Thaïlande: le magnat Anutin Charnvirakul élu Premier ministre par le Parlement

Le magnat de l’immobilier conservateur Anutin Charnvirakul a remporté vendredi le vote au Parlement thaïlandais pour devenir le prochain Premier ministre, évinçant la dynastie politique qui dominait jusque-là le pays.M. Anutin a cumulé 311 voix, obtenant ainsi une confortable majorité parmi les 492 députés siégeant à la chambre basse de l’Assemblée nationale thaïlandaise, indiquent les résultats finaux officiels.”Le Parlement approuve la nomination d’Anutin Charnvirakul au poste de Premier ministre”, a déclaré le vice-président de la chambre, Chalad Khamchuang.Sa nomination doit encore être approuvée par le roi pour devenir officielle.Quelques heures plus tôt, l’ancien Premier ministre (2001-2006) et homme d’affaires thaïlandais Thaksin Shinawatra, dont le vote a évincé son parti du pouvoir, avait quitté le pays à bord d’un jet privé.Sur X, M. Thaksin a déclaré avoir quitté la Thaïlande pour un examen médical à Singapour, mais avoir finalement bifurqué vers Dubaï en raison de la fermeture d’un aéroport.La Thaïlande peinait à se doter d’un nouveau gouvernement depuis la destitution de sa Première ministre Paetongtarn Shinawatra, fille de M. Thaksin, en poste depuis août 2024 et démise définitivement de ses fonctions la semaine dernière pour sa gestion d’une récente crise avec le Cambodge.- “Excitation” -Ayant obtenu au Parlement le soutien de l’opposition, Anutin Charnvirakul, autrefois allié du clan Shinawatra, était largement pressenti comme le prochain Premier ministre.Même son mandat risque d’être court, il aboutira à une “Thaïlande plus conservatrice”, prédit Titipol Phakdeewanich, chercheur en sciences politiques à l’université d’Ubon Ratchathani.”Le mouvement pro-démocratique des jeunes pourrait être confronté à des risques importants”, a-t-il ajouté, référence au désir de changement d’une jeunesse thaïlandaise qui a appelé à une réforme de la monarchie et de la constitution, mais qui a été largement réprimée.”C’est normal de ressentir de l’excitation,” avait déclaré Anutin Charnvirakul à un groupe de journalistes à son arrivée au Parlement avant le vote.L’ancien ministre de 58 ans est connu pour avoir promu la dépénalisation du cannabis en 2022 tout en maintenant une ligne conservatrice. Il avait reçu mercredi le soutien clé du Parti du peuple, principal parti d’opposition, majoritaire au Parlement.Pendant des décennies, la dynastie Shinawatra s’est partagé le pouvoir avec l’élite conservatrice en Thaïlande, mais de récents revers juridiques ont fait décliner son influence.Le parti Pheu Thai de cette puissante famille était au pouvoir depuis les élections de 2023. Après sa destitution, Mme Paetongtarn, héritière de la dynastie Shinawatra, avait cédé sa place à un Premier ministre intérimaire.- Jugement attendu -“Les gouvernements changent si souvent sans véritable justification que cela ne me choque plus vraiment”, a déclaré vendredi à l’AFP Apiwat Moolnangdeaw, Bangkokois de 34 ans, après la désignation d’Anutin Charnvirakul comme Premier ministre. Il se réjouit toutefois à l’idée de nouvelles élections qui “remettront tout à zéro”. “Laissons les citoyens exprimer leur volonté”, a-t-il ajouté.Thaksin Shinawatra, également magnat des télécommunications, avait été évincé du pouvoir lors d’un coup d’État en 2006 et passé 15 ans à l’étranger, avant de revenir en Thaïlande en août 2023.Il avait alors immédiatement été condamné à purger une peine de prison de huit ans pour corruption et abus de pouvoir, mais avait été transféré à l’hôpital pour des raisons de santé, puis gracié par le roi.La semaine prochaine, un jugement de la Cour suprême devra décider si sa libération anticipée de prison était légale. Certains analystes estiment que cette décision, attendue le 9 septembre, pourrait entraîner une nouvelle incarcération pour le magnat.”Je prévois de retourner en Thaïlande au plus tard le 8 (septembre) afin de me rendre personnellement au tribunal”, a cependant assuré M. Thaksin sur X.Il a précisé qu’il s’était rendu à Dubaï pour “rendre visite à des amis” là-bas, ainsi qu’à des médecins spécialisés en pneumologie et en orthopédie.

Lebanon to discuss army plan to disarm Hezbollah

The Lebanese government is set to discuss on Friday an army plan to disarm Hezbollah, which the Iran-backed militant group says plays into the hands of Israel and the United States.In August, under heavy US pressure and fearing Israel would intensify its strikes, Lebanon’s government ordered the army to draw up a plan for disarming Hezbollah by the end of the year.Hezbollah reiterated its opposition to the move on Wednesday, with its parliamentary bloc calling on Lebanese authorities to “reverse their… unpatriotic decision”.The government says disarming Hezbollah is part of implementing the US-brokered ceasefire agreement from November that ended over a year of hostilities between the group and Israel. Friday’s cabinet session comes amid intensified Israeli air strikes on southern Lebanon over the past two days, which killed at least five people, according to the health ministry and the state-run National News Agency.David Wood, a senior Lebanon analyst at the International Crisis Group, told AFP that “Israel is trying to send a message that only concrete action on disarmament, rather than pledges and words, will do the job”.Should the cabinet approve the plan, Wood said Hezbollah could consider other options like “imposing pressure on the Shiite ministers to resign from the government” or “trying to organise mass protests”.Al Akhbar, a Lebanese pro-Hezbollah newspaper, said that Hezbollah and Amal ministers might refuse to discuss the army’s plan on Friday.In an attempt to ease tensions, speaker of parliament and head of the Hezbollah-allied Amal movement Nabih Berri called on Sunday for discussions to be “a calm and consensual dialogue”.Fadi Makki, the only Shiite minister not affiliated with Hezbollah or Amal, told AFP there are “no details yet” on the army’s plan.”It will be presented today at 3:00pm (1200 GMT), it has not been distributed yet. There are no expectations,” he said, adding that ministers are “heading into the session positively”.- ‘Momentous’ -In late August, Prime Minister Nawaf Salam said “the path of monopolising arms, extending state authority and monopolising decisions on war and peace is a path that has begun and there is no turning back”.Ahead of the session, posters depicting Salam and Lebanese President Joseph Aoun were put up in the streets of Beirut with the caption: “We are all with you. One army, one arsenal, one state. A new era for Lebanon”.Hezbollah was the most powerful political force in Lebanon before its most recent war with Israel, able to sway and disrupt governments. The balance of power in Lebanon has since shifted, with Hezbollah badly weakened by the war as well as the overthrow of its ally Bashar al-Assad in Syria.The group’s leader Naim Qassem accused Lebanon’s government of handing the country to Israel by pushing for its disarmament.Qassem also said Hezbollah and Amal had postponed a previous call for protest to allow room for discussion and “to make adjustments before we reach a confrontation that no one wants”.However, he added, “if it is imposed on us, we will face it”.Hezbollah was the only group to keep its weapons after Lebanon’s 1975-1990 civil war, doing so in the name of resistance against Israel, which occupied the south until 2000.

Procès d’un maïeuticien: une femme sait “faire la différence” entre geste sexuel et médical, selon la présidente de la cour

“Je pense qu’une femme est capable de faire la différence” entre un acte médical et un geste sexuel, a lancé vendredi la présidente de la cour criminelle de l’Hérault à un homme exerçant l’activité de sage-femme poursuivi pour viols. Lionel Charvin, 54 ans, qui exerçait en libéral et dans une clinique à Montpellier jusqu’en 2016 a déjà été condamné en 2021 à 12 ans de prison pour 11 viols sur des patientes. Il n’avait pas fait appel, finissant par reconnaître sa culpabilité après ce premier procès. Il comparaît aujourd’hui pour des faits similaires sur six autres patientes, mais a contesté jeudi avoir “masturbé” certaines de ces femmes, évoquant des gestes “médicaux”.”Je ne comprends pas votre défense”, lui a lancé vendredi la présidente de la cour criminelle, Sylvie Rouanne, au début de la seconde journée d’audience. “J’avais cru comprendre que vous aviez cheminé”.”Sur le premier procès, vous reconnaissez être pénalement coupable, et sur le second, vous évoquez seulement une +responsabilité morale de la part d’un mauvais professionnel de santé. Pourtant, ces femmes décrivent toutes des masturbations. Je pense qu’une femme est capable de faire la différence” avec un acte médical, poursuit la magistrate.Dans le box, Lionel Charvin se montre hésitant: “J’arrive pas à vous répondre”, dit-il.”Ce qu’il a fait constitue des viols”, tranche ensuite, dans une plaidoirie qui a poussé Lionel Charvin à cacher son visage derrière ses mains, une avocate des parties civiles, Iris Christol, rappelant qu’en droit français le viol est défini comme une pénétration imposée par “violence, contrainte, menace ou surprise”.”Introduire deux doigts dans le vagin d’une femme, sans demander, sans consentement, c’est de la surprise, et parce qu’il y a la contrainte morale pour ces femmes qui ont été complètement pétrifiées”, a lancé Me Christol.Après le réquisitoire de l’avocat général en début d’après-midi, la parole sera à la défense. Lionel Charvin encourt 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu vendredi dans la soirée.

Catherine Vautrin, une ministre marquée à droite mais qui se veut plus consensuelle

Issue de la droite ralliée au macronisme, Catherine Vautrin refuse d’évoquer Matignon, un poste qui lui avait été promis en 2022 sans lui être accordé. Mais la discrète ministre s’est forgée depuis une stature plus consensuelle qui la fait figurer parmi les potentiels successeurs de François Bayrou.A la tête d’un grand ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, comparé en interne à un “mini-Matignon”, elle assure ne pas faire campagne.Mais elle était vendredi matin auprès de salariés d’un supermarché à Paris qui se “lèvent tôt” pour valoriser le travail, un thème cher à la macronie. Catherine Vautrin n’est pas revenue sur la suppression très critiquée de deux jours fériés, expliquant juste que “l’important” c’est “d’aller vers l’emploi” pour que l’effort budgétaire “soit partagé par tous”. Elle se projette néanmoins dans l’après. La veille, à la Caisse d’assurance maladie de Paris, faisant la promotion du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale et sociale, elle a assuré qu’il sera repris par le “prochain” gouvernement, alors que celui de François Bayrou est voué à tomber lundi sous la défiance des oppositions.”Dans ce texte, il y a de nombreuses mesures qui peuvent rassembler les parlementaires”, fait-elle valoir, soulignant “l’attachement de chacun au modèle social”. Or “frauder, c’est trahir ce modèle”.- “mamie passe-partout” -En robe bleu marine très classique, sourire en coin, elle est lucide, bien placée pour savoir que les noms qui sortent pour Matignon ne sont pas toujours ceux qui atterrissent rue de Varenne.Emmanuel Macron avait promis en 2022 de la nommer à la tête du gouvernement avant de la débrancher  à la dernière minute au bénéfice d’Elisabeth Borne, sous la pression de macronistes qui dénonçaient sa participation à la mobilisation contre le mariage pour tous.Mais la page semble tournée. L’ancienne sarkozyste issue de la droite “libérale et sociale” a même rejoint depuis le parti Renaissance de Gabriel Attal.”Elle s’est rachetée une conduite avec le projet de loi fin de vie” : “elle a montré qu’elle était capable de changer de position et de mener un débat (…) transpartisan où on essaye de trouver des équilibres”, assure une ministre du camp présidentiel. “Elle cultive son côté mamie passe-partout. Elle n’est un no-go pour personne”, souligne une conseillère macroniste.Autre atout dans une Assemblée nationale fracturée, elle fait partie des ministres chargés des délicates discussions budgétaires en charge d’élaborer le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), lestée de 22 milliards de déficit.Rompue aux arcanes du pouvoir, cette ex-chiraquienne de 65 ans avait occupé un poste quasiment similaire dans le gouvernement Attal en 2024 avant de prendre le portefeuille des Territoires sous le gouvernement du LR Michel Barnier.- équation compliquée -L’élue rémoise, mariée à un médecin et mère d’une fille, a aussi défendu une réforme de l’assurance chômage, dénoncée comme violente par les syndicats.Elle ne semble pas être pour autant un irritant pour l’ensemble des socialistes, comme semble l’être à leurs yeux l’ex-LR Gérald Darmanin, même si elle est loin d’avoir autant d’affinités avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure que son collègue à l’Economie Eric Lombard.”Même si on l’a parfois cataloguée de +réac+, elle a une vraie capacité de dialogue”, souligne le président du conseil national (parlement) du PS, Luc Broussy qui la connait depuis 2004.Mais l’équation budgétaire reste compliquée, la gauche et les syndicats réclamant de repartir d’une autre copie que celle de François Bayrou.”C’est quand même pas normal que quelqu’un qui porte le budget de la Sécurité sociale et qui est membre du gouvernement de François Bayrou revienne porter le même projet une fois que le Premier ministre sera tombé”, s’est ainsi agacé le député PS Philippe Brun sur BFMTV.La question n’est “pas la personne, mais ce qu’elle propose”, glisse aussi un cadre socialiste.A droite, le maire LR de Meaux Jean-François Copé loue son “parcours complet” de parlementaire, ministre et élue locale de longue date, ainsi que son “autorité naturelle”.

Catherine Vautrin, une ministre marquée à droite mais qui se veut plus consensuelle

Issue de la droite ralliée au macronisme, Catherine Vautrin refuse d’évoquer Matignon, un poste qui lui avait été promis en 2022 sans lui être accordé. Mais la discrète ministre s’est forgée depuis une stature plus consensuelle qui la fait figurer parmi les potentiels successeurs de François Bayrou.A la tête d’un grand ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, comparé en interne à un “mini-Matignon”, elle assure ne pas faire campagne.Mais elle était vendredi matin auprès de salariés d’un supermarché à Paris qui se “lèvent tôt” pour valoriser le travail, un thème cher à la macronie. Catherine Vautrin n’est pas revenue sur la suppression très critiquée de deux jours fériés, expliquant juste que “l’important” c’est “d’aller vers l’emploi” pour que l’effort budgétaire “soit partagé par tous”. Elle se projette néanmoins dans l’après. La veille, à la Caisse d’assurance maladie de Paris, faisant la promotion du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale et sociale, elle a assuré qu’il sera repris par le “prochain” gouvernement, alors que celui de François Bayrou est voué à tomber lundi sous la défiance des oppositions.”Dans ce texte, il y a de nombreuses mesures qui peuvent rassembler les parlementaires”, fait-elle valoir, soulignant “l’attachement de chacun au modèle social”. Or “frauder, c’est trahir ce modèle”.- “mamie passe-partout” -En robe bleu marine très classique, sourire en coin, elle est lucide, bien placée pour savoir que les noms qui sortent pour Matignon ne sont pas toujours ceux qui atterrissent rue de Varenne.Emmanuel Macron avait promis en 2022 de la nommer à la tête du gouvernement avant de la débrancher  à la dernière minute au bénéfice d’Elisabeth Borne, sous la pression de macronistes qui dénonçaient sa participation à la mobilisation contre le mariage pour tous.Mais la page semble tournée. L’ancienne sarkozyste issue de la droite “libérale et sociale” a même rejoint depuis le parti Renaissance de Gabriel Attal.”Elle s’est rachetée une conduite avec le projet de loi fin de vie” : “elle a montré qu’elle était capable de changer de position et de mener un débat (…) transpartisan où on essaye de trouver des équilibres”, assure une ministre du camp présidentiel. “Elle cultive son côté mamie passe-partout. Elle n’est un no-go pour personne”, souligne une conseillère macroniste.Autre atout dans une Assemblée nationale fracturée, elle fait partie des ministres chargés des délicates discussions budgétaires en charge d’élaborer le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), lestée de 22 milliards de déficit.Rompue aux arcanes du pouvoir, cette ex-chiraquienne de 65 ans avait occupé un poste quasiment similaire dans le gouvernement Attal en 2024 avant de prendre le portefeuille des Territoires sous le gouvernement du LR Michel Barnier.- équation compliquée -L’élue rémoise, mariée à un médecin et mère d’une fille, a aussi défendu une réforme de l’assurance chômage, dénoncée comme violente par les syndicats.Elle ne semble pas être pour autant un irritant pour l’ensemble des socialistes, comme semble l’être à leurs yeux l’ex-LR Gérald Darmanin, même si elle est loin d’avoir autant d’affinités avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure que son collègue à l’Economie Eric Lombard.”Même si on l’a parfois cataloguée de +réac+, elle a une vraie capacité de dialogue”, souligne le président du conseil national (parlement) du PS, Luc Broussy qui la connait depuis 2004.Mais l’équation budgétaire reste compliquée, la gauche et les syndicats réclamant de repartir d’une autre copie que celle de François Bayrou.”C’est quand même pas normal que quelqu’un qui porte le budget de la Sécurité sociale et qui est membre du gouvernement de François Bayrou revienne porter le même projet une fois que le Premier ministre sera tombé”, s’est ainsi agacé le député PS Philippe Brun sur BFMTV.La question n’est “pas la personne, mais ce qu’elle propose”, glisse aussi un cadre socialiste.A droite, le maire LR de Meaux Jean-François Copé loue son “parcours complet” de parlementaire, ministre et élue locale de longue date, ainsi que son “autorité naturelle”.

Entre l’Ethiopie et l’Egypte, le mégabarrage de la discorde

Une “menace existentielle” s’alarme l’Egypte, une “opportunité” régionale, assure l’Ethiopie: le mégabarrage sur le Nil construit par Addis Abeba, qui doit être inauguré le 9 septembre, est source de tensions entre les deux pays depuis plus d’une décennie.Le Grand barrage de la Renaissance (GERD), source de fierté en Ethiopie, est l’un des rares sujets faisant l’unanimité dans ce pays déchiré par plusieurs conflits armés, encore actifs dans les deux régions les plus peuplées du pays, l’Amhara et l’Oromia.Celle du Tigré est sortie en 2022 d’une guerre civile qui a fait au moins 600.000 morts, selon une estimation de l’Union africaine.”Il n’y a que deux sujets consensuels en Ethiopie: un accès à la mer (le pays est enclavé depuis l’indépendance de l’Erythrée au début des années 1990, NDLR) et le barrage”, affirme à l’AFP un diplomate étranger basé à Addis Abeba, sous couvert d’anonymat.Sur les réseaux sociaux, les images du barrage, ornées du drapeau éthiopien, sont légion à l’approche de l’inauguration. Tant le TPLF -le parti tigréen, au pouvoir jusqu’en 2018- que le parti d’Abiy qui lui a succédé s’en attribuent le mérite.Dans une “région difficile” et au vu d’une “fragilité politique intérieure croissante”, le gouvernement éthiopien “cherche à utiliser le barrage et la confrontation avec ses voisins comme stratégie d’unité”, explique à l’AFP Alex Vines, du Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).- “Grand jeu” -La première pierre du GERD, immense ouvrage de 1,8 kilomètre de large pour 145 mètres de haut, d’une contenance totale de 74 milliards de mètres cubes d’eau, a été posée en avril 2011.Depuis, le projet est au coeur d’un Grand jeu géopolitique régional. Il est vertement critiqué par Le Caire qui, craignant un tarissement de sa principale source d’approvisionnement en eau, martèle qu’il constitue une “menace existentielle”.L’Egypte, pays d’environ 110 millions d’habitants, dépend du Nil pour 97% de ses besoins hydriques, notamment pour l’agriculture. D’après son ministère des Ressources en eau, le pays aride dispose aujourd’hui de 59,6 milliards de mètres cubes du précieux liquide, quand 114 milliards seraient nécessaires.”Quiconque imagine que l’Egypte fermera les yeux sur sa sécurité hydrique se trompe”, a lancé en août son président Abdel Fattah al-Sissi, menaçant de prendre “toutes les mesures prévues par le droit international pour protéger les ressources existentielles de notre peuple”.L’exécutif égyptien s’est récemment rapproché des deux pays frontaliers de l’Ethiopie: l’Erythrée, qui entretient aujourd’hui des relations tendues avec Addis Abeba, et la Somalie.Le Soudan a également fait part de son inquiétude. Avec le Caire, ils ont réitéré fin juin “leur rejet de toute mesure unilatérale dans le bassin du Nil Bleu”.Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays – sous l’égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l’Union africaine – ont toutes échoué.- “Pas un litre de perdu” -L’Ethiopie, qui devrait voir sa production électrique doubler grâce au GERD, se veut rassurante. “L’énergie et le développement qu’il générera contribueront non seulement à l’essor de l’Éthiopie, mais aussi de toute la région. Le barrage d’Assouan, en Égypte, n’a jamais perdu un seul litre d’eau à cause du GERD”, a affirmé son Premier ministre Abiy Ahmed en juillet.Un discours répété lundi lors d’un entretien télévisé. “Leurs barrages (soudanais et égyptiens, NDLR) doivent être pleins. Nous ne voulons pas que (le GERD) génère des craintes pour eux”, a-t-il affirmé.Une cohabitation pacifique des voisins du Nil est tout à fait possible, remarquent des experts. “Le Nil suffit à tous les pays en amont et en aval s’il est géré correctement”, assure Abel Abate Demissie, chercheur du groupe de réflexion Chatham House.Un conflit ouvert entre l’Ethiopie et l’Egypte est de fait “peu probable”, selon les différents chercheurs interrogés par l’AFP.”Je ne pense pas qu’il y aura une escalade des tensions massive entre les deux pays. L’Égypte ne bombardera pas le barrage”, souligne Magnus Taylor directeur adjoint du projet Corne de l’Afrique à l’International Crisis Group.Quand bien même le sujet a un impact sur la “stabilité interne” de l’Egypte, car une diminution importante de l’approvisionnement en eau aurait un impact sur la stabilité du pays, tant politique qu’économique et sociale, note l’expert en eau Mohamed Mohey el-Deen, ex-membre du comité égyptien d’évaluation du GERD.Mais avec l’inauguration la semaine prochaine de l’ouvrage, “la seule option réaliste pour l’Egypte est de s’adapter”, affirme-t-il. “Il n’y a pas d’autre alternative”.

A69: le ministre des Transports espère un chantier terminé “dans une année”

Le chantier de l’A69, autoroute contestée entre Toulouse et Castres, “revient à plein régime”, a affirmé vendredi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu voir dans le Tarn des travaux qu’il espère voir terminés “dans une année”.C’est “l’objectif qui a été fixé à Atosca (futur concessionnaire, en charge des travaux) avec des perspectives positives”, a déclaré le ministre, souhaitant que l’inauguration de l’autoroute ait lieu “dans une grande année, environ 12 à 13 mois supplémentaires”.Interrogé sur l’audience devant la cour administrative d’appel de Toulouse qui doit examiner au fond, aux alentours de la fin du mois de novembre, les recours des opposants à l’autoroute, M. Tabarot s’est dit “optimiste”.”Je pense et j’espère que la cour administrative d’appel a compris l’intérêt de ce projet et que tout a été fait dans les règles”, a dit le ministre.”Nous respecterons bien sûr les prochaines décisions de justice et nous espérons que ces décisions de justice seront respectées également par les opposants du projet, qu’ils accepteront: on est dans un Etat de droit, quelle que soit la décision, il faut la respecter”, a déclaré M. Tabarot.Concernant cette échéance devant la justice, le directeur général d’Atosca, Martial Gerlinger, a déclaré: “je suis là pour respecter un contrat, pour livrer une autoroute attendue sur ce territoire et je suis là bien entendu pour respecter les décisions de justice et je n’ai rien d’autre à dire à ce sujet”.”Ca fait deux mois et demi qu’on travaille, avec quasiment le même effectif que celui du moment de l’arrêt, on est à 800 personnes qui travaillent sur le chantier, 320 engins, (…) on a tout fait pour que rapidement on fasse revenir le personnel de toute la France”, a également déclaré M. Gerlinger, à propos de la reprise des travaux.Fin février, le tribunal administratif de Toulouse avait jugé qu’il n’y avait pas de “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant l’impact environnemental causé par le projet, ce qui avait conduit à un arrêt des travaux.Mais en mai, la cour administrative d’appel avait fait droit à une demande de l’Etat et du futur concessionnaire, visant à les faire reprendre.Depuis le printemps 2023 et les premiers coups de pioche de ce chantier visant à créer 53 km de voie rapide entre Castres et Toulouse, la contestation a pris différentes formes: manifestations, grèves de la faim, occupations d’arbres au coeur de zones à défendre (ZAD), ou encore recours juridiques.Début juillet, plusieurs centaines de personnes s’étaient encore rassemblées dans le Tarn pour une “turboteuf” contre l’autoroute.

A69: le ministre des Transports espère un chantier terminé “dans une année”

Le chantier de l’A69, autoroute contestée entre Toulouse et Castres, “revient à plein régime”, a affirmé vendredi le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu voir dans le Tarn des travaux qu’il espère voir terminés “dans une année”.C’est “l’objectif qui a été fixé à Atosca (futur concessionnaire, en charge des travaux) avec des perspectives positives”, a déclaré le ministre, souhaitant que l’inauguration de l’autoroute ait lieu “dans une grande année, environ 12 à 13 mois supplémentaires”.Interrogé sur l’audience devant la cour administrative d’appel de Toulouse qui doit examiner au fond, aux alentours de la fin du mois de novembre, les recours des opposants à l’autoroute, M. Tabarot s’est dit “optimiste”.”Je pense et j’espère que la cour administrative d’appel a compris l’intérêt de ce projet et que tout a été fait dans les règles”, a dit le ministre.”Nous respecterons bien sûr les prochaines décisions de justice et nous espérons que ces décisions de justice seront respectées également par les opposants du projet, qu’ils accepteront: on est dans un Etat de droit, quelle que soit la décision, il faut la respecter”, a déclaré M. Tabarot.Concernant cette échéance devant la justice, le directeur général d’Atosca, Martial Gerlinger, a déclaré: “je suis là pour respecter un contrat, pour livrer une autoroute attendue sur ce territoire et je suis là bien entendu pour respecter les décisions de justice et je n’ai rien d’autre à dire à ce sujet”.”Ca fait deux mois et demi qu’on travaille, avec quasiment le même effectif que celui du moment de l’arrêt, on est à 800 personnes qui travaillent sur le chantier, 320 engins, (…) on a tout fait pour que rapidement on fasse revenir le personnel de toute la France”, a également déclaré M. Gerlinger, à propos de la reprise des travaux.Fin février, le tribunal administratif de Toulouse avait jugé qu’il n’y avait pas de “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant l’impact environnemental causé par le projet, ce qui avait conduit à un arrêt des travaux.Mais en mai, la cour administrative d’appel avait fait droit à une demande de l’Etat et du futur concessionnaire, visant à les faire reprendre.Depuis le printemps 2023 et les premiers coups de pioche de ce chantier visant à créer 53 km de voie rapide entre Castres et Toulouse, la contestation a pris différentes formes: manifestations, grèves de la faim, occupations d’arbres au coeur de zones à défendre (ZAD), ou encore recours juridiques.Début juillet, plusieurs centaines de personnes s’étaient encore rassemblées dans le Tarn pour une “turboteuf” contre l’autoroute.

Poutine menace de cibler toute force occidentale déployée en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a menacé vendredi les alliés de Kiev de cibler toute force occidentale déployée en Ukraine, au lendemain d’une réunion à Paris consacrée aux garanties de sécurité dans le cadre d’un hypothétique cessez-le-feu.Vingt-six pays, essentiellement européens, se sont engagés jeudi à Paris à soutenir militairement l’Ukraine au sol, en mer ou dans les airs dans cette perspective, une avancée “concrète” saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky après plus de trois ans d’un conflit qui a fait a minima des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de morts.”Le jour où le conflit s’arrête, les garanties de sécurité se déploient”, a expliqué le président français Emmanuel Macron, que ce soit via un “cessez-le-feu”, un “armistice” ou un “traité de paix”. Il ne s’agit donc pas “de mener quelque guerre contre la Russie”, mais de la dissuader d’attaquer à nouveau l’Ukraine à l’avenir, a insisté M. Macron, sans fournir de précision ni de détail sur les contributions pays par pays.Mais Moscou a aussitôt mis son veto à toute garantie militaire occidentale à l’Ukraine.- “Coalition des volontaires” -“Les étrangers, en particulier les contingents militaires européens et américains, peuvent-ils fournir et garantir la sécurité de l’Ukraine? Absolument pas, ils ne le peuvent pas”, a déclaré vendredi Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, à l’agence Ria Novosti, soulignant que la Russie devait aussi bénéficier de garanties pour sa sécurité. Il a également accusé les Européens d'”entraver” le règlement du conflit à grande échelle déclenché par la décision de la Russie d’envahir l’Ukraine en février 2022.Se faisant plus explicite, Vladimir Poutine a prévenu vendredi que n’importe quelle force occidentale en Ukraine sera une “cible légitime” pour l’armée russe.”Si des forces, quelles qu’elles soient, apparaissent sur place, surtout maintenant, au moment où des combats sont en cours, nous partirons du principe qu’elles seront des cibles légitimes” pour l’armée russe, a déclaré M. Poutine lors d’un Forum économique de l’Est à Vladivostok (Extrême-Orient russe).”Et si des décisions sont obtenues pour aboutir à la paix, à une paix durable, je ne vois tout simplement pas de sens à leur présence” sur le territoire ukrainien, a ajouté M. Poutine, en appelant à ce que “personne ne doute que la Russie respecte pleinement” de futures garanties de sécurité pour l’Ukraine.Le soutien américain, ou “backstop”, était l’enjeu d’une visioconférence avec le président Donald Trump dans la foulée du sommet de jeudi à Paris, auquel a aussi en partie pris part son émissaire spécial Steve Witkoff, présent au palais de l’Élysée, la présidence française.Aucune annonce n’a été faite à cet égard.”Nous comptons sur le +backstop+ des États-Unis”, a indiqué M. Zelensky jeudi.Depuis mi-février, Paris et Londres, à la tête d’une “coalition des volontaires”, multiplient les réunions de planification au niveau des chefs d’état-major, des ministres et des chefs d’État.Les garanties de sécurité, inexistantes dans les accords de Minsk conclus en 2014 et 2015 pour mettre un terme aux combats entre l’armée ukrainienne et des séparatistes prorusses pilotés par Moscou, sont présentées comme un moyen d’empêcher une reprise du conflit.