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Lieux juifs aspergés de peinture: les suspects serbes écroués, possible influence russe

Trois Serbes  ont été mis en examen et écroués à Paris, suspectés d’avoir dégradé des lieux juifs à Paris avec de la peinture verte le week-end dernier “dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère”, possiblement la Russie.Selon une source judiciaire, ces deux hommés nés en 1995 et un né en 2003 sont mis en cause pour dégradations commises en réunion, en raison de la religion ou de l’ethnie supposée, et pour servir les intérêts d’une puissance étrangère, ce qui est passible de 20 ans de détention criminelle et de 300.000 euros d’amende.Selon une source proche du dossier, les enquêteurs suspectent la Russie d’avoir instigué ces actions, mais le dossier est à ce stade dépourvu d’éléments sur cela, selon une autre source proche.La Serbie, où se sont installés plusieurs dizaines de Russes ces trois dernières années, n’a jamais coupé ses liens historiques et politiques avec la Russie et n’a imposé aucune sanction à Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Contactés par l’AFP, les ministères serbes de la Justice et des Affaires étrangères n’avaient pas répondu vendredi.Selon la source proche du dossier, les mis en cause auraient échangé des messages sur Telegram avec d’autres protagonistes qui n’auraient pas été interpellés à ce stade. Les trois hommes, présentés par cette source comme des exécutants simplement motivés par une rémunération mais sans conscience des enjeux géopolitiques, avaient été interpellés lundi dans les Alpes-Maritimes alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le territoire. Deux suspects ont été placés en détention provisoire, le troisième sera fixé en milieu de semaine prochaine, selon la source judiciaire.”Il y a une disproportion manifeste entre les faits reprochés et la qualification criminelle retenue pour tous, indifféremment du rôle de chacun”, a réagi Julia d’Avout d’Auerstaedt, avocate d’un des deux frères mis en cause.”Nous parlons uniquement de jets de peinture en contrepartie d’une somme d’argent dérisoire” a aussi déploré Reda Ghilaci, avocat d’un troisième homme établi en France depuis plusieurs années.”Mon client a immédiatement reconnu les faits et a par ailleurs manifesté un profond respect pour notre pays dans lequel il a des attaches (…). Il avait sa place en comparution immédiate, pas à l’instruction criminelle”, a-t-il ajouté.- Opération de déstabilisation -Dans la nuit de vendredi à samedi, ces trois hommes sont suspectés d’avoir aspergé de peinture verte le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, deux synagogues et un restaurant de la communauté juive, situés dans le 4e arrondissement de la capitale, ainsi qu’une synagogue du 20e arrondissement.Les faits ont été découverts au petit matin par des policiers en patrouille.Les caméras de surveillance du Mémorial et de deux synagogues ont capté des images de plusieurs hommes vêtus de noir. Un filmait, un autre lançait de la peinture, selon une des sources proches.Aucun message ni revendication n’a été trouvé sur place.Ces actes ont été immédiatement condamnés par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, la maire de Paris Anne Hidalgo et l’ensemble du spectre politique et a provoqué la colère d’Israël.La piste d’une opération de déstabilisation venue de l’étranger a “dès le départ” été envisagée “compte tenu des similitudes avec le mode opératoire” utilisé pour les tags de mains rouges sur le mur des Justes du Mémorial, l’an dernier, a confié en début de semaine à l’AFP une source proche de l’enquête.Dans cette affaire, trois Bulgares, soupçonnés de les avoir peintes, ont été mis en examen et écroués fin 2024.Ces tags, symboles pouvant êtres liés au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, ont été analysés par les services de sécurité comme une opération d’ingérence de la part de russophones.A l’automne 2023, deux Moldaves ont été interpellés pour avoir tagué des étoiles de David sur des façades d’immeubles parisiens, dans une autre opération présumée d’ingérence.Viginum, l’organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères, a affirmé début mai que près de 80 opérations de désinformation avaient été menées en ligne entre fin août 2023 et début mars 2025 par “des acteurs russes” ciblant principalement le gouvernement ukrainien et les pays soutenant l’Ukraine, dont la France. 

Blocage de l’aide humanitaire à Gaza: ouverture d’une enquête en France pour complicité de génocide

Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire pour complicité de génocide, incitation au génocide et complicité de crimes contre l’humanité contre des Franco-Israéliens soupçonnés d’avoir participé à des actions de blocage de l’aide humanitaire à Gaza entre janvier et mai 2024, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.L’ouverture de cette enquête fait suite à une plainte déposée en novembre 2024 par l’Union juive française pour la paix (UFJP) et une victime franco-palestinienne qui dénonçait “l’organisation, la participation et l’appel à participer à des actions concrètes de blocage de l’aide humanitaire à destination du territoire occupé de Gaza, notamment en empêchant physiquement le passage des camions aux postes frontières contrôlés par l’armée israélienne”.”Nous sommes très satisfaites de cette décision parfaitement cohérente avec la démonstration factuelle et juridique et les preuves objectives apportées par les parties civiles et attendons de voir si la suite de l’instruction sera tout aussi cohérente”, ont réagi les avocates des plaignants, Mes Damia Taharraoui et Marion Lafouge auprès de l’AFP.”La période de prévention”, c’est-à-dire la période à laquelle se sont déroulés les faits visés par l’enquête, “remonte à janvier 2024, à un moment où personne ne voulait entendre parler de génocide”, ont-elles souligné.Leur plainte avec constitution de partie civile pour complicité de génocide et incitation à la commission d’un génocide vise des figures de “Israël is forever” et “Tzav-9”, des associations pro-Israël, présentées comme ayant la nationalité française.Selon une source proche du dossier, le réquisitoire introductif du parquet national antiterroriste (Pnat) date du 21 mai, et vise des faits qui se seraient déroulés aux postes frontières de Nitzana et Kerem Shalom.

Kalach rangées, les talibans prennent la plume pour leurs mémoires de guerre

Assis dans les fauteuils du pouvoir en Afghanistan, plusieurs talibans profitent du calme restauré pour coucher sur papier leurs mémoires de guerre, une manière de raconter leur version des 20 ans d’affrontement avec les Occidentaux qu’ils accusent de travestir la “réalité”.Pléthore de livres ont été écrits sur la guerre contre le mouvement ultra-rigoriste et la défaite cuisante des Occidentaux, qui n’ont pas su empêcher sa reconquête fulgurante du pouvoir à l’été 2021.”Qu’importe tout ce que les étrangers ont écrit sur nous, ils ont largement ignoré la réalité de ce qui nous est arrivé et les raisons pour lesquelles nous avons été forcés de combattre”, affirme à l’AFP Khalid Zadran, membre du réseau Haqqani à la réputation sanglante, propulsé porte-parole de la police de Kaboul.Dans son pavé de 600 pages en pachto publié en avril, il raconte les premières incursions américaines dans sa province de Khost, au sud de Kaboul, son enfance bercée par les récits d'”atrocités” et son désir de rejoindre les talibans au nom de la “liberté” de son pays.”J’ai été témoin chaque jour d’histoires horribles, de corps en lambeaux sur le bas-côté de la route”, écrit-il dans “15 minutes”, dont le titre s’inspire d’une attaque de drone américain à laquelle il a réchappé… à un quart d’heure près.”Il faut dire les faits: l’Amérique, contrairement à ses affirmations, a commis des actes cruels et barbares, détruit notre pays avec des bombes, détruit des infrastructures et semé la discorde (…) à travers les nations”, assène Muhajer Farahi, vice-ministre de l’Information et de la Culture.Dans “Mémoires de jihad, 20 ans sous occupation”, il affirme que les talibans ont tenté de négocier avec les Etats-Unis le sort d’Oussama Ben Laden, dont Washington voulait la tête après les attentats du 11 septembre 2001.En vain, clame-t-il.- “Dragon” américain -“Il était clair que les Américains avaient déjà planifié l’occupation de l’Afghanistan”, écrit M. Farahi, qui ne croit pas à la “guerre contre le terrorisme”.”Au début, les Afghans ont pensé qu’un incident survenu à des milliers de kilomètres de chez eux dans un pays occidental ne les toucherait pas (…) Puis tout le monde s’est rendu compte que des innocents de notre pays seraient punis”, raconte-t-il.La guerre a opposé pendant 20 ans les forces talibanes à une coalition de 38 pays membres de l’Otan menée par les Etats-Unis, en soutien à la République afghane.Des dizaines de milliers d’Afghans ont péri dans les combats et des attentats commis par les talibans. De même que près de 6.000 soldats étrangers, dont 2.400 Américains.Pour M. Farahi, la guerre est le résultat de la volonté de l’Occident d'”imposer sa culture et son idéologie à d’autres nations”.Son carnet de bord embrouillé, disponible dans pas moins de cinq langues, mêle souvenirs de terrain et chapitres pamphlétaires contre le “dragon assoiffé de sang” américain.L’ouvrage “révèle les vérités qui n’ont pas été dites auparavant car les médias, occidentaux surtout, ont présenté une image différente de la guerre”, affirme-t-il à l’AFP.Selon lui, les moudjahidines pourtant bien moins équipés ont remporté la victoire grâce à leur union et l’aide de Dieu.- Nouveau front -D’autres écrits avaient été produits par des talibans pour vanter leurs faits d’armes et les prouesses de l'”émirat islamique”, narratif dominant aujourd’hui en Afghanistan. Mais peu ont pris la forme d’autobiographies, qui séduisent un public voulant comprendre la guerre “vue de l’intérieur”, estime Khalid Zadran.Son livre tiré à 2.000 exemplaires s’est si vite vendu que 1.000 autres sont en préparation, ainsi qu’une version en dari, assure-t-il.De nombreux chapitres font mention de Bowe Bergdahl, soldat américain otage cinq ans. Ils racontent les périples dans les montagnes de la frontière afghano-pakistanaise pour le changer de planque, la tentative de le convertir à l’islam, sa petite amie aux Etats-Unis…Mais peu de cas est fait des civils tués dans des attentats, suicides notamment, ayant semé la terreur dans le pays.M. Farahi assure que les talibans ont “veillé à sauver les vies des civils et des innocents”, taclant au passage ses compatriotes ayant collaboré avec la police pro-occidentale et “sali” le pays.Les deux récits s’arrêtent en 2021 et ne portent donc pas sur la métamorphose des combattants, passés des montagnes reculées aux bureaux à moquette de la capitale.Là, leur combat est diplomatique: les talibans bataillent pour que leur gouvernement soit reconnu par la communauté internationale, qui continue de lui reprocher son “apartheid de genre” envers les femmes.”La guerre est désormais terminée”, avance M. Farahi, “et nous voulons de bonnes relations avec chacun”.Même avec le “dragon assoiffé de sang”.

A Reims, l’incendie d’un immeuble fait quatre morts, dont un enfant

Un incendie dans une tour d’habitation à Reims a coûté la vie à au moins quatre personnes, dont un enfant, dans la nuit de jeudi et une enquête a été lancée pour établir les causes du drame.Au moins trois adultes et un enfant sont morts et un autre enfant est toujours porté disparu, selon la préfecture de la Marne.L’incendie s’est déclaré vers 00H30 au quatrième étage d’une tour d’habitation et s’est rapidement propagé aux étages supérieurs, notamment par la façade, selon la même source. Une personne a appelé les secours en évoquant un dégagement de fumée. Deux adultes gravement blessés, classés en urgence absolue, ont été transportés à l’hôpital. Douze autres personnes, enfants et adultes, ont été plus légèrement touchées.”L’incendie est terminé et les sapeurs-pompiers ont pu effectuer une reconnaissance dans l’ensemble des appartements à l’exception d’un appartement situé au quatrième étage dans lequel les dégâts et les débris sont beaucoup plus importants”, a expliqué la préfecture dans un nouveau communiqué diffusé vers 7H00. “Le bilan définitif ne sera connu qu’à l’issue de la reconnaissance des dégâts”, a ajouté la préfecture.Une journaliste de l’AFP sur place a constaté que ce quartier, Croix-Rouge, mêlant hauts immeubles et maisons dans le sud-ouest de Reims, était entièrement bouclé, l’accès à la tour sinistrée interdit par de la rubalise, sous la pluie.L’immeuble où le drame s’est produit compte 11 niveaux, comportant quatre appartements chacun.”Il n’y a pas d’hypothèse pour la cause de l’incendie pour l’instant”, a dit le procureur de Reims François Schneider, ajoutant qu’une enquête était en cours pour la déterminer.- “Enorme courage” -A l’aube, de nombreux véhicules de pompiers, gyrophares allumés, stationnaient encore en bas de l’immeuble, dont des fenêtres étaient entièrement noircies par l’incendie sur trois niveaux, et plus légèrement sur deux autres au-dessus.Selon le maire de Reims Arnaud Robinet, présent sur place, des policiers nationaux qui se trouvaient dans ce quartier populaire pendant la nuit sont intervenus les premiers après le départ de feu et ont évacué des personnes “avec un énorme courage”.La préfecture a listé 15 véhicules du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) et 62 sapeurs-pompiers mobilisés, ainsi que 20 policiers nationaux, 20 policiers municipaux et neuf soignants du Smur.Une quarantaine de personnes sinistrées ont été prises en charge par la Croix-Rouge dans un gymnase mis à disposition par la municipalité.Un des habitants est revenu sur place pour récupérer les médicaments de sa femme mais il n’a pas pu accéder à l’immeuble, bloqué par les pompiers. Un résident de l’immeuble voisin, Cyril Gasnier, a raconté à l’AFP qu’il était au téléphone avec sa mère, vers minuit, quand il a entendu des gens hurler. Il est descendu dans la rue et a confié avoir eu peur pour son logement mais a ensuite pu rentrer chez lui.”Il était minuit-1H00, on ne dormait pas encore. J’ai entendu un petit +boum+ et après j’ai commencé à voir des flammes par le balcon de derrière”, a témoigné un autre habitant de cet immeuble voisin, Jerôme Gaillard.Fin mai, un incendie dans une maison à Attiches, dans le Nord, avait fait trois morts, un homme et deux petits garçons, tandis qu’une femme et deux autres enfants avaient réussi à échapper aux flammes avec l’aide d’une voisine.

Le PS annonce la victoire de Faure au poste de premier secrétaire, résultats serrés

Le psychodrame a finalement été évité: après une nuit agitée et une bataille de chiffres entre les deux concurrents, le Parti socialiste a annoncé, vendredi matin, qu’Olivier Faure avait remporté 50,9% des suffrages exprimés contre 49,1% pour le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et était donc “réélu”, sur le fil, au poste de premier secrétaire.”Jeudi 5 juin, à l’issue d’un scrutin serré, Olivier Faure a été réélu premier secrétaire du Parti socialiste”, a annoncé le PS dans un communiqué, précisant que le résultat était “reconnu par tous”.”Toutes mes félicitations à Olivier Faure, à ses soutiens”, a d’ailleurs réagi Nicolas Mayer-Rossignol, en remerciant les quelque 12.000 militants, “près de la moitié” des votants, souligne-t-il, l’ayant choisi.Les résultats définitifs seront ratifiés lors du congrès prévu à Nancy (Meurthe-et-Moselle) du 13 au 15 juin.”Merci aux militantes et militants qui me renouvellent leur confiance”, a pour sa part écrit sur X Olivier Faure, après sa victoire serrée. “Dès demain, nous poursuivrons le travail commencé en 2018 pour amplifier la dynamique, avec un parti socialiste ancré au coeur de la gauche”, a-t-il ajouté, en saluant son concurrent et ses soutiens.Deux ans après le congrès de Marseille, qui avait vu les deux mêmes candidats se disputer la victoire pendant plusieurs jours, sur fond d’accusations de fraudes, la nuit de jeudi à vendredi avait donné lieu à une querelle de chiffres, donnant une nouvelle fois l’image d’un parti profondément divisé.- “Vote clair” -Le camp d’Olivier Faure avait rapidement revendiqué la victoire, mais celui de son concurrent a dans un premier temps jugé l’écart de voix trop serré pour que quiconque puisse revendiquer être en tête.”Le résultat final sera de toute façon très serré”, avaient ajouté les partisans du maire de Rouen, y voyant “un désaveu” pour la direction sortante.Finalement le premier secrétaire sortant l’emporte de “quelques centaines de voix”, a indiqué la maire de Nantes Johanna Rolland sur Public Sénat, se félicitant de ce “vote clair” en faveur de “la ligne stratégique de l’union de la gauche et des écologistes”.”Il faut maintenant rassembler l’ensemble des socialistes”, a souligné sur franceinfo le président du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel.Olivier Faure était déjà arrivé en tête du premier tour, le 27 mai, avec 42,21% des voix, devant le maire de Rouen Nicolas (40,38%) et Boris Vallaud le chef des députés socialistes (17,41%), qui n’a pas pu se maintenir au second tour.Les deux finalistes s’affrontaient notamment sur leur stratégie pour la présidentielle.Olivier Faure est partisan d’une large union de la gauche non-mélenchoniste pour 2027, allant du leader de Place publique Raphaël Glucksmann à l’ex-député LFI François Ruffin, en vue d’une candidature commune. Nicolas Mayer-Rossignol, qui a déploré jeudi un PS victime d'”un affaiblissement et d’un rétrécissement”, prône, lui, pour 2027 la construction d'”un grand parti” réunissant les socialistes et ceux qui gravitent autour, comme Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve.- “Aucun regret” -Boris Vallaud, en phase avec la ligne stratégique du premier secrétaire sortant, avait indiqué qu’il voterait pour lui à titre personnel, mais sans “chèque en blanc” ni consigne de vote à ses troupes, partagées entre les deux camps.Le troisième homme a d’ailleurs félicité vendredi matin à la fois M. Faure “pour sa victoire et réélection” et M. Mayer-Rossignol “pour son résultat”, les appelant à se “mettre au travail ensemble”.Une gageure, tant le maire de Rouen a rassemblé autour de lui une coalition d’anti-Faure -il récuse ce terme-, de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy à la présidente d’Occitanie Carole Delga, en passant par le député de l’Eure Philippe Brun et le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane.Tous accusent Olivier Faure d’une gestion “clanique” du parti, et d'”ambiguïté” vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise, même si le premier secrétaire sortant s’est détaché depuis plusieurs mois de celui avec qui il avait fait alliance en 2022 avec la Nupes et en 2024 avec le Nouveau Front populaire.”Je n’ai aucun regret sur ce que nous avons fait” a répondu Olivier Faure, soulignant que lorsque que le NFP est arrivé en tête des législatives anticipées en 2024, “Nicolas Mayer-Rossignol ne le considérait pas comme une ineptie”.Son rival lui reproche aussi de se servir du congrès comme d’un tremplin pour la présidentielle. “Ce congrès n’a pas vocation à désigner un candidat pour 2027”, répond Olivier Faure. Même si certains de ses proches l’imaginent déjà candidat.

Blocages en Bolivie: Evo Morales visé par une plainte pour “terrorisme”

Le conflit qui oppose le gouvernement bolivien à l’ancien président Evo Morales, qui ambitionne de revenir au pouvoir, a franchi un nouveau cap jeudi, avec le dépôt d’une plainte à son encontre pour “terrorisme” et sept autres infractions pénales.Ce dépôt de plainte intervient après la diffusion d’un enregistrement audio présumé dans lequel une voix, attribuée à l’ex-chef d’Etat, appelle à bloquer les principales routes menant à La Paz, la capitale administrative du pays.L’enregistrement a été transmis mercredi aux médias par un ancien dirigeant proche de l’ex-président de gauche.”Parmi les principales infractions dénoncées figurent le terrorisme, l’incitation publique à commettre des infractions et les atteintes à la sécurité des services publics”, a déclaré le ministre de la Justice, César Siles, auprès de la presse.Depuis lundi, les partisans d’Evo Morales bloquent les principales routes du centre du pays, notamment dans le département de Cochabamba, son fief politique. Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils accusent d’être responsable de la profonde crise économique que traverse le pays et d’avoir manipulé le pouvoir judiciaire et le corps électoral pour exclure M. Morales de la présidentielle du 17 août.Pour le gouvernement, ces barrages visent à empêcher l’élection présidentielle et forcer une candidature de M. Morales, qui a gouverné à trois reprises entre 2006 et 2019 et que la justice a déclaré inéligible pour avoir dépassé le nombre autorisé de réélections.- “Aucun chantage” -“Nous n’accepterons aucun chantage”, a assuré le ministre Siles.La loi bolivienne prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour terrorisme.Le nombre de barrages ne cesse d’augmenter depuis lundi, lorsque le gouvernement en a recensé une vingtaine. “Il y a plus de 40 points de blocage” dans le pays, a assuré jeudi la vice-ministre de la Communication, Gabriela Alcon.Selon elle, 30 policiers ont été blessés dans des affrontements avec des manifestants depuis le début de la semaine. Les partisans du premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène évoquent aussi des blessés, sans en préciser cependant le nombre.Le ministre de l’Economie, Marcelo Montenegro, a indiqué de son côté que les blocages causaient chaque jour des pertes de 100 à 150 millions de dollars.La Bolivie est plongée dans une profonde crise économique, en raison notamment d’une pénurie de carburant provoquée par un manque de devises étrangères.Evo Morales vit retranché sous la protection de ses partisans dans son fief du centre du pays, dont il n’a pu sortir depuis sept mois, étant visé par un mandat d’arrêt pour une affaire de traite de mineure qu’il nie. Selon le parquet, il aurait entretenu en 2015, alors qu’il dirigeait le pays, une relation avec une adolescente de 15 ans avec le consentement des parents de cette dernière, en échange d’avantages.En novembre 2019, le gouvernement de droite de l’époque avait déjà porté plainte contre Evo Morales pour “terrorisme”, après la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel une voix, attribuée à Morales, ordonnait le blocage des routes du pays, en pleine crise sociale après sa démission. L’ancien chef de l’Etat avait nié les faits. L’affaire n’a pas été instruite après l’arrivée au pouvoir de Luis Arce, son ancien ministre de l’Economie.

Le Kosovo se prépare à recevoir les prisonniers étrangers du Danemark

D’ici à 2027, le Danemark délocalisera ses prisonniers étrangers dans un centre de détention au Kosovo, en vertu d’un accord qui inquiète des ONG, la population et les gardiens mais qui pourrait servir de modèle à d’autres pays européens.L’accord conclu en 2022 et ratifié par les députés kosovars en 2024 prévoit l’accueil de jusqu’à 300 prisonniers condamnés au Danemark de nationalité étrangère. Aucun d’entre eux ne doit avoir été condamné pour terrorisme ou crime de guerre, ni souffrir de maladie mentale ou d’une maladie incurable et, une fois leur peine purgée au Kosovo, ils seront envoyés dans leur pays d’origine.En échange, le Danemark versera 200 millions d’euros – plus de six fois le budget annuel du ministère de la Justice du Kosovo. – La population perplexe -Les détenus seront emprisonnés dans un établissement qui leur sera entièrement dédié, dans les environs de Pasjak, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale, Pristina, où les travaux doivent commencer rapidement.De la route principale, le chemin étroit qui mène au centre de détention divise le village en deux, laissant environ 1.500 de ses habitants d’un côté, tandis que l’école, la mosquée et le cimetière se trouvent de l’autre, près de la prison elle-même entourée de barbelés et de postes d’observation en hauteur.  Le projet laisse la population locale perplexe.”Nous ne savons pas qui ils amèneront, ni s’ils constitueront une menace pour le village”, se demande Zeke Zeka, un agriculteur de 57 ans qui occupe le poste de maire. “S’ils étaient bons, le Danemark les garderait et ne les transférerait pas” hors de son territoire, pense-t-il.Tout en accrochant son linge dans la cour, sa femme, Hasime, 57 ans, regrette d’avoir une prison quasiment devant sa porte mais reconnaît ne “rien y pouvoir”. “On ne nous a pas demandé (notre avis)”.Le doute a gagné l’intérieur même de cet établissement, où les gardiens se sentent victimes de discriminations.”Nous continuerons à travailler pour le même salaire mais sous un régime danois, donc plus exigeant et dont les normes sont parmi les plus strictes en Europe”, explique l’un d’eux à l’AFP au cours d’une visite de la prison – préférant taire son nom. – Couture -L’accord stipule en effet que le Kosovo “doit apporter les ajustements nécessaires aux installations pénitentiaires pour garantir qu’elles répondent aux exigences de l’État envoyeur”, le Danemark, note Ismaïl Dibrani, le directeur des services pénitentiaires du Kosovo.”Bien sûr, l’aménagement sera adapté au système pénitentiaire danois”, ajoute M. Dibrani, précisant qu’il y aura “des ateliers où les prisonniers pourront travailler dans l’impression, la couture, le design, etc.”Côté danois, le gouvernement a nommé en avril un haut fonctionnaire, Mads Beyer, pour codiriger la prison, en coopération avec les autorités locales. Son travail, confirme-t-il à l’AFP, sera “de s’assurer que les prisonniers purgent leur peine conformément aux règles danoises et dans des conditions comparables à celles qui s’appliquent dans les prisons danoises”.Si le comité contre la torture de l’ONU s’est inquiété de ce projet, tout comme le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, ou encore plusieurs ONG, l’exemple kosovar intéresse beaucoup en Europe.La délocalisation des prisonniers est un sujet qui n’est “pas tabou” a récemment déclaré le président français Emmanuel Macron et la Suède a annoncé mardi son intention de louer des places de prison en Estonie.”Contrairement à la majorité des États européens qui sont confrontés à la surpopulation carcérale, nous avons des capacités suffisantes”, insiste M. Dibrani. “La capacité de nos prisons est aujourd’hui de 2.800 places, alors que nous avons actuellement environ 1.800 prisonniers”.De quoi monnayer d’autres cellules ? “Après la signature de l’accord, nous avons reçu de nombreuses demandes de la part de pays européens, contre des sommes faramineuses. Mais nous n’en avons pas encore discuté”, ajoute-t-il. “Nous avons déjà beaucoup de travail à faire pour notre propre pays.”

Au Sahel, un regain des violences jihadistes qui inquiète

Raids sanglants au Mali, incursions dans de grandes villes au Burkina, lourdes pertes militaires au Niger: les jihadistes ont intensifié ces dernières semaines leurs offensives contre les armées au Sahel.Les dernières semaines ont été particulièrement meurtrières, avec plusieurs centaines de soldats tués dans diverses attaques revendiquées au Mali et au Burkina par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM, de son acronyme en arabe), affilié à Al-Qaïda, et au Niger par l’Etat islamique au Sahel (EIS).Les juntes des trois pays, qui avaient promis lors de leurs putschs de faire du retour de la sécurité une priorité, peinent à endiguer la progression des jihadistes, qui menacent plus que jamais le nord de certains pays côtiers du Golfe de Guinée.Pourquoi cette intensification des attaques ?”La vision globale du terrorisme régional est modifiée. Il y a une question idéologique mais aussi une question liée à l’ethnicité. Des chefs jihadistes ont affirmé en mars vouloir accélérer les attaques contre les armées nationales pour empêcher un génocide de la communauté peule”, explique Lassina Diarra, directeur de l’Institut de recherche stratégique à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme de Jacqueville (Côte d’Ivoire).Les exactions des armées à l’encontre de civils – en particulier les Peuls, accusés de nourrir les rangs des jihadistes et souvent pris pour cible au Sahel – “exacerbent les ressentiments et favorisent l’expansion du JNIM”, confirme le groupe de réflexion Soufan Center, dans une note qui pointe “une stratégie globale visant à dégrader la confiance du public envers les forces de l’État”.”Il y a aussi une question de compétition du contrôle de l’espace. Le JNIM accélère les attaques pour réduire l’influence de l’EIS qui revient sur le devant de la scène”, explique à l’AFP M. Diarra.Quelles sont les ambitions des jihadistes ?Les objectifs du JNIM et de l’EIS sont différents.”L’EIS est dans un jihad global, avec la volonté d’instaurer d’un califat, l’application stricte de la charia, avec des approches brutales y compris contre les populations civiles. Le JNIM a une approche plus politique”, explique M. Diarra.Jusqu’à pouvoir prendre une capitale, voire de renverser un régime? “C’est une stratégie de conquête territoriale qui précède la prise de pouvoir dans une capitale. Et cette fois, il n’y aura pas d’intervention étrangère pour sauver l’Afrique”, s’inquiète un chercheur mauritanien. “Bamako et Ouagadougou sont ceinturées. Vu la montée en puissance de ses capacités opérationnelles, le JNIM a la possibilité d’occuper une capitale, l’enjeu ce sera de l’administrer. Pas sûr qu’il dispose des moyens et de l’expertise en la matière”, estime M. Diarra.”Il faut se méfier des scénarios catastrophe. Cela reste difficile pour des groupes armés dont l’avantage principal est leur mobilité et leur capacité à bouger, à se mélanger aux populations”, tempère Gilles Yabi, fondateur du groupe de réflexion ouest-africain Wathi.Selon une source militaire occidentale, “on ne peut pas écarter un scénario à la somalienne, au Burkina Faso, avec une capitale qui résiste et le reste du pays qui est hors de contrôle”, affirme une source militaire occidentale.Quelle est la réponse des Etats sahéliens ?Les juntes arrivées au pouvoir par des coups d’Etat dans les trois pays entre 2020 et 2023 sont désormais réunies dans une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et ont tourné le dos au bloc ouest-africain de la Cedeao et aux puissances occidentales engagées dans la lutte antijihadiste.Les trois régimes communiquent rarement sur les attaques et assurent au contraire reconquérir de larges pans du territoire.”Ce qui est préoccupant et ce qui déstabilise beaucoup les militaires, c’est l’utilisation par les groupes armés de drones, qui peut réduire voire annihiler l’avantage que les armées semblaient avoir pris ces derniers mois”, avance Gilles Yabi. L’AES a annoncé en début d’année la formation d’une force conjointe de 5.000 hommes, et ses trois armées mènent des opérations ensemble. “On ne peut pas dire qu’il n’y a pas du tout de résultats mais ils perdent beaucoup d’hommes, et c’est probablement en train de créer une inquiétude en termes de mobilisation des soldats”, affirme M. Yabi.”Il y a un cocktail de facteurs: des pouvoirs pas très solides, des trafics en tout genres, une explosion démographique, de la désinformation sur les réseaux sociaux, le retrait de l’aide américaine”, explique la source militaire occidentale, qui craint un effondrement de la région.La menace peut-elle descendre sur les pays côtiers ?Les parties nord du Togo et du Bénin frontalières des pays sahéliens sont déjà régulièrement les cibles d’incursions violentes de jihadistes. Le Bénin a des relations tendues avec ses deux voisins, le Burkina et le Niger, qui l’accusent d’abriter des bases d’entraînement de jihadistes, ce que Cotonou nie. “Le fait que le Bénin n’arrive pas à parler directement avec ses voisins et a donc du mal à sécuriser ses frontières renforce son état de vulnérabilité”, souligne M. Diarra. Le JNIM cherche également à s’implanter au Sénégal et en Mauritanie, depuis le Mali, selon une étude du Timbuktu Institute, un centre d’études basé à Dakar. Une menace prise au sérieux par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko qui lors d’une visite à Ouagadougou en mai avait estimé qu’il était “illusoire” de penser que le jihadisme resterait cantonné au Sahel.

“Un cauchemar”: une famille vénézuélienne déchirée par la politique de Trump

L’un a été emprisonné au Salvador, un autre est rentré au pays et le dernier vit reclus, de peur d’être arrêté: la politique anti-immigration de Donald Trump a déchiré la famille de Mercedes Yamarte, dont les trois fils avaient émigré aux Etats-Unis depuis le Venezuela.”Je voudrais m’endormir, me réveiller et que tout cela ne soit jamais arrivé”, dit en pleurant cette femme de 46 ans. La pluie s’intensifie sur le toit de zinc de sa petite maison emplie de tristesse dans un quartier de Maracaibo, à neuf heures de route de Caracas, où l’argent du pétrole n’est jamais arrivé.Sur son téléphone, elle montre une photo de ses enfants, prise lors d’un appel vidéo pour Noël dernier.Son aîné, Mervin José Yamarte Fernández, 30 ans, a été arrêté au Texas le 13 mars avant d’être expulsé au Salvador et emprisonné dans une mégaprison pour membres de gangs.Marié et père d’une petite fille de six ans, il fait partie des 252 Vénézuéliens envoyés le 15 mars dans ce pays d’Amérique centrale sur la base d’une loi de 1798 sur les ennemis étrangers, jusqu’alors uniquement utilisée en temps de guerre.Expulsés sans autre forme de procès, la plupart sont accusés d’appartenir au gang Tren de Aragua.Une affiliation contestée par des avocats et des militants des droits de l’Homme. Ils affirment que nombre d’entre eux ont été arrêtés à cause de leurs tatouages, qui n’ont rien à voir avec l’organisation classée “terroriste” par Washington.Mervin, qui travaillait au Texas dans un restaurant de tortillas et dans la construction, porte un tatouage sur la main gauche avec le numéro 99. Celui de son maillot de football. Il s’est également fait tatouer le nom de sa mère et de sa fille.- “Plus seul que jamais” -Il est arrivé aux Etats-Unis en 2023 dans l’espoir de trouver du travail pour envoyer de l’argent à sa mère et à son épouse.Il a fait le voyage avec son frère Jonferson, 21 ans, traversant à pied la jungle du Darién – entre la Colombie et le Panama – puis le Mexique. Leur frère Juan et leur soeur Francis, 28 et 19 ans, ont tenté de les rejoindre un an plus tard mais seul le premier est arrivé aux Etats-Unis, Francis ayant fait demi-tour au Mexique.Jonferson a depuis quitté le pays, de peur de subir le même sort que son frère aîné.Il a attendu un mois au Mexique avant de pouvoir regagner le Venezuela à bord d’un vol humanitaire affrété par Caracas.”Ça a été un cauchemar”, affirme Jonferson, qui a fait face à de nombreuses privations et a dû demander à sa mère de lui envoyer de l’argent.”Je me sens plus seul que jamais”, explique-t-il par téléphone à l’AFP, du bus qui le conduit à l’aéroport pour prendre son vol pour le Venezuela.Des trois frères, Juan est le seul qui se trouve encore aux Etats-Unis.Il vit caché, se déplaçant régulièrement d’un endroit à un autre pour éviter d’être arrêté. “Je reste enfermé. Quand je vais à l’épicerie, je regarde de tous les côtés, apeuré, comme si quelqu’un me poursuivait”, raconte à l’AFP le jeune homme, qui ne souhaite pas montrer son visage à la caméra et demande à ce que son lieu de résidence ne soit pas révélé. Juan, qui continue de travailler dans la construction, refuse de retourner dans son pays “les mains vides”. Il est le seul qui puisse désormais aider sa mère, ainsi que sa femme et son fils de sept ans qui l’attendent au Venezuela.Penser à sa famille le tourmente.C’est “une douleur qui est difficile (…) d’avoir un être cher dans une mégaprison en étant innocent”, dit-il en référence à son frère, Mervin.”Ma mère est dévastée, elle n’a pas dormi depuis des jours” et “ma belle-sœur pleure aussi tous les jours”, ajoute-t-il.- “Terrifiant” -Près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays au cours de la dernière décennie, poussés par la crise, selon les Nations unies.A leur arrivée aux Etats-Unis, Mervin, Jonferson et Juan ont déposé une demande d’asile qui les autorisait à y rester jusqu’à ce qu’un juge décide de leur sort.Ce statut protecteur n’a pas empêché les autorités américaines d’arrêter et d’expulser des migrants qui en bénéficiaient, selon des avocats et des militants.À l’aube du 13 mars, des agents de la police de l’immigration frappent à la porte de l’appartement d’Irving, au Texas, où vivent les trois frères Yamarte avec des amis de leur quartier de Maracaibo, au Venezuela. Ils disent disposer d’un mandat d’arrêt contre l’un d’eux.Mais lorsqu’ils aperçoivent Mervin, ils lui lancent: “Toi aussi tu viens avec nous, pour des vérifications”, raconte Juan.L’un des agents affirme que l’aîné des Yamarte est également visé par un mandat d’arrêt. Mervin répond qu’il s’agit d’une erreur et propose de montrer ses papiers. “Mais ils l’avaient déjà menotté pour l’emmener”, relate Juan. Au total, quatre Vénézuéliens sont arrêtés ce jour-là.Transféré dans un centre de détention au Texas, Mervin parvient à appeler Jonferson, son frère cadet.Il ne sait pas où il sera envoyé ensuite et dit avoir été “trompé”: on lui a fait signer des papiers qu’il ne comprend pas.Trois jours plus tard, Jonferson tombe sur les images de l’arrivée des migrants vénézuéliens au Salvador, diffusées par le président Nayib Bukele.Mervin apparaît sur l’une d’elles, agenouillé, la tête rasée et le regard dans le vague.Jonferson se met à pleurer. Il prévient sa mère, qui a également reconnu Mervin sur les images.Il “regardait comme vers le ciel l’air de dire +Où suis-je, qu’ai-je fait pour être ici?+ (…) C’est le regard le plus terrifiant que j’ai vu dans les yeux de mon fils”, se souvient Mercedes, qui a depuis retrouvé Jonferson.A son retour, elle l’a accueilli dans sa maison avec une pancarte “Bienvenue” accompagnée de ballons aux couleurs du drapeau vénézuélien. “J’aimerais être joyeuse comme il le faudrait, mais mon autre fils est au Salvador, je ne sais pas dans quelles conditions”, confesse Mercedes. Jonferson se dit quant à lui “reconnaissant”, malgré la souffrance. Le visage de sa mère s’illumine brièvement, elle le serre dans ses bras comme si elle voulait le garder près d’elle pour toujours. x”J’ai très peur”, dit-elle. “Je n’aurais jamais pensé que l’absence de mes enfants me toucherait autant, je n’avais jamais imaginé une telle douleur.”

La Russie bombarde massivement l’Ukraine, au moins quatre morts à Kiev

La Russie a massivement bombardé l’Ukraine avec des drones et des missiles balistiques dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant au moins quatre morts dans la capitale Kiev, quelques jours après l’attaque spectaculaire contre des aérodromes militaires russes.Alors que le Kremlin avait laissé entendre qu’il préparait une riposte, des alertes aériennes ont été déclenchées dans la nuit sur tout le territoire ukrainien et plusieurs régions ont fait état de multiples frappes notamment dans l’ouest, loin de la ligne de front.”Quatre personnes sont confirmées mortes dans la capitale”, a déclaré le maire Vitali Klitschko sur Telegram, après avoir évoqué un bilan d’un mort et 20 blessés dont 16 hospitalisés.Les services d’urgence avaient indiqué auparavant que Kiev avait été la cible d’une “attaque impliquant des drones et missiles balistiques” touchant plusieurs quartiers de la ville.Parmi les dégâts signalés à la suite d’explosions et de chutes de débris, un incendie a éclaté dans un immeuble résidentiel, a précisé la même source.Selon les autorités civiles et militaires de la ville, des voies de métro ont été endommagées par les bombardements russes.La compagnie ferroviaire nationale a fait de son côté état de dégâts sur les rails dans la région, affectant le trafic des trains desservant la périphérie sud de Kiev. Hors de la capitale, plusieurs régions ont fait état d’importants bombardements russes.A Loutsk (ouest), non loin de la frontière polonaise, “une attaque massive de missiles et drones” a “partiellement détruit” un immeuble résidentiel, faisant cinq blessés, selon le chef de l’administration militaire régionale Ivan Rudnytsky sur Telegram. Egalement à l’ouest, la région de Ternopil a subi “l’attaque aérienne la plus massive à ce jour”, avec “de multiples frappes” selon Viatcheslav Negoda, chef de l’administration militaire régionale. Il a fait état plus tard d’un bilan de cinq blessés.”Des installations industrielles et des infrastructures ont été touchées”, a indiqué le maire de Ternopil, Serguiï Nadal. “Certaines parties de Ternopil sont sans électricité et la pression de distribution de l’eau a été réduite en raison des coupures de courant”. Au centre du pays, au bord du fleuve Dniepr, “trois missiles russes ont été abattus sur notre territoire et 22 drones”, a déclaré le gouverneur de la région de Tcherkassy, Igor Taburets, précisant que les frappes n’avaient pas fait de victimes.- Accidents de trains -En Russie, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a indiqué que la capitale avait été ciblée par 10 drones ukrainiens dans la nuit.Trois aéroports desservant Moscou ont été fermés provisoirement, selon l’agence chargée du transport aérien, qui a ensuite levé les restrictions.Malgré les appels de l’Ukraine et des Occidentaux au cessez-le-feu immédiat et la pression exercée par Donald Trump pour engager des pourparlers et mettre fin au conflit, les combats ne montrent aucun signe d’apaisement, plus de trois ans après le lancement de l’offensive militaire russe à grande échelle.La Russie contrôle à l’heure actuelle environ 20% de ce pays voisin, dont la Crimée, péninsule annexée en 2014.A l’issue d’un appel avec Vladimir Poutine mercredi, le président américain avait prévenu que Moscou comptait riposter à l’attaque audacieuse lancée le week-end dernier par l’Ukraine contre des bombardiers russes, jusqu’à des milliers de kilomètres de ses frontières.Moscou a également accusé mardi Kiev d’être à l’origine des explosions ayant provoqué le week-end dernier l’effondrement de deux ponts et des accidents de trains qui ont fait sept morts et plus de cent blessés, dont des enfants, dans les régions russes de Koursk et de Briansk, frontalières de l’Ukraine.Dans la nuit de jeudi à vendredi, une locomotive a déraillé dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, sans faire de victime, a indiqué la compagnie russe de chemin de fer. Le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov, a précisé qu’un “engin explosif avait été placé sous les rails”, sur Telegram.Sur le plan diplomatique, deux cycles de négociations menées à Istanbul entre Kiev et Moscou sur une trêve, encouragée par Washington, n’ont pas permis de rapprocher les positions.Au cours de la deuxième réunion, lundi sous médiation turque, la délégation russe a remis à Kiev une liste de demandes comprenant notamment le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée.Des conditions qualifiées mercredi par Volodymyr Zelensky d'”ultimatums” inacceptables.Seul résultat de ces discussions: Russes et Ukrainiens doivent procéder ce week-end à un nouvel échange de 500 prisonniers de guerre de chaque camp, après un précédent échange de 1.000 personnes de chaque côté en mai. Kiev et Moscou sont en outre convenus de remettre les corps de milliers de militaires tués.En visite à Washington jeudi, le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé auprès de Donald Trump pour “accroître la pression sur la Russie” pour l’amener à mettre fin à la guerre.