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Mobilisation agricole: les appels à la “trêve de Noël” se multiplient

Les appels à une “trêve de Noël” se multiplient après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur mais la colère des agriculteurs persiste sur le terrain face à la gestion de la dermatose bovine par le gouvernement, dont le chef Sébastien Lecornu reçoit vendredi les syndicats agricoles.Le gouvernement “ne tolérera plus de nouveaux blocages” des agriculteurs pendant les fêtes de Noël, même si les forces de l’ordre agiront “avec discernement”, a prévenu la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur RTL. L’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a précisé à l’AFP que cette volonté d’éviter tout nouveau blocage était en place depuis 48 heures. Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a semblé d’accord sur le principe d’une “trêve” pour Noël, qu’il a toutefois conditionnée après son rendez-vous avec le Premier ministre à un “courrier” promis “d’ici ce soir” par Sébastien Lecornu avec “l’ensemble des intentions” de Matignon, afin de rassurer les adhérents FNSEA.Un nouveau rendez-vous est prévu autour du 8 janvier pour un travail sur “la vision” du Premier ministre sur l’agriculture, et pour obtenir des “réponses d’ici le Salon de l’agriculture” sur la “crise viticole”, la “production” (donc l’accès aux pesticides et à l’eau), mais aussi les engrais dont le coût pourrait gonfler avec la taxe carbone européenne.”Vision” que la FNSEA attend du président Emmanuel Macron depuis les crises – Ukraine, inflation, crises sanitaires – qui ont suivi son discours fondateur sur l’agriculture à Rungis en 2017.A la sortie de leur rendez-vous avec le Premier ministre, leurs alliés des Jeunes agriculteurs ont rejoint l’appel à la trêve. “Mais croyez-moi, à la rentrée on va se revoir (…) parce que le compte n’y est pas”, a prévenu leur président Pierrick Horel.L’enjeu sera de voir si cet appel tient sur le terrain puisque la puissante alliance FNSEA-JA, qui a perdu du terrain aux dernières élections syndicales dans le Sud-Ouest, n’est pas à la barre des principaux blocages dans la région.Coordination rurale (CR) et Confédération paysanne, reçues après la FNSEA, ont amplifié leurs blocages ces derniers jours, la colère ayant été ravivée par la gestion de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ces deux syndicats ont été rejoints localement par des Jeunes agriculteurs (JA) et parfois des adhérents de la FNSEA.”Puisqu’on nous demande de faire la trêve pour les manifestations (…), on attend une trêve de l’abattage complet des troupeaux”, a déclaré sur Ici Occitanie Lionel Candelon, président de la chambre d’agriculture du Gers issu de la CR, depuis un blocage de l’A64 près de Carbonne.Il répondait à la ministre Annie Genevard, aussi interrogée sur l’antenne locale, qui a éludé la question de l’abattage systématique en cas de détection d’un cas de dermatose, en renvoyant à la cellule de dialogue scientifique mise en place pour étudier des protocoles alternatifs.- Empêcher les nouveaux blocages -Jeudi, le ministère de l’Intérieur dénombrait 110 actions en cours mobilisant 5.000 personnes, contre 80 actions mercredi, 75 mardi, 45 lundi et 27 dimanche.Les principaux blocages du Sud-Ouest étaient encore en cours vendredi matin.A Agen, des dizaines de mannequins en combinaison et bottes ont été pendus aux arbres pour symboliser le suicide des agriculteurs devant la préfecture du Lot-et-Garonne, où 300 personnes se sont rassemblées à l’appel de la Coordination rurale.Le préfet de la Vienne a annoncé déposer plainte après des incidents dans la nuit avec un “groupe de manifestants de la Coordination rurale”.Au Touquet (Pas-de-Calais), quelques dizaines de manifestants accompagnés de tracteurs se sont rassemblés devant la villa d’Emmanuel Macron.Le mouvement “vise la politique européenne menée aujourd’hui, car nous sommes en train de refaire marche arrière. Nous manifestons contre l’accord Mercosur, la baisse de la PAC, la taxe sur les engrais, la concurrence déloyale”, explique Benoît Hédin, vice-président de la FDSEA de Montreuil-sur-Mer, à l’origine de l’action.Jeudi, quelque 10.000 agriculteurs européens ont manifesté à Bruxelles contre la signature de l’accord entre l’UE et des pays du Mercosur.La Commission semblait déterminée à arracher d’ici vendredi un feu vert des Vingt-Sept mais le soutien de l’Italie à la France, opposée à la signature, a finalement conduit jeudi soir la présidente de la commission Ursula von der Leyen à le reporter à janvier. Un report insuffisant pour les agriculteurs français.bur-im-llb-mdz/abb/de/ale

Mercosur: fort d’un bref répit, Macron reste prudent pour la suite

Sous pression en France, Emmanuel Macron a remporté à Bruxelles une bataille avec le report à janvier d’un vote sur l’accord commercial avec le Mercosur, grâce au soutien-clé de l’Italie. Un répit fragile qui l’expose dans un mois à une nouvelle flambée de colère agricole.Ce report représente “une avancée mais pas une victoire”, a estimé vendredi la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard. C’était “la seule décision raisonnable”, a-t-elle ajouté sur X.Le président français était arrivé jeudi sur la défensive comme rarement, lui qui s’affiche volontiers à l’initiative lors des sommets européens.”Je n’aime pas qu’on balade les gens, donc je ne vais pas balader nos agriculteurs”, avait-il haussé la voix devant la presse, invoquant un “bon sens un peu paysan”.L’heure était grave: la Commission européenne semblait déterminée à arracher d’ici vendredi un feu vert des Vingt-Sept, à la majorité qualifiée, à cet accord de libre échange avec le bloc latino-américain, pour le signer samedi au Brésil. Quitte à passer outre l’opposition française.Avec un allié de poids, l’Allemagne. Le bras de fer entre Emmanuel Macron et le chancelier Friedrich Merz s’étalait ainsi sur la place publique alors qu’ils avaient mis en scène depuis le printemps l’image d’un couple réconcilié et à nouveau moteur en Europe.Le président français demandait lui le “report” de toute décision, sous la pression des agriculteurs qui manifestent en France et dans la capitale belge, conjuguée à celle d’une classe politique française quasi-unanimement opposée à ce texte.”Si aujourd’hui il y a une volonté de passage en force”, “je vous le dis très clairement, la France s’opposera”, “on doit être respectés”, a-t-il martelé jeudi matin.Au bout d’une journée de conciliabules dans les coulisses du sommet bruxellois, il a gagné son pari.- “Opération d’enfumage” -Mais dans la chorégraphie de cette journée cruciale, c’est la Première ministre italienne Giorgia Meloni, souvent présentée comme une rivale d’Emmanuel Macron sur la scène européenne, qui est apparue comme la clé du dénouement.Le président brésilien Lula, pourtant proche de son homologue français, a publiquement déclaré avoir accepté de transmettre à ses partenaires du Mercosur la demande de report d’un mois formulée par la dirigeante italienne lors d’un appel.Cette ouverture a rebattu les cartes.Et dans la soirée, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé que la signature du traité était reportée à janvier.”Meloni joue très finement, c’est un grand sommet pour elle”, glisse un diplomate européen. Un autre se montre encore plus cinglant: “Macron ne lui dira jamais publiquement merci, et elle ne dira jamais l’avoir fait comme une faveur à son endroit”.En France, la position d’Emmanuel Macron alimente en tout cas les commentaires de ses opposants sur une supposée perte d’influence à seize mois de la fin de son mandat.”Nouvelle opération d’enfumage avec le report de la signature”, a protesté Manon Aubry, eurodéputée du parti de gauche radicale La France insoumise.Les mêmes problèmes risquent d’ailleurs de se poser à nouveau en janvier pour le chef de l’Etat. Comme l’a résumé la FNSEA, premier syndicat agricole français, “le Mercosur, c’est toujours non” pour le monde paysan comme pour la plupart des partis politiques hexagonaux.Emmanuel Macron a jugé à l’issue du sommet, dans la nuit de jeudi à vendredi, qu’il était “trop tôt” pour dire s’il pourra accepter l’accord en janvier, sans toutefois l’exclure.”Je l’espère, parce que ça veut dire qu’on aura obtenu des avancées (…) historiques”, a-t-il expliqué.Pour cela, il demande la concrétisation de ses trois exigences auxquelles Bruxelles a déjà commencé à répondre: une “clause de sauvegarde” en cas de déstabilisation des marchés agricoles, des “clauses miroirs” en matière de normes sanitaires et environnementales, et des contrôles sanitaires accrus à l’importation.Emmanuel Macron, qui sur le fond considère l’accord commercial comme bon pour plusieurs filières, notamment viticole et industrielle, a reconnu jeudi que la réponse européenne à ces “conditions” avançait “dans la bonne direction”.Mais “nous avons besoin d’avoir ces avancées, que le texte change de nature, qu’on parle d’un autre accord”, qui “permette de protéger nos agriculteurs”, a-t-il prévenu dans la nuit.Surtout, il a ouvert un autre front, dans l’espoir de calmer la colère des campagnes: la “bataille” pour maintenir les revenus des agriculteurs dans la future politique agricole commune (PAC), face à de premières propositions européennes jugées insatisfaisantes à Paris.

L’accord UE-Mercosur reporté en janvier, von der Leyen confiante

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite vendredi “confiante” de parvenir à signer l’accord commercial avec les pays du Mercosur en janvier, après un report provoqué par la France et l’Italie sur fond de mobilisation agricole.Ce report n’est “pas suffisant” pour la FNSEA, le premier syndicat agricole français, qui a appelé ses adhérents à rester mobilisés, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Le président brésilien Lula avait ouvert la voie à ce report, après un échange téléphonique avec Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien lui a demandé de la “patience”, tout en assurant que l’Italie soutiendrait l’accord in fine, a-t-il relaté.- “Interminable” -Ce délai supplémentaire est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.Ce ne sera pas “réglé cette année, mais il semble désormais presque certain que cela va se faire”, nuance une source gouvernementale allemande, qui vise une signature “mi-janvier”, car l’Italie sera cette fois “à bord”.La puissante fédération allemande de l’industrie chimique et pharmaceutique (VCI) a quant à elle fait part de sa “frustration” face à une “interminable partie de bras de fer”.L’exécutif européen espérait parapher ce traité de libre-échange samedi au Brésil. Mais Ursula von der Leyen avait besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles, dont l’ont privée la France et l’Italie notamment.A l’issue du sommet, Emmanuel Macron a demandé que le texte “change de nature”, avec davantage de garanties pour les agriculteurs. Il a réclamé en parallèle “le maintien des revenus de nos agriculteurs dans la future” politique agricole commune (PAC). Le président français n’exclut pas d’accepter l’accord en janvier, mais il est “trop tôt pour le dire”.- Lacrymogènes et vitres brisées -En marge de ce sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement jeudi à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère.Avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police. La situation a été particulièrement tendue autour des institutions européennes, protégées par un important dispositif policier.Selon la police belge, 7.300 personnes, avec une cinquantaine de tracteurs, ont pris part à la manifestation autorisée, principalement dans le calme.Mais 950 tracteurs supplémentaires s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC): les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants.Le Mercosur? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous, on n’a pas le droit d’utiliser. (…) On nous ramène des poulets de merde”, fustigeait la Française Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) en Seine-et-Marne près de Paris.”On a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula (von der Leyen) veut passer en force”, a aussi dénoncé Maxime Mabille, producteur laitier belge.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. De nombreux agriculteurs européens reprochent aux pays du Mercosur de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la PAC, que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour les agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient encore amplifier le mécontentement.

Agriculture: les départs en vacances menacés par les colères paysannes

Le gouvernement français tentera de déminer vendredi les colères paysannes qui s’agglomèrent contre la gestion sanitaire de la dermatose bovine, la signature d’un accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur ou la baisse du budget européen de l’agriculture, et qui menacent de bloquer les routes des départs en vacances.Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit recevoir séparément à partir de 08H30 à Matignon les représentants des quatre principales organisations agricoles, en commençant par les Jeunes Agriculteurs, suivis de la FNSEA, puis la Coordination rurale, jusqu’à la Confédération paysanne vers midi.Depuis plusieurs jours, des foyers de contestation émergent, essentiellement dans le sud-ouest, s’opposant aux abattages systématiques des troupeaux de bovins où sont détectés des cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).La fronde, menée principalement par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, est matérialisée par des dépôts de pneus, paille, palettes, fumier et déchets plastiques sur les autoroutes ou devant des bâtiments de l’État, ainsi que par le blocage de certaines routes secondaires.Jeudi, le ministère de l’Intérieur a dénombré 110 actions en cours mobilisant quelque 5.000 personnes, contre 80 actions mercredi, 75 mardi, 45 lundi et 27 dimanche.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a plaidé, sur Europe 1 et CNews, contre “un blocage plus dur” afin de ne pas entraver davantage la circulation des véhicules et des marchandises à l’approche du dernier week-end avant Noël, “ô combien important pour notre pays économiquement”.- “Pas de signature définitive” -“Vendredi, déjà classé +orange+ par Bison futé pour les départs en vacances, peut s’annoncer encore plus compliqué avec de nouvelles actions prévues”, a néanmoins prévenu jeudi soir le gestionnaire d’autoroutes Vinci.Le gouvernement entend juguler la maladie et la crise en vaccinant très rapidement “75% du cheptel dans 95% des fermes” soit 750.000 bovins, pour tenter de parvenir à une immunité collective dès février.L’objectif est ainsi d’éviter d’avoir recours à une vaccination générale qui ferait perdre à la France son statut “indemne d’épidémie” et lui interdirait toute exportation de viande bovine. Jeudi, 400.000 doses de vaccin supplémentaires ont été acheminées des Pays-Bas vers Toulouse. Mais les calendriers se bousculent et les crises agricoles s’additionnent. Jeudi aussi, quelque 10.000 agriculteurs européens, dont un gros contingent venu du nord de la France en tracteur, essentiellement membres des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA, ont manifesté à Bruxelles contre la signature de l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay).Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux dans ces quatre pays. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.- “Citoyens de seconde zone” -La Commission semblait au départ déterminée à arracher d’ici vendredi un feu vert des Vingt-Sept à la majorité qualifiée sur cet accord, mais le soutien de l’Italie à la France, opposée à la signature, a finalement conduit jeudi soir la présidente de la commission Ursula von der Leyen à en annoncer le report à janvier.La FNSEA a immédiatement réagi en estimant que ce n’était “pas suffisant”, appelant ses adhérents à rester “mobilisés”.Deuxième sujet de mécontentement, le “mécanisme d’ajustement carbone aux frontières” (MACF) que l’Europe souhaite mettre en place pour lutter notamment contre les importations d’engrais moins vertueux sur le plan environnemental et climatique que les produits européens.”Ce mécanisme prévoit l’instauration d’une taxe sur l’azote, entre 50 et 100 euros la tonne (…) et nos trésoreries ne pourront pas le supporter”, a affirmé Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. Enfin, troisième sujet de mécontentement: “une baisse de 22% du budget de la politique agricole commune” à prévoir.”Nous avons besoin de revenus, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, l’Europe a aussi besoin d’une vision pour son agriculture”, a résumé M. Rousseau.

La justice se prononce sur la suspension de Shein en France

Il y aura-t-il du Shein à Noël? Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre vendredi sa décision sur la demande de l’État de suspendre pour trois mois la plateforme asiatique d’e-commerce, qui vendait des produits interdits.Shein sera-t-il coupé de ses clients français, contraint de se soumettre à une supervision drastique de ses systèmes de contrôle ou bien totalement accessible à nouveau? La décision du tribunal est attendue vendredi après-midi, notamment par les nombreux clients de Shein.Des poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, des armes de catégorie A et des médicaments interdits retrouvés sur la plateforme ont poussé l’État à demander une mesure radicale: bloquer le site du géant de la mode ultra-éphémère et assortir sa réouverture de conditions strictes.L’État réclame “a minima” que Shein soit contraint de maintenir la suspension de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, et demande globalement la suspension de toutes ventes hors habillement. La plateforme se dit, elle, victime d’une véritable “cabale” politique et médiatique, selon les termes de ses avocats lors de l’audience du 5 décembre.- “Failles” à corriger -Shein reconnaît la vente de ces produits mais se réfugie derrière le fait qu’ils ont été immédiatement retirés après signalement, et derrière les actions mises en place ensuite. Le groupe, fondé en Chine et basé à Singapour, estime avoir suffisamment agi, en allant même jusqu’à bloquer de lui-même toute sa marketplace en France.Depuis le 5 novembre, Shein ne vend plus que les vêtements de ses collections à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en synthétique pour l’essentiel. Le temps de faire “un audit complet” et de corriger les “failles” de son site.Prenant en compte ces mesures, le ministère public a estimé lors de l’audience que le blocage total était disproportionné au regard de la jurisprudence européenne et s’y est opposé. Davantage que la présence d’un dommage actuel, la représentante du parquet avait insisté sur le rôle du tribunal pour “prévenir un dommage futur”.L’État exige que Shein prenne toute mesure efficace de filtrage et de contrôle pour éviter que des produits interdits soient remis en vente. Il demande aussi au groupe asiatique de mettre en place un filtrage d’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pornographiques. Le tout sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Même si l’État est débouté, la marketplace Shein ne rouvrira pas d’un coup en totalité, mais progressivement, avaient expliqué ses avocats. L’entreprise reconnait notamment des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes resterait fermée pour le moment, comme c’est le cas au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.- “Long combat” -Quelle que soit la décision vendredi de la juridiction civile, Shein n’en a pas fini avec la justice: une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Office des mineurs, qui enquête également sur les plateformes AliExpress, Temu, Wish et eBay.”Ce qui s’appliquera à Shein s’appliquera aussi aux autres plateformes coupables des mêmes manquements”, a affirmé le ministre du Commerce Serge Papin mercredi à l’Assemblée nationale, s’attendant à un “long combat” contre ces géants de l’e-commerce.Une lutte portée également sur la scène européenne, la France réclamant des sanctions de la part de la Commission. Bruxelles a demandé des informations formelles à Shein mais n’a pas encore ouvert d’enquête, comme elle l’a fait contre AliExpress et Temu.Au coeur de la lutte contre le contenu illégal en ligne, le règlement européen sur les services numériques (DSA) serait non adapté aux plateformes d’e-commerce face à la déferlante de 12 millions de petits colis arrivant chaque jour en Europe et qui échappent aux contrôles, estime un rapport parlementaire présenté à l’Assemblée mercredi.

Colère agricole dans le Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Les autoroutes du Sud-Ouest sont encore très largement perturbées jeudi soir par les mobilisations agricoles, tandis que le Premier ministre a effectué dans la matinée une visite express en Ariège auprès d’éleveurs touchés par des abattages liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères dont le troupeau de plus de 200 vaches a été abattu en fin de semaine dernière dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Dans la soirée, une douzaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont aspergé de sang animal l’une des façades de la préfecture du Tarn-et-Garonne à Montauban, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le liquide d’un rouge sombre, à l’odeur fétide, s’est ensuite écoulé le long du trottoir en un petit torrent.Au volant de cinq tracteurs, dont un tirant une citerne contenant selon eux un millier de litres de sang, ils ont ensuite réservé le même sort aux locaux de la mutualité sociale agricole (MSA), à Montauban également, y déversant aussi ordures et fumier.Les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, occupée par des agriculteurs depuis mardi, a rouvert en fin d’après-midi. Le campement installé sur l’A20, au sud de Cahors, a par ailleurs été évacué jeudi soir, selon la préfète du Lot, Claire Raulin, mais la circulation ne devrait pas y être rétablie avant vendredi matin au plus tôt.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré sur le barrage de l’A64 Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, en référence à la mobilisation début 2024.- Garde à vue -“Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique, on sera là”, a annoncé Jean-Louis, éleveur à la retraite n’ayant pas souhaité donner son nom de famille.Selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.A la suite de cette action, un manifestant a été placé en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, le blocage du périphérique annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent pas les Jeunes agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a quant à lui pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la DNC dans le Sud-Ouest. Le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé jeudi la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

La signature de l’accord UE-Mercosur reportée en janvier

La signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et des pays du Mercosur a été reportée en janvier, a annoncé jeudi Ursula von der Leyen aux 27 Etats membres, au moment où les agriculteurs faisaient entendre leur colère à Bruxelles.Ce délai offre un répit de courte durée à la France, qui ne cesse de marteler que l’accord n’est pas acceptable en l’état.Mais ce report n’est “pas suffisant” pour la FNSEA, le premier syndicat agricole français, qui a appelé ses adhérents à rester mobilisés, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Le président brésilien Lula avait ouvert la voie à ce report quelques heures plus tôt, après un échange téléphonique avec Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien lui a demandé de la “patience”, tout en assurant que l’Italie soutiendrait l’accord in fine, a-t-il relaté.- “Interminable partie de bras de fer” -Ce délai supplémentaire est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.Ce ne sera pas “réglé cette année, mais il semble désormais presque certain que cela va se faire”, nuance une source gouvernementale allemande, qui vise une signature “mi-janvier”.La puissante fédération allemande de l’industrie chimique et pharmaceutique (VCI) a quant à elle fait part de sa “frustration” face à une “interminable partie de bras de fer”.La présidente de la Commission européenne espérait parapher ce traité de libre-échange samedi, lors du sommet du Mercosur au Brésil.Mais Ursula von der Leyen avait besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles, dont l’ont privée la France et l’Italie notamment.”Le compte n’y est pas pour signer cet accord”, avait ainsi répété Emmanuel Macron jeudi matin.- Lacrymogènes et vitres brisées -En marge de ce sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement jeudi à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère.Avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police. La situation a été particulièrement tendue autour des institutions européennes, protégées par un important dispositif policier.Selon la police belge, 7.300 personnes, avec une cinquantaine de tracteurs, ont pris part à la manifestation autorisée, principalement dans le calme.Mais 950 tracteurs supplémentaires s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues.Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants. Des feux de pneus ou de poubelles ont émaillé la manifestation.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC): les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants.Le Mercosur? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous, on n’a pas le droit d’utiliser. (…) On nous ramène des poulets de merde”, fustigeait la Française Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) en Seine-et-Marne près de Paris.”On a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula (von der Leyen) veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, a aussi dénoncé Maxime Mabille, producteur laitier belge.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux Français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. De nombreux agriculteurs européens reprochent aux pays du Mercosur de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la PAC, que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour les agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient encore amplifier le mécontentement.

Réacteurs nucléaires EPR2: nouveau surcoût pour le “chantier du siècle”

Nouveau surcoût pour “le chantier du siècle” de la relance du nucléaire: l’électricien français EDF a revu en hausse la facture prévisionnelle du programme de six réacteurs EPR2, qui a enflé de 40% par rapport à l’estimation initiale.A 72,8 milliards d’euros, ce nouveau chiffrage consolidé, hors coût de financement, représente une hausse de près de 8% par rapport à une précédente estimation datant de fin 2023, qui atteignait alors 67,4 milliards d’euros.Au final, depuis l’addition initiale de 51,7 milliards d’euros publiée en 2022, le coût du programme aura donc flambé d’environ 40%. Le programme de relance nucléaire annoncé en 2022 par Emmanuel Macron prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération, en trois paires, à Penly, Gravelines puis au Bugey. EDF, entreprise publique détenue à 100% par l’État, a toutefois précisé à la presse que ce nouveau chiffrage “avait déjà été défini comme étant le plafond” lors de discussions avec l’État. Le groupe espère ainsi faire moins que ce “plafond”, grâce à des pistes d’économies identifiées. Avec ce “chantier du siècle”, l’objectif est clair pour l’électricien, comme pour l’État-actionnaire: éviter la répétition des dérapages de coûts et de calendrier des précédents projets d’EPR menés par EDF. Symbole de ces dérives, celui de Flamanville a été raccordé au réseau électrique en décembre 2024 avec 12 ans de retards. – “Provisions pour risques” -Mais dans une interview au Figaro le PDG d’EDF Bernard Fontana assure que l’entreprise à “tiré les leçons du passé”, et saura tenir “les coûts et les délais”.”Le montant total du devis est aligné avec l’enveloppe globale telle qu’elle avait été travaillée avec l’État”, a pour sa part commenté Bercy, y voyant “le signe qu’EDF commence à avoir plus de visibilité”.Ce n’est pas l’avis des anti-nucléaires de Greenpeace qui parient déjà “que le coût final sera bien plus important”, ne serait-ce qu’en comptant les charges d’intérêts, selon Florence de Bonnafos, chargée de mission économies et finances pour l’ONG. Cette nouvelle addition intègre un “niveau de provisions pour risques”, destinées à couvrir les aléas, “qui a augmenté”, a expliqué Xavier Gruz, directeur exécutif chargé de la maîtrise d’ouvrage du nouveau nucléaire.  Pour autant, EDF fait aussi valoir que ce devis consolidé reflète des efforts “d’optimisations” et de simplification entrepris notamment grâce aux retours d’expérience des autres chantiers d’EPR d’EDF, à Flamanville et à Hinkley Point au Royaume-Uni, et grâce à de nouvelles organisations internes. De quoi permettre selon EDF de réduire les délais de construction de 96 à 70 mois par réacteur. – Penly en 2038 -Sur le calendrier, le groupe confirme en tout cas viser une mise en service du premier des six réacteurs, à Penly (Seine-Maritime), en 2038 (au lieu initialement de 2035-2037), avec un cadencement de 12 à 18 mois pour la mise en service des suivants.D’ici-là, de nombreuses étapes restent à franchir. La première sera de soumettre le devis à un “audit approfondi” de l’État, lequel pourra formuler ses remarques à EDF dans les prochaines semaines. Bercy dit viser “d’ici fin mars” pour aboutir à un devis engageant pour EDF et l’État.”Notre objectif commun, c’est de se mettre en ligne pour une décision finale d’investissement qui devrait être prise à la fin de l’année 2026″, étape-clé pour lancer officiellement le programme, a précisé Xavier Gruz.Le plus tôt serait le mieux pour Gwenaël Plagne, secrétaire (CGT) du CSEC d’EDF, qui déplore une décision politique d’investissement qui “patine”, alors que le groupe engagera dès 2026, 2,7 milliards d’investissements consacrés aux travaux préparatoires et de conception. “On espère qu’une décision (d’investissement, ndlr) puisse arriver rapidement pour que les délais soient consolidés”, a-t-il déclaré à l’AFP.Avant cela, il faudra préalablement le feu vert de la Commission européenne sur les aides d’État que pourrait recevoir EDF, et qui constituent une dérogation aux règles de la concurrence.Le modèle de financement prévoit en effet un prêt avantageux de l’État finançant 60% des coûts de construction. Par la suite, les recettes d’EDF seront sécurisées par le biais d’un contrat à prix garanti par l’État sur 40 ans, permettant notamment de rembourser le prêt.

Wall Street positivement surprise par l’inflation américaine

La Bourse de New York a terminé en hausse jeudi, saluant le ralentissement inattendu de l’inflation en novembre aux Etats-Unis et les bons résultats trimestriels du fabricant de semi-conducteurs Micron.Le Dow Jones a pris 0,14%, l’indice Nasdaq a avancé de 1,38% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,79%.L’indice des prix à la consommation (CPI) a reflué le mois dernier à 2,7% sur un an alors qu’il était de 3% en septembre (les chiffres d’octobre ne seront jamais connus en raison de la paralyse budgétaire, “shutdown”, qui a touché les Etats-Unis à l’automne), selon un rapport dévoilé jeudi.L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’alimentation et de l’énergie) a aussi ralenti, à 2,6% (contre 3% en septembre).”Les données publiées aujourd’hui offrent à la banque centrale (américaine, ndlr) une marge de manœuvre plus large pour une nouvelle série de baisses de taux”, estime Jose Torres, d’Interactive Brokers.La Réserve fédérale (Fed) dispose d’un double mandat visant d’un côté à maintenir l’inflation à long terme autour de 2% et de l’autre à faire en sorte que Etats-Unis soient au plus proche du plein emploi. Ces derniers mois, l’institution s’est concentrée sur l’atonie du marché du travail, et a choisi de procéder à trois baisses de taux consécutives.”L’un des plus grands risques encourus est de voir l’inflation augmenter alors que (la banque centrale) essaye de lutter contre le chômage”, relève auprès de l’AFP Jack Ablin, de Cresset Capital Management.Les chiffres de jeudi sont donc venus quelque peu rassurer les investisseurs.Et “parallèlement, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont également été inférieures aux prévisions, ce qui contribue à apaiser les inquiétudes liées au ralentissement du marché du travail”, ajoute Jose Torres.Des analystes ont toutefois estimé que les données du CPI pouvaient être en partie faussées, le “shutdown” ayant suspendu pendant plusieurs semaines la collecte des informations par les services statistiques officiels.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans s’est détendu à 4,12% vers 21H30 GMT, contre 4,15% mercredi en clôture.Côté entreprises, le fabricant de semi-conducteurs Micron (+10,12% à 248,55 dollars) s’est envolé, au lendemain de la publication de résultats trimestriels et prévisions financières sensiblement supérieurs aux attentes.Pour le premier trimestre de son exercice décalé, Micron a notamment engrangé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars, là où les analystes tablaient sur 4,5 milliards, pour un chiffre d’affaires record de 13,64 milliards de dollars.Et le fabricant s’attend à de meilleures performances encore lors du prochain trimestre, avec un chiffre d’affaires de plus de 18 milliards de dollars.Ces performances financières ont été jugées rassurantes par les investisseurs, qui avaient été déçus par d’autres résultats de géants technologiques comme Palantir, Oracle ou Nvidia.Trump Media – maison mère du réseau Truth Social fondé par Donald Trump – a été propulsée (+41,93% à 14,86 dollars) après avoir annoncé une alliance avec la société américaine TAE, qui développe une technologie de fusion nucléaire, dans un contexte d’explosion des besoins en énergie.La start-up spatiale Rocket Lab (+11,05% à 59,92 dollars) a profité du lancement réussi, et en avance selon elle, de plusieurs satellites pour le compte du ministère américain de la Défense.Les entreprises spécialisées dans le cannabis, à l’instar de Canopy Growth (-11,98%) ou Aurora Cannabis (-3,41%), ont terminé dans le rouge, malgré la décision de la Maison Blanche de changer le classement de la marijuana parmi les substances addictives, afin de prendre en compte l’usage thérapeutique.Ce changement n’ouvre pas dans l’immédiat la voie à une dépénalisation au niveau fédéral et les marchés avaient déjà anticipé l’annonce.

Dermatose bovine, Mercosur: le point sur la crise agricole en France

La mobilisation des agriculteurs s’est fortement amplifiée en France jeudi, contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, catalyseur d’une colère agricole dans le Sud, qui s’est étendue au Nord jusqu’à Bruxelles, pour protester contre l’accord UE-Mercosur. Le point sur la situation jeudi soir.- Multiplication des blocages -“Vendredi, déjà classé +orange+ par Bison futé pour les départs en vacances, peut s’annoncer encore plus compliqué avec de nouvelles actions prévues”, a prévenu jeudi soir le gestionnaire d’autoroutes Vinci.En soirée jeudi, dans le sud-ouest de la France, quatre axes autoroutiers restaient fermés ou perturbés, selon Vinci.En Nouvelle-Aquitaine, les blocages routiers perdurent sur l’A64 (Bayonne-Toulouse), axe important pour les départs vers les stations de ski pyrénéennes et l’A63 au sud de Bordeaux. L’A89 est coupée entre Périgueux Ouest et Périgueux Est, et entre Egletons et Ussel-Est en Corrèze. L’A20 reste fermée dans les deux sens, entre Aussonne et Cahors-Nord.Dans le sud-est, la circulation a été rétablie sur l’A7 jeudi soir, mais selon Vinci, des manifestants sont attendus vendredi matin autour d’Avignon. Sur l’A9, la sortie du Boulou et celle de Vendargues sur l’A709 sont fermées.Dans le centre, l’A10 est fermée sur 85 kilomètres entre Meung-sur-Loire et Tours, avec les sorties de Mer, Blois et Château-Renault qui sont fermées, a aussi indiqué Vinci.En Haute-Savoie, où la DNC a sévi cet été, la circulation était perturbée sur l’A41 dans le sens Annecy-Genève, a indiqué le gestionnaire d’autoroutes APRR qui signale aussi des fermetures de portions de l’autoroute A75 en Auvergne, entre Saint-Flour et Lodève, et déconseille aux camions d’emprunter l’A75 pour se rendre à Montpellier.Des perturbations se produisent aussi en Charente-Maritime et autour d’Amiens avec des opérations escargot de tracteurs.En parallèle, une cinquantaine d’éleveurs et de sympathisants de la Confédération paysanne ont manifesté jeudi dans le centre-ville de Lille, tandis qu’à Lyon, environ 450 personnes se sont rassemblées à l’appel du même syndicat, avec le soutien de députés LFI. Dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs de la Coordination Rurale (CR) ont déversé des bennes de paille, pneus, palettes, fumier et déchets plastiques dans les rues de la commune de Melle.Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a signalé jeudi 110 actions en cours, mobilisant quelque 5.000 personnes.- Vaccinations -“L’important, c’est la vaccination et l’immunité collective. Il faut que 75% du cheptel, dans 95% des fermes, soient vaccinés”, a affirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dans une interview à La Dépêche.Près de 400.000 doses de vaccins supplémentaires ont été acheminées des Pays-Bas vers le Sud-Ouest pour atteindre l’objectif du gouvernement de vacciner 750.000 bêtes dans les prochaines semaines. “500.000 doses étaient déjà arrivées, nous avons commencé à vacciner dès le week-end dernier”, a précisé la ministre. Elle a notamment promis que les troupeaux des “1.000 exploitations de l’Ariège” seraient vaccinés d’ici le 31 décembre.”Si nous voulons arriver au début du mois de février avec un début d’immunité collective, il nous faut agir rapidement”, a souligné le préfet des Pyrénées-Atlantiques. “Il n’y a, à date, aucun foyer, tous ont été éteints”, a assuré la ministre à La Dépêche, (…) “la vaccination est un horizon d’espoir pour les éleveurs”, a-t-elle dit.- Mercosur – A Bruxelles, de nombreux agriculteurs français ont rejoint des milliers de manifestants, avec 950 tracteurs recensés, venus de toute l’Europe jeudi pour s’opposer à la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) en négociation depuis plus de 25 ans.La Copa-Cogeca, principal syndicat agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays. Selon la FNSEA, au moins 4.000 Français faisaient partie des manifestations bruxelloises.- Réactions des autorités -Pendant que la crise se prolonge et se complexifie, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu discrètement en Ariège pour échanger avec des éleveurs sans convier la presse.Vendredi matin, à partir de 08H30, il doit recevoir, hors presse toujours, les représentants des Jeunes Agriculteurs (JA), de la FNSEA (09H45), de la CR (11H00) et de la Confédération paysanne (12H15).Jeudi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a plaidé, sur Europe 1 et CNews, contre “un blocage plus dur” afin de ne pas entraver davantage la circulation des véhicules et des marchandises à l’approche du dernier week-end avant Noël, “ô combien important pour notre pays économiquement”.