AFP World

L’attaque israélienne sur l’Iran, énième démonstration des capacités du Mossad

Au-delà de la seule opération militaire, l’attaque d’Israël sur l’Iran s’est appuyée, affirment des analystes, sur un méticuleux travail du Mossad, son service de renseignement extérieur, capable depuis des années d’infiltrer le pouvoir de la République islamique.L’histoire dira si l’opération “Lion dressé” privera l’Iran de sa capacité à se doter de l’arme nucléaire, ce qu’elle-même …

L’attaque israélienne sur l’Iran, énième démonstration des capacités du Mossad Read More »

L’attaque israélienne sur l’Iran, énième démonstration des capacités du Mossad

Au-delà de la seule opération militaire, l’attaque d’Israël sur l’Iran s’est appuyée, affirment des analystes, sur un méticuleux travail du Mossad, son service de renseignement extérieur, capable depuis des années d’infiltrer le pouvoir de la République islamique.L’histoire dira si l’opération “Lion dressé” privera l’Iran de sa capacité à se doter de l’arme nucléaire, ce qu’elle-même dément convoiter. Mais elle fera date dans la liste des campagnes majeures des espions israéliens.”Cela montre la supériorité opérationnelle et en termes de renseignement d’Israël sur l’Iran”, affirme sans détour à l’AFP Danny Citrinowicz, de l’Institut des études de sécurité nationale de Tel-Aviv.En juillet dernier, l’Iran avait déjà été humilié par l’assassinat, à Téhéran, d’Ismaïl Haniyeh, chef politique du mouvement islamiste palestinien Hamas. Depuis, l’Iran “n’a pas été capable de colmater les failles de son système”, estime-t-il.- “Des centaines d’agents” -L’offensive, selon des médias israéliens et américains, a associé des drones, préalablement introduits en Iran, à des missiles et avions de chasse. Selon le journaliste israélien spécialisé Barak Ravid, “des centaines d’agents du Mossad, à la fois à l’intérieur de l’Iran et au siège, ont été impliqués, y compris une unité spéciale d’opérateurs iraniens travaillant pour le Mossad”.Dans le centre du pays, des commandos “avaient positionné des systèmes d’armes guidées en plein air près des lanceurs de missiles sol-air iraniens”. Le service a aussi “déployé secrètement des systèmes d’armes et des technologies sophistiquées cachées dans des véhicules”.Ce déploiement a détruit la défense aérienne iranienne, ouvrant la voie aux avions de chasse et missiles israéliens, ainsi que les batteries susceptibles de viser Israël en riposte.- Ciblage des hauts responsables  -Selon les médias israéliens, l’opération – qui rappelle la récente attaque ukrainienne de drones en Russie – a été préparée pendant entre 8 mois et deux ans. Mais s’est appuyée sur une infiltration israélienne bien plus ancienne.”Cela fait plus de 15 ans qu’Israël suit le programme nucléaire” iranien, relève Michael Horowitz, géopoliticien israélien. Les frappes constituent “l’aboutissement d’années de collecte de renseignements et de pénétration de la République islamique”.La liste des victimes iraniennes de premier plan est prestigieuse: chef d’état-major, patron des Gardiens de la révolution et l’ensemble de son service aérospatial, et neuf scientifiques du nucléaire. Entre autres. “C’est assez chirurgical”, souffle une source sécuritaire européenne, même si l’opération a fait des victimes collatérales: “Il y un impressionnant degré de précision et de maîtrise”.- L’obsession iranienne -En septembre, le Mossad avait stupéfié le monde en attaquant le Hezbollah libanais avec des bipeurs chargés d’explosifs. Selon les autorités libanaises, le bilan s’est élevé à 39 morts et des milliers de blessés, dont un grand nombre de civils, valant à Israël une pluie de condamnations.Auparavant, la liste des assassinats ciblés d’ennemis d’Israël avait déjà forgé depuis des années la réputation du Mossad.Après l’opération bipeurs, Alain Chouet, ex-numéro trois des renseignements extérieurs français (DGSE), était “persuadé qu’Israël (avait) sous le coude une demi-douzaine de structures capables d’agir à n’importe quel moment” en Iran.Samedi, il a confirmé, arguant que le Mossad pouvait “mobiliser beaucoup d’agents sur peu de sujets, quand les services Occidentaux sont censés avoir une couverture planétaire”. En face, “le contre-espionnage iranien est un service de sécurité surtout concentré sur les menaces intérieures”.D’où une désastreuse infiltration israélienne, dont se sont émus publiquement de hauts responsables iraniens, et que ne compensent pas les exécutions régulières de condamnés présentés comme des agents d’Israël.- Le rôle de Washington -Quant au rôle de l’administration américaine, allié indéfectible d’Israël, il demeure aujourd’hui très flou. Mais il semble réel, volontairement ou pas.Les relations entre le président américain et le Premier ministre israélien ont été récemment décrites comme dégradées. Donald Trump a récemment réservé quelques camouflets à Benjamin Netanyahu: accord signé sans lui avec les rebelles Houthis du Yémen, discussions en direct avec le Hamas palestinien, voyage dans le Golfe sans passer par Tel-Aviv, levée des sanctions contre la Syrie.La veille de l’opération, Trump avait appelé son allié à ne pas frapper l’Iran, jugeant “proche” un accord sur le nucléaire qu’il ne voulait pas voir “capoter”. A Téhéran, comme d’ailleurs à Washington – sommet de l’Etat mis à part -, la surprise a été totale, relèvent des observateurs.Reste une autre leçon: la guerre moderne fait la part belle au renseignement et opérations clandestines. Pour sidérer et paralyser son adversaire, analyse Benjamin Jensen, du think tank CSIS à Washington, il faut “associer la puissance aérienne avec des opérations spéciales, pour générer des effets simultanés dans la profondeur du champ de bataille”.

“Un combat acharné”: en Irlande, vers l’exhumation de 796 bébés morts dans un foyer religieux

“Quand j’ai commencé, personne ne voulait écouter”, se remémore Catherine Corless. En 2014, elle révélait que 796 enfants avaient été inhumés anonymement dans un foyer en Irlande. Plus de dix ans plus tard, les premières exhumations vont commencer.”Ce fut un combat acharné”, se souvient cette femme aujourd’hui âgée de 71 ans que l’AFP à rencontré à Tuam, dans l’Ouest de l’Irlande, près de site où les exhumations vont se dérouler. Lundi, des experts boucleront le périmètre de l’ancienne fosse sceptique du foyer St Mary des sœurs du Bon Secours. Objectif: procéder aux recherches dès le mois de juillet.Tout commence en 2014. Cette année-là, Catherine Corless met au jour des preuves attestant du décès de 796 enfants – des nouveau-nés jusqu’à l’âge de neuf ans – dans ce foyer située dans une petite ville située à 220 kilomètres de Dublin.Ses recherches ont conduit à une découverte macabre : une fosse commune.”Il n’y avait aucun registre d’enterrement, pas de cimetière, pas de statue, pas de croix, absolument rien”, se rappelle-t-elle.Surtout “quand j’ai commencé, personne ne voulait écouter (…) je suppliais: sortez ces bébés de ces égouts, offrez-leur l’enterrement chrétien digne qu’on leur a refusé”, raconte-t-elle. En vain.L’institution a été rasée en 1972 et a laissé place à un lotissement. La fosse sceptique, elle, est restée intacte.- “Illégitimes” -Lorsque les recherches de Catherine Corless ont été publiées, elles ont provoqué une onde de choc en Irlande, révélant de manière brutale le traitement réservé aux enfants nés hors mariage.Pendant des décennies, la société, l’État et l’Église catholique – qui a historiquement eu une main de fer sur les comportements en Irlande –  ont relégué les femmes enceintes non mariées dans des “maisons mère et enfant”. Après l’accouchement dans ces institutions, les enfants étaient séparés de leur mère, puis souvent adoptés.A la suite des révélations de Mme Corless, des enquêtes ont été lancées dans le pays. Elles ont établi que 56.000 femmes célibataires et 57.000 enfants sont passés par 18 foyers de ce type entre 1922 et 1998. Parmi eux, environ 9.000 enfants sont morts.Certaines de ces maisons étaient financées et gérées par les autorités sanitaires locales, d’autres par les ordres religieux catholiques. Le foyer de Tuam, lui, était administré par les sœurs du Bon Secours.”Tous ces bébés étaient baptisés, et pourtant l’Église a détourné le regard. Pour elle, cela ne comptait pas : ils étaient illégitimes, point final”, accuse-t-elle.- “Sales petits secrets” -Malgré la découverte de premiers restes humains en 2016 et 2017, il a fallu attendre 2022 pour qu’une loi autorise officiellement les fouilles.Une lenteur que dénonce Anna Corrigan, étrillant ce qu’elle appelle une “justice à l’irlandaise”. Elle avait une cinquantaine d’années lorsqu’elle a découvert que sa mère, décédée en 2012, avait donné naissance à Tuam à deux garçons: John et William.Aucun certificat de décès n’a été établi pour William, et celui de John n’a pas fait l’objet d’une supervision médicale. Les rares documents auxquels Anna a pu accéder laissent planer de nombreuses zones d’ombre.Dans sa cuisine, elle montre à l’AFP un rapport de 1947, qui indique que John était “un enfant triste et émacié”, alors qu’il était né en bonne santé un an plus tôt.William,lui, aurait pu faire l’objet d’une adoption illégale à l’étranger.”Il y a en Irlande de sales petits secrets qu’on préfère cacher. Le pays a une image vertueuse à l’étranger, mais il a aussi un côté sombre, sinistre”, lâche-t-elle, accusant les autorités de “tergiversations”.En 2023, une équipe a enfin été nommée pour mener les opérations à Tuam. Sa mission: retrouver, identifier et inhumer dignement les restes qui seront exhumés.Des échantillons ADN seront prélevés auprès de personnes capables d’attester un lien familial avec les bébés morts dans ce foyer.”Je n’aurais jamais cru voir ce jour arriver. Tant d’obstacles ont été franchis”, confie Catherine Corless.Mais, lucide, elle sait, que les fouilles ne fourniront pas toutes les réponses. “Même si on parvient à identifier quelques restes, cela n’apportera pas la paix à tout le monde”, souffle-t-elle.

“Un combat acharné”: en Irlande, vers l’exhumation de 796 bébés morts dans un foyer religieux

“Quand j’ai commencé, personne ne voulait écouter”, se remémore Catherine Corless. En 2014, elle révélait que 796 enfants avaient été inhumés anonymement dans un foyer en Irlande. Plus de dix ans plus tard, les premières exhumations vont commencer.”Ce fut un combat acharné”, se souvient cette femme aujourd’hui âgée de 71 ans que l’AFP à rencontré …

“Un combat acharné”: en Irlande, vers l’exhumation de 796 bébés morts dans un foyer religieux Read More »

“Un combat acharné”: en Irlande, vers l’exhumation de 796 bébés morts dans un foyer religieux

“Quand j’ai commencé, personne ne voulait écouter”, se remémore Catherine Corless. En 2014, elle révélait que 796 enfants avaient été inhumés anonymement dans un foyer en Irlande. Plus de dix ans plus tard, les premières exhumations vont commencer.”Ce fut un combat acharné”, se souvient cette femme aujourd’hui âgée de 71 ans que l’AFP à rencontré à Tuam, dans l’Ouest de l’Irlande, près de site où les exhumations vont se dérouler. Lundi, des experts boucleront le périmètre de l’ancienne fosse sceptique du foyer St Mary des sœurs du Bon Secours. Objectif: procéder aux recherches dès le mois de juillet.Tout commence en 2014. Cette année-là, Catherine Corless met au jour des preuves attestant du décès de 796 enfants – des nouveau-nés jusqu’à l’âge de neuf ans – dans ce foyer située dans une petite ville située à 220 kilomètres de Dublin.Ses recherches ont conduit à une découverte macabre : une fosse commune.”Il n’y avait aucun registre d’enterrement, pas de cimetière, pas de statue, pas de croix, absolument rien”, se rappelle-t-elle.Surtout “quand j’ai commencé, personne ne voulait écouter (…) je suppliais: sortez ces bébés de ces égouts, offrez-leur l’enterrement chrétien digne qu’on leur a refusé”, raconte-t-elle. En vain.L’institution a été rasée en 1972 et a laissé place à un lotissement. La fosse sceptique, elle, est restée intacte.- “Illégitimes” -Lorsque les recherches de Catherine Corless ont été publiées, elles ont provoqué une onde de choc en Irlande, révélant de manière brutale le traitement réservé aux enfants nés hors mariage.Pendant des décennies, la société, l’État et l’Église catholique – qui a historiquement eu une main de fer sur les comportements en Irlande –  ont relégué les femmes enceintes non mariées dans des “maisons mère et enfant”. Après l’accouchement dans ces institutions, les enfants étaient séparés de leur mère, puis souvent adoptés.A la suite des révélations de Mme Corless, des enquêtes ont été lancées dans le pays. Elles ont établi que 56.000 femmes célibataires et 57.000 enfants sont passés par 18 foyers de ce type entre 1922 et 1998. Parmi eux, environ 9.000 enfants sont morts.Certaines de ces maisons étaient financées et gérées par les autorités sanitaires locales, d’autres par les ordres religieux catholiques. Le foyer de Tuam, lui, était administré par les sœurs du Bon Secours.”Tous ces bébés étaient baptisés, et pourtant l’Église a détourné le regard. Pour elle, cela ne comptait pas : ils étaient illégitimes, point final”, accuse-t-elle.- “Sales petits secrets” -Malgré la découverte de premiers restes humains en 2016 et 2017, il a fallu attendre 2022 pour qu’une loi autorise officiellement les fouilles.Une lenteur que dénonce Anna Corrigan, étrillant ce qu’elle appelle une “justice à l’irlandaise”. Elle avait une cinquantaine d’années lorsqu’elle a découvert que sa mère, décédée en 2012, avait donné naissance à Tuam à deux garçons: John et William.Aucun certificat de décès n’a été établi pour William, et celui de John n’a pas fait l’objet d’une supervision médicale. Les rares documents auxquels Anna a pu accéder laissent planer de nombreuses zones d’ombre.Dans sa cuisine, elle montre à l’AFP un rapport de 1947, qui indique que John était “un enfant triste et émacié”, alors qu’il était né en bonne santé un an plus tôt.William,lui, aurait pu faire l’objet d’une adoption illégale à l’étranger.”Il y a en Irlande de sales petits secrets qu’on préfère cacher. Le pays a une image vertueuse à l’étranger, mais il a aussi un côté sombre, sinistre”, lâche-t-elle, accusant les autorités de “tergiversations”.En 2023, une équipe a enfin été nommée pour mener les opérations à Tuam. Sa mission: retrouver, identifier et inhumer dignement les restes qui seront exhumés.Des échantillons ADN seront prélevés auprès de personnes capables d’attester un lien familial avec les bébés morts dans ce foyer.”Je n’aurais jamais cru voir ce jour arriver. Tant d’obstacles ont été franchis”, confie Catherine Corless.Mais, lucide, elle sait, que les fouilles ne fourniront pas toutes les réponses. “Même si on parvient à identifier quelques restes, cela n’apportera pas la paix à tout le monde”, souffle-t-elle.

“Dernière influenceuse de ma famille?”: le meurtre d’une TikTokeuse inquiète les Pakistanaises

“Je suis la première influenceuse de ma famille, et peut-être la dernière”: depuis qu’elle a vu les milliers de commentaires justifiant le récent meurtre d’une TikTokeuse dans son pays, le Pakistan, Sunaina Bukhari hésite à abandonner les réseaux sociaux et ses 88.000 abonnés.La semaine dernière, Sana Yousaf, 17 ans, a été abattue chez elle par un homme dont elle avait, selon la police, refusé les avances et qui rôdait depuis plusieurs heures autour de la maison de sa famille à Islamabad.Depuis, sous la dernière vidéo partagée avec son million d’abonnés, où elle fêtait son anniversaire, les commentaires s’amoncellent: entre les “repose en paix”, de nombreux “on récolte ce que l’on sème” ou “c’est mérité, elle ne respectait pas l’islam”.En les lisant, Sunaina Bukhari, 28 ans, comme de nombreuses autres internautes, s’est demandée ce qu’il allait advenir de la communauté qu’elle a construite en ligne depuis six ans.”Dans ma famille, influenceuse n’était pas du tout un métier accepté mais j’avais réussi à les convaincre”, raconte-t-elle à l’AFP, alors que TikTok traîne une réputation sulfureuse au Pakistan après des mois d’interdiction pour “immoralité” selon les autorités de la République islamique. “Maintenant, ils ne vont plus me soutenir car cet événement traumatisant prouve qu’on n’est plus en sécurité même chez soi”, regrette-t-elle.Seules 30% des Pakistanaises possèdent un smartphone, contre le double pour les hommes (58%), selon le rapport sur l’égalité numérique(GSMA) 2025.Cet écart, le plus important au monde, s’explique parce que “les proches les découragent souvent d’être sur les réseaux sociaux de peur d’être jugés”, assure l’ONG de défense des droits numériques Digital Rights Foundation (DRF).- “Misogynie transposée en ligne” -Malgré tout, rappelle Farzana Bari, spécialiste des études de genre, les Pakistanaises avaient depuis plusieurs années “investi l’espace numérique pour contourner les nombreuses restrictions” imposées par une société rendue ultraconservatrice par des décennies d’islamisation décrétée par le pouvoir.Certaines y avaient même lancé un business dans un pays dernier du classement du Forum économique mondial de l’égalité homme-femme en 2025. Mais ces derniers mois, leurs activités virtuelles ont eu des conséquences mortelles.En janvier, à Quetta, au Baloutchistan où la loi tribale régit de nombreuses zones rurales, un homme avait avoué avoir orchestré l’assassinat de sa fille de 14 ans pour des vidéos TikTok portant atteinte à son “honneur”. En octobre, la police de Karachi, dans le Sud, avait annoncé avoir arrêté un homme ayant tué quatre femmes de sa famille pour des vidéos TikTok “indécentes”.Des meurtres qui chaque fois ravivent le souvenir du “crime d’honneur” de Qandeel Baloch, symbole des influenceuses pakistanaises, abattue par son propre frère en 2016 sans “aucun état d’âme”, avait-il dit à la presse.Et qui remettent régulièrement en lumière “le harcèlement et les commentaires haineux omniprésent, ainsi que les risques de voir son compte piraté ou ses contenus détournés” à des fins de chantages ou d’usurpation d’identité, détaille la DRF qui incite les femmes à porter plainte, captures d’écran à l’appui.”La misogynie de la société se transpose en ligne”, résume Usama Khilji, chef de l’organisation de défense des droits numériques Bolo Bhi, alors que 80% des Pakistanaises disent avoir été victimes de harcèlement dans des lieux publics.-“Toutes les Pakistanaises ont peur”-Et tous les contenus sont visés, même les plus anodins: Sana Yousaf promouvait des cosmétiques ou montrait ses repas toujours vêtue d’une longue tenue couvrante traditionnelle.”Toutes les Pakistanaises ont peur: sur TikTok ou sur un compte privé avec 50 abonnés, des hommes vont surgir dans les messages, les commentaires ou la rue où l’on vit”, dénonce sur Instagram Kanwal Ahmed, à la tête d’un groupe de 300.000 femmes sur Facebook. “Il ne s’agit pas d’+un fou+, mais de toute une culture”, poursuit celle qui a créé en 2013 son espace réservé aux femmes pour qu’elles échangent librement. Dans le cinquième pays le plus peuplé au monde où 60% des habitants ont moins de 30 ans, note M. Khilji, “de nombreuses femmes ne mettent pas leur photo en profil mais une fleur, un objet, très rarement leur visage”.Des précautions qui semblent s’appuyer sur l’expérience: ces quatre dernières années, selon les chiffres officiels, plus de 7.000 cyber-harceleurs arrêtés, seuls 3% ont été condamnés.Alors, en annonçant l’arrestation du meurtrier présumé de Sana Yousaf, le chef de la police de la capitale, Syed Ali Nasir Rizvi, a dit vouloir envoyer un “message clair” avant sa comparution le 18 juin.”Si nos soeurs ou nos filles veulent devenir influenceuses, professionnelles ou amateures, il faut les encourager”, a-t-il dit.

Lunettes, enceinte, objet portatif, quel est l’appareil IA de demain ?

OpenAI travaille avec le designer historique d’Apple à un nouvel appareil censé faciliter l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) générative au quotidien, qui va entrer en concurrence avec enceintes et lunettes connectées.Les spéculations vont bon train sur la forme et les potentialités du prototype IA sur lequel travaille déjà Jony Ive, qui a notamment supervisé la création de l’iPhone.D’après plusieurs médias américains, cet équipement n’a pas d’écran et ne pourra pas se porter comme une montre ou une broche.Pour Kyle Li, professeur à la New School, en l’état “nous n’en sommes pas encore au point où cette technologie s’est intégrée à nos vies”, quel que soit l’appareil utilisé. L’espace existe donc toujours pour une nouvelle catégorie de produits.”La question n’est pas tant de savoir à quoi ressemble l’appareil, mais si ces entreprises vont concevoir davantage leurs logiciels avec le consommateur en tête”, estime Rob Howard, du cabinet Innovating with AI.L’industrie garde en mémoire l’échec retentissant du AI Pin, gadget carré porté comme un badge, doté de nombreuses fonctionnalités d’IA générative (photos, appels, traduction), disparu moins d’un an après son lancement en avril 2024, faute d’acheteurs.Son prix élevé (699 dollars) et des performances calamiteuses ont eu raison de ce produit créé par la startup Humane.Aujourd’hui, “vous avez deux grosses sociétés qui misent gros”, relève Ben Wood, analyste du cabinet CCS Insight. L’une, Meta, sur les lunettes connectées, avec son modèle Ray-Ban, et l’autre, OpenAI, “sur un produit de complément”.- “Plaque tournante” -Google a annoncé en mai qu’il travaillait à une paire de lunettes “XR” (mélange de réalité augmentée et réalité virtuelle), tandis qu’Amazon mise sur son écosystème Eco (enceintes et écrans connectés), dopé par une réinvention de son assistant vocal Alexa.Un acteur incontournable manque cependant au tableau.Cette quête du parfait terminal AI “est quelque chose sur lequel Apple aurait dû bondir il y a un moment déjà”, considère Olivier Blanchard, du cabinet Futurum.La firme à la pomme “est arrivée tard dans le monde l’IA générative”, souligne l’analyste, et voit pour l’heure son offre passer par l’iPhone.L’impression a été renforcée lundi par la présentation lors de la grande conférence des développeurs WWDC, au cours de laquelle le groupe californien a vanté toutes les innovations de son smartphone vedette.Olivier Blanchard entrevoit une “plaque tournante IA”, qui serait le “centre” de l’écosystème d’intelligence artificielle générative, suffisamment puissant pour opérer sans connexion internet et sans dépendance au cloud (informatique à distance).”On ne peut pas tout confier au cloud”, insiste le consultant, pour des raisons de “sécurité, de temps de réaction, de fiabilité”, sans compter que cela “reviendrait extrêmement cher, contribuerait à la congestion du système et serait terrible pour l’environnement.”Cette unité centrale pourrait servir d’interface à l’ensemble des équipements technologiques utilisables via l’IA générative.”Mais le smartphone fait déjà un peu ça”, tempère Ben Wood, “tout comme les lunettes intelligentes et les enceintes Echo ou Google Nest” Hub (écran intelligent).- La voix reine -La concurrence promet d’être rude, anticipe Rob Howard, “car le nombre d’objets que vous pouvez porter ou emmener avec vous est limité. Les gens peuvent se sentir submergés”.”Le +hardware+ (les appareils physiques), ce n’est pas évident, mais s’il y a une société dans le monde qui peut le faire, qui s’est dotée des talents, notamment Jony Ive et Fidji Simo (récemment nommée n°2) et qui a le financement, c’est OpenAI”, avance Julien Codorniou, associé au sein de la société de capital-risque 20VC et ancien vice-président de Facebook.Une chose est sûre, dans ce nouvel univers, la voix devrait prendre une importance centrale dans notre rapport à l’IA.”Il n’y a plus de raisons de pianoter ou de toucher si vous pouvez parler à la place”, affirme Olivier Blanchard. “L’IA (générative) se veut de plus en plus humaine” par rapport à l’informatique traditionnelle, “donc ces interactions (vocales) font sens”.Sam Altman d’OpenAI et Mark Zuckerberg de Meta l’ont dit, lunettes, mini-terminal ou enceinte connectée, les nouvelles extensions de l’IA ont notamment pour objet de nous détourner des écrans.Mais pour Ben Wood, l’effet ne devrait être que “marginal”. “Le smartphone est trop installé dans nos vies. Les gens en sont trop dépendants”.

Entre G7 et Brics, l’Inde veut porter la voix du “Sud global”

Invitée du G7 qui débute dimanche mais aussi membre fondateur des Brics, l’Inde souhaite porter la voix du “Sud global”, se posant en “passerelle” entre les différents acteurs de la scène internationale, affirme son ministre des Affaires étrangères dans un entretien à l’AFP.L’Inde n’est pas membre du Groupe des Sept (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada) mais elle est devenue une habituée de ses sommets, auxquels elle est régulièrement conviée depuis 2019. “Nous avons été (un pays invité) depuis plusieurs années et je pense que ça a été bénéfique pour le G7”, déclare à l’AFP Subrahmanyam Jaishankar depuis Paris, où il a clos samedi une visite en France, en se félicitant d’avoir “la capacité de travailler avec différents pays, sans qu’aucune relation ne soit exclusive”.Pays le plus peuplé du globe, en passe de devenir la quatrième économie mondiale devant le Japon, l’Inde est assise à la table de nombreuses organisations, avec les Occidentaux au G7 ou au sein du “Quad” (Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, avec Etats-Unis, Japon, Australie), mais aussi avec la Chine, la Russie et l’Iran au sein des Brics et ou du Groupe de Coopération de Shangaï.”Nous contribuons activement à la diplomatie internationale et si cela peut servir de passerelle, c’est un atout pour la diplomatie internationale dans une période de relations difficiles et de tensions accrues”, fait valoir M. Jaishankar.Ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1947, l’Inde se pose, avec le Brésil, en héraut du “Sud global”, qui réunit “des pays qui ont été victimes de l’ordre mondial ces dernières années, ces derniers siècles”.- “Inégalités” -“Il existe dans les pays du Sud un fort ressentiment face aux inégalités de l’ordre international, une volonté de le changer, et nous en faisons pleinement partie”, explique le ministre, en poste depuis 2019: “Aujourd’hui, pour des pays comme les nôtres – nous sommes la plus grande économie du Sud – il est important de nous exprimer, de mener, (..) de faire sentir notre présence”.Cette voix passe aussi par les Brics, devenue “l’une des principales plateformes de rassemblement pour les pays non-occidentaux”, dont les chefs d’Etat se réuniront en juillet.Partisan de “négociations directes” pour résoudre la guerre entre Ukraine et Russie, qui a frappé durement les pays du “Sud” (prix de l’énergie, des céréales, des fertilisants…), M. Jaishankar affiche son scepticisme face aux politiques de sanctions occidentales: “Ca n’a pas vraiment marché jusqu’à présent, non?”.Partenaire commercial et allié politique de la Russie, l’Inde pourrait se retrouver exposée en cas de sanctions dites “secondaires” contre Moscou, souhaitées par les Européens et une partie du Sénat américain, et prévoyant des droits de douane accrus contre les pays importateurs d’hydrocarbures et matières premières russes.”L’économie mondiale est actuellement sous tension (…). Plus on ajoute des facteurs de tensions, plus les difficultés seront grandes”.- “Equilibre” avec la Chine – Dans l’ordre mondial actuel, l’Inde doit composer avec la “discontinuité” posée par Donald Trump, dirigeant “très nationaliste qui place les intérêts de son pays au premier plan” et qui a notamment décrété une hausse de 26% des droits de douane contre elle.Des négociations en cours sur le sujet ont “bien avancé”, estime cet ancien ambassadeur aux Etats-Unis (2013-2015).L’Inde doit également chercher “un équilibre” avec la Chine, autre géant du continent avec qui elle nourrit un conflit frontalier dans l’Himalaya et rival dans la zone Indo-Pacifique, estime-t-il: “Là où nous devons être forts et fermes, nous le serons. Là où nous devons forger une relation stable, nous sommes prêts à le faire”.Pékin est un soutien de son voisin, le Pakistan, que New Delhi accuse de soutenir les activités de “terroristes” islamistes sur son sol.Le 22 avril, une attaque au Cachemire indien ayant fait 26 morts, la plupart hindous, a déclenché une confrontation militaire de quatre jours entre les deux pays, la plus grave depuis 1999. Narendra Modi a promis une “riposte ferme” à toute nouvelle attaque “terroriste”, renforçant le spectre d’une escalade entre les deux puissances nucléaires. “En 2008, la ville de Mumbai a été attaquée (plusieurs attentats jihadistes ont fait 166 morts, ndlr) et nous avons commis l’erreur de ne pas réagir avec fermeté. Nous sommes déterminés à ne pas répéter ces erreurs. Si des terroristes pénètrent en Inde depuis et grâce au soutien d’un pays voisin, nous les poursuivrons et nous les châtierons”.Mais dans la confrontation du mois de mai, l’Inde n’a jamais envisagé de recourir à l’arme nucléaire, assure-t-il: “Ces inquiétudes émanaient de personnes mal informées et qui ne comprenaient pas ce qui se passait”.

Entre G7 et Brics, l’Inde veut porter la voix du “Sud global”

Invitée du G7 qui débute dimanche mais aussi membre fondateur des Brics, l’Inde souhaite porter la voix du “Sud global”, se posant en “passerelle” entre les différents acteurs de la scène internationale, affirme son ministre des Affaires étrangères dans un entretien à l’AFP.L’Inde n’est pas membre du Groupe des Sept (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, …

Entre G7 et Brics, l’Inde veut porter la voix du “Sud global” Read More »

Dix morts en Israël dans les tirs de missiles iraniens, sites bombardés à Téhéran

L’Iran a tiré dimanche avant l’aube des salves de missiles contre Israël tuant 10 personnes, à l’heure où l’aviation israélienne a bombardé des sites liés au nucléaire et des dépôts de carburant à Téhéran, au 3e jour d’un conflit inédit entre les deux pays ennemis.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit vouloir frapper “tous les sites du régime” en Iran dans le cadre de l’attaque sans précédent lancée vendredi par Israël avec l’objectif affiché de l’empêcher d’obtenir l’arme nucléaire.Allié d’Israël, le président américain Donald Trump a prévenu l’Iran que son armée répliquerait avec “toute sa force” s’il attaquait les Etats-Unis, réaffirmant que son pays “n’avait rien à voir” avec les attaques israéliennes.Avant l’aube, les sirènes d’alerte anti-aérienne ont retenti et des explosions ont été entendues à Jérusalem et Tel-Aviv (centre), ont constaté des journalistes de l’AFP après les salves de missiles iraniens.Dix personnes ont péri et plus de 200 ont été blessées depuis samedi soir dans la région de Tel-Aviv et à Tamra en Haute-Galilée (nord), selon les secours, la police et des hôpitaux israéliens, portant à 13 le nombre de morts dont des enfants en Israël depuis le début du conflit.Les tirs ont provoqué des dégâts et destructions à Bat Yam, au sud de Tel-Aviv. A la lumière des torches, les pompiers et les secouristes ont fouillé les décombres d’un bâtiment endommagé par une frappe iranienne, selon des images de l’AFP.A côté, les débris jonchent le sol et des voitures sont détruites. Une grue est utilisée pour dégager les blocs de béton.Selon Daniel Hadad, un commandant de police, sept personnes sont portées disparues à Bat-Yam, probablement sous les décombres. Un missile iranien a touché de plein fouet un immeuble.”Après l’alerte, je ne voulais pas descendre (à l’abri) mais ma mère m’a convaincu. Quand nous sommes descendus, il y a eu une explosion et j’ai cru que toute la maison s’était effondrée. Dieu merci, c’est un miracle que nous ayons survécu”, a raconté Shahar Ben Zion, dont l’habitation a été touchée par un missile à Bat Yam.- “Téhéran brûle” -A plus de 1.500 km de là, l’Iran a été la cible de nouveaux bombardements des avions de combat israéliens, notamment la capitale Téhéran.Un épais nuage de fumée plane le matin au-dessus de Téhéran après une frappe nocturne contre un dépôt de carburant qui a provoqué un incendie.Mais la circulation a repris et les cafés, magasins et boutiques ont rouvert comme d’habitude. De longues files d’attente se sont formées aux stations-service.Les autorités de Téhéran ont demandé à leurs employés de travailler à distance dans les jours à venir.”Téhéran brûle”, a commenté dimanche le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.Depuis un bilan de 78 morts en Iran donné vendredi par le représentant iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, les autorités iraniennes n’ont pas fourni un bilan total des frappes.L’armée israélienne a affirmé avoir visé dimanche des cibles “liées au projet d’armes nucléaires du régime iranien” à Téhéran, en citant le ministère de la Défense et le siège de l’Organisation d’innovation et de recherche défensives. Plusieurs détonations ont été entendues dans la capitale par les journalistes de l’AFP.Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, le ministère de la Défense a été pris pour cible et l’un de ses bâtiments a été “légèrement endommagé”.Le ministère du Pétrole a indiqué que deux dépôts de carburant ont également été frappés à Téhéran, dont celui de Shahran où un incendie s’est déclaré.- “Tous les sites du régime” -L’Iran est soupçonné par les Occidentaux et par Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Des discussions indirectes entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien prévues initialement dimanche à Oman ont été annulées, Téhéran accusant Israël de les avoir sapées.Vendredi, Israël, affirmant que Téhéran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, a ciblé des centaines de sites militaires et nucléaires iraniens.Il a aussi tué les plus hauts gradés d’Iran dont le chef des Gardiens de la Révolution, le général Hossein Salami, le commandant de la force aérospatiale des Gardiens, Amirali Hajizadeh, et le chef d’état-major, le général Mohammad Bagheri. Neuf scientifiques du programme nucléaire iranien ont aussi péri.Après avoir ciblé des systèmes de défense aériens et des dizaines de lanceurs de missiles, Israël a assuré samedi disposer désormais d’une “liberté d’action aérienne dans tout l’ouest de l’Iran, jusqu’à Téhéran”.Lors des frappes, Israël a visé le centre pilote d’enrichissement d’uranium de Natanz (centre) et d’autres sites nucléaires en Iran. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré qu’il avait été détruit dans sa partie en surface. L’armée israélienne a également dit avoir “démantelé” une usine de conversion d’uranium à Ispahan (centre).”Nous allons frapper tous les sites et les cibles du régime”, a déclaré samedi M. Netanyahu, affirmant avoir le “soutien manifeste” de Donald Trump.Selon l’agence de presse iranienne Mehr, l’Iran a averti qu’il attaquerait dans la région des cibles des pays qui aideraient Israël à repousser les attaques iraniennes. Un responsable américain avait indiqué plus tôt que les Etats-Unis avaient aidé Israël à abattre des missiles iraniens. Le Royaume-Uni a dit de son côté envoyer des avions de combat au Moyen-Orient.