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Ligue des champions: Paris retrouve les Blues, énorme choc Real-City
Le PSG, tenant du titre, a hérité vendredi des Blues de Chelsea en huitièmes de finale de la Ligue des champions, un affrontement en forme de revanche après la défaite des Parisiens en finale du Mondial des clubs en 2025, alors qu’un énorme choc opposera le Real Madrid à Manchester City.Le champion d’Europe avait deux options avant le tirage au sort effectué à Nyon (Suisse) au siège de l’UEFA, avec d’un côté le FC Barcelone et de l’autre Chelsea. Il croisera finalement les Londoniens avec en souvenir l’amer revers concédé l’été dernier au MetLife Stadium dans le New Jersey (3-0). Nul doute que les Parisiens auront à coeur d’effacer cette contre-performance qui les avait empêchés de glaner la première édition de la Coupe du monde des clubs nouvelle formule aux Etats-Unis, le seul trophée qui leur avait échappé au cours de leur razzia la saison dernière. Difficile de dire si Paris a gagné au change en étant opposé aux Blues et en évitant le Barça du prodige espagnol Lamine Yamal (18 ans). Chelsea ne dispose certes pas de la même puissance offensive que les Catalans mais il peut compter sur ses deux attaquants, le Brésilien Estevao et Cole Palmer, auteur d’un doublé face au PSG en finale du Mondial des clubs, pour inquiéter les hommes de Luis Enrique. Actuellement cinquièmes de la Premier League, les Blues ont connu un début d’exercice délicat qui a provoqué le limogeage de l’entraîneur Enzo Maresca et son remplacement par Liam Rosenior, venu de Strasbourg. Après une petite embellie, ils marquent de nouveau le pas mais la tâche sera tout de même compliquée pour Paris qui est loin d’être souverain et affiche un net déficit physique après son exercice à rallonge en 2024/2025 comme l’a montré sa qualification poussive en barrages contre Monaco (3-2, 2-2). Le PSG devra en outre disputer le match retour à Londres, le 17 mars à Stamford Bridge (aller 11 mars au Parc des Princes.Le champion d’Europe va également croiser les doigts pour récupérer très vite son Ballon d’Or Ousmane Dembélé, qui avait déclaré forfait mercredi face à Monaco en raison d’une blessure à un mollet.- Mbappé contre Haaland -“Ce sera fascinant de jouer contre une des meilleures équipes anglaises, que nous connaissons bien, aucun sentiment de revanche, ce sont des compétitions différentes. On est habitués, les champions c’est nous dans cette compétition, les problèmes sont pour les autres équipes qui jouent contre nous. Arrive le moment-clé de la saison”, a réagi Luis Enrique.Liam Rosenior s’est de son côté dit “enthousiaste” à l’idée de défier les Parisiens, ajoutant qu’il s’agissait de “matchs pour lesquels on se passionne pour le football” tout en louant le “travail incroyable” de son homologue espagnol. En cas de qualification, le PSG ne sera pas au bout de ses peines puisqu’il pourrait retrouver en quart de finale (aller 7 ou 8 avril, retour 14 ou 15 avril) Liverpool, qui partira largement favori contre Galatasaray, tombeur de la Juventus Turin en barrages. Le chemin pour espérer arriver de nouveau en finale (le 30 mai à Budapest) risque donc d’être semé d’embûches. Le tirage a aussi réservé une confrontation prestigieuse entre le Real Madrid, détenteur du record de victoires en Ligue des champions (15), et le Manchester City de Pep Guardiola avec en filigrane un duel entre les deux meilleurs attaquants de la planète, Kylian Mbappé et Erling Haaland. Les deux joueurs vont ainsi pouvoir prendre date avant le France-Norvège prévu au premier tour du Mondial-2026. Reste à savoir dans quel état de forme sera le capitaine de l’équipe de France, indisponible actuellement pour une blessure au genou. Ce sera le cinquième face-à-face en cinq ans entre les deux équipes qui se sont également mesurées en phase de ligue cette saison, les Citizens l’ayant emporté 2-1 au stade Santiago-Bernabeu. Les autres cadors s’en sortent plutôt bien, le Bayern Munich ayant rendez-vous avec l’Atalanta Bergame, l’ultime représentant italien, le FC Barcelone avec Newcastle et Arsenal avec le Bayer Leverkusen.
Ligue Europa: à Belgrade, Lille éteint l’Étoile rouge et file en 8e
Combatif et valeureux, Lille a inversé le cours de sa double confrontation contre l’Étoile rouge de Belgrade en prolongation (2-0) pour se qualifier en huitième de finale de la Ligue Europa, jeudi soir dans la capitale serbe.À l’échelle du Losc en 2026, c’est un petit exploit: enfoncé dans la crise depuis le début d’année, le club nordiste a peut-être trouvé la sortie du tunnel en obtenant le succès par deux buts d’écart qu’il lui fallait après sa contre-performance (1-0) au stade Pierre-Mauroy la semaine dernière.La deuxième victoire de suite après celle acquise à Angers (1-0) dimanche, qui aura certainement redonné un peu de confiance à ce groupe qui en manquait cruellement, la faute aux sept revers en onze matchs disputés cette année, avant le match à Belgrade.Nul ne sait si ce succès en Serbie marquera le renouveau des Dogues, mais il a valeur de référence dans la solidité, les ressources mentales et la qualité technique en attaque dont ils ont fait preuve.En huitième de finale, un défi d’une autre envergure les attendra contre Lyon ou Aston Villa. Le tirage au sort aura lieu vendredi.Pour les guider là où ils avaient échoué en novembre, quand ils étaient tombés au stade Rajko-Mitic (1-0) lors de la phase de groupe, il fallait des tauliers: Benjamin André (35 ans) et Olivier Giroud (39 ans) ont répondu présent.Le capitaine nordiste a centré vers le meilleur buteur de l’histoire des Bleus (57 buts en 137 sélections), qui a dominé son vis-à-vis Rodrigao de la tête (5e) pour remettre les compteurs à zéro, d’entrée.- André et Giroud, précieux vétérans -Tout au long du match, ces deux modèles de longévité ont donné le ton, omniprésents dans les duels, la pression, les courses dans le vide pour donner de l’espace à leurs coéquipiers.Ce but inscrit très tôt dans le match a bien lancé toute l’équipe lilloise, qui a dominé la première période, obtenant une autre occasion par Olivier Giroud (40e), puis deux par le supersonique mais toujours maladroit Matias Fernandez-Pardo (42e, 44e).Derrière, le gardien Berke Özer a failli faire tomber ce beau château de cartes bâti par ses coéquipiers en manquant une relance (33e) après avoir déjà pris des risques quelques minutes plus tôt.La plus grande occasion des joueurs de Dejan Stankovic, qui ont ensuite poussé en deuxième période, profitant d’une baisse de régime lilloise, mais n’ont jamais été suffisamment adroit pour valider une qualification qui leur tendait les bras à l’origine.Durant la première prolongation, Lille a su écrire à l’encre indélébile son succès grâce à Nathan Ngoy (99e), bien servi par Félix Correia après un débordement de Matias Fernandez-Pardo.À peine entré au poste inhabituel de latéral droit, Ngoy a symbolisé les bons choix de Bruno Genesio, qui avait décidé, au coup d’envoi, de replacer Ayyoub Bouaddi au milieu de terrain, où il a rayonné aux côtés de Benjamin André.Ses joueurs ont ensuite tenu, aidés par la maladresse de leurs adversaires, en particulier Marko Arnautovic, qui a eu les deux ballons les plus chauds (107e, 117e) sans pouvoir les concrétiser en buts.Le signe, peut-être, que Lille a retrouvé sa bonne étoile.
Foot: le PSG a perdu son lustre de champion d’Europe, peut-il le regagner ?
Le PSG, qualifié pour les huitièmes de finale de Ligue des champions mercredi après une double confrontation éprouvante contre Monaco (3-2, 2-2), n’est plus le favori à sa propre succession après plusieurs semaines inquiétantes, mais espère retrouver rapidement ses ressources pour redresser la barre.Pressing mollasson, circuits de passe peu inspirés, intermittence dans les duels, difficulté à conclure: la copie rendue contre Monaco mercredi au Parc des Princes est l’une des plus ternes de la saison du PSG, en particulier en première période.Et ce malgré l’enjeu de tenir son rang, de ne pas vivre une infamante élimination contre le 8e de Ligue 1 et de se qualifier pour les huitièmes de finale. Malgré aussi une soirée mouvementée à l’aller (le PSG était mené 2-0 en moins de 20 minutes) qui aurait dû servir de signal d’alarme, après déjà des matches décevants depuis janvier (défaites à Lisbonne et Rennes, nul contre Newcastle).Mais l’entraîneur Luis Enrique et ses hommes n’ont en réalité pas besoin de signal d’alarme: ils savent bien qu’ils ne sont pas sur les standards de la saison passée, conclue par le titre suprême, ni même sur le début de saison assuré par un effectif pourtant surmené.”C’est compliqué cette saison”, a soufflé Luis Enrique. “On a exploité leurs faiblesses par rapport à leurs énormes qualités, on l’a plutôt bien fait”, a aussi dit son homologue sur le banc monégasque, Sébastien Pocognoli.- “Pas d’excuse” -Effectif surmené, car le PSG n’a eu que trois semaines de vacances entre la finale du Mondial des clubs mi-juillet (perdue 3-0 contre Chelsea) et la Supercoupe d’Europe contre Tottenham en août (gagnée aux tirs aux buts). C’est l’explication la plus logique du sévère ralentissement observé depuis le début de 2026.Les blessures contractées par plusieurs joueurs cadres (Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Joao Neves, Marquinhos…) en première partie de saison, qui peuvent être vues comme une conséquence de la fatigue, ont aussi en retour empêché le staff de répartir les temps de jeu et de rôder convenablement la machine avant les échéances du printemps.”C’est une saison particulière. On a eu beaucoup de joueurs blessés, c’est important d’avoir toute l’équipe”, a souligné Luis Enrique. Il ajoutait tout de go: “Dans notre cas ce n’est pas une excuse”.Car lui-même, en parlant des ambitions du PSG, avait placé la barre haut avant même la fin de saison dernière: étendre sur la durée la domination du PSG, établir un règne comme l’AC Milan d’Arrigo Sacchi au tournant des années 90 ou le FC Barcelone de Pep Guardiola au tournant des années 2010.- “Apprendre” -Cette saison 2025-26 ressemble à un contre-coup incontournable de la précédente et il va falloir que le PSG puise dans ses ressources pour en inverser la dynamique. L’entraîneur a parlé de “résilience”, principale qualité de ses troupes cette saison. Les titres en Supercoupe d’Europe, Coupe intercontinentale et Trophée des champions, au bout du suspense, ont en effet montré le caractère de l’équipe.Mais cela suffira-t-il au moment de retrouver soit le FC Barcelone, soit Chelsea ? Le tirage de vendredi donnera un gros morceau quoi qu’il arrive au PSG.”Si une équipe a eu le pire groupe (de phase de ligue) c’est nous, s’il y a une équipe prête pour le prochain tour, c’est nous”, a lancé Luis Enrique.Les motifs d’espoir existent, comme la bonne volonté d’une jeune équipe qui veut apprendre, à écouter Joao Neves: “On va apprendre de nos erreurs. On va réparer ça”.Mais aussi la qualité intrinsèque de l’entraîneur et de l’effectif, et les bonnes relations en interne malgré la remontrance d’Ousmane Dembélé pour certains solistes, après la défaite à Rennes (3-1).Ousmane Dembélé, justement, concentre l’attention. Du complet rétablissement du Ballon d’Or, encore gêné à un mollet ces dernières semaines, dépend en partie le destin européen du PSG, tant le numéro 10 a encore manqué mercredi soir aux avants-postes du pressing et de l’attaque. Nul doute qu’il manquerait aussi énormément s’il devait être absent pour aller chercher la qualification à Stamford Bridge ou au Camp Nou.


