont il est l’un des plus fervents alliés.Le 26 septembre 2022, quatre énormes fuites de gaz précédées d’explosions sous-marines avaient eu lieu à quelques heures d’intervalles sur Nord Stream 1 et 2, des conduites reliant la Russie à l’Allemagne et acheminant l’essentiel du gaz russe vers l’Europe.A cette époque, Moscou avait cessé de livrer du gaz via Nord Stream 1, sur fond de bras de fer avec les pays européens alliés de Kiev. Quant au gazoduc jumeau Nord Stream 2, pomme de discorde entre Berlin et Washington depuis des années, il n’était jamais entré en service. Depuis le sabotage, des enquêtes judiciaires avaient été lancées séparément par l’Allemagne, la Suède et le Danemark. Elles ont été closes dans les deux pays scandinaves en 2024.De nombreuses pistes ont été évoquées, avec toujours en toile de fond, l’hypothèse qu’un Etat pourrait être le commanditaire de l’opération. Tant l’Ukraine que la Russie ou les Etats-Unis ont toujours vigoureusement démenti toute implication.- Voilier loué avec de faux papiers -Dans son communiqué publié jeudi, le parquet fédéral allemand affirme que Serhii K. et ses complices “ont utilisé un voilier (…) au départ de Rostock (port allemand sur la Baltique)”. “Le voilier avait été loué auprès d’une entreprise allemande à l’aide de faux papiers d’identité par le biais d’intermédiaires”, poursuit le parquet.”Les explosifs avaient détoné le 26 septembre 2022. Les explosions ont gravement endommagé les deux gazoducs”, rappelle le parquet.Après son transfert par les autorités italiennes en Allemagne, le suspect ukrainien doit être présenté au juge de la Cour fédérale de justice allemande.Il y a un an, plusieurs médias allemands, la chaine de télévision publique ARD et les journaux Die Zeit et Süddeutsche Zeitung avaient révélé que l’enquête s’orientait vers une piste ukrainienne, avec un mandat d’arrêt de la justice allemande contre un plongeur professionnel soupçonné d’être impliqué dans le sabotage avec deux autres des ses compatriotes. Ce plongeur, désigné comme Volodymyr Z. par les médias allemands, vivait en Pologne mais avait pu s’échapper en Ukraine avant son arrestation.Un jour après les révélations de la presse allemande, le Wall Street Journal avait affirmé que l’ancien chef d’Etat major ukrainien Valery Zaloujny, avait supervisé le plan visant à faire sauter les gazoducs. Un “non-sens absolu” avait réagi la présidence ukrainienne le 15 août 2024. Quant à Moscou, il avait jugé “clair” quatre jours plus tard que l’opération avait été ordonné par Washington.





