UK police admit ‘mistakes’ over Maccabi Tel Aviv fan ban

UK police on Wednesday admitted “mistakes” over the decision to ban Maccabi Tel Aviv fans from a Europa League football match against Aston Villa in Birmingham, as calls mounted for the under-fire local chief constable to be sacked.West Midlands Police and its chief constable Craig Guildford have been under mounting pressure about how they came to the decision, which sparked political outrage in Britain and Israel.Birmingham’s population is 30 percent Muslim, according to the last census in 2021, and has seen several protests in support of Palestinians since the start of the war in Gaza, including on the night of the match.Interior minister Shabana Mahmood on Wednesday said she had lost confidence in Guildford, after a preliminary policing watchdog report found the force “overstated” the threat posed by Maccabi fans to justify the ban.”The chief constable of West Midlands Police no longer has my confidence,” Mahmood, who is also a local Birmingham MP, told parliament.The publication of the independent police watchdog’s report comes after months of scrutiny of the police force over the ban.The report led by police chief inspector Andy Cooke accused the force of “confirmation bias”. “Rather than follow the evidence, the force sought only the evidence to support their desired position to ban the fans,” said Mahmood.Cooke’s review “shows that the police overstated the threat posed by the Maccabi Tel Aviv fans, while understating the risk that was posed to the Israeli fans if they travelled to the area,” Mahmood added.In a statement, West Midlands Police said: “We are extremely sorry for the impact these have had on individuals and their communities,” the statement said.”We know that mistakes were made, but reiterate the findings that none of this was done with an intent of deliberate distortion or discrimination.”The interior minister currently does not have the power to sack Guildford. But the regional police boss, who does, has so far declined to. In a statement on Wednesday, West Midlands police and crime commissioner Simon Foster said he was awaiting a parliamentary report on the matter before considering Guildford’s position.Maccabi fans were blocked from travelling to the match by the local Safety Advisory Group (SAG), which cited safety concerns based on advice from the police force.Prime Minister Keir Starmer criticised the move, as did Israeli politicians who denounced the decision as antisemitic.- ‘Inaccuracies’ -West Midlands Police had classified the match as “high risk”, but the police watchdog found eight “inaccuracies” in their advice to the SAG, including a reference to a non-existent game between Tel Aviv and West Ham, which was an “AI hallucination”.Earlier on Wednesday, Guildford apologised to MPs for providing erroneous evidence when he was questioned by them earlier this month.He had previously told MPs the error was the result of a Google search and denied the force had used artificial intelligence.But in a letter to MPs on Wednesday, Guildford admitted the erroneous information was due to the use of Microsoft Copilot, an AI chatbot.The watchdog’s report said other inaccuracies included West Midlands Police “greatly” exaggerating the problems in Amsterdam in November 2024 after Maccabi fans clashed with locals there, the review said. These included overstating the number of Dutch police officers deployed during the match and claims that fans were linked to the Israeli army.The review found “no evidence” to show that antisemitism was involved in the local police’s advice to SAG, but highlighted that the force “failed to consult representatives of the local Jewish community early enough”. Mahmood noted that while the government did not have the power to remove Guildford, it had been more than 20 years since a home secretary last made such a statement of no confidence in a police chief.

Le FBI conduit une rare perquisition au domicile d’une journaliste du Washington Post

Le FBI, la police fédérale américaine, a perquisitionné mercredi le domicile d’une journaliste du Washington Post dans le cadre d’une enquête sur des fuites d’informations relevant de la sécurité nationale, un acte “très inhabituel et agressif”, s’est étonné le quotidien.”A la demande du ministère de la Guerre (ministère de la Défense, NDLR), le ministère de la Justice et le FBI ont conduit une perquisition au domicile d’une journaliste du Washington Post qui recevait et faisait état d’informations classifiées et divulguées illégalement par un sous-traitant du Pentagone”, a affirmé sur X la ministre de la Justice, Pam Bondi.”L’auteur des fuites est actuellement derrière les barreaux”, a souligné la ministre, en référence à un homme arrêté il y a quelques jours, accusé de rétention illégale de documents relevant de la sécurité nationale.La perquisition visait une journaliste du Washington Post présumée avoir “obtenu d’un sous-traitant du gouvernement et publié des informations militaires sensibles et classifiées”, a renchéri sur X le directeur du FBI, Kash Patel, excluant tout autre commentaire sur “une enquête en cours”.Le Washington Post avait préalablement annoncé cette perquisition mercredi matin chez sa journaliste, Hannah Natanson, en Virginie, près de Washington, précisant que “son téléphone, ses deux ordinateurs portables et une montre Garmin avaient été saisis”.S’il n’est pas inhabituel pour des agents du FBI de tenter d’identifier la source de fuites auprès de journalistes publiant des informations sensibles, “il est très inhabituel et agressif de la part des forces de l’ordre de mener une perquisition au domicile d’un journaliste”, relève le journal.Les agents lui ont dit qu’elle n’était pas la cible de leur enquête, qui vise Aurelio Perez-Lugones, un administrateur système dans une entreprise du Maryland accusé d’avoir consulté et emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, souligne le quotidien.Hannah Natanson couvre les fonctionnaires de l’administration fédérale, particulièrement secouée lors de la première année du nouveau mandat de Donald Trump, et a raconté en décembre dans les colonnes du journal comment elle avait publié son numéro sécurisé sur un forum en ligne, recueillant les témoignages de plus d’un millier de sources, rappelle le Washington Post.- “Effrayant” -“En clair, le ministère de la Justice vient de conduire une perquisition chez une journaliste pour connaître ses sources”, a réagi Xochitl Hinojosa, directrice de la communication du ministère de la Justice sous le précédent président démocrate Joe Biden, à présent commentatrice politique sur CNN.”Il y avait des protections sous la précédente administration afin d’empêcher que ceci ne se produise, mais Mme Bondi les a supprimées”, explique-t-elle sur X.”Dans l’Histoire moderne, le ministère de la Justice n’a jamais poursuivi un journaliste pour publication ou obtention illégale d’informations classifiées et il est effrayant de penser que cela pourrait changer”, ajoute-t-elle.Aurelio Perez-Lugones, qui a servi dans la marine militaire américaine de 1982 à 2002 avant de travailler comme sous-traitant du Pentagone depuis cette date, a été arrêté la semaine dernière dans le Maryland, selon des documents judiciaires, qui ne mentionnent pas d’échanges avec des journalistes.Une audience sur son maintien en détention est prévue jeudi à Baltimore.Bénéficiant d’une habilitation de sécurité “top secret”, il est accusé d’avoir depuis octobre 2025 consulté sans autorisation des informations classifiées et d’en avoir emportées hors de son lieu de travail. Lors d’une fouille le 8 janvier, les enquêteurs ont retrouvé à l’intérieur de son véhicule l’un de ces documents dans une boîte servant à transporter son déjeuner ainsi qu’au sous-sol de sa maison.En septembre, le ministère américain de la Défense a imposé aux journalistes accrédités l’interdiction de solliciter ou publier certaines informations sans son autorisation explicite, sous peine de perdre leur accréditation.La majorité des médias disposant d’un journaliste accrédité au Pentagone, du New York Times à Fox News en passant par l’AFP, ont refusé ces nouvelles conditions, et ont ainsi quitté leur bureau sur place.

Face aux menaces de l’Iran, les Etats-Unis retirent du personnel du Qatar

Le pouvoir iranien a averti mercredi Donald Trump qu’il était capable de “riposter” à toute attaque américaine, Washington décidant de retirer par précaution une partie du personnel de sa base militaire au Qatar, frappée l’an dernier par Téhéran.Le président américain, dont les intentions restent floues, a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.Les défenseurs des droits humains accusent la théocratie chiite de mener une répression brutale à huis clos, dans un pays de près de 86 millions d’habitants coupé d’internet depuis près d’une semaine sur décision des autorités.Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. “Ce chiffre est un minimum absolu”, avertit l’organisation, qui fait aussi état de plus de 10.000 arrestations. – “Procès rapides” -Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant une “marche de résistance nationale” et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres “martyrs” tués.Des banderoles proclamant “mort à l’Amérique” et des photos du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’AFP, de même qu’une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat en 2024, avec la légende: “Cette fois il ne manquera pas sa cible”.Et plusieurs responsables ont durci le ton mercredi envers les Etats-Unis et Israël. L’Iran est prêt à riposter “de manière décisive” à toute attaque, a notamment averti le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour. Devant ces “tensions régionales”, le Qatar a fait état du départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. L’ambassade américaine en Arabie saoudite a de son côté demandé à ses employés de “redoubler de prudence et limiter les déplacements” aux abords des installations militaires, et conseillé à ses ressortissants présents dans le royaume “de faire de même”.  A Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès “rapides” et “publics”, à l’issue d’une visite de cinq heures dans une prison de Téhéran où sont détenus des “émeutiers”, le terme utilisé par les autorités.  “Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement”, a déclaré son chef, Gholamhossein Mohseni Ejeï. La télévision d’Etat l’a montré assis devant un drapeau iranien dans une grande salle de la prison, interroger lui-même un homme en tenue grise de prisonnier au visage flouté. Le détenu est accusé d’avoir apporté des cocktails Molotov dans un parc de la capitale.”Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence”, a insisté mercredi un responsable gouvernemental devant quelques journalistes, affirmant qu’aucune nouvelle “émeute” n’avait eu lieu depuis lundi.”L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction”, avait déclaré plus tôt le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi, en référence aux actes de violence survenus lors des manifestations.Les autorités ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.- “Exécutions” -Les défenseurs des droits humains s’inquiètent d’exécutions express à venir. Amnesty International et d’autres ont notamment dit craindre la possible exécution mercredi d’un premier manifestant, Erfan Soltani, 26 ans. Les médias d’Etat ont aussi fait état de l’arrestation d’un ressortissant étranger, sans plus de détails.Internet était toujours coupé mercredi dans tout le pays, pour le septième jour consécutif, entravant l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.Mais des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, a affirmé mardi l’ONG Human Rights Watch.La répression pourrait être “la plus violente” de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à y mettre fin “impérativement”. Les condamnations internationales ont afflué ces derniers jours: l’ONU s’est dite “horrifiée” et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.Donald Trump a lui annoncé mardi des sanctions à effet immédiat contre les partenaires commerciaux de l’Iran, des droits de douane de 25%. “Au début, la police tirait des balles en caoutchouc, mais les jours suivants, je les ai vus tirer à balles réelles, même dans la rue devant chez moi”, a dit à l’AFP Ridha, un informaticien irakien de 50 ans s’exprimant sous pseudonyme, qui a fui Téhéran. La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, a suggéré que les États-Unis mènent des “actions hautement ciblées” contre le guide suprême iranien Ali Khamenei et les commandants des Gardiens de la Révolution pour mettre fin au “massacre des Iraniens”.

Au Louvre, frustration et résignation devant la hausse des prix pour les touristes hors-UE

“C’est injuste mais il n’y a pas le choix”: aux abords du musée parisien du Louvre, les touristes accueillent avec résignation la hausse de 45% du prix d’entrée pour les visiteurs hors-UE à partir de mercredi, une mesure quasiment sans équivalent en Europe.Venue de Corée du Sud, HongJu Lee fait partie de ceux qui doivent désormais débourser 32 euros pour admirer la Joconde ou la Vénus de Milo, contre 22 euros auparavant, et cette décision gouvernementale a du mal à passer.”En Corée du Sud, nous n’avons pas ce genre de mesures donc c’est très injuste parce que cela fait partie de l’héritage mondial, comme l’Unesco”, dit la jeune trentenaire. “Nous avons le même droit de voir l’art”. A ses côtés, son petit ami français Julien Rittling n’est, lui, “pas choqué” de payer moins qu’elle, parce qu’il a le sentiment de “participer au patrimoine en payant (ses) impôts”.Les dix euros supplémentaires demandés à HongJu Lee ne la dissuaderont toutefois de franchir les portes du musée le plus visité au monde.”Ce n’est pas possible de voir le tableau de Mona Lisa sans y aller, c’est obligatoire et quand je vois les files d’attente, je me dis que beaucoup de gens pensent comme moi”, observe-t-elle.- “Ce n’est pas juste” -Parmi les visiteurs croisés mercredi par l’AFP, très peu semblent informés de cette hausse, qui va s’appliquer cette année à cinq autres lieux culturels en France, dont le Château de Versailles, et qui vise à financer la rénovation du patrimoine. Le gouvernement espère ainsi dégager au total entre 20 à 30 millions d’euros de recettes supplémentaires par an.Rarissime en Europe ou aux États-Unis, la différenciation tarifaire au Louvre reste également en travers de la gorge de Marcia Branco, sexagénaire venue du Brésil, qui s’étonne qu’une telle mesure soit appliquée en France.”Si j’allais dans un pays pauvre comme l’Inde, je comprendrais que les habitants paient moins cher parce qu’ils ont moins d’argent que les gens venant de l’étranger mais là, je suis à Paris et c’est censé être un pays riche”, dit-elle. “Ce n’est pas juste parce que je viens d’un pays moins riche que je dois payer plus”.Venue d’Uruguay avec son fils adolescent, Pamela González fait également part de son incompréhension, même si elle ira aussi arpenter les 73.000 m2 du Louvre. “C’est injuste pour ceux d’entre nous qui viennent de plus loin. Parce que ça favorise quelqu’un qui justement est déjà ici et pour qui c’est plus facile de venir. C’est bien moins cher que pour nous qui vivons à plus de 10.000 kilomètres d’ici”, s’étrangle-t-elle.- Opposition des syndicats -En tant qu’Italien, Andrew échappera à la hausse mais se dit lui aussi choqué. “Tout le monde mérite de voir le Louvre et le pays d’origine (du visiteur, ndlr ne doit avoir aucune importance”, affirme ce jeune homme de 26 ans, qui ne veut pas donner son patronyme.Au nom de l’universalisme des “musées”, cette différenciation tarifaire est notamment combattue par les syndicats du Louvre, qui sont engagés depuis un mois dans un mouvement de grève pour dénoncer notamment les sous-effectifs. Ils s’émeuvent également de la surcharge de travail qui incombera, selon eux, aux personnels chargés de vérifier l’origine géographique des visiteurs. Selon le site du Louvre, le prix de 32 euros s’applique par défaut, charge aux ressortissants européens de prouver leur lieu de résidence. Venu d’Australie, Jesse Kriwen dit “comprendre les deux points de vue”. “Je pense que (cette mesure) est une reconnaissance de l’apport des contribuables mais on a toujours envie que tout le monde soit traité de manière égalitaire”, observe-t-il.Une telle mesure serait-elle envisageable en Australie? Non, balaie sa compagne Isabelle Szemray, “parce que l’Australie est un pays très multiculturel”.

Isère: un ex-élu FN sera jugé pour des dégradations sur une mosquée

Un ex-élu municipal FN de Fontaine (Isère), déjà condamné pour des propos haineux à l’égard des Roms, sera jugé le 10 avril pour provocation à la haine en raison de la religion, soupçonné d’avoir déposé des os de porc devant une mosquée, a annoncé mercredi le parquet de Grenoble.  Il s’agit de Franck Sinisi, selon le quotidien le Parisien qui a révélé l’affaire.L’homme, qui nie les faits, avait été placé en garde à vue mardi et sera jugé le 10 avril 2026 pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion, a précisé le procureur de Grenoble Etienne Manteaux.Le 19 septembre 2025, des tags clamant “islam dehors” et “Charlie Martel 732” avaient été retrouvés sur les vitres du lieu de culte de l’Association cultuelle des musulmans de Fontaine. Des os de côtes de porc et une tranche de saucisson avaient en outre été découverts sur le pas de la porte. L’enquête établira que l’ADN de l’ex-élu était présent sur l’un des os.L’ancien conseiller municipal avait déjà été condamné en 2017, puis en 2019 en appel, à une peine d’emprisonnement avec sursis et une peine d’inéligibilité pour provocation publique à la discrimination en raison des origines pour des propos visant les personnes d’origine “roms” lors d’un conseil municipal, rappelle le parquet.Des recherches sur ses comptes sur les réseaux sociaux “mettent en évidence des messages haineux à l’encontre de la communauté musulmane en 2024 et 2025”, a souligné encore le procureur, M. Manteaux.

L’Assurance maladie alerte sur l’envolée des dépenses de médicaments innovants

Une vingtaine de médicaments à plus de 100.000 euros par an et par patient: l’Assurance maladie alerte sur l’explosion des coûts des médicaments innovants et entend faire la chasse aux traitements qui n’apportent pas de progrès.En volume, la consommation de médicaments a augmenté légèrement (+1,1% par an) sur les cinq dernières années mais en montant, la facture grimpe à cause de médicaments très onéreux.En 2024, les montants réellement payés par l’Assurance maladie après les remises négociées avec les laboratoires ont atteint 27,2 milliards d’euros, en hausse de 7,2% sur un an.”Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100.000 euros par patient, ils sont 21 en 2025 à franchir ce seuil, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185.000 euros par patient et par an”, avant remises, c’est-à-dire avant les réductions négociées entre les industriels et l’Etat, selon des données de l’Assurance maladie.Deux médicaments, prescrits pour un nombre très limité de malades, excèdent même le million d’euros annuel par patient: il s’agit du Bylvay, prescrit à 51 patients atteints d’une maladie rare du foie, et du Myalepta, prescrit à 39 patients atteints d’une maladie grave du tissu graisseux, sachant que dans les maladies rares les remises peuvent atteindre, selon des connaisseurs, jusqu’à 90% du prix catalogue.- Des anticancéreux qui dépassent le milliard – En 2024, deux anticancéreux ont dépassé le milliard d’euros de remboursement: Keytruda (2,1 milliards d’euros) et Darzalex (1,05 milliard d’euros), souligne l’Assurance maladie rappelant que le nombre de patients pris en charge en oncologie augmente en moyenne de 3% par an en France.”C’est un coût, mais c’est un coût par rapport à une valeur thérapeutique qui vient répondre à un vrai besoin” pour 3 millions de patients qui luttent contre le cancer chaque année, justifiait cet automne la présidente de l’Agipharm (association regroupant les laboratoires américains implantés en France) Clarisse Lhoste.Une étude du Centre international de recherche sur le cancer a évalué les pertes de productivité dues à la mortalité prématurée par cancer à 566 milliards de dollars, soit l’équivalent de 0,6% du produit intérieur brut mondial en 2022.Si les médicaments innovants ne représentent qu’une part limitée des volumes, ils concentrent une part croissante des dépenses: en 2024, leur coût annuel moyen atteint 3.801 euros par patient (hors vaccin), contre 161 euros pour les médicaments plus anciens.Cette dynamique est liée à l’essor des innovations thérapeutiques contre des maladies rares et graves désormais prises en charge, a souligné Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, y voyant “un sujet de soutenabilité” pour le système de santé.”Les médicaments de plus de 1.000 euros, correspondent à 0,5% du volume des médicaments remboursés et à un tiers de la dépense totale”, a détaillé de son côté Sophie Kelley, responsable du département des produits de santé à l’Assurance maladie au cours d’une conférence de presse.- “Nouveau n’est pas forcément innovant” – Mais un nouveau médicament “n’est pas forcément innovant”, a-t-elle insisté, soulignant qu'”un tiers des médicaments remboursés aujourd’hui et encore sous brevet n’apportent finaclement pas ou très peu d’amélioration par rapport à l’existant”.Le montant remboursé des traitements considérés comme innovants, représentent une part toujours plus importante des remboursements: de 8 milliards en 2017 à un peu plus de 10 milliards en 2024.Ce bilan intervient alors que l’accord-cadre régissant la régulation des tarifs des médicaments remboursables doit être renégocié avec l’industrie pharmaceutique cette année.Les industriels font régulièrement valoir que 37% des nouveaux médicaments autorisés en Europe ne sont pas disponibles en France et que les prix des médicaments y sont parmi les plus bas du continent.”On n’est pas totalement convergent sur ce diagnostic”, s’est défendu Thomas Fatôme. “Notre système permet un accès efficace à des médicaments innovants”, a-t-il dit, mais “il faut se poser la question de savoir pourquoi les coûts moyens de traitements sur les ASMR IV (progrès thérapeutique mineur, Ndlr) et V (pas de progrès thérapeutique) augmentent aussi rapidement”, prônant “le juste soin au juste prix”.

Trafic de pesticides: prison ferme requise contre un fournisseur et un important maraîcher

Des peines de prison ferme ont été requises mercredi à Marseille contre un intermédiaire et un important maraîcher, fournisseur de grandes marques de distribution, au procès d’un trafic de produits phytosanitaires interdits.Le procureur a requis 10 mois de prison ferme, 65.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une profession en lien avec l’agriculture contre Alain H., 78 ans, “apporteur d’affaires” qui fournissait des agriculteurs des Bouches-du-Rhône et de la Drôme et “sans qui tout ça n’aurait pas été réalisé”.Contre son principal client, Didier C., 58 ans, très important maraîcher dont la société exploite quelque 2.000 hectares dans les Bouches-du-Rhône, notamment pour produire des salades pour les marques Bonduelle ou Florette et les plateformes de distribution de Lidl, Leclerc, Intermarché ou Super U, le procureur a requis 6 mois de prison ferme et 40.000 euros d’amende, ainsi que 80.000 euros à l’encontre d’une de ses sociétés, la SCEA REVENY.Sept prévenus au total sont poursuivis pour ce trafic, entre 2018 et 2024, de produits phytosanitaires en provenance d’Espagne ne bénéficiant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et donc interdits en France. Leurs productions maraîchères et fruitières étaient notamment commercialisées dans des enseignes de la grande distribution.”Mépriser les autorisations de mise sur le marché, c’est mépriser le consommateur”, a dénoncé le procureur Michel Sastre, rappelant également “la dangerosité” pour l’homme et l’environnement des substances en cause.”Les peines vont tenir compte de l’importance des exploitations, des casiers (judiciaires des prévenus) et de leur âge”, a précisé le représentant du parquet, réclamant des peines plus légères à l’encontre des cinq autres arboriculteurs et maraîchers impliqués, trois des Bouches-du-Rhône et deux Drômois.Il a ainsi requis des peines s’échelonnent de 4 à 8 mois de prison avec sursis et de 15.000 à 40.000 d’amendes individuelles et des amendes entre 5.000 et 40.000 pour leurs sociétés.De nombreuses associations de défense de l’environnement – France Nature Environnement (FNE), Générations futures, la Ligue pour la protection des oiseaux LPO Paca, l’UFC-Que Choisir ou encore le syndicat agricole de la Confédération paysanne – sont parties civiles dans un dossier qu’elles estiment exemplaireEn défense de Didier C., à la tête d’une vingtaine de sociétés agricoles, Me Pascal Roubaud a vivement fustigé l’absence “d’expertises” et demandé la relaxe de son client. “Dans ce dossier, où sont les expertises… on s’est contenté de simples approximations”, a critiqué l’avocat marseillais, dénonçant une procédure qui s’appuie sur de simples “notes” manuscrites du fournisseur.L’ensemble des conseils des agriculteurs ont dénoncés “une enquête à charge”, le manque “d’analyses des produits” saisis, arguant “de l’absence d’intention” d’utiliser des produits stockés, parfois depuis longtemps. Ils ont également demandé la relaxe. Seul Me Alain Baduel, conseil d’Alain H., a reconnu la matérialité de trois infractions parmi les 11 reprochées à son client, notamment un abus de bien sociaux pour avoir payé des frais d’avocats sur la trésorerie d’une société aujourd’hui dissoute.L’avocat a regretté que le procureur ait voulu faire, selon lui, “un procès exemplaire” dénonçant “la lourdeur excessive” de la peine réclamé à l’encontre de son client.La décision a été mise en délibéré au 7 avril.

L’épidémie de grippe menace de reprendre et entraîne déjà une mortalité élevée

Après un bref reflux fin 2025, l’épidémie de grippe saisonnière menace de reprendre, portée en particulier par les enfants, et cause déjà une proportion importante de décès, essentiellement chez les personnes âgées, a résumé mercredi l’agence de santé publique.La reprise chez les enfants “pourrait entrainer une recrudescence du recours aux soins chez les adultes dans les semaines à venir”, a prévenu Santé publique France dans un bilan hebdomadaire, jugeant “très difficile d’anticiper l’impact qu’une telle reprise épidémique pourrait avoir sur le système de soins”.Depuis plusieurs semaines, l’épidémie de grippe touche toute la métropole ainsi que la plupart des régions d’outre-mer. Seule la Réunion est épargnée mais, après une première vague, elle semble aussi menacée d’une reprise.Les autorités sanitaires espéraient qu’un pic soit passé avec la nouvelle année mais, après un bref déclin, les consultations en ville ont rebondi ces derniers jours, “une tendance particulièrement marquée chez les enfants de moins de 15 ans”.La tendance reste globalement à la baisse à l’hôpital, mais celui-ci tend à suivre avec quelques jours de retard l’évolution de la médecine de ville. Et les hospitalisations sont déjà en train d’augmenter pour les moins de cinq ans.D’ores et déjà, l’agence de santé publique a relevé une augmentation persistante des décès liés à la grippe. Il est trop tôt pour dégager un bilan chiffré, mais il est déjà possible d’observer une tendance en observant la proportion de morts officiellement causée par la grippe parmi l’ensemble des décès faisant l’objet d’un certificat électronique.Cette proportion se situe désormais au “niveau atteint au pic de l’épidémie 2024-2025 (7,2% contre 7,4% à l’époque)”, et les décès touchent très largement les plus de 65 ans, a constaté Santé publique France. La saison dernière avait été marquée par l’une des épidémies les plus sévères depuis 2009, avec quelque 17.600 décès attribués à la grippe contre environ 10.000 en moyenne. Ce bilan avait été lié en partie à de faibles taux de vaccination. Si la proportion de Français vaccinés apparaît plus élevée cette saison, avec notamment plus de la moitié des 65 ans et plus vaccinés (53%), elle reste loin des objectifs. Autre grande épidémie hivernale, la bronchiolite, qui se concentre sur les tout petits, confirme son reflux sur l’ensemble du territoire: plusieurs régions passent en “post-épidémie” et l’Île de France est revenue à un niveau normal.

Définitivement condamné pour corruption de mineurs, Morandini reste sur CNews

La Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs mais l’animateur va malgré cela rester à l’antenne de sa chaîne CNews et envisage de saisir la justice européenne.”Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne sur CNews”, dès jeudi à 10h30 pour son émission quotidienne Morandini Live, a indiqué la chaîne dans une déclaration transmise à l’AFP.”Considérant comme particulièrement injuste le rejet de son recours par la Cour de Cassation et rappelant qu’il n’y a jamais eu le moindre geste déplacé, ni même à fortiori la moindre agression dans ce dossier, Jean-Marc Morandini et ses conseils étudient désormais la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme”, a pour sa part annoncé l’animateur dans un communiqué distinct transmis à l’AFP.La Cour de cassation a rendu définitive mercredi sa condamnation pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.- “Traumatisé” -L’animateur de télévision de 60 ans avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris.Celle-ci a en outre prononcé contre lui une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.En première instance, en décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à un an de prison assorti d’une période de sursis probatoire de deux ans. Il avait fait appel et vu sa peine alourdie à l’issue de son second procès.Il lui était reproché d’avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans, en 2013 et 2015-2016, qui consistaient pour l’un à évoquer des scénarios sexuels et, pour le second, à lui demander d’envoyer une photo de lui dénudé.L’animateur avait aussi demandé en 2009 à un adolescent de 16 ans de se dénuder et de se masturber lors d’une audition pour le remake d’un film qui n’a jamais vu le jour.”Ça m’a traumatisé”, a confié à la barre le jeune homme lors du procès en première instance en 2022.M. Morandini avait affirmé n’avoir gardé aucun souvenir de cet épisode et l’avait contesté. “Ça n’a pas pu se passer comme ça”, avait-il assuré.- “Humour” -L’animateur est une des figures de CNews (groupe Canal+), première chaîne info de France, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.En octobre/novembre 2016, son cas avait été le catalyseur d’une crise ouverte à iTELE, l’ancêtre de CNews, dont M. Bolloré avait pris le contrôle auparavant.Pendant un mois, la rédaction avait fait grève pour protester contre l’arrivée de M. Morandini à l’antenne. Il venait d’être mis en examen pour “corruption de mineurs” et avait été écarté d’Europe 1.Le mouvement de grève s’était soldé par le départ de près d’un tiers des journalistes d’iTELE.A son premier procès, Jean-Marc Morandini avait dans l’ensemble reconnu une “imprudence” mais s’était défendu en invoquant une forme d'”humour” et un jeu “virtuel”.Les débats avaient levé le voile sur des messages explicites envoyés à deux de ses jeunes admirateurs, du temps où il animait une émission sur NRJ 12, et agrémentés d’emojis, smileys et autres “Lol”.”Mdr tu es si coquin derrière ton air sage”, “est-ce que tu bandes ?”, avait-il écrit à Romuald (prénom modifié) en 2013 dans des messages privés sur Twitter.L’animateur a également été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel à l’encontre d’un jeune comédien, six mois de plus que la peine en première instance.Dans ce dossier, il était poursuivi pour avoir encouragé entre juin et septembre 2015 des comédiens, alors âgés de 19 à 26 ans, à s’exhiber nus pour les castings d’une web-série intitulée “Les Faucons”, dont il était le producteur.Dans cette autre procédure, l’animateur a là aussi déposé un pourvoi en cassation, qui n’a pas encore été examiné.