“Douleur dans l’âme” : la Bosnie commémore le génocide de Srebrenica, 30 ans après

Des milliers de personnes endeuillées ont commémoré vendredi à Srebrenica le génocide commis il y a trente ans par les forces serbes de Bosnie, l’un des pires massacres perpétrés sur le sol européen depuis la Deuxième Guerre mondiale.Les restes de sept victimes ont été inhumées pendant les commémorations de cet épisode le plus sanglant du conflit intercommunautaire bosnien des années 1990.Ils comprenaient ceux de Sejdalija Alic, qui faisait partie des plus de 8.000 musulmans tués par les combattants serbes de Bosnie qui venaient de s’emparer de cette ville de l’est du pays, le 11 juillet 1995. – “Pas de mots pour le décrire” -Sa petite-fille, Anela Anic, dont le père a aussi péri dans ce massacre et a été enterré plus tôt, assiste aux funérailles : “Je n’ai jamais vu mon père (…) et, aujourd’hui, mon grand-père est enterré, juste quelques ossements, à côté de son fils”, dit-elle.  “C’est une profonde tristesse (…). Je n’ai pas de mots pour le décrire”, ajoute cette femme de 32 ans en pleurs. Elle est née au début de l’année 1994 après l’évacuation de sa mère enceinte hors de Srebrenica par un convoi de la Croix-Rouge. Les corps des personnes tuées dans cette ville, à l’époque une enclave protégée par les Nations unies, avaient été jetés dans des fosses communes. A ce jour, 7.000 d’entre elles ont été identifiées et enterrées tandis que quelque 1.000 autres sont toujours recherchées. Essayant de dissimuler la gravité des crimes, les forces serbes bosniennes avaient organisé des opérations de déplacements de cadavres, souvent déchiquetés par les machines lourdes et transportés vers plusieurs fosses communes dites “secondaires”, selon les experts.- “Une pierre tombale à caresser” -“Depuis trente ans, nous portons la douleur dans nos âmes. Nos enfants ont été tués innocents dans la zone protégée de l’ONU. L’Europe et le monde ont observé, muets, la tuerie de nos enfants”, explique Munira Subasic, la présidente de l’association des mères de Srebrenica, dont le mari Hilmo et le fils Nermin, 17 ans, ont alors péri.Un homme et une femme respectivement âgés de 19 ans et de 67 ans au moment du massacre font aussi partie des sept victimes enterrées sous des pierres tombales blanches après une prière commune au cours des commémorations au Centre mémorial Srebrenica-Potocari.  Leurs familles ont patienté pendant plusieurs années avant de les inhumer, espérant que d’autres restes seraient retrouvés.Mais Mevlida Omerovic a décidé de ne plus attendre et a donné son accord pour l’enterrement des restes de son mari, Hasib, tué à 33 ans sur l’un des cinq lieux d’exécutions de masse au moment de ce massacre, le seul épisode du conflit bosnien (1992-1995) qualifié de génocide par la justice internationale. “Trente années sont passées et je n’ai plus rien à attendre”, raconte Mme Omerovic, 55 ans, qui souhaite pouvoir se recueillir sur la tombe de son mari, même si, dans le cercueil, il n’y aura que sa mâchoire.En se rendant sur leurs sépultures, les proches des victimes essaient de trouver du réconfort. “Je n’ai que cette pierre tombale à caresser, pour prier”, déplore Sefika Mustafic, debout à côté des tombes de ses fils Enis et Salim, tous les deux adolescents quand ils ont perdu la vie. “J’aimerais rêver d’eux mais je n’y arrive pas,” ajoute-t-elle.- Le déni serbe -L’ancien combattant canadien Daniel Chénard, déployé là-bas avec les forces de maintien de la paix de l’ONU d’octobre 1993 à mars 1994, a assisté aux commémorations. Depuis des décennies, il est hanté par un sentiment de culpabilité. “Je me suis pardonné (…). J’ai trouvé la paix. J’ai toujours voulu leur dire (aux familles) je suis désolé (…), je suis désolé de vous avoir abandonnés”, dit-il. Avec les troupes de l’ONU, “on a fait ce qu’on pouvait (…) mais en vrai la tragédie est arrivée”, confie cet homme de 58 ans, en pleurs.Les anciens chefs politiques et militaires des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à la perpétuité par la justice internationale pour crimes de guerre et génocide. Mais la gravité de ce crime continue à être relativisée par de nombreux dirigeants politiques serbes, en Bosnie et en Serbie.L’ONU a créé en 2024 une Journée internationale de commémoration du génocide de Srebrenica, le 11 juillet, malgré les protestations de Belgrade et des Serbes de Bosnie. Le président de la Serbie Aleksandar Vucic a présenté vendredi ses condoléances aux familles des personnes tuées à Srebrenica au nom des citoyens de son pays, qualifiant le massacre de “crime terrible”. “Nous ne pouvons pas modifier le passé mais nous devons changer l’avenir”, a-t-il posté sur X.

Gaza civil defence says Israeli forces kill 18

Gaza’s civil defence agency said Israeli forces killed 18 people on Friday, including 10 who were waiting for aid in the south of the war-ravaged territory. The fresh deaths came as the United Nations said nearly 800 people had been killed trying to access food in Gaza since late May, when Israel began easing a more than two-month total blockade on supplies.UN rights office spokeswoman Ravina Shamdasani said most of the deaths occurred near facilities operated by the US- and Israel-backed Gaza Humanitarian Foundation.”We’ve recorded now 798 killings, including 615 in the vicinity of the GHF sites,” from the time the group’s operations began in late May until July 7, Shamdasani said Friday. An officially private effort, GHF operations have been marred by chaotic scenes and frequent reports of Israeli forces firing on people waiting to collect rations.The UN and major aid groups have refused to cooperate with the foundation over concerns it was designed to cater to Israeli military objectives and violates basic humanitarian principles.Responding to the UN’s figures, Israel’s military said it had worked to minimise “possible friction between the population and the IDF forces as much as possible”.”Following incidents in which harm to civilians who arrived at distribution facilities was reported, thorough examinations were conducted… and instructions were issued to forces in the field following lessons learned,” it added.Gaza civil defence official Mohammed al-Mughayyir said that 10 people were shot by Israeli forces on Friday while waiting for supplies in the Al-Shakoush area northwest of Rafah, where there are regular reports of deadly fire on aid seekers. – ‘Extremely difficult’ -The civil defence reported six more people killed in four separate Israeli air strikes in the area of Khan Yunis, in the south of the territory. Two drone strikes around Gaza City in the north killed two more people, civil defence spokesman Mahmud Bassal told AFP. There was no immediate comment on the latest strikes from the Israeli military, which has recently expanded its operations across Gaza.Media restrictions in Gaza and difficulties in accessing many areas mean AFP is unable to independently verify the tolls and details provided by the civil defence agency and other parties.A Palestinian speaking to AFP from southern Gaza on condition of anonymity reported ongoing attacks and widespread devastation, with Israeli tanks seen near Khan Yunis.”The situation remains extremely difficult in the area — intense gunfire, intermittent air strikes, artillery shelling, and ongoing bulldozing and destruction of displacement camps and agricultural land to the south, west and north of Al-Maslakh,” an area to Khan Yunis’s south, said the witness.Israel’s military said in a statement that its soldiers were operating in the area, dismantling “terrorist infrastructure sites, both above and below ground”, and seizing “weapons and military equipment”.The civil defence also reported on Friday five people killed in an Israeli strike the previous night on a school sheltering displaced Palestinians in Jabalia al-Nazla, in northern Gaza. Nearly all of Gaza’s population has been displaced at least once during the more than 21-month war, which has created dire humanitarian conditions for the more than two million people living there.Many have sought shelter in school buildings, but these have repeatedly come under Israeli attack, with the military often saying they were targeting Hamas militants hiding among civilians.bur-mib-phz-acc/smw

Wall Street s’inquiète des droits de douane visant le Canada

La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, ne parvenant plus à ignorer les incertitudes commerciales après les nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump à l’encontre du Canada.Vers 13h55 GMT, le Dow Jones reculait de 0,68%, l’indice Nasdaq de 0,26% et l’indice élargi S&P 500 perdait 0,49%.”Cela a été une semaine où, dans une large mesure, le marché a pu ignorer la rhétorique croissante autour des droits de douane”, commente auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Le Nasdaq et le S&P 500 ont tous deux réalisé plusieurs records en clôture ces derniers jours.Mais, “il n’a désormais plus la capacité de le faire” après avoir “atteint le seuil de la douleur douanière hier soir avec l’annonce concernant le Canada”, juge l’analyste.Le président américain Donald Trump a de nouveau ciblé jeudi Ottawa, en lui imposant 35% de surtaxe, l’un des taux les plus élevés annoncés depuis le début de la semaine, reprochant au premier partenaire commercial des Etats-Unis d’avoir riposté à ses droits de douane.Comme pour chaque courrier envoyé à plus d’une vingtaine de pays depuis lundi, le président américain a précisé que ces droits de douane s’ajouteront à ceux visant des secteurs d’activité particuliers, tels l’acier, l’aluminium ou l’automobile, qui sont parmi les principales exportations canadiennes vers les Etats-Unis.Si cette actualité “a un peu plus freiné le marché que les précédentes”, c’est parce qu’elle “concerne l’un des plus grands partenaires commerciaux des Etats-Unis”, souligne Patrick O’Hare, de Briefing.com.Selon le département du Commerce américain, les biens canadiens ont été à la deuxième place des produits les plus importés aux Etats-Unis en 2023, derrière ceux du Mexique. Et le Canada était le premier débouché des produits américains exportés.Le recul de la place américaine reste contenu car “le marché continue de considérer tout cela comme un levier de négociation”, ajoute l’analyste. En revanche, “si ces droits de douane plus élevés sont maintenus après le 1er août, le marché pourrait passer à un mode de recalibrage plus important en ce qui concerne les perspectives de croissance”, anticipe M. O’Hare.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se tendait nettement à 4,40%, contre 4,35% la veille en clôture.Au tableau des valeurs, le fabricant de jeans Levi Strauss (+8,56% à 21,42 dollars) profitait de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, notamment un bénéfice net par action de 22 cents là où les analystes tablaient sur 13 cents. L’entreprise a aussi relevé ses prévisions pour l’année.L’entreprise Strategy (+2,02% à 430,28 dollars) plus grand détenteur privé de bitcoins, profitait du niveau record de la plus capitalisée des cryptomonnaies.Le géant pétrolier britannique BP gagnait 2,20% à 32,22 dollars, après avoir annoncé s’attendre à une hausse de la production et à de meilleures performances dans le raffinage et le commerce pétrolier.Les compagnies aériennes reculaient, après avoir profité des bons résultats de Delta Air Lines jeudi. American Airlines lâchait 2,63% à 12,60 dollars, United Airlines perdait 2,87% à 89,04 dollars et Delta reculait de 2,96% à 55,10 dollars.

What’s at stake as Yemen’s Huthis renew Red Sea shipping attacks?

Yemen’s Huthi rebels have resumed their attacks on Red Sea shipping, saying they aim to force Israel to cease fire in Gaza  — a move that threatens a truce with Washington and rattles maritime trade.The Iran-backed rebels allege that the two vessels they attacked earlier this week — the Magic Seas and the Eternity C — were linked to trade with Israel.But their renewed campaign comes at a pivotal moment when Washington and Tehran are weighing talks following a devastating 12-day Iran-Israel war, while Hamas and Israel are holding truce negotiations in Qatar.What’s at stake for the rebels and why have they decided to resume attacks after a gap of more than six months?- Why now? -The rebels, who have also mounted direct attacks on Israel, have launched more than 100 attacks on vessels in the Red Sea and Gulf of Aden since November 2023, according to the Joint Maritime Information Centre run by Western navies.They paused their attacks during a short-lived Gaza truce earlier this year before renewing them last weekend.The rebels say their aim is to support Palestinians in Gaza. Their political leader, Mahdi al-Mashat, told Hamas negotiators in Doha to “negotiate with your heads held high, for we are with you and all the resources of our people will support you” until the war ends.But analysts say their resumption of attacks goes beyond support for Gaza.It comes shortly after Iran fought a devastating war with Israel without support from its allies in the so-called “axis of resistance”, which also includes Hamas and Lebanon’s Hezbollah.”This is a reminder from the Revolutionary Guard, through its most important ally (the Huthis), that what was withheld in the previous round (of fighting), if repeated, can be activated,” said the chairperson of the Sanaa Center for Strategic Studies, Maged al-Madhaji.Noam Raydan, who tracks maritime attacks for the Washington Institute for Near East Policy, said the Huthis had continued to monitor ship movements throughout the pause in attacks.”They’ve ensured that their presence is always felt”, she said.- What are they hoping to achieve? -Although Iran is their main backer, the Huthis are not just a Tehran proxy: they have ambitions of their own and dreams of a broader regional role.Farea Al-Muslimi, a research fellow at British think tank Chatham House, described the attacks as a “power move” that enabled the Huthis to “project more power regionally and internationally”.Israel’s wars in Gaza and Lebanon have severely weakened both Hamas and Hezbollah, leaving the Huthis as the only member of the “axis of resistance” to emerge relatively unscathed.The rebels have endured repeated air strikes by Israel in response to their drone and missile attacks. Washington too carried out an intensive bombing campaign earlier this year before agreeing to cease fire in May in return for an end to Huthi attacks on international shipping.”While the US campaign badly hit the Huthis’ communication and some military capabilities, they still have huge stock and rebuilt their communications quickly,” said Muslimi, adding that their maritime power “has been booming”.He said that in comparison with their attacks on Israel, which had had only limited success, the Huthis’ attacks on shipping had proved “a very efficient way to make the entire West, and most of the east, bleed.”- What are the risks? -The Huthis’ campaign has caused major disruption to the vital shipping lane through the Bab al-Mandeb strait and the Red Sea that normally carries about 12 percent of global trade.With insurance premiums skyrocketing, many shipping firms have opted to make the time-consuming detour around the southern tip of Africa instead.”Transit via the Bab al-Mandeb strait remains low compared to 2023 – a drop by over 50 percent,” Raydan told AFP.She said the rebels had taken advantage of a decreased naval presence in the area to mount their attacks.”The Huthis appear to have more freedom now to assault freedom of navigation,” she said.The future of a fragile ceasefire with the United States meant to ensure freedom of navigation in the Red Sea is now uncertain.Israeli Foreign Minister Gideon Saar called for action to stop further Huthi attacks.”If the Huthis are not confronted, this problem will only grow,” he warned.

800 killed in Gaza since May 27 trying to get aid: UN

Nearly 800 people have died trying to access aid in Gaza since late May, with most killed near the US- and Israel-backed Gaza Humanitarian Foundation’s sites, the UN said Friday.An officially private effort, the Gaza Humanitarian Foundation (GHF) began operations on May 26 after Israel halted supplies into the Gaza Strip for more than two months, sparking warnings of imminent famine.Since those operations began and through July 7, United Nations rights office spokeswoman Ravina Shamdasani said the agency had recorded “615 killings in the vicinity of the GHF sites”.Another 183 people had been killed “presumably on the routes of aid convoys” carried out by UN and other aid organisations, she told reporters in Geneva.”This is nearly 800 people who have been killed while trying to access aid,” she said, adding that “most of the injuries are gunshot injuries”.GHF operations, which effectively sidelined a vast UN aid delivery network in Gaza, have been marred by chaotic scenes and near-daily reports of Israeli forces firing on people waiting to collect rations.The GHF, which said Thursday it had distributed more than 69 million meals to date, has denied that fatal shootings have occurred in the immediate vicinity of its aid points.The Israeli army has accused Hamas of being responsible for firing at civilians in the vicinity of aid centres.The army said Friday it had issued instructions to Israel’s forces in the field “following lessons learned” after reports of deadly incidents at distribution facilities.It explained that it “allows the American civilian organisation (GHF) to distribute aid to Gaza residents independently, and operates in proximity to the new distribution zones to enable the distribution alongside the continuation of IDF operational activities in the Gaza Strip”.”As part of this effort, IDF forces have recently worked to reorganise the area through the installation of fences, signage placement, the opening of additional routes, and other measures,” it said.The army stressed that “following incidents in which harm to civilians who arrived at distribution facilities was reported, thorough examinations were conducted,” adding those incidents were “under review by the competent authorities in the IDF”.Shamdasani highlighted that the UN rights office had repeatedly raised “serious concerns about respect for international humanitarian law principles” in the war in Gaza, which erupted following Hamas’s deadly October 7, 2023 attack inside Israel.”Where people are lining up for essential supplies such as food and medicine, and where they are being attacked, where… they have a choice between being shot or being fed, this is unacceptable,” she said.

Affaire Jubillar : un témoignage surprise à quelques semaines du procès d’assises

Le témoignage surprise d’une ex-compagne de Cédric Jubillar affirmant qu’il lui aurait avoué le meurtre de son épouse surgit un peu plus de deux mois avant le procès d’assises du peintre-plaquiste qui a toujours nié toute implication dans la disparition de l’infirmière en décembre 2020.”J’ai déjà tué une fois, ne me trompe pas et tout se passera bien”, aurait dit Cédric Jubillar à son ex-compagne, affirme à l’AFP Joaquinito Maria Alogo De Obono, l’avocat d’une jeune femme ayant eu une relation avec l’accusé, son conseil précisant avoir déposé une demande de constitution de partie civile en son nom en début de semaine.Cette jeune femme, dont le témoignage anonyme a été rapporté par les médias régionaux La Dépêche du Midi et France 3 Occitanie, affirme que Cédric Jubillar, qui doit comparaitre à partir du 22 septembre devant la cour d’assises à Albi pour le meurtre de son épouse Delphine, lui aurait avoué le meurtre de cette dernière, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-mines (Tarn).”Ma cliente souhaite que sa parole soit écoutée par la justice”, souligne Me Alogo De Obono.L’instruction de ce dossier étant close, “en l’état actuel de cette procédure en attente de jugement”, seule la présidente de la cour d’assises “a compétence, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, pour ordonner toutes nouvelles investigations et auditions”, a indiqué le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, dans un communiqué.Selon le code de procédure pénale, si elle est décidée, l’audition de la jeune femme peut intervenir à tout moment, en amont du procès ou au cours de l’audience, précise une source judiciaire.- “urgent d’investiguer” -Les services d’enquête ont été informés le 14 mai de ce témoignage par un “individu qui rapportait avoir reçu les confidences de la compagne de Cédric Jubillar sur son implication dans les faits qui lui sont reprochés”, précise le communiqué du procureur général.Un procès-verbal reprenant les informations de cette source a été rédigé, puis transmis en cette fin de semaine à la présidente de la cour d’assises.La défense de Cédric Jubillar demande d’ores et déjà que l’audition soit faite au plus vite.”Il est urgent d’investiguer par rapport à ce que déclare cette femme. (…) Il est hors de question qu’on arrive à un procès avec une dame qui vient raconter n’importe quoi, sans qu’il puisse y avoir de vérification”, déclare à l’AFP Emmanuelle Franck, l’une des trois avocats de l’accusé.    Ce nouveau témoignage est, selon elle, “la confirmation que c’est un dossier vide”. “Plus un dossier est lacunaire et plus vous avez la place à ce genre de témoignage” estime-t-elle, tandis que son confrère de la défense, Jean-Baptiste Alary, rappelle qu’à plusieurs reprises déjà, Cédric Jubillar aurait fait des confidences à des proches, sans que ces éléments ne vienne établir quoi que ce soit.- confessions au parloir ? -La jeune femme, âgée de 31 ans, a entretenu une relation avec Cédric Jubillar après la disparition de son épouse, avant de prendre ses distances avec lui autour du milieu du mois de juin dernier, “après que M. Jubillar lui a fait ces révélations”, selon Me Alogo De Obono. Aux échanges épistolaires des débuts, ont succédé des rencontres au parloir de la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, où le peintre-plaquiste de 37 ans est incarcéré depuis sa mise à examen en juin 2021. C’est au cours de ces échanges que Cédric Jubillar aurait fait des révélations, indiquant avoir étranglé son épouse sur le canapé de leur domicile, selon l’avocat. L’accusé lui aurait également raconté avoir transporté le corps et l’avoir brûlé, “mais à aucun moment elle n’a indiqué de lieu, car elle ne le sait pas”, selon Me Alogo De Obono. Dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, Cédric Jubillar nie toute responsabilité et clame son innocence. Son procès à Albi doit durer environ un mois.

Affaire Jubillar : un témoignage surprise à quelques semaines du procès d’assises

Le témoignage surprise d’une ex-compagne de Cédric Jubillar affirmant qu’il lui aurait avoué le meurtre de son épouse surgit un peu plus de deux mois avant le procès d’assises du peintre-plaquiste qui a toujours nié toute implication dans la disparition de l’infirmière en décembre 2020.”J’ai déjà tué une fois, ne me trompe pas et tout se passera bien”, aurait dit Cédric Jubillar à son ex-compagne, affirme à l’AFP Joaquinito Maria Alogo De Obono, l’avocat d’une jeune femme ayant eu une relation avec l’accusé, son conseil précisant avoir déposé une demande de constitution de partie civile en son nom en début de semaine.Cette jeune femme, dont le témoignage anonyme a été rapporté par les médias régionaux La Dépêche du Midi et France 3 Occitanie, affirme que Cédric Jubillar, qui doit comparaitre à partir du 22 septembre devant la cour d’assises à Albi pour le meurtre de son épouse Delphine, lui aurait avoué le meurtre de cette dernière, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-mines (Tarn).”Ma cliente souhaite que sa parole soit écoutée par la justice”, souligne Me Alogo De Obono.L’instruction de ce dossier étant close, “en l’état actuel de cette procédure en attente de jugement”, seule la présidente de la cour d’assises “a compétence, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, pour ordonner toutes nouvelles investigations et auditions”, a indiqué le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, dans un communiqué.Selon le code de procédure pénale, si elle est décidée, l’audition de la jeune femme peut intervenir à tout moment, en amont du procès ou au cours de l’audience, précise une source judiciaire.- “urgent d’investiguer” -Les services d’enquête ont été informés le 14 mai de ce témoignage par un “individu qui rapportait avoir reçu les confidences de la compagne de Cédric Jubillar sur son implication dans les faits qui lui sont reprochés”, précise le communiqué du procureur général.Un procès-verbal reprenant les informations de cette source a été rédigé, puis transmis en cette fin de semaine à la présidente de la cour d’assises.La défense de Cédric Jubillar demande d’ores et déjà que l’audition soit faite au plus vite.”Il est urgent d’investiguer par rapport à ce que déclare cette femme. (…) Il est hors de question qu’on arrive à un procès avec une dame qui vient raconter n’importe quoi, sans qu’il puisse y avoir de vérification”, déclare à l’AFP Emmanuelle Franck, l’une des trois avocats de l’accusé.    Ce nouveau témoignage est, selon elle, “la confirmation que c’est un dossier vide”. “Plus un dossier est lacunaire et plus vous avez la place à ce genre de témoignage” estime-t-elle, tandis que son confrère de la défense, Jean-Baptiste Alary, rappelle qu’à plusieurs reprises déjà, Cédric Jubillar aurait fait des confidences à des proches, sans que ces éléments ne vienne établir quoi que ce soit.- confessions au parloir ? -La jeune femme, âgée de 31 ans, a entretenu une relation avec Cédric Jubillar après la disparition de son épouse, avant de prendre ses distances avec lui autour du milieu du mois de juin dernier, “après que M. Jubillar lui a fait ces révélations”, selon Me Alogo De Obono. Aux échanges épistolaires des débuts, ont succédé des rencontres au parloir de la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, où le peintre-plaquiste de 37 ans est incarcéré depuis sa mise à examen en juin 2021. C’est au cours de ces échanges que Cédric Jubillar aurait fait des révélations, indiquant avoir étranglé son épouse sur le canapé de leur domicile, selon l’avocat. L’accusé lui aurait également raconté avoir transporté le corps et l’avoir brûlé, “mais à aucun moment elle n’a indiqué de lieu, car elle ne le sait pas”, selon Me Alogo De Obono. Dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, Cédric Jubillar nie toute responsabilité et clame son innocence. Son procès à Albi doit durer environ un mois.

Foot: la multipropriété, une opportunité pour les clubs, un risque pour les compétitions

Si la multipropriété des clubs est souvent présentée comme une menace, à l’image des déboires de Lyon, le monde du football n’est pas non plus vent debout contre cette tendance, pour ne pas décourager les investisseurs.Le phénomène a réellement pris de l’ampleur à partir des années 2000 et aujourd’hui plusieurs grosses écuries européennes sont adossées à des groupes possédant plusieurs équipes comme Manchester City (City Group), Manchester United (Ineos), Chelsea (BlueCo) ou l’AC Milan (RedBird).     La relégation en Ligue 2 de l’OL, que le club français va contester mercredi en appel, n’est certes pas une bonne publicité pour la multipropriété puisque il appartient à Eagle comme les clubs brésilien de Botafogo et belge de Molenbeek. Pour autant, certains spécialistes sont tout de même favorables à ce mode particulier de propriété.”Est-ce qu’en France on a à se plaindre que LVMH soit propriétaire de nombreuses marques frontalement en concurrence ?”, demande Nicolas Blanc, patron de Sport Value, une entreprise de conseil économique spécialisée notamment dans le football.”Personne n’aurait l’idée de dire à LVMH: +Vous avez trop d’entreprises de parfums+. Ce qui fonctionne dans le luxe peut fonctionner dans le foot. Eux aussi ont un mercato des grands directeurs de collection”, ajoute-t-il.- “L’intégrité des compétitions” -“Effectivement, le football est pris dans un système économique global qui le dépasse, il y a des phénomènes de concentration très forts dans beaucoup de secteurs d’activité, le luxe, l’automobile, les médias…”, approuve le directeur des études du Centre de droit et d’économie du sport (CDES), Christophe Lepetit.”Mais dans le luxe il n’y a pas le risque de collusion qui existe dans le domaine sportif, complète-t-il. Or l’équilibre et l’intégrité des compétitions sont les deux valeurs cardinales en économie du sport, il faut les protéger.”Hors de question que le propriétaire de deux équipes arrange un résultat entre elles. La simple perception d’un conflit d’intérêt serait un désastre pour l’image de la compétition, voilà pourquoi quasiment toutes les ligues en Europe empêchent la multipropriété dans leurs championnats.Mais l’UEFA n’est pas si draconienne, elle donne la possibilité de reléguer un des deux clubs dans une compétition inférieure. En 2023-24, l’Union Saint-Gilloise a été inscrite finalement en Ligue Conférence pour ne pas disputer la Ligue Europa avec Brighton, club également détenu par Tony Bloom.La première affaire du genre remonte à la Coupe de l’UEFA 2006-07, pour laquelle étaient qualifiés deux clubs appartenant à la société d’investissement Enic, Tottenham et le Slavia Prague. Le groupe avait dû réduire sa part dans le club tchèque pour que les deux équipes puissent jouer la même compétition.La fréquence de ces conflits d’intérêt s’est nettement accélérée ces dernières années avec le développement de la multipropriété, des cas des deux clubs de la galaxie Red Bull, Salzbourg et Leipzig, en Ligue des champions 2017-18 à Manchester City et Gérone (City Group) ou Manchester United et Nice (Ineos) plus récemment.A chaque fois, les clubs ont trouvé des parades en modifiant l’actionnariat ou la gouvernance, comme Toulouse et l’AC Milan (RedBird) en 2023-24, mais sans changer le fait qu’ils partagent les même actionnaires, donc sans dissiper tous les doutes.- “Je comprends les réticences” -Cet été, la Fifa a exclu de la Coupe du monde des clubs l’équipe mexicaine de Leon, qui a le même actionnaire majoritaire que Pachuca, autre formation engagée dans la compétition.”Les instances sportives pourraient interdire purement et simplement la multipropriété, mais elles sont prises entre deux feux, développe Christophe Lepetit. Les clubs français exsangues après une succession de crises ont besoin d’investisseurs. Interdire la multipropriété cela signifie plus de BlueCo à Strasbourg, plus de City Group à Troyes, plus d’Eagle à Lyon…”Le chercheur prend en exemple Strasbourg. Associé à Chelsea, le club alsacien, 7e de Ligue 1 la saison passée, “a clairement franchi un cap en pouvant recruter ou se faire prêter des joueurs auxquels il n’avait pas accès, et a retrouvé l’Europe”, souligne-t-il.”Je comprends les réticences vis-à-vis de la multipropriété”, assure Jeff Luhnow, patron de Blue Crow, qui vient d’ajouter Le Havre à son portefeuille après Leganés (Espagne), Cancun (Mexique), Vyskov (République tchèque) et Falcons (EAU).”Mais l’avantage du modèle est de développer des capacités dans lesquelles les clubs seuls n’auraient pas les ressources d’investir comme la technologie, l’analyse des données, le marketing ou l’expérience clients”, développe l’homme d’affaires américain.”Beaucoup de gens crient haro sur la multipropriété, je fais partie de ceux qui pensent que c’est un phénomène à surveiller de très près mais qui peut avoir des avantages”, conclut Christophe Lepetit.

Vis ma vie de berger: en Finlande, un programme de vacances très populaire

Les moutons noirs et blancs se rassemblent en bêlant autour de Petri Stenberg dans une prairie parsemée de fleurs d’été du centre de la Finlande: le jeune vacancier peut alors essayer de nourrir les animaux avec des flocons d’avoine.M. Stenberg participe avec sa femme Oona et leurs enfants Fia et Hugo, âgés de 2 et 4 ans, à la “semaine du berger” — un programme de vacances très populaire en Finlande qui allie détente et préservation de la nature.Accessible uniquement en barque ou à pied, en traversant la forêt et empruntant un pont, l’ancienne ferme située sur une île idyllique dans le parc national d’Isojarvi est l’un d’une dizaine de sites reculés où les Finlandais peuvent postuler pour passer une semaine à s’occuper des moutons, seuls sans l’aide de bergers professionnels. Historiquement, les moutons et autres animaux en pâturage ont joué un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité et des habitats pour la flore et la faune.Mais l’évolution des pratiques forestières et agricoles, ainsi que le déclin “dramatique” du nombre de petites exploitations en Finlande, fragilisent ces écosystèmes traditionnels, explique Leena Hiltunen, experte chez Metsahallitus, une entreprise appartenant à l’Etat finlandais.Il s’agit en particulier de prairies semi-naturelles et de pâturages boisés dans des sites fragiles où Metsahallitus organise les séjours, dans le cadre de sa mission de gestion et de protection des terres, forêts et lacs.”Le but principal des semaines de berger est de sensibiliser les gens à ces biotopes traditionnels”, souligne-t-elle.Sur l’île d’Isojarvi, la végétation était autrefois entretenue naturellement grâce au pâturage des moutons, qui empêchaient la prolifération des broussailles, permettant ainsi la survie d’espèces végétales et d’insectes désormais menacés.  Comparé aux années 1950, il ne reste aujourd’hui en Finlande que moins de 1% des paysages traditionnels, selon Metsahallitus, pour la plupart situés dans des zones protégées. “La reconnaissance et la protection de la nature sont si importants (..) C’est essentiel que nous apprenions à l’apprécier, et que les enfants le fassent aussi”, estime Oona Stenberg.- Des vacances qui attirent les Finlandais -Pour la saison estivale, Metsahallitus a reçu 12.764 candidatures de 2.236 personnes — beaucoup postulant pour plusieurs sites.Au total, 158 semaines de berger ont été attribuées par tirage au sort. La famille Stenberg, qui habite à Vantaa, au nord de Helsinki, a tenté sa chance plusieurs fois avant d’être sélectionnée cette année, raconte Oona Stenberg, rayonnante. Une semaine coûte généralement entre 400 et 670 euros selon les lieux. Les hébergements sont rudimentaires et simples, dans des cabanes ou des chalets en bois en pleine nature, souvent sans eau courante et parfois même sans électricité. “Certains nous ont demandé pourquoi on voulait payer pour garder des moutons et s’occuper du terrain”, rigole Oona Stenberg. “Mais pour nous, c’est une vraie expérience, et les enfants adorent”, ajoute-t-elle, en buvant son café devant la maison jaune qu’ils ont louée, entourée des vieux bâtiments en bois et d’un sauna au bord du lac. En Finlande, beaucoup de gens passent leur été dans des cabanes ou des chalets en bois rustiques à la campagne. Mme Hiltunen explique que seuls des Finlandais peuvent candidater aux semaines du berger, parce qu’il faut savoir “comment gérer ce mode de vie modeste” en autonomie en pleine nature.  “Nous n’avons pas assez de ressources pour faire de la publicité à l’étranger, ni pour avoir quelqu’un sur place qui explique comment tout fonctionne”, déclare-t-elle. -“Une pause”-Sur cette île règne une atmosphère de sérénité, sous un ciel gris annonçant la pluie.La famille a reçu pour consigne de compter la douzaine de moutons chaque jour, “et de s’assurer qu’ils sont en bonne santé, qu’ils mangent suffisamment et que les clôtures sont en bon état”, explique Petri Stenberg, habituellement conducteur d’excavatrices. “Ici, nous vivons vraiment au plus près de la nature. On nourrit les moutons deux fois par jour, on est allé au sauna, on s’est baigné et on a pêché”, raconte Oona Stenberg, kinésithérapeute.”Je n’ai pas regardé les infos une seule fois ici. Il n’y a pas de télé, on n’est pas sur nos téléphones. D’une certaine façon, mon esprit s’est apaisé et je vis dans l’instant présent”, confie-t-elle. La petite ferme était encore en activité jusqu’en 1989, avant d’être rachetée par Metsahallitus dans les années 1990. En feuilletant les pages d’un carnet laissé dans la maison, Petri Stenberg montre des écrits et quelques dessins de moutons réalisés par des visiteurs précédents, documentant leur quotidien et leurs observations. “C’est une vraie pause de la vie de tous les jours”, conclut M. Stenberg.