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Élu député LR de Paris, Michel Barnier retrouve l’Assemblée qui l’a renversé

Moins d’un an après y avoir été renversé, l’ex-Premier ministre Michel Barnier (LR) va retrouver les bancs de l’Assemblée nationale grâce à son élection dimanche comme député lors de la législative partielle dans la 2e circonscription de Paris.Largement favori dans cette circonscription des beaux quartiers de la rive gauche réputée imperdable pour la droite, le Savoyard de 74 ans a annoncé vers 21H45 sa victoire avec “plus de 62% des suffrages exprimés” face à la socialiste Frédérique Bredin.”À la place où je me trouve désormais, loyal et libre dans ma famille politique, je resterai soucieux de renforcer le travail en commun avec toutes les formations politiques responsables. Le temps est compté”, a solennellement déclaré le nouveau 50e député du groupe Droite républicaine, rassemblant les députés LR et apparentés.Aucun résultat officiel n’avait été communiqué dans l’immédiat par la préfecture de région.”La très faible participation – moins d’un quart des inscrits se sont déplacés – m’attriste profondément. On assiste à une vraie crise de la démocratie”, a réagi son adversaire socialiste dans un communiqué à l’AFP.Sans surprise, le candidat des Républicain était arrivé en tête du premier tour avec 45% des voix face à l’ancienne ministre des Sports de François Mitterrand, 68 ans, qui en avait recueilli 32%, sur fond de forte abstention.Près de 74% des 75.000 électeurs inscrits avaient boudé au premier tour les bureaux de vote de cette circonscription qui longe la Seine, du Quartier latin à la tour Eiffel, à cheval sur les 5e, 6e et 7e arrondissements.Beaucoup n’avaient même pas reçu les professions de foi des 17 candidats en lice pour ce scrutin provoqué par l’invalidation de l’élection du député macroniste Jean Laussucq pour irrégularités dans ses comptes de campagne.Michel Barnier avait lu dans ce désintérêt l’expression d'”un mécontentement, une lassitude, à l’égard de la situation politique nationale actuelle”, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu est toujours sans gouvernement.Celui qui avait fait de la Savoie son fief électoral pendant des années – député, sénateur, président de l’assemblée départementale – a assuré vivre depuis 12 ans à Paris pour justifier sa candidature.- Menaces de Dati -Avec son élection, l’ex-négociateur du Brexit devient le seul député LR de la capitale, dont les 18 circonscriptions étaient partagées depuis 2022 entre la gauche et les macronistes. Le Premier ministre à ce jour le plus éphémère de la Ve République retrouve le Parlement, moins d’un an après y avoir été renversé sur les textes budgétaires.”Michel Barnier a été débarqué de Matignon et revient par le biais de cette élection pour hanter les couloirs. On ne peut pas laisser faire”, avait expliqué Olivier Faure, le patron du PS, à des habitants du 5e arrondissement lors d’un tractage avec Frédérique Bredin, qui elle aussi a connu le palais Bourbon quand elle était députée de Seine-Maritime.Durant sa campagne, la candidate à la députation avait reçu de nombreux soutiens dont ceux du député européen Raphaël Glucksmann, de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, de l’écologiste Yannick Jadot et de l’ancien député macroniste de la circonscription entre 2017 et 2024, Gilles Le Gendre.La socialiste estime que son concurrent aurait dû gagner dès le 1er tour dans cette circonscription ancrée à droite et “taillée” selon elle pour François Fillon aux législatives de 2012. “Mais Michel Barnier symbolise l’échec gouvernemental et les gens en ont assez de cette crise politique permanente”, avait cinglé la candidate. Arrivée en tête dans le 5e dimanche dernier, Frédérique Bredin a été devancée au second tour dans cet arrondissement par son concurrent, selon ce dernier.En 2024, sa suppléante Marine Rosset avait créé la surprise aux législatives en arrivant en tête du premier tour sous la bannière du Nouveau Front populaire.Michel Barnier pourrait avoir bénéficié dimanche d’un report partiel des voix obtenues par les candidats du RN Thierry Mariani, arrivé en troisième position (7%), et Reconquête Hilaire Bouyé (6%) dimanche dernier.Au début de l’été, le Savoyard avait dû affronter le courroux de la maire du 7e arrondissement Rachida Dati, qui avait menacé de se présenter face à Michel Barnier, le soupçonnant de nourrir des ambitions municipales, avant de jeter l’éponge in extremis, moyennant l’investiture des LR pour l’hôtel de ville.

Le président de la République s’élève contre les menaces envers les magistrats

Le président de la République a dénoncé dimanche des attaques inadmissibles”, trois jours après la condamnation de Nicolas Sarkozy dans le dossier du financement lybien, qui a donné lieu à des menaces et intimidations contre les magistrats ayant prononcé la décision.”Les attaques et menaces de mort, anciennes ou récentes, contre plusieurs magistrats sont inadmissibles”, a écrit sur X Emmanuel Macron, rappelant que “l’État de droit est le socle de notre démocratie” et que “l’indépendance de l’autorité judiciaire, son impartialité comme la protection des magistrats qui la rendent, en sont les piliers essentiels”.”Les décisions de justice peuvent être commentées ou critiquées dans le débat public mais toujours dans le respect de chacun. Elles peuvent être contestées notamment par l’exercice des voies de recours”, a-t-il poursuivi.Deux enquêtes ont été ouvertes vendredi par le parquet de Paris à la suite de “messages menaçants” visant la magistrate parisienne ayant énoncé jeudi la condamnation de l’ancien président à cinq ans de prison, avec incarcération prochaine.Le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, avait dénoncé dimanche le silence “assourdissant” de M. Macron, alors qu’aux termes de l’article 64 de la Constitution, le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire.Le garde des Sceaux démissionnaire Gérald Darmanin avait déjà condamné samedi “sans aucune réserve” les “intimidations et les menaces de mort qui touchent les magistrats”, qualifiant ces faits d'”absolument insupportables en démocratie”.- “Complot” -Dans la foulée de sa condamnation, Nicolas Sarkozy a dénoncé dans la presse un “complot” et estimé que “toutes les limites de l’Etat de droit” avaient “été violées”.Plusieurs responsables politiques de la droite, mais aussi de l’extrême droite, comme Marine Le Pen, ont remis en cause l’impartialité des magistrats, incriminant parfois leurs engagements syndicaux.La députée européenne d’extrême droite Marion Maréchal a appelé dimanche sur BFMTV à “l’interdiction de la syndicalisation des magistrats”, exigeant des juges une “neutralité personnelle, politique, totale”.Dans son communiqué, le Syndicat de la magistrature “dénonce la confusion relayée par certains médias et sur les réseaux sociaux entre la liberté syndicale et l’acte de juger”.L’ancien garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti s’est emporté sur BFM contre la “mode” consistant à contester les institutions judiciaires.”Si on a la preuve qu’un juge envoie un homme en prison pour cinq ans, ce qui est quelque chose de très lourd, et qu’il le fait à raison de la haine qui est la sienne, alors on utilise tous les recours contre ce juge. Mais on ne lance pas comme ça, à la cantonade, +c’est à la haine qui fait que+”, a-t-il fustigé.L’ancien Premier ministre François Bayrou a lui invité dimanche à “protéger les juges” et “respecter les décisions”, même si “on a le droit de se poser des questions sur une disposition qui est l’exécution provisoire”, qui prive l’appel de son effet suspensif.Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement avec incarcération prochaine pour avoir “laissé ses plus proches” collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007.sl-cma-bfa-bpa/swi

Condamnation Sarkozy: Villepin juge “dangereux pour la démocratie” les reproches adressés à la justice

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a fustigé dimanche sur RTL les “reproches adressés” à la justice après la condamnation de Nicolas Sarkozy, les jugeant “dangereux pour la démocratie”.Tout en répétant plusieurs fois “refuser de commenter une décision de justice”, M. de Villepin a dénoncé les critiques contre l’autorité judiciaire émises par des responsables politiques de droite et d’extrême droite, et par Nicolas Sarkozy lui-même, dans la foulée de sa condamnation jeudi. “Que l’on s’interroge sur la décision, c’est une chose, que l’on remette en cause l’indépendance de la justice, que l’on critique la justice en tant qu’autorité judiciaire, cela me paraît (…) inacceptable”, a déclaré M. de Villepin, rival historique de Nicolas Sarkozy à droite, avant que ce dernier remporte la présidentielle de 2007. “Il faut que nous soyons exigeants pour éviter que les critiques puissent ouvrir la voie à une remise en cause de notre système institutionnel, de notre système d’Etat de droit”, a martelé l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, qui ne cache pas ses intentions pour 2027.Dans la foulée de sa condamnation, Nicolas Sarkozy a dénoncé dans la presse un “complot” et estimé que “toutes les limites de l’Etat de droit” avaient “été violées”.Plusieurs responsables politiques de la droite, mais aussi de l’extrême droite, comme Marine Le Pen, ont remis en cause l’impartialité des magistrats.Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement avec incarcération prochaine pour avoir “laissé ses plus proches” démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007.D’après les juges, ces “rencontres occultes” de Claude Guéant et Brice Hortefeux avec un haut dignitaire libyen fin 2005 “n’ont de sens” que par “la nécessité d’obtenir des fonds” pour la campagne Sarkozy, à une époque où l’intéressé n'”avait alors, dans le contexte de sa rivalité avec Dominique de Villepin, aucune certitude d’être investi par son parti et bénéficiaire de son soutien financier”.

A la rentrée du MoDem, le service après-vente gouvernemental de François Bayrou

Une longue défense de son bilan à la tête de son éphémère gouvernement et une nouvelle salve sur l’endettement : trois semaines après son départ de Matignon, François Bayrou a continué de tailler sa stature lors de la rentrée du MoDem, sans aborder, ou presque, l’équation de son successeur Sébastien Lecornu.Le dirigeant centriste, renversé par l’Assemblée lors d’un vote de  confiance qu’il avait lui-même suscité, n’a pas cité nommément son successeur lors de son discours de clôture de l’université de rentrée du MoDem, dimanche à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).Tout juste a-t-il consacré une minute d’une intervention de près d’une heure pour réaffirmer le “soutien” du Modem à un gouvernement qui n’est pas encore constitué.”Je note avec satisfaction que le Premier ministre a dit, en matière de retraites, qu’on ne pouvait pas entrer dans des démarches aventurées, qu’en matière de fiscalité, on ne pouvait pas entrer dans des démarches qui chassent les investisseurs”, a-t-il déclaré après l’entretien de M. Lecornu au Parisien, dans lequel ce dernier a signifié son opposition aux principales revendications du Parti socialiste.”Ce sont des rappels utiles. Et en même temps, il est utile de rappeler que ce sont des rassemblements qui permettront d’aller de l’avant”, a sobrement ajouté M. Bayrou.Derrière l’estrade, pourtant, le MoDem n’est guère rassuré par la sortie de M. Lecornu, interprétée comme la fin de la recherche d’un accord avec le PS. Un choix qui referait du Rassemblement national l’arbitre de la situation pour éviter la censure.Le compromis, “c’est avec le PS qu’il faut le nouer, parce que personne ne pourra accepter que nous soyons dans les mains du Rassemblement national”, a explicité à la tribune le président des députés démocrates, Marc Fesneau, comme l’avait fait la veille le patron de Renaissance Gabriel Attal.M. Fesneau a également voulu placer le PS devant ses responsabilités, l’enjoignant “d’accepter la main tendue et de chercher le compromis”. “Défenseur de l’impératif de justice fiscale”, le MoDem portera, comme depuis 2017, des propositions pour un “impôt sur la fortune improductive”, un des principaux points de désaccord avec l’allié Emmanuel Macron.Le MoDem, qui a réuni son Conseil national vendredi, se prépare à une nouvelle dissolution de l’Assemblée, dont “François Bayrou est bien conscient qu’elle serait préjudiciable aux intérêts du parti”, glisse un dirigeant.-“Fierté”-Pour le reste, le discours de François Bayrou, première grande prise de parole depuis la chute de son gouvernement, a été l’occasion pour lui d’en dresser le bilan et de marteler une nouvelle fois son credo sur la gravité de la situation des finances publiques.Il a notamment mentionné l’adoption d’un budget en février, après la chute du gouvernement Barnier, les lois d’orientation agricole, sur le narcotrafic, sur le scrutin à Paris, Lyon et Marseille ou encore le fait d’avoir “changé le principe de la formation des enseignants”.”Nous avions un texte prêt sur la proportionnelle” qui “pourra peut-être resservir”, a-t-il glissé, alors qu’un travail est mené entre plusieurs groupes parlementaires sur une réforme inspirée du système allemand (une partie des députés élus sur leur nom, l’autre à la proportionnelle).Surtout, “je suis très fier de ce que nous avons décidé ensemble de placer le pays et les formations politiques du pays devant leurs responsabilités, devant le problème fondamental, historique, vital de la dette”, a réaffirmé François Bayrou.Un problème “ignoré pendant des décennies”, a-t-il dit, englobant poliment la présidence d’Emmanuel Macron, qu’il a grandement contribué à faire élire en 2017 et sous les mandats duquel l’endettement public s’est nettement aggravé.Mais au MoDem, alors que “les politiciens préparent la prochaine élection”, “j’ai la fierté de dire que (…) nous sommes occupés sans cesse de la prochaine génération”, a-t-il lancé sous les applaudissements.Au terme d’un discours largement consacré au “basculement de l’histoire” depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, M. Bayrou a également adressé un mot de soutien à Nicolas Sarkozy, dont il fut un opposant obstiné, après sa condamnation rendant inévitable son incarcération dans l’affaire libyenne. Le leader centriste a ainsi estimé que “la généralisation de l’exécution provisoire” revenait à ce qu’il n’y ait “plus d’appel possible”.

Sarkozy: pour Bayrou, si l’exécution provisoire est généralisée, “il n’y a plus d’appel possible”

François Bayrou a estimé dimanche, au sujet de la récente condamnation de Nicolas Sarkozy, que “si on adopte la généralisation du principe de l’exécution provisoire, ça veut dire qu’il n’y a plus d’appel possible”.Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement pour avoir “laissé ses plus proches” collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Sa peine a été assortie d’une exécution provisoire, avec mandat de dépôt à effet différé.”Je ne crois pas qu’il y ait dans la vie politique française de responsables qui aient affronté Nicolas Sarkozy face à face et avec autant de vigueur que j’ai été amené à le faire”, a déclaré M. Bayrou lors de son discours de clôture de l’université de rentrée du MoDem.”Je trouve qu’il faut protéger les juges. (…) Je trouve qu’il faut respecter les décisions, mais qu’on a le droit de se poser des questions sur une disposition qui est l’exécution provisoire”, a ajouté l’ancien Premier ministre.”Pardon de le dire aussi franchement que je le pense. Notre système judiciaire est fondé sur un principe, c’est à dire qu’on peut faire appel des décisions quand on trouve qu’elles ne sont pas justes. Et très souvent, ce principe du double degré de juridiction change en appel la décision de première instance et assez souvent adoucit la décision de première instance”, a-t-il développé.Mais “si on adopte la généralisation du principe de l’exécution provisoire, ça veut dire qu’y a plus d’appel possible. Il y a un appel théorique, mais il n’y a pas d’appel réel. Et nous, qui sommes les défenseurs de la démocratie, nous sommes par nature les défenseurs des principes démocratiques”, a ajouté François Bayrou.Marine Le Pen a également critiqué, après cette décision de justice, “la négation du double degré de juridiction par la voie de la généralisation de l’exécution provisoire”. La leader du Rassemblement national a fait l’objet, en première instance fin mars, d’une condamnation à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires européens.L’exécution provisoire prive l’appel de son effet suspensif qui, dans le cas de Nicolas Sarkozy, lui aurait évité la prison dans l’attente d’une condamnation définitive. Dans le cas de Marine Le Pen, elle jette un doute sur sa capacité à se présenter à la prochaine présidentielle.

Sarkozy n’espère “en aucun cas” être gracié, veut que son “honnêteté” soit reconnue

Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’espère “en aucun cas” être gracié après sa condamnation dans l’affaire dite du financement libyen, dans un entretien au JDD où il redit qu’il se battra jusqu’à son “dernier souffle pour faire reconnaître” son “honnêteté”.Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi l’ancien président à cinq ans de prison avec incarcération prochaine pour avoir “laissé ses plus proches” collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007.Comme le Journal du dimanche lui demande s’il espère une grâce d’Emmanuel Macron, l’ex-chef de l’Etat répond: “En aucun cas”.”Pour être gracié, il faut accepter sa peine, et donc reconnaître sa culpabilité. Jamais je ne reconnaîtrai ma culpabilité pour quelque chose que je n’ai pas fait. Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour faire reconnaître mon honnêteté”, ajoute-t-il, en concluant d’un “je vaincrai”. La grâce ne s’applique qu’à une condamnation définitive et exécutoire, et n’est donc pas envisageable pour l’instant, Nicolas Sarkozy ayant fait appel du jugement.Dans cet entretien fleuve, il cite les mots de la présidente du tribunal à propos du document publié par le site d’information Mediapart en 2012 à l’origine de la procédure – une note en arabe sur un accord pour appuyer la campagne du candidat à l’Elysée. Selon la magistrate, “le plus probable est que ce document soit un faux”.”S’il y a un faux, c’est qu’il y a eu des faussaires, des manipulateurs et donc un complot”, estime Nicolas Sarkozy. “Dans un monde normal, c’est l’ensemble de l’accusation qui aurait dû s’écrouler. Or le tribunal a fait exactement le contraire. Je rappelle que j’ai perdu la présidentielle de 2012 de très peu. Le faux de Mediapart y a joué un grand rôle. Qui réparera cette injustice?”, poursuit-il.Interrogé sur l’exécution provisoire dont est assortie sa peine de cinq ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt à effet différé, Nicolas Sarkozy indique qu’il s’attendait “à tout, mais pas à cela”.”Toutes les limites de l’État de droit ont été violées. C’est tellement invraisemblable. Même dans ses réquisitions pourtant violentes, le PNF (parquet national financier, NDLR) ne l’avait pas demandé !”, relève-t-il.En attendant, l’ancien chef de l’Etat reste libre et était présent au Parc des Princes samedi soir pour assister au match PSG-Auxerre, où il a été vu dans les tribunes par un photographe de l’AFP, adressant des gestes de salut au public.Nicolas Sarkozy a été convoqué le 13 octobre par le PNF, qui lui indiquera alors à quelle date il sera incarcéré, probablement dans un “délai relativement proche” selon une source judiciaire.

Budget: Lecornu renvoie la balle au Parlement sans convaincre gauche et RN

“Le débat doit avoir lieu”: le Premier ministre Sébastien Lecornu renvoie la balle au Parlement pour construire un budget de compromis. Mais la gauche et le RN menacent plus que jamais de le censurer, faute de voir dans ses premières orientations la “rupture” promise.Affirmant repartir d’une “feuille blanche” et refuser un budget “d’austérité et de régression sociale”, M. Lecornu a souligné dans une interview au Parisien vendredi soir que c’est le Parlement qui “définira le budget de la Nation”: “des compromis seront à trouver dans l’hémicycle”, insiste-t-il.Sans aller jusqu’à s’engager à ne pas utiliser l’arme constitutionnelle du 49.3, qui permet de faire adopter le budget sans vote, le locataire de Matignon souhaite “ne pas être contraint” d’y recourir.La ministre démissionnaire Agnès Pannier-Runacher (Renaissance) a salué sur France 2 samedi une “main très fortement tendue vers les parlementaires”, “une main tendue qui va beaucoup vers les socialistes”, avec lesquels le président de la République a demandé aux chefs de la coalition gouvernementale de travailler.- “Main vide” -Mais sur le fond, le Premier ministre reste fidèle aux fondamentaux du “socle commun” réunissant LR et les macronistes, fermant la porte aux revendications phares des socialistes, qu’il s’agisse de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines ou de la suspension de la réforme des retraites.Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé dès vendredi soir la gauche à voter la motion de censure que LFI entend déposer à la reprise de la session parlementaire.”Sans changement majeur d’orientation, nous censurerons ce gouvernement”, a de son côté prévenu dans un communiqué le PS, qui ira malgré tout rencontrer “une dernière fois le Premier ministre la semaine prochaine”.Réunis à Bram (Aude) à l’invitation de Carole Delga, les responsables de gauche hors LFI ont de nouveau fait part samedi de leur déception face au cadre posé par M. Lecornu.Pour le président du groupe PS à l’Assemblée, Boris Vallaud, l’interview de M. Lecornu a été une “douche froide”. Le gouvernement “tend une main” au PS, mais elle est “vide”, a-t-il dit.”On va lui dire que nous sommes prêts à l’effort, prêts à faire des économies, prêts à faire des compromis, prêts a renverser la table, mais pas à passer sous la table. S’il ne l’entend pas nous le censurerons sans hésitation”, a déclaré le premier secrétaire, Olivier Faure, qui veut voir la “copie complète” du gouvernement.La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, s’est montrée plus tranchante encore: “Pour l’instant la seule rupture que je vois chez M. Lecornu c’est avec les Français (…) Aujourd’hui, les parlementaires écologistes n’ont aucune raison de ne pas censurer Sébastien Lecornu”.- “Intentions” -Interrogé sur BFMTV samedi matin, le sénateur PCF Ian Brossat a jugé l’attitude du Premier ministre “très hypocrite”: “sa page blanche (…) est pleine de lignes rouges et donc elle n’est pas vraiment blanche”, a-t-il souligné.”Si le Premier ministre persiste”, on va “inévitablement vers une censure et sans doute vers une dissolution”, a prévenu M. Brossat.Le Rassemblement national ne se montre pas beaucoup plus clément, même si M. Lecornu dit vouloir “examiner (…) dans le détail” l’Aide médicale d’Etat, destinée aux étrangers et que le RN veut voir réduite à une aide d’urgence.”Il y a un certain nombre d’intentions qui sont exprimées, mais si ces intentions débouchent sur des mesures qui sont anecdotiques ou dérisoires, qui ne sont pas à la mesure de ce qui est nécessaire pour rétablir la stabilité budgétaire du pays, alors ça n’ira pas”, a déclaré samedi à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) sa cheffe de file Marine Le Pen, qui attendra pour se prononcer le discours de politique générale de M. Lecornu.Si le Premier Ministre “applique les mesures qu’on lui propose, on ne le censurera pas” mais “on ne croit pas une seconde qu’il le fera”, abonde Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l’Assemblée dans une interview à La Tribune Dimanche. Une suppression de l’AME “serait une victoire symbolique pour le RN”, mais cela ne suffirait pas, prévient l’élu d’extrême droite: “On ne va pas accepter 200 millions d’euros d’économies sur l’immigration, contre 20 milliards d’euros d’efforts imposés aux honnêtes gens”. Les chefs de parti et de groupe du socle commun seront de nouveau reçus lundi à Matignon, à l’avant-veille de l’ouverture de la session ordinaire du Parlement.sl-caz-bla-cma/dch   

A Bram, la gauche hors LFI affiche son unité, même si des divergences demeurent

Olivier Faure, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann: une partie de la gauche hors LFI a tenté d’afficher une image de réconciliation à Bram (Aude) en vue des prochaines échéances électorales, même si des divergences demeurent.Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a écarté vendredi plusieurs de ses demandes, comme la taxe Zucman sur les hauts patrimoines ou une suspension de la réforme des retraites, ancrer l’union à gauche est plus que jamais une nécessité, en vue des prochaines échéances électorales, présidentielle ou législatives. Les trois leaders de gauche (le patron du PCF Fabien Roussel étant finalement absent pour des obsèques) qui se sont retrouvés aux Rencontres de la gauche, à l’invitation de la présidente de l’Occitanie Carole Delga, n’ont d’ailleurs pas exclu de censurer le prochain gouvernement, – même si le PS et Place publique laissent encore une porte ouverte à la discussion.”Olivier Faure à Bram, c’est bien, avec Marine Tondelier, c’est encore mieux”, salue un député socialiste.   Car le Premier secrétaire du PS, qui a gagné de justesse son dernier congrès, est accueilli sur les terres d’une de ses opposantes internes, Carole Delga, très critique sur sa stratégie d’union avec La France insoumise aux législatives de 2022 et 2024. “L’état d’esprit c’est de rassembler la famille”, explique un autre député socialiste, soulignant que depuis que le PS a consolidé son image de parti de gouvernement en présentant une proposition de budget alternatif, plébiscitée par les Français, il est “plutôt uni”. Et si Olivier Faure est venu en terres occitanes avec la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, c’est aussi pour se faire le VRP de l’union de la gauche. Les Ecologistes et la direction du Parti socialiste ont déjà acté ensemble le principe d’une candidature commune pour 2027 – avec Générations et les ex-Insoumis -, via certainement une primaire, alors que Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel s’y refusent. Tout comme une partie des socialistes, à l’instar de Carole Delga.Les opposants internes à Olivier Faure plaident plutôt pour “une affirmation socialiste”, assurant qu’ils sont les seuls à pouvoir rassembler largement derrière eux.Marine Tondelier l’admet volontiers, Carole Delga n’est “pas sa meilleure amie à gauche”, les deux femmes étant notoirement opposées sur le projet de l’autoroute A69, défendue par la présidente d’Occitanie. Mais elle est venue pour “convaincre”. – “Belles phrases” -Lors d’un débat devant quelque 2.500 personnes, les divergences stratégiques n’ont pas manqué de se faire jour.L’écologiste a défendu le Nouveau Front populaire (l’alliance de gauche nouée en 2024 avec LFI), qui n’était “pas parfait”, mais a permis d’empêcher l’arrivée à Matignon du patron du Rassemblement national Jordan Bardella, a-t-elle rappelé, sous les acclamations. Mais elle s’est fait huer lorsqu’elle a appelé à une primaire de la gauche pour 2027 y compris avec les Insoumis.”On finira par être d’accord, on n’a pas le choix”, a-t-elle plaidé, notamment en direction de Raphaël Glucksmann, affirmant avoir avec lui “des valeurs communes et l’antifascisme est la valeur principale”.Juste avant, Olivier Faure avait aussi plaidé pour un rassemblement large, sans LFI mais avec Raphaël Glucksmann: “Je ne connais qu’une seule recette, celle de François Mitterrand: d’abord on rassemble son camp et ensuite on élargit”, a-t-il expliqué. Si la gauche hors LFI n’arrive pas à s’entendre sur un seul candidat, “nous n’aurons fait que des belles phrases”, mais sans parvenir à accéder au second tour, a-t-il insisté.Mais pas question pour Raphaël Glucksmann, qui porte clairement une ligne anti-LFI, de participer à une primaire, même sans les Insoumis. Fort de son bon score aux européennes qui l’ont placé en tête de la gauche, il espère s’imposer dans les sondages pour incarner le vote utile.”Si on fait une primaire avec Jean-Luc Mélenchon, ça veut dire qu’on imagine que s’il gagne on va se battre derrière lui. Dans ce moment de l’histoire, je dis non”, a-t-il affirmé sous les applaudissements.Des débats qui n’ont pas échappé au leader de LFI, qui a fustigé sur son blog un “enchaînement diviseur” transparaissant sous la “comédie de l’unité”. “Ce sont bien les +irresponsables+ qui servent la soupe au RN” en “coupant en deux le NFP”, a-t-il dénoncé.

Présidente ou rien, Le Pen laisse Bardella à l’arrière-plan

“Le Pen, ça veut dire le chef”: omniprésente depuis la rentrée, la patronne du Rassemblement national affirme de plus en plus sa primauté sur son jeune dauphin Jordan Bardella, en dépit du risque judiciaire qui la guette, plus prégnant encore avec la condamnation de Nicolas Sarkozy.Jouer les seconds rôles, très peu pour elle. Marine Le Pen vise l’Elysée et rien d’autre. Quant à Jordan Bardella, “il va être Premier ministre” et “croyez-moi, c’est un poste éminemment important”, a affirmé la triple candidate à la fonction suprême, jeudi soir sur LCI.Son cadet, âgé de 30 ans, a donc vocation à n’être président que du parti à la flamme, qu’elle lui a légué voici quatre automnes. Tel est “le duo exécutif que nous proposons”, insiste-t-elle, et “ça tombe bien, il souhaite que je sois présidente de la République”.Mais si elle devait être empêchée de se présenter ? Si son inéligibilité – dans l’affaire des assistants d’eurodéputés – était confirmée en appel, voire en cassation ? Alors elle serait “aux côtés de Jordan pour l’aider au maximum” à conquérir le pouvoir. Mais elle n’irait pas à Matignon: “Je n’ai pas besoin de lot de consolation.”Pour l’heure, elle dit “conserver un tout petit espoir” que sa peine soit annulée, ou au moins réduite. Et s’engouffre de toutes ses forces dans la brèche.En l’espace d’un mois, Marine Le Pen s’est démultipliée: quatre médias, deux meetings et une tendance manifeste à préempter la parole. Comme lors de ce “bureau de campagne” convoqué à la hâte début septembre, sous l’oeil des chaînes info, pour remobiliser ses troupes avant la censure de François Bayrou.Ou comme lors de ces deux rendez-vous à Matignon, avec le maire de Pau puis son successeur Sébastien Lecornu. Sur le perron ou rue de Varenne, c’est à chaque fois elle qui s’exprime la première et donne le ton.- Le “plan B” attendra -Souvent, elle se distingue de son poulain. Quand Jordan Bardella rend hommage à “l’influent militant de droite américain” Charlie Kirk et dénonce “la rhétorique déshumanisante de la gauche”, Marine Le Pen se contente de dire “l’horreur” que lui inspire “l’assassinat d’un jeune père de famille au seul motif de son engagement politique”.Inversement, lui est resté mutique après la condamnation jeudi de Nicolas Sarkozy, qui l’avait pourtant reçu début juillet, quand elle s’est précipitée pour critiquer “la généralisation de l’exécution provisoire”, qui doit envoyer bientôt l’ancien chef de l’Etat en prison – dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007.Un parallèle à double tranchant avec son propre cas, les juges ayant été sur ce point aussi sévères avec celui qui a occupé la fonction qu’avec celle qui y prétend. Mais aussi un signal clair envoyé à ceux qui voudraient réactiver le “plan B” comme Bardella, sujet de friction au printemps, après le jugement en première instance.”A l’époque il y a eu trop de communication indirecte” via leurs entourages et “ça les a défavorisés tous les deux”, admet après coup un cadre mariniste. Désormais les équipes des deux dirigeants “travaillent beaucoup mieux ensemble”, avec des réunions hebdomadaires et une boucle de messagerie, là où “avant il n’y avait rien”.De l’huile dans les rouages, au service de celle qui se dit “déterminée”, “optimiste” et surtout “combative”. Et aussi “fière” de son nom: “Je vous signale que Le Pen, ça veut dire le chef en breton”.Même si “mille fois” elle a pensé jeter l’éponge, la cheffe de file de l’extrême droite française est plus que jamais aux commandes. “Si on ne le fait pas, je pense que personne d’autre le fera”, se justifie-t-elle, ajoutant: “Dommage pour mes adversaires”. Peut-être, aussi, pour son successeur.

Municipales: Aulas veut que Lyon “redevienne une ville pionnière”

Jean-Michel Aulas a proposé un projet qui “rassemble” vendredi lors de son premier meeting de candidat à la mairie de Lyon, pour que la capitale des Gaules “redevienne une ville pionnière”, dénonçant le “dogme” de la majorité municipale écologiste.”Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de choses qui ne tournent plus rond. Je vous le dis: j’ai mal à ma ville”, a déclaré l’ex-patron emblématique de l’Olympique lyonnais, 76 ans, devant près d’un millier de personnes, dont des jeunes militants vêtus de t-shirt aux couleurs de son nouveau mouvement “Coeur Lyonnais”.L’entrepreneur qui s’est officiellement déclaré jeudi “sans étiquette”, après avoir reçu le soutien des Républicains, de Renaissance, du parti Horizons, du Modem et de l’UDI, a promis à ses partisans qu’il ne leur demanderait “jamais un chèque en blanc” et “encore moins d’être le représentant d’un bord politique”. A ses côtés, se trouvaient de nombreuses personnalités de la droite lyonnaise, dont son chef de file Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, réunies au H7, un incubateur de start-up dans le centre de Lyon.Cravate et costume sombre sur une chemise blanche, Jean-Michel Aulas a lu son discours d’environ 45 mn à l’aide de deux discrets prompteurs. Il n’a pas semblé toujours à l’aise pour ce premier exercice de meeting, malgré les applaudissements de ses partisans qui ont régulièrement scandé “Aulas maire de Lyon !”.Sans jamais nommer son principal opposant, le maire écologiste Grégory Doucet qui brigue un second mandat, M. Aulas s’en est pris à des écologistes “enfermés dans leur dogme”: “Lyon peut espérer autre chose qu’une écologie punitive, passéiste, bloquée au siècle dernier”, a-t-il dit.Il a dénoncé des “travaux partout” dans la ville, qui ont “restreint les voies de circulation”, “trop brutalement, trop vite” ou encore “les incivilités qui explosent” dans certains quartiers. Son mouvement “Coeur Lyonnais”, “n’est pas un nouveau parti”, a-t-il assuré, mais “un organe vivant qui rassemble les Lyonnaises et les Lyonnais de tous horizons”, citant les politiques, les personnes du monde associatif, de l’entreprise, du sport et de la culture, et “nos anciens et notre jeunesse”. “Ce qui me guide (n’est) pas une idéologie mais une conviction d’efficacité”.- Referendum chaque année -Parce que “la décision se prend avec les habitants, pas dans le bureau d’un seul homme”, il a annoncé l’organisation d’un referendum chaque année “sur les questions essentielles qui touchent” les Lyonnais, et le premier d’entre-eux portera, s’il est élu, sur la création d’une “véritable police métropolitaine”. La culture “sera ma priorité” avec la sécurité, a-t-il avancé. Il aussi rappelé une mesure qu’il a récemment déjà évoquée: instaurer la gratuité des transports publics “pour ceux qui gagnent moins de 2.500 euros” mensuels.Seule autre intervenante avec Pierre Oliver avant la prise de parole de M. Aulas, Laure Cédat, une commerçante membre du collectif “des défenseurs de Lyon”, a évoqué le décès de sa fille de 15 ans, Iris, tuée en 2022 avec son petit ami par un chauffard alors que les ados circulaient à trottinette, blâmant une ville devenue “un chantier à ciel ouvert”.”Aulas, c’est un bâtisseur. C’est un excellent dirigeant”, a déclaré à l’AFP William Sordillon, 23 ans, venu écouter l’homme d’affaires. “S’il a su gérer pendant des années l’OL, je pense qu’il est très bien capable de gérer cette ville”, a ajouté le jeune homme, en recherche d’emploi et qui se définit “plutôt de droite”.Pour Coralie Coquard, 70 ans, Jean-Michel Aulas est “une chance” pour Lyon. Elle se dit séduite par son “programme fédérateur” et convaincue que les “écolos, ils ont divisé” la ville.