Shanto clinches second ton as Bangladesh set Sri Lanka 296-run target
Najmul Hossain Shanto scored his second century of the match as Bangladesh declared on 285 for six on Saturday to set Sri Lanka a challenging target of 296 in 37 overs on the final day of the first Test in Galle. The Bangladesh captain brought up the milestone in unorthodox fashion with a reverse sweep for a single off debutant Tharindu Rathnayake to join an exclusive club of players to score centuries in both innings of a Test.Shanto’s undefeated 125 came after a commanding 148 in the first innings.It was the second time he had achieved the feat, his first coming against Afghanistan in 2023. Mominul Haque is the only other Bangladesh player to have scored centuries in both innings of a Test.However, questions could be asked about the timing of Bangladesh’s declaration. With the clock ticking and only 37 overs left in the day, the tourists may rue not ending their innings sooner to give themselves more time to attack Sri Lanka’s top order. Rain spoiled the morning session, with Bangladesh resuming at 177-3. They had slowly reached 237-4 when it began raining, with Mushfiqur Rahim the only casualty of a truncated first session.Mushfiqur fell one short of a half-century, seeking a quick single with a nudge to mid-on only to see Rathnayake swoop in and throw down the stumps with a direct hit.An early lunch was taken and further showers delayed the restart. It didn’t take long for Rathnayake — this time bowling left-arm orthodox — to make his mark when play resumed. In the first over after the restart, the ambidextrous spinner found sharp turn to hit Litton Das’s off stump with a delivery that had the right-hander groping. He struck again soon after when Jaker Ali danced down the pitch only to be beaten in flight and stumped.
Avec sa “grotte mobile”, Adama Camara veut “sensibiliser” les jeunes à la réalité de la vie carcérale
“Il y en a qui sont superstitieux, ils n’entrent pas”, s’amuse Adama Camara en ouvrant la porte de sa “grotte mobile” sur laquelle est inscrit “55.852”, numéro d’écrou de cet ex-détenu qui a reconstitué, dans un camion, son ancienne cellule pour “sensibiliser” les jeunes à la vie en prison.”Qui a déjà vu une vidéo d’une personne en détention ?”, s’enquiert l’ancien chauffeur livreur originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) auprès d’une trentaine de jeunes réunis dans la salle du club ados de Drancy (Seine-Saint-Denis). Dans le brouhaha persistant, les réactions fusent: les détenus “cuisinent”, “jouent à la Play (PlayStation, NDLR)”, “fument”, “font des bagarres”, “ont des piscines gonflables”. “La prison c’est facile”, soutient Momar, 16 ans. Naël, 15 ans, acquiesce. Les “influenceurs”, surnom qu’il donne aux détenus qui filment leur quotidien en détention, “ont le frigo plein et plein d’habits”, assure-t-il, presque envieux. C’est pour lutter contre cette vision fantasmée du milieu carcéral qu’Adama Camara, 36 ans, a lancé le 13 avril sa “grotte mobile”, reconstitution de la cellule dans laquelle il a vécu cinq ans et demi. Avec elle, il va à la rencontre des jeunes.”L’image de la prison a beaucoup changé à cause des réseaux sociaux” qui donnent “l’impression que la prison c’est facile”. “Mais lorsque les jeunes visitent la grotte mobile, ils se rendent compte que la prison, c’est dur”, assure-t-il. En 2011, lors d’une rixe, le frère cadet d’Adama est tué de plusieurs coups de couteau. En août 2014, par vengeance, ce dernier blesse par balles le grand frère du meurtrier et deux autres personnes. Il est condamné à huit ans de prison. Depuis sa sortie, il a fait de la lutte contre les rivalités meurtrières entre quartiers des cités populaires et la “prévention” auprès des jeunes son cheval de bataille.Le phénomène des rixes est particulièrement présent en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, un garçon de 16 ans a été tué d’un coup de couteau dans la jambe, en octobre devant un fast-food d’Aulnay-sous-Bois, par un autre adolescent de 17 ans. Dans le même département, au printemps, plusieurs rixes armées ont opposé des bandes de La Courneuve et de Saint-Denis, faisant des blessés graves.- “Pas le Club Med”-Après un temps d’échange, les adolescents patientent en petits groupes dans la cour. Le mercure avoisine les 30°C. Puis, cinq par cinq, ils pénètrent dans l’exigu abri de tôle. Toilettes dissimulées derrière un rideau de fortune, lits superposés bringuebalants, fenêtre factice occultée par une taie d’oreiller… Et la chaleur, presque insoutenable. Là, Adama explique avoir passé “22H/24”, des années durant. “On est combien à vivre ici ?” s’interroge un des jeunes, saisi par la touffeur du lieu. “Jusqu’à trois, avec un matelas au sol. 9 m², c’est pas le Club Med”, insiste Adama. “On est dans un four quand on est en cellule”, abonde-t-il. Avec 83.681 personnes incarcérées au 1er mai, jamais les prisons françaises n’ont compté autant de détenus. Parmi eux, 5.234 détenus sont contraints de dormir sur des matelas posés à même le sol.”Dans les vidéos TikTok, les détenus montrent qu’ils sont bien en prison, bien logés, bien nourris… Mais en vrai ils ne sont pas bien”, concède Ousmane, 15 ans. “Avant cette cellule, je pensais que la prison, c’était un bon truc à vivre”, reconnaît-il. Accoudé au lit, Bassin, qui dit avoir “des amis à Villepinte”, à la maison d’arrêt, n’est pas “choqué” par la grotte mobile, mais assure ne jamais vouloir vivre cette “épreuve”. “J’ai connu la garde à vue. Ça m’a remis les idées en place. Je ne pourrai pas vivre comme ça des mois, des années. Plutôt mourir”, insiste l’adolescent de 15 ans. Louis, même âge, reste silencieux le temps de la visite. De retour dehors, il souhaite “grosse force à tous les détenus”, marqué par “la chaleur et les toilettes”. “Quand un détenu va faire ses besoins, l’autre va sentir les odeurs…” Une fois ressorti à l’air libre, même constat pour Naël. “Vivre à deux ou trois à l’intérieur, c’est horrible, on ne peut même pas faire ça”, dit-il en écartant les bras.Des réactions qui satisfont Farid Kebli, directeur adjoint du service jeunesse de la ville de Drancy.”On a trouvé ça très important de faire découvrir ça aux jeunes, de leur ouvrir les yeux”, estime-t-il, espérant que ce type d’initiative permettra “d’en sauver quelques-uns”.
Aux Etats-Unis, la police de l’immigration cristallise peurs et colères
Dans le crépuscule de Los Angeles, une cinquantaine de personnes génèrent un vacarme inhabituel à l’aide de casseroles métalliques et de cornes de brume, devant un hôtel censé abriter des agents de la police de l’immigration américaine.Pendant des années, cette force nommée “ICE” est restée largement inconnue du grand public. Mais depuis que Donald Trump a transformé lors de son premier mandat cette agence fédérale en bras armé de sa politique anti-immigration, l’acronyme est rentré dans le langage courant aux Etats-Unis.La manifestation arbore ainsi un slogan provocateur : “Pas de sommeil pour ICE”.”Ils terrorisent notre communauté toute la journée. Pourquoi peuvent-ils dormir tranquillement la nuit ?”, confie à l’AFP Nathanael Landaverde, en frappant sur une poêle à frire.Comme de nombreux Californiens, ce diplômé en psychologie est indigné par la vague d’interpellations musclées d’immigrés en situation irrégulière ordonnée à Los Angeles par l’administration Trump depuis début juin.Les images des agents d’ICE, souvent masqués et parfois munis de fusils d’assaut, coursant des migrants et les menottant dans des tribunaux, des exploitations agricoles ou des lavages auto, sèment la peur et provoquent la colère.La polémique enfle d’autant plus que la police de l’immigration interpelle parfois ces derniers jours des citoyens américains, en les accusant d’avoir fait obstruction à leur action. Cela est arrivé à Los Angeles, mais aussi à un candidat à la mairie de New York cette semaine.”S’ils ne dorment pas, ils ne pourront pas faire leur travail efficacement. Ils attraperont moins de gens”, espère M. Landaverde.Autour de lui, des dizaines de personnes dansent dans une cacophonie assourdissante devant l’hôtel. Une femme hurle dans un mégaphone, pendant qu’un homme doté d’un casque anti-bruit diffuse des grésillements à fond sur une enceinte.Sur le carrefour, les manifestants agitent des pancartes “Pas de repos pour ICE” et “ICE hors de Los Angeles”. De nombreuses voitures klaxonnent en signe de soutien.”Ils déchirent des familles, et c’est horrible à voir dans ma communauté. Ils ne peuvent pas dormir s’ils font ça ici”, peste Juliet Austin, une professeure de 22 ans qui se déchaîne sur un petit accordéon bleu.- “Police secrète” -Donald Trump a été réélu en martelant sa promesse d’expulser des millions d’immigrés en situation irrégulière aux Etats-Unis.Mais son offensive anti-migrants est loin de faire l’unanimité, dans un pays où des pans entiers de l’économie reposent sur la main d’oeuvre bon marché offerte par les sans-papiers.Le style musclé promu par son administration fait également débat. Les agents d’ICE ont ainsi fait du port du masque une habitude, pour dissimuler leur identité. Légale, la pratique n’en est pas moins inhabituelle.”À quel moment notre nation se retrouvera-t-elle avec une police secrète ?”, s’interrogeait le mois dernier Walter Olson, chercheur au Cato Institute, un groupe de réflexion libertarien habituellement marqué à droite.”Pour l’administration Trump, faire des descentes en masques une pratique courante s’inscrit dans un effort plus large visant à échapper à toute responsabilité pour des actions potentiellement illégales et inconstitutionnelles”, dénonçait-il.En Californie, une proposition de loi sous le mot d’ordre “pas de police secrète” vient d’être introduite au Parlement et propose d’interdire le port du masque par les forces de l’ordre, y compris les agents fédéraux.Un projet dénoncé par l’administration Trump, qui assure que les masques sont nécessaires pour protéger les agents d’ICE d’éventuelles représailles.L’agence bénéficie d’un soutien indéfectible du milliardaire républicain, qui a salué il y a quelques jours “l’incroyable force, la détermination et le courage” de ses agents.Mais à Los Angeles, certains habitants promettent de ne rien céder face à ICE.”Je pense que c’est une Gestapo moderne ici en Amérique”, insiste Mme Austin, la professeure de danse.”Cette ville n’est pas celle avec laquelle on peut jouer”, estime-t-elle. “Nous ne laisserons pas cela se produire. Nous ne sommes pas fatigués.”
Face à la crise, la brasserie artisanale s’accroche
A côté des grandes cuves de brassage et de fermentation de la bière, une salle de restauration a été aménagée, et même un coin concert: “Le nouvel eldorado ce sont les brewpubs!”, assure le patron de la Brasserie Croix de Chavaux, qui voit là un modèle pour un secteur de la bière à la peine.Dans cette ancienne menuiserie de Montreuil, Frédéric Poulain, ex-graphiste et réalisateur, s’applique depuis sept ans à faire une bière locale, qu’il vend aux clients de son pub, et dans des bars, épiceries et festivals du Grand Est parisien.”La vente directe nous a sauvés. Si tu n’as pas ça, tu fermes”, dit-il, tandis que son brassage hebdomadaire diffuse dans le bâtiment un arôme de pâtisserie.Brassant jusqu’ici la bière à flux tendus, il vient de doubler sa capacité de production de quelque 500 hectolitres.Pour faire son “métier passion”, garder des prix modérés et ses trois salariés, dont son expert brasseur américain, il est sur tous les fronts: banques, approvisionnements, ventes sur les marchés… Il partage l’espace avec un restaurateur, envisage de s’associer avec une autre brasserie, le financement participatif récemment lui a permis d’acheter des fûts…”En fait, on survit, mais on continue”, dit-il, après deux années de déficit.Globalement, le secteur de la bière est à la peine depuis le Covid-19, surtout pour cause d’explosion des coûts dès 2021.Alors qu’en 2015, au pic du boom de la filière, une brasserie ouvrait chaque jour en France, quelque 250 ont fermé depuis janvier 2024, selon le syndicat Brasseurs de France.Elles sont aujourd’hui environ 2.400, à 95% des TPE-PME, à côté des géants Kronenbourg ou Heineken.Déjà fragilisées par la pandémie, nombre d’entre elles ont “pris de plein fouet la hausse des prix des matières premières”, survenue avant même la guerre en Ukraine, explique Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France.”Aujourd’hui, les brasseries qui ouvrent le font plutôt sous forme de gros pubs, se diversifiant autour de l’accueil, la restauration, les séminaires…”, dit-elle.A Montreuil, Frédéric Poulain ne décolère pas contre ces géants français du verre et du gaz (la bière a besoin de CO2), qui ont fait exploser leurs tarifs avant de se réjouir publiquement de faramineux “dividendes versés à leurs actionnaires”.”Je fais une bière locale, avec de l’orge bio de la plaine de Versailles, du miel de mon associé apiculteur… mais pour le verre, je dois me fournir en Suède!”, soupire-t-il.- Consommation atone -A une soixantaine de kilomètres de là, à Courpalay, la Brasserie Rabourdin est plus grande. Elle a 25 ans d’activité et vend sa Briarde sur place, dans l’ancien silo à grains du village, mais aussi à de grandes enseignes.Pourtant, en 2024, elle a produit “un peu moins que d’habitude”, 8.000 hectolitres au lieu de 10.000, “car la conjoncture de la bière n’est plus ce qu’elle était”, souligne Hubert Rabourdin, également agriculteur céréalier.”On est passé de la croissance à une prise en étau entre plus de charges et moins de ventes”, résume-t-il. “Des brasseries n’arrivent pas à se relever, elles ont des problèmes de trésorerie, et si vous ajoutez à cela la mauvaise météo de 2024…”En France, la consommation de bière a reculé de 3,5% en 2024, et de 7% sur deux ans, entre météo, crise du pouvoir d’achat et comportements nouveaux à l’égard de l’alcool. A 33 litres par tête, les Français restent les derniers consommateurs européens.Ce contexte ne décourage pas Kyle Nesbitt, Américain installé à Paris, passionné de bière en quête d’un local pour son futur brewpub, où il proposera des dizaines de bières de sa création et de la restauration mexicaine, la touche de son épouse franco-mexicaine.”Je viens du Milwaukee où la bière est très connue. En France, il me manquait quelque chose, alors j’ai appris à brasser”, dit ce graphiste, venu parfaire son savoir à la brasserie de Montreuil.Pour lui, le repli de la consommation “vient notamment de la Génération Z, en réaction à l’abus d’alcool. Mais pour moi, la bière, c’est d’abord une expérience et un goût que je veux partager”.Selon Brasseurs de France, la demande résiste en particulier pour les bières sans alcool, et les très houblonnées IPA (India Pale Ale).
Face à la crise, la brasserie artisanale s’accroche
A côté des grandes cuves de brassage et de fermentation de la bière, une salle de restauration a été aménagée, et même un coin concert: “Le nouvel eldorado ce sont les brewpubs!”, assure le patron de la Brasserie Croix de Chavaux, qui voit là un modèle pour un secteur de la bière à la peine.Dans cette ancienne menuiserie de Montreuil, Frédéric Poulain, ex-graphiste et réalisateur, s’applique depuis sept ans à faire une bière locale, qu’il vend aux clients de son pub, et dans des bars, épiceries et festivals du Grand Est parisien.”La vente directe nous a sauvés. Si tu n’as pas ça, tu fermes”, dit-il, tandis que son brassage hebdomadaire diffuse dans le bâtiment un arôme de pâtisserie.Brassant jusqu’ici la bière à flux tendus, il vient de doubler sa capacité de production de quelque 500 hectolitres.Pour faire son “métier passion”, garder des prix modérés et ses trois salariés, dont son expert brasseur américain, il est sur tous les fronts: banques, approvisionnements, ventes sur les marchés… Il partage l’espace avec un restaurateur, envisage de s’associer avec une autre brasserie, le financement participatif récemment lui a permis d’acheter des fûts…”En fait, on survit, mais on continue”, dit-il, après deux années de déficit.Globalement, le secteur de la bière est à la peine depuis le Covid-19, surtout pour cause d’explosion des coûts dès 2021.Alors qu’en 2015, au pic du boom de la filière, une brasserie ouvrait chaque jour en France, quelque 250 ont fermé depuis janvier 2024, selon le syndicat Brasseurs de France.Elles sont aujourd’hui environ 2.400, à 95% des TPE-PME, à côté des géants Kronenbourg ou Heineken.Déjà fragilisées par la pandémie, nombre d’entre elles ont “pris de plein fouet la hausse des prix des matières premières”, survenue avant même la guerre en Ukraine, explique Magali Filhue, déléguée générale de Brasseurs de France.”Aujourd’hui, les brasseries qui ouvrent le font plutôt sous forme de gros pubs, se diversifiant autour de l’accueil, la restauration, les séminaires…”, dit-elle.A Montreuil, Frédéric Poulain ne décolère pas contre ces géants français du verre et du gaz (la bière a besoin de CO2), qui ont fait exploser leurs tarifs avant de se réjouir publiquement de faramineux “dividendes versés à leurs actionnaires”.”Je fais une bière locale, avec de l’orge bio de la plaine de Versailles, du miel de mon associé apiculteur… mais pour le verre, je dois me fournir en Suède!”, soupire-t-il.- Consommation atone -A une soixantaine de kilomètres de là, à Courpalay, la Brasserie Rabourdin est plus grande. Elle a 25 ans d’activité et vend sa Briarde sur place, dans l’ancien silo à grains du village, mais aussi à de grandes enseignes.Pourtant, en 2024, elle a produit “un peu moins que d’habitude”, 8.000 hectolitres au lieu de 10.000, “car la conjoncture de la bière n’est plus ce qu’elle était”, souligne Hubert Rabourdin, également agriculteur céréalier.”On est passé de la croissance à une prise en étau entre plus de charges et moins de ventes”, résume-t-il. “Des brasseries n’arrivent pas à se relever, elles ont des problèmes de trésorerie, et si vous ajoutez à cela la mauvaise météo de 2024…”En France, la consommation de bière a reculé de 3,5% en 2024, et de 7% sur deux ans, entre météo, crise du pouvoir d’achat et comportements nouveaux à l’égard de l’alcool. A 33 litres par tête, les Français restent les derniers consommateurs européens.Ce contexte ne décourage pas Kyle Nesbitt, Américain installé à Paris, passionné de bière en quête d’un local pour son futur brewpub, où il proposera des dizaines de bières de sa création et de la restauration mexicaine, la touche de son épouse franco-mexicaine.”Je viens du Milwaukee où la bière est très connue. En France, il me manquait quelque chose, alors j’ai appris à brasser”, dit ce graphiste, venu parfaire son savoir à la brasserie de Montreuil.Pour lui, le repli de la consommation “vient notamment de la Génération Z, en réaction à l’abus d’alcool. Mais pour moi, la bière, c’est d’abord une expérience et un goût que je veux partager”.Selon Brasseurs de France, la demande résiste en particulier pour les bières sans alcool, et les très houblonnées IPA (India Pale Ale).
Au cœur du désert urbain de Lima, l’oasis verte d’une femme des Andes péruviennes
A flanc de colline, dans l’un des quartiers les plus arides et défavorisés de Lima, une oasis de verdure s’étire entre les maisons de brique et les ruelles poussiéreuses. Là où domine la rocaille, une femme originaire des Andes péruviennes a fait naître une forêt.L’insolite îlot abrite plus de cent espèces, entre arbres fruitiers et plantes médicinales, au sein du district de San Juan de Lurigancho, le plus pollué de Lima et le plus peuplé avec 1,2 million d’habitants.”J’aime vivre au milieu de mes plantes”, assure simplement Esther Rodriguez, 85 ans, racontant avoir dû quitter dans les années 80 sa région natale d’Ayacucho, à environ 500 km de la capitale, à cause du conflit armé entre l’État et la guérilla maoïste du Sentier lumineux.Arrivée avec son mari et leurs sept enfants à Lima, considérée comme la deuxième capitale au monde bâtie dans un désert – après Le Caire – et l’une des plus polluées d’Amérique latine, elle ressent rapidement la nostalgie de sa région natale. Seule, pendant que ses enfants sont à l’école, elle commence petit à petit à cultiver des plants sur son terrain rocailleux. Aujourd’hui, derrière sa modeste maison s’étend une véritable petite jungle, baptisée “La Selva Escondida” (La Jungle Cachée), où le chant des oiseaux a remplacé le vacarme de la ville. – “Seaux d’eau” -Bananes, mandarines, avocats ou fruits de la passion y murissent, tandis que des abeilles et des papillons butinent les fleurs. Dans un bassin abritant des poissons, un colibri se toilette. Pareille à une oasis, la forêt a développé son propre écosystème. “Il n’y avait rien, personne dans les collines, alors petit à petit j’ai commencé en transportant des seaux d’eau”, explique l’octogénaire. A Lima, 6% des 10 millions d’habitants n’avaient pas accès à l’eau courante en 2024, selon une enquête de l’Institut national de statistique et d’informatique.Au fil de ses voyages, elle rassemble des espèces venues de tout le pays et aménage son terrain escarpé en terrasses, s’inspirant des savoirs ancestraux andins pour cultiver les pentes abruptes et optimiser la gestion de l’eau.Des sentiers, escaliers et passerelles suspendues parcourent le site, désormais équipé de trois puits connectés au réseau d’approvisionnement en eau de la ville.Quatre de ses enfants gèrent désormais le lieu, qui depuis 2020 accueille des visiteurs, dont de nombreux scolaires. “Nous voulons que ce lieu soit une source d’inspiration”, confie Esther, l’une des filles de l’octogénaire, disant recevoir une centaine de curieux chaque semaine.Au-delà de l’aspect touristique, l’initiative offre aussi des bénéfices écologiques au quartier, avec une modification du microclimat local, selon les experts.”Ce demi-hectare boisé régule la température, l’humidité et améliore la santé, notamment dans une zone où les maladies respiratoires sont fréquentes”, note Fernando Regalo, ingénieur forestier pour l’ONG Fundacion para la conservacion y el desarrollo sostenible (FCDS). Le projet n’a reçu aucune subvention jusqu’à présent mais Jesus Maldonado, le maire depuis 2023 du district, assure vouloir le soutenir. “Cela montre qu’on peut faire autrement”, affirme-t-il.En attendant, la famille a entamé de nouvelles plantations tout en continuant d’accueillir le public. “On a l’impression d’être dans la jungle, avec les bruits, les petits animaux, les oiseaux et les arbres”, s’enthousiasme Constantina Zevallos Mora, une habitante de la capitale venue en famille.
Au cœur du désert urbain de Lima, l’oasis verte d’une femme des Andes péruviennes
A flanc de colline, dans l’un des quartiers les plus arides et défavorisés de Lima, une oasis de verdure s’étire entre les maisons de brique et les ruelles poussiéreuses. Là où domine la rocaille, une femme originaire des Andes péruviennes a fait naître une forêt.L’insolite îlot abrite plus de cent espèces, entre arbres fruitiers et plantes médicinales, au sein du district de San Juan de Lurigancho, le plus pollué de Lima et le plus peuplé avec 1,2 million d’habitants.”J’aime vivre au milieu de mes plantes”, assure simplement Esther Rodriguez, 85 ans, racontant avoir dû quitter dans les années 80 sa région natale d’Ayacucho, à environ 500 km de la capitale, à cause du conflit armé entre l’État et la guérilla maoïste du Sentier lumineux.Arrivée avec son mari et leurs sept enfants à Lima, considérée comme la deuxième capitale au monde bâtie dans un désert – après Le Caire – et l’une des plus polluées d’Amérique latine, elle ressent rapidement la nostalgie de sa région natale. Seule, pendant que ses enfants sont à l’école, elle commence petit à petit à cultiver des plants sur son terrain rocailleux. Aujourd’hui, derrière sa modeste maison s’étend une véritable petite jungle, baptisée “La Selva Escondida” (La Jungle Cachée), où le chant des oiseaux a remplacé le vacarme de la ville. – “Seaux d’eau” -Bananes, mandarines, avocats ou fruits de la passion y murissent, tandis que des abeilles et des papillons butinent les fleurs. Dans un bassin abritant des poissons, un colibri se toilette. Pareille à une oasis, la forêt a développé son propre écosystème. “Il n’y avait rien, personne dans les collines, alors petit à petit j’ai commencé en transportant des seaux d’eau”, explique l’octogénaire. A Lima, 6% des 10 millions d’habitants n’avaient pas accès à l’eau courante en 2024, selon une enquête de l’Institut national de statistique et d’informatique.Au fil de ses voyages, elle rassemble des espèces venues de tout le pays et aménage son terrain escarpé en terrasses, s’inspirant des savoirs ancestraux andins pour cultiver les pentes abruptes et optimiser la gestion de l’eau.Des sentiers, escaliers et passerelles suspendues parcourent le site, désormais équipé de trois puits connectés au réseau d’approvisionnement en eau de la ville.Quatre de ses enfants gèrent désormais le lieu, qui depuis 2020 accueille des visiteurs, dont de nombreux scolaires. “Nous voulons que ce lieu soit une source d’inspiration”, confie Esther, l’une des filles de l’octogénaire, disant recevoir une centaine de curieux chaque semaine.Au-delà de l’aspect touristique, l’initiative offre aussi des bénéfices écologiques au quartier, avec une modification du microclimat local, selon les experts.”Ce demi-hectare boisé régule la température, l’humidité et améliore la santé, notamment dans une zone où les maladies respiratoires sont fréquentes”, note Fernando Regalo, ingénieur forestier pour l’ONG Fundacion para la conservacion y el desarrollo sostenible (FCDS). Le projet n’a reçu aucune subvention jusqu’à présent mais Jesus Maldonado, le maire depuis 2023 du district, assure vouloir le soutenir. “Cela montre qu’on peut faire autrement”, affirme-t-il.En attendant, la famille a entamé de nouvelles plantations tout en continuant d’accueillir le public. “On a l’impression d’être dans la jungle, avec les bruits, les petits animaux, les oiseaux et les arbres”, s’enthousiasme Constantina Zevallos Mora, une habitante de la capitale venue en famille.
Vieillir à Cuba, un combat quotidien pour subsister
Au crépuscule de leur vie, avec des pensions qui ne permettent d’acheter que 15 œufs, les personnes âgées tentent de surmonter la grave crise économique à Cuba, l’un des pays les plus vieillissants d’Amérique latine. Sous une galerie de la rue Galiano, dans le cœur vibrant de La Havane, Isidro Manuet, 73 ans, installe chaque matin son petit stand de vente informelle pour gagner le strict minimum. “Je parviens à vivre, à survivre, cela sert à manger, pas à autre chose”, confie à l’AFP l’homme à la peau marquée par le soleil et les ans.Comme lui, de nombreux seniors se tournent vers la vente ambulante de café, cigarettes ou objets de seconde main pour affronter la pire crise économique que l’île ait connu depuis l’implosion du bloc soviétique en 1991. Fin 2024, plus de 25% des 9,7 millions d’habitants de Cuba avaient plus de 60 ans, selon les statistiques officielles, dépassant ainsi le Chili et l’Uruguay. Et plus de 39% des retraités cubains perçoivent une pension minimale de 1.528 pesos. L’équivalent de 13 dollars au taux officiel, mais de 4 dollars seulement sur le marché informel, qui dicte les prix dans la rue.”Lutte pour la vie car la mort est certaine”, lâche le vieil homme.Des Cubains passent devant lui avec des sacs remplis de nourriture. Ils viennent de Casalinda, l’un des magasins en dollars ouverts par le gouvernement en janvier, accentuant ainsi la fracture sociale sur l’île. – Absence de soutien familial -Antonia Diez, 70 ans, vend vêtements et maquillage. “On se débrouille avec ça”, “la situation est difficile” et la pension “ne suffit pas”, explique cette dame qui touche une retraite de 1.540 pesos, à peine assez pour acheter 15 œufs ou un peu plus de deux kilos de riz. A Cuba, l’âge de la retraite est de 60 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes, mais nombreux sont ceux qui continuent à travailler au-delà.Beaucoup de personnes âgées se sont retrouvées privées de soutien familial depuis 2022, après le plus grand exode migratoire de l’histoire de Cuba, sur fond de crise marquée par la pénurie d’aliments et de médicaments, des coupures d’électricité récurrentes et une inflation galopante. Dans les rues apparaissent de plus en plus de mendiants. Parfois, un vieillard fouillant dans des poubelles à la recherche de quelque chose à vendre ou à manger.La crise frappe également les aides que le gouvernement destine aux plus démunis. Mme Diez recevait auparavant un colis d’aliments fourni par l’aide sociale, “mais ça fait longtemps qu’ils n’envoient plus rien”, regrette-t-elle.Le gouvernement ne garantit plus non plus l’approvisionnement régulier du panier de base qui, pendant des décennies, a été distribué à la population via la “libreta”, le livret de rationnement. – “Sans avenir” -Pour compléter ce panier, déjà réduit au strict minimum, les Cubains — dont les salaires et pensions sont versés en pesos — doivent se rendre dans les magasins en dollars ou les commerces privés, aux prix exorbitants pour la majorité de la population.Selon le Centre d’études de l’économie cubaine de l’Université de La Havane, en 2023, une famille cubaine de trois personnes avait besoin de 12 à 14 salaires minimums (2.100 pesos) pour couvrir son panier de base.D’après les chiffres officiels, 68.000 Cubains de plus de 60 ans bénéficient du réseau de près de 1.600 cantines du Système d’assistance familiale (SAF), créé en 1998 pour les personnes vulnérables. Eva Suarez, 78 ans, a pris sa retraite en 2008 avec la pension minimale et fréquente, depuis un an et demi, une cantine SAF dans le centre historique de La Havane. Là, un repas coûte au maximum 13 pesos (environ 11 centimes de dollar). Sa “seule alternative” dans un pays où “tout est très cher” et alors qu’elle ne peut pas compter sur une aide régulière de ses deux enfants, explique-t-elle.À la précarité économique, s’ajoute chez certains seniors une profonde déception. Après avoir travaillé 36 ans comme économiste et être partie à la retraite avec 1.600 pesos par mois, Lucy Pérez, 72 ans, dresse un constat amer: “Je n’ai rien, ma maison tombe en ruine (…) la situation est précaire et sans avenir”.






