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Wall Street digère une nouvelle salve de résultats

La Bourse de New York Ă©volue sur une note prudente mercredi, s’accordant le temps d’analyser les performances financières d’une multitude d’entreprises, dans un contexte commercial toujours incertain, en particulier entre les Etats-Unis et la Chine.Vers 14H10 GMT, le Dow Jones reculait de 0,05%, au lendemain d’un record en clĂ´ture, tandis que le Nasdaq lâchait 0,21% et l’indice Ă©largi S&P 500 Ă©tait stable (-0,01%).”Les rĂ©sultats d’entreprises sont vraiment centraux (…) c’est ce qui a stimulĂ© les marchĂ©s” ces dernières semaines en l’absence de donnĂ©es Ă©conomiques d’ampleur, relève auprès de l’AFP Victoria Fernandez, de Crossmark Global Investments.Dans leur ensemble, ces publications financières se sont rĂ©vèlĂ©es jusqu’Ă  prĂ©sent “meilleurs qu’attendu”, ce qui a permis “au marchĂ© de continuer Ă  afficher un sentiment de prise de risque”, ajoute l’analyste.Patrick O’Hare, de Briefing.com, note une forme de “lĂ©thargie” en dĂ©but de sĂ©ance mercredi.Les indices “sont freinĂ©s par la rĂ©action dĂ©cevante” aux rĂ©sultats de Netflix, qui accroit “les inquiĂ©tudes persistantes en matière de valorisation” des plus grosses capitalisations boursières, assure M. O’Hare.Le gĂ©ant du streaming a dĂ©gagĂ© au troisième trimestre un bĂ©nĂ©fice de 2,5 milliards de dollars, soit nettement moins qu’anticipĂ©, en raison d’un litige fiscal au BrĂ©sil.Ce coup de frein Ă  sa rentabilitĂ© insolente fait chuter son titre: vers 14H05 GMT, il perdait 8,57% Ă  1,135 dollar, au plus bas depuis mai.Sur un an, le prix de son action a toutefois grimpĂ© de plus de 50%.En parallèle, les investisseurs continuent Ă  scruter les Ă©volutions de la politique commerciale amĂ©ricaine. Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a affirmĂ© mardi s’attendre Ă  conclure un “bon” accord commercial avec PĂ©kin lors d’un sommet des pays de l’Asie-Pacifique la semaine prochaine, mais a averti que la rencontre prĂ©vue avec son homologue chinois Xi Jinping pourrait ne pas se produire.Le durcissement, temporaire, du ton du responsable rĂ©publicain Ă  l’Ă©gard de son homologue chinois avait mis un coup d’arrĂŞt Ă  la course aux records de la place amĂ©ricaine dĂ©but octobre.CĂ´tĂ© indicateurs, Wall Street attend avec impatience la publication, vendredi, de l’indice d’inflation CPI pour septembre, première donnĂ©e Ă©conomique d’importance partagĂ©e par les autoritĂ©s amĂ©ricaines en pleine paralysie budgĂ©taire.”L’absence de donnĂ©es n’est jamais une bonne chose (…) alors que le marchĂ© se trouve actuellement dans une position oĂą il tente de dĂ©terminer si l’Ă©conomie est en train de ralentir ou non”, note Victoria Fernandez.Le CPI pourrait donner de premiers indices, partiels, sur l’Ă©tat de santĂ© de l’Ă©conomie amĂ©ricaine et la direction que suivra la banque centrale du pays (Fed) quant Ă  sa politique de taux.Sur le marchĂ© obligataire, le rendement Ă  Ă©chĂ©ance dix ans des emprunts de l’Etat amĂ©ricain se tendait lĂ©gèrement vers 14H05 GMT, Ă  3,97% contre 3,96% mardi en clĂ´ture.Au tableau des valeurs, le gĂ©ant amĂ©ricain du jouet Mattel (-3,29% Ă  18,20 dollars) souffrait de rĂ©sultats trimestriels en baisse et infĂ©rieurs aux attentes, affectĂ©s par un dĂ©calage des commandes du commerce de dĂ©tail.L’entreprise a toutefois confirmĂ© ses prĂ©visions annuelles.Le spĂ©cialiste de la viande vĂ©gĂ©tale Beyond Meat (+67,89% Ă  6,07 dollars) s’envolait pour la deuxième sĂ©ance consĂ©cutive, après avoir conclu un partenariat de distribution avec le gĂ©ant amĂ©ricain des hypermarchĂ©s Walmart.Beyond Meat est aussi soutenu par le mouvement des “meme stocks”, des achats massifs de petits porteurs. Le fabricant de beignets Krispy Kreme (+24,35% Ă  4,61 dollars) profitait aussi de ce dynamisme.

Pour les Argentins endettés, acheter, revendre: objectif boucler le mois

Dans des dĂ©ballages de rue toujours plus vastes, sur les rĂ©seaux sociaux, Ă  leurs voisins, ils vendent, achètent, revendent. Pour gĂ©nĂ©rer une mini-marge, tenir jusqu’Ă  la fin de mois. Dans l’Argentine de Javier Milei Ă  la veille de lĂ©gislatives, austĂ©ritĂ© et endettement intensifient les stratĂ©gies de rĂ©silience.Sur 20 pâtĂ©s de maisons, presque deux kilomètres, s’Ă©tire la “feria” de Villa Fiorito, faubourg populaire du grand Buenos Aires. Foire informelle, oĂą dimanche s’entassent sur des couvertures Ă  mĂŞme le sol, des inventaires improbables: de vieux bacs Ă  glaçons, un thermos sans bouchon, un pantalon, des revues, de l’Ă©lectromĂ©nager dĂ©labrĂ©, des produits vaisselle… Tout est bon, explique une de ces “manteras” (de “manta”, couverture), Gladys Gutierrez, 46 ans, qui Ă©tale produits de toilette, savons, lotions, vĂŞtements… Et raconte le jonglage permanent aux petites affaires, Ă  mĂŞme la foire, sous le regard de Diego Maradona, l’idole nĂ©e dans le quartier et dont les fresques recouvrent les murs.”Si je vois quelque chose bon marchĂ©, je l’achète et je le revends, et la plupart des voisins font pareil. Ils achètent, revendent, ainsi de suite, pour gagner un sou de plus”.Martin Gonzalez, “cartonero”, ramasseur-rĂ©cupĂ©rateur, dit aller rĂ©gulièrement Ă  la capitale aux riches poubelles, Ă  20 kilomètres, “pour rĂ©cupĂ©rer des choses, qu’on ramène ici et qu’on revend, pour le quotidien”.- Endettement record -Parfois “ça suffit pour le repas de midi, après il faut repartir chercher”, explique-t-il devant son stand Ă©clectique: un tuyau, des carafes, un dĂ©bouche-Ă©vier, des casques de chantier..”Les gens sont fatiguĂ©s, en colère”, gĂ©mit Gladys Gutierrez. Dont le mari, maçon qualifiĂ©, est sans travail “depuis un bon moment”.Plus de 200.000 emplois, entre public et privĂ©, ont Ă©tĂ© perdus au cours des deux ans d’austĂ©ritĂ© budgĂ©taire du prĂ©sident, l’ultralibĂ©ral Javier Milei, avec le secteur de la construction en première ligne, via le gel de chantiers publics.Ces pertes d’emploi, une activitĂ© Ă©conomique anĂ©miĂ©e, ont empĂŞchĂ© une majoritĂ© d’Argentins de ressentir les bienfaits d’une inflation maĂ®trisĂ©e. A fortiori dans un pays oĂą plus de 40% l’emploi est informel. Comme en grande partie ici, Ă  Villa Fiorito,  Selon un rapport de la Banque centrale, le taux de dĂ©faillance financière des mĂ©nages a augmentĂ© en aoĂ»t pour le dixième mois consĂ©cutif, pour atteindre 6,6% du total des crĂ©dits, record depuis la crĂ©ation de cet indice en 2008.Ici, “des gens s’endettent pour manger, dans le meilleur des cas s’endettent pour monter un petit nĂ©goce, mais Ă  des taux exorbitants”, explique Matias Mora, politologue lui-mĂŞme originaire de Villa Fiorito. OĂą peu ont accès au crĂ©dit, donc dĂ©pendent de prĂŞteurs informels, appliquant des intĂ©rĂŞts jusqu’Ă  40%, 50%.- Ecosystème de survie -Javier Milei se targue d’avoir fait baisser la pauvretĂ© en 12 mois, en partie grâce Ă  l’inflation jugulĂ©e, et un effort soutenu sur les allocations aux plus pauvres. Mais Ă  Fiorito, fief pĂ©roniste (opposition de centre-gauche), il n’a guère Ă  attendre des lĂ©gislatives de mi-mandat dimanche: en 2023 Ă  la prĂ©sidentielle, il y avait obtenu un pâle 27% (55,7% au niveau national). NĂ©anmoins, l’endettement, le pluri-emplois contraint, les ventes informelles, n’ont nullement commencĂ© avec le gouvernement Milei, souligne M. Mora. Par contre, avec lui, ils se sont “approfondis et aggravĂ©s”.Selon une Ă©tude en mai du cabinet privĂ© IETSE, 91% des mĂ©nages argentins Ă©taient endettĂ©s: des dettes contractĂ©es, Ă  plus de 85%, en 2024 ou 2025. “Cela me rappelle beaucoup 2001”, dit Juana Sena, 71 ans, en rĂ©fĂ©rence aux heures de la grande crise financière de 2001, qui mena Ă  une explosion sociale (39 morts): “Aux coins de rue, on voit sur des tables des gens vendre des pâtisseries ou pains faits maison, on voit des vĂŞtements Ă  vendre, exposĂ©s aux fenĂŞtres”.En plus de ces ventes de rue, relève Matias Mora, se dĂ©veloppe tout un monde de “manteros numĂ©riques”, oĂą des milliers de participants, rĂ©partis par zones, vendent une poussette, un meuble, un plat maison… Dans l’urgence, le plus souvent. “A ce prix-lĂ , parce que j’ai besoin de l’argent aujourd’hui. Merci d’Ă©crire en privĂ©”, indiquait une annonce cette semaine.”C’est un nouvel Ă©cosystème (…) une logique de survie”, estime M. Mora. “Les gens se dĂ©brouillent” et font preuve d’ingĂ©niositĂ© pour joindre les deux bouts, mais “au dĂ©triment de la santĂ© mentale, de la santĂ© physique, en s’Ă©puisant”.

Au Portugal, un paradis côtier accaparé par les plus fortunés

Au-dessus des pinèdes et des dunes qui longent des kilomètres de plages quasi-dĂ©sertes de ce coin du sud-ouest du Portugal, des grues s’Ă©lèvent des chantiers de construction de complexes hĂ´teliers de luxe, illustrant la transformation de cette rĂ©gion de Comporta en un nouveau refuge idyllique pour cĂ©lĂ©britĂ©s et touristes fortunĂ©s.A une heure de route au sud de Lisbonne, ce lieu de villĂ©giature sĂ©duit notamment des personnalitĂ©s “people” telles que l’actrice Nicole Kidman ou la princesse Caroline de Monaco, au point d’ĂŞtre dĂ©sormais surnommĂ©e “la nouvelle Riviera portugaise” et comparĂ©e aux Hamptons, la cĂ´te huppĂ©e situĂ©e près de New York.Symbole du “luxe dĂ©contractĂ©”, Comporta attire “une clientèle fortunĂ©e en quĂŞte de nature, de discrĂ©tion, de bien-ĂŞtre”, rĂ©sume le cabinet Knight Frank dans un rĂ©cent rapport.La destination figure parmi les cinq marchĂ©s rĂ©sidentiels de luxe les plus recherchĂ©s au monde, selon un classement publiĂ© fin septembre par ce cabinet international de conseil immobilier.Parmi les premières personnalitĂ©s internationales Ă  dĂ©couvrir son charme, le crĂ©ateur français Christian Louboutin, connu pour ses chaussures Ă  semelle rouge, y a mĂŞme ouvert son propre hĂ´tel.L’Ă©tablissement se dresse au cĹ“ur du Melides, un petit village rural avec ses ruelles Ă©crasĂ©es par le soleil, ses cheminĂ©es blanches et ses maisons blanchies Ă  la chaux avec leurs portes et fenĂŞtres encadrĂ©es de bleu.La princesse EugĂ©nie, nièce du roi Charles III d’Angleterre, partage son temps entre Londres et le Portugal, attirĂ©e, dit-elle, par la simplicitĂ© du lieu: “Je peux aller au supermarchĂ© en tenue de sport, les cheveux en bataille, et personne ne s’en soucie”, confiait-elle en 2023 dans le podcast Table and Manners.- “Huit mĂ©ga-projets” -Mais pour certains habitants de la rĂ©gion et les dĂ©fenseurs de l’environnement, l’envers du dĂ©cor est plus inquiĂ©tant.”Nous avons cartographiĂ© huit mĂ©ga-projets, chacun couvrant des centaines d’hectares”, alerte Rebeca Mateus, une biologiste membre de l’association “Dunas Livres” (Dunes libres), qui dĂ©nonce notamment la consommation Ă©levĂ©e d’eau dans une rĂ©gion chroniquement menacĂ©e par la sĂ©cheresse.L’association s’inquiète Ă©galement des “dĂ©gâts irrĂ©versibles” sur les dunes, un habitat fragile et lent Ă  se rĂ©gĂ©nĂ©rer, explique Ă  l’AFP Catarina Rosa, membre du mĂŞme collectif.La transformation de la rĂ©gion remonte Ă  l’effondrement d’une dynastie de banquiers portugais, les Espirito Santo, dans la foulĂ©e de la crise de la dette de 2011.Cette famille Ă©tait jusqu’alors la seule propriĂ©taire de la “Herdade de Comporta”, un domaine agricole de plus de 12.000 hectares.Après la faillite de Banco Espirito Santo, ses propriĂ©taires ont vendu de vastes parcelles du domaine Ă  des promoteurs immobiliers, qui ont multipliĂ© les projets de rĂ©sidences privĂ©es, complexes hĂ´teliers et terrains de golf.Ces investissements sont portĂ©s par des groupes portugais comme celui de la famille Amorim, le groupe Vanguard Properties du Français Claude Berda ou encore la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Discovery Land and Company.- “Sans plan ni respect” -Cette dernière dĂ©veloppe notamment le projet Costa Terra Golf and Ocean Club, avec près de 300 villas de luxe.Pour la population locale, certains ont profitĂ© de cet engouement pour vendre leurs petites propriĂ©tĂ©s pour des montants irrĂ©sistibles, tandis que d’autres s’inquiètent d’une flambĂ©e des prix de l’immobilier qui bouleverse tout un mode de vie.”Une petite maison, qui valait 20.000 euros il y a vingt ans, en vaut aujourd’hui un million”, tĂ©moigne auprès de l’AFP Jacinto Ventura, agriculteur de 42 ans et prĂ©sident d’une association locale Ă  Melides.Par ailleurs, les habitants se plaignent d’entraves croissantes Ă  l’accès aux plages, censĂ©es ĂŞtre toutes publiques, et d’un coĂ»t de la vie qui augmente, notamment dans les petits commerces locaux.Et alors que certains se rĂ©signent Ă  quitter la rĂ©gion, d’autres tentent de rĂ©sister, comme Belinda Sobral, une ancienne ingĂ©nieure de 42 ans qui a repris la taverne de ses grands-parents dans un petit village un peu plus Ă  l’intĂ©rieur des terres, dans la commune de Grândola.”Le tourisme, ce n’est pas le problème, c’est la façon dont cela a Ă©tĂ© fait: trop vite, sans plan ni respect des gens d’ici”, dĂ©plore cette mère de deux enfants.”Je veux prĂ©server l’identitĂ© du lieu”, dit-elle. “Sans mĂ©moire, Comporta deviendra une autre Ibiza, une station balnĂ©aire comme tant d’autres.”

Vapotage: les vendeurs en ligne craignent “la cessation d’activitĂ©”

Les sites de vente de liquide pour cigarettes Ă©lectroniques comme Le Petit Vapoteur, qui est l’un des principaux en Europe, craignent de mettre la clĂ© sous la porte si la mesure d’interdiction de vente en ligne prĂ©vue par le gouvernement français est adoptĂ©e dans le budget 2026.”S’il dĂ©cide de nous priver de 70% de nos ventes, c’est la cessation de notre activitĂ© et 600 emplois pourraient disparaĂ®tre”, redoute Morgan LaisnĂ© du site Le Petit Vapoteur, basĂ© en Normandie et qui a rĂ©alisĂ© en France 95% des 154 millions d’euros de son chiffre d’affaires en 2024.Le projet de budget du gouvernement prĂ©voit une taxe de 30 Ă  50 centimes par flacon de 10 millilitres (ml), vendu gĂ©nĂ©ralement entre 5 et 7 euros.Cette taxe hĂ©risse les professionnels, mais beaucoup moins que les mesures qui l’accompagnent. Car dans son projet de budget, le gouvernement envisage Ă©galement de soumettre les boutiques de vapotage Ă  l’obtention d’un agrĂ©ment similaire Ă  celui des buralistes, interdisant par exemple la proximitĂ© avec des Ă©coles.Surtout, la vente Ă  distance aux particuliers, Ă  l’origine d’un bon quart des ventes dans la filière selon les professionnels, sera entièrement interdite.”On avait vu venir la taxe” dĂ©jĂ  envisagĂ©e par l’ex-Premier ministre François Bayrou, mais “ces autres mesures, ça a Ă©tĂ© un choc”, s’alarme auprès de l’AFP Morgan LaisnĂ©.- 3.000 emplois menacĂ©s -Pour Le Petit Vapoteur, mĂŞme ses 111 magasins physiques ouverts en France, oĂą ont lieu un tiers des ventes de la sociĂ©tĂ©, sont menacĂ©s, car ils sont “très dĂ©pendants de l’activitĂ© en ligne”, selon Morgan LaisnĂ©.Tout comme la ligne de production de liquides de vapotage installĂ©e Ă  Cherbourg (Manche) par l’entreprise, “qui sera surdimensionnĂ©e sans la vente en ligne.”InterrogĂ©e par l’AFP, la Fivape, fĂ©dĂ©ration du secteur, estime que 3.000 emplois dans la vente en ligne “disparaĂ®traient instantanĂ©ment”. Elle a lancĂ© une pĂ©tition auprès des usagers, qui a dĂ©jĂ  rĂ©coltĂ© 120.000 signataires – dont l’unicitĂ© n’est vĂ©rifiĂ©e que par le biais de leur adresse e-mail. Plus qu’une mesure de santĂ© publique, les professionnels estiment que l’interdiction de la vente en ligne a Ă©tĂ© pensĂ©e avant tout pour simplifier la collecte de la taxe.Pour Morgan LaisnĂ©, “les douanes ont voulu rĂ©pliquer le système des buralistes et de la taxe sur le tabac. Et comme en ligne, on ne sait pas trop ce que c’est, on l’interdit.” Ce que Bercy conteste. “Ce sont des mesures de santĂ© publique, qui convergent avec les règles applicables au tabac”, a indiquĂ© Ă  l’AFP le cabinet de la ministre des Comptes publics, AmĂ©lie de Montchalin.Pour le cabinet de la ministre de la SantĂ©, StĂ©phanie Rist, “la mesure cherche Ă  rĂ©duire l’exposition et l’accessibilitĂ© des produits de vapotage, surtout chez les jeunes, tout en renforçant la sĂ©curitĂ© sanitaire et la traçabilitĂ©”, notamment pour Ă©viter les produits “non conformes”, a-t-il indiquĂ© Ă  l’AFP.- Les produits sans nicotine taxĂ©s aussi  -Morgan LaisnĂ© estime, lui, que ces mesures seraient “une catastrophe pour la santĂ© publique”, assurant que le vapotage a contribuĂ© aux 4 millions de fumeurs quotidiens en moins depuis 10 ans, un chiffre publiĂ© mi-octobre par SantĂ© publique France.Le ComitĂ© national contre le tabagisme (CNCT) n’est pas d’accord.”Ces produits rendent très dĂ©pendants, leur marketing cible particulièrement les jeunes”, estime Emmanuelle BĂ©guinot, directrice de l’association antitabac, qui juge “important un meilleur contrĂ´le via l’interdiction de tout ce qui touche Ă  la vente en ligne.”Le projet de budget prĂ©voit de taxer Ă  30 centimes d’euros les flacons de 10 ml de produit qui contiennent moins de 15 mg/ml de nicotine, y compris ceux qui n’en contiennent pas du tout, “des produits qui font que vous mettez le pied Ă  l’Ă©trier,” selon Emmanuelle BĂ©guinot.Pour les produits avec plus de 15 mg/ml de nicotine, la taxe est portĂ©e Ă  50 centimes d’euros le flacon de 10 ml.Un amendement de dĂ©putĂ©s LR supprimant la taxe mais pas l’interdiction de la vente en ligne a Ă©tĂ© adoptĂ© mercredi en commission des Finances.Cette modification ne prĂ©sage rien du texte final, puisque l’hĂ©mycicle examinera Ă  partir de vendredi le projet de budget dans sa copie originale.En sĂ©ance plĂ©nière, l’AssemblĂ©e nationale pourra Ă©ventuellement adopter ou non d’autres amendements, comme ceux proposĂ©s par des dĂ©putĂ©s LFI, UDR et mĂŞme du camp macroniste qui suppriment l’interdiction de vente en ligne.

La Fondation 30 millions d’amis gère mal ses finances, selon la Cour des comptes

La Cour des comptes a Ă©trillĂ© mercredi dans un rapport la gestion budgĂ©taire de la Fondation 30 millions d’amis et fait peser la menace d’une suspension de l’avantage fiscal dont bĂ©nĂ©ficie l’association de protection des animaux.L’instance chargĂ©e de s’assurer du bon emploi de l’argent public pointe une “thĂ©saurisation excessive” des ressources après avoir Ă©pluchĂ© les comptes 2019-2023 de la Fondation 30 millions d’amis, association reconnue d’utilitĂ© publique qui bĂ©nĂ©ficie de dons et donc d’avantages fiscaux. Si au dĂ©part l’association créée en 1981 et transformĂ©e en fondation en 1995 Ă©voluait de manière modeste, elle a gagnĂ© en notoriĂ©tĂ© et n’a cessĂ© depuis d’engranger des dons. “La fondation dispose dĂ©sormais d’une assise financière considĂ©rable”, affirme la Cour des comptes, citant un bilan de 135 millions d’euros en 2023, notamment alimentĂ© par 39 millions de dons. “Ses rĂ©serves mobilisables atteignent près de 86 millions d’euros soit 4,5 annĂ©es de charges d’exploitation. Une telle thĂ©saurisation, difficilement justifiable pour une fondation financĂ©e par la gĂ©nĂ©rositĂ© du public et bĂ©nĂ©ficiant d’avantages fiscaux, ne peut perdurer”, poursuit l’instance.  La Cour estime ainsi que “son activitĂ©” est “modeste au regard de ses moyens”.Elle regrette que le manque de transparence financière “ne permet pas aux donateurs de disposer d’une image fidèle de l’utilisation de leur gĂ©nĂ©rositĂ©”.Parmi les recommandations de la Cour des comptes, qui doivent ĂŞtre mises en place avant la fin du premier semestre 2026 : le renforcement des compĂ©tences professionnelles des salariĂ©s, un contrĂ´le interne structurĂ© sur le recours aux prestataires, un plan stratĂ©gique, des programmations notamment sur le budget et l’immobilier. “Faute de se mettre en capacitĂ© d’employer ces fonds efficacement, la fondation s’exposerait Ă  devoir rĂ©duire sa collecte”, menace la Cour des comptes qui Ă©voque dans son rapport “l’hypothèse d’une dĂ©claration de non-conformitĂ©”, soit la suspension de l’avantage fiscal dont bĂ©nĂ©ficie la fondation. La Fondation 30 millions d’amis (Ă  l’origine “Association de dĂ©fense des animaux de compagnie”) a Ă©tĂ© créée dans le sillage de l’Ă©mission de tĂ©lĂ©vision Ă©ponyme diffusĂ©e Ă  partir de 1976, initialement pour recueillir les dons spontanĂ©s des tĂ©lĂ©spectateurs.Au-delĂ  de la sensibilisation, son rĂ´le a progressivement mutĂ© vers le sauvetage des animaux maltraitĂ©s. La Fondation gère deux refuges et aide financièrement environ 215 refuges pour l’accueil des chiens et chats et 15 refuges pour l’accueil d’Ă©quidĂ©s. 

Tabac consommĂ© en France: 4,3 milliards d’euros en moyenne ont Ă©chappĂ© Ă  la fiscalitĂ© en 2023

La part du tabac consommĂ© en France mĂ©tropolitaine qui Ă©chappe Ă  la fiscalitĂ© nationale (TAFE) reprĂ©sente un manque Ă  gagner fiscal de 4,3 milliards d’euros en moyenne en 2023, indique une Ă©tude des douanes publiĂ©e mercredi.Selon cette Ă©tude, en moyenne 17,7% du tabac consommĂ© en 2023 n’a pas Ă©tĂ© achetĂ© chez un buraliste français, soit 8.081 tonnes, sur 45.755 tonnes au total.Pour obtenir ce chiffre, le rapport a calculĂ© la diffĂ©rence entre “les volumes de tabac effectivement consommĂ©s selon les dĂ©clarations des fumeurs” en 2023 et “ceux livrĂ©s officiellement” aux buralistes de chaque dĂ©partement. Le manque Ă  gagner fiscal s’explique par “une importance certaine des achats transfrontaliers” dans des “pays oĂą le tabac est moins cher”, des achats qui reprĂ©sentent environ 80% du TAFE, soit 6.863 tonnes.L’Ă©volution des livraisons de tabac entre 2016 et 2023 diffère entre les dĂ©partements frontaliers, qui “ont vu les volumes de tabac livrĂ©s chuter de plus de 45%”, et non-frontaliers dont certains “n’ont connu qu’une baisse infĂ©rieure Ă  25%”, prĂ©cise cette Ă©tude.”C’est un jeu de concurrence fiscale Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne”, analyse auprès de l’AFP Christian Ben Lakhdar, coauteur du rapport. “En France, nous avons des mesures agressives de lutte contre le tabac donc nous augmentons nos prix plus vite que les pays frontaliers qui eux bĂ©nĂ©ficient” dans leur fiscalitĂ© de cette hausse des prix en France, ajoute-t-il.Les 20% restants du TAFE se partagent entre les achats Ă  l’Ă©tranger hors pays transfrontaliers (275 tonnes de tabac), les achats en duty-free (777 tonnes) et les achats auprès de vendeurs Ă  la sauvette (366 tonnes).Le rapport s’est aussi concentrĂ© sur le profil des fumeurs qui dĂ©clarent ne pas acheter leur tabac chez les buralistes français: ils sont en majoritĂ© “jeunes, en couple sans enfant”, vivent “Ă  Paris ou dans un dĂ©partement frontalier” et “ont une consommation importante”.En revanche, “le niveau de revenu, le niveau de diplĂ´me ainsi que la situation professionnelle” ne sont pas significatifs.La motivation première d’un achat de tabac Ă  l’Ă©tranger demeure le prix, pour 74% des rĂ©pondants: un paquet de cigarettes coĂ»te entre 12 et 13 euros en France.

Trains de nuit, TGV: Jean Castex convainc le Parlement pour piloter la SNCF

Relance des trains de nuit, dĂ©veloppement du TGV, modernisation du rĂ©seau… Se dĂ©peignant en usager amoureux des trains, Jean Castex a obtenu mercredi le feu vert du Parlement pour prendre la tĂŞte de la SNCF, oĂą il devra rĂ©soudre une Ă©quation financière et technique dĂ©licate.Choisi fin septembre par Emmanuel Macron pour succĂ©der au cheminot de carrière Jean-Pierre Farandou, depuis nommĂ© au gouvernement, l’ex-Premier ministre et actuel patron de la RATP a soulignĂ© devant les dĂ©putĂ©s mercredi le besoin massif d’investissement pour maintenir et dĂ©velopper le rĂ©seau ferrĂ© vieillissant, bousculĂ© par l’arrivĂ©e de la concurrence et les consĂ©quences du rĂ©chauffement climatique.M. Castex a saluĂ© les dĂ©clarations du Premier ministre SĂ©bastien Lecornu qui, dans sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale, a maintenu Ă  l’agenda du gouvernement le projet de loi-cadre issu de la confĂ©rence Ambition France Transports pilotĂ©e par le gouvernement Bayrou, qui prĂ©voit “une affectation de ressources au secteur ferroviaire”.”Les dĂ©fis sont nombreux: il y a le fameux mur d’investissement pour moderniser le rĂ©seau, la montagne de l’ouverture Ă  la concurrence et le choc de la transition Ă©cologique”, a-t-il rĂ©sumĂ©, Ă©voquant aussi le “choc capacitaire”. “Aujourd’hui on ne peut pas prendre tout le monde dans les trains car on manque d’offre”, a-t-il expliquĂ©.Sa candidature a recueilli au total 60 votes favorables sur 83 votants dans les commissions du DĂ©veloppement durable des deux assemblĂ©es (34 Ă  l’AssemblĂ©e nationale et 26 au SĂ©nat, avec 5 votes contre Ă  l’AssemblĂ©e et 2 au SĂ©nat ainsi que 10 abstentions Ă  l’AssemblĂ©e et 6 au SĂ©nat). – “Faire groupe” -Sans dĂ©tailler sa feuille de route, M. Castex a dĂ©clinĂ© quelques slogans: “plus de trains, et mieux de trains”, “attirer plus de gens dans les trains”, “gagner la bataille des infrastructures pour moderniser le rĂ©seau”. ConfrontĂ© Ă  l’arrivĂ©e d’une concurrence sur les lignes Ă  grande vitesse du sud de la France, en particulier avec la compagnie italienne Trenitalia ou des projets privĂ©s français en cours de dĂ©veloppement, qui ont conduit la filiale SNCF Voyageurs Ă  lancer une profonde rĂ©organisation interne, l’ex-Premier ministre a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de “faire groupe” face au morcellement et Ă  la perte d’identitĂ© que risque le groupe SNCF dans ses rĂ©organisations. “Ça va beaucoup me mobiliser”, a-t-il dit.Concernant le besoin d’investissement pour amĂ©liorer le rĂ©seau et la signalisation, l’Etat devra mettre la main Ă  la poche en attendant l’arrivĂ©e, après 2032, d’une contribution du secteur autoroutier. Mais “ce ne sont pas des dĂ©penses Ă  fonds perdus”, a-t-il promis, car “si on ne fait rien”, les perturbations “vont s’accroĂ®tre” et le rĂ©seau “va se dĂ©grader”.”Pour la rĂ©gĂ©nĂ©ration du rĂ©seau, (…) on passe d’un flux de 3 milliards d’euros par an Ă  quatre et demi. L’entreprise publique, je vous le confirme ce matin, y apportera sa part”, a-t-il dĂ©clarĂ©. – “Augmenter le rĂ´le” des usagers -Pour rĂ©soudre l’Ă©quation financière serrĂ©e, M. Castex compte sur sa mĂ©thode basĂ©e sur “le dialogue, l’Ă©coute”, avec “la communautĂ© cheminote, les territoires”, le gouvernement et les usagers, dont il compte “augmenter le rĂ´le”.Amoureux des trains, l’ancien Premier ministre avait dĂ©jĂ  postulĂ© Ă  la tĂŞte de la SNCF en 2019. M. Farandou, qui vient de rejoindre le gouvernement Lecornu comme ministre du Travail, lui avait alors Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rĂ©.Comme devant le SĂ©nat la semaine dernière, M. Castex a rĂ©pĂ©tĂ© son intĂ©rĂŞt pour les trains de nuit, dont il veut “amĂ©liorer au maximum la gestion et l’attractivitĂ©”, malgrĂ© les problèmes qu’ils rencontrent. Il a soulignĂ© qu’il allait “se battre pour le fret”.”Je ne sais pas si c’est faisable, mais j’ai lu qu’on pourrait expĂ©rimenter de faire circuler sur la LGV la nuit des trains de nuit, parce que les lignes traditionnelles sont impactĂ©es par les travaux” nocturnes, a-t-il relevĂ©.Outre la fermeture annoncĂ©e du train de nuit Paris-Berlin, qui sera l’un de ses “premiers sujets”, M. Castex a aussi indiquĂ© qu’un de ses premiers dĂ©placements serait probablement consacrĂ© Ă  la ligne sinistrĂ©e Paris-Clermont-Ferrand, qui cumule alĂ©as, annulations, et retards, par manque d’investissement chronique depuis des annĂ©es.

Trains de nuit, petites lignes: Jean Castex tente de séduire les députés

Relance des trains de nuit, dĂ©veloppement du TGV, desserte des petites lignes: se dĂ©peignant en usager amoureux des trains, Jean Castex, proposĂ© pour prendre la tĂŞte de la SNCF, a tentĂ© mercredi de convaincre les dĂ©putĂ©s qu’il Ă©tait le bon candidat pour rĂ©soudre une Ă©quation financière et technique dĂ©licate.Choisi fin septembre par Emmanuel Macron pour succĂ©der Ă  Jean-Pierre Farandou ensuite nommĂ© au gouvernement, l’ex-Premier ministre et actuel patron de la RATP a soulignĂ© le besoin massif d’investissement pour maintenir et dĂ©velopper le rĂ©seau ferrĂ© français vieillissant, bousculĂ© par l’arrivĂ©e de la concurrence sur les rails et les consĂ©quences du rĂ©chauffement climatique.M. Castex a saluĂ© les dĂ©clarations du Premier ministre SĂ©bastien Lecornu qui a maintenu Ă  l’agenda du gouvernement (dans sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale) le projet de loi cadre “avec une affectation de ressources au secteur ferroviaire”.”Les dĂ©fis sont nombreux: il y a le fameux mur d’investissement, la montagne de l’ouverture Ă  la concurrence et le choc de la transition Ă©cologique”, a-t-il rĂ©sumĂ©, Ă©voquant aussi le “choc capacitaire”. “Aujourd’hui on ne peut pas prendre tout le monde dans les trains car on manque d’offre”, a-t-il expliquĂ©.- “Faire groupe” -Sans dĂ©tailler sa feuille de route, M. Castex a dĂ©clinĂ© quelques slogans: “plus de trains, et mieux de trains”, “attirer plus de gens dans les trains”, “gagner la bataille des infrastructures pour moderniser le rĂ©seau”. ConfrontĂ© Ă  l’arrivĂ©e d’une concurrence sur les lignes Ă  grande vitesse du sud de la France avec la compagnie italienne Trenitalia, la Renfe espagnole ou des projets franco-français en cours de dĂ©veloppement, qui ont conduit la filiale SNCF Voyageurs Ă  lancer une profonde rĂ©organisation interne, l’ex-Premier ministre a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de “faire groupe” face au morcellement et Ă  la perte d’identitĂ© que risque le groupe SNCF dans ses rĂ©organisations. “Ça va beaucoup me mobiliser”, a-t-il dit.Concernant le besoin d’investissement pour amĂ©liorer le rĂ©seau et la signalisation, l’Etat devra mettre la main Ă  la poche en attendant l’arrivĂ©e, après 2032, d’une contribution du secteur autoroutier. Mais “ce ne sont pas des dĂ©penses Ă  fonds perdus”, a-t-il promis, car “si on ne fait rien”, les perturbations “vont s’accroĂ®tre” et le rĂ©seau “va se dĂ©grader”.”Pour la rĂ©gĂ©nĂ©ration du rĂ©seau, (…) on passe d’un flux de 3 milliards d’euros par an Ă  quatre et demi. L’entreprise publique, je vous le confirme ce matin, y apportera sa part”, a-t-il dĂ©clarĂ©. – “Augmenter le rĂ´le” des usagers -Pour rĂ©soudre l’Ă©quation financière serrĂ©e, il compte sur sa mĂ©thode basĂ©e sur “le dialogue, l’Ă©coute”, avec “la communautĂ© cheminote, les territoires”, le gouvernement et les usagers, dont il compte “augmenter le rĂ´le”.Amoureux des trains, M. Castex avait dĂ©jĂ  postulĂ© Ă  la tĂŞte de la SNCF en 2019. M. Farandou, qui vient de rejoindre le gouvernement Lecornu comme ministre du Travail, lui avait alors Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rĂ©.Comme devant le SĂ©nat la semaine dernière, M. Castex a rĂ©pĂ©tĂ© son intĂ©rĂŞt pour les trains de nuit dont il veut “amĂ©liorer au maximum la gestion et l’attractivitĂ©” malgrĂ© les problèmes qu’ils rencontrent, et a soulignĂ© qu’il allait “se battre pour le fret”.”Je ne sais pas si c’est faisable, mais j’ai lu qu’on pourrait expĂ©rimenter de faire circuler sur la LGV la nuit des trains de nuit, parce que les lignes traditionnelles sont impactĂ©es par les travaux” durant la nuit, a-t-il dit.Outre la fermeture annoncĂ©e du Paris-Berlin de nuit qui sera un de ses “premiers sujets”, il a aussi indiquĂ© qu’un de ses premiers dĂ©placements serait probablement consacrĂ© Ă  la ligne sinistrĂ©e Paris-Clermont-Ferrand, qui cumule alĂ©as, annulations, et retards, par manque d’investissement chronique depuis des annĂ©es.Pour que sa nomination soit validĂ©e par le Parlement, il suffit que les membres des commissions des deux chambres (AssemblĂ©e et SĂ©nat combinĂ©s) soient moins de trois cinquièmes Ă  s’y opposer. Le vote doit avoir lieu dans la foulĂ©e de l’audition.

Terres rares: l’accord Washington-Canberra peut dĂ©fier la domination chinoise, selon un patron du secteur

La domination chinoise sur la production de terres rares pourrait bientĂ´t ĂŞtre remise en cause par le rapprochement australo-amĂ©ricain, estime mercredi dans un entretien Ă  l’AFP le patron de la sociĂ©tĂ© minière australienne Arafura Rare Earths (ex-Arafura Resources), Darryl Cuzzubbo. Les Etats-Unis et l’Australie ont signĂ© lundi Ă  Washington un accord sur les minĂ©raux critiques dont le sous-sol australien regorge, Canberra se posant ainsi en alternative fiable pour son alliĂ© Washington, qui cherche Ă  se libĂ©rer de l’Ă©tau de PĂ©kin qui règne en maĂ®tre sur ce marchĂ© crucial pour l’industrie mondiale – de la fabrication de panneaux solaires, Ă  celle de missiles de prĂ©cision. “La Chine contrĂ´le essentiellement le marchĂ© des terres rares en contrĂ´lant les prix”, indique M. Cuzzubbo Ă  l’AFP.”Le problème, c’est que la Chine montre qu’elle va utiliser son contrĂ´le Ă  90% de la production de terres rares comme un outil gĂ©opolitique”, souligne-t-il. Non seulement la Chine dĂ©tient un quasi-monopole sur la production de terres rares, mais elle dispose en plus d’un moyen de pression considĂ©rable en Ă©tant pratiquement le seul pays capable de raffiner ces mĂ©taux Ă  l’Ă©chelle industrielle.Etats-Unis, Allemagne ou CorĂ©e du Sud… Les pays manufacturiers recherchent depuis longtemps des partenaires alternatifs Ă  la puissance asiatique. Et l’accord Washington-Canberra ouvre la voie Ă  d’autres chaĂ®nes d’approvisionnement, s’enthousiasme M. Cuzzubbo.”Cela donne alors aux investisseurs l’assurance que ces pays partageant les mĂŞmes prĂ©occupations qu’eux agiront pour contrer le contrĂ´le de la Chine.”Avec l’accord lundi, les Etats-Unis ont acceptĂ© de contribuer au financement d’une sĂ©rie de projets liĂ©s aux terres rares en Australie en Ă©change d’un accès prĂ©fĂ©rentiel aux minĂ©raux extraits.Car si elle excelle dans l’extraction, l’Australie peine Ă  traiter ces minĂ©raux critiques sur son territoire. Plus de 90% de son lithium est expĂ©diĂ© chaque annĂ©e vers les gigantesques raffineries chinoises. Arafura possède l’un des premiers projets Ă  recevoir un financement dans le cadre de l’accord Washington-Canberra et vise Ă  augmenter rapidement sa capacitĂ© de raffinage.Une autre entreprise australienne, Lynas Rare Earths, a dĂ©jĂ  signĂ© un contrat de 258 millions de dollars amĂ©ricains (223 millions d’euros) pour la construction d’une raffinerie de terres rares au Texas.”Il va y avoir une sorte de jeu avec la Chine tant que cette chaĂ®ne d’approvisionnement diversifiĂ©e ne sera pas en place”, anticipe Darryl Cuzzubbo.”Et la Chine va en tirer tout ce qu’elle peut, car elle sait que d’ici trois Ă  cinq ans, elle commencera Ă  perdre le contrĂ´le”, pense-t-il.Pour les analystes, il est peu probable que l’Australie produise un jour des terres rares raffinĂ©es Ă  l’Ă©chelle de la Chine – mais le dĂ©veloppement de cette activitĂ© sur l’Ă®le de l’OcĂ©anie pourrait toutefois rĂ©duire l’emprise chinoise. “L’Australie est le partenaire le plus important des États-Unis pour contrer la domination de la Chine dans le domaine des terres rares”, a Ă©galement estimĂ© cette semaine le Centre for Strategic and International Studies, un organisme amĂ©ricain. 

“Polluants Ă©ternels”: les pistes de l’Anses pour mieux les contrĂ´ler

Ils sont prĂ©sents dans l’air, les sols, l’eau, les aliments: l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire Anses a formulĂ© dans deux rapports publiĂ©s mercredi des recommandations pour mieux contrĂ´ler les “polluants Ă©ternels” ou PFAS, prĂ´nant d’Ă©tendre le champ des contrĂ´les de ces composĂ©s chimiques persistants.Pendant deux ans, les services de l’agence ont compilĂ© “près de deux millions de donnĂ©es relatives Ă  142 PFAS pour lesquels des mesures ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es”.”On les a complĂ©tĂ©es par d’autres substances pour lesquelles on a trouvĂ© des informations sur leur prĂ©sence dans des sources de contamination ou sur des donnĂ©es de toxicitĂ© qui n’existaient pas dans les bases de donnĂ©es ou dans la littĂ©rature qu’on avait collectĂ©es”, a indiquĂ© Nawel Bemrah, coordinatrice du groupe de travail sur les PFAS.Les PFAS, utilisĂ©s par l’industrie dans de nombreux objets pour leurs propriĂ©tĂ©s antiadhĂ©sives, impermĂ©abilisantes ou leur rĂ©sistance Ă  la chaleur, sont extrĂŞmement persistants dans l’environnement et ont pour certains des effets dĂ©lĂ©tères sur la santĂ©.En tout, l’agence propose “une stratĂ©gie de surveillance pour 247 PFAS” au total, sur les milliers de molĂ©cules existantes de cette famille. Pour dĂ©finir cette stratĂ©gie, elle a Ă©tabli un “score” pour chacune des molĂ©cules Ă©tudiĂ©es, basĂ© sur les donnĂ©es disponibles d’occurrence et de toxicitĂ©.Car si la restriction de l’usage de ces molĂ©cules, comme le font certains pays dont la France, est “une prioritĂ© pour limiter leurs Ă©missions”, “face Ă  une famille de substances aussi vaste et hĂ©tĂ©rogène, identifier les plus prĂ©occupantes est un Ă©lĂ©ment majeur pour optimiser les dispositifs de surveillance”, souligne l’Anses.Parmi ses principales recommandations, l’agence prĂ´ne une extension de la liste de 20 PFAS qui seront contrĂ´lĂ©s en France dans l’eau du robinet Ă  partir du 1er janvier 2026, avec l’ajout de cinq PFAS supplĂ©mentaires, dont l’acide trifluoroacĂ©tique ou TFA.”Le TFA a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© parce qu’il rĂ©pond Ă  des enjeux de santĂ© publique. Il a une forte occurrence essentiellement dans l’eau et en plus certaines Ă©tudes ont rĂ©vĂ©lĂ© qu’il se retrouvait Ă©galement dans le sang humain”, a indiquĂ© Mme Bemrah.- Des “trous” dans la raquette -A ce stade non rĂ©glementĂ©e, cette molĂ©cule, matière première dans la production de produits phytosanitaires ou pharmaceutiques (antidiabĂ©tiques, antiviraux, anti-VIH, thĂ©rapies anticancĂ©reuses…) et dont la toxicitĂ© est en cours d’Ă©valuation par l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa), est le PFAS “le plus retrouvĂ©” dans l’eau du robinet, selon un rapport d’enquĂŞte de GĂ©nĂ©rations Futures, publiĂ© en fĂ©vrier.Autre recommandation de l’Anses, alors que seuls quatre PFAS (PFOS, PFOA, PFHxS, PFNA) sont rĂ©glementĂ©s Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne dans certaines familles d’aliments (poissons, crustacĂ©s, Ĺ“ufs, viande), l’Agence recommande d’Ă©tendre la surveillance Ă  plus d’une vingtaine de PFAS en tout et de contrĂ´ler d’autres types d’aliments comme les cĂ©rĂ©ales, les fruits et lĂ©gumes, le miel, le sucre et les aliments pour enfants.Concernant la contamination des populations, “les teneurs moyennes en PFAS qui ont Ă©tĂ© mesurĂ©es dans le sang de la population française sont du mĂŞme ordre de grandeur que celles mesurĂ©es chez nos voisins europĂ©ens”, que ce soit chez les enfants ou chez les adultes, a indiquĂ© CĂ©line Druet, directrice adjointe Ă  l’évaluation des risques.Les niveaux relevĂ©s se situent, lĂ  encore en moyenne, “en dessous des seuils sanitaires” existants, a prĂ©cisĂ© Mme Bemrah.Les travaux menĂ©s par l’Anses ont Ă©galement permis d’Ă©tablir “des trous assez consĂ©quents” dans les connaissances: “dans l’air, dans le sol, dans les poussières, il n’y a pratiquement aucun Ă©lĂ©ment de surveillance” en France, a dĂ©clarĂ© Matthieu Schuler, directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ© du pĂ´le Sciences pour l’expertise, lors de la prĂ©sentation des rapports.L’Anses recommande par ailleurs d’investiguer d’autres sources de contamination, comme les matĂ©riaux au contact des denrĂ©es alimentaires ou au contact de l’eau, les matĂ©riaux de construction”, entre autres.Enfin, l’agence recommande d’acquĂ©rir des connaissances sur les expositions professionnelles en s’appuyant notamment sur les travaux de l’Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS).Cet institut, financĂ© par une dotation de l’Assurance-maladie, a lancĂ© fin 2024 une grande enquĂŞte Ă  ce sujet, qui doit livrer ses rĂ©sultats d’ici fin 2025.