AFP Sports

CAN-2025: Maroc-Sénégal, apothéose entre grands favoris

Sous pression pour reconquérir enfin la CAN, organisée à domicile, le Maroc se mesure au Sénégal, l’équipe la plus régulière du continent, dimanche à Rabat (20h00) lors d’une finale entre deux grands favoris en forme d’apothéose d’une édition jamais aussi relevée.”La dernière marche va être difficile” mais “on espère être à la hauteur et rendre heureux nos supporters”, a dit samedi Walid Regragui, le sélectionneur du Maroc, qui “rêvait d’être là le 17 (janvier) à la veille de jouer cette finale”.Le guide des Lions de l’Atlas depuis 2022, qui a mené son groupe jusqu’en demi-finales de la Coupe du monde la même année, performance inédite pour une sélection africaine, est donc à l’heure au rendez-vous qu’il s’est fixé. Mais cela ne suffit pas. Dans le royaume, plus titré dans la compétition depuis son seul succès il y a cinquante ans, une défaite en finale serait vécue comme un échec. Et peu importe si en face il y a le Sénégal, qualifié pour sa troisième finale en quatre éditions depuis 2019 (titre en 2021).Sans toujours briller, sans jamais trembler, le Maroc, première nation africaine au classement FIFA (11e), et le Sénégal, deuxième équipe du continent (19e), ont écarté tous les obstacles dressés devant eux pour se disputer, au stade Moulay-Abdellah de Rabat, la suprématie continentale. Temps, stades, pelouses: rarement une Coupe d’Afrique s’était jouée dans des conditions aussi proches des standards européens, références dans le football mondial. – Aucune surprise -Rapport de cause à effet: la compétition n’a réservé aucune surprise, les grosses nations ont toutes été au rendez-vous des phases finales, offrant des quarts, puis des demi-finales idéales pour les spectateurs. Jusqu’à la finale que le Maroc est donc dans l’obligation de remporter à domicile.”C’est l’objectif de tout un peuple, mais ce n’est qu’un match de football. Depuis que je suis arrivé ici, j’essaie de changer les mentalités. L’objectif des grands pays c’est d’être régulier. Mon discours est le même depuis deux ans avec mes joueurs”, a relativisé Regragui, 50 ans,  qui tente de prendre seul sur ses épaules depuis le début du tournoi, la pression énorme subie par ses joueurs. La gestion de cette pression sera la clé du match selon lui. “Les joueurs ont compris qu’ils devaient se relâcher. Ma seule crainte c’est ça. On va avoir une équipe en face qui est habituée, qui est en confiance (…) Ils sont costauds”, a ajouté l’ancien défenseur de Ligue 1 (à Toulouse, Ajaccio et Grenoble).D’abord circonspect devant le jeu proposé par les Lions de l’Atlas et les choix tranchés de leur sélectionneur, le peuple marocain est désormais totalement derrière son équipe, sifflant sans discontinuer dès que ses adversaires touchent le ballon.- “Ne pas gâcher la fête” -Le Sénégal en a eu un petit aperçu vendredi à son arrivée à Rabat, en provenance de Tanger plus au nord, son camp de base jusque-là.À la gare de Rabat, les Lions de la Teranga se sont retrouvés au milieu d’une foule immense, ce qui a provoqué la colère de leur sélectionneur Pape Thiaw, aux commandes depuis 2024, qui a dénoncé un manque criant de sécurité pour ses joueurs avant de tempérer ses propos.”Jusqu’à aujourd’hui, l’organisation est belle, on en parle partout dans le monde. Merci au Maroc. Mais ce qui s’est passé hier (vendredi) ne doit pas se passer. C’est l’image de l’Afrique ! Je parle en tant qu’Africain”, a-t-il dit.Mais “on ne gâchera jamais une fête”, a nuancé Thiaw, 44 ans.”On a toujours respecté nos adversaires. Ce sont deux pays frères. Il ne faut pas que tout cela soit gâché sur ces 48 dernières heures”, a renchéri à ses côtés le défenseur Moussa Niakhaté, prêt à se donner “à fond” dimanche.Si le Sénégal doit gâcher la fête, c’est sur le terrain qu’il le fera mais les Marocains veulent à tout prix éviter ce scénario.

Foot: un an après un malaise cardiaque, Bove, libéré par l’AS Rome, va reprendre sa carrière

Le milieu de terrain italien Edoardo Bove, victime d’un malaise cardiaque en plein match le 1er décembre 2024, a été libéré par l’AS Rome samedi et va pouvoir reprendre sa carrière, très probablement en Angleterre.”L’AS Rome annonce avoir résilié par consentement mutuel le contrat la liant avec Edoardo Bove”, a indiqué la Roma dans un communiqué.”Aujourd’hui, commence un nouveau chapitre de sa carrière. Dan et Ryan Friedkin (les propriétaires américains du club, NDLR) souhaitent à Edoardo le meilleur, heureux qu’il puisse continuer à jouer et à poursuivre son rêve sur les terrains de football”, poursuit le texte.Bove, 23 ans, ne peut plus jouer en Italie, en raison de la législation qui interdit à tout pratiquant sportif, amateur ou professionnel, équipé d’un défibrillateur sous-cutané de recevoir une licence.Selon la presse italienne, l’ancien international Espoirs italien, formé à la Roma dont il a porté le maillot à 92 reprises (quatre buts), devrait rebondir à Watford, en 2e division anglaise.Bove a été victime d’un malaise cardiaque le 1er décembre 2024 à la 16e minute du match de Serie A opposant la Fiorentina, à qui Bove avait été prêté par l’AS Rome, et l’Inter Milan.Transporté d’urgence dans un hôpital de Florence sous le regard désemparé des deux équipes et des spectateurs du stade Artemio Franchi, il est resté hospitalisé treize jours.En rebondissant en Angleterre, Bove suit l’exemple du Danois Christian Eriksen: victime d’un accident cardiaque durant le match d’ouverture de l’Euro-2021 à Copenhague et après l’implantation d’un défibrillateur sous-cutané, il avait pu reprendre sa carrière début 2022 après avoir résilié son contrat avec l’Inter Milan.Il s’est relancé à Brentford, avant de rejoindre quelques mois plus tard Manchester United qu’il a quitté en septembre dernier pour le club allemand de Wolfsburg.

CAN-2025: Achraf Hakimi, héros affaibli

Achraf Hakimi, capitaine et star du Maroc, vit une CAN-2025 ambivalente, diminué par une blessure dont il a du mal à se remettre et “porteur du rêve” de tout un peuple qui veut le voir soulever la Coupe d’Afrique dimanche après la finale face au Sénégal à Rabat.”On a un rêve et Achraf en est le porteur ! Il est en mission, celle-ci a commencé au moment de sa blessure”, n’a cessé de marteler Walid Regragui, le sélectionneur marocain, tout au long de la compétition. Regragui, prêt à aller au bout de ses idées contre l’avis de tous, n’a jamais varié à propos de son capitaine, lancé dans une course contre la montre depuis le 4 novembre après une sérieuse blessure à la cheville contractée lors d’un match de Ligue des champions avec le PSG. Coute que coute, il a soutenu Hakimi qui a débuté la Coupe d’Afrique marocaine rétabli mais convalescent, conscient que le rôle du latéral droit, 27 ans, considéré comme le meilleur au monde à son poste, dépassait la seule sphère sportive.Jusqu’à utiliser la méthode Coué. Dès l’entrée en lice du Maroc le 20 décembre, où sachant pertinemment qu’Hakimi, absent des terrains près de deux mois, ne pourrait pas tenir sa place, il l’a néanmoins invité en conférence de presse pour rassurer tout le Royaume.Avant sa blessure, après une saison stratosphérique qui l’a vu remporté tous les titres avec le Paris-SG, le Ballon d’Or Africain 2025, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 avec les Lions de l’Atlas, portait l’espoir du peuple marocain de remporter, à domicile, la Coupe d’Afrique cinquante ans après l’unique titre continental de son histoire.- “Sacrifié pour son pays” -Il “s’est sacrifié depuis quatre-cinq semaines” pour récupérer. “Il a fait plus que le boulot” et pris “des décisions fortes pour son pays”, soulignait alors Regragui aux côtés de son joueur.Laissé au repos lors des deux premières rencontres, Hakimi est rentré au cours de l’ultime match de poule, quelques minutes, sans que l’on puisse réellement juger son état de forme.Mais la tête de gondole du tournoi, placardée sur toutes les affiches publicitaires que compte le Royaume, au cœur des discussions de tous les comptoirs des cafés du pays, a donné le change en conférence de presse, enjoignant les Marocains, sceptiques face au jeu balbutiant des Lions, d’encourager, quoiqu’il en soit, leur équipe.”On a besoin que nos supporters restent derrière nous. Comme ça, on peut être des champions d’Afrique”, a exigé Hakimi en cours de tournoi.Porte-drapeau, c’est pourtant sur le terrain, que le Parisien, né à Madrid, mais qui a embrassé immédiatement la sélection marocaine, est désormais attendu.”On n’a pas encore vu le prime d’Achraf Hakimi, il arrivera demain”, a pensé Regragui la veille du quart de finale face au Cameroun, se faisant l’ardent défenseur de son défenseur à la timide prestation face à la Tanzanie en huitième, pour ses premières 90 minutes disputées depuis deux mois. “Je tiens à remercier Achraf, il s’est sacrifié comme personne pour son pays. (…) Demain, je vous l’annonce il va être énorme” s’est-il répété la veille de la demie face au Nigeria, les performances d’Hakimi ne décollant pas. Il reste un match, le plus important dimanche face au Sénégal, à Achraf Hakimi pour passer de “porteur de rêve” de tout un peuple à celui qui l’aura réalisé.