Dermatose bovine: face à la mobilisation agricole qui enfle, le gouvernement appelle à “la responsabilité” et à “l’apaisement”

Une semaine après le début de la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le gouvernement a appelé les agriculteurs à “la responsabilité” et à “l’apaisement” alors que certains d’entre eux se trouvent à Bruxelles pour protester contre les abattages et le traité de libre-échange UE-Mercosur.”Des interdictions ont été contournées par un certain nombre d’acteurs et donc il ne s’agit pas de montrer les uns ou les autres du doigt, mais enfin, il faut quand même appeler tout le monde à la responsabilité”, a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement au Sénat.Soulignant aussi qu’il faut “faire confiance à la science”, il a jugé “inacceptables” les menaces subies par les vétérinaires, qui procèdent aux abattages des cheptels lorsqu’un cas de dermatose bovine est détecté.Un peu plus tôt, la ministre de l’Agriculture Genevard a appelé à “l’apaisement à l’approche de Noël”, alors que les agriculteurs ont dit leur intention de continuer de manifester et bloquer des axes routiers au-delà des fêtes “s’il le faut”.La mobilisation partie il y a une semaine d’une ferme ariégeoise a encore enflé mercredi avec le blocage d’un nouvel axe majeur dans le Sud-Ouest.Le ministère de l’Intérieur avait relevé mardi 75 actions sur le territoire, contre 45 la veille et 27 dimancheDans l’Aude, plusieurs dizaines d’agriculteurs se sont rejoints à bord d’une soixantaine de tracteurs à hauteur de Carcassonne sur l’autoroute A61, après avoir convergé depuis Narbonne et Castelnaudary sous escorte de gendarmerie. Vers 13H, ils ont bloqué cet axe reliant Toulouse à la Méditerranée et à l’Espagne, a constaté une équipe de l’AFP.Equipés de drapeaux de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et des Jeunes agriculteurs, les engins agricoles empêchent toute circulation dans les deux sens. Les agriculteurs ont également lancé des actions devant des bâtiments de l’Etat, promettant de bloquer l’autoroute “pour plusieurs jours si on peut”, a annoncé Alexandre Garcia, membre des JA de l’Aude.”Tant qu’on n’a pas une réponse de l’État, une réponse concrète, on ne bougera pas”, a poursuivi Alexandre Garcia, avant qu’un manifestant ne scande “stop à l’abattage et non au Mercosur”.L’A61 était déjà bloquée dans un sens depuis mardi par les JA au niveau de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), où ils empêchent également, au même endroit, la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne. – “Avec souplesse et tact” -Une centaine d’agriculteurs se sont également rassemblés mercredi devant le siège du Parlement européen à Strasbourg pour protester contre les abattages et le traité de libre-échange UE-Mercosur dont l’adoption est prévue samedi. “Imaginez-vous l’état d’esprit de ces gens-là, à qui on a abattu le troupeau, fruit de générations de sélection”, a déclaré le président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, Paul Fritsch.Sur le Mercosur, le gouvernement a redit son opposition: si la Commission européenne “souhaite passer en force en cette fin de semaine” pour signer le traité commercial entre l’Union européenne et des pays du Mercosur “et aller au vote, la France votera contre” cet accord, a mis en garde le Premier ministre Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale.Depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination dans la zone concernée et la restriction de mouvements des bovins.Mais l’annonce d’Annie Genevard mardi que 750.000 bovins seraient vaccinés “dans les semaines qui viennent” dans le Sud-Ouest n’a pas convaincu.”J’ai demandé aux préfets de gérer ce mouvement avec souplesse et tact. On encadre et on évite les dégradations”, a souligné le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur France Info.Mardi, Annie Genevard a annoncé une extension de la zone vaccinale, qui concernait jusqu’ici huit départements du Sud-Ouest, à l’Hérault et au Tarn. Elle a également promis la création d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits éleveurs.Au total, 114 foyers de DNC ont été recensés en France depuis juin, dont 26 en Occitanie. Plus de 3.300 bêtes ont été euthanasiées sur un cheptel de quelque 16 millions de bovins.bur-kal-mdz-bdu-nal/uh/nth

Dermatose: dans le Sud-Ouest, “mobilisation générale” pour “accélérer” la vaccination

La campagne de vaccination des bovins contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) va prendre une “accélération majeure” dans le Sud-Ouest grâce à la “mobilisation générale” des vétérinaires, ont promis mercredi les autorités, sans convaincre les agriculteurs protestataires.Le gouvernement a annoncé pour ces prochaines semaines un objectif de 750.000 bovins à vacciner dans dix départements du quart Sud-Ouest du pays.”Si nous voulons arriver au début du mois de février avec un début d’immunité collective, il nous faut agir rapidement”, a déclaré Jean-Marie Girier, préfet des Pyrénées-Atlantiques, dans une ferme du village béarnais de Riupeyrous où cette campagne de vaccination élargie a démarré mercredi après-midi.”C’est une course contre-la-montre. Une mobilisation générale des vétérinaires”, a estimé le représentant de l’État, promettant “des renforts de vétérinaires retraités, d’étudiants et des vétérinaires des armées” pour permettre “l’accélération majeure” annoncée par le gouvernement.Dans ce département, les 205.000 doses nécessaires à la vaccination de l’ensemble du cheptel bovin seront reçues “d’ici vendredi”, ont assuré les services de l’État.Mais ces promesses logistiques peinent à convaincre les agriculteurs qui protestent contre la stratégie – maintenue – d’abattage systématique des troupeaux dès la détection d’un cas de DNC.”Si la France avait les doses nécessaires, en l’occurrence une dizaine de millions de doses pour vacciner l’ensemble du troupeau national, on n’en serait pas à devoir abattre des troupeaux entiers”, a estimé sur la radio Ici Poitou Stéphane Pelletier, vice-président de la Coordination Rurale (CR) dans la Vienne.Pour Olivier de Ginestet, membre de la CR des Landes présent mercredi matin sur un rond-point occupé depuis plusieurs jours par des agriculteurs à Mont-de-Marsan, “la vaccination, c’est le seul parapluie qui protège, ça permet de vivre avec le virus”.”L’abattage systématique des bêtes, c’est une illusion totale, ça ne marche pas. On l’a bien vu pour le canard, on a abattu des canards et le virus (de la grippe aviaire, NDLR) est toujours là”, estime cet éleveur de volailles.Selon le ministère de l’Agriculture, un stock de 500.000 vaccins est en cours d’acheminement vers le Sud-Ouest et une commande de 400.000 doses, effectuée la semaine dernière auprès des Pays-Bas, sera livrée prochainement.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Polluants éternels: le TFA sera aussi contrôlé dans l’eau du robinet, selon Rist

La liste des PFAS – les “polluants éternels” – qui seront contrôlés en France à partir du 1er janvier dans l’eau du robinet sera étendue notamment au TFA, compte tenu de l’omniprésence de ce composé chimique, a annoncé mercredi la ministre de la Santé Stéphanie Rist.Cette décision s’appuie sur de récentes recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).”Au regard des résultats de l’Anses, j’ai décidé d’ajouter le TFA ainsi que le 6:2 FTSA au décret à paraître. Celui-ci mettra à jour la liste des PFAS recherchés dans l’eau potable” dans le cadre des contrôles sanitaires, a notamment répondu la ministre au député Cyrille Isaac-Sibille (Les Démocrates), lors des questions au gouvernement.L’Anses, qui a formulé en octobre des recommandations pour mieux contrôler les PFAS, a notamment prôné d’étendre la liste de 20 PFAS qui seront contrôlés dans l’eau du robinet à partir du 1er janvier 2026, avec l’ajout de cinq PFAS supplémentaires, dont l’acide trifluoroacétique ou TFA.Les PFAS, utilisés par l’industrie dans de nombreux objets pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur, sont extrêmement persistants dans l’environnement et ont pour certains des effets délétères sur la santé.La toxicité du TFA, utilisé dans les gaz réfrigérants, la productions de produits phytosanitaires ou pharmaceutiques (antidiabétiques, antiviraux, anti-VIH, thérapies anticancéreuses…) et non réglementé jusqu’ici, est en cours d’évaluation par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).L’un des PFAS les plus petits et les plus mobiles, il suscite des inquiétudes pour son caractère reprotoxique. Il n’est pas considéré comme le plus toxique des PFAS, mais son omniprésence et les fortes concentrations relevées lors des contrôles inquiètent les scientifiques.Disant mener “une action coordonnée” avec sa collègue de l’Écologie, la ministre de la Santé a précisé que “s’agissant du TFA (…) nous avons effectivement retenu transitoirement la valeur sanitaire indicative allemande de 60 microgrammes par litre dans l’attente des travaux européens, avec un objectif plus protecteur à dix microgrammes par litre”.”Le TFA fait actuellement l’objet d’une expertise européenne (…), dont les conclusions sont attendues le 31 juillet 2026″, a ainsi souligné Mme Rist. “La France s’alignera sur les standards les plus exigeants et est pleinement engagée dans les travaux susceptibles de faire évoluer la directive sur l’eau potable”, a-t-elle aussi affirmé.”Ce seuil de 60 microgrammes est assez élevé, vous le baissez à dix microgrammes, bravo. Et j’espère que les agences européennes et nos agences puissent donner des solutions”, a ensuite réagi l’élu du Rhône. 

Ex-special counsel in Trump cases testifying before House panel

Former Special Counsel Jack Smith was testifying behind closed doors on Wednesday before a Republican-led House committee looking into his past prosecution of US President Donald Trump.Smith, who had requested that his deposition be delivered in public, declined to speak to reporters as he arrived for the meeting with members of the House Judiciary Committee.Lanny Breuer, Smith’s lawyer, said the ex-special counsel, in testifying, was “showing tremendous courage in light of the remarkable and unprecedented retribution campaign against him by this administration and this White House.”Jack Smith, a career prosecutor, conducted this investigation based on the facts and based on the law and nothing more,” Breuer told reporters.Trump was accused by Smith of mishandling classified documents after leaving the White House and plotting to overturn the results of the 2020 election he lost to Democrat Joe Biden.Neither case came to trial and Smith — in line with a Justice Department policy of not prosecuting a sitting president — dropped them both after Trump won the November 2024 presidential election.Since taking office for the second time, Trump has urged the Justice Department to bring cases against Smith and a number of other perceived political opponents.Cases brought against Trump foes James Comey, a former FBI director, and New York Attorney General Letitia James collapsed last month after a judge ruled that the prosecutor who brought the charges was unlawfully appointed.Representative Jamie Raskin, the ranking Democrat on the House Judiciary Committee, has criticized the decision by the Republicans on the oversight panel not to allow Smith to testify publicly.”What are our colleagues so afraid of, that they won’t let the American people hear directly from the Special Counsel?” Raskin said.”The American people deserve to hear the full unvarnished truth about Special Counsel Smith’s years-long effort to investigate and prosecute the crimes committed by Donald Trump and his co-conspirators,” he said.

La députée RN Marie-France Lorho et le maire d’Orange Yann Bompard jugés pour emploi présumé fictif

La député RN du Vaucluse Marie-France Lorho a tenté de défendre mercredi devant le tribunal judiciaire de Marseille la réalité du travail de son ancien assitant parlementaire Yann Bompard, aujourd’hui maire d’Orange, malgré des écoutes qui fragilisent sa position.Elu maire en novembre 2021 après la condamnation de son père Jacques pour prise illégale d’intérêt, Yann Bompard est poursuivi pour recel de détournement de fonds publics au préjudice de l’Assemblée nationale, à hauteur de 43.000 euros, soit son salaire net sur la période de novembre 2021 à février 2023. Le montant du préjudice pour l’Assemblée, partie civile, serait de 75.000 euros.Il est soupçonné d’avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire de Mme Lorho, élue députée en 2017, d’abord sous l’étiquette Ligue du Sud, micro-parti d’extrême droite créé par Jacques Bompard. Elle est réélue en 2022, puis en 2024 après la dissolution, cette fois sous l’étiquette RN.Les faits reprochés portent sur la période où M. Bompard prend l’écharpe de maire.Poursuivie, pour détournement de fonds publics, mais aussi pour subornation de témoin, Mme Lorho a assuré à la barre que M. Bompard “a fait des articles” sur sa page Facebook, a “fait des discours, écrit des courriers aux administrés” et a contribué au travail “de veille médiatique”. Sans parler de “tout le relationnel” qu’il assurait pour son compte à Orange.Adversaire déclaré aujourd’hui de son ancien collaborateur au prochaines municipales de mars dans cette ville de 30.000 habitants, où elle sera numéro 2 de la liste RN, Mme Lorho a bien reconnu que “ses deux premières années ont été plus productives que les deux dernières”, lorsqu’il est devenu maire. Au point de ne pas lui accorder de prime, à la différence de ses trois autres collaborateurs.Les législatives de 2022 viennent ensuite tendre un peu plus leur relation, car Mme Lorho comprend qu’elle n’aura pas le soutien de Bompard père et envisage de se séparer du fils: “ça devenait impossible politiquement”.Après l’avoir passé à mi-temps, une rupture conventionnelle est finalement signée en février 2023. “J’aurais dû être plus insistante, mais ma tête était à la législative”.Des écoutes accablantes du 5 septembre 2023 produites à l’audience montrent néanmoins comment Mme Lorho, qui a reconnu à plusieurs reprises ête “redevable” à Bompard père, a tenté de couvrir Yann Bompard, incitant un autre collaborateur parlementaire à “mentir”, tout en lui affirmant, “et moi aussi je vais mentir”.