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Dans un club de strip-tease ukrainien, la guerre mise à nu

Quand Lisa va au travail, dans son club de strip-tease situé non loin du front ukrainien, elle sait qu’en plus de danser en hauts talons, elle devra écouter les angoisses des soldats venus la regarder.Ils viennent siroter un verre le temps d’une permission mais, “très souvent”, ils veulent surtout parler, raconte à l’AFP cette femme de vingt ans.Lisa et ses amies répètent dans une salle de sport de Kharkiv quelques heures avant l’ouverture, dans cette grande ville du nord-est de l’Ukraine, de leur cabaret burlesque, le “Flash Dancers”.Elles se contorsionnent sur un remix électro de l’opéra “Carmen”, sous le regard de Valérya Zavatska. Cette diplômée en droit de 25 ans tient le club avec sa mère, ancienne danseuse.”Tous les jours il y a des bombardements, de mauvaises nouvelles. Tous les jours quelqu’un meurt”, explique Valérya.Les soldats, qui représentent l’écrasante majorité de la clientèle, ont besoin de “parler de ce qui fait mal”, ajoute-t-elle. Et les effeuilleuses font office de psychologues.En début de soirée, les militaires s’amusent. “Et puis ils boivent et c’est là que les ténèbres ressortent”, dit une autre danseuse, Jénia, 21 ans.Selon les employées, il arrive que des soldats arrêtent de regarder le spectacle, quittent leur table et viennent pleurer seuls au bar.Les plus traumatisés montrent aux danseuses des vidéos prises sur le champ de bataille, les blessures de leurs camarades ou les cadavres de soldats russes.Lisa leur demande d’éviter car elle le prend “trop à cœur”. A l’inverse, Jénia, ex-étudiante en médecine vétérinaire, dit les regarder avec une distance professionnelle – pour comprendre comment le soldat aurait pu être sauvé.- “Réunion de famille” -Le club se veut une bulle isolée de la guerre, où on peut “s’échapper”, expose Valérya, vêtue d’un confortable survêtement en velours gris.Mais Kharkiv, constamment bombardée depuis le début de l’invasion de 2022, n’est qu’à une vingtaine de kilomètres des positions russes près de la frontière. Le conflit s’infiltre partout, jusque dans le sous-sol feutré du “Flash Dancers”.L’heure de la représentation est arrivée, les danseuses enfilent sous-vêtements à strass et chaussures à semelle compensée de vingt centimètres.Elles recouvrent leur corps de paillettes, astuce pour repousser les hommes mariés trop entreprenants que des traces brillantes trahiraient.Une danseuse tourne déjà autour d’une barre de pole dance. Une autre écoute attentivement un client. Une troisième se déhanche lascivement sur les cuisses d’un jeune homme.Le “Flash Dancers”, qui se revendique plus “Moulin Rouge” que strip-club, assure que ses danseuses n’ont jamais de relation sexuelle tarifée, même si la prostitution, illégale en Ukraine, existe, notamment près du front.A en croire les employées, certains clients sont indélicats mais la plupart respectent leurs limites, et une forme d’amitié peut se créer.De retour au front, des militaires donnent des nouvelles, disent qu’elles leur manquent.Un soldat a même un jour demandé à sa maman de choisir pour Jénia une carte de remerciement. Depuis, cette “femme formidable” lui écrit régulièrement, s’amuse-t-elle.Nana, danseuse de 21 ans aux cheveux de jais, raconte qu’ils reviennent parfois avec leur femme et parlent ensemble de leurs vacances, de leur vie d’avant: “C’est comme une réunion de famille.”- Spleen et sourire -Dans le club, quelques clients au regard fasciné boivent du champagne, assis sur des banquettes rouges.Le soldat Puma, sourire jusqu’aux oreilles, est l’un des nombreux Colombiens ayant rejoint l’armée ukrainienne, attirés par un salaire bien plus élevé que chez eux. Cet ancien policier de 37 ans, devenu mercenaire, assure que ce genre d’endroit “fait oublier la guerre”.Derrière lui, les numéros s’enchaînent, chacun avec un univers. Le plus populaire ? Celui à thème “policières”, selon Valérya.Leurs habitués sont souvent blessés dans les combats. Les danseuses disent qu’elles vont alors, ensemble, leur apporter des cadeaux à l’hôpital.Et “un nombre effroyable” d’entre eux ont été tués, dit Valérya. Récemment, deux sont morts en deux semaines. L’un était père d’un bébé de un an, l’autre trop jeune pour avoir pu fonder une famille.En 2022, une danseuse, Lioudmila, et son mari, également ancien employé du club, ont été tués par une frappe russe dans la région de Kharkiv. Elle était enceinte et, miraculeusement, l’enfant a survécu.Malgré les drames, “le spectacle doit continuer”, balaye Valérya. Une danseuse déprimée “ne remontera le moral de personne”, abonde Nana.L’établissement ferme à 22H00, couvre-feu oblige. Parfois, les bombardements forcent l’équipe à rester plus tard, le temps que le calme revienne. Jamais pour longtemps.Une fois chez elles, les danseuses peuvent être réveillées par des frappes nocturnes. Mais même si leur nuit est blanche, Valérya, Jénia, Nana, Lisa et les autres seront au club le soir. Souriantes.

Surveillante tuée à Nogent: le collégien mis en examen pour meurtre

Quentin G., le collégien de 14 ans qui a poignardé à mort mardi une surveillante de son établissement à Nogent (Haute-Marne), a été mis en examen jeudi pour meurtre et placé en détention provisoire.Il a été mis en examen pour “meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public”, une circonstance aggravante, et placé sous le statut de témoin assisté pour des “violences aggravées” sur un gendarme lors de son interpellation immédiatement après les faits, a annoncé le procureur de Dijon, Olivier Caracotch, dans un communiqué.Un juge des libertés et de la détention a ensuite décidé de le placer en détention provisoire “dans le quartier pour mineurs d’une maison d’arrêt”, a ajouté le procureur de Dijon.Devant le juge d’instruction, Quentin G. a “confirmé les déclarations qu’il avait faites lors de sa garde à vue”, selon la même source.L’adolescent avait dit en garde à vue qu’il avait voulu tuer une surveillante, “n’importe laquelle”, avait rapporté mercredi le procureur de Chaumont Denis Devallois, dressant le portrait glaçant d’un adolescent “sans compassion”, “fasciné par la violence” et “en perte de repères”, mais sans “aucun signe évoquant un possible trouble mental”.Antoine Chateau, l’avocat de Quentin G., a dit dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP se dissocier “de certaines affirmations faites” par le procureur de Chaumont, en insistant sur la nécessité de mener à bien des expertises psychologiques et psychiatriques “au plus tôt de l’enquête”.Du fait de sa minorité, le mis en cause encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d’une peine de prison à perpétuité.Il avait été interpellé mardi juste après les faits, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant son établissement.- Minute de silence – Après deux jours de fermeture, le collège Françoise-Dolto de Nogent a rouvert ses portes jeudi, mais seulement quelques dizaines d’élèves sont revenus si rapidement après le drame, a constaté l’AFP sur place.Ils ont observé une minute de silence à midi, comme des établissements scolaires de toute la France, en hommage à Mélanie, la victime qui était âgée de 31 ans.Thomas, 16 ans, un élève dans la même classe de 3e que Quentin G., qui a assisté à la minute de silence à Nogent, se souvient d’une surveillante “gentille et adorable”, “une belle personne”. Concernant l’auteur des faits, il parle d’un garçon “plutôt sympa” mais qui “des fois, (n’)avait pas le moral”.Ce temps de recueillement marque “l’expression collective de notre refus absolu de toute forme de violence et de notre détermination à soutenir ensemble, plus que jamais, notre école et ceux qui la font”, a déclaré jeudi la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.- Marche blanche vendredi -Le président de la République Emmanuel Macron a déploré jeudi en Conseil des ministres une “désinhibition de la violence (…) pour laquelle il va falloir évidemment apporter des solutions”, a rapporté la porte-parole du gouvernement Sophie Primas.”Face à la tristesse, à l’indignation, au choc que nous partageons, nous devons porter haut nos valeurs humanistes, notre fraternité, notre attention à chacune et chacun”, a écrit la proviseure d’un lycée parisien dans un message destiné à l’ensemble de sa communauté scolaire consulté par l’AFP.”On voit l’état psychologique de nos élèves se dégrader d’année en année”, a alerté jeudi Chloé Juvin, 27 ans, surveillante dans un collège de Rennes interrogée par l’AFP.”On est multi-casquette, on fait un peu l’infirmière, un peu le psy, en fait on est la première ligne qu’ils trouvent”, a estimé l’une de ses collègues, Clémentine Bidaud, 29 ans.Le drame de Nogent a eu un énorme retentissement dans les sphères éducatives et politiques.Au-delà de l’interdiction immédiate de la vente de couteaux aux mineurs, et “l’expérimentation” de portiques de sécurité voulue par le Premier ministre François Bayrou, le camp présidentiel et la gauche préviennent que la réponse est multiple et qu’il n’y a pas de “solution magique”. La droite, elle, insiste sur “la sanction”.Les proches de la victime ont annoncé une marche blanche au départ du collège de Nogent, vendredi à 18H00.bur-lv-kau-bj-lg/etb/vk

Trump ouvre un nouveau front avec la Californie, au nom des voitures thermiques

Le président américain Donald Trump a signé jeudi une résolution pour mettre fin à la politique ambitieuse en faveur des voitures électriques de la Californie, que l’Etat démocrate défendra devant la justice.”Nous sauvons officiellement l’industrie automobile américaine de la destruction”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’un évènement organisé à la Maison Blanche.La résolution avait été votée par le Congrès en mai pour empêcher la Californie d’interdire la vente de voitures thermiques neufs en 2035, au profit de véhicules bas carbone.L’Etat de l’Ouest américain a rapidement saisi la justice pour défendre un dispositif dérogatoire via lequel il fixe des normes environnementales plus strictes que la législation fédérale.La politique du président américain “compromet nos vies, notre économie et notre environnement”, a reproché le procureur général de Californie, Rob Bonta.”C’est irresponsable, illégal”, a-t-il poursuivi. Etat le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis, la Californie à majorité démocrate a été érigée en épouvantail par Donald Trump.Celui-ci a récemment ordonné le déploiement des soldats à Los Angeles, contre l’avis des autorités locales, après des manifestations contre sa politique migratoire musclée.Le gouverneur de la Californie Gavin Newsom, vu comme un potentiel candidat pour la présidentielle de 2028, dénonce une dérive autoritaire.- “Gauchistes” -Dans un long discours ponctué de digressions, Donald Trump a affirmé que “sous la précédente administration, l’Etat fédéral a laissé à des gauchistes californiens le pouvoir dictatorial de contrôler l’avenir de toute l’industrie automobile”.Il estime que la réglementation californienne impose aux constructeurs de tout le pays une transformation à marche forcée, ceux-ci ne pouvant se passer du plus grand marché du pays.Selon lui, “l’affreux plan” californien “aurait mis fin au moteur thermique, que la plupart des gens préfèrent jusqu’ici”. “Si vous voulez de l’électrique, vous pouvez acheter des voitures électriques” mais “on doit vous laisser le choix”, a-t-il ajouté.- L’Ouest pionnier -Le parlement de Californie avait légiféré en 2022 pour imposer que tous les véhicules neufs vendus dans l’Etat soient à “zéro émission” polluante à partir de 2035.Une ambition partagée par une dizaine d’autres Etats démocrates, mais contestée par le président Donald Trump et son Parti républicain qui dénoncent ce qu’ils estiment être un diktat pour l’ensemble des Etats-Unis.La Californie compte le plus grand nombre de voitures électriques du pays et bénéficie depuis plus d’un demi-siècle de dérogations qui lui permettent de fixer des normes environnementales plus strictes que la législation fédérale.L’Etat de l’Ouest américain a ainsi poussé de longue date les constructeurs automobiles à fabriquer des voitures respectant ses normes d’émission et vendues partout aux Etats-Unis. La signature de la résolution par le président faisait peu de doute: le milliardaire républicain, climatosceptique notoire, a fait campagne en 2024 sur sa volonté de forer du pétrole à tout-va. Il a aussi abandonné l’objectif fixé par son prédécesseur démocrate Joe Biden de vendre 50% de voitures électriques aux Etats-Unis d’ici 2030.Le président américain a par ailleurs affirmé jeudi à la Maison Blanche qu’il pourrait relever “dans un futur proche” la surtaxe qu’il a mise en place sur les voitures importées aux Etats-Unis, actuellement de 25%.

Trump ouvre un nouveau front avec la Californie, au nom des voitures thermiques

Le président américain Donald Trump a signé jeudi une résolution pour mettre fin à la politique ambitieuse en faveur des voitures électriques de la Californie, que l’Etat démocrate défendra devant la justice.”Nous sauvons officiellement l’industrie automobile américaine de la destruction”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’un évènement organisé à la Maison Blanche.La résolution avait été votée par le Congrès en mai pour empêcher la Californie d’interdire la vente de voitures thermiques neufs en 2035, au profit de véhicules bas carbone.L’Etat de l’Ouest américain a rapidement saisi la justice pour défendre un dispositif dérogatoire via lequel il fixe des normes environnementales plus strictes que la législation fédérale.La politique du président américain “compromet nos vies, notre économie et notre environnement”, a reproché le procureur général de Californie, Rob Bonta.”C’est irresponsable, illégal”, a-t-il poursuivi. Etat le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis, la Californie à majorité démocrate a été érigée en épouvantail par Donald Trump.Celui-ci a récemment ordonné le déploiement des soldats à Los Angeles, contre l’avis des autorités locales, après des manifestations contre sa politique migratoire musclée.Le gouverneur de la Californie Gavin Newsom, vu comme un potentiel candidat pour la présidentielle de 2028, dénonce une dérive autoritaire.- “Gauchistes” -Dans un long discours ponctué de digressions, Donald Trump a affirmé que “sous la précédente administration, l’Etat fédéral a laissé à des gauchistes californiens le pouvoir dictatorial de contrôler l’avenir de toute l’industrie automobile”.Il estime que la réglementation californienne impose aux constructeurs de tout le pays une transformation à marche forcée, ceux-ci ne pouvant se passer du plus grand marché du pays.Selon lui, “l’affreux plan” californien “aurait mis fin au moteur thermique, que la plupart des gens préfèrent jusqu’ici”. “Si vous voulez de l’électrique, vous pouvez acheter des voitures électriques” mais “on doit vous laisser le choix”, a-t-il ajouté.- L’Ouest pionnier -Le parlement de Californie avait légiféré en 2022 pour imposer que tous les véhicules neufs vendus dans l’Etat soient à “zéro émission” polluante à partir de 2035.Une ambition partagée par une dizaine d’autres Etats démocrates, mais contestée par le président Donald Trump et son Parti républicain qui dénoncent ce qu’ils estiment être un diktat pour l’ensemble des Etats-Unis.La Californie compte le plus grand nombre de voitures électriques du pays et bénéficie depuis plus d’un demi-siècle de dérogations qui lui permettent de fixer des normes environnementales plus strictes que la législation fédérale.L’Etat de l’Ouest américain a ainsi poussé de longue date les constructeurs automobiles à fabriquer des voitures respectant ses normes d’émission et vendues partout aux Etats-Unis. La signature de la résolution par le président faisait peu de doute: le milliardaire républicain, climatosceptique notoire, a fait campagne en 2024 sur sa volonté de forer du pétrole à tout-va. Il a aussi abandonné l’objectif fixé par son prédécesseur démocrate Joe Biden de vendre 50% de voitures électriques aux Etats-Unis d’ici 2030.Le président américain a par ailleurs affirmé jeudi à la Maison Blanche qu’il pourrait relever “dans un futur proche” la surtaxe qu’il a mise en place sur les voitures importées aux Etats-Unis, actuellement de 25%.

Ukraine: Zelensky espère convaincre Trump de sanctionner Moscou lors du G7

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit jeudi espérer pouvoir convaincre lors du G7 Donald Trump de sanctionner la Russie pour son refus d’un cessez-le-feu, mais son homologue américain s’est dit autant “déçu” par l’Ukraine que par la Russie. “Je suis très déçu par la Russie mais je suis aussi déçu par l’Ukraine parce que je pense qu’un accord aurait pu être trouvé” pour mettre fin au conflit provoqué par l’invasion russe, a dit jeudi le président américain pendant un échange avec la presse à la Maison Blanche, renvoyant de nouveau l’Ukraine et la Russie dos à dos.Parallèlement, Russie et Ukraine ont procédé jeudi à un nouvel échange de prisonniers de guerre, seul résultat concret des récents pourparlers de paix entre Kiev et Moscou, le 2 juin, à Istanbul en Turquie.Depuis des semaines, l’Ukraine demande aux Etats-Unis de sanctionner davantage la Russie, estimant qu’il s’agit de l’unique moyen de pousser le Kremlin à des concessions pour avancer dans le règlement du conflit déclenché par l’invasion russe de 2022.Jeudi, le dirigeant ukrainien a dit espérer pouvoir échanger avec Donald Trump en marge du sommet du G7 prévu au Canada de dimanche à mardi, afin d’obtenir “un accord” du président américain pour davantage de restrictions contre Moscou.M. Zelensky a dit vouloir promouvoir l’idée de “sanctions fortes pour mettre fin ou réduire le financement de cette guerre”, et a appelé au “dialogue” entre Ukrainiens, Européens et Américains pour “trouver un terrain d’entente” sur “la mise en œuvre de sanctions sévères” contre la Russie. Donald Trump, qui depuis son retour au pouvoir en janvier s’est rapproché de Vladimir Poutine, s’est montré jusque-là réticent à de nouvelles sanctions américaines contre Russie. Il a soutenu notamment qu’une telle mesure pourrait “faire capoter” un accord entre Kiev et Moscou.Pour sa part, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en visite à Kiev, a annoncé jeudi le prochain déblocage d’une enveloppe d’aide militaire supplémentaire de 1,9 milliard d’euros pour soutenir l’Ukraine contre la Russie.Mais il a reconnu que Berlin n’envisageait pas de livrer à Kiev des missiles à longue portée Taurus, un revers pour l’Ukraine qui estime en avoir besoin pour contrer les attaques russes quotidiennes.- “Celui-là est vivant” -Sur le terrain, un nouvel échange de prisonniers a eu lieu jeudi, ont annoncé Kiev et Moscou. A ce stade, ni Kiev ni Moscou n’ont précisé le nombre de prisonniers qui avaient été échangés pour cette troisième phase d’un accord conclu lors de pourparlers directs à Istanbul début juin. Le ministère russe de la Défense a publié une brève vidéo montrant les soldats russes libérés, drapeau russe sur le dos, certains appelant leurs proches.Côté ukrainien, les prisonniers libérés ont été assaillis à leur arrivée par des familles de soldats disparus tentant, les larmes aux yeux, d’obtenir des nouvelles de leurs proches, a constaté un journaliste de l’AFP.Les militaires blessés sont arrivés dans des ambulances, certains, amputés des jambes étant ensuite portés sur des chaises. L’un d’eux a regardé les portraits de disparus brandis par des proches : “Celui-là est vivant”, a-t-il dit lorsque son regard s’est posé sur l’un d’entre eux.Les échanges de prisonniers et le rapatriement de corps de soldats tués sont les rares domaines dans lesquels les belligérants coopèrent.Les précédents échanges de prisonniers décidés à Istanbul avaient eu lieu lundi et mardi. Et mercredi, la Russie a remis à l’Ukraine 1.212 corps de soldats ukrainiens, récupérant de son côté 27 dépouilles de militaires russes.- “Diplomatie de la pression” -Ces échanges se déroulent alors même que les combats se poursuivent sur le front, les forces russes, qui occupent près de 20% du territoire ukrainien, poussant notamment dans la région de Soumy (nord).Dans la nuit de mercredi à jeudi, 14 personnes ont été blessées à Kharkiv (nord-est) dans de nouvelles frappes de drones russes qui ont provoqué des incendies. La nuit précédente, trois personnes y avaient été tuées et une soixantaine blessées.En Russie, un enfant de deux ans a été tué jeudi par une attaque de drone ukrainien dans la région frontalière de Belgorod, ont annoncé les autorités régionales.Les négociations en vue d’un cessez-le-feu sont dans l’impasse, Moscou s’y refusant tant que ses demandes maximalistes — dont la cession des régions ukrainiennes dont elle a revendiqué l’annexion et le renoncement de Kiev à rejoindre l’Otan — ne sont pas remplies.Malgré cela, le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a assuré que Kiev souhaitait mettre fin à la guerre “cette année”, à condition que les Occidentaux renforcent leur “pression économique” et “militaire” sur Moscou.”La diplomatie de l’apaisement ne fonctionne pas avec la Russie”, a-t-il martelé, prônant plutôt “la diplomatie de la pression”.

Ukraine: Zelensky espère convaincre Trump de sanctionner Moscou lors du G7

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit jeudi espérer pouvoir convaincre lors du G7 Donald Trump de sanctionner la Russie pour son refus d’un cessez-le-feu, mais son homologue américain s’est dit autant “déçu” par l’Ukraine que par la Russie. “Je suis très déçu par la Russie mais je suis aussi déçu par l’Ukraine parce que je pense qu’un accord aurait pu être trouvé” pour mettre fin au conflit provoqué par l’invasion russe, a dit jeudi le président américain pendant un échange avec la presse à la Maison Blanche, renvoyant de nouveau l’Ukraine et la Russie dos à dos.Parallèlement, Russie et Ukraine ont procédé jeudi à un nouvel échange de prisonniers de guerre, seul résultat concret des récents pourparlers de paix entre Kiev et Moscou, le 2 juin, à Istanbul en Turquie.Depuis des semaines, l’Ukraine demande aux Etats-Unis de sanctionner davantage la Russie, estimant qu’il s’agit de l’unique moyen de pousser le Kremlin à des concessions pour avancer dans le règlement du conflit déclenché par l’invasion russe de 2022.Jeudi, le dirigeant ukrainien a dit espérer pouvoir échanger avec Donald Trump en marge du sommet du G7 prévu au Canada de dimanche à mardi, afin d’obtenir “un accord” du président américain pour davantage de restrictions contre Moscou.M. Zelensky a dit vouloir promouvoir l’idée de “sanctions fortes pour mettre fin ou réduire le financement de cette guerre”, et a appelé au “dialogue” entre Ukrainiens, Européens et Américains pour “trouver un terrain d’entente” sur “la mise en œuvre de sanctions sévères” contre la Russie. Donald Trump, qui depuis son retour au pouvoir en janvier s’est rapproché de Vladimir Poutine, s’est montré jusque-là réticent à de nouvelles sanctions américaines contre Russie. Il a soutenu notamment qu’une telle mesure pourrait “faire capoter” un accord entre Kiev et Moscou.Pour sa part, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en visite à Kiev, a annoncé jeudi le prochain déblocage d’une enveloppe d’aide militaire supplémentaire de 1,9 milliard d’euros pour soutenir l’Ukraine contre la Russie.Mais il a reconnu que Berlin n’envisageait pas de livrer à Kiev des missiles à longue portée Taurus, un revers pour l’Ukraine qui estime en avoir besoin pour contrer les attaques russes quotidiennes.- “Celui-là est vivant” -Sur le terrain, un nouvel échange de prisonniers a eu lieu jeudi, ont annoncé Kiev et Moscou. A ce stade, ni Kiev ni Moscou n’ont précisé le nombre de prisonniers qui avaient été échangés pour cette troisième phase d’un accord conclu lors de pourparlers directs à Istanbul début juin. Le ministère russe de la Défense a publié une brève vidéo montrant les soldats russes libérés, drapeau russe sur le dos, certains appelant leurs proches.Côté ukrainien, les prisonniers libérés ont été assaillis à leur arrivée par des familles de soldats disparus tentant, les larmes aux yeux, d’obtenir des nouvelles de leurs proches, a constaté un journaliste de l’AFP.Les militaires blessés sont arrivés dans des ambulances, certains, amputés des jambes étant ensuite portés sur des chaises. L’un d’eux a regardé les portraits de disparus brandis par des proches : “Celui-là est vivant”, a-t-il dit lorsque son regard s’est posé sur l’un d’entre eux.Les échanges de prisonniers et le rapatriement de corps de soldats tués sont les rares domaines dans lesquels les belligérants coopèrent.Les précédents échanges de prisonniers décidés à Istanbul avaient eu lieu lundi et mardi. Et mercredi, la Russie a remis à l’Ukraine 1.212 corps de soldats ukrainiens, récupérant de son côté 27 dépouilles de militaires russes.- “Diplomatie de la pression” -Ces échanges se déroulent alors même que les combats se poursuivent sur le front, les forces russes, qui occupent près de 20% du territoire ukrainien, poussant notamment dans la région de Soumy (nord).Dans la nuit de mercredi à jeudi, 14 personnes ont été blessées à Kharkiv (nord-est) dans de nouvelles frappes de drones russes qui ont provoqué des incendies. La nuit précédente, trois personnes y avaient été tuées et une soixantaine blessées.En Russie, un enfant de deux ans a été tué jeudi par une attaque de drone ukrainien dans la région frontalière de Belgorod, ont annoncé les autorités régionales.Les négociations en vue d’un cessez-le-feu sont dans l’impasse, Moscou s’y refusant tant que ses demandes maximalistes — dont la cession des régions ukrainiennes dont elle a revendiqué l’annexion et le renoncement de Kiev à rejoindre l’Otan — ne sont pas remplies.Malgré cela, le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a assuré que Kiev souhaitait mettre fin à la guerre “cette année”, à condition que les Occidentaux renforcent leur “pression économique” et “militaire” sur Moscou.”La diplomatie de l’apaisement ne fonctionne pas avec la Russie”, a-t-il martelé, prônant plutôt “la diplomatie de la pression”.

Ukraine: Zelensky espère convaincre Trump de sanctionner Moscou lors du G7

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit jeudi espérer pouvoir convaincre lors du G7 Donald Trump de sanctionner la Russie pour son refus d’un cessez-le-feu, mais son homologue américain s’est dit autant “déçu” par l’Ukraine que par la Russie. “Je suis très déçu par la Russie mais je suis aussi déçu par l’Ukraine parce que je …

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A Londres, un musée met ses œuvres sur commande

Se faire servir une œuvre d’art sur un plateau est désormais possible à Londres où un grand musée vient d’inaugurer un espace interactif inédit qui permet aux visiteurs d’accéder sur demande à des milliers d’objets issus de ses réserves.”C’est fantastique! Et tellement mieux qu’un musée ordinaire”, s’enthousiasme Jane Bailey. Cette professeure de physique à la retraite n’arrive pas à détacher son regard de la batterie de Keith Moon, batteur du légendaire groupe de rock des années 1960-1970 The Who.”J’aimerais le ressusciter pour qu’il puisse nous jouer un morceau, ce serait fabuleux,” dit-elle en pointant du doigt l’impressionnante batterie noire et rouge disposée sur une palette, elle-même posée sur une étagère métallique.A côté, des dizaines d’objets précieux –céramiques, tableaux, jouets issus du règne des Tudor…– cohabitent dans cet espace aux airs de hangar commercial.Cet endroit, c’est la Storehouse du Victoria et Albert Museum, une antenne de ce grand musée londonien des arts décoratifs, qui a ouvert le 31 mai. Mardi, elle a reçu la visite de la princesse Kate, marraine de l’institution.Située sur l’ancien site des Jeux Olympiques de 2012, dans l’est de la capitale, elle abrite quelque 250.000 pièces issues des réserves du musée, réparties sur quatre étages, soit un cinquième de sa collection totale.- Toucher une œuvre -Certaines pièces comme “Le train bleu”, impressionnant rideau de scène pour le ballet du même nom, long de douze mètres et peint d’après un tableau de Picasso, n’ont quasiment jamais été exposées.Ici, pas de vitres protectrices, toutes les œuvres sont accessibles au public, sept jours sur sept, gratuitement. Mais surtout: des milliers de pièces peuvent être réservées sur le site internet du musée. Une fois la réservation effectuée, elles sont mises à disposition du visiteur, qui peut les manipuler à l’aide de gants fournis par l’institution. Le tout sous l’étroite surveillance de membres du personnel. Au cœur du projet: l’ouverture. Faire tomber les barrières physiques et mentales pour accueillir tous les publics, dont les jeunes. “Notre collection appartient à tout le monde, et tout le monde doit pouvoir y avoir accès librement”, explique à l’AFP Georgia Haseldine, l’une des conservatrices du musée, affirmant que cette initiative est “une première mondiale”.Reste que le projet a d’abord suscité les craintes d’une partie du personnel, redoutant des dégradations. “Mais une fois que nous avons expliqué le projet en insistant sur la nécessité de nous ouvrir et de regarder vers l’avenir”, ces dernières se sont envolées, assure-t-elle.Selon elle, “le fait de pouvoir étudier l’arrière d’un objet, regarder à l’intérieur d’une robe… toutes ces choses participent à notre façon d’appréhender notre culture matérielle”.Ce projet est “assez inhabituel”, souligne auprès de l’AFP Kate Hill, chercheuse spécialiste de l’histoire des musées à l’université de Lincoln en Angleterre.- QR Code -Si les grands musées commencent à se lancer dans des “visites guidées” de leurs réserves, elles se résument souvent à des déambulations à côté d’œuvres hautement protégées.”Elle sont visibles mais pas accessibles”, résume-t-elle.En pleine flânerie dans la réserve du Victoria and Albert, Gemma Glaister a un avis tranché sur le sujet. “Les œuvres d’art ne devraient pas être derrière une vitre, loin des gens, je pense qu’elles devraient être proches, interactives”, soutient la jeune femme de 28 ans.Même sentiment pour Manu Garza, un New-Yorkais installé à Londres depuis janvier, qui ne sait où donner de la tête. Selon lui, l’avenir des musées réside dans le fait d’avoir “accès aux œuvres”.Contrairement à un musée traditionnel, il n’y a ici pratiquement pas de pancartes explicatives. Mais des QR codes ont été disséminés sur le parcours. Ils renvoient au catalogue, permettant au visiteur de se renseigner sur l’œuvre qu’il vient de voir.”Vous pouvez voir un objet que vous ne connaissiez pas il y a cinq minutes mais qui a attiré votre attention et soudain vous voulez en savoir plus. C’est formidable”, dit Jane Bailey.Pour Kate Hill, l’ouverture des réserves est une façon de faire du visiteur un acteur et non plus le réceptacle passif d’un savoir dispensé par des experts. “C’est une invitation à participer à la conversation”, conclut-elle.

Inde: un Boeing d’Air India s’écrase sur une zone résidentielle avec 242 personnes à bord

Un Boeing 787 d’Air India s’est écrasé jeudi sur des immeubles d’Ahmedabad  dans le nord-ouest de l’Inde peu après son décollage à destination de Londres, ne laissant qu’un survivant connu sur les 242 personnes à bord et faisant un nombre indéterminé de victimes au sol. Un journaliste de l’AFP à Ahmedabad a vu des personnes récupérer des corps et des pompiers tenter d’éteindre l’épave en flammes après que le Boeing 787-8 Dreamliner a percuté des bâtiment à l’heure du déjeuner, entre l’hôpital public de la ville et le quartier Ghoda Camp.”Nous confirmons qu’il y a un survivant”, a déclaré à l’AFP Dhananjay Dwivedi, secrétaire principal du département de la santé de l’Etat du Gujarat, dans le nord-ouest de l’Inde, indiquant que cette personne avait été hospitalisée.  Quelques heures auparavant, le chef de la police de la ville, GS Malik, avait fait état de  victimes parmi les personnes vivant dans les immeubles sur lequel l’appareil s’est écrasé. “Nous avons retrouvé 204 corps et 41 personnes sont soignées”, avait-il détaillé.Selon l’aviation civile, le vol 171 d’Air India avait embarqué 230 passagers – 169 Indiens, 53 Britanniques, 7 Portugais et un Canadien – et douze membres d’équipage.”Notre bureau est situé juste à côté de l’endroit où l’avion s’est écrasé”, a témoigné sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP un habitant. “Nous avons vu des personnes sauter du 2e et du 3e étage. L’avion était en feu”.”Nous avons vu environ 15 à 20 corps brûlés dans les débris de l’avion”, a pour sa part rapporté à l’AFP le Dr Krishna, intervenu auprès des blessés.- “Tragédie” -“Une moitié de l’appareil s’est écrasée sur une résidence où vivaient des médecins avec leurs familles”, a-t-il poursuivi, “le nez de l’avion et la roue avant ont atterri sur la cantine où les étudiants déjeunaient”.Sur d’autres vidéos partagées sur les réseaux sociaux, des pompiers tentent de maîtriser l’incendie provoqué par les débris de l’avion, en feu, non loin d’un bâtiment.L’appareil, un long-courrier de type Boeing 787-8 Dreamliner, avait décollé à 13h39 locales (08h09 GMT) pour l’aéroport de Gatwick, au Royaume-Uni, selon les premiers détails livrés par la direction générale de l’aviation civile indienne.Il a presqu’aussitôt émis un appel de détresse avant de s’écraser “hors du périmètre de l’aéroport”, a-t-elle précisé, sans donner d’autres détails.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent l’avion qui perd rapidement de l’altitude juste après son décollage, semblant manquer de puissance, avant de tomber sur des immeubles et d’exploser en une boule de feu orange.”La tragédie d’Ahmedabad nous a tous abasourdis et attristés. Cela nous brise le cœur au-delà des mots”, a déclaré le Premier ministre indien Narendra Modi sur son compte X.Son homologue britannique Keir Starmer a exprimé ses “pensées” pour les “passagers et leurs familles dans ce moment profondément éprouvant”. Quant au roi Charles III, il s’est dit “extrêmement choqué”.Le constructeur aéronautique américain Boeing a déclaré être en en contact avec Air India et être “prêt à les soutenir”. Selon une source proche du dossier, ce crash est le premier d’un B-787, un long-courrier entré en service en 2011. Le titre Boeing a perdu 5,02% à Wall Street après le crash.Les bureaux d’enquête Britannique et Américain ont annoncé qu’ils dépêchaient chacun des équipes pour soutenir leurs homologues indiens. Le président de la compagnie aérienne, Natarajan Chandrasekaran, a déclaré qu’une cellule d’urgence a été mise en  place pour soutenir les familles à la recherche d’informations. Le gouvernement du Gujarat a appelé les familles de victimes à fournir des échantillons d’ADN pour aider à identifier les corps.Le groupe Tata, propriétaire d’Air India, a indiqué prévoir 110 millions d’euros pour les proches “de chaque personne qui a perdu la vie dans cette tragédie”, s’engageant par ailleurs à couvrir les frais médicaux des blessés.- “Corps calcinés” -Un témoin, Poonam Patni, a déclaré que trois immeubles avaient été endommagés.”Lorsque nous sommes arrivés sur place, il y avait des corps éparpillés et les pompiers tentaient d’éteindre le feu”, a-t-il rapporté, “beaucoup étaient calcinés”.  Une photo diffusée par la police indienne sur X montre l’empennage de l’appareil comme posé sur le toit d’un bâtiment. Ahmedabad, la principale ville de l’Etat du Gujarat, frontalier du Pakistan, compte environ 8 millions d’habitants. Son aéroport international, le septième plus fréquenté du pays, est situé au milieu d’un quartier résidentiel densément peuplé. Le trafic y a été suspendu après l’accident.Cette catastrophe aérienne intervient trois jours avant l’ouverture en France du salon du Bourget, le grand rassemblement bisannuel du secteur de l’aéronautique, près de Paris.Le nouveau patron du constructeur américain, Kelly Ortberg, y était attendu.La dernière catastrophe aérienne en Inde remonte à 2010. Un avion d’Air India en provenance de Dubaï s’était écrasé à l’atterrissage à Bangalore, dans le sud de l’Inde, faisant 158 morts.En 1996, un vol 763 de la Saudi Arabian Airlines était entré en collision en plein vol près de New Delhi avec le vol 1907 de Kazakhstan Airlines.  Les 349 personnes à bord des deux avions avaient été tuées, faisant de cet événement la collision aérienne la plus meurtrière de l’histoire.Depuis 2000, dans le monde, six catastrophes aériennes ont fait plus de 200 morts.L’accident de jeudi intervient dans un pays où le trafic aérien a explosé ces dernières années. 

Inde: un Boeing d’Air India s’écrase sur une zone résidentielle avec 242 personnes à bord

Un Boeing 787 d’Air India s’est écrasé jeudi sur des immeubles d’Ahmedabad  dans le nord-ouest de l’Inde peu après son décollage à destination de Londres, ne laissant qu’un survivant connu sur les 242 personnes à bord et faisant un nombre indéterminé de victimes au sol. Un journaliste de l’AFP à Ahmedabad a vu des personnes récupérer des corps et des pompiers tenter d’éteindre l’épave en flammes après que le Boeing 787-8 Dreamliner a percuté des bâtiment à l’heure du déjeuner, entre l’hôpital public de la ville et le quartier Ghoda Camp.”Nous confirmons qu’il y a un survivant”, a déclaré à l’AFP Dhananjay Dwivedi, secrétaire principal du département de la santé de l’Etat du Gujarat, dans le nord-ouest de l’Inde, indiquant que cette personne avait été hospitalisée.  Quelques heures auparavant, le chef de la police de la ville, GS Malik, avait fait état de  victimes parmi les personnes vivant dans les immeubles sur lequel l’appareil s’est écrasé. “Nous avons retrouvé 204 corps et 41 personnes sont soignées”, avait-il détaillé.Selon l’aviation civile, le vol 171 d’Air India avait embarqué 230 passagers – 169 Indiens, 53 Britanniques, 7 Portugais et un Canadien – et douze membres d’équipage.”Notre bureau est situé juste à côté de l’endroit où l’avion s’est écrasé”, a témoigné sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP un habitant. “Nous avons vu des personnes sauter du 2e et du 3e étage. L’avion était en feu”.”Nous avons vu environ 15 à 20 corps brûlés dans les débris de l’avion”, a pour sa part rapporté à l’AFP le Dr Krishna, intervenu auprès des blessés.- “Tragédie” -“Une moitié de l’appareil s’est écrasée sur une résidence où vivaient des médecins avec leurs familles”, a-t-il poursuivi, “le nez de l’avion et la roue avant ont atterri sur la cantine où les étudiants déjeunaient”.Sur d’autres vidéos partagées sur les réseaux sociaux, des pompiers tentent de maîtriser l’incendie provoqué par les débris de l’avion, en feu, non loin d’un bâtiment.L’appareil, un long-courrier de type Boeing 787-8 Dreamliner, avait décollé à 13h39 locales (08h09 GMT) pour l’aéroport de Gatwick, au Royaume-Uni, selon les premiers détails livrés par la direction générale de l’aviation civile indienne.Il a presqu’aussitôt émis un appel de détresse avant de s’écraser “hors du périmètre de l’aéroport”, a-t-elle précisé, sans donner d’autres détails.Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent l’avion qui perd rapidement de l’altitude juste après son décollage, semblant manquer de puissance, avant de tomber sur des immeubles et d’exploser en une boule de feu orange.”La tragédie d’Ahmedabad nous a tous abasourdis et attristés. Cela nous brise le cœur au-delà des mots”, a déclaré le Premier ministre indien Narendra Modi sur son compte X.Son homologue britannique Keir Starmer a exprimé ses “pensées” pour les “passagers et leurs familles dans ce moment profondément éprouvant”. Quant au roi Charles III, il s’est dit “extrêmement choqué”.Le constructeur aéronautique américain Boeing a déclaré être en en contact avec Air India et être “prêt à les soutenir”. Selon une source proche du dossier, ce crash est le premier d’un B-787, un long-courrier entré en service en 2011. Le titre Boeing a perdu 5,02% à Wall Street après le crash.Les bureaux d’enquête Britannique et Américain ont annoncé qu’ils dépêchaient chacun des équipes pour soutenir leurs homologues indiens. Le président de la compagnie aérienne, Natarajan Chandrasekaran, a déclaré qu’une cellule d’urgence a été mise en  place pour soutenir les familles à la recherche d’informations. Le gouvernement du Gujarat a appelé les familles de victimes à fournir des échantillons d’ADN pour aider à identifier les corps.Le groupe Tata, propriétaire d’Air India, a indiqué prévoir 110 millions d’euros pour les proches “de chaque personne qui a perdu la vie dans cette tragédie”, s’engageant par ailleurs à couvrir les frais médicaux des blessés.- “Corps calcinés” -Un témoin, Poonam Patni, a déclaré que trois immeubles avaient été endommagés.”Lorsque nous sommes arrivés sur place, il y avait des corps éparpillés et les pompiers tentaient d’éteindre le feu”, a-t-il rapporté, “beaucoup étaient calcinés”.  Une photo diffusée par la police indienne sur X montre l’empennage de l’appareil comme posé sur le toit d’un bâtiment. Ahmedabad, la principale ville de l’Etat du Gujarat, frontalier du Pakistan, compte environ 8 millions d’habitants. Son aéroport international, le septième plus fréquenté du pays, est situé au milieu d’un quartier résidentiel densément peuplé. Le trafic y a été suspendu après l’accident.Cette catastrophe aérienne intervient trois jours avant l’ouverture en France du salon du Bourget, le grand rassemblement bisannuel du secteur de l’aéronautique, près de Paris.Le nouveau patron du constructeur américain, Kelly Ortberg, y était attendu.La dernière catastrophe aérienne en Inde remonte à 2010. Un avion d’Air India en provenance de Dubaï s’était écrasé à l’atterrissage à Bangalore, dans le sud de l’Inde, faisant 158 morts.En 1996, un vol 763 de la Saudi Arabian Airlines était entré en collision en plein vol près de New Delhi avec le vol 1907 de Kazakhstan Airlines.  Les 349 personnes à bord des deux avions avaient été tuées, faisant de cet événement la collision aérienne la plus meurtrière de l’histoire.Depuis 2000, dans le monde, six catastrophes aériennes ont fait plus de 200 morts.L’accident de jeudi intervient dans un pays où le trafic aérien a explosé ces dernières années.