L’Iran promet des procès “rapides” pour les manifestants arrêtés

L’Iran a promis mercredi des procès “rapides” pour les suspects arrêtés lors des manifestations, alors que les organisations de défense des droits humains craignent un usage massif de la peine de mort dans le pays largement coupé du monde depuis près d’une semaine.A Téhéran mercredi, des milliers de personnes se sont rassemblées pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués lors des manifestations secouant l’Iran depuis le 28 décembre. Des images de la télévision d’Etat montrent la foule agitant des drapeaux de la République islamique pour cette cérémonie, qui a commencé avec des lectures de prières pour les morts devant l’université de la capitale. Des banderoles avec les mots “mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran, de même qu’une photo montrant Donald Trump, du sang sur le visage, lors d’une tentative d’assassinat en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.”L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction”, a déclaré devant la foule le chef d’état-major de l’armée iranienne, Abdolrahim Moussavi, en allusion aux actes de violence survenus lors des manifestations.Au moins 700 manifestants – mais probablement des milliers – selon les ONG, ont été tués lors du mouvement de protestation et de très nombreuses personnes arrêtées. Selon les médias iraniens, le chef du pouvoir judiciaire a promis mercredi des procès “rapides” et “publics” à l’issue d’une visite de cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des manifestants – des “émeutiers” selon les autorités. “Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement”, a déclaré Gholamhossein Mohseni Ejeï. Sur une vidéo de la télévision d’Etat, on le voit assis devant un drapeau iranien dans une grande salle ornée de tapis de la prison, interroger lui-même un homme en tenue grise de prisonnier dont le visage est flouté. Le détenu est accusé d’avoir apporté des cocktails Molotov dans un parc de la capitale.- “Exécutions” -Les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’exécutions express à venir. Amnesty International et d’autres ont notamment dit avoir des informations sur l’exécution d’un premier manifestant prévue mercredi, ce qu’a aussi avancé la diplomatie américaine. “Plus de 10.600 manifestants ont été arrêtés (…) Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux”, a écrit le Département d’Etat dans un message en farsi sur X.Amnesty a demandé à l’Iran de “surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani”.Téhéran, de son côté, accuse Washington de chercher un “prétexte” en vue d’une intervention militaire pour faire tomber le pouvoir.Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Mardi, il a promis aux manifestants que “beaucoup d’aide est en route”. “CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a-t-il lancé sur son réseau Truth social.La répression a fait au moins 734 morts selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour de suite, ce qui rend difficile l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.Mais des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, a affirmé mardi l’ONG Human Rights Watch.- “La plus violente” -La répression pourrait être “la plus violente” de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à la faire cesser “impérativement”. Les condamnations affluent à l’international ces derniers jours : l’ONU s’est dite “horrifiée” et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25% prenant effet “immédiatement”.Sur les réseaux sociaux, de nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues mardi montrant des dizaines de corps alignés à l’intérieur et à l’extérieur d’une morgue au sud de la capitale iranienne.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, racontait mardi à l’AFP Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d’amis à Machhad, dans le nord-est de l’Iran.

Attaque du 7-Octobre: Hachette rappelle des manuels parascolaires critiqués par Macron

Le groupe d’édition Hachette a rappelé mercredi trois manuels de révision parascolaires qui qualifient de “colons juifs” les victimes de l’attaque du 7-octobre 2023 en Israël, une “falsification des faits” dénoncée par Emmanuel Macron et les organisations juives.Le président de la République a jugé “intolérable” que ces ouvrages de révision du baccalauréat “falsifient les faits” au sujet des “attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre” 2023. “Le révisionnisme n’a pas sa place en République”, a-t-il ajouté sur le réseau social X.C’est la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) qui avait alerté mardi soir sur ces manuels dans lesquels il est écrit: “En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1.200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus économique et d’envahir une grande partie de la Bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région”.Il est “grave et inacceptable” de “qualifier les victimes de l’attentat du 7 octobre 2023 de +colons juifs+”, a réagi mercredi le ministre de l’Education Edouard Geffray.Hachette Livre a annoncé dans un communiqué le rappel “avec effet immédiat” de ces trois ouvrages de révision parascolaire destinés aux élèves de terminale en histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, reconnaissant leur “contenu erroné”. Son PDG Arnaud Lagardère a tenu “personnellement à présenter (ses) excuses auprès de tous ceux qui ont pu se sentir blessés à juste titre, auprès du corps enseignant, des parents d’élèves et des élèves eux-mêmes”.- “Militantisme révisionniste” -Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise sans précédent en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 70.900 morts en deux ans, d’après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, jugés fiables par l’ONU.Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a estimé que le “narratif” du texte incriminé constituait “une falsification de l’Histoire et une forme inacceptable de légitimation du terrorisme du Hamas, que cet ouvrage omet précisément de qualifier d’organisation terroriste”.”Plus grave encore que le militantisme révisionniste de l’auteur, cet extrait met en lumière l’endoctrinement passif des relecteurs qui auraient dû être pleinement et objectivement à leurs tâches”, a dénoncé Haïm Korsia, le Grand rabbin de France, sur X.Hachette a annoncé qu’une enquête interne avait été “ouverte pour déterminer les raisons qui ont conduit à une telle erreur”.Les ouvrages mis en cause font partie d'”Objectif Bac”, une collection qui permet “d’acquérir tous les savoirs et tous les savoirs-faire indispensables pour réussir ses années lycée et les épreuves du Bac”, selon le site de l’éditeur. Ces ouvrages parascolaires ne sont pas des manuels dont le contenu est supervisé par le ministère de l’Education.Hachette, numéro un français de l’édition, passé sous le contrôle du milliardaire Vincent Bolloré fin 2023, a rappelé, dans le communiqué, “son engagement constant et infaillible dans la production d’ouvrages scolaires et parascolaires strictement respectueux des exigences de l’Education nationale”.”La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants”, a pour sa part réagi la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.

Au Louvre, frustration et résignation devant la hausse des prix pour les touristes hors-UE

“C’est injuste mais il n’y a pas le choix”: aux abords du musée parisien du Louvre, les touristes accueillent avec résignation la hausse de 45% du prix d’entrée pour les visiteurs hors-UE à partir de mercredi, une mesure quasiment sans équivalent en Europe.Venue de Corée du Sud, HongJu Lee fait partie de ceux qui doivent désormais débourser 32 euros pour admirer la Joconde ou la Vénus de Milo, contre 22 euros auparavant, et cette décision gouvernementale a du mal à passer.”En Corée du Sud, nous n’avons pas ce genre de mesures donc c’est très injuste parce que cela fait partie de l’héritage mondial, comme l’Unesco”, dit la jeune trentenaire. “Nous avons le même droit de voir l’art”. A ses côtés, son petit ami français Julien Rittling n’est, lui, “pas choqué” de payer moins qu’elle, parce qu’il a le sentiment de “participer au patrimoine en payant (ses) impôts”.Les dix euros supplémentaires demandés à HongJu Lee ne la dissuaderont toutefois de franchir les portes du musée le plus visité au monde.”Ce n’est pas possible de voir le tableau de Mona Lisa sans y aller, c’est obligatoire et quand je vois les files d’attente, je me dis que beaucoup de gens pensent comme moi”, observe-t-elle.- “Ce n’est pas juste” -Parmi les visiteurs croisés mercredi par l’AFP, très peu semblent informés de cette hausse, qui va s’appliquer cette année à cinq autres lieux culturels en France, dont le Château de Versailles, et qui vise à financer la rénovation du patrimoine. Le gouvernement espère ainsi dégager au total entre 20 à 30 millions d’euros de recettes supplémentaires par an.Rarissime en Europe ou aux États-Unis, la différenciation tarifaire au Louvre reste également en travers de la gorge de Marcia Branco, sexagénaire venue du Brésil, qui s’étonne qu’une telle mesure soit appliquée en France.”Si j’allais dans un pays pauvre comme l’Inde, je comprendrais que les habitants paient moins cher parce qu’ils ont moins d’argent que les gens venant de l’étranger mais là, je suis à Paris et c’est censé être un pays riche”, dit-elle. “Ce n’est pas juste parce que je viens d’un pays moins riche que je dois payer plus”.Venue d’Uruguay avec son fils adolescent, Pamela González fait également part de son incompréhension, même si elle ira aussi arpenter les 73.000 m2 du Louvre. “C’est injuste pour ceux d’entre nous qui viennent de plus loin. Parce que ça favorise quelqu’un qui justement est déjà ici et pour qui c’est plus facile de venir. C’est bien moins cher que pour nous qui vivons à plus de 10.000 kilomètres d’ici”, s’étrangle-t-elle.- Opposition des syndicats -En tant qu’Italien, Andrew échappera à la hausse mais se dit lui aussi choqué. “Tout le monde mérite de voir le Louvre et le pays d’origine (du visiteur, ndlr ne doit avoir aucune importance”, affirme ce jeune homme de 26 ans, qui ne veut pas donner son patronyme.Au nom de l’universalisme des “musées”, cette différenciation tarifaire est notamment combattue par les syndicats du Louvre, qui sont engagés depuis un mois dans un mouvement de grève pour dénoncer notamment les sous-effectifs. Ils s’émeuvent également de la surcharge de travail qui incombera, selon eux, aux personnels chargés de vérifier l’origine géographique des visiteurs. Selon le site du Louvre, le prix de 32 euros s’applique par défaut, charge aux ressortissants européens de prouver leur lieu de résidence. Venu d’Australie, Jesse Kriwen dit “comprendre les deux points de vue”. “Je pense que (cette mesure) est une reconnaissance de l’apport des contribuables mais on a toujours envie que tout le monde soit traité de manière égalitaire”, observe-t-il.Une telle mesure serait-elle envisageable en Australie? Non, balaie sa compagne Isabelle Szemray, “parce que l’Australie est un pays très multiculturel”.

Budget: le 49.3 “n’a pas été évoqué” en Conseil des ministres

Un recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 au Parlement sans vote “n’a pas été évoqué” mercredi en Conseil des ministres, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, assurant qu’un compromis sur le fond était “incontournable” quel que soit l’outil constitutionnel choisi.Une délibération en Conseil des ministres est indispensable pour utiliser cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote mais l’expose à un risque de censure. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu décide de dégainer le 49.3 dans les tout prochains jours, un nouveau Conseil des ministres devra donc être organisé.”La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget”, a dit Maud Bregeon devant la presse, qu’il s’agisse du 49.3 ou d’un passage par des ordonnances.”En tout état de cause, le compromis est incontournable” sur le contenu du projet de loi de finances, avec le Parti socialiste et Les Républicains, a-t-elle insisté une fois de plus. Et “ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire”, a-t-elle plaidé. Sébastien Lecornu a donc appelé à “clarifier coûte que coûte” les questions de “fond”, selon ses propos rapportés par la porte-parole.L’entourage d’Emmanuel Macron a pour sa part démenti une préférence du chef de l’Etat pour les ordonnances, qui auraient l’avantage de raccourcir les délais par rapport au 49.3 et d’assurer l’adoption d’un budget même si le gouvernement tombe par la suite sur une motion de censure.”Le président est neutre technologiquement sur ce sujet”, a dit un de ses proches: ce qui compte pour lui ce ne sont pas les outils constitutionnels employés, qui sont “à la main du Premier ministre”, mais le résultat. “Il veut en finir”, avec un budget adopté “rapidement”, et en tout cas d’ici la fin janvier au plus tard, a-t-il affirmé.Mais selon son entourage, Emmanuel Macron veut à la fois un budget et préserver la stabilité gouvernementale. “Donc si ce sont les ordonnances qui sont privilégiées par le Premier ministre, ça doit être des ordonnances négociées”, c’est-à-dire acceptées par les socialistes et LR qui s’engageraient à ne pas censurer le gouvernement dans la foulée, selon ce même proche.Or les marges de manoeuvre pour définir le contenu d’un budget adopté par ordonnances fait l’objet de débats constitutionnels et d’incertitudes.”Des ordonnances négociées, je ne sais pas ce que ça veut dire”, prévient une ministre. “Je doute que le président joue d’une quelconque façon avec le flou constitutionnel”, a-t-elle ajouté.

Budget: le 49.3 “n’a pas été évoqué” en Conseil des ministres

Un recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 au Parlement sans vote “n’a pas été évoqué” mercredi en Conseil des ministres, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, assurant qu’un compromis sur le fond était “incontournable” quel que soit l’outil constitutionnel choisi.Une délibération en Conseil des ministres est indispensable pour utiliser cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote mais l’expose à un risque de censure. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu décide de dégainer le 49.3 dans les tout prochains jours, un nouveau Conseil des ministres devra donc être organisé.”La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget”, a dit Maud Bregeon devant la presse, qu’il s’agisse du 49.3 ou d’un passage par des ordonnances.”En tout état de cause, le compromis est incontournable” sur le contenu du projet de loi de finances, avec le Parti socialiste et Les Républicains, a-t-elle insisté une fois de plus. Et “ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire”, a-t-elle plaidé. Sébastien Lecornu a donc appelé à “clarifier coûte que coûte” les questions de “fond”, selon ses propos rapportés par la porte-parole.L’entourage d’Emmanuel Macron a pour sa part démenti une préférence du chef de l’Etat pour les ordonnances, qui auraient l’avantage de raccourcir les délais par rapport au 49.3 et d’assurer l’adoption d’un budget même si le gouvernement tombe par la suite sur une motion de censure.”Le président est neutre technologiquement sur ce sujet”, a dit un de ses proches: ce qui compte pour lui ce ne sont pas les outils constitutionnels employés, qui sont “à la main du Premier ministre”, mais le résultat. “Il veut en finir”, avec un budget adopté “rapidement”, et en tout cas d’ici la fin janvier au plus tard, a-t-il affirmé.Mais selon son entourage, Emmanuel Macron veut à la fois un budget et préserver la stabilité gouvernementale. “Donc si ce sont les ordonnances qui sont privilégiées par le Premier ministre, ça doit être des ordonnances négociées”, c’est-à-dire acceptées par les socialistes et LR qui s’engageraient à ne pas censurer le gouvernement dans la foulée, selon ce même proche.Or les marges de manoeuvre pour définir le contenu d’un budget adopté par ordonnances fait l’objet de débats constitutionnels et d’incertitudes.”Des ordonnances négociées, je ne sais pas ce que ça veut dire”, prévient une ministre. “Je doute que le président joue d’une quelconque façon avec le flou constitutionnel”, a-t-elle ajouté.

Iran vows fast trials over protests after Trump threat

Iran on Wednesday vowed fast-track trials for people arrested over a massive wave of protests, after US President Donald Trump threatened “very strong action” if the Islamic republic goes ahead with hangings.In Tehran, authorities held a funeral ceremony for over 100 members of the security forces and other “martyrs” killed in the demonstrations, which authorities have branded as “riots” while accusing protesters of waging “acts of terror”.The protest movement across Iran, initially sparked by economic grievances, has turned into one of the biggest challenges yet to the clerical leadership since it took power in 1979. Demonstrators have defied the authorities’ zero-tolerance for dissent by turning out in protests all around the country, even as authorities insist they have regained the upper hand.Iran’s judiciary chief Gholamhossein Mohseni Ejei said on a visit to a prison holding protest detainees that “if a person burned someone, beheaded someone and set them on fire then we must do our work quickly”, in comments broadcast by state television.Iranian news agencies also quoted him as saying the trials should be held in public and said he had spent five hours in a prison in Tehran to examine the cases.Footage broadcast by state media showed the judiciary chief seated before an Iranian flag in a large, ornate room in the prison, interrogating a prisoner himself. The detainee, dressed in grey clothing and his face blurred, is accused of taking Molotov cocktails to a park in Tehran.- Blackout -Trump on Tuesday said in a CBS News interview that the United States would act if Iran began hanging protesters.”We will take very strong action if they do such a thing,” said the American leader, who has repeatedly threatened Iran with military intervention.”When they start killing thousands of people — and now you’re telling me about hanging. We’ll see how that’s going to work out for them,” Trump said.Iranian authorities called the American warnings a “pretext for military intervention”.Rights groups accuse the government of fatally shooting protesters and masking the scale of the crackdown with an internet blackout imposed on January 8.Internet monitor Netblocks said in a post to X on Wednesday that the blackout had now lasted 132 hours.Some information has trickled out of Iran however. New videos on social media, with locations verified by AFP, showed bodies lined up in the Kahrizak morgue just south of the Iranian capital, with the corpses wrapped in black bags and distraught relatives searching for loved ones.- Calls to halt executions -Iranian prosecutors have said authorities would press capital charges of “waging war against God” on some detainees. According to state media, hundreds of people have been arrested.State media has also reported on the arrest of a foreign national for espionage in connection with the protests. No details were given on the person’s nationality or identity.The US State Department on its Farsi language X account said 26-year-old protester Erfan Soltani had been sentenced to be executed on Wednesday.”Erfan is the first protester to be sentenced to death, but he won’t be the last,” the State Department said, adding more than 10,600 Iranians had been arrested. Rights group Amnesty International called on Iran to immediately halt all executions, including Soltani’s.Norway-based NGO Iran Human Rights said it had confirmed 734 people killed during the protests, including nine minors, but warned the death toll was likely far higher.”The real number of those killed is likely in the thousands,” IHR’s director Mahmood Amiry-Moghaddam said.Iranian state media has said dozens of members of the security forces have been killed, with their funerals turning into large pro-government rallies. – Khamenei in hiding -At Wednesday’s funeral ceremony in Tehran, thousands of people waved flags of the Islamic republic as prayers were read out for the dead outside Tehran University, according to images broadcast on state television.”Death to America!” read banners held up by people attending the rally, while others carried photos of supreme leader Ayatollah Ali Khamenei.Another image could be seen at the rally showing Trump’s assassination attempt, captioned: “This time it will not miss the target”.It appeared to be referring to the assassination attempt against Trump during a campaign rally in 2024.Amir, an Iraqi computer scientist, returned to Baghdad from Iran on Monday and described dramatic scenes in Tehran during protests on Thursday night.”My friends and I saw protesters in Tehran’s Sarsabz neighbourhood amid a heavy military presence. The police were firing rubber bullets,” he told AFP in Iraq. In power since 1989 and now aged 86, Khamenei has faced significant challenges, most recently the 12-day war in June against Israel, which forced him to go into hiding.Analysts have cautioned that it is premature to predict the immediate demise of the theocratic system, pointing to the repressive levers the leadership controls, including the Revolutionary Guard Corps, which is charged with safeguarding the Islamic revolution.

Du château fort au laboratoire, une archéologue sonore ressuscite le passé

Le marteau du forgeron sur le clou incandescent, la hache sur le chêne, le burin sur la pierre: Mylène Pardoën, “archéologue sonore”, capte les bruits d’un château fort en construction selon les techniques du XIIIe siècle pour recréer la bande-son du Moyen Âge.”Je suis à la pêche au son mais, au lieu d’avoir un filet, j’ai des micros”, explique cette chercheuse au CNRS Lyon-Saint-Étienne, en piquant un micro sur un gigantesque tronc d’arbre couché que la hache d’un équarrisseur façonne en bois de charpente.Ce billot viendra couvrir l’impressionnant château fort de Guédelon qui, depuis 28 ans, se construit à Treigny (Yonne) avec les matériaux et selon les techniques du XIIIe siècle.De quoi offrir un formidable terrain de jeu à Mylène Pardoën, qui traque depuis de longues années les sons du passé là où ils se font encore entendre. “Je capte les gestes de tout le patrimoine artisanal et des lieux qui ont encore une empreinte historique”, explique-t-elle à l’AFP. Il y a un patrimoine culturel, architectural, génétique… mais il n’y avait pas de patrimoine sonore: Mylène Pardoën a réparé cette erreur. Touche-à-tout du savoir, cette ancienne mécanicienne d’hélicoptères militaires s’est reconvertie dans la musicologie. Alliant sa passion pour l’Histoire avec son expertise du son, elle a inventé son propre métier, unique au monde: “archéologue sonore”.- Authentique -Mylène Pardöen, est déjà à la base du “projet Bretez”, du nom du cartographe qui a réalisé le plan de Paris de 1739. Cette marche virtuelle, multi-primée au niveau international, vise à reconstituer le Paris du XVIIIe siècle avec des images en 3D mais en y ajoutant une dimension, souvent oubliée: le “paysage sonore”.Sur le Pont au Change, dans le Paris du siècle des Lumières, on entend le charpentier clouant une poutre, les marchandes ambulantes, les bêtes qui vont à l’abattoir…Pour restituer cet univers, par les oreilles, il faut “reconstruire toutes les ambiances sonores puisqu’on ne peut pas prendre des ambiances contemporaines”, explique Mylène Pardoën.Le défi est d’autant plus élevé que l’ingénieure du son, aujourd’hui chercheuse au CNRS à la Maison des Sciences de l’Homme de Lyon (MSH), se refuse de céder à l’artificialisation de l’IA: “la restitution s’effectue sur la base des sons authentiques, et non sur la base d’effets sonores générés par ordinateur”, précise-t-elle.Mais où aller chercher à notre ère des sons du Moyen-Âge? Embarquée dans sa machine à remonter le temps sonore, la chercheuse a trouvé sa source à Guédelon.”Par exemple, sur cette maison-là”, dit-elle en pointant le plan du projet Bretez parcourant le vieux Paris, “il y avait des travaux de réparations”. “Eh bien, on a inséré des sons d’un équarrisseur et d’un forgeron qu’on a enregistrés à Guédelon”, explique-t-elle.- Indiana Jones du son -“On rend vivant, vraiment avec de l’humain, une fresque sonore”, dit-elle, assise devant une multitude d’écrans dans son laboratoire de Lyon aux murs et plafonds tapissés de 46 hauts-parleurs.C’est ici que la chercheuse “spatialise” les sons qu’elle a captés pour créer une “réelle immersion”. “Et la fresque devient une possible réalité d’un moment qui nous permet de raconter une histoire”, se réjouit Mylène Pardoën.Médaille de cristal du CNRS en 2020, qui distingue celles et ceux qui contribuent à l’excellence de la recherche française, Mylène Pardoën a également été la base de la reconstitution acoustique lors des rénovations de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Mais cette Indiana Jones du son remonte le temps bien plus loin en arrière: “J’ai des captations pour les gestes préhistoriques”, dit-elle en référence aux prises de son qu’elle a réalisées lors de la reproduction de tailles de silex faites à l’Institut de Préhistoire Orientale à Jalès (Ardèche).

Du château fort au laboratoire, une archéologue sonore ressuscite le passé

Le marteau du forgeron sur le clou incandescent, la hache sur le chêne, le burin sur la pierre: Mylène Pardoën, “archéologue sonore”, capte les bruits d’un château fort en construction selon les techniques du XIIIe siècle pour recréer la bande-son du Moyen Âge.”Je suis à la pêche au son mais, au lieu d’avoir un filet, j’ai des micros”, explique cette chercheuse au CNRS Lyon-Saint-Étienne, en piquant un micro sur un gigantesque tronc d’arbre couché que la hache d’un équarrisseur façonne en bois de charpente.Ce billot viendra couvrir l’impressionnant château fort de Guédelon qui, depuis 28 ans, se construit à Treigny (Yonne) avec les matériaux et selon les techniques du XIIIe siècle.De quoi offrir un formidable terrain de jeu à Mylène Pardoën, qui traque depuis de longues années les sons du passé là où ils se font encore entendre. “Je capte les gestes de tout le patrimoine artisanal et des lieux qui ont encore une empreinte historique”, explique-t-elle à l’AFP. Il y a un patrimoine culturel, architectural, génétique… mais il n’y avait pas de patrimoine sonore: Mylène Pardoën a réparé cette erreur. Touche-à-tout du savoir, cette ancienne mécanicienne d’hélicoptères militaires s’est reconvertie dans la musicologie. Alliant sa passion pour l’Histoire avec son expertise du son, elle a inventé son propre métier, unique au monde: “archéologue sonore”.- Authentique -Mylène Pardöen, est déjà à la base du “projet Bretez”, du nom du cartographe qui a réalisé le plan de Paris de 1739. Cette marche virtuelle, multi-primée au niveau international, vise à reconstituer le Paris du XVIIIe siècle avec des images en 3D mais en y ajoutant une dimension, souvent oubliée: le “paysage sonore”.Sur le Pont au Change, dans le Paris du siècle des Lumières, on entend le charpentier clouant une poutre, les marchandes ambulantes, les bêtes qui vont à l’abattoir…Pour restituer cet univers, par les oreilles, il faut “reconstruire toutes les ambiances sonores puisqu’on ne peut pas prendre des ambiances contemporaines”, explique Mylène Pardoën.Le défi est d’autant plus élevé que l’ingénieure du son, aujourd’hui chercheuse au CNRS à la Maison des Sciences de l’Homme de Lyon (MSH), se refuse de céder à l’artificialisation de l’IA: “la restitution s’effectue sur la base des sons authentiques, et non sur la base d’effets sonores générés par ordinateur”, précise-t-elle.Mais où aller chercher à notre ère des sons du Moyen-Âge? Embarquée dans sa machine à remonter le temps sonore, la chercheuse a trouvé sa source à Guédelon.”Par exemple, sur cette maison-là”, dit-elle en pointant le plan du projet Bretez parcourant le vieux Paris, “il y avait des travaux de réparations”. “Eh bien, on a inséré des sons d’un équarrisseur et d’un forgeron qu’on a enregistrés à Guédelon”, explique-t-elle.- Indiana Jones du son -“On rend vivant, vraiment avec de l’humain, une fresque sonore”, dit-elle, assise devant une multitude d’écrans dans son laboratoire de Lyon aux murs et plafonds tapissés de 46 hauts-parleurs.C’est ici que la chercheuse “spatialise” les sons qu’elle a captés pour créer une “réelle immersion”. “Et la fresque devient une possible réalité d’un moment qui nous permet de raconter une histoire”, se réjouit Mylène Pardoën.Médaille de cristal du CNRS en 2020, qui distingue celles et ceux qui contribuent à l’excellence de la recherche française, Mylène Pardoën a également été la base de la reconstitution acoustique lors des rénovations de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Mais cette Indiana Jones du son remonte le temps bien plus loin en arrière: “J’ai des captations pour les gestes préhistoriques”, dit-elle en référence aux prises de son qu’elle a réalisées lors de la reproduction de tailles de silex faites à l’Institut de Préhistoire Orientale à Jalès (Ardèche).

Dogsleds, China and independence: Facts on Greenland

US President Donald Trump has stepped up his designs on Denmark’s autonomous territory Greenland, but questions abound about why he seeks to take it over when the US already has extensive access to the Arctic island. What does Denmark’s defence agreement with the US on Greenland say? What is Copenhagen doing to beef up its security? Do China and Russia pose a real threat? And what does Greenland’s independence movement say? Here are answers to those four key questions.- US military presence -In 1941, at the height of World War II, occupied Denmark authorised the United States to build and operate military bases on Greenland, Denmark’s then-colony in the Arctic, for as long as the conflict would last in a bid to protect the American continent.By the end of the war, the US had 15 military bases in Greenland. Today there remains just one, the Pituffik air base on the northwestern coast, which US Vice President JD Vance visited in March.Greenland’s location is highly strategic, lying on the shortest route for missiles between Russia and the United States. It is therefore a crucial part of the US anti-missile shield.Home to 57,000 people, Greenland “is an important part of the US national security protection,” Marc Jacobsen, Arctic expert at the Royal Danish Defence College, told AFP.Since 1951, a Danish agreement with the United States — revised in 2004 — gives the US military practically carte blanche to do what it wants on Greenlandic territory, as long as it informs Denmark and Greenland in advance.”The Government of the United States will consult with and inform the Government of the Kingdom of Denmark, including the Home Rule Government of Greenland, prior to the implementation of any significant changes to United States military operations or facilities in Greenland,” Article 3 of the accord states.- Danish investments in security -Trump has argued that Denmark has failed to ensure the security of Greenland, which measures 2.2 million square kilometres (849,424 square miles), or about a fifth of the size of the entire European continent.But Denmark rejects the claims and stresses that it allocated nearly 90 billion kroner ($14 billion) to beefing up security in 2025.The Sirius patrol, tasked with defending a huge, largely uninhabited swathe of the island in the northeast measuring 972,000 square km, travels across the ice by dogsled. The patrol consists of 12 soldiers and some 70 dogs.But to defend the entire territory, 81 percent of which is covered in ice, the Danish military has invested in five new Arctic vessels, an air radar alert system, as well as drones and sea patrol planes.A subsea telecoms cable between Greenland and Denmark will also be built. Two cables already link the island to Iceland and Canada.- Chinese and Russian presence -A recent report by Denmark’s military intelligence service said Russia, China and the United States were all vying to play “a greater role” in the Arctic.Greenland has untapped rare earth deposits and could be a vital player as melting polar ice opens up new shipping routes.In August 2025, two Chinese research vessels were observed operating in the Arctic, north of the US and Canada, about 1,000 kilometres (620 miles) north of Greenland.”It’s important that Donald Trump understands that there are not Russian and Chinese ships along the coast of Greenland,” Jacobsen said.China is also virtually absent from Greenland’s economy.The semi-public company Shenghe Resources has a 6.5 percent stake in Australian mining group Energy Transition Minerals, which wants to develop a rare earths deposit in southern Greenland. That project is currently halted, however.In addition, China was blocked from investing in new airports in Greenland.”The Greenlandic government had shortlisted a big Chinese state-owned company for providing technical support for building new airports eight years ago, but Denmark and the US offered to finance the airports on the condition that the Chinese contractor was not selected,” Jesper Willaing Zeuthen of the University of Aalborg told AFP.China’s presence in the Arctic currently focuses mainly on the Northern Sea Route and, and it has occasionally joined exercises with the Russian coast guard in the Bering Strait, according to an assessment from the Danish Institute for International Studies.- Road to independence -Greenland’s government in Nuuk and Copenhagen have repeatedly said that the territory is not for sale and that only Greenland can decide its future. It is currently governed by a coalition that has no plans to seek independence from Denmark in the immediate future.The Naleraq party, which wants swift independence and which came second in Greenland’s legislative elections in March, is not in government. While some of its members want to bypass Denmark and negotiate directly with the United States, the party’s official stance is that “Naleraq does not want Greenlanders to become American. Just as we do not want to be Danish.”A year ago, 85 percent of Greenlanders said they opposed joining the United States, according to a poll published in the Danish and Greenlandic press.