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Eurostar renforce sa flotte chez Alstom avant la bataille du Paris-Londres

La compagnie ferroviaire Eurostar a annoncé mercredi avoir choisi le groupe industriel français Alstom pour construire 50 nouveaux trains, dont 20 en option, soit un investissement de 2 milliards d’euros avant l’arrivée de la concurrence sur les liaisons transmanche.Les premiers trains issus de cette commande, baptisés Eurostar Celestia, qui ont vocation à remplacer des modèles anciens, devraient entrer en service en 2031, a indiqué Eurostar dans un communiqué.”Les 30 premières (rames) ont été commandées, 20 autres suivront”, a précisé cette filiale de la SNCF, qui disposera de 67 rames une fois les 50 nouveaux trains livrés, soit “une augmentation globale de 30%” de sa flotte.Alstom s’est de son côté félicité dans un communiqué de l’approbation de la première tranche de la commande, qui s’élèvera pour les 30 premiers trains à 1,4 milliard d’euros.Eurostar, qui opère dans cinq pays (Royaume-Uni, Belgique, France, Pays-Bas et Allemagne) et s’apprête à ouvrir une liaison jusqu’à Genève, espère avec cet investissement transporter 30 millions de passagers par an.- Livraisons plus rapides -Les nouvelles rames Eurostar Celestia, qui permettront chacune de transporter plus de 540 voyageurs, seront “conçues sur mesure” dans une optique “haut de gamme”, selon la compagnie ferroviaire. Ce modèle est une déclinaison de l’Avelia Horizon, le fleuron à deux étages d’Alstom, dont la SNCF a commandé 115 exemplaires.Grâce à un contrat de son actionnaire majoritaire avec Alstom, Eurostar avait “la capacité d’avoir des livraisons beaucoup plus rapidement” qu’avec les constructeurs concurrents, a expliqué à l’AFP la directrice générale d’Eurostar, Gwendoline Cazenave.Elle espère être livrée de la totalité des rames “au milieu des années 2030”, à raison de 15 rames par an. La compagnie ferroviaire entend aussi avec cette commande se préparer à l’arrivée prochaine de concurrents sur son segment le plus important, la ligne Paris-Londres, sur laquelle 8 millions de personnes sont transportées chaque année. Deux millions de passagers supplémentaires y sont attendus d’ici 2030.Le transporteur ferroviaire italien Trenitalia et le britannique Virgin ont dit vouloir ouvrir une ligne entre les deux capitales d’ici 2029. D’autres compagnies, dont l’espagnole Evolyn et la néerlandaise Heuro, sont intéressées.Eurotunnel, la société qui gère le tunnel sous la Manche, ne cesse de chercher à attirer de nouveaux opérateurs, l’infrastructure étant en mesure d’accueillir jusqu’à 1.000 trains par jour, contre 400 actuellement (entre Eurostar, Shuttle et fret), avait indiqué son directeur général Yann Leriche.- Guerre des prix -Le groupe britannique London St. Pancras Highspeed, qui exploite la ligne à grande vitesse reliant Londres au tunnel sous la Manche, estime lui aussi qu’elle ne fonctionne qu’à 50% de sa capacité.Eurostar réclame, avant même l’arrivée des concurrents, des espaces supplémentaires, pour les voyageurs comme pour les trains, alors que les infrastructures sont déjà saturées autant dans la gare londonienne de St Pancras qu’à la gare du Nord à Paris.En 2024, la capacité opérationnelle de St Pancras était de 1.800 voyageurs par heure, selon la compagnie, qui vise près de 5.000 par heure en 2028.Les usagers espèrent que l’ouverture à la concurrence engendrera une guerre des prix, les billets de train étant souvent bien plus chers que ceux de l’avion sur le Paris-Londres, malgré des premiers tarifs à 39 livres (ou 44 euros).Environ 19,5 millions de passagers sont montés dans un Eurostar l’année dernière, soit une hausse de 5% par rapport à 2023. 

Imperturbable, Hermès continue sa progression avec des ventes en hausse

Le groupe français de luxe Hermès a publié mercredi un chiffre d’affaires en hausse de 5% à 3,9 milliards d’euros, imperturbable malgré un contexte moins favorable au secteur du luxe depuis plusieurs trimestres.Le fabricant des carrés de soie et des célèbres sacs Kelly et Birkin reste optimiste pour la suite, confirmant son objectif “ambitieux” de progression de ses ventes “à moyen terme”, et ce “en dépit des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde”.Les ventes du sellier-maroquinier ont certes pâti, comme celles de ses concurrents, de taux de change peu favorables. Mais si l’on évacue ces effets de change, elles progressent de 10% selon le communiqué du groupe.Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires est en hausse de 6,3% à 11,9 milliards d’euros. Pour succéder à la styliste Véronique Nichanian, qui a œuvré pendant 37 ans pour Hermès à la tête des collections de prêt-à-porter masculin, le groupe avait annoncé mardi recruter la trentenaire britannique Grace Wales Bonner.Véronique Nichanian présentera sa dernière collection en janvier. “Une collection sera ensuite préparée par les studios” avant le premier défilé de Grace Wales Bonner en janvier 2027, selon le directeur général Finances Éric du Halgouët.Quant au projet de se lancer dans la haute couture, il “ne débouchera pas avant 2027 au plus tôt” mais il est bien “en cours de préparation”, a-t-il déclaré mercredi, lors d’un échange avec la presse. Les ventes au 3ème trimestre 2025 ont été plus dynamiques qu’au second trimestre “en Europe, en Amérique et en Asie”, portées notamment par la “loyauté de la clientèle locale” asiatique. En Asie, Hermès a rénové et agrandi plusieurs magasins.Les ventes dans la zone Amériques se portent bien elles aussi, en hausse de 7,2% à 714 millions d’euros, tout comme en Europe (+8,3%). En France même, la progression est même plus forte (+10,4%).La maroquinerie-sellerie, cœur de métier d’Hermès, reste solide, grâce notamment à une “forte demande des produits iconiques” comme les sacs Birkin ou Kelly mais aussi par les “nouvelles collections”.En 2025, Hermès investit plus d’un milliard d’euros, a souligné Finances Éric du Halgouët. Une 25ème maroquinerie a ouvert cette année en France, en Charente, et Hermès prévoit d’en ouvrir trois autres dans le pays au cours des trois prochaines années.

Coup de frein à la rentabilité insolente de Netflix malgré une croissance ininterrompue

Netflix a dégagé un bénéfice de 2,5 milliards de dollars au troisième trimestre, très en dessous des attentes en raison d’un litige fiscal au Brésil, mais continue de voir son chiffre d’affaires progresser, notamment grâce à l’essor de ses revenus publicitaires.Le titre du leader américain de la vidéo en ligne perdait mardi près de 6% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York, malgré un chiffre d’affaires de 11,5 milliards en hausse et conforme aux prévisions.Ces résultats interrompent une série de deux années où Netflix avait systématiquement dépassé les attentes des investisseurs, grâce notamment en 2025 à la hausse des prix des abonnements.La plateforme, qui tente de se diversifier dans les événements sportifs de prestige (boxe, football américain) et les jeux vidéo, poursuit tout de même sur sa lancée avec une activité croissante et une marge opérationnelle élevée de 28,2%.Mais Netflix avertit toutefois d’une baisse de cette rentabilité au prochain trimestre, avec une prévision de marge opérationnelle de 23,9% et un bénéfice net en recul à 2,4 milliards de dollars.”Nous pensons que les affaires sont en très bonne santé” et “notre marge opérationnelle aurait dépassé nos prévisions sans l’affaire des taxes brésiliennes”, a déclaré le codirecteur général de Netflix Greg Peters lors de la conférence aux analystes mardi. Une décision de la Cour suprême brésilienne en août a contraint Netflix à enregistrer une dépense imprévue de plus de 600 millions de dollars, couvrant la période allant de 2022 à aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un impôt sur l’entreprise, mais d'”une taxe (…) de 10 % sur certains paiements faits par des entités brésiliennes à des entreprises situées en dehors du Brésil”, qui n’est donc “pas spécifique à Netflix, ni même au streaming”, a expliqué Spencer Neumann, le directeur financier du groupe.Par ailleurs, “nous sommes en voie de plus que doubler nos revenus publicitaires cette année”, s’est encore félicité Greg Peters au sujet de ce secteur, l’un des objectifs de croissance numéro un de Netflix, qui mise sur sa capacité à mieux cibler les consommateurs que sur la télévision traditionnelle.”Netflix a connu son meilleur trimestre à ce jour en matière de revenus publicitaires, mais n’a toujours pas communiqué de chiffre sur l’ampleur de cette activité”, a relativisé Ross Benes, analyste chez Emarketer. “Cela laisse penser que la croissance soutenue de son chiffre d’affaires, réalisée ce trimestre et anticipée pour le suivant, continuera de provenir en grande partie des abonnements”, a-t-il ajouté.La plateforme comptait plus de 300 millions d’abonnés en décembre dernier. Mais l’entreprise ne divulgue plus ces chiffres, privilégiant les mesures “d’engagement” de l’audience (temps passé à regarder des contenus).”Nous avons atteint une part de visionnage trimestrielle record aux États-Unis et au Royaume-Uni”, se félicite d’ailleurs Netflix.- Divertissement -Au dernier trimestre, le film d’animation “KPop Demon Hunters” est devenu le long-métrage le plus populaire de l’histoire de Netflix, avec plus de 300 millions de visionnages en trois mois. Ce succès a ouvert la voie à un partenariat pour les jouets dérivés avec Hasbro et Mattel.En parallèle, Netflix continue d’élargir son offre pour devenir une entreprise de divertissement à part entière et non plus seulement une plateforme de streaming.Après les incursions dans la télévision en direct (partenariat avec TF1 en France) et la retransmission d’événements sportifs ponctuels (les matchs très regardés de football américain à Noël, ou des combats de prestige entre le youtubeur Jake Paul et le boxeur Gervonta Davis), le géant de Los Gatos, en Californie, prépare la diffusion de podcasts vidéo grâce à un accord signé en octobre avec Spotify.”Nous sommes une entreprise de divertissement” et “nous créons des contenus pour un public qui approche le milliard de personnes”, a déclaré Ted Sarandos, l’autre codirecteur général.”Nous ne représentons qu’environ 7% du marché potentiel de dépenses des consommateurs et seulement 10% du temps de visionnage sur notre plus grand marché”, aux Etats-Unis, donc “il nous reste une énorme marge de progression (…) dans notre cœur de métier”, a-t-il assuré.

De la RATP à la SNCF: Jean Castex en grand oral devant les députés

Après la RATP, Jean Castex, désigné par Emmanuel Macron pour prendre les rênes d’une SNCF en pleine mutation face à l’arrivée de la concurrence, est entendu mercredi par les députés, qui devraient, sauf surprise majeure, valider son changement de casquette.L’ancien Premier ministre, âgé de 60 ans, a affirmé la semaine passée lors d’une première audition devant la Commission du développement durable du Sénat qu’il comptait se concentrer sur l’amélioration de l’infrastructure et l’arrivée de nouveaux matériels roulants. Son but: lutter contre le vieillissement du réseau ferré français et développer la clientèle face à l’arrivée de la concurrence et notamment les ambitions affichées par l’Italien Trenitalia sur le réseau français et européen à grande vitesse.Devant les députés, il devra à la fois détailler sa feuille de route, notamment en matière de grande vitesse, tout en rassurant les élus locaux sur les enjeux du transport ferroviaire dans leurs régions respectives, élément décisif d’aménagement du territoire.Amoureux des trains depuis longtemps, M. Castex avait déjà postulé à la tête de la SNCF en 2019 lorsque le sortant Jean-Pierre Farandou, et nouveau ministre du Travail, lui avait été préféré.La semaine dernière devant les sénateurs, il a répété son intérêt pour les trains de nuit qu’il a tenté de relancer lorsqu’il était à Matignon. Il s’est aussi inquiété de “l’impact très concret du changement climatique sur la perturbation des réseaux” et des investissements massifs à réaliser pour mettre le réseau à niveau face aux inondations ou augmentations des températures qui ont un impact direct sur la circulation des trains. A la tête de la RATP, l’ancien Premier ministre a géré l’arrivée de la concurrence sur le réseau francilien de transports en commun. Il a redressé les comptes d’une régie en plein désarroi lors de son arrivée, après la crise sanitaire du Covid et la “grande démission” des chauffeurs de bus ou conducteurs de métro.Nommé en novembre 2022, il avait été reconduit en octobre 2024 pour un mandat de 5 ans.Pour que sa nomination soit validée par le Parlement, il suffit que les membres des commissions des deux chambres (Assemblée et Sénat combinés) soient moins de trois cinquièmes à s’y opposer. Le vote doit avoir lieu dans la foulée de l’audition.

Première publication financière pour Kering depuis l’arrivée de Luca de Meo

Kering, qui tente depuis des années de relancer sa marque phare Gucci, présente mercredi son chiffre d’affaires du troisième trimestre, première publication financière depuis l’arrivée en septembre de Luca de Meo au poste de directeur général pour redresser le groupe de luxe.Cette publication intervient 72 heures après l’annonce de la vente à L’Oréal pour 4 milliards d’euros de la division beauté de Kering, qui avait été créée il y a à peine deux ans en absorbant la marque de parfum de luxe Creed alors acquise pour 3,5 milliards d’euros.L’accord inclut l’établissement de licences de parfum de 50 ans pour les marques phares Gucci, Bottega Veneta et Balenciaga, ainsi qu’un partenariat “sous la forme d’une coentreprise à 50/50, qui permettra de créer des expériences et des services”, a expliqué Luca de Meo dans une interview au Figaro mardi.L’opération, payable en numéraire, devrait aider le groupe propriétaire de Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent et Balenciaga à diminuer son endettement, qui s’élève à 9,5 milliards d’euros.Pour Kering, “ce n’est pas un virage à 180 degrés, mais un moyen d’accélérer le développement de [ses] marques sur le segment de la beauté. C’est bien de le faire seul, mais c’est mieux de le faire ensemble, surtout avec le leader, L’Oréal”, a-t-il déclaré.”Si nous mettons nos marques dans les mains de L’Oréal, cela va décoller”, veut croire Luca de Meo. L’Oréal versera des redevances à Kering pour l’utilisation des marques sous licence. Or “L’Oréal investit plus en médias derrière ses parfums que nous ne le faisons pour nos marques de mode. Nous allons profiter de cette force de frappe”, anticipe-t-il.- “Alléger le bateau” et relancer la partie mode -En attendant, le chiffre d’affaires de Kering au troisième trimestre devrait baisser de 12% à 3,3 milliards d’euros, table le consensus d’analystes de Bloomberg.”Il y avait urgence à nous focaliser sur ce que l’on sait faire”, a dit Luca de Meo au Figaro. “Le monde va vite, il faut suivre”. “J’ai toujours été persuadé que la vitesse de jeu est importante et nous avons besoin de rattraper un peu de vitesse”, a-t-il ajouté.Si les contacts entre L’Oréal et Kering ont débuté il y a un an, soit bien avant l’arrivée de Luca de Meo, ils se sont accélérés quand l’Italien, dès avant sa prise de fonction, a rencontré cet été Nicolas Hieronimus, qui dirige L’Oréal.”Cette transaction nous aidera à alléger le bateau et à relancer nos marques de mode, au premier rang desquelles Gucci”, estime Luca de Meo. Sa réalisation est prévue au premier semestre 2026.Gucci, marque phare du groupe de luxe présidé par François-Henri Pinault, assure à elle seule 44% du chiffre d’affaires et les deux tiers de la rentabilité opérationnelle. Mais elle n’en finit pas de traverser une mauvaise passe. Ses ventes ont reculé de 26% sur le premier semestre, à 3 milliards d’euros.Le partenariat avec L’Oréal inclut “les droits de conclure un accord de licence exclusif d’une durée de cinquante ans pour la création, le développement et la distribution des produits parfum et beauté de Gucci”, démarrant après l’expiration de la licence actuelle avec l’américain Coty. Selon plusieurs analystes financiers, cette licence expire en 2028.”Le chiffre d’affaires d’Yves Saint Laurent dans la beauté est équivalent à celui réalisé dans la mode et la maroquinerie”, soit 2,9 milliards d’euros en 2024, a souligné Luca de Meo au Figaro. “Cela vous donne une idée du potentiel pour Gucci”.

Budget: le gouvernement défait sur la taxation des retraites

Le gouvernement a subi un nouveau revers mardi lors de l’examen de son projet de budget à l’Assemblée nationale: la commission des Finances a rejeté la suppression d’un avantage fiscal pour les retraités censée générer d’importantes économies.Le coût de cette suppression s’élèverait à 1,2 milliard, selon le rapporteur général du Budget Philippe Juvin (LR) mardi soir. Au total selon une “évaluation très globale, très imparfaite” faite en milieu d’après-midi, les modifications apportées par les députés depuis le début des débats en commission lundi grèveraient de 9 milliards d’euros le budget de l’Etat, a-t-il précisé.Tous ces votes devront toutefois être confirmés dans l’hémicycle, où les députés repartiront de la copie initiale du gouvernement, à partir de vendredi.La “niche fiscale” des retraités est l’un des points les plus sensibles du projet de loi de finances (PLF): le remplacement de l’abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités sur leur pension par un forfait de 2.000 euros.Cette mesure aurait pour effet de légèrement réduire l’impôt sur le revenu de certains retraités les plus modestes, et d’augmenter celui des autres, tout en permettant des économies. Elle s’inscrit dans un plan d’effort global d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026. Mais elle a suscité une vive opposition au sein de la commission des Finances, où une large majorité des groupes s’est prononcée contre, de la France insoumise au Rassemblement national, en passant par les socialistes et Les Républicains.Le député LR Corentin Le Fur a dénoncé “l’acharnement” contre les retraités, rappelant qu’ils sont déjà largement mis à contribution avec le gel de leur pension prévu dans le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS), dont l’examen en commission doit commencer jeudi.- “Par pur électoralisme” -Seul à défendre la mesure au sein de la commission, le député et ancien ministre macroniste Guillaume Kasbarian a mis en avant “d’autres avantages fiscaux” des retraités, rappelant leur taux d’épargne record. L’élu a dénoncé une “classe politique”, qui “par pur électoralisme”, “refuse de toucher au moindre sujet qui concerne les retraités”.Plus tôt en commission, les députés se sont opposés à la suppression d’autres avantages fiscaux, ceux concernant par exemple deux biocarburants: le Superéthanol-E85 et le B100 (biogazole à base de colza).Autre mesure de nature à creuser le déficit de l’Etat, adoptée mardi après-midi: un amendement de Philippe Brun (PS) proposant de réduire l’impôt des sociétés des PME.En début de soirée, plusieurs amendements créant de nouvelles recettes ont été adoptés à l’initiative de la gauche: l’un d’Aurélien Le Coq (LFI) pérennise la “surtaxe tonnage” qui avait été créée l’année dernière, visant principalement l’armateur CMA-CGM.Egalement adoptés, des amendements identiques visant à mettre en place une contribution exceptionnelle sur les “super-dividendes” versés par les entreprises, inspirés d’un dispositif proposé par le député Jean-Paul Mattei (MoDem) en 2022.De vifs débats ont animé la soirée, autour de la question du Crédit impôt recherche (CIR), une niche fiscale coûtant plus de 7 milliards d’euros, à l’efficacité contestée. A notamment été adopté un amendement de Christine Pirès-Beaune (PS) qui modifie le mode de calcul du CIR pour les grands groupes possédant plusieurs filiales, en plafonnant le dispositif par groupe et non par filiale, une mesure qui rapporterait selon elle 960 millions d’euros.Un autre de l’écologiste Charles Fournier conditionnerait le bénéfice du CIR au respect de deux critères fondamentaux: le maintien de l’emploi sur le territoire national, et la protection des emplois liés directement aux projets ayant bénéficié du crédit d’impôt.Ces mesures suffiront-elles à convaincre la gauche de laisser passer le projet de budget ? Rien n’est moins sûr. “Si la copie n’est pas corrigée pour protéger les Français de ce qui est en train de se produire, le choix des milliardaires contre les gens ordinaires, nous serions amenés à avoir un jugement extrêmement sévère”, a menacé le premier secrétaire du PS Olivier Faure, après l’échec d’un vote sur la taxe Zucman.Les groupes de la coalition gouvernementale font aussi entendre leurs exigences, à l’instar de la Droite républicaine de Laurent Wauquiez, qui ne votera pas “automatiquement” le budget, a prévenu ce dernier. Il serait même en l’état “invotable pour la droite”, dixit le patron de LR Bruno Retailleau qui appelle dans Le Figaro à ne s’interdire “aucun débat, y compris celui de la censure”. Les députés Renaissance souhaitent eux rééquilibrer le budget avec moins de hausses d’impôts et plus de baisses de dépenses, même s’ils vantent leur “attitude raisonnable et constructive”.

Réforme des retraites, santé à la diète: les ministres face aux députés sur l’inflammable budget de la Sécu

Le gouvernement a défendu mardi à l’Assemblée nationale un projet de budget de la Sécurité sociale inflammable, après la promesse de Sébastien Lecornu d’y inscrire dès jeudi “la suspension de la réforme des retraites” en contradiction avec une sortie d’Emmanuel Macron susceptible de raviver des tensions.Une brochette de ministres (Stéphanie Rist pour la Santé et ses collègues des Comptes publics, du Travail et des Solidarités, de l’Autonomie et du Handicap) est venue répondre, en commission des Affaires sociales, à une série de questions et critiques sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et ses économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025).”C’est une copie de départ”, “le débat est ouvert”, “on est prêts à avoir des contre-propositions” et la version finale “sera bien différente”, ont-ils répété, sur plusieurs sujets, cherchant à déminer le terrain tout en affirmant la nécessité de maîtriser les dépenses, et “responsabiliser” tous les acteurs, professionnels, industriels comme assurés sociaux.Noeud politique majeur du texte: l’emblématique et impopulaire réforme des retraites de 2023. Une heure auparavant, le Premier ministre avait annoncé un Conseil des ministres jeudi pour ajouter la “suspension de la réforme des retraites” au PLFSS, comme le demandaient une partie de la gauche et le RN.Sébastien Lecornu s’est engagé à ne pas utiliser l’arme constitutionnelle du 49.3 pour faire adopter ce texte de près de 680 milliards d’euros de dépenses. Mais vu les fractures au Parlement et les délais serrés (50 jours), le vote est loin d’être garanti.Sur plusieurs bancs, gauche en tête, plusieurs voix ont déploré l’exceptionnelle rigueur financière du texte.L’exécutif y limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à 1,6%, alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4%. Et table sur sept milliards d’économies en santé.A l’hôpital, c’est “la pire cure d’économies depuis les années 2010”, selon les fédérations hospitalières.- “Vous n’aimez pas les gens” -Plusieurs mesures ciblent les assurés sociaux: nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur des consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste ou pour la délivrance de dispositifs médicaux, gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales…”Vous n’aimez pas les gens”, “les retraités”, “les malades”, a fustigé le député Hendrik Davi (groupe écologiste et social) déplorant la réduction prévue de la durée d’indemnisation des arrêts de travail pour les personnes en affection longue durée dite “non exonérante”, comme “les caissières et ouvriers du bâtiment atteints de troubles musculo-squelettiques”.”Il y a un effort démesuré, disproportionné sur les assurés sociaux” a aussi dénoncé le socialiste Jérome Guedj, qui entend proposer “des mesures alternatives” d’économies mais surtout “de recettes”, via notamment des taxes “comportementales” (alcool, tabac, produits sucrés…)”Voulons-nous continuer à générer des recettes au delà notre croissance pour financer une hausse des dépenses très largement supérieure à notre prospérité économique ? (…) C’est un débat fondamental”, a répondu la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.Concernant les franchises médicales -ou “forfait de responsabilité” selon Mme Rist-, la mesure préserve “18 millions de Français les plus fragiles” et représente en moyenne “42 euros supplémentaires par personne” et par an, ou “75 euros” pour un malade chronique (ALD).Pour le RN, la désindexation des pensions est “une ligne rouge”.Parmi les autres irritants, une taxation supplémentaire des complémentaires santé, une hausse des cotisations patronales sur les tickets restaurants et oeuvres des CSE, ou une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins.A droite, des députés se sont inquiétés d’une nouvelle réduction des allègements généraux de cotisations sociales, dont le paramétrage est encore flou, ou d’une baisse annoncée des prix des médicaments qui sont déjà en France “les plus bas d’Europe”.Ils ont surtout critiqué la suspension de la réforme des retraites, promettant des débats houleux à l’issue incertaine.”Le piège se referme sur le PS”, a réagi Manuel Bompard (LFI). Pour obtenir cette suspension, “il devra voter le budget de la sécurité sociale avec toutes les horreurs qu’il contient”. Le président de la République Emmanuel Macron, lui, a remis de l’huile sur le feu. “Ni abrogation ni suspension”, seulement un “décalage” dans le temps: depuis la Slovénie, il a contredit son Premier ministre. Il a aussi évoqué un hypothétique référendum, en cas d’accord entre partenaires sociaux sur le financement des retraites. Sur ce sujet, la conférence sociale annoncée débutera fin novembre.

JPMorgan inaugure son nouveau siège, symbole du renouveau des bureaux à New York

La banque américaine JPMorgan Chase a inauguré mardi son nouveau siège sur la prestigieuse Park Avenue à New York, un mastodonte de 423 mètres de hauteur qui consacre l’improbable renouveau de l’immobilier de bureau dans la capitale économique des Etats-Unis.D’ici la fin de l’année, quelque 10.000 employés du groupe auront pris leurs quartiers dans cette tour de plus de 230.000 m2, la sixième plus haute de la ville, dont le coût est estimé à environ 3 milliards de dollars.”Cela a été un projet passion pour nous tous”, a déclaré le PDG Jamie Dimon avant de couper un ruban symbolique dans le gigantesque atrium en bas du nouvel immeuble, souvent appelé “270”, référence à son adresse, au 270 Park Avenue.”C’était un peu effrayant, parce que nous n’avons pas l’habitude de faire ça”, a expliqué, au sujet de ce chantier pharaonique, le patron charismatique de JPMorgan Chase, aux commandes du groupe depuis près de vingt ans.L’inauguration marque une nouvelle étape de la renaissance de l’immobilier de bureaux à New York, cinq ans après la pandémie de coronavirus qui lui avait porté un coup très dur.Selon le cabinet Cresa, près de 19% des surfaces de bureaux de New York étaient encore inoccupées fin 2023.”Qui se souvient de 2021 quand les gens s’interrogeaient sur l’avenir du bureau, et de New York, dans une période d’incertitude totale”, a lancé Rob Speyer, patron du promoteur immobilier Tishman Speyer, partenaire du projet.”Avec 270 Park, vous avez envoyé au monde le message que vous croyiez en New York, que cette ville était résiliente, que nous avions un bel avenir et que JPMorgan y serait aux avant-postes”, a-t-il poursuivi.A l’époque, JPMorgan venait d’achever la démolition de son ancien siège, un bâtiment vieux de 60 ans situé à la même adresse, et n’a pas fait marche arrière.”Ils étaient lancés sur cette trajectoire et n’avaient pas moyen de changer d’avis sans abandonner un énorme investissement”, tempère Joshua Harris, dirigeant du cabinet de conseil Lakemont Group et responsable du Real Estate Insitute à l’université de Fordham.L’ouverture du nouveau quartier général de la première banque du monde par le chiffre d’affaires ne s’inscrit pas moins dans une embellie générale pour l’immobilier de bureaux à New York, dont le taux de vacance est au plus bas depuis cinq ans, selon le cabinet JLL.La construction du bâtiment est une prouesse technique car il est situé juste au-dessus de la nouvelle gare du Long Island Railroad, le service de trains régionaux qui dessert Long Island.Pour mener à bien le projet, il a fallu détruire puis reconstruire le nouveau hall de la gare, dont les travaux étaient en cours d’achèvement.JPMorgan présente aussi le 270 Park Avenue comme la plus grande tour de New York fonctionnant entièrement à l’électricité, avec zéro émission nette.

OpenAI défie Google avec ChatGPT Atlas, son propre navigateur dopé à l’IA

OpenAI a lancé mardi son propre navigateur internet, “ChatGPT Atlas”, construit autour de son modèle d’intelligence artificielle (IA), le plus utilisé au monde, dans une tentative de devenir la porte d’entrée numéro 1 du web à la place de Google Chrome.”L’IA représente une opportunité rare, de celles qui ne se présentent qu’une fois par décennie, de repenser la nature même d’un navigateur et la manière de s’en servir”, a déclaré Sam Altman, le patron d’OpenAI, lors d’une démonstration en ligne.”Les onglets, c’était super, mais nous n’avons pas vu beaucoup d’innovations depuis”, a-t-il argué, affirmant que la navigation avec la barre de recherche et les adresses URL pourrait désormais laisser la place à une “expérience de conversation (chat) au sein d’un navigateur web”.Le nouveau navigateur, pour l’heure disponible seulement sur Mac, intègre ChatGPT dans une barre latérale, permet à l’IA générative de scanner la page consultée et de fournir une aide contextuelle, sans avoir à copier-coller entre les onglets.ChatGPT Atlas propose aussi, aux abonnés payants, de laisser un agent IA prendre la navigation en main, contrôler le curseur et réserver un vol, remplir un formulaire ou éditer un document.La plupart de ces fonctionnalités sont similaires à celles progressivement installées dans d’autres navigateurs concurrents, comme Edge de Microsoft, enrichi par l’agent IA Copilot, ou Comet de la start-up d’IA Perplexity.Mais le lancement de ChatGPT Atlas était particulièrement attendu, s’agissant d’un logiciel élaboré autour du modèle le plus populaire au monde, avec 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires revendiqués par OpenAI, soit 10% de l’humanité.- Google récupère -Les modèles d’IA ayant des performances comparables pour la plupart des usages du grand public, la bataille pour capter le plus grand nombre d’utilisateurs se concentre sur le développement de l’interface d’utilisation la plus populaire et pratique.”C’est une nouvelle étape dans la course des entreprises de la tech pour que leur interface d’IA devienne le portail numéro 1 des internautes”, estime Jacob Bourne, analyste chez Emarketer.ChatGPT Atlas est disponible dès mardi seulement sur le système d’exploitation macOS d’Apple, avant une extension prévue pour Windows et les mobiles (iOS et Android), a précisé Sam Altman, sans préciser le calendrier.Signe de l’enjeu, la diffusion d’une vidéo par OpenAI, montrant des onglets de navigateur deux heures avant l’annonce, a immédiatement provoqué une baisse de près de 5% de l’action d’Alphabet, la maison mère de Google. Mais le titre a rebondi peu après la fin de la démonstration d’OpenAI et ne perdait plus que 1,87% vers 18H50 GMT. Dans cette compétition, Alphabet a remporté en septembre une victoire capitale en obtenant que la justice américaine ne l’oblige pas à vendre Chrome, contre l’avis du gouvernement des Etats-Unis qui réclamait cette cession au nom de la lutte antitrust.En août, Perplexity AI avait ainsi proposé à Google de racheter pour 34,5 milliards de dollars son navigateur Chrome, avant que la justice laisse à Alphabet la liberté de conserver son vaisseau amiral et la manne publicitaire qui va avec.Autre exemple des évolutions en cours autour des interfaces de navigations sur internet, plusieurs grands médias, comme CNN et le Washington Post ou Le Figaro et Le Monde ont noué récemment des partenariats rémunérés avec Perplexity pour que leurs articles soient mis à disposition des abonnés payants de Comet.Lancé ventre à terre dans la course à l’IA, OpenAI, dont la valorisation estimée a atteint les 500 milliards de dollars, s’est illustrée ces dernières semaines par des commande de puces par centaines de milliards de dollars, des montants déconnectés de ses revenus actuels qui inquiètent une partie des investisseurs.

Assemblée: le début de l’examen du budget de la Sécu dès jeudi menacé

Le choix de Sébastien Lecornu d’intégrer d’emblée la suspension de la réforme des retraites au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, annoncé mardi, risque de retarder le début de l’examen par la commission des Affaires sociales, jusqu’ici prévu jeudi, selon son président Frédéric Valletoux.Le Premier ministre a annoncé qu’une “lettre rectificative” au projet de budget de la Sécu serait présentée en Conseil des ministres jeudi, afin d’inclure la suspension de la réforme des retraites dans le texte, au lieu de la proposer au vote lors des débats via un amendement. Cette garantie était réclamée par la gauche et le Rassemblement national. Mais “cela pourrait remettre en cause le démarrage dès jeudi de l’examen des articles et des amendements, puisque finalement, la lettre rectificative, ça aurait la forme juridique d’un nouveau projet de loi de financement de la Sécurité sociale”, a déclaré à l’AFP M. Valletoux (Horizons) peu après l’annonce du Premier ministre.”On ne va pas commencer à discuter” du projet de loi jeudi alors qu’il y en a “un autre qui arrive”, a-t-il ajouté, en évoquant notamment la question de rouvrir un délai d’amendement pour les députés.Un bureau de la commission sera organisé mercredi matin pour décider de la nécessité ou non de repousser le début de l’examen, qui “pourrait être décalé à lundi”, a-t-il indiqué plus tard dans la journée. Frédéric Valletoux a regretté de ne pas avoir été prévenu en amont de l’annonce du Premier ministre, alors que le gouvernement avait été interrogé le matin même sur la question lors d’une réunion à l’Assemblée.Auditionnés en commission des Affaires sociales mardi après-midi sur le projet de budget de la Sécu, les ministres Jean-Pierre Farandou (Travail), Stéphanie Rist (Santé), Amélie de Montchalin (Comptes publics), et Charlotte Parmentier-Lecocq (Handicap), n’ont pas apporté beaucoup plus de précisions. “Le Conseil des ministres, par définition, sera le moment où tout sera cristallisé” concernant la lettre rectificative encore “en cours de construction”, a déclaré M. Farandou. “Sur la question de votre calendrier de travail, je laisserai le président de la commission apprécier”, a-t-il ajouté, en l’invitant toutefois à “perdre le moins de temps possible”. Le Parlement débat du budget dans des délais contraints, avec une adoption normalement prévue avant le 31 décembre.Selon la Constitution, l’Assemblée a en première lecture 20 jours pour se prononcer à partir de la réception du projet de loi. Le délai est remis à zéro par une lettre rectificative. Selon une source gouvernementale, ce nouveau délai démarrerait vendredi, soit le lendemain du Conseil des ministres, pour s’achever mercredi 12 novembre à minuit. Un vote solennel sur le texte était déjà prévu dans l’hémicycle ce même jour.