AFP Sports

CAN-2025: fataliste, la Ligue 1 est fière de ses joueurs africains

Avec 51 joueurs sélectionnés, la Ligue 1 est le championnat le plus représenté durant la Coupe d’Afrique des nations au Maroc (21 décembre-18 janvier), ce que ses clubs prennent avec un mélange de fatalisme et fierté.”C’est comme ça: on doit faire avec, ça fait des années que cette compétition tombe à cette période, on s’adapte : en début de saison, on le prévoit”, a résumé Stéphane Gilli, l’entraîneur du Paris FC, qui devra faire sans cinq de ses titulaires pour au moins deux rencontres si leurs sélections atteignent la finale de la CAN.  “Dans notre cas, je n’avais pas prévu d’en avoir autant”, a précisé Gilli qui a vu Ilan Kebbal et Samri Chergui (Algérie) et Moustapha Mbow (Sénégal) rejoindre Moses Simon (Nigeria) et Jean-Philippe Krasso (Côte d’Ivoire) pour disputer la compétition.- Des promus décimés -“Mais c’est valorisant pour le club et pour eux également: ils peuvent mesurer leur progrès et nous, on est très heureux qu’ils deviennent internationaux”, a conclu l’entraîneur du promu parisien qui devrat se passer de ses “Africains” pour le derby face au PSG, le 4 janvier et face à Nantes le 18, dans un match déjà décisif pour le maintien. Le Paris FC et ses cinq joueurs concernés, est, avec Lorient, autre promu, le club de Ligue 1 le plus impacté par la CAN. Le SCO d’Angers, surprenant 10e du classement, ne verra lui “que” quatre de ses joueurs partir au Maroc, dont son gardien de but Hervé Koffi. Laurent Boissier, son directeur sportif avait été catégorique sur la situation fin juillet: “Si notre numéro 2 (Melvin Zynga, NDLR) n’est pas capable de faire 3 matches, c’est qu’on s’est trompé sur le numéro 2. Donc Hervé fera sa CAN et notre numéro 2 fera ses matches”, avait-il déclaré, synthétisant la pensée de tous ses homologues des autres clubs qui avaient anticipé l’absence de leurs joueurs en décembre-janvier.”Ma seule crainte avec la sélection, a nuancé Alexandre Dujeux, l’entraîneur du SCO, c’est qu’il y ait des joueurs de notre effectif qui partent et qui ne jouent quasiment pas: ça, c’est le plus dommageable. Le garçon qui va, qui joue, quelque part, il peut même revenir plus fort. Celui qui ne participe pas du tout aux matches, c’est plus difficile parce qu’il va perdre du rythme”.Fatalistes, les entraîneurs de Ligue 1 sont plus embêtés lorsque le fragile équilibre trouvé dans leur équipe est mis en péril par le départ de joueurs-clés.C’est le cas de Paulo Fonseca, le technicien lyonnais qui devra faire sans sa charnière centrale durant la CAN, l’Angolais Clinton Mata et le Sénégalais Moussa Niakhaté étant tous deux mobilisés avec leurs sélections.- “Sentiment mitigé” -“Cette saison, ils ont livré de grandes performances. Nous avons l’équipe d’Europe avec le plus de +clean sheet+(matches sans but concédé, Ndlr)” se targue le Portugais, né au Mozambique. “Ils sont en grande partie responsables de nos performances défensives. Ce sont des leaders du groupe. Mon sentiment est mitigé. Je voudrais qu’ils aillent loin dans la CAN mais je souhaite aussi qu’ils reviennent vite”.C’est aussi certainement le cas de Roberto De Zerbi, son homologue marseillais, à qui il ne manquera que deux joueurs, mais deux cadres: le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang et le Marocain Nayef Aguerd dont le séjour pourrait durer, puisque les Lions de l’Atlas ambitionnent légitimement d’aller au bout de “leur” tournoi. Le Paris Saint-Germain a lui fait tout ce qu’il pouvait pour remettre sur pied au plus vite son défenseur Achraf Hakimi, sérieusement blessé à la cheville en Ligue des champions le 4 novembre face au Bayern.Les champions de France et d’Europe en titre ont bien compris l’importance que revêtait la compétition pour le joueur, considéré comme le meilleur latéral du monde, érigé en tête de gondole du tournoi. Préjudiciable, l’absence d’Hakimi aura probablement moins d’impact également pour Paris que celles des cinq titulaires de son voisin, le PFC.

Foot: le Maroc remporte la Coupe arabe, avant d’accueillir la CAN

Le Maroc a remporté la Coupe arabe au terme d’une finale à suspense contre la Jordanie (3-2 a.p.), magnifiée par un but de plus de 50 mètres, jeudi à Lusail au Qatar, à trois jours du début de la Coupe d’Afrique des nations à domicile.Déjà sacrés en 2012, les Lions de l’Atlas inscrivent pour la deuxième fois leur nom au palmarès de cette compétition organisée par la Fifa, réunissant 16 sélections du monde arabe. Ils succèdent à l’Algérie.Bien qu’ayant aligné une équipe bis, sans les stars qui seront à la CAN (21 décembre-18 janvier), les Marocains ont dominé le tournoi, en s’appuyant sur la meilleure défense du plateau (1 but encaissé avant la finale).Pourtant, opposés en finale à la meilleure attaque, ils ont longtemps tremblé, jusqu’à ce qu’Abderrazak Hamdallah endosse le costume de héros.Le buteur du club saoudien Al-Shabab a égalisé en toute fin de rencontre pour arracher la prolongation (88e), avant d’offrir le trophée à son équipe, en doublant la mise à la 100e minute.Mais l’image qui a marqué cette rencontre à rebondissements, reste celle de l’ouverture du score marocaine signée Oussama Tannane (4e): un lob de plus de 50 mètres, qui aurait pu postuler au prix Puskas de but de l’année… si celui-ci n’avait pas été attribué mardi dernier.Les Jordaniens ont marqué par Ali Olwan, auteur d’un doublé (48e et 68e).Le Maroc accueille à partir de dimanche la CAN sur son territoire, avec le statut de favori. En match d’ouverture dimanche à Rabat, les Marocains affronteront les Comores.

CAN-2025: des stars cahin-caha

Achraf Hakimi convalescent, Mohamed Salah dans l’expectative, Sadio Mané invisibilisé: les stars annoncées de la Coupe d’Afrique des nations, qui débute dimanche au Maroc, veulent briller sur leur continent, malgré des états de forme physique et mentale variés.. Hakimi, la course contre la montreConsidéré comme le meilleur latéral droit du monde, 6e du dernier classement du Ballon d’or -et premier défenseur-, meilleur joueur africain, Achraf Hakimi est la star annoncée de la CAN organisée dans son pays.Le capitaine des Lions de l’Atlas, demi-finalistes du Mondial au Qatar en 2022, y est omniprésent, placardé sur de nombreuses publicités à travers le royaume. Avec lui, le second sacre marocain dans une Coupe d’Afrique ne semblait faire guère de doute… Sauf que son tournoi a bien failli s’arrêter avant même d’avoir commencé, le 4 novembre avec le PSG lors d’un match de Ligue des champions, lorsque l’ailier du Bayern Luis Diaz a emporté sa cheville gauche d’un vilain tacle mal contrôlé.Blessé depuis, Hakimi s’est lancé dans une course contre la montre et est actuellement en avance sur les temps de passage pour retrouver les terrains.Son sélectionneur Walid Regragui a assuré que le latéral serait même prêt pour le match d’ouverture le 21 décembre à Rabat face aux Comores. Mais la formule à 24 clubs pourrait lui permettre de prolonger la reprise de son capitaine de deux matches sans compromettre la qualification.. Mohamed Salah, Pharaon dans le rouge Légende de Liverpool et attaquant star de l’Egypte, Mohamed Salah est au cœur d’un imbroglio avec les Reds, dont il a marqué l’histoire mais où il n’est plus tout à fait en odeur de sainteté.Depuis 2017, l’icône égyptienne a remporté une Ligue des champions (2019), deux Premier League (2020, 2025), et a marqué 250 buts toutes compétitions confondues.Moins brillant cette saison, laissé sur le banc à plusieurs reprises par son entraîneur Arne Slot, Salah s’est fendu début décembre d’une déclaration qui a mis le feu aux poudres. “J’ai l’impression que quelqu’un ne veut plus de moi au club”, a-t-il déclaré, ouvrant la porte à un départ anticipé de Liverpool, où il est sous contrat jusqu’en 2027.Même si les derniers jours ont laissé place à une forme d’apaisement, Salah devra faire abstraction de ce contexte tendu lors de la CAN pour porter encore le groupe égyptien, afin de remporter un trophée qui lui a récemment échappé à deux reprises en finale (2017 et 2021).. Mané, invisibilisé en Arabie saoudite, mais toujours fringantDes trois superstars du tournoi, le Sénégalais Sadio Mané, 33 ans, est finalement celui qui se porte le mieux: le partenaire de Cristiano Ronaldo à Al-Nassr, en Arabie saoudite, a inscrit cette saison six buts et offert six passes décisives en 17 matches. Mais depuis son départ du Bayern Munich en 2023 pour le championnat saoudien, l’attaquant n’a plus la même exposition et ses performances passent le plus souvent inaperçues.De quoi en faire une arme secrète pour les Lions de la Teranga? Le meilleur buteur de la sélection se montre toujours aussi décisif. Il a par exemple inscrit un doublé lors de la victoire 4-0 contre la Mauritanie en octobre, permettant au Sénégal de se qualifier pour le Mondial-2026, sa quatrième Coupe du monde d’affilée.Avant de connaître une deuxième Coupe du monde -il était blessé et forfait en 2022 au Qatar-, Mané, à la tête d’un groupe très équilibré mêlant subtilement expérience et jeunesse, va tenter de remporter une deuxième CAN après celle de 2021.. Quid de Mahrez, Osimhen, Haller?Dans la même veine que Mané et l’Algérien Riyad Mahrez, aujourd’hui à Al-Ahli, le Nigerian masqué Victor Osimhen à Galatasaray et l’Ivoirien Sébastien Haller (à Utrecht aux Pays-Bas), autrefois brillants représentants du continent, sont aujourd’hui moins sous les projecteurs.Mahrez a dû déminer lui-même il y a quelques jours sur les réseaux sociaux une polémique sur son supposé manque de forme.Osimhen, toujours décisif avec le club turc et les Super Eagles, va devoir digérer la non-qualification du Nigeria pour le prochain Mondial.Haller, héros du sacre ivoirien à domicile en 2023, ne sait pas encore s’il va disputer la CAN: il s’est blessé à une cuisse à une semaine du tournoi lors de la 16e journée du championnat des Pays-Bas.