Israël bombarde des défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran

Israël a bombardé samedi les défenses aériennes et des lanceurs de missiles en Iran, intensifiant ses opérations qui visent à démanteler les capacités militaires de son ennemi juré, après un engrenage de violences nocturnes.Vendredi, Israël, disant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, a lancé une attaque d’une ampleur sans précédent sur le sol iranien, touchant plus de 200 sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés du pays.L’Iran, qui dément fabriquer l’arme nucléaire, a tiré en riposte des dizaines de missiles contre Israël, affirmant avoir ciblé des installations militaires. La plupart ont été interceptés par l’armée israélienne mais d’importants dégâts ont été enregistrés dans la région de Tel-Aviv. L’escalade militaire entre l’Iran et Israël, distants de plus de 1.500 km, fait craindre un conflit prolongé qui engloutirait la région, selon des experts.Allié d’Israël, le président américain Donald Trump a exhorté vendredi l’Iran à “conclure un accord” sur son programme nucléaire et prévenu que les “prochaines attaques” israéliennes seraient “encore plus brutales”. Il a qualifié d'”excellentes” la première salve de frappes israéliennes.Samedi, l’Iran a tiré de nouveaux missiles contre Israël, où les secours ont fait état de trois morts et de dizaines de blessés. Le même jour, de nouvelles frappes israéliennes ont ciblé des systèmes de défense aériens dans la région de Téhéran et “des dizaines” de lanceurs de missiles sol-sol en Iran selon Israël.Le représentant iranien à l’ONU Amir Saeid Iravani, a fait état vendredi de 78 morts et plus de 320 blessés dont une “large majorité de civils” dans l’attaque israélienne.- Discussions incertaines dimanche -A Téhéran, une foule s’est rassemblée vendredi soir en soutien au pouvoir, aux cris de “Mort à Israël, mort à l’Amérique!”. “Nous continuerons de riposter de façon écrasante” à Israël, a affirmé Khatira Abolfazli, une manifestante.Dans la région de Tel-Aviv, des images de l’AFP ont montré des flammes et de la fumée s’élevant d’un immeuble dans la nuit et des habitations détruites. “Nous avons entendu une très forte explosion, tout tremblait: fumée, poussière, tout était éparpillé. C’étaient des moments vraiment effrayants”, a raconté Chen Gabizon, 29 ans, réfugié dans un abri souterrain de l’immeuble touché. Sur CNN, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, a déclaré que les tirs iraniens ne devraient pas s’arrêter, l’Iran possédant selon lui un arsenal de près de 2.000 missiles.Les Etats-Unis ont aidé Israël à abattre les missiles iraniens, selon un responsable américain.L’Iran est soupçonné par les Occidentaux et par Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Un nouveau cycle de négociations indirectes est prévu dimanche à Oman entre Téhéran et Washington pour tenter de trouver un accord encadrant le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions contre l’Iran. Mais la participation de Téhéran est “incertaine” selon un média d’Etat.- “Plus à venir” -Malgré les appels internationaux à cesser les attaques, M. Netanyahu a averti qu’il y en aurait “plus à venir” et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une “déclaration de guerre”.Dans un message vidéo adressé à la population iranienne, Benjamin Netanyahu l’a appelée à se révolter contre le “régime maléfique et oppressif”.”Nous avons éliminé les principaux commandants militaires, des scientifiques nucléaires, l’installation d’enrichissement (d’uranium) la plus importante du régime islamique et une grande partie de son arsenal de missiles balistiques”, a-t-il précisé. Son armée a affirmé avoir “démantelé” une usine d’uranium à Ispahan (centre). L’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a affirmé que les dégâts à Ispahan et sur le site de Fordo, au sud de Téhéran, étaient mineurs.Le centre pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) a été visé, selon la télévision d’Etat iranienne.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré que la partie en surface avait été “détruite”, citant des informations iraniennes. Mais “aucune augmentation des niveaux de radiation” n’avait été observée. Vendredi soir, Israël a dit avoir frappé la base militaire de Tabriz qui a été “démantelée” selon lui.- Commandants et généraux tués -Dans les premières frappes israéliennes, le chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique d’Iran, le général Hossein Salami, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens, Amirali Hajizadeh, ainsi que d’autres responsables militaires ont été tués dans une frappe sur leur quartier général. Le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, et six scientifiques du programme nucléaire iranien ont aussi péri dans d’autres bombardements.Samedi, la télévision d’Etat iranienne a fait état de la mort de deux hauts gradés de l’armée, le général Gholamreza Mehrabi, adjoint au renseignement de l’état-major des forces armées, et le général Mehdi Rabbani, adjoint aux opérations.La dernière attaque d’Israël contre l’Iran annoncée publiquement remonte à octobre 2024, quand il a mené des frappes sur des cibles militaires en représailles au tir de quelque 200 missiles iraniens vers son territoire. Les tirs iraniens étaient en riposte à une attaque imputée à Israël qui a ciblé le consulat d’Iran à Damas.Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient, plusieurs compagnies aériennes ont supprimé ou dérouté des dizaines de vols, et les cours du pétrole ont flambé. 

Zadrima, l’art de cultiver le bonheur en soie

La culture de la soie, un temps menacé de disparition, réapparait dans le nord de l’Albanie grâce à un groupe de femmes qui maitrise chaque étape de la production, de la culture des vers au tissage du précieux tissu.La tenue traditionnelle de la région de Zadrima, coincée entre les montagnes et la côte – écharpe en soie sur la tête, ceinture de soie fermant une blouse en gaze de soie étoffe de soie rouge sur la poitrine – est décrite dans plusieurs récits de voyages du début du XXe siècle “L’histoire de la soie sur ces territoires remonte au dixième siècle”, explique à l’AFP Aferdita Onuzi, ethnologue. Au fil des siècle, la production de cette région d’Albanie a souvent été exportée, et particulièrement appréciée par les noblesses italienne et française.Au XXe siècle, le régime communiste a concentré tous les ateliers de fabrication pour ouvrir une unique fabrique de traitement et de tissage de la soie qui, à la chute de la dictature au début des années 1990, a été totalement détruite. Puis l’émigration massive et la concurrence des fibres synthétiques ont failli mettre à terre cette tradition.Mais depuis une quinzaine d’années Franceska Pjetraj et sa famille, comme d’autres femmes de cette région, travaillent à la faire renaître.”C’est une tradition aussi ancienne que Zadrima, autrefois les femmes d’ici s’habillaient en soie, c’était une de leur joie”, explique Franceska, 30 ans qui avec Mimoza, sa mère, a ouvert son atelier. Comme les autres femmes qui y travaillent, elles tissent aussi les rêves d’une vie meilleure.”Ici tout se fait d’une manière artisanale, la culture et l’extradition du fil à soie, le tissage jusqu’à la production finale”, précise Mimoza, 54 ans, infirmière.- Conditions idéales -La région de Zadrima, où la nature sauvage est parsemée de villages pittoresques, offre des conditions idéales pour planter et cultiver les mûriers blancs, dont les feuilles sont la nourriture préférée du vers à soie.”Elever un vers à soie c’est un monde fascinant”, s’exclame Franceska tout en veillant sur les chenilles.Installées sur les étagères d’une étable plongée dans l’obscurité, certaines semblent perturbées au moindre bruit, quand d’autres continuent, impassibles, à tisser leur cocon – sécrétant le fameux fil à soie.”C’est comme un bébé : il demande autant de dévouement et d’amour que nos enfants. Son cycle de vie dure de 5 à 7 semaines et pendant ce temps, il faut le nourrir et lui prêter toute son attention”, explique la jeune femme.Délicats et très sensibles, les vers ne supportent pas les températures au-dessus de 28 degrés, ni le froid ou l’humidité, encore moins les pesticides, et les orages les effraient.       “Du cocon au fil puis du fil au tissage, c’est tout un art”, décrit Mimoza, “il faut un savoir-faire, de la patience, mais aussi de la passion”.Les cocons sont récoltés avant que les papillons ne les quittent. Ils sont d’abord plongés dans un bain d’eau bouillante pour les ramollir puis sont agités avec un petit balai afin de dégager les fils, qui sont étirés, puis tissé. L’an dernier Mimoza et sa fille ont pu produire 10 kilos de fils de soie, transformés en étoles, jupe ou blouses. “Pour notre bonheur, les commandes n’ont pas manqué, parce que la qualité est supérieure et nos prix concurrentiels”, se réjouit Mimoza.A Zadrima et aux alentours, des centaines d’autres femmes se sont mises à la culture des vers à soie et au tissage artisanal en suivant leur exemple.”C’est un métier très ancien, en voie de disparition, c’est aussi un art de grande qualité et je pense que [les maisons de haute couture] Versace ou Dolce Gabana devraient s’inspirer des tenues qu’on produit ici”, sourit Rozana Gostorani, 18 ans. Espérant un jour voir les soies qu’elle tisse sur son métier défiler sur les podiums du monde entier. 

Inflation et pénuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère célibataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarché d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongé dans une grave crise économique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. Emmitouflée dans plusieurs couches de vêtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise économique, causée par une pénurie de dollars et des dépenses publiques excessives, appauvrit depuis l’année dernière la population.Dans le supermarché, qui vend des produits de base à prix contrôlés, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’œufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravée ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien président Evo Morales. Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir écarté leur leader de l’élection présidentielle du 17 août.- “Précipice” -Les barrages empêchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de déloger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accéder à un autre entrepôt d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitée de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal à joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensé que la situation pourrait en arriver là, à devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiénique. Nous sommes au bord du précipice,” dit-elle à l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se détériorent très fortement” avec l’inflation, explique José Luis Evia, économiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières années, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement réduit les entrées de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite à prix subventionné. Faute de réserves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion décharge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, là aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’équivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublé à 5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats à base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, résignée”, dit-elle. – Hôpitaux à sec -Pour José Luis Evia, le mécontentement social pourrait être un facteur décisif dans une éventuelle défaite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux décennies, lors de la présidentielle d’août prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importés figure parmi ceux qui ont le plus augmenté, en raison de la hausse du dollar sur le marché parallèle, qui renchérit leur coût pour les importateurs.La mère diabétique de Griselda Ventura, 27 ans, a dû être hospitalisée à La Paz. Dans sa province, à une centaine de kilomètres de là, les médicaments importés dont elle dépend étaient introuvables. Mais même là, l’hôpital peine à lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a même pas une seringue” là-bas, assure Griselda devant une pharmacie.

Inflation et pénuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère célibataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarché d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongé dans une grave crise économique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. Emmitouflée dans plusieurs couches de vêtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise économique, causée par une pénurie de dollars et des dépenses publiques excessives, appauvrit depuis l’année dernière la population.Dans le supermarché, qui vend des produits de base à prix contrôlés, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’œufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravée ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien président Evo Morales. Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir écarté leur leader de l’élection présidentielle du 17 août.- “Précipice” -Les barrages empêchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de déloger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accéder à un autre entrepôt d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitée de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal à joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensé que la situation pourrait en arriver là, à devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiénique. Nous sommes au bord du précipice,” dit-elle à l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se détériorent très fortement” avec l’inflation, explique José Luis Evia, économiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières années, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement réduit les entrées de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite à prix subventionné. Faute de réserves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion décharge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, là aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’équivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublé à 5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats à base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, résignée”, dit-elle. – Hôpitaux à sec -Pour José Luis Evia, le mécontentement social pourrait être un facteur décisif dans une éventuelle défaite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux décennies, lors de la présidentielle d’août prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importés figure parmi ceux qui ont le plus augmenté, en raison de la hausse du dollar sur le marché parallèle, qui renchérit leur coût pour les importateurs.La mère diabétique de Griselda Ventura, 27 ans, a dû être hospitalisée à La Paz. Dans sa province, à une centaine de kilomètres de là, les médicaments importés dont elle dépend étaient introuvables. Mais même là, l’hôpital peine à lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a même pas une seringue” là-bas, assure Griselda devant une pharmacie.

Inflation et pénuries : la Bolivie au bord de l’asphyxie

Encore une fois, Sonia, une mère célibataire de 40 ans, repart bredouille. Depuis l’aube, elle faisait la queue devant un supermarché d’État de La Paz pour tenter d’acheter des produits devenus inaccessibles dans un pays plongé dans une grave crise économique.”Je dois travailler pour mes six enfants. Et venir faire cette queue en plus, je n’y arrive pas”, dit-elle avec lassitude en repartant les mains vides. Emmitouflée dans plusieurs couches de vêtements face au froid mordant, elle refuse de donner son nom.  La crise économique, causée par une pénurie de dollars et des dépenses publiques excessives, appauvrit depuis l’année dernière la population.Dans le supermarché, qui vend des produits de base à prix contrôlés, certains invectivent le personnel. “Il n’y a pas de riz, pas de sucre, pas d’œufs. Il n’y a plus rien”, peste Gisela Vargas, 30 ans. La crise s’est aggravée ces derniers jours avec le blocage de routes par les partisans de l’ancien président Evo Morales. Ils réclament la démission du président Luis Arce, qu’ils tiennent pour responsable du marasme et accusent d’avoir écarté leur leader de l’élection présidentielle du 17 août.- “Précipice” -Les barrages empêchent notamment la circulation des marchandises. Des heurts avec la police, qui tente de déloger les protestataires, ont fait cinq morts, dont quatre policiers, selon un dernier bilan du gouvernement jeudi. Dans la longue queue pour accéder à un autre entrepôt d’Etat de la capitale administrative, Rocio Perez, une retraitée de 65 ans, explique vivre avec ses enfants et petits-enfants et avoir du mal à joindre les deux bouts. “Nous n’avons jamais pensé que la situation pourrait en arriver là, à devoir faire la queue pour des aliments ou du papier hygiénique. Nous sommes au bord du précipice,” dit-elle à l’AFP.”En termes de pouvoir d’achat, les salaires se détériorent très fortement” avec l’inflation, explique José Luis Evia, économiste et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale de Bolivie. Ces dernières années, la chute des exportations de gaz bolivien a fortement réduit les entrées de devises dans le pays andin, dont le gouvernement a besoin pour importer du carburant revendu ensuite à prix subventionné. Faute de réserves suffisantes, les importations diminuent, provoquant de longues files d’attente aux stations-service. Dans un quartier commerçant, un camion décharge des poulets pour un magasin de gros. Des centaines de personnes forment, là aussi, une lonque queue. Il y a quelques mois, le kilogramme de poulet se vendait pour l’équivalent de 2,6 dollars. Aujourd’hui, il a presque doublé à 5 dollars.Francisca Flores, une vendeuse ambulante de 69 ans du quartier, assure ne plus pouvoir en acheter, expliquant se contenter de plats à base d’oeufs. “Je sors avec mes petits sous (…) et si je ne peux rien” acheter, “eh bien je pars, résignée”, dit-elle. – Hôpitaux à sec -Pour José Luis Evia, le mécontentement social pourrait être un facteur décisif dans une éventuelle défaite de la gauche, au pouvoir depuis presque deux décennies, lors de la présidentielle d’août prochain. “Il y a de plus en plus de consensus pour un changement”, assure-t-il. Le prix des produits importés figure parmi ceux qui ont le plus augmenté, en raison de la hausse du dollar sur le marché parallèle, qui renchérit leur coût pour les importateurs.La mère diabétique de Griselda Ventura, 27 ans, a dû être hospitalisée à La Paz. Dans sa province, à une centaine de kilomètres de là, les médicaments importés dont elle dépend étaient introuvables. Mais même là, l’hôpital peine à lui en fournir, faute de stocks. “Il n’y a même pas une seringue” là-bas, assure Griselda devant une pharmacie.

A l’assaut des rayons de supermarché, des produits hyperprotéinés à l’intérêt limité pour la santé

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotéinés de produits déjà commercialisés envahissent les rayons des grandes surfaces, bénéficiant d’un marketing très poussé malgré leur faible utilité pour la santé.”C’est vraiment une déferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’études chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotéinés – porté principalement par les yaourts et les skyrs – est passé d’environ 70 à plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considérable et la gamme continue de se développer : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un véritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant réservée aux grands sportifs et aux enseignes spécialisées, l’alimentation hyperprotéinée s’est largement démocratisée. “Il y a une image très positive des protéines qui sont associées à la puissance, aux muscles, à la vitalité, et on se dit que c’est bon pour la santé”, explique à l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition à Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protéines vendue par ces produits n’a pas réellement d’intérêt, relativisent les professionnels de santé.”En France, il n’y a pas de carences en protéines. La quasi-totalité de la population est déjà très au-dessus des recommandations fixées entre 0,8 et 1 gramme de protéines par kilo de poids de corps”, détaille Violette Babocsay, diététicienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratégie marketing rodée autour du sport, de la nutrition et de la santé, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idée que les protéines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protéines contribuent à faire croître la masse musculaire, elles ne peuvent prétendre “favoriser la satiété” ou “aider à contrôler les sensations de faim”, a tranché l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).”Et même pour les sportifs, il y a un maximum au-delà duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, précise Mme Babocsay.La diététicienne critique également le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protéines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protéinés, les industriels peuvent soit ajouter une source de protéines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mécaniquement la proportion de protéines.”Pour la version protéinée du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protéines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intéresser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protéines entre les deux versions est finalement très limité”.”La composition de la version protéinée est d’ailleurs quasiment identique à la version allégée, avec un packaging noir d’un côté, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idées reçues, la mention “protéiné” ne signifie pas que le produit est forcément plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’édulcorants…Le Pr Mariotti déplore ainsi “le dévoiement des messages nutritionnels”, utilisés pour promouvoir des produits “mauvais pour la santé”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va être sur 1,85 euro et 4 grammes de protéines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protéines dans une version protéinée”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du côté des yaourts, où des produits déjà riches en protéines comme le petit-suisse coûtent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spécialisée.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protéiné peuvent l’être beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, même de simples pains de mie nature, peuvent se déclarer +source de protéines+ selon la réglementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en réalité”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriétés pour la santé sur la base des teneurs en protéines est donc “tout à fait inadapté”, déplore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence à devenir un vrai problème” pointe-t-il.

A l’assaut des rayons de supermarché, des produits hyperprotéinés à l’intérêt limité pour la santé

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotéinés de produits déjà commercialisés envahissent les rayons des grandes surfaces, bénéficiant d’un marketing très poussé malgré leur faible utilité pour la santé.”C’est vraiment une déferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’études chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotéinés – porté principalement par les yaourts et les skyrs – est passé d’environ 70 à plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considérable et la gamme continue de se développer : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un véritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant réservée aux grands sportifs et aux enseignes spécialisées, l’alimentation hyperprotéinée s’est largement démocratisée. “Il y a une image très positive des protéines qui sont associées à la puissance, aux muscles, à la vitalité, et on se dit que c’est bon pour la santé”, explique à l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition à Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protéines vendue par ces produits n’a pas réellement d’intérêt, relativisent les professionnels de santé.”En France, il n’y a pas de carences en protéines. La quasi-totalité de la population est déjà très au-dessus des recommandations fixées entre 0,8 et 1 gramme de protéines par kilo de poids de corps”, détaille Violette Babocsay, diététicienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratégie marketing rodée autour du sport, de la nutrition et de la santé, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idée que les protéines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protéines contribuent à faire croître la masse musculaire, elles ne peuvent prétendre “favoriser la satiété” ou “aider à contrôler les sensations de faim”, a tranché l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).”Et même pour les sportifs, il y a un maximum au-delà duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, précise Mme Babocsay.La diététicienne critique également le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protéines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protéinés, les industriels peuvent soit ajouter une source de protéines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mécaniquement la proportion de protéines.”Pour la version protéinée du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protéines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intéresser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protéines entre les deux versions est finalement très limité”.”La composition de la version protéinée est d’ailleurs quasiment identique à la version allégée, avec un packaging noir d’un côté, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idées reçues, la mention “protéiné” ne signifie pas que le produit est forcément plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’édulcorants…Le Pr Mariotti déplore ainsi “le dévoiement des messages nutritionnels”, utilisés pour promouvoir des produits “mauvais pour la santé”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va être sur 1,85 euro et 4 grammes de protéines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protéines dans une version protéinée”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du côté des yaourts, où des produits déjà riches en protéines comme le petit-suisse coûtent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spécialisée.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protéiné peuvent l’être beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, même de simples pains de mie nature, peuvent se déclarer +source de protéines+ selon la réglementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en réalité”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriétés pour la santé sur la base des teneurs en protéines est donc “tout à fait inadapté”, déplore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence à devenir un vrai problème” pointe-t-il.

A l’assaut des rayons de supermarché, des produits hyperprotéinés à l’intérêt limité pour la santé

Yaourts, pâtes, mais aussi fromages, glaces ou saucissons : de plus en plus de versions hyperprotéinés de produits déjà commercialisés envahissent les rayons des grandes surfaces, bénéficiant d’un marketing très poussé malgré leur faible utilité pour la santé.”C’est vraiment une déferlante”, assure Matteo Neri, directeur d’études chez Xerfi. Entre 2020 et 2024, le chiffre d’affaires des produits hyperprotéinés – porté principalement par les yaourts et les skyrs – est passé d’environ 70 à plus de 380 millions d’euros.”C’est assez considérable et la gamme continue de se développer : saucisson Justin Bridou, fromage Babybel, pâtes Carrefour… Il y a un véritable engouement des industriels et des consommateurs”, souligne M. Neri.Auparavant réservée aux grands sportifs et aux enseignes spécialisées, l’alimentation hyperprotéinée s’est largement démocratisée. “Il y a une image très positive des protéines qui sont associées à la puissance, aux muscles, à la vitalité, et on se dit que c’est bon pour la santé”, explique à l’AFP François Mariotti, professeur de nutrition à Agro-Paris Tech.Pourtant, la promesse d’apport en protéines vendue par ces produits n’a pas réellement d’intérêt, relativisent les professionnels de santé.”En France, il n’y a pas de carences en protéines. La quasi-totalité de la population est déjà très au-dessus des recommandations fixées entre 0,8 et 1 gramme de protéines par kilo de poids de corps”, détaille Violette Babocsay, diététicienne.-Marketing “trompeur”-En misant sur une stratégie marketing rodée autour du sport, de la nutrition et de la santé, ces produits attirent, en plus des sportifs, des personnes soucieuses de leur alimentation, en jouant sur l’idée que les protéines permettent de perdre du poids. Mais attention aux fausses promesses. Si les protéines contribuent à faire croître la masse musculaire, elles ne peuvent prétendre “favoriser la satiété” ou “aider à contrôler les sensations de faim”, a tranché l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).”Et même pour les sportifs, il y a un maximum au-delà duquel il n’est pas utile d’aller, ce n’est pas +plus j’en mange, mieux c’est+”, précise Mme Babocsay.La diététicienne critique également le marketing “presque trompeur” de certaines versions enrichies en protéines – dont la composition est souvent proche de leur version classique.Pour rendre leurs produits plus protéinés, les industriels peuvent soit ajouter une source de protéines ou simplement diminuer le taux de matières grasses, ce qui augmente mécaniquement la proportion de protéines.”Pour la version protéinée du fromage Babybel, il n’y a pas d’ajout de protéines, mais moins de matières grasses”, illustre par exemple la professionnelle. “Il faut vraiment s’intéresser aux valeurs nutritionnelles pour se rendre compte que l’écart en protéines entre les deux versions est finalement très limité”.”La composition de la version protéinée est d’ailleurs quasiment identique à la version allégée, avec un packaging noir d’un côté, et bleu de l’autre”, ironise-t-elle.-Des produits plus chers-Aussi, contrairement aux idées reçues, la mention “protéiné” ne signifie pas que le produit est forcément plus sain. Au contraire, leur composition est parfois encore moins bonne et beaucoup contiennent davantage de sucre, d’additifs ou d’édulcorants…Le Pr Mariotti déplore ainsi “le dévoiement des messages nutritionnels”, utilisés pour promouvoir des produits “mauvais pour la santé”.D’autant que ces produits sont aussi plus chers : “Pour du lait de soja classique, on va être sur 1,85 euro et 4 grammes de protéines pour 100 ml, contre presque 3 euros et seulement 5 grammes de protéines dans une version protéinée”, avertit Violette Babocsay.Le constat est encore plus frappant du côté des yaourts, où des produits déjà riches en protéines comme le petit-suisse coûtent 3,5 euros le kilo, contre 8 euros pour une marque spécialisée.Ainsi, des aliments qui mettent en avant leur aspect protéiné peuvent l’être beaucoup moins que d’autres qui le sont naturellement -comme le filet de dinde-, sans que leur emballage en fasse mention.”Beaucoup de produits, même de simples pains de mie nature, peuvent se déclarer +source de protéines+ selon la réglementation. Ce n’est qu’un choix marketing qui a peu de valeur en réalité”, illustre Elsa Abdoun, journaliste au magazine Que Choisir.Revendiquer des propriétés pour la santé sur la base des teneurs en protéines est donc “tout à fait inadapté”, déplore le Pr Mariotti.”Cela met beaucoup de cacophonie, et ça commence à devenir un vrai problème” pointe-t-il.

Océan: le sommet de Nice s’achève, avec un cap clair sur la haute mer

Les cornes de brume ont résonné, vendredi à Nice, à la clôture du sommet de l’ONU sur l’océan, marqué par une avancée vers une meilleure protection de la haute mer et un ton plus ferme sur l’exploitation des abysses, menacés par les projets de Donald Trump. Avec la participation record de 64 chefs d’État, cette troisième conférence des Nations unies sur les océans (Unoc) a toutefois échoué à lever des fonds pour les pays pauvres et a fait l’impasse sur la question centrale des énergies fossiles. “L’Unoc nous a rappelé que la coopération est encore possible”, a souligné Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris sur le climat. Mais “aucun communiqué n’a jamais refroidi une canicule marine”, a-t-elle prévenu.- Un élan en haute mer -La ratification du traité sur la haute mer par 50 pays, actée dès lundi, a été unanimement saluée. Seuls dix pays manquent à l’appel pour une entrée en vigueur rapide de cet accord international destiné à mieux protéger les eaux internationales, soit la moitié de la planète. Ce “véritable élan mondial” en faveur du traité “est une étape décisive pour la protection des océans”, a vanté Johannes Müller, de l’ONG OceanCare.La première conférence des parties (COP) sur la haute mer pourrait avoir lieu dès l’automne 2026, selon l’ambassadeur français pour les océans Olivier Poivre d’Arvor.- Les abysses divisent -Dès l’ouverture du sommet, les dirigeants de la planète ont durci le ton face à la décision des États-Unis (absents à Nice) de se lancer unilatéralement dans l’exploitation des “nodules” polymétalliques dans les eaux internationales.Une décision qualifiée de “folie” et d’action “prédatrice” par le président français Emmanuel Macron, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, mettait en garde contre un nouveau “Far West”.Cette rhétorique inédite n’a pas débouché sur un élargissement sensible de la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins. Elle est passée de 32 à 37 pays seulement, sur les 169 États membres de l’AIFM, l’autorité onusienne chargée de fixer les règles d’exploitation.”Un code minier doit être approuvé à l’unanimité et, avec 37 pays, on va bloquer”, a affirmé vendredi M. Poivre d’Arvor, un mois avant la prochaine réunion de l’AIFM en Jamaïque.- Aires (mieux) protégées -De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal ou la Grèce, 14 pays ont annoncé la création d’aires marines protégées (AMP), les portant à plus de 10% de la surface des océans, contre 8,4% avant le sommet.D’autres ont renforcé la protection des aires existantes, notamment en y interdisant le chalutage de fond. La faiblesse des annonces de la France, avec une limitation du chalutage de fond sur 4% seulement des eaux de l’Hexagone, a déçu les ONG.Il va falloir “faire la course” pour atteindre l’objectif de 30% de protection en 2030 au niveau mondial, et créer 85 nouvelles zones protégées par jour, a prévenu Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society.- Silence fossile -Responsables du réchauffement et de l’acidification de l’océan, gaz, pétrole et charbon ont été les grands absents de cette conférence, pourtant dédiée à la protection de la vie marine.  “Ignorer l’impératif de sortir du pétrole et du gaz offshore n’est pas seulement une injustice: c’est inadmissible”, a critiqué Bruna Campos, de l’ONG Ciel.La déclaration finale de Nice, adoptée vendredi, ne fait pas mention de ces énergies carbonées, et encore moins d’une “transition” vers leur abandon, comme lors de la COP28 de Dubaï en 2023.”Il est impossible de protéger les océans sans s’attaquer à la principale cause de leur effondrement: la pollution due aux combustibles fossiles injectés sans relâche dans l’atmosphère”, a remarqué l’ancien émissaire américain pour le climat John Kerry, présent à Nice.- Fossé financier -Les pays pauvres n’ont pas vu la couleur des 100 milliards de dollars de financement, évoqués par le Costa Rica avant le sommet. Les seuls engagements pris, principalement par des philanthropes privés, ont porté sur 8,7 milliards d’euros sur cinq ans. “Le fossé est énorme. Nous avons besoin de 175 milliards de dollars (153 milliards d’euros) par an. Or, au cours des cinq dernières années, seuls 10 milliards ont été mobilisés”, a commenté Li Junhua, sous-secrétaire général de l’ONU vendredi.

Océan: le sommet de Nice s’achève, avec un cap clair sur la haute mer

Les cornes de brume ont résonné, vendredi à Nice, à la clôture du sommet de l’ONU sur l’océan, marqué par une avancée vers une meilleure protection de la haute mer et un ton plus ferme sur l’exploitation des abysses, menacés par les projets de Donald Trump. Avec la participation record de 64 chefs d’État, cette troisième conférence des Nations unies sur les océans (Unoc) a toutefois échoué à lever des fonds pour les pays pauvres et a fait l’impasse sur la question centrale des énergies fossiles. “L’Unoc nous a rappelé que la coopération est encore possible”, a souligné Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris sur le climat. Mais “aucun communiqué n’a jamais refroidi une canicule marine”, a-t-elle prévenu.- Un élan en haute mer -La ratification du traité sur la haute mer par 50 pays, actée dès lundi, a été unanimement saluée. Seuls dix pays manquent à l’appel pour une entrée en vigueur rapide de cet accord international destiné à mieux protéger les eaux internationales, soit la moitié de la planète. Ce “véritable élan mondial” en faveur du traité “est une étape décisive pour la protection des océans”, a vanté Johannes Müller, de l’ONG OceanCare.La première conférence des parties (COP) sur la haute mer pourrait avoir lieu dès l’automne 2026, selon l’ambassadeur français pour les océans Olivier Poivre d’Arvor.- Les abysses divisent -Dès l’ouverture du sommet, les dirigeants de la planète ont durci le ton face à la décision des États-Unis (absents à Nice) de se lancer unilatéralement dans l’exploitation des “nodules” polymétalliques dans les eaux internationales.Une décision qualifiée de “folie” et d’action “prédatrice” par le président français Emmanuel Macron, tandis que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, mettait en garde contre un nouveau “Far West”.Cette rhétorique inédite n’a pas débouché sur un élargissement sensible de la coalition pour un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins. Elle est passée de 32 à 37 pays seulement, sur les 169 États membres de l’AIFM, l’autorité onusienne chargée de fixer les règles d’exploitation.”Un code minier doit être approuvé à l’unanimité et, avec 37 pays, on va bloquer”, a affirmé vendredi M. Poivre d’Arvor, un mois avant la prochaine réunion de l’AIFM en Jamaïque.- Aires (mieux) protégées -De la Colombie aux Samoa, en passant par le Portugal ou la Grèce, 14 pays ont annoncé la création d’aires marines protégées (AMP), les portant à plus de 10% de la surface des océans, contre 8,4% avant le sommet.D’autres ont renforcé la protection des aires existantes, notamment en y interdisant le chalutage de fond. La faiblesse des annonces de la France, avec une limitation du chalutage de fond sur 4% seulement des eaux de l’Hexagone, a déçu les ONG.Il va falloir “faire la course” pour atteindre l’objectif de 30% de protection en 2030 au niveau mondial, et créer 85 nouvelles zones protégées par jour, a prévenu Enric Sala, explorateur de la National Geographic Society.- Silence fossile -Responsables du réchauffement et de l’acidification de l’océan, gaz, pétrole et charbon ont été les grands absents de cette conférence, pourtant dédiée à la protection de la vie marine.  “Ignorer l’impératif de sortir du pétrole et du gaz offshore n’est pas seulement une injustice: c’est inadmissible”, a critiqué Bruna Campos, de l’ONG Ciel.La déclaration finale de Nice, adoptée vendredi, ne fait pas mention de ces énergies carbonées, et encore moins d’une “transition” vers leur abandon, comme lors de la COP28 de Dubaï en 2023.”Il est impossible de protéger les océans sans s’attaquer à la principale cause de leur effondrement: la pollution due aux combustibles fossiles injectés sans relâche dans l’atmosphère”, a remarqué l’ancien émissaire américain pour le climat John Kerry, présent à Nice.- Fossé financier -Les pays pauvres n’ont pas vu la couleur des 100 milliards de dollars de financement, évoqués par le Costa Rica avant le sommet. Les seuls engagements pris, principalement par des philanthropes privés, ont porté sur 8,7 milliards d’euros sur cinq ans. “Le fossé est énorme. Nous avons besoin de 175 milliards de dollars (153 milliards d’euros) par an. Or, au cours des cinq dernières années, seuls 10 milliards ont été mobilisés”, a commenté Li Junhua, sous-secrétaire général de l’ONU vendredi.