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Mexique : l’ouragan Erick s’affaiblit en s’enfonçant dans les terres

Plus de peur que de mal : l’ouragan Erick s’est affaibli jeudi après avoir touché les côtes du sud-ouest du Mexique, dans une région déjà traumatisée par deux ouragans majeurs ces deux dernières années.Au bout d’une nuit de suspense, Erick est passé des catégories 4 à 1 après avoir touché terre peu avant 06H00 heure locale (midi GMT) aux confins des Etats côtiers de l’Oaxaca et du Guerrero, selon le Centre national des ouragans (NHC) de Miami, qui fait référence au Mexique.Le cyclone devait se dissiper dans la journée en s’approchant du massif de la Sierra Madre. Erick a touché terre dans une zone guère peuplée, à mi-chemin entre les deux principaux centres touristiques locaux, les stations balnéaires de Puerto Escondido au sud et surtout Acapulco au nord. Cette dernière ville avait connu le passage de l’ouragan Otis qui y avait provoqué en octobre 2023 des destructions et la mort d’au moins 50 personnes, tandis que 30 avaient disparu, puis celui de John, qui y avait fait au moins 15 morts en septembre 2024.- Fortes pluies -A Puerto Escondido, des militaires ramassaient des décombres jeudi matin et ses habitants tentaient de récupérer de petites embarcations enfouies dans le sable.Jamais il n’avait plu avec autant de force, s’étonne auprès de l’AFP Luis Alberto Gil, un commerçant de 44 ans. Pluies et vent “ont renversé une statue”.Le cyclone va provoquer de fortes pluies avant de se dissiper dans l’intérieur des terres, avec des risques d’inondations et de glissements de terrain, selon le dernier bulletin du NHC.Un moindre mal par rapport aux prévisions antérieures. “Des vents extrêmement destructeurs sont attendus”, avait en effet annoncé le NHC dans la nuit, ajoutant : “De fortes chutes de pluie vont provoquer des inondations et des glissements de terrain qui constituent un danger mortel”. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a remercié jeudi les habitants des zones concernées qui ont suivi les consignes des autorités et sont restés chez eux. “Nous pourrons informer dans quelques heures des effets (de l’ouragan) sur ces populations”, a-t-elle ajouté en conférence de presse. Les autorités avaient préparé les gens au pire. Les habitants d’Acapulco, l’ex-capitale de la jet-set sur le Pacifique, avaient ainsi fait des stocks de provisions et d’essence les jours précédents. Mercredi soir, ils avaient commencé à se rendre dans les centres d’accueil aménagés face à la menace que faisait peser l’ouragan. De petites embarcations de plaisance avaient été sorties de l’eau pour éviter qu’elles ne coulent.- Militaires déployés -Le gouvernement a déployé des centaines de militaires et habilité 2.000 centres d’accueil.Les autorités ont également suspendu les cours dans la région, fermé les ports à la navigation et déployé des agents de la Commission fédérale d’électricité (CFE). Les ouragans menacent de mai à octobre les côtes du Mexique, celles du Pacifique et celles du golfe.En octobre 2023, le front de mer d’Acapulco avait été détruit par Otis, qui s’était converti en quelques heures en ouragan de force maximale. En septembre 2024, cette cité avait été de nouveau frappée par un ouragan, John, de force 3.Le Mexique se réchauffe encore plus vite que la moyenne mondiale, a déclaré à l’AFP Francisco Estrada Porrua, le directeur du Programme de recherche en changement climatique (PINCC) de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).Conséquence : “la probabilité de la survenue d’événements extrêmes de précipitations et de températures dans certaines régions du pays a été multipliée par trois et cinq, respectivement” ces dernières décennies, relève M. Estrada.

Birmanie: Aung San Suu Kyi célèbre ses 80 ans coupée du monde

Captive de la junte depuis le coup d’Etat de 2021, l’icône déchue de la démocratie birmane, Aung San Suu Kyi, célèbre ses 80 ans jeudi, dans un pays en guerre qu’elle pourrait ne plus jamais revoir libre.La prix Nobel de la paix 1991 purge une peine de 27 ans de prison, pour des accusations montées de toutes pièces par l’armée, sa bête noire de longue date, selon les groupes de défense des droits humains.L’opposition ne prévoit aucune célébration publique en Birmanie, où les activistes, ciblés par une répression féroce, ont pris le maquis pour combattre les généraux par les armes, à rebours du discours de non-violence prôné par la “Dame de Rangoun”.”Ca sera difficile de célébrer pour le moment”, a déclaré à l’AFP Kim Aris, 47 ans, l’un des deux fils d’Aung San Suu Kyi, qui réside au Royaume-Uni.”Nous avons appris à endurer ce qui se passe depuis si longtemps”, a-t-il poursuivi.Kim Aris termine jeudi, dans un parc de Londres, une opération qui l’a vu courir 80 kilomètres en 8 jours, pour récolter 80.000 messages vidéo de soutien – que sa mère, détenue dans la capitale birmane Naypyidaw, ne verra sûrement jamais.Un groupe de partisans a organisé le même jour une manifestation spontanée à l’approche de son anniversaire dans la ville de Mandalay, sous contrôle militaire, selon les médias locaux, mais aucune célébration officielle n’est prévues dans les régions contrôlées par la junte.Quelques manifestants masqués ont inondé une rue de tracts portant les messages “liberté de vivre sans peur” et “joyeux anniversaire”, tandis qu’un membre brandissait un portrait d’Aung San Suu Kyi, selon des images tremblantes partagées sur les réseaux sociaux. “Vous souvenez-vous encore de cette grande personne?” a demandé l’un des manifestants dans la vidéo, que l’AFP n’a pas pu vérifier de manière indépendante.D’autres petites manifestations ont également été signalées, notamment dans une zone contestée par les rebelles de la région nord de Sagaing, où des femmes ont marché, des roses à la main, en hommage à l’ancienne dirigeante, qui portait des fleurs dans les cheveux.- Conditions sommaires -Depuis le putsch, Kim Aris n’a reçu qu’une seule lettre d’Aung San Suu Kyi, il y a deux ans. “Nous n’avons aucune idée de l’état dans lequel elle se trouve”, a-t-il concédé.La junte livre au compte-goutte les informations sur sa santé.Le porte-parole de la junte birmane, Zaw Min Tun, a déclaré à l’AFP jeudi en fin de journée que Suu Kyi “est en bonne santé”, sans fournir d’autres détails. Il avait fait valoir en mars qu’elle bénéficiait d’examens médicaux réguliers.L’économiste australien Sean Turnell, proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, est l’une des rares personnes à avoir interagi avec elle en détention. Cet expert, arrêté au moment du coup d’Etat, puis gracié en novembre 2022, a décrit les conditions sommaires du centre de détention, sans système de climatisation, dans des cellules infectées par des insectes et des rongeurs.Kim Aris s’inquiète que sa mère souffre de problèmes cardiaques, aux os et aux gencives, qui ne sont pas traités.Dans un communiqué, le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) a déclaré jeudi qu’elle “doit être reconnue comme une figure essentielle dans toute solution crédible et inclusive à la crise actuelle du Myanmar”.Fille du héros de l’indépendance Aung San, assassiné en 1947 alors qu’elle n’avait que deux ans, elle surprend tout le monde en 1988 en décidant de s’impliquer dans le destin de son pays, alors en révolte contre la junte du général Ne Win.Autorisée à former la LND, elle est rapidement placée en résidence surveillée.Mais si l’octogénaire était libérée lors de son incarcération actuelle, son fils prédit qu’elle n’occuperait plus probablement de “position de premier plan” dans la politique du pays.- Drame des Rohingyas -Mme Suu Kyi avait été libérée en 2010, et était entrée au Parlement en 2012 après l’autodissolution de la junte un an plus tôt, qui a ouvert une décennie d’expérimentation démocratique inédite. En 2015, sa formation triomphe aux élections, mais les règles établies par les militaires l’empêchent d’occuper formellement le siège de présidente.Cependant, l’image de l’icône a commencé à se détériorer à l’étranger, après le drame des musulmans rohingyas, qualifié de “génocide” par les Etats-Unis.Des centaines de milliers de membres de cette minorité ont fui la Birmanie depuis l’été 2017 face aux exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes.La passivité et le manque de compassion d’Aung San Suu Kyi sont alors pointés du doigt et l’ancienne dissidente est largement désavouée par la communauté internationale. Aung San Suu Kyi est allée jusqu’à se défendre des accusations de génocide devant la Cour internationale de justice, en 2019, chose rare pour une dirigeante. Elle y avait fustigé des allégations “trompeuses et incomplètes”. Le 1er février 2021, l’armée a délogé Aung San Suu Kyi du pouvoir, en prétextant des fraudes électorales massives, sans preuves, lors des législatives de novembre 2020 largement remportées par la LND. Les militaires ont assuré qu’ils voulaient un nouveau scrutin, mais plus de quatre ans plus tard, leur promesse ne s’est pas concrétisée.

Dans l’hôpital israélien touché par un missile, patients et soignants sous le choc

Les rideaux séparant les lits des malades flottent à travers les fenêtres soufflées par l’explosion, le toit est noirci par les flammes: le bâtiment de l’hôpital Soroka touché par un missile iranien était vide jeudi matin, mais les dégâts sont énormes dans le plus gros hôpital du sud d’Israël.”C’est un miracle, le bâtiment venait juste d’être évacué”, souligne Kevin Azoulay, qui travaille dans les services de maintenance, juste à côté du bâtiment touché.”Ce bâtiment, parce qu’il était plus ancien, a été évacué il y a quelques jours et le département qui a été directement touché (par le missile) était vide”, a expliqué aux journalistes le directeur de l’hôpital, Shlomi Codish.Depuis le début de la guerre, le 13 juin, entre l’Iran et Israël, tous les services qui étaient situés dans des bâtiments considérés comme non suffisamment protégés avaient été déplacés, ajoute-t-il. Il s’agit des mesures de protection habituelles en cas de menaces de tirs de missiles, l’hôpital n’avait pas reçu de renseignements spécifiques sur la possibilité d’une frappe, selon lui.Le souffle de l’explosion, peu après 7h du matin, a aussi provoqué d’importants dégâts dans les bâtiments adjacents. Les bris de fenêtres et la chute des plafonds ont blessé une quarantaine de personnes, affirme M. Codish.Il a fait évacuer des dizaines de patients sur d’autres hôpitaux du pays en raison de la mise hors service de plusieurs départements de l’hôpital.L’établissement est maintenant fermé “sauf pour les cas d’extrême urgence”, indique-t-il.- “Onde de choc” -A l’intérieur du bâtiment de chirurgie qui jouxte celui touché par l’impact direct, les couloirs de l’entrée sont jonchés de bris de verre des fenêtres, les panneaux du plafond gisent sur un sol trempé après des fuites dans les canalisations.Un pompier, qui préfère conserver l’anonymat, explique qu’un incendie a ravagé le cinquième étage du bâtiment.Pour Yael Tib, membre du Commandement du front intérieur (Défense passive) qui a participé à l’évacuation des patients, l’urgence est désormais de vérifier que les structures des bâtiments sont en bon état.”Notre priorité est d’éliminer tout risque d’effondrement”, dit-elle. “Un missile balistique génère une onde de choc très puissante. C’est un type d’incident très différent de ce que nous connaissons” d’habitude. Au troisième étage, dans le département d’ophtalmologie, des cloisons éventrées se sont écroulées sur les équipements, toutes les fenêtres ont été soufflées et les chambres sont remplies d’éclats de verre.”Ce service est quasiment détruit”, dit Boris Knaizer, chef du département, en montrant les gravats qui encombrent son bureau.”Ce département est le plus important de l’hôpital en termes de nombre d’opérations chirurgicales et de nombre de patients examinés – nous voyons près de cinquante mille patients par an”, souligne-t-il.”Et maintenant, comment allons-nous les accueillir ? Nous n’en avons aucune idée, nous n’avons pas d’espace, nous n’avons pas de chambres, tout a été détruit”, ajoute-t-il.- “Chaos organisé” -L’hôpital Soroka compte plus de 1.000 lits et soigne une grande partie de la population du sud d’Israël, évaluée à environ un million de personnes.Secouristes, soldats, pompiers et policiers rentrent et sortent du bâtiment dédié à la chirurgie. Une femme âgée est évacuée sur un brancard, un masque à oxygène sur le visage.”C’est un chaos organisé”, assure Dan Schwarzfuchs, chef des urgences et directeur adjoint de l’hôpital, en pleine évacuation des patients: “Chaque patient a une personne assignée qui le tient au courant de ce qui va se passer”.Selon le directeur, les plus vulnérables n’ont toutefois pas pu être évacués: “Personnes âgées, patients atteints de cancer, personnes ayant besoin de soins urgents”.Et d’ajouter: “C’est un énorme choc qu’un centre médical ait été pris pour cible”.

Dans l’hôpital israélien touché par un missile, patients et soignants sous le choc

Les rideaux séparant les lits des malades flottent à travers les fenêtres soufflées par l’explosion, le toit est noirci par les flammes: le bâtiment de l’hôpital Soroka touché par un missile iranien était vide jeudi matin, mais les dégâts sont énormes dans le plus gros hôpital du sud d’Israël.”C’est un miracle, le bâtiment venait juste …

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Le côté obscur de vendanges en Champagne au coeur d’un procès pour traite d’êtres humains

Sous-traitance et responsabilités en question: à un procès pour traite d’êtres humains lors des vendanges en Champagne en 2023, la justice tente jeudi de démêler le rôle joué par différents acteurs de la filière dans l’exploitation de 57 vendangeurs, majoritairement sans-papiers.Le procès se tient toute la journée à Châlons-en-Champagne, en présence de plusieurs dizaines de victimes, qui se sont retrouvées auparavant à un rassemblement organisé par la CGT devant le tribunal correctionnel.”Assemblage 20% de raisins 80% de misère” pouvait-on lire sur l’étiquette d’une bouteille de champagne en photo sur une grande bâche posée sur une camionnette CGT. “Prestataires = fossoyeurs de la Champagne” annonçait une autre banderole.Parmi les prévenus figure la gérante d’Anavim, société de prestations viticoles. Cette femme de 44 ans originaire du Kirghizistan est également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes et avec une rétribution inexistante ou insuffisante.S’exprimant avec l’aide d’une traductrice, elle a nié farouchement être à l’origine du problème d’hébergement des vendangeurs, renvoyant la balle aux deux autres prévenus, deux hommes de 33 ans soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs en Ile-de-France.La société Anavim et une coopérative vinicole de la Marne sont également poursuivies comme personnes morales.”Je dirais que c’est la faute de tout le monde (…), et puis c’est aussi un contexte global dans lequel se sont déroulées ces vendanges”, a estimé Me Bruno Questel, l’avocat d’Anavim. “Tout ça était connu, il faut que tout le monde progresse et tire dans le même sens”, a-t-il ajouté.En septembre 2023, à la suite d’un signalement de riverains, l’inspection du travail avait procédé à un contrôle de l’hébergement des travailleurs et constaté des conditions de vie portant “gravement atteinte à la sécurité, à la santé et à la dignité des occupants”, selon le parquet. Cet hébergement collectif, une maison en travaux et un hangar à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims, avait ensuite été fermé par la préfecture, qui y avait constaté “des literies de fortune”, “l’état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs” et des installations électriques dangereuses.- “Pas de respect” -“Ils nous mettent dans un bâtiment abandonné, pas de nourriture, pas d’eau, rien du tout. Et puis on nous amène (…) pour faire des vendanges de 5H00 du matin jusqu’à 6H00 du soir, ça ne se fait pas”, a déclaré à l’AFP Modibo Sidibe, une victime d’une trentaine d’années venue assister au procès en espérant que “justice soit faite”.”La nourriture, c’est pas bon, le logement, c’est pas bon. On travaille dur, pas de respect, franchement c’était déplorable”, a ajouté Ousseny Diaite, un autre plaignant, d’origine sénégalaise.  Les prévenus “ont un mépris total pour le respect de la dignité humaine”, a dénoncé en amont du procès Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, dont la majorité sont des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal.”L’exploitant viticole ne peut pas faire semblant qu’il ne savait pas” selon Me Cessieux, appelant les maisons de champagne à être “intransigeantes” sur les conditions dans lesquelles est ramassé leur raisin.”C’est le propre de la sous-traitance, où on pense qu’on confie un travail à quelqu’un et après, on se déresponsabilise mais en fait non, on est venu corriger ça avec l’obligation de vigilance”, insiste Mehdi Bouzaida, avocat du Comité contre l’esclavage moderne, partie civile, estimant que les prestataires ont “fermé les yeux sur des choses qui étaient devant leur nez”.- Image du Champagne en jeu -Donneurs d’ordre et prestataires “doivent être condamnés conjointement”, pour José Blanco, de la CGT Champagne, également partie civile.Le syndicaliste réclame que “les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers soient inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne” et que la récolte d’un vigneron soit déclassée s’il emploie un prestataire impliqué dans un cas de traite d’êtres humains.Pour la première fois dans un procès sur le sujet des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, est lui aussi partie civile.Lors des vendanges de 2023 dans la région, alors que le mois de septembre était particulièrement chaud, quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont décédées. zl-cor-str-bj/etb/cbn

Corruption à Interpol: un ex-ministre de la Justice moldave interpellé aux Emirats arabes unis

Les investigations en France sur des soupçons d’effacement de notices rouges d’Interpol pour des suspects en fuite ont connu une accélération avec l’interpellation aux Emirats arabes unis d’un ancien ministre de la Justice moldave et ex-président de la commission de contrôle des fichiers d’Interpol.Vitalie Pirlog a été “arrêté dimanche”, a confirmé le ministère émirati de …

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Corruption à Interpol: un ex-ministre de la Justice moldave interpellé aux Emirats arabes unis

Les investigations en France sur des soupçons d’effacement de notices rouges d’Interpol pour des suspects en fuite ont connu une accélération avec l’interpellation aux Emirats arabes unis d’un ancien ministre de la Justice moldave et ex-président de la commission de contrôle des fichiers d’Interpol.Vitalie Pirlog a été “arrêté dimanche”, a confirmé le ministère émirati de l’Intérieur dans un communiqué publié jeudi sur son compte Facebook. Une arrestation confirmée par une source judiciaire en France.L’ex-ministre, âgé de 50 ans, a été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré à son encontre par la France dans le cadre d’une enquête sur des faits de corruption au sein d’Interpol dont le siège se trouve à Lyon (centre-est).Ce mandat d’arrêt avait été émis fin janvier 2025, a précisé la source judiciaire.Elu président de la commission de contrôle des fichiers à Interpol en 2017, Vitalie Pirlog est soupçonné d’avoir aidé des suspects à obtenir le statut de demandeurs d’asile en Moldavie afin de bénéficier de la suspension de leur notice rouge, selon une source proche du dossier.”Toutes mes félicitations aux forces de l’ordre (émiraties) qui ont interpellé un ressortissant moldave recherché par la France, dans le cadre d’une importante affaire de corruption internationale”, a écrit le ministre français de la Justice Gérald Darmanin sur le réseau social X.”Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une collaboration soutenue et stratégique avec les organismes internationaux chargés de l’application de la loi, ainsi que les organisations régionales et mondiales, réaffirmant l’engagement indéfectible des Emirats arabes unis en faveur de la sécurité et de la stabilité de la communauté internationale”, a poursuivi le ministère émirati de l’Intérieur dans son communiqué.- “Pots-de-vin” -Le parquet national financier (PNF) français avait ouvert une enquête le 25 août 2023 “sur la base d’informations fournies par Interpol”, avait indiqué le procureur national financier Jean-François Bohnert.Interpol avait précisé de son côté qu’à la suite de “la détection d’une tentative de détournement” de son fonctionnement “dans un petit nombre de cas” afin de “bloquer et effacer les notices rouges”, des responsables d’Interpol avaient “pris des mesures internes immédiates” et “dénoncé les faits aux autorités” en France.Une information judiciaire a ensuite été ouverte début 2025 pour notamment corruption d’agent public étranger en bande organisée et trafic d’influence d’agent public étranger, avait précisé à l’AFP une source judiciaire.Les premiers éléments des investigations conduites par l’Office central anticorruption français (OCLCIFF) ont révélé qu’un “groupe de personnes de différentes nationalités (était) suspecté d’avoir mis en oeuvre un schéma de corruption pour permettre à des fugitifs de bloquer et d’effacer les notices rouges qui les visent, en versant des pots-de-vin à des agents publics, notamment en Moldavie”, avait relaté M. Bohnert.Les montants de ces pots-de-vin pourraient atteindre “plusieurs millions de dollars”, selon le procureur financier.Une source proche du dossier avait précisé à l’AFP que ces fugitifs appartenaient pour partie à la criminalité organisée. Une deuxième source proche du dossier avait souligné que ces suspects ayant pu bénéficier de ce système étaient de toutes nationalités et disposaient d’importants moyens financiers.Selon le secrétaire général d’Interpol, Jürgen Stock, les soupçons portent sur “un petit nombre de notices rouges” sur les 70.000 diffusées par l’organisation.Interpol avait aussi évoqué une enquête cybercriminelle parallèle menée par les autorités britanniques, “qui a révélé que des personnes soupçonnées d’être corrompues en Moldavie auraient pu transmettre des informations sur des notices rouges à des personnes recherchées”.Au matin du 4 juin 2024, un vaste coup de filet avait visé des fonctionnaires moldaves soupçonnés d’avoir participé à ce système frauduleux. Selon la deuxième source proche, ils travaillaient essentiellement pour le bureau central national Interpol de Moldavie et le service qui gère les demandes d’asile.Parallèlement, des perquisitions avaient été menées dans une trentaine de lieux en Moldavie par le parquet moldave chargé de la lutte contre la corruption en présence de représentants du PNF, de l’OCLCIFF et du FBI, la police fédérale américaine, dans le cadre d’une équipe commune d’enquête.

Un hôpital israélien touché par des tirs iraniens, Israël menace Khamenei

Israël a prévenu jeudi que le guide suprême d’Iran Ali Khamenei ne pouvait “être autorisé à continuer d’exister”, après des tirs de missiles iraniens qui ont touché un hôpital et fait des blessés dans plusieurs villes israéliennes.Au septième jour de la guerre, l’armée israélienne a dit avoir frappé des dizaines de sites en Iran, dont un “réacteur nucléaire inachevé” à Arak et “un site de développement d’armes nucléaires à Natanz”, dans le centre du pays.Le président américain Donald Trump, allié d’Israël, n’a pas exclu une entrée en guerre des Etats-Unis pour briser le programme nucléaire de l’Iran, accusé malgré ses démentis de chercher à fabriquer l’arme atomique.A Beersheva, dans le sud d’Israël, une frappe a “entièrement détruit” plusieurs services du centre médical Soroka et l’ensemble de cet hôpital a subi “d’importants dégâts”, a déclaré son directeur, Shlomi Codish.  “Le bâtiment directement touché était vide. D’autres services du centre, qui accueillaient des patients, ont été touchés. Nous comptons 40 blessés, la grande majorité légèrement”, a-t-il ajouté.Le porte-parole de l’hôpital a précisé que le bâtiment détruit avait été “évacué ces derniers jours”.Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à “respecter” et “protéger” les hôpitaux.”Le lâche dictateur iranien tire délibérément sur des hôpitaux et des immeubles résidentiels en Israël. Ce sont là des crimes de guerre parmi les plus graves et Khamenei devra répondre de ses crimes”, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.Ali Khamenei “considère la destruction d’Israël comme un objectif”, a-t-il affirmé. “Un tel homme ne peut être autorisé à continuer d’exister.”Des images de l’AFP ont montré une colonne de fumée noire s’échappant de l’enceinte de Soroka, plus grand hôpital du sud d’Israël, et à ce titre centre de santé de référence pour les communautés bédouines du Néguev et habitué à recevoir des soldats israéliens blessés dans la guerre à Gaza.- “Ebranler le régime” -Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont affirmé que “le centre de commandement et de renseignement du régime, situé près d’un hôpital, a été pris pour cible par des missiles guidés de haute précision”. “Nous ferons payer un prix lourd aux tyrans”, a averti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après avoir affirmé lundi que tuer l’ayatollah Khamenei mettrait “fin au conflit”.En visite à l’hôpital Soroka, il a rappelé les buts affichés de la guerre: “Notre objectif est double: le nucléaire et les missiles balistiques. Nous allons les faire disparaître. Nous sommes en train de finir d’éliminer cette menace”, a-t-il dit.M. Katz a indiqué avoir, avec le Premier ministre, ordonné une intensification des frappes en Iran pour “éliminer les menaces pesant sur l’Etat d’Israël” et “ébranler le régime des ayatollahs”.Après une attaque de dizaines de missiles iraniens, l’alerte a été activée jeudi matin dans plusieurs régions d’Israël, dont Tel-Aviv. Les secours ont fait état de 47 blessés.”La vérité, c’est que Dieu est avec nous et que le gouvernement doit continuer à faire ce qu’il fait (…) Personne ne doit s’arrêter, car tout ira bien”, a déclaré Renana, une habitante d’un immeuble touché à Ramat Gan, une banlieue de Tel-Aviv.En Iran, de nombreuses frappes ont visé Téhéran depuis le début de la guerre. “Nous avons eu la guerre avant, mais celle-ci est terrible parce qu’elle est imprévisible et très brutale”, a raconté à l’AFP une Iranienne de 50 ans originaire d’Australie, arrivée à la frontière turque.”Les gens paniquent vraiment. Hier, l’internet s’est arrêté et deux grandes banques ont été piratées, si bien que les gens n’ont pas pu accéder à leur argent. Et il n’y a même pas assez de nourriture”, a-t-elle affirmé.Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts en Iran, selon un bilan officiel. En Israël, les tirs de missiles et de drones iraniens ont fait 24 morts, selon le gouvernement.L’Iran “continuera à exercer son droit à l’autodéfense”, a réaffirmé jeudi le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui a annoncé sa participation à une réunion vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique.- Pas de décision “finale” de Trump  -Mercredi, Ali Khamenei a proclamé que son pays ne se rendrait “jamais”, après un appel de M. Trump à la reddition, et averti les Etats-Unis qu’une intervention dans la guerre conduirait à des “dommages irréparables”.Donald Trump a ensuite assuré n’avoir pas encore pris de décision “finale” sur d’éventuelles frappes américaines.La Russie a mis en garde Washington contre toute “intervention militaire” qui aurait des “conséquences négatives imprévisibles”.Les Etats-Unis, qui ont déployé un troisième porte-avions, le Nimitz, vers le Moyen-Orient, sont les seuls à détenir la bombe GBU-57, unique arme susceptible d’atteindre le coeur profondément enfoui du programme nucléaire iranien, dans l’usine d’enrichissement de Fordo, au sud de Téhéran.Affirmant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, Israël a frappé depuis le 13 juin des centaines de sites militaires et nucléaires dans ce pays et tué les plus hauts gradés ainsi que des scientifiques nucléaires.Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a affirmé mercredi que l’AIEA “n’est pas en capacité de dire qu’il existe (de la part de l’Iran) un effort direct vers la fabrication d’une arme nucléaire”.Israël maintient l’ambiguïté sur sa propre possession de l’arme atomique mais détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

Un hôpital israélien touché par des tirs iraniens, Israël menace Khamenei

Israël a prévenu jeudi que le guide suprême d’Iran Ali Khamenei ne pouvait “être autorisé à continuer d’exister”, après des tirs de missiles iraniens qui ont touché un hôpital et fait des blessés dans plusieurs villes israéliennes.Au septième jour de la guerre, l’armée israélienne a dit avoir frappé des dizaines de sites en Iran, dont un “réacteur nucléaire inachevé” à Arak et “un site de développement d’armes nucléaires à Natanz”, dans le centre du pays.Le président américain Donald Trump, allié d’Israël, n’a pas exclu une entrée en guerre des Etats-Unis pour briser le programme nucléaire de l’Iran, accusé malgré ses démentis de chercher à fabriquer l’arme atomique.A Beersheva, dans le sud d’Israël, une frappe a “entièrement détruit” plusieurs services du centre médical Soroka et l’ensemble de cet hôpital a subi “d’importants dégâts”, a déclaré son directeur, Shlomi Codish.  “Le bâtiment directement touché était vide. D’autres services du centre, qui accueillaient des patients, ont été touchés. Nous comptons 40 blessés, la grande majorité légèrement”, a-t-il ajouté.Le porte-parole de l’hôpital a précisé que le bâtiment détruit avait été “évacué ces derniers jours”.Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à “respecter” et “protéger” les hôpitaux.”Le lâche dictateur iranien tire délibérément sur des hôpitaux et des immeubles résidentiels en Israël. Ce sont là des crimes de guerre parmi les plus graves et Khamenei devra répondre de ses crimes”, a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.Ali Khamenei “considère la destruction d’Israël comme un objectif”, a-t-il affirmé. “Un tel homme ne peut être autorisé à continuer d’exister.”Des images de l’AFP ont montré une colonne de fumée noire s’échappant de l’enceinte de Soroka, plus grand hôpital du sud d’Israël, et à ce titre centre de santé de référence pour les communautés bédouines du Néguev et habitué à recevoir des soldats israéliens blessés dans la guerre à Gaza.- “Ebranler le régime” -Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont affirmé que “le centre de commandement et de renseignement du régime, situé près d’un hôpital, a été pris pour cible par des missiles guidés de haute précision”. “Nous ferons payer un prix lourd aux tyrans”, a averti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après avoir affirmé lundi que tuer l’ayatollah Khamenei mettrait “fin au conflit”.En visite à l’hôpital Soroka, il a rappelé les buts affichés de la guerre: “Notre objectif est double: le nucléaire et les missiles balistiques. Nous allons les faire disparaître. Nous sommes en train de finir d’éliminer cette menace”, a-t-il dit.M. Katz a indiqué avoir, avec le Premier ministre, ordonné une intensification des frappes en Iran pour “éliminer les menaces pesant sur l’Etat d’Israël” et “ébranler le régime des ayatollahs”.Après une attaque de dizaines de missiles iraniens, l’alerte a été activée jeudi matin dans plusieurs régions d’Israël, dont Tel-Aviv. Les secours ont fait état de 47 blessés.”La vérité, c’est que Dieu est avec nous et que le gouvernement doit continuer à faire ce qu’il fait (…) Personne ne doit s’arrêter, car tout ira bien”, a déclaré Renana, une habitante d’un immeuble touché à Ramat Gan, une banlieue de Tel-Aviv.En Iran, de nombreuses frappes ont visé Téhéran depuis le début de la guerre. “Nous avons eu la guerre avant, mais celle-ci est terrible parce qu’elle est imprévisible et très brutale”, a raconté à l’AFP une Iranienne de 50 ans originaire d’Australie, arrivée à la frontière turque.”Les gens paniquent vraiment. Hier, l’internet s’est arrêté et deux grandes banques ont été piratées, si bien que les gens n’ont pas pu accéder à leur argent. Et il n’y a même pas assez de nourriture”, a-t-elle affirmé.Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts en Iran, selon un bilan officiel. En Israël, les tirs de missiles et de drones iraniens ont fait 24 morts, selon le gouvernement.L’Iran “continuera à exercer son droit à l’autodéfense”, a réaffirmé jeudi le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, qui a annoncé sa participation à une réunion vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique.- Pas de décision “finale” de Trump  -Mercredi, Ali Khamenei a proclamé que son pays ne se rendrait “jamais”, après un appel de M. Trump à la reddition, et averti les Etats-Unis qu’une intervention dans la guerre conduirait à des “dommages irréparables”.Donald Trump a ensuite assuré n’avoir pas encore pris de décision “finale” sur d’éventuelles frappes américaines.La Russie a mis en garde Washington contre toute “intervention militaire” qui aurait des “conséquences négatives imprévisibles”.Les Etats-Unis, qui ont déployé un troisième porte-avions, le Nimitz, vers le Moyen-Orient, sont les seuls à détenir la bombe GBU-57, unique arme susceptible d’atteindre le coeur profondément enfoui du programme nucléaire iranien, dans l’usine d’enrichissement de Fordo, au sud de Téhéran.Affirmant disposer de renseignements prouvant que l’Iran s’approchait du “point de non-retour” vers la bombe atomique, Israël a frappé depuis le 13 juin des centaines de sites militaires et nucléaires dans ce pays et tué les plus hauts gradés ainsi que des scientifiques nucléaires.Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a affirmé mercredi que l’AIEA “n’est pas en capacité de dire qu’il existe (de la part de l’Iran) un effort direct vers la fabrication d’une arme nucléaire”.Israël maintient l’ambiguïté sur sa propre possession de l’arme atomique mais détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).