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La Fed maintient ses taux, Trump dénigre son président Jerome Powell

La Réserve fédérale américaine (Fed) a sans surprise mercredi laissé ses taux d’intérêt inchangés pour la quatrième fois de suite, un statu quo qu’elle semble vouloir encore prolonger malgré la frustration de Donald Trump qui souhaite une baisse.La banque centrale américaine a maintenu ses taux dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, une décision attendue par les marchés.Ces taux, qui guident les coûts d’emprunt des entreprises et particuliers, n’ont pas évolué depuis la réunion de décembre, avant le retour à la Maison Blanche de M. Trump qui bout d’impatience.Ce nouveau statu quo a suscité la colère de Trump. Sur son réseau social Truth Social, il écrit que le président de l’institution Jerome Powell était “le PIRE”, un “vrai idiot, qui coûte des milliards à l’Amérique !”. Quelques heures avant l’annonce de la décision de la Fed, il avait répété qu’il n’y avait selon lui “pas d’inflation” aux Etats-Unis et qu’il voudrait donc “voir les taux baisser”.Donald Trump avait lui-même désigné M. Powell pour prendre la tête de l’institution en 2018. Son mandat s’achève dans moins d’un an.”Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ?”, a grincé M. Trump mercredi, estimant que le niveau actuel des taux d’intérêt “coût(ait) une fortune au pays” en alourdissant la charge de remboursement de la dette.- Prévisions revues en baisse -Toutefois, Jerome Powell a clairement laissé entendre que la Fed ne dévierait pas rapidement de sa posture attentiste.Interrogé en conférence de presse sur l’impact des droits de douane mis en place par l’exécutif américain, M. Powell a assuré que la Fed prendra “des décisions plus avisées et meilleures si nous attendons encore quelques mois ou le temps qu’il faudra pour avoir une idée réelle de la manière dont cela se répercutera sur l’inflation”.Nombre d’experts considèrent que le constat d’une modération de l’inflation (à +2,1% sur un an en avril aux Etats-Unis, selon l’indice officiel PCE) aurait pu permettre à la Fed de baisser ses taux ce mois-ci, mais c’était sans compter l’impact redouté des droits de douane sur les prix.Ceux-ci mettent généralement “un peu de temps” avant d’être répercutés au niveau des consommateurs, a temporisé Jerome Powell.Lors de la réunion, les responsables de la Fed ont aussi actualisé à la baisse leurs prévisions pour la première économie mondiale. Ils attendent désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 1,4% en 2025 (contre 1,7% prévu en mars et 2,1% en décembre 2024) et prévoient une accélération de l’inflation à 3% (contre 2,7% en mars) alors que la Fed vise un taux de 2%. Ils ont aussi légèrement relevé le niveau de chômage attendu à 4,5% (contre 4,4% en mars).En revanche, ils envisagent deux baisses de taux cette année. Une éventualité à laquelle les analystes accordent de moins en moins de crédit au regard de la manière dont M. Powell a temporisé. Ils retiennent surtout que la Fed a réduit le nombre de baisses envisagées en 2026 et 2027.Après une réaction initiale positive, Wall Street a flanché en prenant connaissance de ces perspectives et terminé la séance en léger retrait.- “Stagflation” à l’horizon -M. Powell a par ailleurs indiqué que la Fed surveillait les développements de la guerre entre l’Iran et Israël, notamment du fait du risque d’impact sur les prix du pétrole.Il a estimé que les crises affectant l’or noir “n’avaient généralement pas d’impact durable sur l’inflation, à l’exception bien sûr des années 1970. (…) Mais l’économie américaine est beaucoup moins dépendante du pétrole importé qu’à l’époque”. “La Fed n’aime pas parler de stagflation [mot-valise pour parler d’une économie combinant faible croissance et inflation élevée], mais c’est ce qu’ils prévoient: plus de chômage, plus d’inflation et une croissance ralentie cette année”, remarque dans une note Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.”C’est une situation délicate pour la banque centrale comme pour les Américains des classes moyennes et populaires qui sentiront la pression des hausses de prix liées aux droits de douane”, ajoute-t-elle. Pour elle comme pour la majorité des observateurs, la Fed ne bougera pas ses taux de l’été avant peut-être une détente en septembre.

Les lieux rafraîchis, premiers et derniers refuges face aux canicules extrêmes

Face au risque de chaleurs extrêmes prolongées, aggravé par le réchauffement climatique, de plus en plus de villes cartographient leurs lieux “rafraîchis”, susceptibles d’accueillir quelques heures durant les populations les plus fragiles, mais les besoins sont immenses et les solutions souvent sous-dimensionnées.Depuis l’expérience traumatisante de la canicule de 2003, qui avait provoqué la mort de 15.000 personnes, les maires ont l’obligation de recenser les lieux frais ou climatisés de leur ville, et de tenir à jour un registre des personnes vulnérables.En cas de canicule, il s’agit de mettre rapidement à l’abri ces personnes en les conduisant dans des salles climatisées. Mais ce dispositif a largement “fait les preuves de son inefficacité”, retrace Sébastien Maire, délégué général de l’association France Ville Durable. L’inscription sur le registre étant volontaire, les personnes les plus isolées échappent selon lui à tout recensement. Depuis, les mairies ont recentré leur action et leur communication sur la présence de lieux “refuges” disséminés un peu partout dans les villes. C’est le cas à Paris, où 1.400 îlots de fraîcheur ont été cartographiés “à moins de sept minutes à pied”: parcs, aires de brumisation, rues végétalisées, églises, piscines, musées ou bibliothèques climatisés…”On s’attend à des températures de 50 degrés dans les prochaines années. On est donc dans une course contre la montre face aux effets du réchauffement”, explique à l’AFP Dan Lert, adjoint à la Transition écologique.- “Dôme de chaleur” -En 2023, un exercice de simulation “Paris à 50°C” a été réalisé pour anticiper un “dôme de chaleur”. Dans leur document de synthèse, les services de la Ville s’interrogent sur la possibilité d’ouvrir “d’autres lieux refuges” comme des centres commerciaux, des gares souterraines ou des parkings, et de les occuper “pendant une longue période”, y compris “de nuit”.Les tunnels de la petite ceinture parisienne ont également été testés pour faire classe aux élèves.Si certaines villes sont plus en avance, “rares sont celles qui ont une approche stratégique de ces lieux refuges”, reconnaît l’urbaniste Clément Gaillard.”Si une canicule catastrophique a lieu demain, on mobilisera dans l’urgence les parkings souterrains, les lieux enterrés et les églises”, assure cet expert en conception bioclimatique, rappelant qu’il existe un “énorme gisement de bâtiments abondamment climatisés, tels les centres commerciaux”.Aujourd’hui, les villes privilégient les solutions faciles à mettre à œuvre sur le plan technique et juridique. C’est le cas de Saint-Genis-Laval, ville de 21.000 habitants en banlieue lyonnaise, où la salle climatisée du conseil municipal est aménagée l’été pour accueillir un public intergénérationnel. A Toulouse, l’accent a été mis sur l’extension le soir des horaires de fermeture des parcs, piscines, musées et bibliothèques, ainsi que sur la gratuité des lieux culturels.- “Dormir dehors” -Autre solution très prisée des communes, la végétalisation des cours d’école permet en théorie d’accueillir des publics vulnérables hors du temps scolaire.”Ce n’est pas de la climatisation mais du rafraîchissement de quelques degrés”, observe néanmoins Sébastien Maire, qui n’est “pas certain que cela suffise sur le plan sanitaire”.Lui défend aussi l’idée de climatiser certains préaux d’école pour en faire de véritables “zones refuges” et éviter “que chacun ne s’équipe de climatiseurs individuels”, mais aussi les “réseaux de froid” et la mobilisation du “foncier privé, comme les cours intérieures d’immeubles”.”Si la canicule est vraiment intense, il n’y aura pas assez de lieux frais et il faudrait pouvoir dormir dehors, notamment dans les parcs, ce qui pose la question de la surveillance et des obstacles psychologiques”, estime de son côté la géographe Anne Ruas.Dans les quartiers populaires où les logements non rénovés sont des passoires thermiques, l’accès à des zones fraîches est d’autant plus crucial que les habitants n’ont souvent pas les ressources pour échapper à la chaleur.”Il y a des îlots de fraîcheur mais ils ne sont pas assez nombreux”, constate Sanaa Saitouli, co-fondatrice de l’association Banlieues Climat.Or les communes les moins riches sont souvent celles qui investissent le moins dans les solutions de rafraîchissement.”Il y a des communes très engagées dans la protection de leur population contre la chaleur, mais le gouvernement les prive de moyens financiers, tandis que beaucoup d’autres n’ont pas pris la mesure de l’urgence” interpelle Robin Ehl, chargé de campagne chez Oxfam.

Septième nuit de frappes entre Israël et l’Iran, Trump n’exclut pas une intervention américaine

Israël et l’Iran ont échangé jeudi des frappes pour la septième nuit consécutive, Donald Trump n’excluant pas une entrée en guerre des Etats-Unis pour briser le programme nucléaire de Téhéran.”Je ne cherche pas à me battre. Mais si le choix c’est de se battre ou qu’ils aient la bombe nucléaire, il faut faire ce qu’il y a à faire”, a déclaré à la presse le président américain, qui sera briefé sur le conflit jeudi, jour férié aux Etats-Unis, dans la “Situation Room”, la salle de crise en sous-sol de la Maison Blanche où se prennent les décisions militaires les plus sensibles.Répondant à M. Trump, qui la veille avait appelé l’Iran “à capituler sans conditions”, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a proclamé mercredi que son pays ne se rendrait “jamais”.L’armée israélienne, qui a acquis la maîtrise de l’espace aérien iranien, poursuit toutefois son offensive, et a annoncé jeudi une nouvelle “série frappes sur Téhéran et d’autres secteurs de l’Iran”.Elle a appelé à évacuer les villages d’Arak et de Khondab à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Téhéran, situés près d’installations nucléaires, en vue de frappes sur celles-ci.L’agence semi-officielle Mehr a indiqué que la défense anti-aérienne avait été activée dans le centre de Téhéran.Par la suite, les sirène d’alerte ont également retenti en Israël et la police a fait état de “plusieurs impacts”, notamment dans le secteur de Tel Aviv, après des tirs de missile iraniens. De violentes explosions sourdes et continues ont été entendues par des journalistes de l’AFP.Un hôpital du Sud d’Israël a été touché, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.”Des missiles de pointe vrombissent au-dessus de Tel-Aviv”, a indiqué l’agence Fars, tandis que la télévision d’Etat iranienne diffuse des images en direct de Tel-Aviv.Déclenchée le 13 juin par Israël, qui a assuré que Téhéran s’approchait du “point de non-retour” concernant l’acquisition de la bombe atomique, la guerre a fait au moins 224 morts en Iran, selon un bilan officiel.Les salves de missiles et de drones tirées en riposte par l’Iran ont fait 24 morts au total en Israël, selon le gouvernement.- “Dommages irréparables ” -M. Trump a assuré que des dirigeants iraniens étaient entrés en contact avec les Etats-Unis pour négocier, affirmant qu'”ils ont même suggéré de venir à la Maison Blanche”.L’Iran a rapidement démenti.Les Etats-Unis, qui ont déployé un troisième porte-avions, le Nimitz, vers la zone, sont les seuls à détenir la bombe GBU-57, unique arme susceptible d’être capable d’atteindre le coeur profondément enfoui du programme nucléaire iranien, à Fordo.”Je vais peut-être le faire, peut-être pas”, a déclaré M. Trump à des journalistes, interrogé sur l’éventualité d’une intervention américaine. Mercredi, l’ayatollah Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a averti les Etats-Unis qu’une intervention de leur part conduirait à des “dommages irréparables”.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre “toute intervention militaire supplémentaire”, qui aurait “des conséquences énormes” pour toute la région.A Téhéran, de puissantes explosions ont été entendues mercredi.Selon le ministère israélien de la Défense, l’aviation a détruit le “quartier général de la sécurité intérieure” à Téhéran. Téhéran a de son côté annoncé avoir tiré dans la nuit de mardi à mercredi des missiles hypersoniques Fattah contre Israël, comme il l’avait déjà fait la nuit précédente.Depuis le 13 juin, l’Iran “a tiré environ 400 missiles balistiques” sur Israël, dont 20 ont touché des zones civiles, et 1.000 drones, selon des chiffres fournis par un responsable militaire israélien mercredi soir.- Pénuries -Les autorités iraniennes ont durci mercredi les restrictions imposées à internet, en accusant Israël de “violation” du réseau “à des fins militaires”.Depuis le 13 juin, Israël a frappé des centaines de sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés de son appareil de sécurité ainsi que des scientifiques du nucléaire.M. Trump a également affirmé être en capacité de tuer l’ayatollah Khamenei lui-même.Mais lors d’une rencontre avec la presse, le président russe Vladimir Poutine a estimé mercredi que les frappes “consolident” le pouvoir à Téhéran, et a assuré que ses “amis iraniens” n’avaient “pas demandé” d’assistance militaire à Moscou.M. Trump a indiqué avoir écarté une proposition de médiation du dirigeant russe, et lui avoir conseillé de s’occuper de “la médiation pour la Russie (et l’Ukraine, ndlr) d’abord”.L’Iran, qui dément vouloir fabriquer l’arme nucléaire, accuse Israël d’avoir cherché à torpiller les négociations qui avaient commencé sur le nucléaire entre Téhéran et Washington.A Téhéran, de nombreux magasins ont fermé depuis le début de la guerre et de longues files se sont formées aux abords des stations-service. A la frontière avec l’Irak, un chauffeur de camion de 40 ans, parlant sous le pseudonyme de Fattah, a fait état de “pénuries de nourriture, comme le riz, le pain, le sucre ou le thé”, soulignant que les stations-service “sont bondées et les prix ont augmenté”.burs/phs/gmo

Septième nuit de frappes entre Israël et l’Iran, Trump n’exclut pas une intervention américaine

Israël et l’Iran ont échangé jeudi des frappes pour la septième nuit consécutive, Donald Trump n’excluant pas une entrée en guerre des Etats-Unis pour briser le programme nucléaire de Téhéran.”Je ne cherche pas à me battre. Mais si le choix c’est de se battre ou qu’ils aient la bombe nucléaire, il faut faire ce qu’il y a à faire”, a déclaré à la presse le président américain, qui sera briefé sur le conflit jeudi, jour férié aux Etats-Unis, dans la “Situation Room”, la salle de crise en sous-sol de la Maison Blanche où se prennent les décisions militaires les plus sensibles.Répondant à M. Trump, qui la veille avait appelé l’Iran “à capituler sans conditions”, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a proclamé mercredi que son pays ne se rendrait “jamais”.L’armée israélienne, qui a acquis la maîtrise de l’espace aérien iranien, poursuit toutefois son offensive, et a annoncé jeudi une nouvelle “série frappes sur Téhéran et d’autres secteurs de l’Iran”.Elle a appelé à évacuer les villages d’Arak et de Khondab à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Téhéran, situés près d’installations nucléaires, en vue de frappes sur celles-ci.L’agence semi-officielle Mehr a indiqué que la défense anti-aérienne avait été activée dans le centre de Téhéran.Par la suite, les sirène d’alerte ont également retenti en Israël et la police a fait état de “plusieurs impacts”, notamment dans le secteur de Tel Aviv, après des tirs de missile iraniens. De violentes explosions sourdes et continues ont été entendues par des journalistes de l’AFP.Un hôpital du Sud d’Israël a été touché, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.”Des missiles de pointe vrombissent au-dessus de Tel-Aviv”, a indiqué l’agence Fars, tandis que la télévision d’Etat iranienne diffuse des images en direct de Tel-Aviv.Déclenchée le 13 juin par Israël, qui a assuré que Téhéran s’approchait du “point de non-retour” concernant l’acquisition de la bombe atomique, la guerre a fait au moins 224 morts en Iran, selon un bilan officiel.Les salves de missiles et de drones tirées en riposte par l’Iran ont fait 24 morts au total en Israël, selon le gouvernement.- “Dommages irréparables ” -M. Trump a assuré que des dirigeants iraniens étaient entrés en contact avec les Etats-Unis pour négocier, affirmant qu'”ils ont même suggéré de venir à la Maison Blanche”.L’Iran a rapidement démenti.Les Etats-Unis, qui ont déployé un troisième porte-avions, le Nimitz, vers la zone, sont les seuls à détenir la bombe GBU-57, unique arme susceptible d’être capable d’atteindre le coeur profondément enfoui du programme nucléaire iranien, à Fordo.”Je vais peut-être le faire, peut-être pas”, a déclaré M. Trump à des journalistes, interrogé sur l’éventualité d’une intervention américaine. Mercredi, l’ayatollah Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a averti les Etats-Unis qu’une intervention de leur part conduirait à des “dommages irréparables”.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre “toute intervention militaire supplémentaire”, qui aurait “des conséquences énormes” pour toute la région.A Téhéran, de puissantes explosions ont été entendues mercredi.Selon le ministère israélien de la Défense, l’aviation a détruit le “quartier général de la sécurité intérieure” à Téhéran. Téhéran a de son côté annoncé avoir tiré dans la nuit de mardi à mercredi des missiles hypersoniques Fattah contre Israël, comme il l’avait déjà fait la nuit précédente.Depuis le 13 juin, l’Iran “a tiré environ 400 missiles balistiques” sur Israël, dont 20 ont touché des zones civiles, et 1.000 drones, selon des chiffres fournis par un responsable militaire israélien mercredi soir.- Pénuries -Les autorités iraniennes ont durci mercredi les restrictions imposées à internet, en accusant Israël de “violation” du réseau “à des fins militaires”.Depuis le 13 juin, Israël a frappé des centaines de sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés de son appareil de sécurité ainsi que des scientifiques du nucléaire.M. Trump a également affirmé être en capacité de tuer l’ayatollah Khamenei lui-même.Mais lors d’une rencontre avec la presse, le président russe Vladimir Poutine a estimé mercredi que les frappes “consolident” le pouvoir à Téhéran, et a assuré que ses “amis iraniens” n’avaient “pas demandé” d’assistance militaire à Moscou.M. Trump a indiqué avoir écarté une proposition de médiation du dirigeant russe, et lui avoir conseillé de s’occuper de “la médiation pour la Russie (et l’Ukraine, ndlr) d’abord”.L’Iran, qui dément vouloir fabriquer l’arme nucléaire, accuse Israël d’avoir cherché à torpiller les négociations qui avaient commencé sur le nucléaire entre Téhéran et Washington.A Téhéran, de nombreux magasins ont fermé depuis le début de la guerre et de longues files se sont formées aux abords des stations-service. A la frontière avec l’Irak, un chauffeur de camion de 40 ans, parlant sous le pseudonyme de Fattah, a fait état de “pénuries de nourriture, comme le riz, le pain, le sucre ou le thé”, soulignant que les stations-service “sont bondées et les prix ont augmenté”.burs/phs/gmo

Birmanie: Aung San Suu Kyi fête ses 80 ans coupée du monde

Captive de la junte depuis le coup d’Etat de 2021, l’icône déchue de la démocratie birmane, Aung San Suu Kyi, fête ses 80 ans jeudi, dans un pays en guerre qu’elle pourrait ne plus jamais revoir libre.La prix Nobel de la paix 1991 purge une peine de 27 ans de prison, pour des accusations montées de toutes pièces par l’armée, sa bête noire de longue date, selon les groupes de défense des droits humains.L’opposition ne prévoit aucune célébration publique en Birmanie, où les activistes, ciblés par une répression féroce, ont pris le maquis pour combattre les généraux par les armes, à rebours du discours de non-violence prôné par la “Dame de Rangoun”.”Ca sera difficile de célébrer sur le coup”, a déclaré à l’AFP Kim Aris, 47 ans, l’un des deux fils d’Aung San Suu Kyi, qui réside au Royaume-Uni.”Nous avons appris à endurer ce qui se passe depuis si longtemps”, a-t-il poursuivi.Kim Aris termine jeudi, dans un parc de Londres, une opération qui l’a vu courir 80 kilomètres en 8 jours, pour récolter 80.000 messages vidéo de soutien – que sa mère, détenue dans la capitale birmane Naypyidaw, ne verra sûrement jamais.- Conditions sommaires -Depuis le putsch, Kim Aris n’a reçu qu’une seule lettre d’Aung San Suu Kyi, il y a deux ans.”Nous n’avons aucune idée de l’état dans lequel elle se trouve”, a-t-il concédé.La junte livre au compte-goutte les informations sur sa santé.”Elle est en bonne santé”, a assuré le porte-parole Zaw Min Tun en mars, affirmant qu’elle bénéficiait d’examens médicaux réguliers.L’économiste australien Sean Turnell, proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, est l’une des rares personnes à avoir interagi avec elle en détention. Cet expert, arrêté au moment du coup d’Etat, puis gracié en novembre 2022, a décrit les conditions sommaires du centre de détention, sans système de climatisation, où les insectes et les rongeurs troublent l’isolement des prisonniers.Kim Aris s’inquiète que sa mère souffre de problèmes cardiaques, aux os et aux dents, qui ne sont pas traités.Fille du héros de l’indépendance Aung San, assassiné en 1947 alors qu’elle n’avait que deux ans, elle surprend tout le monde en 1988 en décidant de s’impliquer dans le destin de son pays, alors en révolte contre la junte du général Ne Win.Autorisée à former la Ligue nationale pour la démocratie (LND), elle est rapidement placée en résidence surveillée.- Drame des Rohingyas -Elle est libérée en 2010, et entre au Parlement en 2012 après l’autodissolution de la junte un an plus tôt, qui a ouvert une décennie d’expérimentation démocratique inédite. En 2015, sa formation triomphe aux élections, mais les règles établies par les militaires l’empêchent d’occuper formellement le siège de présidente.Cependant, l’image de l’icône a commencé à se fendiller à l’international, après le drame des musulmans rohingyas, qualifié de “génocide” par les Etats-Unis.Des centaines de milliers de membres de cette minorité ont fui la Birmanie depuis l’été 2017 face aux exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes.La passivité et le manque de compassion d’Aung San Suu Kyi sont alors pointés du doigt et l’ancienne dissidente est largement désavouée par la communauté internationale. Suu Kyi est allée jusqu’à se défendre des accusations de génocide devant la Cour internationale de justice, en 2019, chose rare pour une dirigeante. Suu Kyi y avait fustigé des allégations “trompeuses et incomplètes”. Le 1er février 2021, l’armée a délogé du pouvoir Suu Kyi, en prétextant des fraudes électorales massives, sans preuves, lors des législatives de novembre 2020 largement remportées par la LND. Les militaires ont assuré qu’ils voulaient un nouveau scrutin, mais plus de quatre ans plus tard, leur promesse tarde à se concrétiser.

Vendanges en Champagne: un procès pour traite d’êtres humains s’ouvre à Châlons-en-Champagne

Trois personnes comparaissent jeudi devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour traite d’êtres humains, soupçonnées d’avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes 57 travailleurs, pour la plupart en situation irrégulière, lors des vendanges 2023 dans le prestigieux vignoble champenois.Le procès, prévu sur une journée, s’ouvrira à 9H00. Avant l’audience, un rassemblement est prévu devant le tribunal, à l’appel de la CGT Champagne.Parmi les prévenus figure la dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles. Cette femme de 44 ans originaire du Kirghizistan est également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes et avec une rétribution inexistante ou insuffisante.Deux hommes âgés de 33 ans, soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs en Ile-de-France, seront jugés à ses côtés. La société Anavim et une coopérative vinicole de la Marne sont également poursuivies comme personnes morales.En septembre 2023, à la suite d’un signalement de riverains, l’inspection du travail procède à un contrôle et constate des conditions de vie portant “gravement atteinte à la sécurité, à la santé et à la dignité des occupants”, selon la procureure Annick Browne.- “Indignes” -Dans la foulée, la préfecture ordonne la fermeture de cet hébergement collectif mis à disposition par Anavim à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims, en raison de conditions de vie jugées “insalubres” et “indignes”.S’appuyant sur le rapport de l’inspection du travail, la préfecture relevait des “literies de fortune”, “l’état de vétusté”, le “délabrement”, l'”absence de nettoyage”, “l’état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs”, et notait l’existence “d’un risque électrique”.Les vendangeurs étaient logés dans une maison en travaux et un hangar, dormant sur des matelas gonflables à même le sol, avec des douches de fortune, des toilettes inutilisables et de nombreuses anomalies électriques, détaille aussi le parquet.Les travailleurs étaient transportés de leur hébergement à leur lieu de travail, “entassés à l’arrière de camionnettes” sans sièges ni ouvertures, et travaillaient “minimum dix heures par jour avec une unique pause déjeuner de 30 minutes”, sans équipement de protection individuel et souvent avec des salaires “sans rapport” avec le travail accompli, relève le parquet.Après plusieurs mois d’enquête, 57 victimes ont été identifiées et l’immeuble ayant hébergé les travailleurs a été saisi.Les prévenus “ont un mépris total pour le respect de la dignité humaine”, dénonce Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, dont la majorité sont des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal.- Image du Champagne en jeu -Il estime que “l’exploitant viticole ne peut pas faire semblant qu’il ne savait pas” et appelle les maisons de champagne à être “intransigeantes” sur les conditions dans lesquelles sont ramassés leurs raisins.Les donneurs d’ordre et les prestataires “doivent être condamnés conjointement”, réclame pour sa part José Blanco, de la CGT Champagne, partie civile.Le syndicaliste demande également que “les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers soient inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne”. “Si un vigneron emploie un prestataire impliqué dans un cas de traite d’êtres humains, alors sa récolte doit être déclassée”, estime M. Blanco.Le procès, initialement prévu en mars, avait été renvoyé à la demande de la défense.Pour la première fois dans un procès sur le sujet des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, est lui aussi partie civile.Le Comité Champagne souhaite ainsi “exprimer sa ferme opposition à ces pratiques inacceptables”, selon une déclaration de son directeur général, Charles Goemaere, transmise à l’AFP en mars.Les vendanges de 2023 dans la région avaient été émaillées d’incidents. Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont notamment décédées lors d’un mois de septembre particulièrement chaud cette année-là.Dans un communiqué cosigné avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), également parties civiles, la CGT a dénoncé “les pratiques inacceptables” d'”un patronat agricole “qui n’hésite pas à surexploiter les travailleurs pour accroître ses profits”.

Les Etats-Unis approuvent un traitement préventif très prometteur contre le VIH

Les Etats-Unis ont approuvé un nouveau traitement préventif contre le virus du sida (VIH), a annoncé mercredi le laboratoire pharmaceutique Gilead qui le développe, un feu vert qui pourrait révolutionner la lutte contre cette épidémie, même si la question de son accessibilité reste entière.Nommé Yeztugo, ce traitement qui consiste en deux injections annuelles, constitue une petite révolution dans le domaine des médicaments prévenant la transmission du VIH, connus sous le nom de “prophylaxie pré-exposition”, ou “PrEP”.Pris par des personnes qui ne sont pas infectées mais considérées à risque, ces traitements nécessitent généralement la prise quotidienne d’un comprimé.Le Yeztugo propose lui une prévention plus efficace et moins envahissante, avec seulement deux injections par an et pourrait ainsi permettre de faciliter considérablement la prise en charge de personnes à risque, notamment dans les pays en développement.Et même de mettre fin à l’épidémie de Sida, selon des experts.”C’est un jour historique dans la lutte contre le VIH”, a salué Daniel O’Day, patron de la biotech américaine dans un communiqué annonçant cette autorisation.Selon le laboratoire, le nouveau traitement sera désormais disponible aux Etats-Unis pour les “adultes et les adolescents pesant au moins 35 kg” et “ayant besoin de la PrEP ou souhaitant en bénéficier”.- Question de coût -Le laboratoire Gilead propose déjà depuis 2022 un traitement antirétroviral, le Sunlenca, développé à partir de la même molécule, le lenacapavir. Ce dernier est proposé aux personnes déjà infectées et permet d’empêcher la multiplication du virus dans l’organisme.Ces traitements offrent une efficacité sans précédent et pourraient changer la donne contre le sida, selon les experts.Les deux essais cliniques menés par l’entreprise pour le traitement préventif ont ainsi montré une réduction du risque de transmission du VIH de plus de 99,9 % chez les adultes et les adolescents, en faisant ainsi l’option la plus proche d’un vaccin.Mais les espoirs suscités par ces excellents résultats pourraient toutefois être douchés par les coûts astronomiques des traitements.Interrogée par l’AFP, l’entreprise a reconnu que le prix du Yeztugo aux Etats-Unis s’élèvera à 28.218 dollars par an, “en phase avec les options PrEP existantes”. Néanmoins: “nous travaillons à rendre Yeztugo accessible à tous ceux qui en auraient besoin ou le souhaiteraient, et nous nous attendons à une importante prise en charge par les assurances”, a fait savoir la porte-parole de Gilead mercredi. Le Sunlenca, autre traitement disponible déjà sur le marché, coûte lui plus de 39.000 dollars par an.Et l’Apretude, le premier traitement de PrEP injectable qui a été développé par le laboratoire ViiV Healthcare et approuvé en 2021 aux Etats-Unis, coûte des dizaines de milliers de dollars par an pour des injections tous les deux mois.Or, selon une récente estimation réalisée par plusieurs chercheurs et publiée dans la revue Lancet, le lenacapavir pourrait être produit pour des coûts allant seulement de 25 à 46 dollars.”Si ce médicament qui change la donne reste inabordable, il ne changera rien”, a insisté mercredi la cheffe de l’Onusida, Winnie Byanyima dans un communiqué, demandant “instamment à Gilead de prendre la bonne décision”.”Baissez le prix, augmentez la production et faites en sorte que le monde ait une chance de mettre fin au sida”, a-t-elle exhorté.Le laboratoire Gilead a annoncé l’an passé des accords avec des fabricants pour produire et vendre des génériques à bas coût dans plus de 100 pays en développement et fournir d’autres nombreuses doses.Mais ces initiatives pourraient être mises à mal par les actions du gouvernement de Donald Trump, qui sabré les financements internationaux qui devaient les soutenir.

Les Etats-Unis approuvent un traitement préventif très prometteur contre le VIH

Les Etats-Unis ont approuvé un nouveau traitement préventif contre le virus du sida (VIH), a annoncé mercredi le laboratoire pharmaceutique Gilead qui le développe, un feu vert qui pourrait révolutionner la lutte contre cette épidémie, même si la question de son accessibilité reste entière.Nommé Yeztugo, ce traitement qui consiste en deux injections annuelles, constitue une petite révolution dans le domaine des médicaments prévenant la transmission du VIH, connus sous le nom de “prophylaxie pré-exposition”, ou “PrEP”.Pris par des personnes qui ne sont pas infectées mais considérées à risque, ces traitements nécessitent généralement la prise quotidienne d’un comprimé.Le Yeztugo propose lui une prévention plus efficace et moins envahissante, avec seulement deux injections par an et pourrait ainsi permettre de faciliter considérablement la prise en charge de personnes à risque, notamment dans les pays en développement.Et même de mettre fin à l’épidémie de Sida, selon des experts.”C’est un jour historique dans la lutte contre le VIH”, a salué Daniel O’Day, patron de la biotech américaine dans un communiqué annonçant cette autorisation.Selon le laboratoire, le nouveau traitement sera désormais disponible aux Etats-Unis pour les “adultes et les adolescents pesant au moins 35 kg” et “ayant besoin de la PrEP ou souhaitant en bénéficier”.- Question de coût -Le laboratoire Gilead propose déjà depuis 2022 un traitement antirétroviral, le Sunlenca, développé à partir de la même molécule, le lenacapavir. Ce dernier est proposé aux personnes déjà infectées et permet d’empêcher la multiplication du virus dans l’organisme.Ces traitements offrent une efficacité sans précédent et pourraient changer la donne contre le sida, selon les experts.Les deux essais cliniques menés par l’entreprise pour le traitement préventif ont ainsi montré une réduction du risque de transmission du VIH de plus de 99,9 % chez les adultes et les adolescents, en faisant ainsi l’option la plus proche d’un vaccin.Mais les espoirs suscités par ces excellents résultats pourraient toutefois être douchés par les coûts astronomiques des traitements.Interrogée par l’AFP, l’entreprise a reconnu que le prix du Yeztugo aux Etats-Unis s’élèvera à 28.218 dollars par an, “en phase avec les options PrEP existantes”. Néanmoins: “nous travaillons à rendre Yeztugo accessible à tous ceux qui en auraient besoin ou le souhaiteraient, et nous nous attendons à une importante prise en charge par les assurances”, a fait savoir la porte-parole de Gilead mercredi. Le Sunlenca, autre traitement disponible déjà sur le marché, coûte lui plus de 39.000 dollars par an.Et l’Apretude, le premier traitement de PrEP injectable qui a été développé par le laboratoire ViiV Healthcare et approuvé en 2021 aux Etats-Unis, coûte des dizaines de milliers de dollars par an pour des injections tous les deux mois.Or, selon une récente estimation réalisée par plusieurs chercheurs et publiée dans la revue Lancet, le lenacapavir pourrait être produit pour des coûts allant seulement de 25 à 46 dollars.”Si ce médicament qui change la donne reste inabordable, il ne changera rien”, a insisté mercredi la cheffe de l’Onusida, Winnie Byanyima dans un communiqué, demandant “instamment à Gilead de prendre la bonne décision”.”Baissez le prix, augmentez la production et faites en sorte que le monde ait une chance de mettre fin au sida”, a-t-elle exhorté.Le laboratoire Gilead a annoncé l’an passé des accords avec des fabricants pour produire et vendre des génériques à bas coût dans plus de 100 pays en développement et fournir d’autres nombreuses doses.Mais ces initiatives pourraient être mises à mal par les actions du gouvernement de Donald Trump, qui sabré les financements internationaux qui devaient les soutenir.

Ali Khamenei affirme que l’Iran ne se rendra jamais

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a proclamé mercredi que son pays ne se rendrait “jamais” face à Israël, qui a multiplié mercredi les frappes aériennes contre l’Iran avant d’être visé par de nouveaux missiles hypersoniques.Au sixième jour de guerre, l’ayatollah Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a mis en garde les Etats-Unis contre des “dommages irréparables” s’ils intervenaient dans le conflit.Il réagissait aux menaces du président américain Donald Trump, allié d’Israël, qui a appelé mardi l’Iran “à capituler sans conditions” et entretient le doute sur l’éventualité de frappes américaines contre l’Iran.”Je vais peut-être le faire, peut-être pas”, a-t-il dit mercredi, avant de répéter qu’il n’avait pas encore pris sa décision. Il a également affirmé qu’une chute de l’actuel pouvoir “pourrait arriver”.A Téhéran, de puissantes explosions ont été entendues mercredi et plusieurs panaches de fumée ont été visibles en divers endroits.Une frappe israélienne a notamment visé les abords du siège de la police, blessant plusieurs policiers, a rapporté l’agence Irna.Israël a annoncé des frappes contre des “cibles militaires” à Téhéran et sur l’ouest de l’Iran. Selon le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, l’aviation a détruit le “quartier général de la sécurité intérieure” iranienne à Téhéran, qu’il a qualifiée de “principal organe de répression du dictateur iranien”. Le Croissant-Rouge iranien a également annoncé qu’une attaque israélienne avait eu lieu près de son bâtiment.Téhéran a de son côté annoncé avoir tiré dans la nuit de mardi à mercredi des missiles hypersoniques Fattah contre Israël, comme il l’avait déjà fait la nuit précédente.Depuis le 13 juin, l’Iran “a tiré environ 400 missiles balistiques” sur Israël, dont 20 ont touché des zones civiles, et 1.000 drones, selon des chiffres fournis par un responsable militaire israélien mercredi soir.- Cyberattaques -La télévision d’Etat iranienne a dénoncé “des cyberattaques menées par l’ennemi sioniste”, après que des médias iraniens ont indiqué qu’Israël avait brièvement interrompu la diffusion des programmes en y diffusant des images de manifestations de femmes et en appelant la population à descendre dans la rue.Les autorités iraniennes ont durci mercredi les restrictions imposées à internet, en accusant Israël de “violation” du réseau “à des fins militaires”.Affirmant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, Israël a lancé le 13 juin une attaque massive contre ce pays, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés ainsi que des scientifiques du nucléaire.L’Iran, qui dément fabriquer l’arme nucléaire, accuse Israël d’avoir cherché à torpiller les négociations qui avaient commencé sur le nucléaire entre Téhéran et Washington.En Iran, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts, selon un bilan officiel. Les salves de missiles et de drones tirées en riposte par l’Iran, qui ont atteint des zones urbaines, ont fait 24 morts en Israël, selon le gouvernement.”Cette nation ne se rendra jamais (sous la pression) de qui que ce soit”, a dit l’ayatollah Khamenei mercredi dans un discours télévisé.”Les Américains doivent savoir que toute intervention militaire de leur part entraînera assurément des dégâts irréparables”, a-t-il ajouté.Les Etats-Unis ont dit ces derniers jours renforcer leur “dispositif défensif” au Moyen-Orient et envoyer dans la région leur porte-avions Nimitz.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a remercié mercredi Donald Trump pour son “soutien” à la “défense du ciel israélien”.  Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre “toute intervention militaire supplémentaire”, qui aurait “des conséquences énormes” pour toute la région.M. Trump a également indiqué avoir écarté une proposition de médiation de son homologue russe Vladimir Poutine, et lui avoir conseillé de s’occuper de “la médiation pour la Russie (et l’Ukraine, ndlr) d’abord”.M. Poutine a pour sa part assuré jeudi que ses “amis iraniens” n’avaient “pas demandé” d’assistance militaire à Moscou. Il a jugé que les frappes “consolident” le pouvoir à Téhéran. Ce dernier a réaffirmé agir en état de “légitime défense”.- Bombe anti-bunker -A Téhéran, de nombreux magasins ont fermé depuis le début de la guerre et de longues files se sont formées aux abords des stations-service. A la frontière avec l’Irak, un chauffeur de camion de 40 ans, parlant sous le pseudonyme de Fattah, a fait état de “pénuries de nourriture, comme le riz, le pain, le sucre ou le thé”, soulignant que les stations-service “sont bondées et les prix ont augmenté”.Mercredi avant l’aube, “plus de 50 avions” de combat avaient bombardé “une installation de production de centrifugeuses à Téhéran” et “plusieurs sites de fabrication d’armes dont des installations de production de matières premières et de composants utilisés pour assembler des missiles sol-sol”, selon l’armée israélienne.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé la destruction par Israël de deux bâtiments où “étaient fabriqués des composants de centrifugeuses” à Karaj près de Téhéran.Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément, défendant son droit à un programme nucléaire civil.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa propre possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Si Donald Trump choisissait d’engager son pays dans le conflit, une puissante bombe anti-bunker américaine, la GBU-57, la seule à même de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies, pourrait constituer une arme stratégique de choix, selon les experts.

Ali Khamenei affirme que l’Iran ne se rendra jamais

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a proclamé mercredi que son pays ne se rendrait “jamais” face à Israël, qui a multiplié mercredi les frappes aériennes contre l’Iran avant d’être visé par de nouveaux missiles hypersoniques.Au sixième jour de guerre, l’ayatollah Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a mis en garde les Etats-Unis contre des “dommages irréparables” s’ils intervenaient dans le conflit.Il réagissait aux menaces du président américain Donald Trump, allié d’Israël, qui a appelé mardi l’Iran “à capituler sans conditions” et entretient le doute sur l’éventualité de frappes américaines contre l’Iran.”Je vais peut-être le faire, peut-être pas”, a-t-il dit mercredi, avant de répéter qu’il n’avait pas encore pris sa décision. Il a également affirmé qu’une chute de l’actuel pouvoir “pourrait arriver”.A Téhéran, de puissantes explosions ont été entendues mercredi et plusieurs panaches de fumée ont été visibles en divers endroits.Une frappe israélienne a notamment visé les abords du siège de la police, blessant plusieurs policiers, a rapporté l’agence Irna.Israël a annoncé des frappes contre des “cibles militaires” à Téhéran et sur l’ouest de l’Iran. Selon le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, l’aviation a détruit le “quartier général de la sécurité intérieure” iranienne à Téhéran, qu’il a qualifiée de “principal organe de répression du dictateur iranien”. Le Croissant-Rouge iranien a également annoncé qu’une attaque israélienne avait eu lieu près de son bâtiment.Téhéran a de son côté annoncé avoir tiré dans la nuit de mardi à mercredi des missiles hypersoniques Fattah contre Israël, comme il l’avait déjà fait la nuit précédente.Depuis le 13 juin, l’Iran “a tiré environ 400 missiles balistiques” sur Israël, dont 20 ont touché des zones civiles, et 1.000 drones, selon des chiffres fournis par un responsable militaire israélien mercredi soir.- Cyberattaques -La télévision d’Etat iranienne a dénoncé “des cyberattaques menées par l’ennemi sioniste”, après que des médias iraniens ont indiqué qu’Israël avait brièvement interrompu la diffusion des programmes en y diffusant des images de manifestations de femmes et en appelant la population à descendre dans la rue.Les autorités iraniennes ont durci mercredi les restrictions imposées à internet, en accusant Israël de “violation” du réseau “à des fins militaires”.Affirmant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, Israël a lancé le 13 juin une attaque massive contre ce pays, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires et tuant les plus hauts gradés ainsi que des scientifiques du nucléaire.L’Iran, qui dément fabriquer l’arme nucléaire, accuse Israël d’avoir cherché à torpiller les négociations qui avaient commencé sur le nucléaire entre Téhéran et Washington.En Iran, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts, selon un bilan officiel. Les salves de missiles et de drones tirées en riposte par l’Iran, qui ont atteint des zones urbaines, ont fait 24 morts en Israël, selon le gouvernement.”Cette nation ne se rendra jamais (sous la pression) de qui que ce soit”, a dit l’ayatollah Khamenei mercredi dans un discours télévisé.”Les Américains doivent savoir que toute intervention militaire de leur part entraînera assurément des dégâts irréparables”, a-t-il ajouté.Les Etats-Unis ont dit ces derniers jours renforcer leur “dispositif défensif” au Moyen-Orient et envoyer dans la région leur porte-avions Nimitz.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a remercié mercredi Donald Trump pour son “soutien” à la “défense du ciel israélien”.  Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre “toute intervention militaire supplémentaire”, qui aurait “des conséquences énormes” pour toute la région.M. Trump a également indiqué avoir écarté une proposition de médiation de son homologue russe Vladimir Poutine, et lui avoir conseillé de s’occuper de “la médiation pour la Russie (et l’Ukraine, ndlr) d’abord”.M. Poutine a pour sa part assuré jeudi que ses “amis iraniens” n’avaient “pas demandé” d’assistance militaire à Moscou. Il a jugé que les frappes “consolident” le pouvoir à Téhéran. Ce dernier a réaffirmé agir en état de “légitime défense”.- Bombe anti-bunker -A Téhéran, de nombreux magasins ont fermé depuis le début de la guerre et de longues files se sont formées aux abords des stations-service. A la frontière avec l’Irak, un chauffeur de camion de 40 ans, parlant sous le pseudonyme de Fattah, a fait état de “pénuries de nourriture, comme le riz, le pain, le sucre ou le thé”, soulignant que les stations-service “sont bondées et les prix ont augmenté”.Mercredi avant l’aube, “plus de 50 avions” de combat avaient bombardé “une installation de production de centrifugeuses à Téhéran” et “plusieurs sites de fabrication d’armes dont des installations de production de matières premières et de composants utilisés pour assembler des missiles sol-sol”, selon l’armée israélienne.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé la destruction par Israël de deux bâtiments où “étaient fabriqués des composants de centrifugeuses” à Karaj près de Téhéran.Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément, défendant son droit à un programme nucléaire civil.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa propre possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Si Donald Trump choisissait d’engager son pays dans le conflit, une puissante bombe anti-bunker américaine, la GBU-57, la seule à même de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies, pourrait constituer une arme stratégique de choix, selon les experts.