Cannes: les stars arrivent avant le palmarès

Des frères Dardenne au cinéaste chinois Bi Gan et son acteur Jackson Yee, les équipes des films en lice pour la Palme d’or ont commencé samedi à gravir les marches pour la cérémonie de clôture du 78e Festival de Cannes, dont la compétition est restée très ouverte jusqu’au bout.La vaste coupure de courant qui a affecté Cannes et sa région de la matinée au milieu d’après-midi n’a pas menacé la cérémonie mais a perturbé les échanges avec le jury, qui était retranché dans une villa dans les hauteurs de la ville pour délibérer.Après quinze jours de compétition, le suspense reste total sur celui ou celle qui décrochera la Palme et succédera à “Anora” de l’Américain Sean Baker.Les neuf membres du jury emmenés par la star française Juliette Binoche pourraient envoyer un signal politique fort en sacrant Jafar Panahi, présent à Cannes après quinze d’années d’assignation en Iran.Le cinéaste a marqué les esprits avec “Un simple accident”, conte moral auscultant le dilemme d’anciens détenus tentés de se venger de leur tortionnaire, déjà récompensé du Prix de la citoyenneté. S’ils décrochaient le Graal avec “Jeunes mères”, les frères Dardenne deviendraient, eux, les premiers réalisateurs à obtenir trois Palmes d’or. Le Prix du Jury œcuménique et celui du Cinéma Positif leur ont été décernés.Le jury du festival remettra au moins six autres trophées, dont les prix d’interprétation féminine et masculine, au cours d’une cérémonie qui débutera à 18H40 (16H40 GMT).- Défilé de stars -Parmi les 21 autres films de la compétition, les faveurs des critiques sont allées à “Deux procureurs” de l’Ukrainien Sergueï Loznitsa, “Nouvelle vague”, hommage réjouissant de l’Américain Richard Linklater à Jean-Luc Godard, et surtout au Norvégien Joachim Trier pour “Valeur Sentimentale”, un mélodrame entre rire et larmes ovationné une vingtaine de minutes, un record.L’équipe du film, notamment l’acteur suédois Stellan Skarsgard, a foulé le tapis rouge. Les frères Dardenne, Sergueï Loznitsa ont également été rappelés au Palais des festivals.Parmi les nombreux rôles féminins marquants, une nouvelle venue, la Française Nadia Melliti, s’est fait remarquer dans “La petite dernière”, sur une jeune musulmane qui découvre son homosexualité.Cannes pourrait aussi primer sa réalisatrice, l’actrice française devenue cinéaste Hafsia Herzi, 38 ans, et poursuivre ainsi son renouveau, après avoir donné la Palme d’or ces dernières années à ses compatriotes Julia Ducournau et Justine Triet.Autre trentenaire qui a marqué les esprits mais divisé la critique, le jeune prodige du cinéma chinois Bi Gan, 35 ans, avec sa dystopie hallucinée “Résurrection”. Nouvelle venue sur la Croisette, l’Allemande Mascha Schilinski, 41 ans, plonge elle, avec “Sound of Falling”, dans un labyrinthe de traumas familiaux transmis de mères en filles.Tout au long de la quinzaine, ce 78e festival de Cannes a fait écho aux guerres au Proche-Orient et en Ukraine et a aussi été marquée par des déclarations engagées, à commencer par la charge de Robert De Niro contre Donald Trump.Côté paillettes, la quinzaine a connu ses défilés de stars, de Denzel Washington à Tom Cruise, venu présenter le dernier “Mission: Impossible”, en passant par Scarlett Johansson, pour son premier film de réalisatrice, et Nicole Kidman. 

UAE hits record May temperature of 51.6C

The United Arab Emirates breached its May temperature record for the second day in a row, hitting 51.6 degrees Celsius on Saturday, within touching distance of the highest ever temperature recorded in the country.”The highest temperature recorded over the country today is 51.6C in Sweihan (Al Ain) at 13:45 UAE local time (0945 GMT),” the National Center of Meteorology said in a post on X, just 0.4C off the overall heat record in the Gulf country. The meteorology office told AFP the highest ever temperature recorded in the UAE since documentation began in 2003 was reported at 52C on Abu Dhabi’s Al Yasat Island in 2010. The desert nation, a top global oil exporter, lies in one of the planet’s hottest regions and one which is particularly vulnerable to climate change.The temperature in Sweihan — which lies 97km (60 miles) west of Abu Dhabi — and of 50.4C a day earlier in the Emirati capital exceeded the previous record for May of 50.2 Celsius recorded in 2009, according to the meteorology office. On Saturday in Dubai, where high temperatures in the mid-40 degrees Celsius were recorded, motorists complained air conditioning in their cars was struggling to stifle the sweltering heat, surprised the phenomenon had hit so early in the year.On the streets, Dubai inhabitants were still out and about — some armed with parasols — and vendors selling water and local juice bars appeared to enjoy an uptick in customers. The UAE, host of the COP28 climate talks in 2023, has just emerged from a record-breaking April with an average daily high of 42.6 degrees Celsius.- Extremely hot days -Scientists have shown that recurring heatwaves are a clear marker of global warming and that these heatwaves are set to become more frequent, longer and more intense. The number of extremely hot days has nearly doubled globally in the past three decades.Outdoor workers in Arab states face some of the highest exposure to heat stress in the world, with 83.6 percent suffering from excessive heat exposure on the job, according to a 2024 report from the International Labour Organization, a United Nations agency.The risks from a warming planet were on stark display last June, when more than 1,300 people died while performing the annual Muslim hajj pilgrimage to Mecca in neighbouring Saudi Arabia, according to an official tally — most of them unauthorised pilgrims exposed to long periods outdoors.According to a 2022 Greenpeace study, the Middle East is at high risk of water and food scarcity as well as severe heat waves as a result of climate change.The report, which focused on six countries including the UAE, found the region was warming nearly twice as fast as the global average, making its food and water supplies “extremely vulnerable” to climate change.

Congrès PS: Nicolas Mayer-Rossignol, le challenger qui veut changer le PS

Il défend “le changement” contre “le statu quo”, “la clarté” contre “le flou”: à quatre jours du premier tour du congrès du Parti socialiste, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, entend bien renverser Olivier Faure qui l’avait battu d’une courte tête au congrès de Marseille.Face au premier secrétaire sortant, mais aussi face au troisième candidat, le chef des députés PS Boris Vallaud, Nicolas Mayer-Rossignol a assuré samedi, lors d’un meeting à Paris, qu’il serait “le futur premier secrétaire” du parti. Il a défendu “un socialisme clairement à gauche et clairement républicain” et “un parti du travail et qui travaille”, une formule qui sera “notre feuille de route pour les années à venir”, a-t-il affirmé.Apparu en 2023 sur la scène politique nationale en se présentant contre le premier secrétaire sortant du PS, Nicolas Mayer-Rossignol avait été battu sur le fil, sur un score qu’il n’a jamais reconnu, accusant son adversaire de tricheries.Deux ans après, il a réussi à reprendre les rênes d’une coalition anti-Faure, -même s’il dément cette formule- en fusionnant son courant avec celui de la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, et celui des députés Philippe Brun et Jérôme Guedj.Une “dream team” (équipe de rêve), selon lui, qui compte aussi la présidente d’Occitanie Carole Delga, le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane, et le patron des sénateurs Patrick Kanner tous présents au meeting. Mais Nicolas Mayer-Rossignol, 48 ans, a dû batailler pour s’imposer: “On a regardé qui était le plus à même de rassembler. J’ai prouvé ma détermination et mon leadership”, balaye l’élu.Celui qui a annoncé en novembre être atteint d’un cancer de la vessie depuis 2022 – il est en rémission depuis un an avec toujours “une épée de Damoclès au dessus de la tête” – raconte que cette épreuve lui a donné “une envie de vivre et une énergie supplémentaires”.Assurant ne pas être dans la revanche, l’édile résolument anti-LFI, explique que “c’est le dernier moment pour nous pour réorienter la gauche”, en proposant le “changement contre le statu quo” et “la clarté” de la ligne face au “flou” de la direction sortante. Partisan d’une “affirmation socialiste”, celui qui avait refusé la Nupes en 2022 mais soutenu le Nouveau Front populaire lors des législatives 2024, promet de ne faire “aucune alliance” avec La France insoumise. Sans exclure toutefois des désistements républicains au profit de la formation de gauche radicale en cas de risque RN.- Priorité aux municipales -“Qu’est-ce qu’il a produit de nouveau, à part dire +pas LFI?+”, interroge un partisan de Boris Vallaud, regrettant que le courant du Rouennais rejoue “des règlements de comptes déjà réglés” depuis qu’Olivier Faure a pris ses distances avec le parti mélenchoniste. Nicolas Mayer-Rossignol prône la création d’un grand parti socialiste (un “GPS”, sourit-il), avec un objectif de 100.000 adhérents, contre 39.800 actuellement, agrégeant “ceux qui sont au PS et ceux qui sont à l’extérieur”, comme Raphaël Glucksmann, Benoît Hamon ou Bernard Cazeneuve. C’est de là qu’émergera un candidat social-démocrate en vue de 2027, estime-t-il. “Mayer-Rossignol estime qu’il faut un candidat socialiste qui va s’imposer aux autres. Mais le truc de dire +on est la grande gauche de gouvernement+ on a vu ce que ça a donné avec Anne Hidalgo” à la présidentielle de 2022 (1,7%), se désole l’eurodéputé Pierre Jouvet, proche du premier secrétaire sortant.Le maire de Rouen, qui a obtenu le soutien de l’ex-Premier ministre Lionel Jospin, assure qu’il n’a aucune ambition présidentielle. Sa priorité à la tête du parti sera les municipales de 2026, pour lesquelles il prévoit un “plan de bataille” dès sa victoire, a-t-il annoncé lors de son meeting, promettant aussi “un plan de préparation à une éventuelle dissolution” dès le mois de juin.Ce guitariste à ses heures perdues rappelle qu’il est le seul des trois candidats à exercer des responsabilités locales. À la tête de la métropole rouennaise, “l’union de la gauche et le rassemblement, je dois le faire tous les jours”, argumente-t-il. Alors qu’Olivier Faure le juge soutenu par “tous les sociaux-libéraux”, Nicolas Mayer-Rossignol rétorque qu’il “n’a pas de leçons de gauche à recevoir”, relevant qu’il a voté contre le traité européen de 2005 et qu’il n’a lui “jamais travaillé avec François Hollande”.  

Migrations: le Conseil de l’Europe vole au secours de la CEDH

Le Conseil de l’Europe a volé samedi au secours de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), au lendemain de sa mise en cause par l’Italie et huit autres Etats du continent au sujet de l’immigration.La CEDH, dont le siège est à Strasbourg, est chargée de faire appliquer la Convention européenne des droits de l’homme parmi les 46 pays signataires du texte, qui fête cette année ses 75 ans. Elle a été mise en cause ces dernières années dans plusieurs pays, notamment en France et au Royaume-Uni.Dans une lettre ouverte publiée vendredi par les services de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, neuf pays européens ont jugé “nécessaire d’entamer une discussion sur la manière dont les conventions internationales répondent aux défis auxquels nous faisons face aujourd’hui”.Au sujet de la CEDH, les neuf Etats veulent voir “si la Cour, dans certains cas, a étendu la portée de la convention trop loin comparé aux intentions originelles”.En réaction, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, dont dépend la CEDH, a apporté samedi une réponse inhabituellement ferme.”Maintenir l’indépendance et l’impartialité de la Cour est fondamental”, a déclaré dans un communiqué Alain Berset, ancien président socialiste suisse.”Dans un Etat de droit, la justice ne doit pas être soumise à des pressions politiques”, a-t-il estimé. “Les institutions qui défendent les droits fondamentaux ne peuvent pas dépendre des cycles politiques. Si c’était le cas, nous risquerions d’éroder la stabilité qu’elles sont chargées d’assurer. La Cour ne doit pas servir d’arme, ni contre les gouvernements, ni par eux”.S’il a jugé “sain” de débattre, il a ajouté que “face aux défis complexes de notre époque, notre rôle n’est pas d’affaiblir la Convention mais au contraire de la garder solide et pertinente”.- Dernier recours -La CEDH a condamné ces dernières années plusieurs Etats pour leurs actions en matière de lutte contre l’immigration clandestine, bloquant notamment l’envoi par le Royaume-Uni de demandeurs d’asile au Rwanda et s’attirant au passage des critiques de l’ancien gouvernement conservateur britannique.Concernant la France, la Cour avait suspendu en 2023 l’expulsion d’un Tchétchène vers la Russie. Le ministre de l’Intérieur d’alors, Gérald Darmanin, s’était alors dit prêt à payer l’amende imposée par la Cour. “Ce n’est pas grave”, avait-il commenté.L’appel lancé vendredi l’a été à la suite d’une rencontre à Rome entre Mme Meloni et la Première ministre danoise Mette Frederiksen, toutes deux ayant des positions très fermes sur l’immigration.Il a été également signé par les dirigeants de l’Autriche, la Belgique, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la République tchèque.”Nous croyons que l’évolution de l’interprétation de la Cour a, dans certains cas, limité notre capacité à prendre des décisions politiques dans nos propres démocraties”, ont fait savoir les signataires.Le gouvernement de droite radicale de Mme Meloni a promis de lutter contre l’immigration illégale, mais son projet majeur visant à mettre en place des centres de rétention en Albanie s’est heurté à une série d’obstacles légaux.Des juges italiens ont refusé de valider la rétention en Albanie de migrants interpellés en mer par les autorités italiennes, renvoyant la question de la légalité de cette mesure à la Cour européenne de justice, installée à Luxembourg. Celle-ci ne s’est pas encore prononcée.Le juge français Mattias Guyomar, qui prendra vendredi la présidence de la CEDH, a promis de son côté lors de son élection fin avril de défendre l’institution face aux “attaques contre l’Etat de droit” et “la remise en cause des valeurs qui ont fondé la Convention” européenne des droits de l’homme.La CEDH reçoit chaque année des dizaines de milliers de requêtes de particuliers pour qui elle constitue un dernier recours après l’épuisement des procédures judiciaires au niveau national.

Champions Cup: Bordeaux-Bègles mate Northampton et décroche son premier titre

Dans un bras de fer longtemps indécis qu’il a fini par faire basculer du bon côté en deuxième période, Bordeaux-Bègles a dominé Northampton 28 à 20 samedi à Cardiff pour remporter la Champions Cup, et décroche son premier titre, récompense d’une saison remarquable.Meilleure attaque de la compétition cette saison, avec à la baguette une charnière Maxime Lucu-Matthieu Jalibert étincelante, les hommes de Yannick Bru l’ont emporté avec 4 essais dont un doublé de Damian Penaud, qui a battu son propre record d’essais sur une seule édition (14).”C’est énormément de bonheur”, a souligné l’ailier de l’UBB au micro de France 2. “Après le revers de l’année dernière (en finale du Top 14 face au Stade toulousain 59-3, NDLR), on s’était dit qu’on ne voulait plus jamais revivre ça.”Avec ce succès, les joueurs de l’UBB poursuivent la récente domination française sur la Champions Cup, avec un cinquième titre d’affilée remportée par un club du Top 14 après Toulouse (2021, 2024) et la Rochelle (2022, 2023).Après avoir dominé en demi-finale les tenants du titre toulousains, les Girondins n’ont pas tremblé pour leur première finale continentale, loin de leurs errements de celle de Top 14 l’an passée.Pourtant cueillis à froid par un essai rapide des Saints, tombeurs de l’armada irlandaise du Leinster en demie, les Bordelo-Béglais ont ensuite étouffé l’équipe anglaise, malgré les efforts de ses joueurs sélectionnés avec les Lions Britanniques et Irlandais, les internationaux Henry Pollock, Fin Smith, Alex Mitchell, ou Tommy Freeman.Déjà privé de certains cadres et rapidement handicapé par plusieurs blessures dans ses lignes arrières, Northampton s’est comme à son habitude accroché au courage, profitant de chaque erreur bordelaise, pour revenir à égalité à la pause (20-20).Dans une deuxième période beaucoup plus cadenassé mais dont Bordeaux a su garder le contrôle, les Saints ont peu à peu baissé de pied, épuisés par un banc bordelais bien supérieur.- Lucu et Jalibert en maîtrise -Les Girondins, surpris par un coup d’envoi court, ont d’emblée été pris à la gorge par les Saints, qui n’ont mis que quelques minutes à ouvrir le score avec un essai de Coles (2e).Pas déstabilisés par cette entame pour autant, les hommes de Yannick Bru ont rapidement pris en main la rencontre, grâce à un jeu au pied d’occupation précis de la charnière Lucu-Jalibert, qui a su profiter aussi de la désorganisation anglaise après les sorties sur blessure de l’ailier James Ramm et de l’arrière George Furbank.Après un bon travail des avants, c’est sans surprise une des flèches de l’UBB, son ailier Damian Penaud, qui a débloqué leur compteur (6e).Constamment en danger face aux accélérations de Penaud et de son partenaire Louis-Bielle Biarrey sur l’autre aile, Northampton a craqué quelques minutes plus tard sur un superbe une-deux entre les deux partenaires, seulement sauvés par un en-avant de passe (14e).Efficaces sur toutes leurs offensives, les Bordelo-Béglais ont rapidement trouvé la faille pour prendre l’avantage, grâce à un slalom de Jalibert, qui a ensuite servi Adam Coleman d’une passe en cloche (21e, 10-7).Un doublé de Penaud (37e), auteur de son 14e essai de la compétition cette saison, est venu concrétiser la domination bordelaise. Mais juste avant la pause, les Saints ont marqué bien trop facilement, revenant à égalité avec le doublé de Coles (40e+1, 20-20).Alors que les Anglais étaient réduits à 14 après un carton jaune pour un plaquage dangereux de Prowse (44e), les Bordelais ont resserré l’étau sur les Anglais, sous pression dans leur camp.Une pénalité de Lucu (45e) et un essai en puissance de Cyril Cazeaux (55e) plus tard, le premier titre de leur histoire a commencé à se dessiner pour les Bordelo-Béglais, à plus d’un essai transformé de leurs adversaires (28-20).Dans une fin de match hachée, où les deux équipes ont fait preuve d’imprécisions et de maladresses, les Girondins ont assuré l’essentiel pour tenir les Saints à distance de leur en-but, et décrocher leur première Champions Cup.

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraînent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont Pentélique, près d’Athènes, ravagé plusieurs étés durant par des incendies de forêt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumée jaillit de la pinède, déclenchée par un sapeur-pompier à l’aide d’un fumigène. Les sirènes des véhicules de pompiers brisent le silence. Une dizaine d’hommes en tenue de sécurité, équipés de casques et d’appareils respiratoires, grimpent la colline en déployant tuyaux d’incendie et extincteurs.Une habitante âgée d’une maison adjacente s’inquiète. “Encore un incendie?””C’est un exercice de simulation!”, la rassure une joggeuse dominicale en poursuivant sa course.Les habitants de Penteli, banlieue résidentielle cossue dans le nord de la capitale grecque, sont habitués aux entraînements des pompiers avant des étés souvent caniculaires.  Ce dimanche, douze pompiers volontaires locaux, parmi la centaine dirigée par Apollon Kounis, se préparent avec trois véhicules.”C’est notre dernier exercice avant d’entamer le mois prochain des permanences 24 heures sur 24 dans notre station d’urgence”, explique à l’AFP cet homme de 48 ans, “dévoué” depuis sa jeunesse à la protection de la forêt. La Grèce est quasiment chaque été en proie aux incendies de forêt liés aux “nouveaux défis de la crise climatique”, selon un récent rapport de l’Observatoire d’Athènes et du WWF-Grèce.En août dernier, dans l’Attique, la région d’Athènes, près de 10.000 hectares sont partis en fumée après un court-circuit sur un poteau électrique. Attisé par des vents puissants, le feu s’était dangereusement rapproché de la capitale, se retrouvant à 15 km du centre, après s’être propagé en quelques heures sur la partie orientale de Penteli.- Cours d’eau asséchés -Une partie de la forêt, de nombreux magasins, des habitations et des véhicules avaient été ravagés par les flammes.”Depuis 2018, je n’ai pas pris de vacances en été. Sauver la forêt, c’est ma vie”, poursuit M. Kounis. “Le feu de l’année dernière était le plus catastrophique que j’ai vécu”, confie-t-il.Plusieurs habitations de Penteli disposent de citernes et de tuyaux d’incendie pour parer à la menace de feux de plus en plus incontrôlables.Alors qu’un nouvel été approche, la maire de la ville, Natassa Kosmopoulou espère que “les pluies plus fréquentes depuis janvier vont limiter le nombre d’incendies”.Pour l’édile, la violence du phénomène de 2024 est à imputer en partie à la sécheresse prolongée dans une grande partie de la Grèce.”On a toujours eu des incendies à Penteli mais ces dernières années, les feux sont très intenses en raison du changement climatique”, affirme-t-elle. Devant son bureau rempli de papiers et de dossiers, elle explique devoir “se battre quotidiennement avec les services forestiers chargés de nettoyer les cours d’eau (asséchés) qui sont souvent des points de départ de feu”.De nombreux cours d’eau asséchés traversent la zone, dont les lits sont souvent remplis de branches d’arbres cassées, de mauvaises herbes ou même d’ordures.En outre, les routes forestières et les zones pare-feu “ne sont pas suffisantes, ce qui entrave l’accès à certaines parties de Penteli où sont jetés gravats, pneus et tout ce que vous voulez”, déplore-t-elle.- “Repartir de zéro” -Apollon Kounis, qui se veut rassurant pour cet été, insiste sur la nécessité de “rester sur le pied de guerre pour sauver ce qui reste” de la montagne. D’une altitude maximale de 1.100 mètres, le mont Pentélique était réputé par le passé pour son air pur, prisé des Athéniens au point d’abriter hôpitaux et sanatoriums.Dans sa plus grande partie, il est désormais jonché de branches et d’arbres carbonisés.Sur la crête, le jaune des spartiers et le rouge des coquelicots contrastent avec la terre brulée. Dans la partie résidentielle, Tryfonas Drakonakis se promène aux abords de la forêt carbonisée où l’on aperçoit quelques papillons. Le bruit des pylônes électriques a remplacé le chant des oiseaux.”J’essaie de ne pas regarder autour de moi, j’essaie d’oublier”, confie ce septuagénaire, s’estimant chanceux que sa maison ait été épargnée par les flammes l’an dernier. Celle de sa voisine, Thomais Bertou, est partie en fumée, comme une quarantaine d’autres. Cette femme de 65 ans vit désormais dans une caravane et tente de faire revivre son petit jardin.”Il n’en restait rien, on a dû repartir de zéro. Que faire?”, s’interroge-t-elle. “Serrer mon coeur et continuer.”

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraînent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont Pentélique, près d’Athènes, ravagé plusieurs étés durant par des incendies de forêt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumée jaillit de la pinède, déclenchée par un sapeur-pompier à l’aide d’un fumigène. Les sirènes des véhicules de pompiers brisent le silence. Une dizaine d’hommes en tenue de sécurité, équipés de casques et d’appareils respiratoires, grimpent la colline en déployant tuyaux d’incendie et extincteurs.Une habitante âgée d’une maison adjacente s’inquiète. “Encore un incendie?””C’est un exercice de simulation!”, la rassure une joggeuse dominicale en poursuivant sa course.Les habitants de Penteli, banlieue résidentielle cossue dans le nord de la capitale grecque, sont habitués aux entraînements des pompiers avant des étés souvent caniculaires.  Ce dimanche, douze pompiers volontaires locaux, parmi la centaine dirigée par Apollon Kounis, se préparent avec trois véhicules.”C’est notre dernier exercice avant d’entamer le mois prochain des permanences 24 heures sur 24 dans notre station d’urgence”, explique à l’AFP cet homme de 48 ans, “dévoué” depuis sa jeunesse à la protection de la forêt. La Grèce est quasiment chaque été en proie aux incendies de forêt liés aux “nouveaux défis de la crise climatique”, selon un récent rapport de l’Observatoire d’Athènes et du WWF-Grèce.En août dernier, dans l’Attique, la région d’Athènes, près de 10.000 hectares sont partis en fumée après un court-circuit sur un poteau électrique. Attisé par des vents puissants, le feu s’était dangereusement rapproché de la capitale, se retrouvant à 15 km du centre, après s’être propagé en quelques heures sur la partie orientale de Penteli.- Cours d’eau asséchés -Une partie de la forêt, de nombreux magasins, des habitations et des véhicules avaient été ravagés par les flammes.”Depuis 2018, je n’ai pas pris de vacances en été. Sauver la forêt, c’est ma vie”, poursuit M. Kounis. “Le feu de l’année dernière était le plus catastrophique que j’ai vécu”, confie-t-il.Plusieurs habitations de Penteli disposent de citernes et de tuyaux d’incendie pour parer à la menace de feux de plus en plus incontrôlables.Alors qu’un nouvel été approche, la maire de la ville, Natassa Kosmopoulou espère que “les pluies plus fréquentes depuis janvier vont limiter le nombre d’incendies”.Pour l’édile, la violence du phénomène de 2024 est à imputer en partie à la sécheresse prolongée dans une grande partie de la Grèce.”On a toujours eu des incendies à Penteli mais ces dernières années, les feux sont très intenses en raison du changement climatique”, affirme-t-elle. Devant son bureau rempli de papiers et de dossiers, elle explique devoir “se battre quotidiennement avec les services forestiers chargés de nettoyer les cours d’eau (asséchés) qui sont souvent des points de départ de feu”.De nombreux cours d’eau asséchés traversent la zone, dont les lits sont souvent remplis de branches d’arbres cassées, de mauvaises herbes ou même d’ordures.En outre, les routes forestières et les zones pare-feu “ne sont pas suffisantes, ce qui entrave l’accès à certaines parties de Penteli où sont jetés gravats, pneus et tout ce que vous voulez”, déplore-t-elle.- “Repartir de zéro” -Apollon Kounis, qui se veut rassurant pour cet été, insiste sur la nécessité de “rester sur le pied de guerre pour sauver ce qui reste” de la montagne. D’une altitude maximale de 1.100 mètres, le mont Pentélique était réputé par le passé pour son air pur, prisé des Athéniens au point d’abriter hôpitaux et sanatoriums.Dans sa plus grande partie, il est désormais jonché de branches et d’arbres carbonisés.Sur la crête, le jaune des spartiers et le rouge des coquelicots contrastent avec la terre brulée. Dans la partie résidentielle, Tryfonas Drakonakis se promène aux abords de la forêt carbonisée où l’on aperçoit quelques papillons. Le bruit des pylônes électriques a remplacé le chant des oiseaux.”J’essaie de ne pas regarder autour de moi, j’essaie d’oublier”, confie ce septuagénaire, s’estimant chanceux que sa maison ait été épargnée par les flammes l’an dernier. Celle de sa voisine, Thomais Bertou, est partie en fumée, comme une quarantaine d’autres. Cette femme de 65 ans vit désormais dans une caravane et tente de faire revivre son petit jardin.”Il n’en restait rien, on a dû repartir de zéro. Que faire?”, s’interroge-t-elle. “Serrer mon coeur et continuer.”

Sur les hauteurs d’Athènes, les pompiers s’entraînent face au risque de nouveaux incendies

Sur un sentier qui borde le seul versant encore vert du mont Pentélique, près d’Athènes, ravagé plusieurs étés durant par des incendies de forêt, cyclistes et coureurs profitent du soleil printanier avant les fortes chaleurs estivales.Soudain une fumée jaillit de la pinède, déclenchée par un sapeur-pompier à l’aide d’un fumigène. Les sirènes des véhicules de pompiers brisent le silence. Une dizaine d’hommes en tenue de sécurité, équipés de casques et d’appareils respiratoires, grimpent la colline en déployant tuyaux d’incendie et extincteurs.Une habitante âgée d’une maison adjacente s’inquiète. “Encore un incendie?””C’est un exercice de simulation!”, la rassure une joggeuse dominicale en poursuivant sa course.Les habitants de Penteli, banlieue résidentielle cossue dans le nord de la capitale grecque, sont habitués aux entraînements des pompiers avant des étés souvent caniculaires.  Ce dimanche, douze pompiers volontaires locaux, parmi la centaine dirigée par Apollon Kounis, se préparent avec trois véhicules.”C’est notre dernier exercice avant d’entamer le mois prochain des permanences 24 heures sur 24 dans notre station d’urgence”, explique à l’AFP cet homme de 48 ans, “dévoué” depuis sa jeunesse à la protection de la forêt. La Grèce est quasiment chaque été en proie aux incendies de forêt liés aux “nouveaux défis de la crise climatique”, selon un récent rapport de l’Observatoire d’Athènes et du WWF-Grèce.En août dernier, dans l’Attique, la région d’Athènes, près de 10.000 hectares sont partis en fumée après un court-circuit sur un poteau électrique. Attisé par des vents puissants, le feu s’était dangereusement rapproché de la capitale, se retrouvant à 15 km du centre, après s’être propagé en quelques heures sur la partie orientale de Penteli.- Cours d’eau asséchés -Une partie de la forêt, de nombreux magasins, des habitations et des véhicules avaient été ravagés par les flammes.”Depuis 2018, je n’ai pas pris de vacances en été. Sauver la forêt, c’est ma vie”, poursuit M. Kounis. “Le feu de l’année dernière était le plus catastrophique que j’ai vécu”, confie-t-il.Plusieurs habitations de Penteli disposent de citernes et de tuyaux d’incendie pour parer à la menace de feux de plus en plus incontrôlables.Alors qu’un nouvel été approche, la maire de la ville, Natassa Kosmopoulou espère que “les pluies plus fréquentes depuis janvier vont limiter le nombre d’incendies”.Pour l’édile, la violence du phénomène de 2024 est à imputer en partie à la sécheresse prolongée dans une grande partie de la Grèce.”On a toujours eu des incendies à Penteli mais ces dernières années, les feux sont très intenses en raison du changement climatique”, affirme-t-elle. Devant son bureau rempli de papiers et de dossiers, elle explique devoir “se battre quotidiennement avec les services forestiers chargés de nettoyer les cours d’eau (asséchés) qui sont souvent des points de départ de feu”.De nombreux cours d’eau asséchés traversent la zone, dont les lits sont souvent remplis de branches d’arbres cassées, de mauvaises herbes ou même d’ordures.En outre, les routes forestières et les zones pare-feu “ne sont pas suffisantes, ce qui entrave l’accès à certaines parties de Penteli où sont jetés gravats, pneus et tout ce que vous voulez”, déplore-t-elle.- “Repartir de zéro” -Apollon Kounis, qui se veut rassurant pour cet été, insiste sur la nécessité de “rester sur le pied de guerre pour sauver ce qui reste” de la montagne. D’une altitude maximale de 1.100 mètres, le mont Pentélique était réputé par le passé pour son air pur, prisé des Athéniens au point d’abriter hôpitaux et sanatoriums.Dans sa plus grande partie, il est désormais jonché de branches et d’arbres carbonisés.Sur la crête, le jaune des spartiers et le rouge des coquelicots contrastent avec la terre brulée. Dans la partie résidentielle, Tryfonas Drakonakis se promène aux abords de la forêt carbonisée où l’on aperçoit quelques papillons. Le bruit des pylônes électriques a remplacé le chant des oiseaux.”J’essaie de ne pas regarder autour de moi, j’essaie d’oublier”, confie ce septuagénaire, s’estimant chanceux que sa maison ait été épargnée par les flammes l’an dernier. Celle de sa voisine, Thomais Bertou, est partie en fumée, comme une quarantaine d’autres. Cette femme de 65 ans vit désormais dans une caravane et tente de faire revivre son petit jardin.”Il n’en restait rien, on a dû repartir de zéro. Que faire?”, s’interroge-t-elle. “Serrer mon coeur et continuer.”

Liste des métiers en tension: des restaurateurs soulagés par cette “première étape”

“C’est un soulagement”: pour Laurent Frechet, qui gère un restaurant dans le centre de Paris, le Zango, la publication jeudi de la liste actualisée des métiers en tension, qui va permettre de régulariser des travailleurs étrangers, répond à une nécessité urgente dans la restauration, où le casse-tête du recrutement est permanent. “Les travailleurs étrangers sont indispensables pour faire tourner nos cuisines”, souligne ce gérant de restaurant, qui préside la branche restauration de l’organisation patronale sectorielle GNI.Établie région par région, la liste énumère les quelque 80 métiers en manque de main-d’œuvre en France, grâce auxquels les travailleurs étrangers peuvent prétendre à un titre de séjour en justifiant de 12 mois de bulletins de salaire au cours des 24 derniers mois et trois ans de résidence en France.Dans la restauration, les postes de cuisiniers, serveurs ou aides de cuisine sont notamment concernés.Restaurateur depuis 22 ans, Laurent Frechet explique avoir accompagné “entre six et sept” employés dans leur démarche de régularisation. “Mohamed, un salarié sri-lankais, a mis huit ans à m’avouer que les papiers qu’il m’avait présentés n’étaient pas les siens”, se remémore-t-il, “il a pu être régularisé et travaille toujours dans mon restaurant.”Même scénario pour Sangare Lamine (45 ans) qui, arrivé du Mali en 2002, a d’abord enchaîné les petits boulots, son irrégularité l’empêchant de rester trop longtemps à un même poste. “C’était très compliqué d’être régularisé car les fiches de paie ne suffisaient pas”, se rappelle-t-il auprès de l’AFP.En 2005, il commence comme plongeur à Zango et gravit les échelons. Jusqu’à arriver à la tête de la cuisine. Deux ans après, il est régularisé: “Laurent [Frechet] m’a aidé, il m’a fourni les documents [nécessaires] et m’a donné la chance de monter, jusqu’à devenir chef”, explique M. Lamine avec fierté.- “Ce n’est pas assez” -Didier Roeckel, propriétaire du restaurant La Couronne, à Scherwiller (Bas-Rhin), a lui aussi aidé un employé à renouveler ses papiers.”Les gens de bonne volonté qui veulent travailler sont les bienvenus dans notre métier. Il faut tout simplement faciliter les choses”, affirme-t-il.Son établissement de 170 couverts sur la route des vins d’Alsace compte 25 employés à temps plein et une trentaine d’extras.”Notre métier a toujours fait partie des métiers en tension, mais ce n’était pas reconnu, ce qui était un peu dommage”, souligne M. Roeckel.La nouvelle liste doit permettre à des patrons ayant des difficultés à recruter de garder leurs employés et d’écarter le risque d’une condamnationLa nouvelle liste doit permettre à des patrons ayant des difficultés à recruter de garder leurs employés et d’écarter le risque d’une condamnation – l’emploi d’une personne en situation irrégulière est passible de 30.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.Mais en Île-de-France, seul le métier de cuisinier y figure pour la restauration.”C’est incompréhensible”, s’étonne le propriétaire d’une grande brasserie parisienne près de la gare Saint-Lazare, à Paris. “On ne trouve pas de plongeurs ou de maîtres d’hôtel”, explique-t-il, installé sur une banquette chic de son établissement.”Donc l’inscription du métier de cuisinier sur la liste des métiers en tension est une avancée, mais ce n’est pas assez”, déplore ce gérant de près de 50 employés de dix nationalités différentes.Pour Benjamin Serra, co-gérant de sept restaurants italiens Prima répartis entre la côte basque et la région toulousaine et comptant 250 salariés, cette nouvelle liste “va dans le bon sens, mais ça ne va pas changer la donne.”D’autant que les métiers de la restauration exigent des compétences spécifiques, qu’il faut parfois transmettre aux nouveaux employés. “Est-ce que les gens qui arrivent sans papiers, est-ce que ces gens-là ont les compétences ? Est-ce qu’ils ont aussi le droit à la formation ? Ou est-ce qu’ils ont juste le droit de venir travailler ?”, s’interroge M. Serra. Selon France Travail, le besoin de main-d’oeuvre dans la restauration en 2025 est estimé à 336.000 emplois (CDI et CDD de plus de six mois) avec des “difficultés” de recrutement pour la moitié d’entre eux.Ayant déjà aidé un de ses employés, malien, à obtenir un titre de séjour au bout de plusieurs années de démarches, le restaurateur près de la gare Saint-Lazare salue tout de même la simplification du processus pour régulariser les travailleurs: “c’est déjà une bonne chose pour nous, et pour eux”.