AFP World

Le festival de Venise s’apprête à accueillir le gratin du cinéma mondial

Grand rendez-vous cinéma de la rentrée, le festival de Venise démarre mercredi et promet des œuvres très politiques avec un film sur la mort d’une petite fille à Gaza ou une chronique de l’ascension de Vladimir Poutine vers le sommet du pouvoir.Pour sa 82e édition, la Mostra de Venise déroule également le tapis rouge au cinéma américain, comme c’est devenu l’habitude pour l’un des plus anciens et plus prestigieux festivals de cinéma eu monde.George Clooney, Emma Stone, Julia Roberts… Le gratin hollywoodien est attendu dès les premiers jours de l’événement, qui doit durer jusqu’au 6 septembre.D’autres stars américaines sont très attendues comme Dwayne Johnson, “The Rock”, qui incarne un combattant de MMA en prise avec ses addictions dans “The Smashing Machine”, avec transformation physique à la clef pour un potentiel rôle à Oscar.Cette édition signe aussi le retour des Américains Gus Van Sant et Kathryn Bigelow, dont les dernières productions remontent à il y a sept ans.Mais mercredi soir, c’est le film italien “La Grazia” de l’habitué des lieux Paolo Sorrentino qui ouvrira la compétition.- Gaza omniprésent -Le réalisateur italien retrouve son acteur fétiche Toni Servillo, signataire d’une lettre ouverte appelant le festival à ne pas être “une tribune triste et vide” et à “adopter une position claire et sans ambiguïté” contre les actions d’Israël à Gaza.Le texte, rédigé par le collectif Venice4Palestine (V4P), a été signé par d’autres grands noms du cinéma italien (comme Matteo Garrone ou Marco Bellochio) qu’international (de Ken Loach à Audrey Diwan en passant par Abel Ferrara).”La Mostra de Venise n’est évidemment pas enfermée dans une bulle”, a réagi auprès de l’AFP son directeur artistique, Alberto Barbera. Mais “la Biennale ne prend pas de positions politiques directes, elle ne fait pas de déclarations politiques, car c’est un espace culturel de dialogue, de discussion et d’ouverture”, a-t-il tempéré.Une manifestation est prévue samedi sur le Lido à l’appel de groupes de soutien à la Palestine et de politiciens locaux pour profiter des projecteurs braqués sur le festival.La guerre à Gaza devrait encore agiter le Lido le 3 septembre avec la projection de “The Voice of Hind Rajab” en compétition officielle, un film de la réalisatrice Franco-Tunisienne Kaouther Ben Hania, racontant l’histoire d’une petite fille de 6 ans tuée le 29 janvier 2024 à Gaza avec plusieurs membres de sa famille alors qu’elle tentait de fuir les bombardements.- Absence du cinéma sud-américain -Les enregistrements de l’appel de Hind Rajab avec les secours, utilisés dans le film, avaient ému la planète lors de leur révélation.Ce film promet d’avoir “un fort impact sur le public”, selon Alberto Barbera, qui s’était montré très ému lors de l’annonce de la sélection fin juillet. “J’espère qu’il n’y aura pas de polémique”, avait-il ajouté.Autre moment fort attendu: le film “Le mage du Kremlin” d’Olivier Assayas, adapté du livre éponyme de Giuliano da Empoli, avec Jude Law dans le rôle de Vladimir Poutine. Cette chronique de l’ascension au pouvoir de l’homme fort du Kremlin vu par l’un de ses proches conseillers, a été adaptée pour le cinéma par l’écrivain français d’origine russe, Emmanuel Carrère.Enfin, à l’inverse de son grand rival cannois qui privilégie le cinéma en salle, Venise offre une large place aux films produits par les plateformes avec trois productions Netflix en lice pour le Lion d’Or (“Frankenstein” de Guillermo del Toro, “Jay Kelly” de Noah Baumbach et “A House of Dynamite” de Kathryn Bigelow). Cette édition est un peu moins internationale que les précédentes, ne comptant notamment aucun film sud-américain en compétition. “Le Brésil sort de quatre années de dictature de Bolsonaro, qui a tout fait pour mettre le cinéma d’auteur brésilien au second plan. Malheureusement, la même chose se produit en Argentine, où le nouveau gouvernement de Milei a coupé tous les financements”, a déploré le directeur du festival, reconnaissant “un moment historique difficile” pour le cinéma.

Un juge brésilien ordonne une surveillance permanente de Bolsonaro pour “risque de fuite”

Un juge brésilien a ordonné mardi une surveillance policière “à temps plein” de l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence, arguant d’un “risque de fuite” à l’approche du dénouement de son procès pour tentative de coup d’Etat.Le climat s’alourdit alors que la phase finale du procès devant la Cour suprême de l’ancien chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022), âgé de 70 ans, se tiendra du 2 au 12 septembre.D’autant que l’ombre des Etats-Unis planera sur ce rendez-vous.En soutien à son allié, l’administration du président Donald Trump a imposé une surtaxe douanière de 50% sur une part des exportations brésiliennes, et pris des sanctions individuelles. Dernière cible: le ministre brésilien de la Justice Ricardo Lewandowski, qui a vu son visa américain révoqué.En attendant la conclusion de son procès, Jair Bolsonaro est de plus en plus cerné.Dans un document judiciaire consulté par l’AFP, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, en charge du procès de l’ancien président, a demandé mardi à la police sa “surveillance à temps plein” en “déployant des équipes à l’adresse où l’accusé est assigné à résidence” depuis le 4 août.Une “situation inutile créée pour infliger des humiliations”, a dénoncé sur X l’un des fils de l’ancien président, le sénateur Flavio Bolsonaro.Mais la pression sur le leader d’extrême droite pourrait encore s’accroître: peu après la décision du juge, la police fédérale a demandé l’autorisation de maintenir des agents “24 heures sur 24 à l’intérieur de la résidence” de l’ex-président.Accusé d’avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir “de façon autoritaire” après avoir perdu l’élection de 2022 face à son successeur de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, Jair Bolsonaro encourt environ 40 ans de prison.- “Actes incessants” -Le renforcement de sa surveillance policière intervient à la suite d’une requête présentée par Lindbergh Farias, un député du parti de Lula, invoquant un “risque réel de fuite” hors du Brésil.Le juge Moraes cite entre autres le fait que le député Eduardo Bolsonaro, fils de l’ex-président, mène depuis les Etats-Unis une campagne de lobbying pour que les autorités américaines intercèdent en faveur de son père.”Les actes incessants d’Eduardo Bolsonaro depuis un pays étranger montrent la possibilité d’un risque de fuite de Jair Bolsonaro pour échapper à la loi, notamment en raison de l’approche des débats à la Cour suprême”, selon le magistrat.L’ancien chef de l’Etat est depuis début août assigné à résidence et contraint de porter un bracelet électronique pour avoir enfreint les mesures lui interdisant de s’exprimer sur les réseaux sociaux.Ces restrictions découlent d’une enquête lancée contre lui pour entrave à son procès. La semaine dernière, la police fédérale a recommandé son inculpation et celle de son fils Eduardo en raison de ces soupçons.Les enquêteurs ont dit avoir retrouvé sur le téléphone de Jair Bolsonaro un document incluant “une demande d’asile politique” en Argentine adressée au président Javier Milei. Un argument rejeté par la défense de l’ex-président, pour qui un “projet de demande d’asile au président argentin, datant de février 2024, ne peut pas être considéré comme un indice de fuite”.- Casquette bleu marine -Quelques heures avant la décision du juge Moraes, en annonçant lui-même la révocation du visa de son ministre de la Justice, Lula a dénoncé un “geste irresponsable” de l’administration américaine, dernière en date d’une série de mesures “inacceptables” à ses yeux.Plusieurs membres de la Cour suprême, dont le juge Moraes, avaient déjà subi la même sanction.Lula a également ciblé Eduardo Bolsonaro pour sa campagne menée à Washington.”C’est peut-être une des pires trahisons jamais subies par une patrie”, a-t-il tonné lors d’une réunion de son gouvernement à Brasilia.A cette occasion, la plupart de ses ministres arboraient des casquettes bleu marine avec la mention “Le Brésil appartient aux Brésiliens”, réponse à la célèbre casquette rouge frappée du slogan trumpien “Make America Great Again”.Lula a une nouvelle fois accusé Donald Trump d'”agir comme s’il était l’empereur de la planète Terre”.Concernant la surtaxe sur les exportations brésiliennes, il a toutefois réitéré que son gouvernement était “prêt à s’asseoir à la table (des négociations)”, mais “d’égal à égal”.

Un juge brésilien ordonne une surveillance permanente de Bolsonaro pour “risque de fuite”

Un juge brésilien a ordonné mardi une surveillance policière “à temps plein” de l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence, arguant d’un “risque de fuite” à l’approche du dénouement de son procès pour tentative de coup d’Etat.Le climat s’alourdit alors que la phase finale du procès devant la Cour suprême de l’ancien chef d’Etat d’extrême droite (2019-2022), âgé de 70 ans, se tiendra du 2 au 12 septembre.D’autant que l’ombre des Etats-Unis planera sur ce rendez-vous.En soutien à son allié, l’administration du président Donald Trump a imposé une surtaxe douanière de 50% sur une part des exportations brésiliennes, et pris des sanctions individuelles. Dernière cible: le ministre brésilien de la Justice Ricardo Lewandowski, qui a vu son visa américain révoqué.En attendant la conclusion de son procès, Jair Bolsonaro est de plus en plus cerné.Dans un document judiciaire consulté par l’AFP, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, en charge du procès de l’ancien président, a demandé mardi à la police sa “surveillance à temps plein” en “déployant des équipes à l’adresse où l’accusé est assigné à résidence” depuis le 4 août.Une “situation inutile créée pour infliger des humiliations”, a dénoncé sur X l’un des fils de l’ancien président, le sénateur Flavio Bolsonaro.Mais la pression sur le leader d’extrême droite pourrait encore s’accroître: peu après la décision du juge, la police fédérale a demandé l’autorisation de maintenir des agents “24 heures sur 24 à l’intérieur de la résidence” de l’ex-président.Accusé d’avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir “de façon autoritaire” après avoir perdu l’élection de 2022 face à son successeur de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, Jair Bolsonaro encourt environ 40 ans de prison.- “Actes incessants” -Le renforcement de sa surveillance policière intervient à la suite d’une requête présentée par Lindbergh Farias, un député du parti de Lula, invoquant un “risque réel de fuite” hors du Brésil.Le juge Moraes cite entre autres le fait que le député Eduardo Bolsonaro, fils de l’ex-président, mène depuis les Etats-Unis une campagne de lobbying pour que les autorités américaines intercèdent en faveur de son père.”Les actes incessants d’Eduardo Bolsonaro depuis un pays étranger montrent la possibilité d’un risque de fuite de Jair Bolsonaro pour échapper à la loi, notamment en raison de l’approche des débats à la Cour suprême”, selon le magistrat.L’ancien chef de l’Etat est depuis début août assigné à résidence et contraint de porter un bracelet électronique pour avoir enfreint les mesures lui interdisant de s’exprimer sur les réseaux sociaux.Ces restrictions découlent d’une enquête lancée contre lui pour entrave à son procès. La semaine dernière, la police fédérale a recommandé son inculpation et celle de son fils Eduardo en raison de ces soupçons.Les enquêteurs ont dit avoir retrouvé sur le téléphone de Jair Bolsonaro un document incluant “une demande d’asile politique” en Argentine adressée au président Javier Milei. Un argument rejeté par la défense de l’ex-président, pour qui un “projet de demande d’asile au président argentin, datant de février 2024, ne peut pas être considéré comme un indice de fuite”.- Casquette bleu marine -Quelques heures avant la décision du juge Moraes, en annonçant lui-même la révocation du visa de son ministre de la Justice, Lula a dénoncé un “geste irresponsable” de l’administration américaine, dernière en date d’une série de mesures “inacceptables” à ses yeux.Plusieurs membres de la Cour suprême, dont le juge Moraes, avaient déjà subi la même sanction.Lula a également ciblé Eduardo Bolsonaro pour sa campagne menée à Washington.”C’est peut-être une des pires trahisons jamais subies par une patrie”, a-t-il tonné lors d’une réunion de son gouvernement à Brasilia.A cette occasion, la plupart de ses ministres arboraient des casquettes bleu marine avec la mention “Le Brésil appartient aux Brésiliens”, réponse à la célèbre casquette rouge frappée du slogan trumpien “Make America Great Again”.Lula a une nouvelle fois accusé Donald Trump d'”agir comme s’il était l’empereur de la planète Terre”.Concernant la surtaxe sur les exportations brésiliennes, il a toutefois réitéré que son gouvernement était “prêt à s’asseoir à la table (des négociations)”, mais “d’égal à égal”.

Macron, Merz et Tusk en Moldavie pour afficher leur soutien face à Moscou

Un déplacement à trois pour une démonstration de force symbolique: Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Donald Tusk se rendent mercredi à Chisinau pour afficher leur soutien à la Moldavie et à sa présidente pro-européenne face aux “menaces” et aux “ingérences” de la Russie.La date n’a pas été choisie au hasard : le président français, le chancelier allemand et le Premier ministre polonais, des dirigeants de pays que les diplomates surnomment le “Triangle de Weimar”, participeront au 34e anniversaire de l’indépendance moldave.Et ce à la veille du début de la campagne officielle pour les élections législatives de fin septembre troublées, selon la Moldavie et ses alliés européens, par des ingérences de Moscou pour faire basculer dans son camp cet Etat candidat à l’entrée dans l’Union européenne, frontalier et solidaire de l’Ukraine en guerre.”C’est une démonstration de soutien à la Moldavie de la part des dirigeants européens au moment où la Russie accroît ses ingérences avant des élections cruciales”, a déclaré à l’AFP la présidence moldave. Attendu dans l’après-midi, le trio s’adressera à la presse en compagnie de la cheffe de l’Etat moldave Maia Sandu, avant un dîner puis des discours pendant les célébrations officielles sur la place de l’Indépendance, ponctuées d’un concert.MM. Macron, Merz et Tusk entendent réaffirmer leur “soutien à l’indépendance, à la souveraineté, à l’intégrité territoriale de la Moldavie”, a expliqué à des journalistes un conseiller du président français. Soutien aussi à sa “trajectoire européenne” dans le cadre des négociations d’adhésion à l’UE ouvertes en juin 2024.”On ne peut pas faire abstraction” des “conséquences de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, qui touche au premier chef la Moldavie”, a-t-il ajouté.- “Intimidation” -“La Moldavie, elle, est menacée par la Russie”, a encore affirmé l’Elysée, évoquant les “ingérences” et les “interférences” de Moscou, dont le “logiciel” à l’égard des ex-républiques soviétiques comme la Moldavie est, selon Paris, “celui de l’intimidation et aussi des entraves à la souveraineté, de l’exploitation des séparatismes”.Une allusion notamment à la Transnistrie, un territoire séparatiste russophone situé dans l’est de ce pays, où sont basées des forces russes.”Cette visite est vraiment une signal fort du soutien à la Moldavie et elle adresse un message symbolique à la Russie selon lequel les principaux pays européens se préoccupent de ce qui se passe ici”, estime l’analyste politique Valeriu Pasha, du cercle de réflexion Watchdog, à Chisinau.Pour lui, le parti Action et solidarité (PAS) de la présidente Sandu devrait arriver en tête des législatives mais le résultat est difficile à prédire en raison de “l’énorme ingérence russe”, alimentée par “des sommes folles d’argent”, sur fond de crise économique et d’inflation élevée.La cheffe de l’Etat pro-européenne, réélue en novembre 2024, a accusé fin juillet la Russie de mener une opération complexe et coordonnée d’ingérence “sans précédent” pour “contrôler” son pays, frontalier de l’UE, “dès l’automne”. Tout cela en recourant à des mécanismes d’achat de votes et de financements avec des “cryptomonnaies”, “100 millions d’euros” étant prévus à cet effet, a-t-elle alors dénoncé, pointant également du doigt la responsabilité de la plateforme Telegram.La France met en avant sa coopération, renforcée en mars à l’occasion de la dernière visite qu’y a effectuée Maia Sandu, pour lutter contre les ingérences numériques, via l’agence française Viginium.Si le trio européen assure vouloir se concentrer sur le soutien à la Moldavie, le déplacement ensemble de ces dirigeants se déroule à un moment où la diplomatie tâtonne sur le dossier ukrainien.Deux semaines après le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l’accélération subite vers de possibles négociations de paix semble déjà marquer le pas et sujet sera forcément évoqué en marge des séquences officielles à Chisinau.

Macron, Merz et Tusk en Moldavie pour afficher leur soutien face à Moscou

Un déplacement à trois pour une démonstration de force symbolique: Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Donald Tusk se rendent mercredi à Chisinau pour afficher leur soutien à la Moldavie et à sa présidente pro-européenne face aux “menaces” et aux “ingérences” de la Russie.La date n’a pas été choisie au hasard : le président français, le …

Macron, Merz et Tusk en Moldavie pour afficher leur soutien face à Moscou Read More »

Macron, Merz et Tusk en Moldavie pour afficher leur soutien face à Moscou

Un déplacement à trois pour une démonstration de force symbolique: Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Donald Tusk se rendent mercredi à Chisinau pour afficher leur soutien à la Moldavie et à sa présidente pro-européenne face aux “menaces” et aux “ingérences” de la Russie.La date n’a pas été choisie au hasard : le président français, le chancelier allemand et le Premier ministre polonais, des dirigeants de pays que les diplomates surnomment le “Triangle de Weimar”, participeront au 34e anniversaire de l’indépendance moldave.Et ce à la veille du début de la campagne officielle pour les élections législatives de fin septembre troublées, selon la Moldavie et ses alliés européens, par des ingérences de Moscou pour faire basculer dans son camp cet Etat candidat à l’entrée dans l’Union européenne, frontalier et solidaire de l’Ukraine en guerre.”C’est une démonstration de soutien à la Moldavie de la part des dirigeants européens au moment où la Russie accroît ses ingérences avant des élections cruciales”, a déclaré à l’AFP la présidence moldave. Attendu dans l’après-midi, le trio s’adressera à la presse en compagnie de la cheffe de l’Etat moldave Maia Sandu, avant un dîner puis des discours pendant les célébrations officielles sur la place de l’Indépendance, ponctuées d’un concert.MM. Macron, Merz et Tusk entendent réaffirmer leur “soutien à l’indépendance, à la souveraineté, à l’intégrité territoriale de la Moldavie”, a expliqué à des journalistes un conseiller du président français. Soutien aussi à sa “trajectoire européenne” dans le cadre des négociations d’adhésion à l’UE ouvertes en juin 2024.”On ne peut pas faire abstraction” des “conséquences de la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, qui touche au premier chef la Moldavie”, a-t-il ajouté.- “Intimidation” -“La Moldavie, elle, est menacée par la Russie”, a encore affirmé l’Elysée, évoquant les “ingérences” et les “interférences” de Moscou, dont le “logiciel” à l’égard des ex-républiques soviétiques comme la Moldavie est, selon Paris, “celui de l’intimidation et aussi des entraves à la souveraineté, de l’exploitation des séparatismes”.Une allusion notamment à la Transnistrie, un territoire séparatiste russophone situé dans l’est de ce pays, où sont basées des forces russes.”Cette visite est vraiment une signal fort du soutien à la Moldavie et elle adresse un message symbolique à la Russie selon lequel les principaux pays européens se préoccupent de ce qui se passe ici”, estime l’analyste politique Valeriu Pasha, du cercle de réflexion Watchdog, à Chisinau.Pour lui, le parti Action et solidarité (PAS) de la présidente Sandu devrait arriver en tête des législatives mais le résultat est difficile à prédire en raison de “l’énorme ingérence russe”, alimentée par “des sommes folles d’argent”, sur fond de crise économique et d’inflation élevée.La cheffe de l’Etat pro-européenne, réélue en novembre 2024, a accusé fin juillet la Russie de mener une opération complexe et coordonnée d’ingérence “sans précédent” pour “contrôler” son pays, frontalier de l’UE, “dès l’automne”. Tout cela en recourant à des mécanismes d’achat de votes et de financements avec des “cryptomonnaies”, “100 millions d’euros” étant prévus à cet effet, a-t-elle alors dénoncé, pointant également du doigt la responsabilité de la plateforme Telegram.La France met en avant sa coopération, renforcée en mars à l’occasion de la dernière visite qu’y a effectuée Maia Sandu, pour lutter contre les ingérences numériques, via l’agence française Viginium.Si le trio européen assure vouloir se concentrer sur le soutien à la Moldavie, le déplacement ensemble de ces dirigeants se déroule à un moment où la diplomatie tâtonne sur le dossier ukrainien.Deux semaines après le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l’accélération subite vers de possibles négociations de paix semble déjà marquer le pas et sujet sera forcément évoqué en marge des séquences officielles à Chisinau.

Borne fait sa rentrée, dans un contexte politique incertain

Première rentrée comme ministre de l’Education, et peut-être la dernière? Elisabeth Borne tient mercredi sa conférence de presse pour lancer l’année scolaire, dans un contexte politique et budgétaire incertain après la décision de François Bayrou de solliciter la confiance de l’Assemblée nationale.Après avoir réuni les recteurs mardi, et avant la pré-rentrée des enseignants vendredi, la ministre, en poste depuis huit mois, donnera le coup d’envoi de la rentrée de quelque 12 millions d’élèves le 1er septembre.Mais alors que les spéculations sur la chute du gouvernement vont bon train, avec la quasi-certitude d’un vote négatif à l’Assemblée le 8 septembre, l’ex-Première ministre est en sursis, comme l’était sa prédécesseure Nicole Belloubet l’an dernier après la dissolution.La ministre assure cependant mardi dans un entretien au Parisien que les orientations de la rentrée restent sa priorité: “Ma seule et unique boussole, c’est la rentrée scolaire”.”On verra ce qui se passera”, mais “mon énergie est entièrement consacrée à faire en sorte que cette rentrée se passe dans les meilleures conditions possibles”, ajoute-t-elle.Pour les syndicats et personnels de l’éducation cependant, c’est à nouveau l’expectative, après deux années marquées par une forte instabilité et cinq ministres: Gabriel Attal (resté un peu plus de cinq mois), Amélie Oudéa-Castéra (un mois), Nicole Belloubet (sept mois), Anne Genetet (trois) et Elisabeth Borne.”On est vraiment agacés, on est fatigués de changer en permanence de ministre”, explique Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat SE Unsa.”Quand va-t-on arriver à faire une rentrée scolaire avec un ou une ministre qui n’est pas en train de poser ses cartons, de faire ses cartons, ou qui ne se prépare pas à faire ses cartons?”, a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse mardi.- “Reconsidérer l’école” -Le budget de l’Education nationale, le premier de l’Etat, préoccupe notamment après la présentation par François Bayrou en juillet de son plan d’économies de près de 44 milliards d’euros, qui prévoit cependant une hausse des dépenses publiques de 200 millions d’euros pour l’enseignement scolaire.En 2026, le budget de l’Education nationale “sera préservé”, réaffirme Mme Borne.Mais pour la FSU-Snuipp, principal syndicat de l’enseignement primaire, “il est clair que l’Education nationale ne sera pas épargnée en 2026″.”S’engager sur le budget 2026 à cette date, c’est assez audacieux”, estime de son côté Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU (collèges et lycées), regrettant que le ministère n’aborde pas “la question centrale, la crise de recrutement, les conditions de travail, les rémunérations et les carrières”.Pour cette rentrée comme pour les précédentes, l’enjeu restera notamment d’assurer la présence d’un enseignant devant chaque classe. La crise d’attractivité perdure cette année, avec plus de 2.600 postes non pourvus aux concours enseignants du public et du privé.”On veut un enseignant devant chaque élève toute l’année, et il n’y a rien de moins sûr”, explique Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, premier syndicat de chefs d’établissements.Pour Elisabeth Allain-Moreno, “l’urgence” est aussi de “reconsidérer l’école et les personnels”, qui “voient leurs conditions de travail se dégrader”. Selon un baromètre de l’Unsa Education, auquel ont répondu plus de 53.000 personnels, 77% d’entre eux ne conseilleraient pas leur métier. Ils sont 67% à juger que l’image de leur profession est dégradée.En attendant, cette rentrée verra quelques nouveautés, dont la généralisation progressive du dispositif “portable en pause” (interdiction totale du téléphone dans les collèges). Il est déjà interdit depuis 2018, mais devrait être laissé pendant les cours dans des casiers, mallettes ou pochettes dans les établissements où cela peine à s’appliquer.Des changements auront lieu aussi pour les examens, notamment le bac. Une nouvelle épreuve de mathématiques sera lancée en première, et les exigences seront “resserrées” pour le bac, assure Elisabeth Borne.”Jusqu’ici, un élève qui avait moins de 8 sur 20 pouvait passer le rattrapage grâce à des points attribués par le jury. Ça ne sera plus possible”, détaille-t-elle au Parisien.