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Alassane Ouattara, l’économiste devenu incontournable président en Côte d’Ivoire

Économiste, opposant puis président: Alassane Ouattara, désigné samedi par son parti pour briguer un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, est devenu le maître du jeu politique dans son pays qu’il gouverne depuis 2011, au risque d’être accusé de confisquer le pouvoir par ses détracteurs.S’il accepte cette investiture, il fera figure de grand favori pour le scrutin présidentiel prévu le 25 octobre, en l’absence des principaux leaders d’opposition, exclus de l’élection par des décisions de justice.Ses partisans le martelaient depuis des mois: il est leur candidat “naturel” et à bientôt 84 ans – il les aura le 1er janvier -, il reste le leader incontesté de la majorité. L’opposition, elle, l’accuse de “dérives autoritaires” et de choisir ses adversaires.Alassane Dramane Ouattara (ADO) a longtemps tourné autour du pouvoir. Après une longue carrière au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), il est appelé pour être Premier ministre en 1990 par le “père” de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny (1960-1993). Né à Dimbokro en 1942, dans le centre de la Côte d’Ivoire, ce musulman malinké (ethnie du nord) marié à une Française chrétienne a accompli la majeure partie de sa scolarité au Burkina Faso voisin et a longtemps été désigné comme un Burkinabè. A la mort d’Houphouët-Boigny, en 1993, sa nationalité ivoirienne est remise en doute par les tenants de l’idéologie xénophobe de “l’ivoirité”.En 2000, sa candidature à la présidentielle est rejetée pour “nationalité douteuse”, puis la Côte d’Ivoire bascule deux ans plus tard dans une profonde crise politique qui coupe le pays en deux pendant quasiment une décennie.Les partisans de M. Ouattara soutiennent une rébellion et contrôlent le Nord face au pouvoir du président Laurent Gbagbo (2000-2011) qui tient le Sud.La crise atteint son paroxysme lors de la présidentielle de 2010: cette fois M. Ouattara peut participer et l’emporte. La victoire est contestée par M. Gbagbo et la Côte d’Ivoire s’enfonce dans des mois de violences, qui feront plus de 3.000 morts et qui aboutiront à l’arrestation du président sortant.- Infrastructures et inégalités -Devenu président, ce libéral francophile, adoubé par la communauté internationale, parvient à séduire les investisseurs qui reviennent rapidement en Côte d’Ivoire, où beaucoup est à reconstruire. 14 ans plus tard, il vante son bilan macroéconomique et un pays transformé: premier producteur mondial de cacao, une croissance dépassant quasiment chaque année les 7%, des routes, des ponts, l’électrification rurale, des stades…Mais les inégalités restent importantes, tout comme la corruption, et ses détracteurs lui reprochent un endettement incontrôlé (autour de 60% du PIB), ainsi que de profondes lacunes dans l’éducation et la santé publique.Sur la scène internationale, l’organisation – et la victoire – de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en janvier 2024 est un succès.Pendant son troisième mandat, Alassane Ouattara a aussi vu la situation sécuritaire au Sahel se dégrader.La Côte d’Ivoire doit désormais composer avec des voisins dirigés par des juntes militaires qui lui sont hostiles – en particulier le Burkina Faso – et dont les territoires sont infestés de jihadistes. Une menace qu’elle réussit pour l’heure à endiguer.”L’Afrique a très peu de dirigeants comme Ouattara. Il a l’expérience, la sérénité, la connaissance du monde, c’est un interlocuteur essentiel dans la région”, assure un proche du président.Sur le plan interne, le pays a retrouvé la stabilité mais reste gouverné d’une main de fer et les manifestations sont rarement autorisées.Sur le plan de la réconciliation, peu de partisans du camp Ouattara ont été jugés pour les crimes de la crise de 2010-2011, mais après son acquittement définitif par la justice internationale, Laurent Gbagbo a pu rentrer en Côte d’Ivoire en 2021.Il a été gracié un mois plus tard, laissant penser que les plaies de la crise étaient en train de se refermer.Mais dans le jeu politique, le technocrate Ouattara est devenu celui qui dicte le tempo et il n’ira pas jusqu’à amnistier son vieux rival, le laissant ainsi hors course pour la présidentielle de 2025.”Si on ne laisse pas aux autres la capacité de se battre pour être au pouvoir, ce n’est plus la démocratie”, tance Laurent Gbagbo.Réélu en 2015 avec 83% et en 2020 avec plus de 94%, après une révision contestée de la Constitution, Alassane Ouattara se dirige vers un nouveau score fleuve en l’absence des principaux opposants. En 2020, il avait dit vouloir passer la main. Mais le décès de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly, l’avait poussé à rempiler pour une élection qui sera marquée par des violences faisant 85 morts. Depuis, Alassane Ouattara a souvent répété qu’il avait “une demi-douzaine de successeurs potentiels”. Ils pourraient attendre encore quelques années. 

Alassane Ouattara, l’économiste devenu incontournable président en Côte d’Ivoire

Économiste, opposant puis président: Alassane Ouattara, désigné samedi par son parti pour briguer un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire, est devenu le maître du jeu politique dans son pays qu’il gouverne depuis 2011, au risque d’être accusé de confisquer le pouvoir par ses détracteurs.S’il accepte cette investiture, il fera figure de …

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Pic de l’épisode de chaleur, impact possible sur le parc nucléaire dès lundi

Le pic de chaleur enregistré sur l’ouest de la France va se décaler vers l’est dimanche et pourrait peser dès le lendemain sur la production d’électricité du parc nucléaire, qui dépend des cours d’eau pour se refroidir, a prévenu EDF samedi.Météo-France avait décrété pour samedi la vigilance orange “canicule” dans 16 départements, principalement dans l’ouest de la France, mais aussi en Isère et dans le Rhône.Malgré un retour très progressif de la fraîcheur par la Normandie et la Bretagne samedi soir, avec la Manche, l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan rétrogradés en vigilance jaune à 22h00, les deux départements alpins sont maintenus en alerte orange dimanche, comme onze autres départements de l’ouest.”En raison des prévisions de températures élevées du Rhône (le fleuve, NDLR), des restrictions de production sont susceptibles d’affecter le parc de production nucléaire d’EDF à partir du lundi 23 juin, et plus particulièrement le site de Bugey”, dans l’Ain, a signalé EDF.Cette prévision sera encore affinée à “J-1”, a précisé le groupe.L’activité des centrales nucléaires, qui pompent l’eau des cours d’eau adjacents – ou de la mer le cas échéant – pour leur refroidissement, avant de la rejeter plus chaude, est encadrée par des seuils d’échauffement et de débit pour protéger la faune et la flore.Selon Météo-France, samedi après-midi a constitué le pic de l’épisode sur une grande moitié sud-ouest du pays (Ile-de-France incluse), mais ce pic n’est attendu que dimanche sur la moitié est, avec 34°C à 37°C.Dans ce contexte, le ministre de la Santé Yannick Neuder a insisté sur “les règles essentielles: ne pas s’exposer à la chaleur, particulièrement entre 11H00 du matin et 16H00 (…) se couvrir, mettre des chapeaux, des casquettes, de la crème”.Il a aussi appelé les Français à s’hydrater et à modérer leur consommation d’alcool, particulièrement dans le cadre de la Fête de la musique. La ministre chargée du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a de son côté souligné sur X l’importance d’adapter les conditions de travail à ces fortes chaleurs, rappelant aux employeurs leur obligation légale de garantir la sécurité des salariés.Selon Yannick Neuder, près de 3.700 décès liés à la canicule ont été recensés l’an dernier. – Piscines et îlots de fraîcheur -Plusieurs villes ont décidé de laisser ouverts des parcs et jardins toute la nuit jusqu’à la fin de cet épisode précoce de chaleur pour permettre aux habitants de se rafraîchir, à l’instar de Tours ou de Rennes.A Toulouse, la mairie a étendu les horaires d’ouverture de la piscine Nakache, un grand bassin ludique situé non loin du centre historique.A Montpellier, sur une place du centre-ville, des dizaines d’enfants ont profité samedi d’un alignement de fontaines, îlot de fraîcheur inauguré en juin 2024 par la municipalité avec 70 jets accessibles sur 200 mètres de long. “Nous vivons en appartement, sans climatisation, les enfants sont très vite énervés”, a témoigné Céline Cazalet, mère de deux enfants de 5 et 8 ans.Selon le maire Michaël Delafosse, ces aménagements permettent de réduire la température de 2 à 7°C.Dans la région de Bordeaux, beaucoup ont fui l’intérieur des terres pour se replier vers la côte, comme à Carcans (Gironde), à une cinquantaine de kilomètres et avec six ou sept degrés de moins samedi. “Dans la maison, c’est invivable. Ce matin, on est parti et il faisait 27 degrés après avoir passé la nuit porte ouverte”, a expliqué à l’AFP Sébastien Droz-Vincent, livreur résidant à Parempuyre, au nord de Bordeaux.- Incendies et ozone -La chaleur renforce les risques de feux de forêt et certaines préfectures ont pris des décrets pour limiter la circulation dans les zones boisées, comme dans la Sarthe ou en Loire-Atlantique, ou pour interdire les feux d’artifice.De nombreux départements ont aussi émis des alertes à la pollution à l’ozone samedi dans toute la France. Le préfet des Bouches-du-Rhône, où cette pollution est couplée à un épisode de particules fines, a déclenché la mise en place de la circulation différenciée dimanche à partir de 06h00 “sur la zone correspondant à l’emprise de géographique de la Zone à Faibles Émissions mobilité (ZFE-m) de la métropole Aix-Marseille-Provence.”Seuls les véhicules autorisés à vignette Crit’Air verte (électrique et hydrogène), violette (classe 1) ou jaune (classe 2) seront autorisés à y circuler. “Vingt-cinq” épisodes de chaleur “ont été observés en France entre 1947 et 2010” puis “25 déjà entre 2011 et 2025”, ce qui “montre bien l’accélération” de la fréquence sur fond de réchauffement climatique, a noté Lauriane Batté, climatologue de Météo-France.burs-ban/clr

A Londres et Berlin, des dizaines de milliers de manifestants en soutien à Gaza

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres et Berlin en soutien aux Palestiniens à Gaza, appelant le gouvernement britannique à “arrêter d’armer Israël” et exprimant leur crainte d’une escalade au Moyen-Orient en raison de la guerre entre l’Iran et Israël.”Ne touchez pas à Gaza !”, “Ne touchez pas à l’Iran !”, …

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A Londres et Berlin, des dizaines de milliers de manifestants en soutien à Gaza

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres et Berlin en soutien aux Palestiniens à Gaza, appelant le gouvernement britannique à “arrêter d’armer Israël” et exprimant leur crainte d’une escalade au Moyen-Orient en raison de la guerre entre l’Iran et Israël.”Ne touchez pas à Gaza !”, “Ne touchez pas à l’Iran !”, indiquent des pancartes brandies par les manifestants, dans la capitale britannique. Beaucoup scandent “Libérez la Palestine !” Le groupe Palestine Solidarity Campaign, organisateur de la manifestation, exhorte le gouvernement à “cesser d’armer le génocide”. Nicky Marcus, une éditrice de 60 ans, a déjà participé à plusieurs manifestations de soutien à Gaza pour “montrer aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls”. Elle s’inquiète que “l’attention de tout le monde” se concentre désormais sur la guerre entre l’Iran et Israël, au détriment des habitants de Gaza, territoire palestinien ravagé et affamé par plus de vingt mois de guerre. A Berlin, où plus de 10.000 protestataires ont fait le déplacement selon la police, Gundula, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, craint elle aussi “une manœuvre de diversion” du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. “C’est vraiment le moment où nous devons tous parler haut et fort. On ne peut pas rester assis sur son canapé et se taire”, dit-elle au milieu d’une foule scandant “L’Allemagne finance, Israël bombarde !”Marwan Radwan, jeune homme portant un keffieh palestinien sur la tête, dit être venu pour s’opposer au “génocide en cours” et au “sale boulot” du gouvernement allemand.- “Eviter une autre guerre” -Plus de 55.700 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive israélienne à Gaza, selon les données publiées jeudi par le ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Cette guerre a été déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.Harry Baker, un Londonien de 34 ans, déplore que “la situation s’aggrave encore à Gaza, sous les yeux du monde entier”. “Il est important d’éviter une autre guerre au Moyen-Orient”, dit-il, à propos de la guerre Iran-Israël, qui en est samedi à son 9ème jour. “Je n’aime pas le régime iranien, mais la situation est maintenant très dangereuse”.Affirmant que l’Iran était sur le point de se doter de la bombe atomique, Israël a lancé le 13 juin une attaque aérienne massive sans précédent contre son ennemi juré.Téhéran, qui riposte avec des tirs de missiles et de drones vers Israël, dément vouloir fabriquer l’arme atomique.”L’Iran n’a pas la bombe (nucléaire), Israël le sait”, affirme une étudiante iranienne de 31 ans, qui vit à Londres depuis sept ans. “Je sais que le régime iranien n’est pas bien mais cela reste mon pays et j’ai peur pour ma famille sur place”, confie cette manifestante, en préférant ne pas donner son nom. Par ailleurs, selon des médias britanniques, le gouvernement britannique va interdire le groupe propalestinien Palestine Action dont des militants se sont introduits vendredi sur une base de la Royal Air Force en Angleterre et ont aspergé deux avions militaires de peinture rouge. Le groupe serait classé “organisation terroriste” et il serait ainsi illégal d’en devenir membre. “Le gouvernement essaie désormais de proscrire des militants pacifistes qui tentent d’agir contre le génocide. (…). C’est absolument horrible”, a réagi Hannah Woodhouse, une manifestante de 61 ans.  Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’a ni infirmé ni confirmé cette information.

A Londres et Berlin, des dizaines de milliers de manifestants en soutien à Gaza

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres et Berlin en soutien aux Palestiniens à Gaza, appelant le gouvernement britannique à “arrêter d’armer Israël” et exprimant leur crainte d’une escalade au Moyen-Orient en raison de la guerre entre l’Iran et Israël.”Ne touchez pas à Gaza !”, “Ne touchez pas à l’Iran !”, indiquent des pancartes brandies par les manifestants, dans la capitale britannique. Beaucoup scandent “Libérez la Palestine !” Le groupe Palestine Solidarity Campaign, organisateur de la manifestation, exhorte le gouvernement à “cesser d’armer le génocide”. Nicky Marcus, une éditrice de 60 ans, a déjà participé à plusieurs manifestations de soutien à Gaza pour “montrer aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls”. Elle s’inquiète que “l’attention de tout le monde” se concentre désormais sur la guerre entre l’Iran et Israël, au détriment des habitants de Gaza, territoire palestinien ravagé et affamé par plus de vingt mois de guerre. A Berlin, où plus de 10.000 protestataires ont fait le déplacement selon la police, Gundula, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, craint elle aussi “une manœuvre de diversion” du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. “C’est vraiment le moment où nous devons tous parler haut et fort. On ne peut pas rester assis sur son canapé et se taire”, dit-elle au milieu d’une foule scandant “L’Allemagne finance, Israël bombarde !”Marwan Radwan, jeune homme portant un keffieh palestinien sur la tête, dit être venu pour s’opposer au “génocide en cours” et au “sale boulot” du gouvernement allemand.- “Eviter une autre guerre” -Plus de 55.700 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive israélienne à Gaza, selon les données publiées jeudi par le ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Cette guerre a été déclenchée par l’attaque meurtrière du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.Harry Baker, un Londonien de 34 ans, déplore que “la situation s’aggrave encore à Gaza, sous les yeux du monde entier”. “Il est important d’éviter une autre guerre au Moyen-Orient”, dit-il, à propos de la guerre Iran-Israël, qui en est samedi à son 9ème jour. “Je n’aime pas le régime iranien, mais la situation est maintenant très dangereuse”.Affirmant que l’Iran était sur le point de se doter de la bombe atomique, Israël a lancé le 13 juin une attaque aérienne massive sans précédent contre son ennemi juré.Téhéran, qui riposte avec des tirs de missiles et de drones vers Israël, dément vouloir fabriquer l’arme atomique.”L’Iran n’a pas la bombe (nucléaire), Israël le sait”, affirme une étudiante iranienne de 31 ans, qui vit à Londres depuis sept ans. “Je sais que le régime iranien n’est pas bien mais cela reste mon pays et j’ai peur pour ma famille sur place”, confie cette manifestante, en préférant ne pas donner son nom. Par ailleurs, selon des médias britanniques, le gouvernement britannique va interdire le groupe propalestinien Palestine Action dont des militants se sont introduits vendredi sur une base de la Royal Air Force en Angleterre et ont aspergé deux avions militaires de peinture rouge. Le groupe serait classé “organisation terroriste” et il serait ainsi illégal d’en devenir membre. “Le gouvernement essaie désormais de proscrire des militants pacifistes qui tentent d’agir contre le génocide. (…). C’est absolument horrible”, a réagi Hannah Woodhouse, une manifestante de 61 ans.  Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur n’a ni infirmé ni confirmé cette information.

Bélarus : l’opposant Sergueï Tikhanovski libéré de prison

Sergueï Tikhanovski, mari de la figure de l’opposition bélarusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa, a été libéré samedi de prison avec 13 autres personnes, victimes de la répression ayant suivi la présidentielle de 2020 au Bélarus, dirigé depuis plus de 30 ans par Alexandre Loukachenko.Il y a cinq ans, M. Tikhanovski avait été au coeur du grand mouvement de contestation contre la réélection de M. Loukachenko, des protestations que ce dernier avait écrasé dans la violence. Il s’agit donc de la libération d’un opposant de premier plan.”Sergueï Tikhanovski a été gracié. 13 autres personnes ont également été libérées”, a indiqué l’ONG bélarusse de défense des droits humains Viasna, elle-même persécutée par le pouvoir, dans un message sur Telegram.L’opposante Svetlana Tikhanovskaïa a, elle, publié une vidéo la montrant serrer longuement dans ses bras un homme au crâne rasé qui l’embrasse dans le cou.Elle a ensuite diffusé un message, sur X, en remerciant notamment le président américain Donald Trump et “nos alliés européens” pour “tous leurs efforts”.”C’est difficile de décrire la joie dans mon coeur”, a-t-elle écrit. “Nous n’en avons pas terminé. 1.150 prisonniers politiques restent derrière les barreaux. Ils doivent être tous libérés”, a-t-elle ajouté.”Il est près de moi, avec les enfants. Notre famille rêvait de cela depuis cinq ans et nous travaillions tous pour cela, dès le moment de son arrestation”, a-t-elle ajouté sur Telegram.La libération de l’opposant a été qualifiée de “nouvelle fantastique” et de “symbole d’espoir” pour tous les prisonniers politiques au Bélarus, par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a réitéré son appel à “leur libération immédiate”, sur X.- Couple d’opposant -L’opposant Tikhanovski, 46 ans, avait été arrêté en mai 2020 peu avant l’élection présidentielle d’août marquée par des manifestations d’opposition historiques, suivies d’une grande vague de répression ordonnée par le président Alexandre Loukachenko.Blogueur, il animait une populaire chaîne YouTube et voulait défier M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, lors de cette présidentielle.Après son incarcération, son épouse Svetlana Tikhanovskaïa, qui n’avait alors pas d’expérience politique, avait repris son flambeau et avait mobilisé les foules lors de sa campagne électorale.Mais M. Loukachenko avait remporté le scrutin, avec officiellement 80% des voix. Des dizaines de milliers de personnes ont ensuite manifesté, pendant des semaines, contre sa réélection, dénonçant des fraudes massives.Les autorités ont maté le mouvement avec des milliers d’arrestations, des tortures en détention et des centaines de lourdes peines de prison.Pour sa part, Mme Tikhanovskaïa avait été contrainte à l’exil, sous pression des autorités. Depuis, elle dirige depuis l’étranger l’opposition ayant fui les répressions.Selon l’ONG Viasna, parmi les 14 prisonniers politiques libérés samedi figurent notamment un journaliste du média Radio Free Europe, une professeure d’université, une citoyenne suédo-bélarusse, un homme d’affaires et un militant anarchiste. – Rôle “crucial” de Washington -En 2021, M. Tikhanovksi avait, lui, été condamné en à 18 ans de prison pour “organisation d’émeutes” et “incitation à la haine”, puis à 18 mois supplémentaires pour “insubordination”. Il était détenu dans des conditions très strictes, avec très peu de contacts avec le monde extérieur.En mars 2024, son épouse avait dit n’avoir aucune de ses nouvelles depuis plus d’un an.L’ONG Viasna a publié des images après sa libération le montrant le visage très émacié comparé à la période précédant son emprisonnement.Sur X, le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, frontalière du Bélarus et vivent de nombreux opposants bélarusses en exil, dont Mme Tikhanovskaïa, a indiqué que les 14 personnes libérées se trouvaient sur le territoire lituanien.”Le rôle des Etats-Unis dans cette libération a été crucial”, a ajouté le ministre lituanien, Kęstutis Budrys.Son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, où vivent également des dizaines de milliers de Bélarusses ayant fui les répressions, a lui remercié l’envoyé américain Keith Kellogg.Depuis son retour au pouvoir, l’administration du président américain Donald Trump s’est rapprochée de la Russie, le principal allié du Bélarus, dont le territoire avait servi de base aux troupes russes pour attaquer l’Ukraine en 2022 et qui est sous le coup de nombreuses sanctions occidentales.Ce réchauffement des relations américano-russes s’est notamment illustré ces derniers mois par la libération ou l’échange de citoyens américains détenus en Russie.

Israël affirme avoir tué trois commandants iraniens au 9e jour de guerre

Israël a affirmé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution et visé un site nucléaire à Ispahan lors de frappes samedi en Iran, au neuvième jour de la guerre entre les deux ennemis.Le président américain Donald Trump a lui averti vendredi l’Iran qu’il disposait d’un délai “maximum” de deux semaines pour éviter d’éventuelles frappes américaines.Israël a prévenu que sa “campagne” militaire contre l’Iran serait “longue”. Selon son chef de la diplomatie, Gideon Saar, elle a “retardé d’au moins deux ou trois ans la possibilité” pour Téhéran “d’avoir la bombe atomique”.Affirmant que son ennemi juré était sur le point de se doter de l’arme atomique, Israël a lancé contre lui le 13 juin une attaque sans précédent, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires, et tuant les plus hauts gradés du pays et des scientifiques du nucléaire.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé qu’un atelier de production de centrifugeuses, machines utilisées pour enrichir l’uranium, avait été “touché” sur le site nucléaire d’Ispahan (centre), sans “aucune conséquence en termes de radiation”. L’Iran, qui riposte avec des tirs de missiles et drones vers Israël, dément vouloir se doter de l’arme atomique, mais défend son droit à un programme nucléaire civil.Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, dont Saïd Izadi, en charge selon elle de la coordination avec le Hamas, contre lequel Israël est aussi en guerre à Gaza. Les autres sont Aminpour Joudaki, présenté comme ayant dirigé “des centaines” d’attaques de drones sur Israël, et Behnam Chahriyari, “responsable de tous les transferts d’armes du régime iranien à ses mandataires au Moyen-Orient”.L’armée a dit avoir également visé des sites “de stockage et lancement de missiles” dans le centre de l’Iran, puis des infrastructures militaires dans le sud-ouest. Dans cette région pétrolifère, plusieurs “puissantes explosions” ont été entendues à Ahvaz, selon le quotidien iranien Shargh.- “J’ai eu peur” -Depuis le 13 juin, les frappes israéliennes ont fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, selon le dernier bilan samedi du ministère de la Santé. L’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a elle fait état d’au moins 657 morts. Dans le même temps, les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts. A Qom (centre), un adolescent est mort dans un immeuble touché par une frappe israélienne, selon l’agence iranienne Irna. Quatre combattants des Gardiens ont péri dans une attaque contre leur camp à Tabriz (nord-ouest), d’après l’agence Isna.A l’hôpital Rasoul Akram de Téhéran, des patients blessés dans les frappes israéliennes reçoivent des soins, selon des images de l’AFP. “Je livrais à moto de la nourriture quand soudain il y a eu une explosion. J’ai vu du sang couler de ma tête. J’ai eu peur et j’ai commencé à crier. Un bénévole m’a emmené ici”, raconte sur son lit d’hôpital Shahram, un coursier de 33 ans.Sur certaines entrées de Téhéran, la circulation était dense samedi matin, semblant signaler un retour des habitants, selon la police routière citée par la télévision d’Etat.L’accès à internet reste instable et limité à Téhéran avec des connexions lentes et de nombreux sites toujours inaccessibles, selon des journalistes de l’AFP sur place.- Drones et missiles sur Israël -En Israël, un incendie s’est déclaré sur le toit d’un immeuble dans le centre du pays, après la chute de débris d’un missile intercepté, d’après les médias. A Beit Shean (nord), une habitation a été endommagée par un drone, sans victime signalée. Les Gardiens iraniens ont affirmé avoir lancé deux salves nocturnes de drones et missiles contre des sites militaires dans le centre d’Israël.”J’ai peur, je ressens une sorte de vide”, témoigne à Tel-Aviv, Avram, 58 ans. Malgré les nuits passées dans un abri avec ses enfants, un autre habitant, Omer, soutient l’offensive, “car la prochaine étape pour l’Iran aura été la fabrication d’une bombe nucléaire”. – Macron veut “accélérer” les discussions -Après une rencontre vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a clarifié que Téhéran ne reprendrait pas de  négociations nucléaires avec Washington tant qu’Israël ne cesserait pas ses attaques.M. Trump a estimé “très dur actuellement de faire cette demande” à Israël alors qu’il “est en train de gagner”.Le président américain a annoncé jeudi qu’il déciderait d’une éventuelle intervention américaine “au cours des deux prochaines semaines”, puis dit qu’il pourrait se décider avant. Les rebelles Houthis du Yémen, qui ont conclu début mai un accord de cessez-le-feu avec Washington, ont menacé samedi d’attaquer les navires américains en mer Rouge, en cas d’intervention des Etats-Unis.  Samedi, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que les Européens allaient “accélérer les négociations” avec l’Iran pour “sortir de la guerre”, après un appel avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian. “L’Iran ne doit jamais avoir l’arme nucléaire” et doit “donner toute garantie que ses intentions sont pacifiques”, a-t-il ajouté.La veille, M. Trump avait dit que “l’Iran ne veut pas parler à l’Europe”, qui “ne pourra pas aider”. Face aux soupçons occidentaux envers Téhéran, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, affirme que l’AIEA n’a décelé jusque-là aucun indice laissant penser que l’Iran fabrique à l’heure actuelle une arme atomique.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

Israël affirme avoir tué trois commandants iraniens au 9e jour de guerre

Israël a affirmé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution et visé un site nucléaire à Ispahan lors de frappes samedi en Iran, au neuvième jour de la guerre entre les deux ennemis.Le président américain Donald Trump a lui averti vendredi l’Iran qu’il disposait d’un délai “maximum” de deux semaines pour éviter d’éventuelles frappes américaines.Israël a prévenu que sa “campagne” militaire contre l’Iran serait “longue”. Selon son chef de la diplomatie, Gideon Saar, elle a “retardé d’au moins deux ou trois ans la possibilité” pour Téhéran “d’avoir la bombe atomique”.Affirmant que son ennemi juré était sur le point de se doter de l’arme atomique, Israël a lancé contre lui le 13 juin une attaque sans précédent, frappant des centaines de sites militaires et nucléaires, et tuant les plus hauts gradés du pays et des scientifiques du nucléaire.L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé qu’un atelier de production de centrifugeuses, machines utilisées pour enrichir l’uranium, avait été “touché” sur le site nucléaire d’Ispahan (centre), sans “aucune conséquence en termes de radiation”. L’Iran, qui riposte avec des tirs de missiles et drones vers Israël, dément vouloir se doter de l’arme atomique, mais défend son droit à un programme nucléaire civil.Samedi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué trois commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, dont Saïd Izadi, en charge selon elle de la coordination avec le Hamas, contre lequel Israël est aussi en guerre à Gaza. Les autres sont Aminpour Joudaki, présenté comme ayant dirigé “des centaines” d’attaques de drones sur Israël, et Behnam Chahriyari, “responsable de tous les transferts d’armes du régime iranien à ses mandataires au Moyen-Orient”.L’armée a dit avoir également visé des sites “de stockage et lancement de missiles” dans le centre de l’Iran, puis des infrastructures militaires dans le sud-ouest. Dans cette région pétrolifère, plusieurs “puissantes explosions” ont été entendues à Ahvaz, selon le quotidien iranien Shargh.- “J’ai eu peur” -Depuis le 13 juin, les frappes israéliennes ont fait plus de 400 morts et 3.056 blessés, en majorité des civils, selon le dernier bilan samedi du ministère de la Santé. L’ONG américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a elle fait état d’au moins 657 morts. Dans le même temps, les tirs iraniens sur Israël ont fait 25 morts. A Qom (centre), un adolescent est mort dans un immeuble touché par une frappe israélienne, selon l’agence iranienne Irna. Quatre combattants des Gardiens ont péri dans une attaque contre leur camp à Tabriz (nord-ouest), d’après l’agence Isna.A l’hôpital Rasoul Akram de Téhéran, des patients blessés dans les frappes israéliennes reçoivent des soins, selon des images de l’AFP. “Je livrais à moto de la nourriture quand soudain il y a eu une explosion. J’ai vu du sang couler de ma tête. J’ai eu peur et j’ai commencé à crier. Un bénévole m’a emmené ici”, raconte sur son lit d’hôpital Shahram, un coursier de 33 ans.Sur certaines entrées de Téhéran, la circulation était dense samedi matin, semblant signaler un retour des habitants, selon la police routière citée par la télévision d’Etat.L’accès à internet reste instable et limité à Téhéran avec des connexions lentes et de nombreux sites toujours inaccessibles, selon des journalistes de l’AFP sur place.- Drones et missiles sur Israël -En Israël, un incendie s’est déclaré sur le toit d’un immeuble dans le centre du pays, après la chute de débris d’un missile intercepté, d’après les médias. A Beit Shean (nord), une habitation a été endommagée par un drone, sans victime signalée. Les Gardiens iraniens ont affirmé avoir lancé deux salves nocturnes de drones et missiles contre des sites militaires dans le centre d’Israël.”J’ai peur, je ressens une sorte de vide”, témoigne à Tel-Aviv, Avram, 58 ans. Malgré les nuits passées dans un abri avec ses enfants, un autre habitant, Omer, soutient l’offensive, “car la prochaine étape pour l’Iran aura été la fabrication d’une bombe nucléaire”. – Macron veut “accélérer” les discussions -Après une rencontre vendredi à Genève avec ses homologues allemand, français et britannique, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a clarifié que Téhéran ne reprendrait pas de  négociations nucléaires avec Washington tant qu’Israël ne cesserait pas ses attaques.M. Trump a estimé “très dur actuellement de faire cette demande” à Israël alors qu’il “est en train de gagner”.Le président américain a annoncé jeudi qu’il déciderait d’une éventuelle intervention américaine “au cours des deux prochaines semaines”, puis dit qu’il pourrait se décider avant. Les rebelles Houthis du Yémen, qui ont conclu début mai un accord de cessez-le-feu avec Washington, ont menacé samedi d’attaquer les navires américains en mer Rouge, en cas d’intervention des Etats-Unis.  Samedi, le président français, Emmanuel Macron, a affirmé que les Européens allaient “accélérer les négociations” avec l’Iran pour “sortir de la guerre”, après un appel avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian. “L’Iran ne doit jamais avoir l’arme nucléaire” et doit “donner toute garantie que ses intentions sont pacifiques”, a-t-il ajouté.La veille, M. Trump avait dit que “l’Iran ne veut pas parler à l’Europe”, qui “ne pourra pas aider”. Face aux soupçons occidentaux envers Téhéran, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, affirme que l’AIEA n’a décelé jusque-là aucun indice laissant penser que l’Iran fabrique à l’heure actuelle une arme atomique.Israël, qui maintient l’ambiguïté sur sa possession de l’arme atomique, détient 90 ogives nucléaires, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

Attentat de Magnanville: la perpétuité confirmée en appel pour Mohamed Lamine Aberouz

La cour d’assises spéciale de Paris a confirmé samedi en appel la condamnation de Mohamed Lamine Aberouz à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, pour complicité dans l’assassinat d’un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016.La cour a reconnu le Franco-Marocain de 31 ans coupable de tous les chefs d’accusation qui le visaient, soit complicité d’assassinat d’une personne dépositaire de l’autorité publique, complicité de séquestration d’un mineur de moins de 15 ans et association de malfaiteurs terroriste.Debout dans son box, Mohamed Lamine Aberouz a accusé le coup à la lecture du verdict, retombant sur son banc, accablé.Ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud, ont annoncé à l’AFP le pourvoi de leur client en cassation.”Il n’y avait en réalité aucune marge de manœuvre. C’est en matière antiterroriste le doute qui profite à l’accusation et non à l’accusé. La juridiction a pris la décision d’ajouter un deuxième homme dans un agissement solitaire”, ont réagi les avocats de la défense.La cour présidée par Frédérique Aline a répondu “oui” à la majorité aux 17 questions établissant la culpabilité de Mohamed Lamine Aberouz.”Je vous assure que je n’ai aucune responsabilité dans votre malheur”, avait affirmé dans la matinée Mohamed Lamine Aberouz en regardant depuis son box les membres de la famille de Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, les deux victimes de Larossi Abballa.”Celui qui a mené un jihad, c’est Larossi Abballa. C’était sa volonté funeste. Il ne m’a pas consulté. Je regrette de l’avoir fréquenté et de m’être laissé berner”, avait ajouté l’accusé.Il a réitéré sa “condamnation ferme et absolue” de l’attentat.Le soir du 13 juin 2016, Jessica Schneider, 36 ans, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie, a été égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de trois ans. Un peu plus tard, son compagnon, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant au commissariat des Mureaux, a été poignardé de neuf coups de couteau alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. Un même assassin: Larossi Abballa, ami de l’accusé.Adepte d’un islam rigoriste, déjà condamné dans un dossier d’attentat jihadiste, Mohamed Lamine Aberouz n’a cessé de proclamer son innocence dans cette affaire, affirmant que Larossi Abballa avait agi seul.Pour l’avocate générale, l’accusé “était sur les lieux du crime” le soir du 13 juin 2016 sans contestation possible. Mohamed Lamine Aberouz est un “membre à part entière de l’Etat islamique”. “Il a agi en jihadiste”, a-t-elle insisté.Les “dénégations” de l’accusé “ne résistent pas au dossier”, a dit Naïma Rudloff.- Trace ADN -“Le déroulé des faits confirme que cela n’a pu se réaliser qu’en présence d’un deuxième homme. Peut-on imaginer un homme, en plein jour, attaquer deux policiers potentiellement armés?”, a-t-elle fait remarquer.Un homme seul n’aurait pas pu gérer les réactions de l’enfant de 3 ans, par nature “imprévisibles”, a-t-elle poursuivi.Il fallait également un complice à l’intérieur du domicile pour signaler à Larossi Abballa l’arrivée de Jean-Baptiste Salvaing, a souligné la magistrate.Me Vincent Brengarth avait plaidé quant à lui l’acquittement de son client au bénéfice du doute en mettant en avant le manque “d’éléments concrets” pour appuyer les “hypothèses” de l’accusation. “J’ai une conviction: l’innocence de Mohamed Lamine Aberouz”, a-t-il dit.Le principal élément à charge contre Mohamed Lamine Aberouz, “ennemi” de la France selon l’avocat de parties civiles, Me Thibault de Montbrial, demeure une trace ADN retrouvée sur le repose-poignet droit de l’ordinateur personnel du couple de policiers.Si l’accusation soutient qu’il s’agit d’un “ADN de contact primaire”, la défense affirme qu’il s’agit “d’un transfert” d’ADN apporté sur les lieux par l’assassin. Des experts, cités à la barre, ont refusé de trancher entre ces deux hypothèses.”L’ADN n’est pas la reine des preuves mais un élément du puzzle qui va permettre de trancher l’innocence ou la culpabilité d’un individu”, a résumé Olivier Pascal, directeur général de l’Institut français des empreintes génétiques.Les magistrats de première instance avaient abondé dans le sens de l’accusation en affirmant que “l’hypothèse d’un transfert secondaire (devait) être écartée, les éléments du dossier établissant à l’inverse un dépôt direct de l’ADN sans mélange de Mohamed Lamine Aberouz” sur la scène de crime.