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La Bourse de Paris dans le vert avant l’emploi américain, rebond du luxe

La Bourse de Paris évoluait en hausse vendredi, dans l’attente des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis pour le mois de décembre et de la décision de la Cour suprême américaine sur la légalité d’une partie des droits de douane de Donald Trump.Vers 9H50 (heure de Paris), le CAC 40 avançait de 41,15 points, soit 0,54%, à 8.284,62 points.Jeudi, l’indice vedette parisien avait pris 0,12% à 8.243,47 points.La place parisienne profite d’un bond de ses poids lourds du secteur du luxe: Hermès gagnait 2,48% à 2.189,00 euros, Kering 2,70% à 318,70 euros et LVMH 1,50% à 643,80 euros. Le géant des cosmétiques L’Oréal bondissait de 4,01% à 377,35 euros.Ils avaient chuté après l’annonce par Pékin d’un durcissement des contrôles sur les exportations de biens chinois à double usage civil et militaire vers le Japon, ce qui pourrait affecter les précieux acheminements de terres rares et accroître les tensions entre les deux pays.Les deux nations asiatiques sont des débouchés cruciaux pour ces entreprises.Les investisseurs sont rassurés vendredi par les clarifications du ministère chinois du Commerce, qui a précisé jeudi que ces restrictions ne cibleraient que des équipements de défense.Ces développements mis à part, “les investisseurs préfèrent rester un peu en retrait (…), la prudence domine et les prises de positions restent limitées”, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Ils attendent en effet la publication du rapport sur l’emploi aux Etats-Unis au mois de décembre, une donnée déterminante pour anticiper l’évolution de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine.Une dégradation du marché de l’emploi serait interprétée comme un signe du ralentissement de l’activité, ce qui offrirait davantage de marges de manoeuvre à la Fed pour baisser ses taux, un scénario positif pour les marchés d’actions.En même temps, “des chiffres trop faibles pourraient peser sur le moral” des investisseurs, suscitant des inquiétudes sur la solidité de la première économie mondiale, tempère Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.Autre point d’attention majeur des marchés: la décision attendue de la Cour suprême des Etats-Unis sur la potentielle illégalité d’une large partie des droits de douane américains imposés par Donald Trump à ses partenaires commerciaux.Il s’agit de “l’un des plus grands tests pour les actions mondiales” depuis l’imposition de “ces droits de douane en avril”, qui avaient fait plonger les marchés, avant un rebond, relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.En France, plusieurs indicateurs ont dessiné vendredi un paysage économique morose.La production industrielle est restée “quasi stable” en novembre, en baisse de 0,1% par rapport à octobre et les dépenses de consommation des ménages français en biens sont reparties à la baisse (-0,3%) après trois mois de hausse, selon l’Insee.Côté obligataire, le rendement de l’emprunt français à dix ans était de 3,52%, contre 3,53% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, était égalemet stable, à 2,86%.BNP Paribas recommandéLe groupe bancaire français BNP Paribas bondissait de 2,97% à 84,95 euros, après que J.P Morgan a relevé sa recommandation de “neutre” à “à surpondérer” en raison d’une amélioration de la rentabilité du groupe.

Au Vietnam, les entreprises résistent aux droits de douane américains

Dans une usine du sud du Vietnam, par‑dessus le bruit des scies circulaires et le vrombissement régulier des ponceuses, des centaines d’ouvriers s’affairent à honorer des commandes de mobilier haut de gamme.Les meubles sont destinés à embellir des hôtels de luxe et des résidences au Moyen-Orient, en Europe et aux Etats-Unis. L’entreprise de mobilier Jonathan Charles, basée au Vietnam, n’a pas eu à s’inquiéter des droits de douane imposés par le président américain Donald Trump.Les commandes américaines, qui représentent plus de la moitié des activités de l’entreprise, sont restées stables en 2025, a soutenu son patron cette semaine, confirmant une précédente prévision selon laquelle ses opérations résisteraient aux droits de douane.”Ma première réaction a été de paniquer”, confie le patron Jonathan Sowter.”Mais après y avoir réfléchi un moment, j’ai compris que c’était un terrain de jeu équitable. Tous mes concurrents sont en Asie”, analyse-t-il.Selon lui, “ajouter simplement 20% de droits de douane sur les produits vietnamiens ne signifie pas que l’Amérique peut produire moins cher que le Vietnam”.- Hausse des exportations -Le Vietnam a résisté aux droits de douane américains mis en place l’année dernière, que beaucoup pensaient délétères pour son modèle de développement tourné vers les exportations.Le pays a enregistré l’an dernier une hausse de 28% de ses exportations vers les États-Unis, tandis que son excédent commercial a gonflé à 134 milliards de dollars, selon des chiffres officiels publiés cette semaine.Son économie a progressé de 8%, dépassant les attentes des analystes. Le pays devrait même devancer le reste de l’Asie, avance HSBC. “Le Vietnam a gagné encore plus de parts de marché pour certains produits, comme les chaussures, les textiles et l’électronique grand public”, explique Yun Liu, économiste chargée de l’ASEAN chez HSBC.Cependant, les producteurs d’entrée de gamme, notamment ceux dont les marges sont plus faibles, ont souffert. Certains annoncent des licenciements ou une réduction de leurs activités. Le groupe Thanh Cong, qui fournit de grandes marques de vêtements comme Adidas et Lacoste, a indiqué à l’AFP que ses expéditions vers les États-Unis avaient diminué l’an dernier, sans préciser dans quelle mesure.Les entreprises exportant des produits de la mer et agricoles ont, elles, observé une légère croissance des exportations, selon les données officielles.”Il y a eu une brève période d’hésitation lorsque Trump a annoncé le montant des droits de douane”, se rappelle le directeur d’Eatu Cafe, Tran Dinh Trong, dont l’entreprise a vu ses commandes américaines augmenter.Les commandes des Etats-Unis ont rapidement repris, décrit-il, précisant que “notre coopérative est optimiste et observe des signes positifs pour exporter vers les États-Unis”.- Prévisions optimistes -En 2018, le Vietnam est apparu comme l’un des grands gagnants de la première guerre commerciale de Donald Trump, bénéficiant d’un afflux d’investissements de la part de fabricants chinois cherchant à éviter les droits de douane américains, alors tournés vers la Chine.Mais la hausse de l’excédent commercial avec Washington a placé Hanoï dans la ligne de mire de M. Trump lorsqu’il est revenu à la Maison-Blanche en 2025.Ses annonces en avril de droits de douane de 46% sur les importations vietnamiennes a choqué le pays, même s’ils ont ensuite été négociés à 20% pour la plupart des produits.Le gouvernement américain a précisé que les produits transbordés de Chine via un pays tiers devront s’acquitter de taxes de 40%, même si les contours de cette règle n’ont pas été bien définis.Selon Linh Nguyen, spécialiste du Vietnam au cabinet de conseil Control Risks, la hausse des exportations vietnamiennes vers les États-Unis reflète en partie l’augmentation des opérations d’assemblage en phase finale au Vietnam et la réexportation de produits fabriqués ailleurs.”Les données indiquent d’où partent les expéditions, pas nécessairement où la valeur est ajoutée”, soutient-elle.Des acheteurs américains ont également probablement avancé leurs commandes en raison de l’incertitude, gonflant artificiellement les chiffres de 2025, ajoute-t-elle.Même ainsi, Mme Liu de HSBC s’attend à ce que la demande d’électronique, entre autres produits – portée en partie par l’essor de l’intelligence artificielle – soutienne les exportations du Vietnam cette année.HSBC prévoit que l’économie du pays va croître de près de 7% en 2026, tandis que Hanoï vise une croissance d’au moins 10%.

Une pénurie de puces mémoire fait bondir les coûts de l’électronique grand public

Le développement à marche forcée de l’intelligence artificielle (IA) a créé une pénurie de puces de mémoire, faisant grimper les coûts de fabrication des produits électroniques grand public, ce qui pourrait augmenter leur prix.Depuis trois ans, l’attention s’est surtout concentrée sur les puces dites GPU, les processeurs nécessaires pour développer et utiliser les grands modèles d’IA générative.Mais si les GPU, ou leurs petits frères, les CPU, gèrent les demandes de calcul d’un serveur informatique ou d’une console de jeu, l’ensemble a aussi besoin de mémoire, assurée par d’autres puces, les RAM (Random Access Memory) ou DRAM.Il s’agit de la mémoire dite vive, mobilisable instantanément et qui n’a pas vocation à être conservée de façon permanente, comme c’est le cas sur un disque dur.”Le marché de la mémoire est à un moment charnière”, ont écrit, en décembre, les analystes du cabinet IDC, “où la demande dépasse sensiblement l’offre.”L’industrie s’adapte en urgence, s’en remettant à d’autres composants ou cherchant des lignes de production disponibles, “parce que la disponibilité est primordiale” dans un contexte ultra-concurrentiel, explique Craig Luhrmann, de l’équipe commerciale de Socionext, spécialiste des circuits intégrés.Et les prix se sont rapidement ajustés à ce déséquilibre, au sein d’un secteur dominé par les Sud-Coréens Samsung et SK Hynix, ainsi que l’Américain Micron. “Il y a deux ans, on était à un quart” des tarifs pratiqués aujourd’hui, selon lui.Pour ce vétéran de l’industrie, l’aspiration vient d’abord des centres de données, construits à toute allure pour suivre l’explosion de la demande d’IA générative.Mais l’intelligence artificielle bouleverse aussi l’architecture des ordinateurs personnels et des smartphones, sans compter l’émergence des objets connectés, exposés par dizaines cette semaine au salon de la technologie CES de Las Vegas, dans l’ouest des Etats-Unis, et capables de réaliser des opérations sans cesse plus complexes.- Compromis -Un groupe comme Nvidia, qui fabrique des GPU et CPU et ne vend quasiment qu’à des entreprises, peut se permettre d’absorber tout ou partie du surcoût des RAM, selon Craig Luhrmann, car ses marges sont très élevées (73% de marge opérationnelle).Mais ce n’est pas le cas pour beaucoup d’acteurs de l’électronique grand public.Certains “vont devoir faire des compromis”, avertit Michal Siwinski, responsable produit chez Arteris, dédié à la rationalisation des circuits intégrés.Pour les nouveautés IA, “peut-être que le chien” robot “va renifler et se rouler par terre, mais il ne pourra pas aboyer parce qu’il n’y aura pas assez de mémoire”, illustre le responsable.De manière générale, “cela peut vouloir dire qu’on va parfois utiliser moins de mémoire” volontairement, abonde Avi Greengart, président du cabinet Techsponential, ou “choisir pour des ordinateurs portables des puces conçues initialement pour des smartphones”.C’est un numéro d’équilibriste, car “vous ne voulez pas présenter un produit moins performant, mais vous ne voulez pas non plus vendre quelque chose qui va coûter 600 dollars de plus que l’an dernier”, poursuit l’analyste.Pour plusieurs observateurs, les équipementiers pourraient faire le choix de préserver les prix des produits de base tout en relevant ceux du haut de gamme, dont les consommateurs sont moins sensibles à ces ajustements.Malgré ces contorsions, IDC voit le marché des smartphones se contracter jusqu’à 5% en 2026 et s’attend à ce que l’émergence des PC IA, dotés de nouvelles fonctionnalités génératives, soit plus lente que prévue du fait de cette pénurie de mémoire.En vieil habitué, Craig Luhrmann rappelle que le marché des semi-conducteurs est hautement cyclique et anticipe un rattrapage classique des producteurs de RAM, puis une surcapacité tirant les prix vers le bas.Mais d’autres, notamment IDC, voient un profond recalibrage à l’oeuvre, qui pourrait prendre du temps.”La quantité de mémoire dont nous avons besoin va continuer à augmenter”, prévient Curtis Jazwiecki, de la startup Shirley OS, qui gère les besoins en IA d’un système informatique.”On agrège de plus en plus d’informations et on doit en extraire ce dont on a besoin de plus en plus vite”, relève-t-il.Pour Michal Siwinski, l’incapacité actuelle des fabricants à répondre à la demande est une aubaine et non un problème. “Les contraintes sont souvent très bonnes pour les ingénieurs”, dit-il, “car cela les force à trouver de nouvelles solutions.”

Mercosur: l’UE proche du but après vingt-cinq ans de suspense

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne touche du doigt l’accord commercial avec le Mercosur, qui pourrait recevoir l’aval des Etats européens vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.Depuis 1999, la Commission européenne mène des tractations ardues pour créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.Entre fausses promesses de dénouement imminent et longues mésententes, les négociations ont achoppé des années durant sur la question agricole.Cette fois, Bruxelles croit l’accord à portée de main.Pour ses détracteurs, il va bousculer l’agriculture européenne à coups de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes environnementales de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires comme l’Allemagne et l’Espagne, cet accord va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, affaiblie par la concurrence chinoise et les droits de douane aux Etats-Unis.En dépit de la contestation redoublée des agriculteurs européens, Ursula von der Leyen espère parapher ce traité lundi au Paraguay.Avant de s’envoler vers l’Amérique latine, la présidente de la Commission européenne a besoin de la bénédiction des Etats européens, à la majorité qualifiée, lors d’un vote attendu ce vendredi.L’Italie, qui avait demandé un délai supplémentaire en décembre, semble cette fois prête à donner son aval, potentiellement décisif.La France est toujours contre, comme l’a annoncé Emmanuel Macron jeudi soir, invoquant un “rejet unanime” de la classe politique hexagonale.La Pologne, la Hongrie, l’Irlande, mais aussi l’Autriche devraient également s’y opposer, sans parvenir à bloquer l’accord pour autant.Ce traité entre l’UE et quatre pays du Mercosur créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs, réclamée par les milieux d’affaires.En supprimant une large part des droits de douane, il favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins ou de fromages. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de boeuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.- “Echec diplomatique” pour la France -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord.L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi Bruxelles. L’accord avec le Mercosur est “essentiel sur le plan économique, politique, stratégique et diplomatique”, a insisté Olof Gill, un porte-parole de la Commission.Et “les priorités agricoles ont été au coeur” des discussions, a-t-il assuré jeudi. “Nous avons négocié comme des fous”.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour protéger les produits sensibles ou un geste budgétaire dans la future politique agricole commune (PAC) de l’UE.Mais rien n’y a fait. La colère agricole est repartie de plus belle, en particulier en France, où des tracteurs étaient à Paris jeudi pour dénoncer tout à la fois le Mercosur, le prix des engrais ou la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.Empêtré dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter sur ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression politique était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu en cas de soutien à l’accord. Et même malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir.L’Union européenne s’apprête à approuver un traité commercial contre l’avis de la première puissance agricole du continent, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes “incontestables” en faveur des agriculteurs.Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement.La France s’est isolée en disant que cet accord était “épouvantable”, quand l’Italie peut se targuer d’une “tactique assez habile qui permet à (Giorgia) Meloni de dire +c’est moi qui décide+”, estime-t-il.Paris explique néanmoins que la partie n’est pas terminée, puisque l’accord, s’il est bien signé, doit encore être soumis au Parlement européen pour ratification, dans quelques semaines.Le scrutin pourrait être serré dans l’hémicycle où les considérations nationales pèseront. Environ 150 eurodéputés (sur 720) voudraient saisir la justice pour tenter de s’opposer à l’application de l’accord.

Le Venezuela relâche des prisonniers, mais assure n’être “pas soumis” aux Etats-Unis

Les autorités vénézuéliennes ont relâché jeudi plusieurs opposants dont l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, la présidente par interim Delcy Rodriguez assurant toutefois que le pays n’est ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier.M. Marquez avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de M. Maduro, acquise selon l’opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Cet opposant âgé de 62 ans s’était formellement inscrit pour le scrutin afin de pouvoir être le représentant principal de l’opposition en cas de rejet par les autorités de la candidature d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé Maria Corina Machado, déclarée inéligible.M. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à M. Maduro et M. Marquez n’avait pas défendu sa propre candidature, soutenant M. Urrutia.Ce dernier a été contraint à l’exil après le scrutin de juillet 2024, tandis que M. Marquez a été arrêté en janvier 2025.Réfugié dans la clandestinité, Mme Machado a pour sa part remporté le prix Nobel de la paix 2025.Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il recevrait l’opposante à Washington “la semaine prochaine”, se disant dans un entretien sur la chaîne Fox News “impatient” de la rencontrer. Il a ajouté que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel de la paix, comme le lui a proposé la lauréate 2025. L’avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi lors de cette première vague parmi de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers.Mme San Miguel, qui dispose également de la nationalité espagnole, s’est immédiatement envolée pour l’Espagne avec quatre autres ressortissants de ce pays également libérés, selon Madrid.Mme Machado a salué ces libérations, jugeant qu’ “aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.- “Geste unilatéral” -Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.Malgré ces concessions, la présidente par interim Delcy Rodriguez a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”, emmené contre son gré aux Etats-Unis où il a été incarcéré.Dans un entretien publié jeudi dans le New York Times, Donald Trump a affirmé de son côté que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela, riche des plus grandes réserves d’hydrocarbures prouvées du monde. M. Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, s’est par ailleurs félicité de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a-t-il dit.Dès mardi soir, le chef d’Etat américain avait assuré que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” actuellement stockés sur des navires.Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les Etats-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.M. Trump a par ailleurs annoncé jeudi qu’après des frappes contre des embarcations maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, les Etats-Unis allaient mener des frappes “au sol” contre les cartels, sans préciser exactement où.En Colombie, pays voisin du Venezuela,le gouvernement a annoncé que le président Gustavo Petro et M. Trump “se sont engagés à mener des actions conjointes” contre la guérilla ELN qui opère à la frontière.Parallèlement, le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d’Ivan Mordisco, a affirmé jeudi avoir convoqué un sommet de guérillas après l’opération américaine sur le sol vénézuélien.

Wall Street attend sans direction claire l’emploi américain

La Bourse de New York a terminé sur une note contrastée jeudi, les investisseurs réévaluant leurs participations à la veille de la publication du rapport officiel sur l’emploi américain du mois de décembre.Le Dow Jones a gagné 0,55%, l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 0,44% et l’indice élargi S&P 500 est resté stable (+0,01%).”Beaucoup d’argent a été investi dans le secteur technologique” ces dernières années, rappelle auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Mais selon lui, les investisseurs cherchent désormais à diversifier leurs actifs et “se tournent vers d’autres secteurs du marché”, au regard des fortes attentes qui pèsent sur la tech.Les valeurs liées à l’intelligence artificielle ont été “sous pression” fin 2025, ajoute l’analyste, une partie du marché craignant que le secteur prenne trop de temps à rentabiliser les investissements massifs réalisés ces dernières années.Jeudi, les entreprises de semi-conducteurs ont ainsi marqué le pas, tandis que les secteurs plus traditionnels de la grande distribution, des services financiers ou de l’énergie ont terminé en hausse.”Les investisseurs auront droit demain (vendredi, ndlr) à une journée bien remplie en données économiques, avec en tête d’affiche les chiffres de l’emploi” du mois dernier, prévient Jose Torres, d’Interactive Brokers.Selon lui, “Wall Street attend des chiffres positifs (…) tout en espérant que ces données ne soient pas trop robustes”.En 2025, la banque centrale américaine (Fed) avait procédé à trois baisses de taux consécutives pour soutenir un marché du travail atone.La vision d’un marché de l’emploi en forme pourrait donc réduire les attentes sur de nouvelles détentes monétaires cette année.Des taux bas sont généralement perçus positivement par la place américaine, qui y voit la possibilité de bénéfices en hausse pour les entreprises.Le marché se prépare aussi à entrer dans une nouvelle saison de résultats trimestriels. Les grandes banques seront les premières à publier leurs performances financières à partir de la semaine prochaine.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se tendait, à 4,17% contre 4,15% à la clôture la veille.Côté entreprises, les valeurs de la défense ont été recherchées après que Donald Trump a dit mercredi vouloir augmenter de 50% le gigantesque budget américain de la défense pour 2027.Northrop Grumman a pris 2,39%, Lockheed Martin 4,34% et General Dynamics a avancé de 1,68%.La veille, ces mêmes titres avaient terminé en forte baisse, plombés par le souhait du président américain de leur interdire de verser des dividendes à leurs actionnaires ou de procéder à des rachats d’actions, sous peine de se voir privés de contrats publics.Le distributeur de demi-gros Costco a grimpé de 3,71% à 915,31 dollars après avoir annoncé un chiffre d’affaires de près de 30 milliards de dollars en décembre, contre 27,5 milliards à la même période en 2024.

Libération de prisonniers par Caracas, sous pression de Washington depuis la capture de Maduro

Le Venezuela a annoncé jeudi la libération de “nombreux prisonniers”, dont la célèbre avocate et militante Rocio San Miguel, sous pression de Washington depuis la capture le 3 janvier par des troupes américaines de Nicolas Maduro.Cette annonce intervient quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.Il s’agit de la première vague de libération depuis la capture à Caracas du président déchu, que Washington entend traduire en justice aux Etats-Unis pour, notamment, narco-terrorisme.Le gouvernement espagnol a annoncé dans la foulée la libération de cinq Espagnols, précisant qu’ils “s’apprêtent à rentrer en Espagne”. Parmi eux la célèbre avocate et militante vénézuélienne Rocio San Miguel, qui possède aussi la nationalité espagnole.Elle avait été arrêtée en février 2024, et son procès plusieurs fois reporté. Elle “va bien”, a affirmé son avocate à l’AFP Theresly Malave au téléphone.Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a salué “un acte de justice”, la Maison Blanche un “exemple” de “l’influence” de Donald Trump.Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a de son côté fait valoir Jorge Rodriguez, le président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés. L’ONG Foro penal, qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la “bonne nouvelle”.En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avertissait d’un durcissement de la persécution pour motifs politiques au cours des derniers mois au Venezuela. Certains parmi eux ont été écroués à la l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements.- “Intérêts” américains -Au même moment Donald Trump a déclaré, dans un entretien publié jeudi par le New York Times, que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole. Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les États-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.La société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) “mène des négociations avec les Etats-Unis en vue de la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales qui existent entre les deux pays”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.Alors que Delcy Rodriguez dénonçait la veille une “tache” sans précédent dans les relations avec Washington, Donald Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, se félicite de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a-t-il dit.”Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Trump au quotidien new-yorkais. A Caracas les habitants témoignent de leur incertitude, parfois teintée d’optimisme, face à cette tutelle américaine, alors que Reporters Sans Frontières exhorte “les autorités à permettre l’entrée de journalistes étrangers dans le pays et à cesser de restreindre le travail des médias locaux”.- 100 morts -Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”.Elle a toutefois de nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à Caracas qui a fait 100 morts, selon le dernier bilan livré par le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Des sénateurs républicains se sont joints jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela. Le texte doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine.Donald Trump avait évalué à “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” la quantité de brut que va livrer le Venezuela eaux Etats-Unis, et entend contrôler directement les recettes qui résulteront de la vente.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.

Mercosur: face au risque politique, Macron choisit de dire non malgré des concessions “incontestables”

Emmanuel Macron a tranché: malgré les concessions “incontestables” de Bruxelles, la France votera “contre” l’accord commercial avec le Mercosur, un choix qui ne bloquera pas le traité et qui l’expose à un procès en perte d’influence mais qui devrait permettre de sauver le gouvernement.”Le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord”, a déclaré jeudi soir le chef de l’Etat dans un communiqué annonçant sa décision, après un appel à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour l’informer.Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Il a donc annoncé que le parti d’extrême droite déposerait une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui n’a toutefois que peu de chances d’aboutir.Le patron du parti Les Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine.Face à cette équation, le président de la République, qui évoque un traité “d’un autre âge” à l’impact limité, a fait le calcul politique qu’il valait mieux aller dans le sens des opposants, pour préserver son Premier ministre et lui éviter de chuter avant même d’avoir réussi à faire adopter un budget pour l’année en cours.Et tant pis si, au fond, et contrairement aux manifestants, il ne juge pas cet accord commercial si néfaste.Début novembre, depuis le Brésil, Emmanuel Macron avait insisté sur les bienfaits du texte pour “notre filière viticole qui est heurtée par les tarifs américains” et pour “beaucoup de secteurs industriels” en quête de “diversification”.Il avait aussi salué le “paquet” de mesures “tout à fait acceptable” proposé par Bruxelles, notamment sur une “clause de sauvegarde” pour protéger les filières agricoles en cas de perturbation du marché. “Je suis plutôt positif mais je reste vigilant”, avait-il lâché, laissant entrevoir un possible feu vert français à terme, si d’autres exigences étaient satisfaites.Ses déclarations avaient toutefois mis le feu aux poudres en France.Le président était donc vite revenu sur la position des mois précédents: un “non très ferme de la France” à l’accord “en l’état”. Et redoublé d’efforts dans son bras de fer pour obtenir plus de garanties de la Commission européenne.Avant Noël, à Bruxelles, grâce au soutien de l’Italie, il avait même réussi à arracher un bref report de la signature qui semblait imminente.- Impuissance -Depuis, l’exécutif français se targue d’avoir engrangé des victoires pour ses agriculteurs, sur le coût des engrais comme sur le futur budget de la politique agricole commune (PAC) pour sécuriser les aides européennes à leur revenu.”C’est le résultat de notre mobilisation déterminée et de mon engagement constant pour nos agriculteurs”, s’est-il félicité cette semaine. Des “avancées incontestables” dont “il faut donner acte à la Commission européenne”, a-t-il abondé jeudi.Mais la France n’a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l’accord devrait donc être entériné par l’UE à la majorité qualifiée.De quoi nourrir les accusations d’impuissance d’un chef de l’Etat en fin de règne, voire d’une entente tacite avec les instances européennes, très favorables au Mercosur qui est aussi plébiscité par l’Allemagne et l’Espagne.”Emmanuel Macron a une responsabilité directe si ce traité passe”, puisque “depuis huit ans, il aurait pu et il aurait dû bloquer cet accord”, a affirmé la cheffe des députés La France insoumise Mathilde Panot à l’issue d’une réunion à l’Elysée.Si Emmanuel Macron a un temps espéré que la “pédagogie” permettrait de mettre en avant les avantages du traité et d’en relativiser les méfaits, le débat public est resté totalement défavorable.Jusqu’au bout, le gouvernement a donc dit que “le compte n’y est pas”. Le président a lui préféré jeudi pointer l’équation politique pour justifier son refus.

Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité de ce verrier pour les arts de la table désormais en redressement judiciaire, a déclaré jeudi le candidat à la reprise, Timothée Durand, restant encore flou sur l’ampleur potentielle des suppressions d’emplois.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter plusieurs centaines de suppressions d’emplois.Jeudi à Arques, les salariés de l’entreprise étaient toujours sonnés par l’annonce du redressement judiciaire et inquiets pour l’avenir.”Tout le monde est dans l’incertitude et a peur pour son travail” résumait ainsi Bernard Fossier, un salarié interrogé par l’AFP.Le redressement judiciaire était une procédure “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…), pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand jeudi matin à l’issue d’une réunion à Bercy avec le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin et des élus du territoire.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés avec son plan, M. Durand n’a pas donné de chiffres, prenant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.Les candidats ont jusqu’au 28 janvier pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole, a indiqué jeudi soir le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch, à l’issue d’une réunion en préfecture à Arras avec des représentants syndicaux d’Arc et plusieurs élus locaux, dont le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.Le tribunal rendra sa décision début mars, a ajouté M. Bertrand, ce qu’a confirmé également à l’AFP une source proche de l’entreprise.- Un marché sinistré -L’usine d’Arques compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le marché grand public. “Dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a précisé M. Durand, 49 ans, membre de la famille anciennement propriétaire d’Arc, où il a aussi passé l’essentiel de sa carrière jusqu’en 2024.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, selon M. Durand.Il faudra aussi “plus de flexibilité” au sein de l’entreprise, a ajouté celui qui est pour l’instant le seul candidat connu à la reprise, souhaitant “un nouveau pacte social” avec le personnel.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a-t-il encore prévenu.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs” dans les arts de la table, a souligné M. Durand, citant notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.Le projet de reprise “est sérieux” et c’est un “signe d’espoir” pour Arc, a estimé pour sa part Sébastien Martin. L’État sera “extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, a insisté le ministre.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État et les collectivités locales, le dernier il y a un an à peine.Le nouveau plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a aussi reconnu Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.A Arques, Francis Bultel, 57 ans dont 38 chez Arc, se raccroche à l’espoir d’avoir un “bon repreneur” avec Timothée Durand, dont le père et le grand-père ont été des dirigeants emblématiques de l’entreprise: “On y croit (…). On espère qu’ils pourront nous sauver”.

La Coordination rurale appelle ses troupes au repos mais le “combat continue”

La Coordination rurale a appelé jeudi soir ses troupes au repos et a demandé pour cela la “libération” de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés, mais les agriculteurs “à bout” craignent la signature imminente de l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition réaffirmée d’Emmanuel Macron.”Je n’ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c’est une honte”, a déclaré devant des dizaines d’agriculteurs réunis devant le Palais Bourbon le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, juché sur un tracteur à la sortie de son rendez-vous avec la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, a bravé les interdictions et débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la tour Eiffel.La mobilisation avait commencé début décembre, la colère ayant été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et par l’accord de libre-échange UE-Mercosur.”Le combat sera dur et sera long”, a ajouté M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à “revenir”. Il avait posé au préalable la condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d’Amérique du Sud.- Macron “contre” le Mercosur -La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur était signé. Le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre cet accord vendredi à Bruxelles, invoquant un “rejet politique unanime”. Ce vote des pays membres ne constitue pas “la fin de l’histoire”, a-t-il ajouté puisque l’accord devra encore être soumis au Parlement européen pour ratification.Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens. A sa sortie de rendez-vous avec le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un “créneau d’ici mars-avril” au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses “concrètes”. Il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’État pour 2026 et à faire appliquer la loi d’orientation agricole et la loi dite Duplomb.- Pas de “défaillance” -José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d’engagement après l’échange avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard devant l’Assemblée. “Il n’y a rien du tout, aujourd’hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises”, a-t-il ajouté. Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée.Selon la préfecture de police, les abords de l’Arc de Triomphe commencent à être évacués et les échanges se poursuivent pour encadrer le départ des engins aux portes de Paris.Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en début de soirée.La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis mais les barrages ont été forcés. Le ministre a nié toute “défaillance” du dispositif, affirmant qu’il n’avait “pas souhaité” disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu’elles étaient “illégales”.Il a ajouté prendre note des demandes de libération des tracteurs et des adhérents de la CR. bur-mdz-sb-mca/uh/LyS