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Trump double les taxes sur l’acier importé, l’UE “prête” à riposter

Le président américain Donald Trump a annoncé  que la surtaxe sur l’acier et l’aluminium passerait mercredi prochain à 50%, une nouvelle escalade dans son offensive protectionniste que l’Union européenne a “vivement regrettée” samedi.”Nous allons passer les droits de douane sur l’acier de 25% à 50%, ce qui va davantage protéger” cette industrie aux Etats-Unis, a …

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Trump double les taxes sur l’acier importé, l’UE “prête” à riposter

Le président américain Donald Trump a annoncé  que la surtaxe sur l’acier et l’aluminium passerait mercredi prochain à 50%, une nouvelle escalade dans son offensive protectionniste que l’Union européenne a “vivement regrettée” samedi.”Nous allons passer les droits de douane sur l’acier de 25% à 50%, ce qui va davantage protéger” cette industrie aux Etats-Unis, a déclaré vendredi M. Trump depuis une aciérie du géant de la métallurgie US Steel en Pennsylvanie (est).Il a plus tard précisé, sur sa plateforme Truth Social, que la mesure entrerait en vigueur le 4 juin, et concernerait aussi l’aluminium.La surtaxe de 25% qu’il avait mise en place en mars sur ces métaux touchait également leurs dérivés, comme les cannettes.”Nos industries de l’acier et de l’aluminium vont être plus fortes que jamais”, a-t-il écrit. La Commission européenne a réagi samedi, regrettant “vivement” ces nouvelles taxes qui “sapent les efforts en cours pour parvenir à une solution négociée” avec les Etats-Unis.”Si aucune solution mutuellement acceptable n’est trouvée”, des “contre-mesures” européennes “prendront automatiquement effet le 14 juillet, voire plus tôt si les circonstances l’exigent”, a indiqué une porte-parole, soulignant que l’UE était “prête” à riposter. Vendredi à la tribune, devant des ouvriers portant casques de sécurité et vestes de travail avec bandes réfléchissantes, le président américain a affirmé que le niveau des droits de douane sera tel que “personne ne pourra y échapper”. Sa manière à lui d’inciter à produire et acheter aux Etats-Unis.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a fait des droits de douane un des points cardinaux de sa politique: levier de négociation pour obtenir des concessions de l’extérieur, moyen de défendre l’industrie nationale ou encore source de nouvelles recettes publiques.Droits de douane sur certains secteurs (acier, aluminium, automobile), certains pays (Chine, Canada, Mexique) ou encore universels – incluant des denrées introuvables sur le sol américain comme le cacao… Le chef de l’Etat a érigé un mur de nouvelles taxes sur les produits entrant dans son pays, avant de faire en partie marche arrière.- Accord avec Nippon Steel -Deux tribunaux de première instance ont considéré cette semaine qu’il n’avait pas le droit de décréter certains de ses droits de douane. Ceux-ci restent toutefois en vigueur tant que l’affaire n’est pas tranchée définitivement sur le fond.Le président américain a aussi vanté en Pennsylvanie le rapprochement qu’il a lui-même approuvé la semaine dernière entre US Steel et son concurrent japonais Nippon Steel, et sur lequel peu d’informations avaient filtré.”Le plus important, c’est que US Steel continuera à être contrôlé par les Etats-Unis, autrement je n’aurais pas conclu cet accord”, a expliqué Donald Trump, en assurant que Nippon Steel allait injecter 14 milliards de dollars “dans le futur” de US Steel.Fin 2023, les deux groupes industriels avaient annoncé un projet d’acquisition à 14,9 milliards de dollars (dette comprise) de US Steel par Nippon Steel.L’opération, à laquelle Donald Trump s’est lui-même longtemps opposé, s’est retrouvée au cœur de la campagne présidentielle américaine de 2024, car elle concerne au premier chef la Pennsylvanie, un Etat stratégique sur le plan électoral, qui est aussi le berceau de l’aciérie aux Etats-Unis.L’ex-président Joe Biden avait bloqué l’opération quelques semaines avant son départ de la Maison Blanche en janvier, arguant de questions de sécurité.M. Trump avait décidé de réexaminer le projet.”Chez Nippon Steel, ils n’ont pas cessé de me demander (de valider l’opération), j’ai refusé encore et encore et j’ai fini par me dire que ces gens voulaient vraiment faire quelque chose de grand”, a-t-il décrit.”Je dois approuver l’accord final avec Nippon, et nous n’avons pas encore vu cet accord final, mais ils ont pris un très grand engagement”, a-t-il ajouté en rentrant à Washington vendredi soir.Le syndicat USW, qui représente les salariés de la métallurgie, a exprimé son fort scepticisme dans un communiqué, expliquant n’avoir pas été consulté ni mis dans la confidence sur les conditions de l’accord.

Jets de peinture verte sur trois synagogues et le Mémorial de la Shoah à Paris

Le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant ont été aspergés de peinture verte dans la nuit de vendredi à samedi à Paris, suscitant des condamnations politiques et de la communauté juive.Au pied de la façade du restaurant de la communauté juive “Chez Marianne”, un pot de peinture entamé a été retrouvé. Des jets de peinture ont également été constatés sur la synagogue des Tournelles, sur celle d’Agoudas Hakehilos, ainsi que sur le Mémorial de la Shoah, tous dans le 4e arrondissement de la capitale. Aucun message, ni revendication n’a été découvert à ce stade.Les faits ont été constatés par les policiers lors de leurs patrouilles vers 05h15. Les images de vidéosurveillance du Mémorial ont montré une personne vêtue de noir en train de taguer vers 4H30.La préfecture de police de Paris (PP) a précisé à l’AFP qu’une autre synagogue, cette fois dans le 20e arrondissement, avait “fait également l’objet de dégradations par jets de peinture de couleur verte”.Sollicité par l’AFP, le parquet de Paris a confirmé avoir chargé la Sûreté territoriale d’une enquête pour “dégradations commises en raison de la religion” à la suite de la découverte de jets de peinture verte sur ces cinq lieux.- “Tristesse” et “indignation” -“Beaucoup de tristesse et d’indignation en voyant ce matin ces images de lieux juifs qui ont été dégradés”, a réagi auprès de l’AFP le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi. L’ancien président socialiste François Hollande a jugé cet acte “inacceptable, insupportable”. “L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre République”, a-t-il asséné. La ville de Paris va porter plainte, a assuré la maire PS Anne Hidalgo, qui “condamne avec la plus grande force ces intimidations”.Sur le réseau social X, le ministre de l’Intérieur et président des LR Bruno Retailleau a dit son “immense dégoût devant ces actes odieux qui visent la communauté juive”. La députée européenne de La France insoumise Manon Aubry a fait part aussi de son “dégoût face à ces actes antisémites”. “Le racisme est un poison. L’unité du peuple son antidote”, a ajouté l’élue, dont le parti est régulièrement confronté à des accusations d’antisémitisme.Ces dégradations “sont de toute évidence la signature de l’antisémitisme qui se déchaîne dans notre pays”, a estimé le patron du Rassemblement national Jordan Bardella, qui demande à ce que tout soit “mis en oeuvre pour en identifier les auteurs et les condamner de façon exemplaire”. – “Mains rouges” -“Je pense aux Justes” et “à ceux qui ont sauvé les juifs pendant la guerre et j’ai honte pour notre temps. Je ne veux pas de ce que devient la France. Nous valons mieux que cela”, a considéré le patron des députés LR Laurent Wauquiez.”En 2025, on attaque encore la mémoire, la foi, la vie juive. Jusqu’où laisserons-nous cette haine prospérer ?”, s’est demandé le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner.”Ingérence ou pas, manipulation ou pas, le geste est antisémite et cherche à désigner les Français juifs”, a estimé le patron du Parti socialiste Olivier Faure.SOS Racisme a également jugé “intolérable” cette “action aux relents antisémites qui cite explicitement les Justes”.Il y a un an, en mai 2024, des “mains rouges” avaient été peintes sur le Mur des Justes, au Mémorial de la Shoah. Trois Bulgares, qui gravitent selon les autorités de leur pays “dans les cercles d’extrême droite”, ont été écroués dans cette affaire. Les tags représentant des “mains rouges”, symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, ont été analysés par les services de sécurité comme une opération d’ingérence de la part de Russophones.Dans un télégramme adressé aux préfets vendredi et consulté par l’AFP, Bruno Retailleau avait demandé un renforcement des mesures de sécurisation de la communauté juive à l’occasion de la fête de Chavouot du dimanche 1er juin au soir au mardi 3 juin au soir.Il avait expliqué ces mesures par la “persistance des tensions au plan international, en particulier au Proche-Orient”. Le ministre avait relevé en outre que “les actes antisémites représentant plus de 60% des actes antireligieux, la communauté juive était particulièrement exposée”.sm-juc-clw-chl-are/asl/sp

En Bulgarie, fronde contre une entrée imminente dans la zone euro

Manifestations, appel au référendum et désinformation: en Bulgarie, la perspective de rejoindre la zone euro au 1er janvier 2026 ne fait pas l’unanimité, entre craintes d’une flambée des prix et sentiment antieuropéen.Après un retard lié à son instabilité politique, le pays des Balkans, membre de l’UE depuis 2007, devrait prochainement devenir le 21e Etat à …

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En Bulgarie, fronde contre une entrée imminente dans la zone euro

Manifestations, appel au référendum et désinformation: en Bulgarie, la perspective de rejoindre la zone euro au 1er janvier 2026 ne fait pas l’unanimité, entre craintes d’une flambée des prix et sentiment antieuropéen.Après un retard lié à son instabilité politique, le pays des Balkans, membre de l’UE depuis 2007, devrait prochainement devenir le 21e Etat à adopter la monnaie unique, trois ans après la Croatie. Le feu vert de Bruxelles est attendu courant juin.”Avoir l’euro reviendrait à embarquer sur le Titanic”, assure à l’AFP Nikolai Ivanov, haut fonctionnaire à la retraite, venu “soutenir le lev”, la devise bulgare, lors d’un récent événement de promotion de la devise nationale à Sofia.Selon des sondages récents, près de la moitié des personnes interrogées se disent opposées à l’entrée du pays dès l’an prochain.- “Encore plus pauvres” -Pour Boriana Dimitrova, directrice de l’institut Alpha Research, ce désamour s’explique avant tout par “la méfiance envers les institutions” provoquée par le chaos politique de ces dernières années. Les habitants redoutent les conséquences sur leur quotidien de ce changement historique. “Les pauvres ont peur de devenir encore plus pauvres”, résume-t-elle, dans ce pays de 6,4 millions d’habitants, le moins riche du bloc.Les réticences sont particulièrement fortes dans les zones rurales, où certains Bulgares n’ont jamais voyagé à l’étranger et n’ont pas l’habitude des transactions internationales.D’autant que perdure le souvenir de la grave crise économique de 1996-97, accompagnée de la faillite de 14 banques et d’une hyperinflation dépassant 300%.Nombreux sont les élus à exploiter ces craintes, estime l’experte, à l’image du parti d’extrême droite Vazrajdane, qui a convoqué un nouveau rassemblement samedi dans la capitale.Des milliers de personnes de tous les âges ont répondu à son appel en faisant pression au pied du bureau de l’UE, bien gardé par la police alors qu’il avait été pris pour cible en février par des nationalistes. Le président Roumen Radev a surpris début mai en réclamant l’organisation d’un référendum. Et il a renchéri cette semaine en accusant le gouvernement de ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires pour permettre aux “plus vulnérables” de supporter un éventuel choc des prix.Un tiers des Bulgares vivaient l’an dernier sous la menace de la pauvreté ou de l’exclusion sociale, d’après les statistiques d’Eurostat.- Floraison d’infox -Le chef d’Etat “fédère les peurs et s’adresse aux désabusés, aux oubliés. C’est un geste politique bien calculé”, commente Mme Dimitrova.Cette proposition jugée “inconstitutionnelle” a soulevé un tollé du côté des juristes et la présidente de l’Assemblée Natalia Kisselova a refusé de la soumettre au vote.Mais elle a suffi à raviver la propagande anti-UE. Parmi les infox les plus répandues sur les réseaux sociaux, on apprend que “Bruxelles va confisquer vos économies pour financer l’Ukraine”. Ou encore que le lev, adopté à la fin du 19e siècle, serait la monnaie la plus ancienne d’Europe et qu’il faut donc à tout prix sauver “le lion bulgare”, signification du mot “lev”.Même des humoristes relaient ces fausses informations à travers des clips vidéo cumulant des millions de vues sur Facebook et TikTok.En face, les voix pro-européennes ont bien du mal à se faire entendre.Pour ces défenseurs d’un passage à l’euro, ce serait un pas important vers l’ancrage géopolitique occidental et une protection contre l’influence du Kremlin, alors que le lev est de toute façon déjà arrimé à l’euro et que la Bulgarie patiente dans l’antichambre depuis plusieurs années. “A Sofia et dans les grandes villes, la population – plus riche, plus instruite et plus jeune – y voit une étape logique dans le processus d’intégration européenne, après l’adhésion à l’UE et à l’espace Schengen” début 2025, souligne Mme Dimitrova.Les institutions et les banques sont prêtes. Le design des pièces a été choisi, avec pour celles de deux euros l’inscription: “Dieu, protège la Bulgarie”.Mais signe du manque d’information et du sentiment d’infériorité encore très répandu dans ce pays périphérique, “certains me demandent encore si l’euro bulgare sera valable et aura la même valeur “en France ou en Allemagne”, s’amuse l’analyste.

Manifestation des deux camps à J-3 de la présidentielle en Corée du Sud

Des milliers de partisans des deux principaux candidats à la présidentielle en Corée du Sud se sont rassemblés samedi à Séoul, trois jours avant le scrutin déclenché par la déclaration désastreuse de la loi martiale par l’ex-chef de l’Etat Yoon Suk Yeol.L’élection, mardi, doit mettre un terme à des mois de tumulte politique dû à …

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Manifestation des deux camps à J-3 de la présidentielle en Corée du Sud

Des milliers de partisans des deux principaux candidats à la présidentielle en Corée du Sud se sont rassemblés samedi à Séoul, trois jours avant le scrutin déclenché par la déclaration désastreuse de la loi martiale par l’ex-chef de l’Etat Yoon Suk Yeol.L’élection, mardi, doit mettre un terme à des mois de tumulte politique dû à la brève suspension par M. Yoon du régime civil en décembre, pour laquelle il a été destitué le 4 avril.Le libéral Lee Jae-myung est largement en tête de la course présidentielle. Cet ancien avocat devenu responsable du Parti démocrate (centre gauche) est crédité de 49% des intentions de vote, selon l’institut Gallup.L’ancien ministre du travail, Kim Moon-soo, du Parti conservateur du Pouvoir du peuple (PPP) que M. Yoon a quitté ce mois-ci, est derrière, avec 35%.À Seocho, dans le sud de Séoul, les soutiens de M. Lee brandissaient des pancartes condamnant l'”insurrection” de M. Yoon. “Je crois que le résultat de l’élection présidentielle est déjà décidé”, a déclaré Lee Kyung-joon, l’un des manifestants, à l’AFP. “Je suis venu aujourd’hui pour aider à condamner les forces impliquées dans la tentative de loi martiale”.Kwon Oh-hyeok, l’un des organisateurs du rassemblement, a déclaré qu’une victoire de M. Lee était cruciale.”La décision du Parti du Pouvoir du peuple de se présenter à l’élection anticipée n’est-elle pas une insulte et une trahison envers le peuple ?”, a demandé M. Kwon aux manifestants. “Nous devons gagner par un raz-de-marée”. Dans un message lu aux soutiens de son camp, le président déchu Yoon les a appelés à voter pour le PPP. “Si nous manquons cette occasion, le retour à la vraie démocratie et à la normalité pourrait ne plus être possible”, a-t-il lancé.De ce côté de la ville, sur la place Gwanghwamun, les conservateurs – y compris ses partisans – ont rempli les rues en brandissant des pancartes clamant “Yoon à nouveau” et “Le vote anticipé est invalide!”.Des manifestants ont exigé la dissolution de la Commission électorale nationale (NEC), à la suite d’une série d’incidents survenus jeudi et vendredi, lors du vote anticipé, auquel a participé plus d’un tiers des 44,4 millions d’électeurs.Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave et à une baisse de la natalité.Il devra également affronter la menace d’un voisin nord-coréen imprévisible et doté de l’arme nucléaire et se positionner dans l’affrontement croissant entre les Etats-Unis, garant traditionnel de sa sécurité, et la Chine, son principal partenaire commercial.

Au Brésil, les poupons hyperréalistes défrayent la chronique

Gabi Matos change la couche de Ravi en lui susurrant des mots doux. Mais il ne pleure pas et ne bouge pas d’un pouce: c’est un “bébé reborn”, nom donné aux poupons hyperréalistes devenus un phénomène de société au Brésil.Fabriqués de manière artisanale, avec du silicone ou du vinyle, ces jouets peuvent coûter des milliers d’euros. Leur niveau de détail est impressionnant: veines, larmes, salive… Certains poupons peuvent même téter ou uriner. Ce concept né dans les années 90 aux Etats-Unis a remporté un succès grandissant ces dernières années au Brésil. Au niveau mondial, le marché est évalué à 200 millions de dollars en 2024 par Market Report Analytics.”J’ai toujours adoré les bébés et les poupées, depuis toute petite. Quand j’ai découvert cette forme d’art, j’en suis tombée amoureuse”, raconte à l’AFP Gabi Matos, 21 ans, habitante de Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est).Son père lui a offert la première quand elle avait neuf ans. La jeune femme en possède à présent 22. Elle s’amuse à leur donner le bain, à les coucher dans un berceau et à les soigner quand ils sont “malades”, comme le font les enfants avec leurs poupées traditionnelles.Le tout montré avec abondance de détails dans des vidéos sur Youtube, où sa chaîne compte 1,3 million d’abonnés.Les commentaires des internautes étaient initialement plutôt élogieux, mais ces dernières semaines les attaques se sont multipliées.”On m’a dit qu’il fallait m’envoyer dans un hôpital psychiatrique. Les gens pensent qu’on les traite comme si c’étaient nos enfants, mais ce n’est pas vrai”, déplore-t-elle. – Fureur sur les réseaux –Le phénomène a pris des proportions démesurées sur les réseaux sociaux en avril, quand des vidéos d’une rencontre de collectionneurs dans un parc de Sao Paulo sont devenues virales.Au même moment, une autre vidéo a connu un succès monstre sur Instagram: on y voit la mise en scène d’un accouchement “reborn”, une poupée reliée à un cordon ombilical étant extraite d’une représentation d’un sac amniotique.Depuis, ce phénomène auparavant méconnu du grand public est devenu un vrai sujet de société.Les débats se sont multipliés, sur les réseaux et à la télévision: passe-temps inoffensif ou comportement inquiétant?”Laissons ces gens élever des +bébés reborn+. S’ils se mettent à procréer, ce sera bien pire”, a ironisé la célèbre actrice Luana Piovani dans une publication partagée des milliers de fois sur Instagram.– Acte de naissance –Alana Generoso a débuté sa collection il y a 22 ans, avant d’ouvrir une boutique à Campinas.Dans son magasin baptisé “Maternité Alana Babys”, les poupées sont exposées dans des couveuses.Avant de les remettre aux clients, des employées en blouses blanches les retirent des couveuses, les pèsent, les posent dans une poussette avec nacelle et impriment un acte de naissance. “Ici, on n’achète pas une poupée normale, on achète des rêves”, dit Mme Generoso, 46 ans.”Dans notre boutique, nous recevons beaucoup d’enfants et d’adultes qui ont une vie normale. Certains s’occupent des poupées comme de vrais bébés, mais ce n’est pas le cas de la majorité” des clients, affirme-t-elle.À Brasilia, le sujet s’est invité au Parlement, où des projets de loi prévoient des aides psychologiques pour les “parents” de poupées “reborn”, ou des sanctions pour ceux qui les utilisent pour éviter de faire la queue en les faisant passer pour de vrais bébés.La semaine dernière, un député a apporté à l’hémicycle une poupée, la présentant comme sa “petite-fille”. À Rio de Janeiro, le conseil municipal a approuvé la création d’une “Journée de la cigogne reborn” en hommage aux artisans qui confectionnent ces poupées hyperréalistes.– Contre la solitude –Pour la psychologue Viviane Cunha, ce phénomène est lié à “une recherche d’un lien émotionnel” face à la solitude. Selon elle, pouponner des bébés “reborn” n’est pas problématique en soi, à moins que cela n’entraîne des “préjudices sociaux, émotionnels ou économiques”.”Si par exemple une personne s’absente de son travail en se disant convaincue que son +bébé+ a de la fièvre, elle a besoin d’une aide psychologique”, ajoute-t-elle.Gabi Matos fustige pour sa part les critiques aux relents sexistes.”Quand on parle de passe-temps typiquement masculins, comme jouer au ballon ou au cerf-volant, personne ne dit que (les hommes) sont trop grands pour ça. Mais quand les femmes veulent s’occuper de leurs poupées, on dit qu’elles sont malades”, résume-t-elle.

Au Brésil, les poupons hyperréalistes défrayent la chronique

Gabi Matos change la couche de Ravi en lui susurrant des mots doux. Mais il ne pleure pas et ne bouge pas d’un pouce: c’est un “bébé reborn”, nom donné aux poupons hyperréalistes devenus un phénomène de société au Brésil.Fabriqués de manière artisanale, avec du silicone ou du vinyle, ces jouets peuvent coûter des milliers d’euros. Leur niveau de détail est impressionnant: veines, larmes, salive… Certains poupons peuvent même téter ou uriner. Ce concept né dans les années 90 aux Etats-Unis a remporté un succès grandissant ces dernières années au Brésil. Au niveau mondial, le marché est évalué à 200 millions de dollars en 2024 par Market Report Analytics.”J’ai toujours adoré les bébés et les poupées, depuis toute petite. Quand j’ai découvert cette forme d’art, j’en suis tombée amoureuse”, raconte à l’AFP Gabi Matos, 21 ans, habitante de Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est).Son père lui a offert la première quand elle avait neuf ans. La jeune femme en possède à présent 22. Elle s’amuse à leur donner le bain, à les coucher dans un berceau et à les soigner quand ils sont “malades”, comme le font les enfants avec leurs poupées traditionnelles.Le tout montré avec abondance de détails dans des vidéos sur Youtube, où sa chaîne compte 1,3 million d’abonnés.Les commentaires des internautes étaient initialement plutôt élogieux, mais ces dernières semaines les attaques se sont multipliées.”On m’a dit qu’il fallait m’envoyer dans un hôpital psychiatrique. Les gens pensent qu’on les traite comme si c’étaient nos enfants, mais ce n’est pas vrai”, déplore-t-elle. – Fureur sur les réseaux –Le phénomène a pris des proportions démesurées sur les réseaux sociaux en avril, quand des vidéos d’une rencontre de collectionneurs dans un parc de Sao Paulo sont devenues virales.Au même moment, une autre vidéo a connu un succès monstre sur Instagram: on y voit la mise en scène d’un accouchement “reborn”, une poupée reliée à un cordon ombilical étant extraite d’une représentation d’un sac amniotique.Depuis, ce phénomène auparavant méconnu du grand public est devenu un vrai sujet de société.Les débats se sont multipliés, sur les réseaux et à la télévision: passe-temps inoffensif ou comportement inquiétant?”Laissons ces gens élever des +bébés reborn+. S’ils se mettent à procréer, ce sera bien pire”, a ironisé la célèbre actrice Luana Piovani dans une publication partagée des milliers de fois sur Instagram.– Acte de naissance –Alana Generoso a débuté sa collection il y a 22 ans, avant d’ouvrir une boutique à Campinas.Dans son magasin baptisé “Maternité Alana Babys”, les poupées sont exposées dans des couveuses.Avant de les remettre aux clients, des employées en blouses blanches les retirent des couveuses, les pèsent, les posent dans une poussette avec nacelle et impriment un acte de naissance. “Ici, on n’achète pas une poupée normale, on achète des rêves”, dit Mme Generoso, 46 ans.”Dans notre boutique, nous recevons beaucoup d’enfants et d’adultes qui ont une vie normale. Certains s’occupent des poupées comme de vrais bébés, mais ce n’est pas le cas de la majorité” des clients, affirme-t-elle.À Brasilia, le sujet s’est invité au Parlement, où des projets de loi prévoient des aides psychologiques pour les “parents” de poupées “reborn”, ou des sanctions pour ceux qui les utilisent pour éviter de faire la queue en les faisant passer pour de vrais bébés.La semaine dernière, un député a apporté à l’hémicycle une poupée, la présentant comme sa “petite-fille”. À Rio de Janeiro, le conseil municipal a approuvé la création d’une “Journée de la cigogne reborn” en hommage aux artisans qui confectionnent ces poupées hyperréalistes.– Contre la solitude –Pour la psychologue Viviane Cunha, ce phénomène est lié à “une recherche d’un lien émotionnel” face à la solitude. Selon elle, pouponner des bébés “reborn” n’est pas problématique en soi, à moins que cela n’entraîne des “préjudices sociaux, émotionnels ou économiques”.”Si par exemple une personne s’absente de son travail en se disant convaincue que son +bébé+ a de la fièvre, elle a besoin d’une aide psychologique”, ajoute-t-elle.Gabi Matos fustige pour sa part les critiques aux relents sexistes.”Quand on parle de passe-temps typiquement masculins, comme jouer au ballon ou au cerf-volant, personne ne dit que (les hommes) sont trop grands pour ça. Mais quand les femmes veulent s’occuper de leurs poupées, on dit qu’elles sont malades”, résume-t-elle.