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Le Congrès américain avance vers une fin de la paralysie budgétaire

Le Sénat américain a adopté lundi un texte qui, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”, mais qui est source de dissensions dans le camp démocrate.La proposition de loi adoptée à 60 voix pour et 40 contre étend le budget actuel jusque fin janvier. Le texte doit désormais être débattu et adopté à partir de mercredi à la Chambre des représentants, avant d’atterrir sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettrait officiellement fin à la paralysie d’une partie de l’Etat fédéral.”Nourrissez tout le monde. Payez nos militaires, nos fonctionnaires et la police du Capitole. Mettez fin au chaos dans les aéroports. Le pays avant le parti”, a clamé lundi sur X le sénateur démocrate John Fetterman, qui a voté en faveur de la mesure républicaine.Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a écrit sur le même réseau social être heureux de soutenir “la voie vers la fin de ce +shutdown+ inutile, d’une manière responsable qui permette de payer rapidement les fonctionnaires et de rouvrir le gouvernement fédéral”. Avant le vote, le président américain s’était réjoui d’avoir obtenu suffisamment de voix démocrates au Sénat pour sortir de l’impasse.”C’est dommage qu’il ait été fermé, mais on va rouvrir notre pays très rapidement”, a déclaré Donald Trump devant la presse à la Maison Blanche.Le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, avait aussi exprimé son optimisme lundi concernant une sortie de la paralysie “cette semaine”. “Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec maintenant des centaines d’annulations de vols chaque jour.- “Souffrances prolongées” -Au coeur du différend entre républicains et démocrates depuis plus de 40 jours: la question des coûts de santé.Le parti de Donald Trump, majoritaire au Congrès, proposait une simple extension du budget actuel, tandis que l’opposition réclamait une extension de subventions pour le programme d’assurance santé “Obamacare”, à destination principalement des ménages à bas revenus.Ces subventions doivent expirer à la fin de l’année, et les coûts de l’assurance santé devraient ainsi plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.En raison des règles en vigueur au Sénat, plusieurs voix démocrates étaient nécessaires pour adopter un budget même si les républicains y sont majoritaires. Au total, huit démocrates ont finalement voté pour un nouveau texte.”Des semaines de négociations avec les républicains ont montré clairement qu’ils ne discuteraient pas des questions de santé” pour mettre fin à la paralysie, a assuré dans un communiqué l’une d’entre eux, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen.”Attendre plus longtemps ne fera que prolonger les souffrances que les Américains ressentent à cause du +shutdown+”, a-t-elle ajouté.Connus pour la plupart comme centristes, ces huit élus de l’opposition ont obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux par l’administration Trump depuis le début de la paralysie.- “Pas de bonne foi” -Ils sont en revanche repartis les mains presque vides sur les questions de santé, n’arrachant pas une extension des subventions dans le texte final, mais seulement une promesse du chef républicain du Sénat quant à la tenue d’un vote prochain sur cette question.Une promesse creuse, ont dénoncé de nombreux élus démocrates, car le chef de la Chambre, Mike Johnson, a lui refusé de s’engager à prévoir un même vote à la chambre basse.De nombreux élus et sympathisants démocrates appellent désormais à ce que des têtes tombent.Le premier visé: Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat. S’il a voté non dimanche soir, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour que ces élus modérés parviennent à un accord avec les républicains.

Retraites: les dilemmes de Renaissance

Comment enjamber le débat sur la suspension de la réforme des retraites ? Contraint d’avaliser une remise en cause de son bilan, le parti Renaissance entend soumettre “sa” propre réforme, illustration d’une position inconfortable entre la nécessaire “stabilité” de l’exécutif et la volonté de se projeter dans l’après-Macron.L’heure est à l’introspection chez les macronistes. Voire aux règlements de compte. Dimanche, sur France 5, l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire a réaffirmé avoir alerté Emmanuel Macron sur le dérapage des comptes publics, plaidant en vain pour un budget rectificatif au printemps 2024, avant la dissolution de l’Assemblée nationale.Après cinq ans de règne sans partage, deux ans de majorité relative et deux Premiers ministres éconduits depuis la dissolution, les soutiens du président n’ont guère le choix: si, avec la nomination et la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, ils ont conservé la plupart des leviers gouvernementaux et évité la censure immédiate, le prix à payer, fixé par le Parti socialiste, est élevé. Et comprend la fameuse suspension jusqu’à la présidentielle de la réforme Borne, examinée par l’Assemblée mercredi.Un crève-coeur ? Peut-être. Mais “pour les gens, la suspension de la réforme est actée” et “nous, on ne peut pas faire dérailler le truc”, estimait récemment un dirigeant de Renaissance.Gabriel Attal a plaidé pour l’abstention, lundi soir en réunion de groupe. “Certains souhaitent voter contre la suspension tout en soutenant le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale, ndlr). D’autres pensent qu’il faut s’abstenir pour marquer le compromis. Le Premier ministre a semblé favorable à une abstention, qui permettrait de défendre notre projet sans bloquer le compromis”, avait-il expliqué dans la journée lors d’un échange avec la presse.”Il y aura de l’abstention en grande majorité, quelques pour et quelques contre”, anticipe une source gouvernementale, qui table sur une position similaire au MoDem, tandis que les députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, devraient voter contre.La suspension “obère l’avenir”, a jugé sur LCI le député Renaissance Marc Ferracci, qui votera contre.- Débat du “passé” -Mais pas question, pour Gabriel Attal, de se laisser happer par un débat qui “appartient au passé”.L’ancien Premier ministre, qui a entamé un large travail d’inventaire du macronisme au pouvoir, y voit “un épisode supplémentaire du débat sans fin infligé aux Français depuis des décennies”. Avec “à chaque fois le même discours (sur) la réforme de la dernière chance pour sauver le système”, rhétorique à laquelle l’ancien porte-parole du gouvernement a lui-même largement contribué.Sans nourrir d’illusion sur la possibilité d’une adoption d’ici l’élection présidentielle, Renaissance va déposer une proposition de loi reprenant la réforme conçue par le parti et présentée en juillet, pour “un système universel, clair et compréhensible”. S’inspirant en partie de la réforme abandonnée en 2020.”On fera progressivement converger les différents régimes, de telle sorte qu’un euro cotisé ouvre les mêmes droits, que l’on soit salarié, fonctionnaire ou indépendant”, a expliqué M. Attal.Ce “nouveau système” ferait disparaître l’âge légal de départ “devenu un non-sens”. “Chacun sera libre de choisir le moment où il part. On ne fixe qu’une condition: il faudra un montant minimal de pension de retraite à atteindre pour pouvoir liquider sa retraite”, a-t-il développé.”L’État doit fixer un cadre, des objectifs, et les paramètres (durée et montant de cotisation, NDLR), eux, doivent être déterminés par les partenaires sociaux en suivant une règle d’or budgétaire. Cette règle d’or sera très fermement inscrite, incontournable, c’est l’équilibre financier du système”, a précisé M. Attal.Ce système devra “inciter” à une part de capitalisation mais sans la rendre obligatoire, a par ailleurs indiqué l’ancien locataire de Matignon. Avec la création d’un “fonds de capitalisation à la naissance” dans le cadre duquel chaque enfant recevrait 1.000 euros versés par l’État, placés sur un “compte de capitalisation”.Une proposition que les macronistes entendent également verser au débat via un amendement au projet de loi de finances.”L’objectif premier est d’ouvrir le débat dans la société”, explique M. Attal, résolument tourné vers l’Élysée. “Il n’y a aucune vraie dynamique politique qui puisse s’installer d’ici aux municipales. (…) Il faut survivre, jusqu’au moment où les gens rentreront dans le débat de la présidentielle”, théorisait-on récemment au sommet du parti.

Wall Street termine en hausse, espère un déblocage budgétaire

La Bourse de New York a terminé en franche hausse lundi, les investisseurs espérant une levée de la paralysie budgétaire (“shutdown”) aux États-Unis, après plus de 40 jours de blocage.Le Dow Jones a gagné 0,81%, l’indice Nasdaq a progressé de 2,27% et l’indice élargi S&P 500 s’est octroyé 1,54%.”Les investisseurs s’accrochent à la nouvelle selon laquelle le Sénat s’apprête à adopter une mesure visant à rouvrir le gouvernement” après le plus long blocage de l’histoire du pays, résume auprès de l’AFP Jack Albin, de Cresset.Dimanche, un accord a été passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés. L’adoption par la chambre haute d’un nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit.Charge ensuite à la Chambre des représentants d’examiner la proposition et, en cas d’adoption, du président américain Donald Trump de la promulguer.”Nous verrons si le gouvernement rouvrira dans les prochains jours”, ce qui serait “bon à la fois pour les consommateurs et pour les investisseurs”, note M. Albin.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec désormais des centaines d’annulations de vols chaque jour.Une réouverture éventuelle “renforce les perspectives de croissance et ravive l’optimisme”, note Jose Torres, d’Interactive Brokers.Un déblocage permettrai aussi aux investisseurs d’avoir de nouveau accès aux données économiques officielles, qui manquaient jusqu’alors à l’appel.Grâce à ces indicateurs, ils pourront affiner leurs attentes quant au futur de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait légèrement à 4,11% vers 21H15 GMT par rapport à la clôture de vendredi, à 4,10%.Au tableau des valeurs, après avoir été boudées la semaine dernière, “les actions à très forte capitalisation ont profité d’une tendance générale d’achat à la baisse”, observe Patrick O’Hare de Briefing.com.Le géant des puces Nvidia a brillé (+5,79%), de même que Microsoft (+1,85%) ou Alphabet (+4,04%), la maison-mère de Google.Les compagnies aériennes, à l’instar d’American Airlines (+0,88%), Delta (+0,99%) et United (+0,22%) ont été boudées, alors que plus de mille vols ont encore été annulés lundi aux Etats-Unis à cause du “shutdown”.Donald Trump a menacé les contrôleurs aériens ne se présentant pas à leur poste de sabrer dans les salaires et a au contraire évoqué un “bonus de 10.000 dollars” pour chaque contrôleur resté à son poste pendant la durée du blocage budgétaire.La plateforme de réservation de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) Lyft (+7,62% à 23,72 dollars) a profité de l’annonce d’un partenariat avec l’application de réservation de taxis officiels Curb à Los Angeles (Californie).La biotech américaine Metsera (-14,80% à 70,87 dollars), spécialiste des traitements anti-obésité, a chuté après avoir confirmé qu’elle serait bien rachetée par Pfizer. Ce dernier avait dû batailler contre le danois Novo Nordisk, qui cherchait aussi à intégrer la biotech dans son périmètre.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave a terminé dans le vert (+1,54% à 105,61 dollars) avant la publication de ses résultats trimestriels post-clôture.

COP30: Lula reçoit le monde en Amazonie, bataille en vue entre pays

La 30e conférence sur le climat de l’ONU s’est ouverte lundi à Belém en Amazonie brésilienne, avec déjà une bataille en vue entre pays sur l’urgence et les moyens de contenir le réchauffement climatique.”Il est temps d’infliger une nouvelle défaite aux négationnistes”, a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva en entamant deux semaines de conférence, sans les Etats-Unis, par une vigoureuse défense de l’action multilatérale.Le président brésilien a répété qu’investir pour le climat – point éternel de dispute dans cette enceinte – coûtait “beaucoup moins cher” que les guerres. Avec une volonté d’éviter le fatalisme: “Nous allons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse.”Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et deuxième émetteur de gaz à effet de serre, sont absents pour la première fois de l’histoire de ces réunions.”C’est mieux que d’envoyer des gens tout bloquer, non?”, dit à l’AFP la cheffe de Greenpeace au Brésil, Carolina Pasquali.Cette COP, la première en Amazonie, rassemble moins que lors des éditions précédentes, avec 42.000 personnes accréditées. Au premier jour, les délégués présents ont pu entendre la pluie tropicale cogner violemment contre le toit du centre de conventions, et même sentir des gouttes s’infiltrer dans l’enceinte.”Se lamenter n’est pas une stratégie, nous avons besoin de solutions”, a lancé Simon Stiell, chef de l’ONU Climat, qui coorganise la COP30 avec le pays hôte. Il s’est félicité d’une petite avancée: en incluant les toutes dernières feuilles de route climatiques déposées par certains pays, la baisse des émissions d’ici 2035 sera de 12%. Toujours loin du compte mais un peu mieux que les 10% annoncés dernièrement sur une base plus limitée. “Chaque fraction de degré de réchauffement évitée sauvera des millions de vies et évitera des milliards de dollars en dommages climatiques”, a souligné Simon Stiell. Mais il demande que les tractations produisent plus de concret: davantage d’engagements pour sortir des énergies fossiles, pour développer les renouvelables, et pour envoyer l’argent promis aux pays pauvres pour les aider dans un climat plus violent.Le temps presse, rappellent les scientifiques. Jim Skea, président du Giec, le groupe de chercheurs qui travaille sur le climat sous l’égide de l’ONU, a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, l’objectif le plus ambitieux fixé par l’accord de Paris en 2015.- “Question de survie” -Un groupe de petites îles bataille pour que soit inscrit à l’ordre du jour le besoin de formuler une réponse à cet échec, mais le groupe des pays arabes et d’autres refusent, craignant une nouvelle attaque contre pétrole. La position de l’Arabie saoudite est “toxique”, déplore un diplomate occidental.Un échec à maintenir la limite de 1,5°C “scelle notre perte”, a dit à l’AFP Maina Vakafua Talia, ministre du Tuvalu, petit archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux.”Je garde espoir. On doit garder un certain optimisme”, a-t-il toutefois dit.”1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie”, abonde auprès de l’AFP Manjeet Dhakal, conseiller du groupe des pays les moins développés à la COP. “Nous ne pourrons cautionner aucune décision qui n’inclue pas de discussion sur notre échec à éviter 1,5°C.”Mais il n’y aura pas de bras de fer d’emblée sur l’ordre du jour officiel de la conférence: les discussions les plus tendues sur ce sujet ainsi que la taxe carbone européenne et les mesures commerciales unilatérales ont été reportées à mercredi.- “Sujet sensible” -D’ici là, la présidence brésilienne organise des consultations entre pays, après de premiers échanges “assez tendus”, selon un participant. “Personne ne veut bouger de ses positions”, regrette un représentant d’un pays d’Amérique latine.L’un des mystères de ces deux semaines de négociation concerne la “feuille de route” sur les énergies fossiles mise sur la table par Lula lors du sommet de chefs d’Etat, la semaine dernière à Belem.La sortie du pétrole, du gaz et du charbon fera-t-elle l’objet d’une nouvelle décision négociée et contraignante – après une première étape il y a deux ans à Dubaï – ou, plus probablement, d’engagements volontaires de certains pays?”On sait que c’est un sujet sensible pour un certain nombre de nos partenaires, que pour certains, c’est plus simple d’en discuter, pas sous un format de négociation, mais sous un format de coalition”, reconnaît-on dans la délégation française.ffb-lg-app-ico-jmi/liu

France: des appels au boycott menacent la 53e édition du festival de BD d’Angoulême

Avis de tempête sur le célèbre festival de bande dessinée d’Angoulême, dans le sud-ouest de la France: les appels au boycott et les critiques des grands noms de la BD se multiplient contre l’organisateur de l’événement.”Le Festival de la bande dessinée d’Angoulême est en danger de mort”, ont alerté lundi dans une tribune 22 lauréats du Grand prix, récompense suprême du festival, dont la renommée est mondiale.En cause: la reconduction de son délégataire historique très contesté, 9eArt+, comme organisateur de l’évènement.L’appel, publié sur le site du quotidien communiste L’Humanité, est signé notamment des Américains Art Spiegelman et Chris Ware, du Belge François Schuiten, de la Britannique Posy Simmonds et des Français Florence Cestac, Riad Sattouf, Jacques Tardi, Lewis Trondheim ou Willem, y compris la lauréate du Grand prix 2025, Anouk Ricard. Ces prestigieux auteurs et autrices de BD dénoncent un événement qui “accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d’ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion”.”Il est grand temps de tourner la page 9eArt+ pour que le Festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale”, demandent-ils, à quelques mois de l’édition 2026, prévue du 29 janvier au 1er février.Depuis l’annonce samedi par l’association propriétaire du festival de BD d’Angoulême (FIBD) de la reconduction de la société 9eArt+, à l’issue d’un appel d’offre très critiqué pour son opacité, la colère du secteur ne retombe pas. – Prix des entrées -Cette société privée, vivement contestée, devra toutefois s’associer avec la Cité internationale de la BD et de l’image pour organiser les éditions à compter de 2028.L’annonce a soulevé l’indignation d’une grande partie du secteur, déjà marqué par une édition 2025 entachée par une grave crise de confiance avec 9eArt+, accusée de dérives commerciales, d’opacité et d’avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024.Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se sont multipliés avec le mot-clé #NOFIBD2026. Anouk Ricard a annoncé qu’elle ne se rendrait pas à Angoulême, tout comme d’autres autrices françaises, comme Pénélope Bagieu ou Catherine Meurisse.Auprès de l’AFP, Anouk Ricard, 54 ans, sacrée à Angoulême pour son œuvre décalée et absurde, a évoqué une “longue liste” de griefs contre le festival, dont “le prix des entrées, le mépris des auteur.ices, le manque de transparence, le manque d’écoute”. “Difficile de dire ce qui dérange le plus”, a-t-elle noté.Poids lourd du secteur, le Syndicat national de l’édition (SNE) a réclamé samedi “une clarification” sur la réorganisation en cours du festival et de la “transparence”, faute de quoi il boycotterait les éditions après 2026.- “Flou” -Le Syndicat des éditeurs alternatifs (SEA) a lui réitéré son rejet absolu de “la reconduction de cette société et de son dirigeant, Franck Bondoux”.Dans une réaction à l’AFP, le ministère français de la Culture a regretté que “les contours des éditions futures restent flous, en dépit des efforts constants des financeurs publics et des attentes des auteurs, des éditeurs et des festivaliers”. La Cité internationale de la BD et 9eArt+ ont jusqu’au 20 novembre pour présenter un projet commun. Le ministère a dit attendre “l’issue des discussions pour prendre une position définitive”.Le festival, créé en 1974, est organisé par 9eArt+ depuis 2007. Au printemps, sous la pression de ses financeurs publics (État et collectivités locales) et d’un appel d’auteurs au boycott, l’association du Festival d’Angoulême avait mis fin au contrat de 9eArt+, ouvrant à la concurrence l’organisation de l’événement à partir de 2028.En juillet, le délégataire historique avait annoncé le retrait à cet horizon de son directeur décrié, Franck Bondoux, sans renoncer à candidater à l’appel à projets.

COP30: le président du Giec déclare désormais “presque inévitable” de dépasser 1,5°C de réchauffement

Le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, un objectif fixé par l’accord de Paris en 2015, tout en estimant qu’il est “peut-être encore possible” de le limiter.”Il est désormais presque inévitable que le réchauffement climatique dépasse 1,5°C à court terme, et cela est clairement dû à l’insuffisance des mesures prises en faveur du climat au cours des dernières années et à l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre qui en a résulté”, a déclaré Jim Skea, président du groupe de chercheurs établissant le consensus scientifique sur le climat, lors d’un message vidéo à l’ouverture de la COP30 à Belem au Brésil.”Mais il est peut-être encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à la fin du siècle”, a précisé M. Skea, ajoutant que “cela impliquerait des réductions immédiates, profondes et durables des émissions de dioxyde de carbone, ainsi que l’élimination d’une partie importante du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère”.L’ONU et de nombreux climatologues ont déjà reconnu que ce niveau de réchauffement serait atteint prochainement, appelant à faire en sorte que le dépassement soit temporaire, ce qui se compterait en décennies.Les scientifiques insistent sur le danger de chaque dixième de degré de réchauffement au-delà de +1,5°C, avec des effets imprévisibles pour les écosystèmes et la vie humaine, entre canicules, sécheresses, incendies, inondations, tempêtes, montée du niveau des mers, atteintes à la biodiversité, etc.L’accord de Paris en 2015 a pour objectif de limiter le réchauffement “bien en dessous” de 2°C, et de maintenir les efforts pour le contenir à 1,5°C, par rapport à la période préindustrielle. Le climat est déjà réchauffé d’environ 1,4°C, selon l’observatoire européen Copernicus.

Le déficit public est “sur les rails” pour respecter les prévisions en 2025, selon le gouvernement

Les finances publiques sont “sur les rails” pour respecter la prévision d’un déficit budgétaire de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, selon le gouvernement qui a présenté son projet de loi de finances de fin de gestion (PLFFG) en conseil des ministres lundi.Les ministres Roland Lescure (Economie) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) ont présenté dans la matinée le texte, qui doit ensuite être déposé devant l’Assemblée nationale. Il “retrace l’exécution budgétaire de l’année 2025” et constitue une “photographie de l’année en cours”, a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l’issue du conseil. L’objectif de déficit public en 2025 est “sur les rails” et sera “tenu” ce qui “prouve que nous sommes capables de maitriser nos dépenses publiques”, a-t-elle estimé.Le gouvernement projette de ramener le déficit public à 5,4% en 2025 après 5,8% en 2024, et maintient également son objectif de croissance à 0,7% du PIB en 2025. Le texte prévoit par ailleurs d’annuler 1,2 milliard d’euros de crédits, correspondant à la différence entre l’ouverture de 3 milliards d’euros de crédits supplémentaires pour financer divers “aléas de gestion”, et l’annulation de 4,2 milliards d’euros de crédits, dont une “grande partie” sur la réserve de précaution des ministères, précise le gouvernement. Le total des dépenses du périmètre de l’Etat est en hausse de 0,3 milliard d’euros par rapport à la loi de finance initiale, relève Bercy auprès de l’AFP.Dans le détail, 1,1 milliard d’euros supplémentaires financeront la hausse des charges du service public de l’énergie, 300 millions d’euros seront affectés à la mission Défense, et 200 millions pour la mission Sécurité, afin de répondre à des surcoûts opérationnels dans les Outre-mer notamment, précise le texte.  A noter d’autres ouvertures de crédits pour financer l’hébergement d’urgence (100 millions d’euros), des aides et prestations sociales, notamment la prime d’activité (300 millions d’euros) ou l’allocation adulte handicapé (100 millions d’euros).Les annulations de crédits affecteront notamment la mission Travail, emploi et administration des ministères sociaux à hauteur de 800 millions d’euros, ainsi que la mission Recherche et enseignement supérieur (-250 millions d’euros), et Economie (-180 millions d’euros). Du côté des recettes, les rentrées liées à l’impôt sur le revenu sont en petite hausse par rapport à la prévision initiale (+400 millions d’euros), tandis que les recettes d’impôts sur les sociétés augmentent plus nettement (+5,2 milliards d’euros). Les recettes de la contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR) ont en revanche été revues à la baisse, estimées à quelque 1,4 milliard d’euros, contre 2 milliards d’euros selon le projet de loi de finances initial.

Issue en vue à la paralysie budgétaire aux Etats-Unis

Après plus de 40 jours de “shutdown”, un record, les Etats-Unis entrevoient lundi une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà face aux foudres de leur propre camp.L’adoption par le Sénat du nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit. La proposition de loi fera ensuite la navette jusqu’à la Chambre des représentants qui devrait se prononcer peut-être dès mercredi. Une fois adopté par les deux chambres du Congrès, le texte atterrira sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettra fin à la paralysie budgétaire.”On dirait qu’on s’approche de la fin du +shutdown+”, a lancé dimanche Donald Trump à son retour d’un week-end en Floride.Le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a lui exprimé son optimisme lundi que la paralysie serait levée “cette semaine”.”Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec désormais des centaines d’annulations de vols chaque jour.- “Souffrances” -Au coeur du différend entre républicains et démocrates depuis plus de 40 jours: la question des coûts de santé.Le parti de Donald Trump, majoritaire au Congrès, proposait une simple extension du budget actuel, tandis que l’opposition réclamait une extension de subventions pour le programme d’assurance santé “Obamacare”, à destination principalement des ménages à bas revenus.Ces subventions doivent expirer à la fin de l’année, et les coûts de l’assurance santé devraient ainsi plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.En raison des règles en vigueur au Sénat, plusieurs voix démocrates étaient nécessaires pour adopter un budget même si les républicains y sont majoritaires.Jusqu’à dimanche, seuls trois sénateurs de l’opposition avaient voté pour le texte républicain. Mais après un accord passé en coulisses, cinq autres ont finalement voté pour un nouveau texte, laissant entrevoir une fin prochaine au blocage.”Des semaines de négociations avec les républicains ont montré clairement qu’ils ne discuteraient pas des questions de santé” pour mettre fin à la paralysie, a assuré dans un communiqué l’une d’entre eux, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen.”Attendre plus longtemps ne fera que prolonger les souffrances que les Américains ressentent à cause du +shutdown+”, a-t-elle ajouté.Connus la plupart comme centristes, ces huit élus de l’opposition ont obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux par l’administration Trump depuis le début de la paralysie.- Promesse creuse -Ils sont en revanche repartis les mains presque vides sur les questions de santé, n’arrachant pas une extension des subventions dans le texte final, mais seulement une promesse du chef républicain du Sénat quant à la tenue d’un vote prochain sur cette question.Une promesse creuse, ont dénoncé de nombreux élus démocrates, car le chef de la Chambre, Mike Johnson, a lui refusé de s’engager à prévoir un même vote à la chambre basse.Les républicains “n’agissent pas de bonne foi quand il s’agit de la santé des Américains”, a accusé lundi le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, lors d’une conférence de presse. Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, s’est lui lamenté sur X d’une “capitulation” et d’une “trahison” envers l’Amérique qui travaille.De nombreux élus et sympathisants démocrates appellent désormais à ce que des têtes tombent.Le premier visé: Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat. S’il a voté non dimanche soir, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour que ces élus modérés parviennent à un accord avec les républicains.”Si Chuck Schumer était un leader efficace, il aurait uni son groupe pour voter +Non+ ce soir et tenir bon sur la santé”, a cinglé Seth Moulton, élu à la Chambre.

France: le festival BD d’Angoulême “est en danger de mort”, alertent 22 lauréats

Le festival de bande dessinée d’Angoulême, dans le sud-ouest de la France, l’un des plus célèbres au monde, est en “danger de mort”, ont alerté lundi 22 dessinateurs lauréats de son prix le plus prestigieux, alors que les appels au boycott de l’événement se multiplient.”Le festival accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d’ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion”, dénoncent dans une tribune les signataires qui appellent à “un changement rapide et profond” passant par le retrait du gestionnaire historique du festival, 9eArt+, reconduit samedi comme organisateur.Cet appel, publié sur le site du quotidien communiste L’Humanité, est signé notamment des Américains Art Spiegelman et Chris Ware, du Belge François Schuiten, de la Britannique Posy Simmonds et des Français Florence Cestac, Riad Sattouf, Jacques Tardi, Lewis Trondheim ou Willem, y compris la lauréate du Grand prix 2025, Anouk Ricard. “Il est grand temps de tourner la page de 9eArt+ pour que le festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale”, poursuivent-ils.La société 9eArt+, organisatrice du festival depuis 2007, a été reconduite samedi à l’issue d’un appel d’offres critiqué pour son opacité. Il lui a toutefois été demandé de s’associer avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image – un établissement culturel public local – pour organiser les éditions à compter de 2028.Cette annonce a suscité la colère d’une très grande partie du secteur de la BD, après une édition 2025 marquée par une grave crise de confiance avec 9eArt+, accusée de dérives commerciales, d’opacité et d’avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024.Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se sont multipliés ces derniers jours, relayés par de grands noms de la BD, comme les Françaises Pénélope Bagieu ou Catherine Meurisse. Lundi, Anouk Ricard s’est dite “effarée” par le choix de reconduire le délégataire historique du festival, confirmant son choix de boycotter l’événement. Dans une réaction à l’AFP, le ministère français de la Culture a regretté que “les contours des éditions futures restent flous, en dépit des efforts constants des financeurs publics et des attentes des auteurs, des éditeurs et des festivaliers”. La Cité internationale de la BD et 9eArt+ ont jusqu’au 20 novembre pour présenter un projet commun. Le ministère de la Culture a dit attendre “l’issue des discussions pour prendre une position définitive”.

Futur budget européen: von der Leyen fait un geste pour l’agriculture

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé lundi un geste en faveur de l’agriculture dans le futur budget européen, pour tenter de calmer la fronde de la profession et des eurodéputés.Ursula von der Leyen entend “garantir le rôle des régions, renforcer l’identité de la politique agricole commune et améliorer la gouvernance”, a-t-elle assuré sur le réseau social X après une réunion avec la présidente du Parlement Roberta Metsola.Dans un courrier, la Commission propose notamment, en plus de la politique agricole commune (PAC), qu’au moins 10% d’une enveloppe à la main des Etats soit fléchée vers le secteur rural dans ce budget 2028-2034.Après la réunion, Roberta Metsola a salué une “discussion constructive” et un “pas en avant”.Un débat est prévu mercredi au Parlement européen.La Commission est en plein bras de fer avec les parlementaires sur le futur budget.L’exécutif voudrait une large refonte de l’architecture budgétaire européenne, avec l’intégration de la PAC à un grand fonds de “partenariat régional et national” et le transfert de certaines sommes vers la politique de cohésion.Mais les agriculteurs, plusieurs pays, dont la France, et de nombreux eurodéputés y voient surtout une coupe dans la PAC et une reprise en main par les Etats d’une partie de ses fonds.Droite, sociaux-démocrates, centristes et verts ont même menacé de torpiller l’ensemble du budget, qui doit être négocié pendant deux ans.Afin de calmer la fronde, Ursula von der Leyen souhaite garantir au secteur agricole davantage que le minimum de 300 milliards d’euros promis jusqu’ici, en proposant d’ajouter au moins 10% des enveloppes nationales. Le think-tank Farm Europe, dont plusieurs syndicats agricoles sont membres, n’y voit que des “concessions minimales”, sans “aucune modification formelle” à ce stade.”Cette suggestion ne résout en rien l’équation budgétaire pour les mesures fondamentales de la PAC”, critique cette organisation.Jusqu’ici, la PAC représentait 387 milliards d’euros sur sept ans, de 2021 à 2027, dont 270 milliards d’aides directes aux exploitations, et constituait le premier poste de dépenses de l’UE.