Entre l’Asie centrale et les talibans, de la crainte à la coopération

“Nous avons de grands plans pour l’Asie centrale”, pavoise Sayed Zaher Shah, représentant des talibans dans une zone économique spéciale flambant neuve en Ouzbékistan à la frontière avec l’Afghanistan, l’un des symboles de la coopération croissante entre les pays centrasiatiques et Kaboul.Quatre ans après la prise de pouvoir des talibans, la collaboration économique a pris le pas sur les inquiétudes sécuritaires initiales des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan), qui craignaient une propagation de l’islamisme radical.”La politique de l’Émirat islamique est orientée vers une économie ouverte. Nous avons de bonnes relations avec tous nos voisins”, explique à l’AFP M. Zaher Shah, envoyé des talibans dans la zone franche d’Airitom près de Termez, capitale régionale ouzbèke.Ce centre sans TVA ni droits de douanes ouvert à l’été 2024 abrite environ 300 commerces, des restaurants, une bibliothèque, des salles de conférences, un hôtel Hilton et un centre médical dernier cri aux tarifs préférentiels.Pour s’y rendre, les Afghans empruntent le “pont de l’amitié”, par lequel l’armée soviétique s’était retirée d’Afghanistan en 1989, tout comme certains soldats afghans fuyant l’avancée des talibans en 2021.Adboul Qayom Karimi, 73 ans, s’y fait soigner faute de diagnostic établi à Mazar-e-Sharif, ville afghane à environ cent kilomètres d’Airitom.”Mon neveu connaissait et m’a vanté cet endroit, donc j’ai voulu m’y faire examiner. Les médecins sont très compétents”, assure-t-il après sa consultation.Le bouche à oreille fait son travail entre Afghans.”Nous avons entendu parler de ce centre. On va choisir quelles marchandises acheter puis nous voulons aller à la clinique faire un bilan de santé”, dit Goul Ahmad Amini, sexagénaire venu en famille.- “Climat de confiance” -D’après Sanjar Sodikov, l’un des responsables d’Airatom, plus d’un millier d’Ouzbeks et jusqu’à 2.000 Afghans visitent quotidiennement le centre, ces derniers bénéficiant de quinze jours sans visa, chose extrêmement rare.Ce lieu reste sensible: des garde-frontières filtrent l’entrée, des barbelés recouvrent les murs d’enceinte, des policiers et des agents des services secrets ouzbeks en civil patrouillent, tendus par la présence de l’AFP.Certains Afghans profitent de la climatisation, s’abritant des températures torrides et de l’air vicié par les tempêtes de sable.Sur des murs à l’odeur de neuf, des citations du président ouzbek Chavkat Mirzioïev présentent Tachkent en chef de file de l’engagement avec Kaboul: “nous avons créé un climat d’ouverture, de confiance et de coopération en Asie centrale”.Une autre assure que l’Afghanistan et l’Ouzbékistan, “amis depuis longtemps, sont unis par une atmosphère de respect mutuel, de confiance, et des liens étroits dans le commerce, les transports et les communications”.Car pour l’Asie centrale, enclavée mais qui tente de retrouver son rôle historique de plaque tournante du commerce mondial, l’accès aux mers du sud via l’Afghanistan est vital, d’autant que la route du nord via la Russie est perturbée par les sanctions.”L’objectif est de développer les relations commerciales avec l’Afghanistan et d’accéder aux marchés de l’Iran et du Pakistan par des itinéraires transfrontaliers”, résume le responsable ouzbek Sodikov.Les pays centrasiatiques lancent notamment d’importants projets d’infrastructures, comme des chemins de fer, rencontrant les intérêts des talibans.L’Afghanistan, confronté selon l’ONU à une terrible crise humanitaire, a lui besoin de l’Asie centrale pour sa sécurité alimentaire et énergétique.- Sécurité alimentaire et énergétique -Ce rapprochement tous azimuts avec Kaboul est bien antérieur à la reconnaissance cet été des talibans par la Russie, malgré des frictions autour du canal afghan de Qosh Tepa, menaçant la fragile répartition centrasiatique de l’eau.Le Kazakhstan a retiré en 2024 les talibans de la liste des organisations terroristes pour des considérations “commerciales et économiques”, l’Ouzbékistan multiplie les contacts diplomatiques et le Kirghizstan a appelé l’Occident à reconnaître les talibans.Même le reclus Turkménistan s’implique via l’immense gazoduc TAPI (Turkménistan–Afghanistan–Pakistan–Inde) et le Tadjikistan, seul pays centrasiatique critique des talibans, a rapporté une nette hausse des échanges commerciaux.A Airitom, plusieurs commerçants ont cependant indiqué à l’AFP rencontrer des difficultés.”Les ventes baissent en raison des difficultés d’importer et d’exporter les marchandises. Les contrôles aux trois postes prennent trop de temps”, regrette Khourssand Tourssounov, vendeur ouzbek de produits agricoles.Le marchand afghan de tapis Abdoullah Torkaman dit “travailler à perte”.”Il est autorisé d’exporter seulement 10 kilos de marchandises ou jusqu’à 200 dollars de biens par mois. La direction promet d’augmenter cette limite et que le commerce sera bientôt plus libre”, espère-t-il.Des difficultés qui ne freinent pas les projets conjoints.Selon Sayed Zaher Shah, le responsable taliban, “il est prévu d’ouvrir un marché semblable en Afghanistan”.

Entre l’Asie centrale et les talibans, de la crainte à la coopération

“Nous avons de grands plans pour l’Asie centrale”, pavoise Sayed Zaher Shah, représentant des talibans dans une zone économique spéciale flambant neuve en Ouzbékistan à la frontière avec l’Afghanistan, l’un des symboles de la coopération croissante entre les pays centrasiatiques et Kaboul.Quatre ans après la prise de pouvoir des talibans, la collaboration économique a pris le pas sur les inquiétudes sécuritaires initiales des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan), qui craignaient une propagation de l’islamisme radical.”La politique de l’Émirat islamique est orientée vers une économie ouverte. Nous avons de bonnes relations avec tous nos voisins”, explique à l’AFP M. Zaher Shah, envoyé des talibans dans la zone franche d’Airitom près de Termez, capitale régionale ouzbèke.Ce centre sans TVA ni droits de douanes ouvert à l’été 2024 abrite environ 300 commerces, des restaurants, une bibliothèque, des salles de conférences, un hôtel Hilton et un centre médical dernier cri aux tarifs préférentiels.Pour s’y rendre, les Afghans empruntent le “pont de l’amitié”, par lequel l’armée soviétique s’était retirée d’Afghanistan en 1989, tout comme certains soldats afghans fuyant l’avancée des talibans en 2021.Adboul Qayom Karimi, 73 ans, s’y fait soigner faute de diagnostic établi à Mazar-e-Sharif, ville afghane à environ cent kilomètres d’Airitom.”Mon neveu connaissait et m’a vanté cet endroit, donc j’ai voulu m’y faire examiner. Les médecins sont très compétents”, assure-t-il après sa consultation.Le bouche à oreille fait son travail entre Afghans.”Nous avons entendu parler de ce centre. On va choisir quelles marchandises acheter puis nous voulons aller à la clinique faire un bilan de santé”, dit Goul Ahmad Amini, sexagénaire venu en famille.- “Climat de confiance” -D’après Sanjar Sodikov, l’un des responsables d’Airatom, plus d’un millier d’Ouzbeks et jusqu’à 2.000 Afghans visitent quotidiennement le centre, ces derniers bénéficiant de quinze jours sans visa, chose extrêmement rare.Ce lieu reste sensible: des garde-frontières filtrent l’entrée, des barbelés recouvrent les murs d’enceinte, des policiers et des agents des services secrets ouzbeks en civil patrouillent, tendus par la présence de l’AFP.Certains Afghans profitent de la climatisation, s’abritant des températures torrides et de l’air vicié par les tempêtes de sable.Sur des murs à l’odeur de neuf, des citations du président ouzbek Chavkat Mirzioïev présentent Tachkent en chef de file de l’engagement avec Kaboul: “nous avons créé un climat d’ouverture, de confiance et de coopération en Asie centrale”.Une autre assure que l’Afghanistan et l’Ouzbékistan, “amis depuis longtemps, sont unis par une atmosphère de respect mutuel, de confiance, et des liens étroits dans le commerce, les transports et les communications”.Car pour l’Asie centrale, enclavée mais qui tente de retrouver son rôle historique de plaque tournante du commerce mondial, l’accès aux mers du sud via l’Afghanistan est vital, d’autant que la route du nord via la Russie est perturbée par les sanctions.”L’objectif est de développer les relations commerciales avec l’Afghanistan et d’accéder aux marchés de l’Iran et du Pakistan par des itinéraires transfrontaliers”, résume le responsable ouzbek Sodikov.Les pays centrasiatiques lancent notamment d’importants projets d’infrastructures, comme des chemins de fer, rencontrant les intérêts des talibans.L’Afghanistan, confronté selon l’ONU à une terrible crise humanitaire, a lui besoin de l’Asie centrale pour sa sécurité alimentaire et énergétique.- Sécurité alimentaire et énergétique -Ce rapprochement tous azimuts avec Kaboul est bien antérieur à la reconnaissance cet été des talibans par la Russie, malgré des frictions autour du canal afghan de Qosh Tepa, menaçant la fragile répartition centrasiatique de l’eau.Le Kazakhstan a retiré en 2024 les talibans de la liste des organisations terroristes pour des considérations “commerciales et économiques”, l’Ouzbékistan multiplie les contacts diplomatiques et le Kirghizstan a appelé l’Occident à reconnaître les talibans.Même le reclus Turkménistan s’implique via l’immense gazoduc TAPI (Turkménistan–Afghanistan–Pakistan–Inde) et le Tadjikistan, seul pays centrasiatique critique des talibans, a rapporté une nette hausse des échanges commerciaux.A Airitom, plusieurs commerçants ont cependant indiqué à l’AFP rencontrer des difficultés.”Les ventes baissent en raison des difficultés d’importer et d’exporter les marchandises. Les contrôles aux trois postes prennent trop de temps”, regrette Khourssand Tourssounov, vendeur ouzbek de produits agricoles.Le marchand afghan de tapis Abdoullah Torkaman dit “travailler à perte”.”Il est autorisé d’exporter seulement 10 kilos de marchandises ou jusqu’à 200 dollars de biens par mois. La direction promet d’augmenter cette limite et que le commerce sera bientôt plus libre”, espère-t-il.Des difficultés qui ne freinent pas les projets conjoints.Selon Sayed Zaher Shah, le responsable taliban, “il est prévu d’ouvrir un marché semblable en Afghanistan”.

Bayrou: la dette, “c’est l’esclavage des plus jeunes”

“La dette c’est l’esclavage des plus jeunes”: François Bayrou a de nouveau appelé vendredi les “boomers” – les retraités – à ne “pas se désintéresser de la situation faite aux jeunes” dans un plaidoyer en faveur de sa décision de demander la confiance de l’Assemblée nationale sur le désendettement du pays.La dette, “c’est une question pour les jeunes qui sont bloqués dans leur développement, dans leur projet de vie, dans leur carrière”, a-t-il déclaré. “Et la démoralisation des plus jeunes, elle, est plus grave que toute autre démoralisation du pays”, a plaidé le Premier ministre en marge de l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne.”Les jeunes ont bien le droit d’être respectés et soutenus au lieu d’être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu’on a pris en leur nom sans leur demander leur avis”, a-t-il insisté.Il est revenu sur les critiques exprimées sur TF1 contre “les boomers”, responsables d’avoir endetté le pays “pour leur confort”. “J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient pour la première fois: +on a parlé de nous+. Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français”, a-t-il jugé. Le plan de François Bayrou ciblait notamment les retraités par une année blanche sur la revalorisation des pensions et le remplacement par un forfait de l’abattement fiscal de 10% dont ils bénéficient.Le Premier ministre, qui engagera la responsabilité de son  gouvernement le 8 septembre avec la très forte probabilité d’être renversé, est revenu sur la critique selon laquelle il dramatise la situation financière de la France.”Ni je ne déforme, ni je n’exagère, ni je ne dramatise (…) Le risque maximal, c’est de ne rien faire”, a-t-il martelé alors que “la charge de la dette sera cette année à 67 milliards” d’euros et “à plus de 100 milliards en 2029 selon la Cour des comptes”.Il a critiqué ceux qui, comme les socialistes, veulent réduire son objectif de 44 milliards d’économies l’année prochaine.  “C’est la première marche qui nous permettra en quatre ans de revenir à ce seuil où la dette ne grandit plus”, a-t-il justifié, estimant ce seuil à un peu moins de 3% de déficit public rapporté au Produit intérieur brut (PIB).

Rentrée sociale: les syndicats manifesteront ensemble le 18 septembre pour exiger un autre budget

L’ensemble des organisations syndicales a appelé vendredi à une journée de mobilisation massive le 18 septembre, pour exiger un budget de “justice sociale” et fiscale, que le gouvernement Bayrou soit encore en place à cette date ou non. Les chefs de file des confédérations CFDT, CGT, FO, CFE/CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires réunies au siège de la CFDT ont décidé, au bout de plus de deux heures et demie de réunion, d’organiser “une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre, y compris par la grève et la manifestation”.”Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné”, a déclaré la cheffe de file de la CFDT, Marylise Léon, lisant un communiqué conjoint devant la presse.”Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent” avec notamment “la suppression de deux jours fériés, des coupes dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de l’assurance chômage”, souligne le texte.Mais dix jours après le vote de confiance que demandera le Premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale et qui pourrait bien le faire tomber, il n’est pas sûr que le pays ait un gouvernement et les syndicats un interlocuteur pour faire valoir leurs revendications.”Même si le gouvernement de François Bayrou ne demeure pas après le 8 septembre, il y aura de toute façon besoin d’un budget avec de la justice sociale et fiscale”, a estimé Marylise Léon.- “Augmenter les salaires” -Devançant l’appel intersyndical, le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens a appelé jeudi à une nouvelle grève, également le 18 septembre.Avant cela, la fédération Mines-Energie de la CGT a appelé à la grève à partir du 2 septembre, les taxis veulent mobiliser à compter du 5, tandis que FO a déposé un préavis de grève courant du 1er septembre au 30 septembre.Surtout, un mouvement disparate né sur les réseaux sociaux et les messageries, et rejoint dès le milieu de l’été par certaines branches et union départementales syndicales appelle à “tout bloquer” le 10 septembre.”Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises”, a expliqué vendredi sa secrétaire générale Sophie Binet.Elle avait toutefois émis il y a une semaine des craintes devant un possible “noyautage par l’extrême droite” de ce mouvement, auxquel ne participera pas la CFDT, ni la CFE-CGC, et dont le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, se tient “à distance”.”Pour l’intersyndicale, aujourd’hui, le sujet, c’était de construire une grande journée de grève et de manifestation”, a fait valoir Mme Binet. Le 18 septembre, “c’est un jeudi, c’est beaucoup plus favorable pour la mobilisation”, a-t-elle estimé. “Nous voulons des augmentations de salaire, nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites”, a poursuivi Mme Binet.”On appellera nos équipes à se mobiliser pour le 18 septembre par la grève. Et moi, Force Ouvrière, je le dirai, à la grève reconductible”, a indiqué pour sa part Frédéric Souillot.”Quand on cherche de l’argent, eh bien on commence à conditionner les aides publiques versées aux entreprises: 211 milliards d’euros”, a-t-il souligné alors que le gouvernement cherche des moyens de réduire le poids de la dette publique.”Augmenter les salaires, ça fait augmenter les cotisations”, permettant de rééquilibrer le budget, a-t-il argumenté.Dans “la fonction publique, le point d’indice bloqué, c’est 30% de perte de pouvoir d’achat en 30 ans à peu près”, a dénoncé de son côté le président du syndicat de l’encadrement CFE-CGC François Hommeril.”Un couple d’enseignants en banlieue parisienne, ils sont à quelques encablures de la pauvreté. Mais comment est-ce qu’un État comme la France peut accepter ça ?”, a-t-il lancé.Le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a approuvé sur X l’initiative intersyndicale, jugeant que le mouvement du 10 septembre va s’inscrire “dans la durée”. “Le mouvement septembriste va donc s’enraciner”, a-t-il jugé.

Rentrée sociale: les syndicats manifesteront ensemble le 18 septembre pour exiger un autre budget

L’ensemble des organisations syndicales a appelé vendredi à une journée de mobilisation massive le 18 septembre, pour exiger un budget de “justice sociale” et fiscale, que le gouvernement Bayrou soit encore en place à cette date ou non. Les chefs de file des confédérations CFDT, CGT, FO, CFE/CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires réunies au siège de la CFDT ont décidé, au bout de plus de deux heures et demie de réunion, d’organiser “une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre, y compris par la grève et la manifestation”.”Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné”, a déclaré la cheffe de file de la CFDT, Marylise Léon, lisant un communiqué conjoint devant la presse.”Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent” avec notamment “la suppression de deux jours fériés, des coupes dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de l’assurance chômage”, souligne le texte.Mais dix jours après le vote de confiance que demandera le Premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale et qui pourrait bien le faire tomber, il n’est pas sûr que le pays ait un gouvernement et les syndicats un interlocuteur pour faire valoir leurs revendications.”Même si le gouvernement de François Bayrou ne demeure pas après le 8 septembre, il y aura de toute façon besoin d’un budget avec de la justice sociale et fiscale”, a estimé Marylise Léon.- “Augmenter les salaires” -Devançant l’appel intersyndical, le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens a appelé jeudi à une nouvelle grève, également le 18 septembre.Avant cela, la fédération Mines-Energie de la CGT a appelé à la grève à partir du 2 septembre, les taxis veulent mobiliser à compter du 5, tandis que FO a déposé un préavis de grève courant du 1er septembre au 30 septembre.Surtout, un mouvement disparate né sur les réseaux sociaux et les messageries, et rejoint dès le milieu de l’été par certaines branches et union départementales syndicales appelle à “tout bloquer” le 10 septembre.”Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises”, a expliqué vendredi sa secrétaire générale Sophie Binet.Elle avait toutefois émis il y a une semaine des craintes devant un possible “noyautage par l’extrême droite” de ce mouvement, auxquel ne participera pas la CFDT, ni la CFE-CGC, et dont le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, se tient “à distance”.”Pour l’intersyndicale, aujourd’hui, le sujet, c’était de construire une grande journée de grève et de manifestation”, a fait valoir Mme Binet. Le 18 septembre, “c’est un jeudi, c’est beaucoup plus favorable pour la mobilisation”, a-t-elle estimé. “Nous voulons des augmentations de salaire, nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites”, a poursuivi Mme Binet.”On appellera nos équipes à se mobiliser pour le 18 septembre par la grève. Et moi, Force Ouvrière, je le dirai, à la grève reconductible”, a indiqué pour sa part Frédéric Souillot.”Quand on cherche de l’argent, eh bien on commence à conditionner les aides publiques versées aux entreprises: 211 milliards d’euros”, a-t-il souligné alors que le gouvernement cherche des moyens de réduire le poids de la dette publique.”Augmenter les salaires, ça fait augmenter les cotisations”, permettant de rééquilibrer le budget, a-t-il argumenté.Dans “la fonction publique, le point d’indice bloqué, c’est 30% de perte de pouvoir d’achat en 30 ans à peu près”, a dénoncé de son côté le président du syndicat de l’encadrement CFE-CGC François Hommeril.”Un couple d’enseignants en banlieue parisienne, ils sont à quelques encablures de la pauvreté. Mais comment est-ce qu’un État comme la France peut accepter ça ?”, a-t-il lancé.Le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a approuvé sur X l’initiative intersyndicale, jugeant que le mouvement du 10 septembre va s’inscrire “dans la durée”. “Le mouvement septembriste va donc s’enraciner”, a-t-il jugé.

Rentrée sociale: les syndicats manifesteront ensemble le 18 septembre pour exiger un autre budget

L’ensemble des organisations syndicales a appelé vendredi à une journée de mobilisation massive le 18 septembre, pour exiger un budget de “justice sociale” et fiscale, que le gouvernement Bayrou soit encore en place à cette date ou non. Les chefs de file des confédérations CFDT, CGT, FO, CFE/CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires réunies au siège de la CFDT ont décidé, au bout de plus de deux heures et demie de réunion, d’organiser “une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre, y compris par la grève et la manifestation”.”Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné”, a déclaré la cheffe de file de la CFDT, Marylise Léon, lisant un communiqué conjoint devant la presse.”Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent” avec notamment “la suppression de deux jours fériés, des coupes dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de l’assurance chômage”, souligne le texte.Mais dix jours après le vote de confiance que demandera le Premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale et qui pourrait bien le faire tomber, il n’est pas sûr que le pays ait un gouvernement et les syndicats un interlocuteur pour faire valoir leurs revendications.”Même si le gouvernement de François Bayrou ne demeure pas après le 8 septembre, il y aura de toute façon besoin d’un budget avec de la justice sociale et fiscale”, a estimé Marylise Léon.- “Augmenter les salaires” -Devançant l’appel intersyndical, le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens a appelé jeudi à une nouvelle grève, également le 18 septembre.Avant cela, la fédération Mines-Energie de la CGT a appelé à la grève à partir du 2 septembre, les taxis veulent mobiliser à compter du 5, tandis que FO a déposé un préavis de grève courant du 1er septembre au 30 septembre.Surtout, un mouvement disparate né sur les réseaux sociaux et les messageries, et rejoint dès le milieu de l’été par certaines branches et union départementales syndicales appelle à “tout bloquer” le 10 septembre.”Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises”, a expliqué vendredi sa secrétaire générale Sophie Binet.Elle avait toutefois émis il y a une semaine des craintes devant un possible “noyautage par l’extrême droite” de ce mouvement, auxquel ne participera pas la CFDT, ni la CFE-CGC, et dont le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, se tient “à distance”.”Pour l’intersyndicale, aujourd’hui, le sujet, c’était de construire une grande journée de grève et de manifestation”, a fait valoir Mme Binet. Le 18 septembre, “c’est un jeudi, c’est beaucoup plus favorable pour la mobilisation”, a-t-elle estimé. “Nous voulons des augmentations de salaire, nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites”, a poursuivi Mme Binet.”On appellera nos équipes à se mobiliser pour le 18 septembre par la grève. Et moi, Force Ouvrière, je le dirai, à la grève reconductible”, a indiqué pour sa part Frédéric Souillot.”Quand on cherche de l’argent, eh bien on commence à conditionner les aides publiques versées aux entreprises: 211 milliards d’euros”, a-t-il souligné alors que le gouvernement cherche des moyens de réduire le poids de la dette publique.”Augmenter les salaires, ça fait augmenter les cotisations”, permettant de rééquilibrer le budget, a-t-il argumenté.Dans “la fonction publique, le point d’indice bloqué, c’est 30% de perte de pouvoir d’achat en 30 ans à peu près”, a dénoncé de son côté le président du syndicat de l’encadrement CFE-CGC François Hommeril.”Un couple d’enseignants en banlieue parisienne, ils sont à quelques encablures de la pauvreté. Mais comment est-ce qu’un État comme la France peut accepter ça ?”, a-t-il lancé.Le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a approuvé sur X l’initiative intersyndicale, jugeant que le mouvement du 10 septembre va s’inscrire “dans la durée”. “Le mouvement septembriste va donc s’enraciner”, a-t-il jugé.

European stocks retreat before US inflation data

European stock markets fell Friday as investors digested mixed economic data, while shares in UK banks and the pound dropped on reports the sector could face a windfall tax.The Dow and the S&P 500 hit fresh record highs Thursday on Wall Street after an upward revision to US growth in the second quarter and bumper results from AI chip giant Nvidia.Friday sees the release of key US inflation data, which could provide further guidance on interest rates after Federal Reserve chief Jerome Powell signalled a cut was likely in September.”Markets are pricing in around a high probability of a cut by the Fed next month, and today’s… inflation numbers will be a key data point for monetary policy setters,” said Derren Nathan, head of equity research at Hargreaves Lansdown.”Markets are keeping a close eye on the impact of tariffs on the prices of goods and services,” he added. “If inflation comes in hotter than expected, the path towards a drop in US borrowing costs in December will become a little less clear.”In Germany, data showed that unemployment in Europe’s biggest economy topped three million in August for the first time in more than a decade.Battered by high energy costs and fierce Chinese competition, German manufacturers were struggling even before US President Donald Trump erected new tariff walls.Separate figures Friday showed that inflation slowed in France and Italy this month, and held steady in Spain.The euro fell against the dollar, whose rise against the pound was greater.In Britain, an influential think tank said Friday that the Labour government could raise billions of pounds by imposing a windfall tax on banks in the UK.The biggest fallers on London’s top-tier FTSE 100 index were lenders NatWest and Lloyds, which each shed around five percent in midday deals.The report by the Institute for Public Policy Research suggested that banks could be targeted in the Labour government’s autumn budget.”Any such rumours are likely to have an exaggerated impact given the government’s obvious need to raise more income in an attempt to mitigate its financial difficulties,” said Richard Hunter, head of markets at Interactive Investor.- Key figures at around 1100 GMT -London – FTSE 100: DOWN 0.3 percent at 9,193.21 pointsParis – CAC 40: DOWN 0.5 percent at 7,726.88 Frankfurt – DAX: DOWN 0.4 percent at 23,935.36Tokyo – Nikkei 225: DOWN 0.3 percent at 42,718.47 (close)Hong Kong – Hang Seng Index: UP 0.8 percent at 25,189.34Shanghai – Composite: UP 0.4 percent at 3,857.93 (close)New York – Dow: UP 0.2 percent at 45,636.90 points (close)New York – S&P 500: UP 0.3 percent at 6,501.86 (close)Euro/dollar: DOWN at 1.1667 from $1.1680 on ThursdayPound/dollar: DOWN at $1.3458 at from $1.3508 Dollar/yen: UP at 147.18 yen from 146.97 yen Euro/pound: UP at 86.69 at from 86.46 pence  West Texas Intermediate: DOWN 0.4 percent at $64.33 per barrelBrent North Sea Crude: DOWN 0.4 percent at $67.69 per barrelburs-bcp/ajb/js

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

La justice suspend la chasse à la bécassine dans le Doubs et le Jura

Le tribunal administratif de Besançon a suspendu vendredi en référé la chasse à la bécassine des marais et à la bécassine sourde, des espèces menacées de disparition, dans les départements du Doubs et du Jura.”La justice offre un répit aux bécassines françaises”, a estimé la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué. Le tribunal se prononcera ultérieurement sur le sujet “au fond”.Saisie par l’association de défense des oiseaux, la juge des référés a suspendu les arrêtés préfectoraux du Doubs et du Jura autorisant la chasse de ces oiseaux de septembre 2025 à janvier 2026.Elle a estimé que “ces espèces sont en danger critique de disparition sur le territoire national”, selon un communiqué du tribunal administratif.”Seuls trois à six couples d’effectifs nicheurs” ont en effet été comptabilisés dans le département du Jura en 2024 et “une cinquantaine dans le département du Doubs”. Le préfet avait autorisé “des quotas de prélèvement de 30 oiseaux par chasseurs”.La juge relève aussi “qu’aucune donnée scientifique actuelle ne permet d’affirmer que les populations migratrices de ces espèces reviendraient nicher en France en cas de disparition de ces effectifs”.Pour Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, la justice administrative a confirmé que “l’objectif de conservation d’une espèce en péril immédiat doit primer sur l’exercice d’un loisir mortifère. Cette décision de justice permet de donner un sursis à la bécassine des marais au cœur d’un des derniers bastions français où l’espèce réussit encore à se reproduire.”La bécassine des marais est un oiseau typique des milieux marécageux, reconnaissable à son plumage brun mimétique et son long bec droit.En France, sa population nicheuse a diminué de plus de 75% depuis les années 1970, selon la LPO, avec à peine une soixantaine de couples qui se reproduisent aujourd’hui sur le territoire, dont près de la moitié dans le bassin du Drugeon, dans le Doubs.Les causes principales de sa lente disparition sont l’asséchement et l’artificialisation des zones humides, mais “la chasse y contribue également” et fait “courir un risque existentiel aux rares nicheurs français”, affirme la LPO.L’association appelle à “mettre en place un moratoire pour interdire durablement la chasse des bécassines dans les départements accueillant les derniers couples nicheurs”.

Thaïlande: la Première ministre destituée en raison d’un appel téléphonique divulgué

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a destitué vendredi la Première ministre Paetongtarn Shinawatra et son cabinet pour sa gestion des tensions entre son pays et le Cambodge voisin.Paetongtarn Shinawatra, fille de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, avait été suspendue de ses fonctions en juillet après avoir été accusée de ne pas avoir défendu la Thaïlande lors d’un appel téléphonique en juin avec l’ancien puissant dirigeant cambodgien Hun Sen, qui a été divulgué en ligne.Dans leur verdict, les neuf juges ont estimé qu’elle n’avait pas respecté les normes éthiques requises d’un Premier ministre lors de cet appel.La dirigeante de 39 ans a déclaré qu’elle avait fait de son mieux pour agir dans l’intérêt national. “Mes intentions étaient dans l’intérêt du pays, non pas pour mon profit personnel, mais pour la vie des gens, y compris les civils et les soldats”, a-t-elle déclaré à des journalistes après l’annonce de la décision de justice.Il y a une semaine, le père de Paetongtarn, le milliardaire Thaksin Shinawatra, avait été acquitté à l’issue de son procès pour crime de lèse-majesté. L’ex-Premier ministre de 76 ans encourait pour ces faits jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.Paetongtarn Shinawatra devient la troisième membre de sa famille à quitter la tête du gouvernement après son père et sa tante Yingluck, tous deux renversés par des coups d’Etat militaires.La Cour constitutionnelle avait déjà destitué son prédécesseur, Srettha Thavisin, il y a un an.Jiraporn Sindhuprai, une proche de Mme Paetongtarn, avait déclaré vendredi avant le verdict que celle-ci était dans “un bon état d’esprit”.Paetongtarn Shinawatra est accusée d’avoir enfreint les normes d’éthique exigées d’une cheffe du gouvernement, lors d’un appel avec l’ex-Premier ministre cambodgien, Hun Sen.Cet entretien, enregistré et diffusé à l’insu de la dirigeante thaïlandaise, avait eu lieu en juin alors que Bangkok et Phnom Penh étaient engagés dans un bras de fer depuis la mort d’un soldat cambodgien, fin mai, à la suite d’un échange de tirs avec l’armée thaïlandaise dans une zone disputée de la frontière.Les conservateurs du Bhumjaithai ont alors quitté la coalition formée avec son parti familial Pheu Thai, lui reprochant son ton trop révérencieux face à Hun Sen et d’avoir assimilé à un opposant un général thaïlandais chargé de surveiller une partie de la frontière.- Paralysie politique -L’affaire a provoqué une crise politique et de nouvelles tensions entre la Thaïlande et le Cambodge. Cinq jours d’affrontements armés entre les deux voisins ont entraîné en juillet la mort de 40 personnes et provoqué la fuite de plus de 300.000 autres.Paetongtarn Shinawatra a témoigné dans le cadre de son procès le 21 août, jour de son 39e anniversaire.Depuis une vingtaine d’années, la politique thaïlandaise est marquée par une lutte entre le clan Shinawatra et l’élite conservatrice, qui considère le premier comme une menace pour l’ordre social traditionnel du royaume.La destitution Paetongtarn Shinawatra pourrait plonger le royaume dans une paralysie politique, aucun candidat naturel ou pressenti n’étant en mesure de prendre la relève au poste de Premier ministre.Son parti, le Pheu Thai, gouverne avec une coalition fragile et instable au Parlement.En vertu de la Constitution thaïlandaise, seuls ceux qui se sont officiellement présentés comme candidat au poste de Premier ministre lors des dernières élections en 2023 sont éligibles.Or sur les neuf personnes initialement proposées par les principaux partis en 2023, quatre sont déjà inéligibles, tandis que les candidatures éventuelles des cinq autres sont également contrariées pour diverses raisons.L’organisation de nouvelles élections pourrait apparaître comme une solution, mais il reste à savoir si l’actuel Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, qui jusqu’à présent a refusé de spéculer sur une éventuelle destitution de Paetongtarn Shinawatra, peut convoquer les électeurs, ou si seul un Premier ministre approuvé par le Parlement a le droit de le faire.