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Vive tension entre Espagne et Israël, Madrid rappelle son ambassadrice

Les relations entre l’Espagne et Israël se sont très fortement tendues lundi avec le rappel de l’ambassadrice espagnole après une série d’échanges très vifs, à la suite de l’annonce par le Premier ministre Pedro Sánchez de mesures destinées à “mettre un terme au génocide à Gaza”.Le socialiste Pedro Sánchez est une des voix européennes les plus critiques à l’égard des actions menées à Gaza par Israël qui, de son côté, n’avait déjà plus d’ambassadeur à Madrid depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par le gouvernement espagnol en mai 2024.Dans “une étape supplémentaire (…) pour mettre un terme au génocide à Gaza, poursuivre ses auteurs et soutenir la population palestinienne”, Pedro Sánchez a annoncé lundi une série de nouvelles mesures, notamment l’interdiction aux navires transportant du carburant pour l’armée israélienne d’accoster dans les ports espagnols.Egalement parmi ces mesures, qui seront mises en œuvre “immédiatement”, une loi visant à “consolider juridiquement l’embargo sur les (ventes d’)armes à Israël, que nous appliquons déjà de facto depuis octobre 2023”, a souligné le chef du gouvernement.Elles comprennent également notamment l’interdiction d’entrée sur le territoire espagnol des personnes “participant directement au génocide”, l’interdiction de l’importation de produits “provenant des colonies illégales à Gaza et en Cisjordanie” et la limitation des services consulaires espagnols pour les personnes résidant dans ces colonies.”Nous savons que toutes ces mesures ne suffiront pas à arrêter l’invasion ni les crimes de guerre, mais nous espérons qu’elles contribueront à augmenter la pression” sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui compte plusieurs ministres d’extrême droite, a poursuivi le dirigeant espagnol.La réaction israélienne après ces annonces n’a pas tardé, et le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a répliqué dans la foulée sur le réseau X, accusant le gouvernement espagnol de mener une campagne “anti-israélienne et antisémite continue” afin de “détourner l’attention de graves affaires de corruption”, une référence apparente aux dossiers judiciaires dans lesquels sont accusé des proches de Pedro Sánchez. – Accusations “fausses et calomnieuses” -En guise de sanction, le gouvernement israélien a par ailleurs interdit l’entrée en Israël à la N.2 du gouvernement, la ministre espagnole du Travail Yolanda Díaz, et à la ministre de la Jeunesse et de l’Enfance Sira Rego, d’origine palestinienne, toutes deux membres de la plateforme de gauche radicale Sumar qui fait partie de la coalition au pouvoir avec les socialistes.Après avoir fustigé des accusations d’antisémitisme “fausses et calomnieuses” et des mesures “inacceptables” visant ses deux ministres, le gouvernement espagnol a passé une nouvelle étape en annonçant dans l’après-midi le rappel de son ambassadrice à Tel Aviv pour consultations.”Le gouvernement espagnol ne se laissera pas intimider dans sa défense de la paix, du droit international et des droits humains”, avait assuré le ministère des Affaires étrangères un peu plus tôt dans un communiqué.L’attaque du Hamas du 7 octobre, qui a déclenché la guerre, a causé la mort de 1.219 personnes en Israël, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.L’offensive dévastatrice lancée en retour par Israël a causé au moins 64.300 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, mais dont les données sont jugées fiables par l’ONU.En Espagne, un pays où la cause palestinienne a toujours été populaire, en particulier à gauche et à l’extrême gauche, de nombreuses manifestations propalestiennes ont eu lieu depuis le début du conflit à Gaza.Ces derniers jours, elles ont tout particulièrement perturbé le déroulement de la Vuelta, le tour d’Espagne cycliste, auquel participe notamment l’équipe Israel-Premier Tech, une structure privée créée par le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams.

La Norvège aux urnes pour des législatives à suspense

Les Norvégiens votent lundi pour des législatives très disputées, où les troubles géopolitiques liés à la politique de l’administration Trump et à la guerre en Ukraine pourraient bénéficier au gouvernement de gauche sortant.Les sondages donnent une courte avance à la gauche emmenée par le Premier ministre travailliste Jonas Gahr Støre. Dans un paysage politique fragmenté, l’issue du scrutin dépendra de la capacité des neuf principaux partis à se hisser au-delà des 4% des votes, seuil qui assure une représentation au Parlement. Alors qu’un record de 1,9 million de Norvégiens, soit plus de 47% du corps électoral, ont déjà voté par anticipation, les premières projections devraient être connues à 21H00 (19H00 GMT) à la fermeture des derniers bureaux de vote. Dans cette nation prospère de 5,6 millions d’habitants, la campagne a tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, les inégalités, les services publics et la fiscalité, notamment l’impôt sur la fortune.”Ce qui a vraiment préoccupé les gens, c’est leur situation quotidienne, leur économie personnelle, vous savez, comment faire face à la hausse des prix”, a déclaré M. Støre aux médias après avoir voté, avec son épouse, dans un lycée d’Oslo.Pour le politologue Johannes Bergh, le dirigeant de 65 ans, fort de son expérience de Premier ministre depuis 2021 et de ministre des Affaires étrangères avant cela, a bénéficié du besoin de stabilité de la population face à l’élection de Donald Trump, aux droits de douane et à la guerre en Ukraine.Membre de l’Otan mais pas de l’Union européenne, la Norvège partage une frontière commune avec la Russie dans l’Arctique, et son économie est très dépendante des exportations.Selon une moyenne des sondages de septembre réalisée par www.pollofpolls.no, les travaillistes et leurs alliés pourraient remporter 88 mandats, soit trois de plus que la majorité, sur les 169 sièges au Storting, le Parlement monocaméral.Entrepreneur de 78 ans, Knut Aga est un de ces électeurs qui dit vouloir “de la stabilité”.”L’Europe est plus ou moins en guerre. La situation n’est pas très bonne aux Etats-Unis (…) C’est pourquoi je veux être plus en sécurité”, a-t-il dit à l’AFP à la sortie d’un bureau de vote à Oslo.- “Reprendre le contrôle” -M. Støre a aussi bénéficié de l’implosion en début d’année de l’épineuse coalition qui liait les travaillistes au parti du Centre, formation eurosceptique axée sur les intérêts ruraux, et de l’arrivée au gouvernement de l’ex-chef de l’Otan, le populaire Jens Stoltenberg, devenu ministre des Finances. “Nous avons besoin d’une nouvelle politique en Norvège”, a au contraire affirmé une de ses principales rivales, l’ex-Première ministre conservatrice Erna Solberg, en votant dans sa ville natale de Bergen (ouest).Mathématiquement, s’il reste aux manettes, M. Støre aura vraisemblablement besoin de l’appui de l’ensemble des quatre autres forces de gauche, y compris le parti du Centre, les écologistes et les communistes.Or, les points de discorde foisonnent: les travaillistes sont notamment favorables à la poursuite des activités pétrolières qui ont fait la fortune du royaume, tandis que les écologistes s’y opposent.Ces deux formations sont en revanche d’accord pour entretenir des liens étroits avec l’UE, laquelle fait figure d’épouvantail pour le parti du Centre et l’extrême gauche.Cette dernière réclame, elle, que le fonds souverain du pays, le plus gros au monde, se retire totalement d’Israël, ce que les travaillistes rejettent.En face, la droite est également divisée: le parti conservateur de Mme Solberg est distancé dans les sondages par le parti du Progrès (FrP) de Sylvi Listhaug, formation populiste anti-immigration et désormais première force d’opposition.Contrairement à la gauche unie derrière une candidature unique, tant Mme Listhaug, 47 ans, que Mme Solberg, 64 ans, lorgnent le poste de Premier ministre. La première peut faire valoir de meilleures intentions de vote que la seconde, mais elle est également plus clivante, notamment pour les électeurs modérés.”Veut-on continuer comme avant, dépenser toujours plus et garder des impôts et taxes très élevés sans en avoir plus pour notre argent que dans les pays voisins ou veut-on reprendre le contrôle et arrêter le gaspillage?”, a-t-elle dit lundi au micro de la chaîne TV2.Pour ne rien arranger, le bloc de droite compte aussi deux petits partis de centre droit, dont les Libéraux qui s’opposent au FrP sur de nombreux sujets comme le climat, l’UE et l’immigration.

La Norvège aux urnes pour des législatives à suspense

Les Norvégiens votent lundi pour des législatives très disputées, où les troubles géopolitiques liés à la politique de l’administration Trump et à la guerre en Ukraine pourraient bénéficier au gouvernement de gauche sortant.Les sondages donnent une courte avance à la gauche emmenée par le Premier ministre travailliste Jonas Gahr Støre. Dans un paysage politique fragmenté, l’issue du scrutin dépendra de la capacité des neuf principaux partis à se hisser au-delà des 4% des votes, seuil qui assure une représentation au Parlement. Alors qu’un record de 1,9 million de Norvégiens, soit plus de 47% du corps électoral, ont déjà voté par anticipation, les premières projections devraient être connues à 21H00 (19H00 GMT) à la fermeture des derniers bureaux de vote. Dans cette nation prospère de 5,6 millions d’habitants, la campagne a tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, les inégalités, les services publics et la fiscalité, notamment l’impôt sur la fortune.”Ce qui a vraiment préoccupé les gens, c’est leur situation quotidienne, leur économie personnelle, vous savez, comment faire face à la hausse des prix”, a déclaré M. Støre aux médias après avoir voté, avec son épouse, dans un lycée d’Oslo.Pour le politologue Johannes Bergh, le dirigeant de 65 ans, fort de son expérience de Premier ministre depuis 2021 et de ministre des Affaires étrangères avant cela, a bénéficié du besoin de stabilité de la population face à l’élection de Donald Trump, aux droits de douane et à la guerre en Ukraine.Membre de l’Otan mais pas de l’Union européenne, la Norvège partage une frontière commune avec la Russie dans l’Arctique, et son économie est très dépendante des exportations.Selon une moyenne des sondages de septembre réalisée par www.pollofpolls.no, les travaillistes et leurs alliés pourraient remporter 88 mandats, soit trois de plus que la majorité, sur les 169 sièges au Storting, le Parlement monocaméral.Entrepreneur de 78 ans, Knut Aga est un de ces électeurs qui dit vouloir “de la stabilité”.”L’Europe est plus ou moins en guerre. La situation n’est pas très bonne aux Etats-Unis (…) C’est pourquoi je veux être plus en sécurité”, a-t-il dit à l’AFP à la sortie d’un bureau de vote à Oslo.- “Reprendre le contrôle” -M. Støre a aussi bénéficié de l’implosion en début d’année de l’épineuse coalition qui liait les travaillistes au parti du Centre, formation eurosceptique axée sur les intérêts ruraux, et de l’arrivée au gouvernement de l’ex-chef de l’Otan, le populaire Jens Stoltenberg, devenu ministre des Finances. “Nous avons besoin d’une nouvelle politique en Norvège”, a au contraire affirmé une de ses principales rivales, l’ex-Première ministre conservatrice Erna Solberg, en votant dans sa ville natale de Bergen (ouest).Mathématiquement, s’il reste aux manettes, M. Støre aura vraisemblablement besoin de l’appui de l’ensemble des quatre autres forces de gauche, y compris le parti du Centre, les écologistes et les communistes.Or, les points de discorde foisonnent: les travaillistes sont notamment favorables à la poursuite des activités pétrolières qui ont fait la fortune du royaume, tandis que les écologistes s’y opposent.Ces deux formations sont en revanche d’accord pour entretenir des liens étroits avec l’UE, laquelle fait figure d’épouvantail pour le parti du Centre et l’extrême gauche.Cette dernière réclame, elle, que le fonds souverain du pays, le plus gros au monde, se retire totalement d’Israël, ce que les travaillistes rejettent.En face, la droite est également divisée: le parti conservateur de Mme Solberg est distancé dans les sondages par le parti du Progrès (FrP) de Sylvi Listhaug, formation populiste anti-immigration et désormais première force d’opposition.Contrairement à la gauche unie derrière une candidature unique, tant Mme Listhaug, 47 ans, que Mme Solberg, 64 ans, lorgnent le poste de Premier ministre. La première peut faire valoir de meilleures intentions de vote que la seconde, mais elle est également plus clivante, notamment pour les électeurs modérés.”Veut-on continuer comme avant, dépenser toujours plus et garder des impôts et taxes très élevés sans en avoir plus pour notre argent que dans les pays voisins ou veut-on reprendre le contrôle et arrêter le gaspillage?”, a-t-elle dit lundi au micro de la chaîne TV2.Pour ne rien arranger, le bloc de droite compte aussi deux petits partis de centre droit, dont les Libéraux qui s’opposent au FrP sur de nombreux sujets comme le climat, l’UE et l’immigration.

Accusé d’empoisonnements mortels, le Dr Péchier face à ses juges

Il risque la prison à perpétuité mais est déterminé à prouver son innocence: l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier, accusé de trente empoisonnements dont 12 mortels, a commencé à comparaître à Besançon devant une salle comble.Après huit ans d’enquête, l’ancien anesthésiste-réanimateur, qui comparaît libre, a pris place lundi matin dans le box des accusés en jean et chemise bleu clair. Barbe poivre et sel, visiblement stressé, il est soutenu par des proches, dont ses parents et ses trois enfants.Devant la cour d’assises du Doubs, présidée par Delphine Thibierge, l’ancien médecin de de 53 ans fait face à plus de 150 parties civiles.Parmi elles: Amandine Iehlen, dont le père Damien est mort en 2008 d’un arrêt cardiaque lors d’une opération du rein. Il avait reçu une dose de lidocaïne, un anesthésique local, dix fois supérieure à la normale.Dix-sept ans après, Mme Iehlen, aujourd’hui présidente de l’association de victimes, a confié à la presse avoir “hâte d’entendre la voix du docteur Péchier et d’avoir des réponses”.Le quinquagénaire est accusé d’avoir sciemment empoisonné 30 patients, âgés de quatre à 89 ans, dont 12 sont morts, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon.”Dénominateur commun” de ces empoisonnements, accablé par “un faisceau d’éléments concordants” selon l’accusation, l’ancien praticien n’a jamais été incarcéré depuis le début de l’enquête, les juges ayant choisi de le laisser libre, sous contrôle judiciaire. La justice l’a autorisé en 2023 à exercer sous conditions son métier de médecin tant qu’il n’entre pas en contact avec des malades, mais il n’exerce plus depuis 2017 et vit désormais au RSA.- “Pas responsable” -Lundi matin sur RTL, l’ancien anesthésiste a rejeté les accusations le visant, se disant “pas responsable” de la détresse des victimes et de leurs familles, même s’il “la comprend tout à fait”.”J’appréhende ces trois mois et demi” de procès, mais “j’ai quand même des arguments forts et donc je n’y vais pas en reculant”, a affirmé l’accusé.Pour l’ex-anesthésiste, le procès va permettre de “comprendre” pourquoi l’accusation lui a “mis sur le dos” une trentaine d’empoisonnements. Selon lui, quelque 70 “événements indésirables graves” au total sont survenus dans les cliniques où il travaillait, mais beaucoup n’ont pas été retenus par les enquêteurs car rien ne permettait de l’incriminer dans ces dossiers.”Qu’est-ce qu’on a fait des autres cas? On ne les a pas retenus, parce que dedans, il n’y avait pas Péchier”, a-t-il déploré. “C’est très facile d’accuser les gens, c’est plus difficile de prouver les choses”, a déclaré aux journalistes l’un de ses avocats, Randall Schwerdorffer, qui avec son confrère Lee Takhedmit plaidera l’acquittement.A l’inverse, Frédéric Berna, qui défend plusieurs parties civiles, estime que “sa culpabilité ne fait aucun doute”.”Péchier, personne ne le connaît, tout le monde s’en fiche. Si ce n’est pas lui, on n’a aucune raison de vouloir le faire condamner pour rien”, a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que le dossier lui semble “extrêmement étayé”.- “Marathon judiciaire” -Le Dr Péchier est soupçonné d’avoir pollué les poches de perfusion de malades pris en charge par ses collègues, pour provoquer des arrêts cardiaques, avant d’aider souvent à les réanimer.A partir de lundi et pour deux semaines, la cour se penchera sur les cas les plus récents, ceux qui ont éveillé les soupçons des enquêteurs et abouti à la mise en examen de l’anesthésiste en mars 2017.Ensuite, au fil des semaines, seront examinés chacun des empoisonnements reprochés au médecin.Dans cette affaire “sans équivalent dans les annales judiciaires françaises”, l’anesthésiste est soupçonné “d’avoir empoisonné des patients en bonne santé, pour nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit” et démontrer ensuite ses qualités de réanimateur, avait relevé l’ancien procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux.”Ça va être un marathon judiciaire, mais on est prêts”, a déclaré à l’AFP Stéphane Giuranna, avocat de plusieurs parties civiles. Le verdict est attendu le 19 décembre.

Bayrou entame son ultime “épreuve de vérité” devant l’Assemblée qui s’apprête à le renverser

“Cette épreuve de vérité”, “je l’ai voulue”. François Bayrou s’est présenté lundi devant l’Assemblée nationale qui s’apprête à lui refuser la confiance, ouvrant une nouvelle période d’incertitude au sommet de l’Etat.”Cette épreuve de vérité comme chef du gouvernement, avec l’assentiment du président de la République, je l’ai voulue”, a lancé d’emblée le Premier ministre à la tribune du Palais-Bourbon.”Certains d’entre vous, les plus nombreux, les plus sensés probablement, ont pensé que c’était déraisonnable, que c’était un trop grand risque”. Mais “le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change, de faire de la politique comme d’habitude”, s’est justifié M. BayrouCar face à l’endettement, “notre pronostic vital est engagé, dont dépend notre État, notre indépendance, nos services publics, notre modèle social”, a martelé M. Bayrou, dans un discours alarmiste.Sauf coup de théâtre, le Béarnais, nommé en décembre 2024 au terme d’une épreuve de force avec Emmanuel Macron, va devenir lundi le premier chef de gouvernement de la Ve République à tomber sur un vote de confiance. Moins d’un an après le renversement de Michel Barnier par une motion de censure. Tous les regards sont tournés vers Emmanuel Macron, de nouveau à la recherche d’un Premier ministre, le troisième depuis qu’aucune majorité ne s’est dégagée à l’Assemblée nationale après la dissolution, en juin 2024. Après le président du Sénat Gérard Larcher vendredi, il a reçu lundi matin la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. La dissolution de l’Assemblée n’a pas été évoquée lors de ces entretiens, selon des sources parlementaires.-“Aucun regret”-Face aux vetos annoncés de la gauche et de l’extrême droite, le centriste sait que son bail à Matignon est terminé. Il a invité ses ministres à “un moment convivial” rue de Varenne dans la soirée, d’après son entourage.Le maire de Pau a refusé de faire des concessions, provoquant sa chute avant même l’examen du budget, exercice sur lequel son prédécesseur Michel Barnier (LR) s’était déjà cassé les dents.Son bail à Matignon a été marqué par l’affaire Bétharram, un conclave raté sur les retraites, et peu de projets de loi marquants. Lui assure n’avoir “aucun regret”. Quant aux interrogations sur un départ orchestré pour se mettre en orbite pour 2027, un de ses plus proches, Marc Fesneau, promet sur TF1 qu'”il n’a pas fait tout ça pour avoir en perspective la présidentielle”, mais pour “être fidèle aux engagements pris devant les Français”. Les tractations pour le remplacer sont déjà bien entamées, dans la perspective de l’impératif du budget 2026. Plusieurs dates plaident aussi pour une vacance courte: les mobilisations “Bloquons tout” le 10 septembre, syndicale le 18, ou encore la décision vendredi de l’agence Fitch qui pourrait dégrader la note de la dette française. Dans la course au successeur, le PS s’est placé au centre du jeu, Olivier Faure se déclarant “prêt” pour Matignon. Mais si Emmanuel Macron a demandé aux chefs du camp gouvernemental de “travailler” avec les socialistes, peu dans son entourage pensent qu’il nommera le premier secrétaire du Parti socialiste, qui rejette l’idée d’un gouvernement “commun” avec des macronistes. Et le patron des Républicains Bruno Retailleau a prévenu: “hors de question” d’accepter un Premier ministre socialiste.- “Sacrifier” -Même à gauche, ça grince:  “je ne crois pas une minute qu’Emmanuel Macron ait l’intention de nommer à Matignon un gouvernement visant à mettre en place une politique de rupture avec le macronisme”, a raillé sur franceinfo le coordinateur de LFI Manuel Bompard.Plus probable donc: la négociation d’un accord de non-censure par une personnalité de droite ou du centre. “Il faut de la stabilité. Et le plus stable, c’est le socle commun qui dialogue avec les socialistes”, estime un proche du président. Plusieurs noms circulent pour Matignon : les ministres Sébastien Lecornu (Armées), Gérald Darmanin (Justice), Catherine Vautrin (Travail et Santé), Éric Lombard (Économie), le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, l’ancien chef de la diplomatie et ex-socialiste Jean-Yves Le Drian… Le Rassemblement national pousse lui pour de nouvelles législatives anticipées, qu’il dit cette fois pouvoir gagner.Marine Le Pen – dont le procès en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés lui ayant valu une inéligibilité en première instance se tiendra du 13 janvier au 12 février 2026 – s’est dite prête à “sacrifier” son mandat de députée pour porter son parti à Matignon.La France insoumise réclame pour sa part la démission d’Emmanuel Macron ou sa destitution, ses députés devant déposer une motion en ce sens. bur-fff-la-bpa/swi

Pour Poutine, la conquête de l’Ukraine n’est “qu’un début”, accuse le chancelier allemand

La conquête de l’Ukraine ne serait “qu’un début” pour la Russie de Vladimir Poutine, dont les attaques hybrides contre l’Allemagne sont “de plus en plus intenses et agressives”, a accusé lundi le chancelier allemand Friedrich Merz.Cette mise en garde intervient alors que le chef du gouvernement allemand a fait du réarmement de l’Europe une priorité absolue, afin que le continent puisse faire face à la menace russe, mais aussi s’adapter au désengagement américain, depuis l’élection de Donald Trump.”Tout indique que le plan impérialiste de Poutine ne se terminerait pas avec la conquête de l’Ukraine, mais que ce ne serait qu’un début”, a-t-il déclaré lors de la conférence annuelle réunissant les ambassadeurs allemands.L’Allemagne assiste “quotidiennement à des attaques hybrides de la Russie de plus en plus intenses et agressives”, visant notamment ses “infrastructures”, a aussi accusé M. Merz.Berlin observe aussi “les provocations” de Moscou “en mer du Nord et en mer Baltique”, a ajouté le chancelier, pour qui “la Russie et la Chine tentent de sécuriser des sphères d’influence en Europe du Sud-Est”.Pour M. Merz, “un nouveau conflit systémique a déjà éclaté entre les démocraties libérales et un axe des autocraties”, et “ce que nous appelions l’ordre mondial libéral est désormais sous pression de multiples côtés”.

Israël et son allié américain lancent un “dernier avertissement” au Hamas

Israël a adressé lundi “un dernier avertissement” au Hamas, le sommant de libérer les otages retenus à Gaza sous peine d’être anéanti, après une mise en garde similaire lancée par le président américain Donald Trump au mouvement islamiste palestinien.Le jour même, les autorités israéliennes ont annoncé six morts dans un attentat perpétré par des “terroristes palestiniens” à Jérusalem-Est, l’un des plus meurtriers dans ce secteur de la Ville sainte occupé par Israël, depuis le début de la guerre à Gaza.”Cette opération est une réponse naturelle (…) au génocide de l’occupation contre notre peuple dans la bande de Gaza”, a affirmé le Hamas sans revendiquer l’attaque à l’arme à feu. C’est une attaque sans précédent du Hamas menée le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël qui a déclenché la guerre à Gaza, où une offensive de représailles israélienne a dévasté le territoire, fait des dizaines de milliers de morts et provoqué un désastre humanitaire.   Lundi, la Défense civile à Gaza a fait état d’au moins 16 Palestiniens tués dans des bombardements israéliens, dont trois enfants, dans des frappes ayant touché des tentes de déplacés à Gaza-ville (nord).”Ceci est un dernier avertissement aux assassins et violeurs du Hamas (…): libérez les otages et déposez les armes, ou Gaza sera détruite et vous serez anéantis”, a déclaré le ministre de la Défense Israël Katz, en soulignant que “l’armée se prépare à étendre ses opérations pour conquérir Gaza-ville”.”Les Israéliens ont accepté mes conditions. Il est temps pour le Hamas d’accepter également. J’ai averti le Hamas des conséquences en cas de refus. Ceci est mon dernier avertissement, il n’y en aura pas d’autre!”, a indiqué dimanche M. Trump, un allié d’Israël.- “Qu’ont-ils fait de mal?” -Le Hamas a affirmé avoir “reçu, via des médiateurs, quelques idées de la part des Américains afin de parvenir à un cessez-le-feu” qui reprennent les grandes lignes des précédentes propositions sur une trêve et une libération des otages. Le mouvement a redit être prêt à des négociations pour discuter de la libération des otages “en échange d’une déclaration claire de la fin de la guerre et d’un retrait complet israélien de la bande de Gaza” notamment.Ces exigences sont rejetées par Israël qui veut détruire le Hamas et prendre le contrôle sécuritaire de l’ensemble du territoire palestinien.Ces dernières semaines, son armée a intensifié ses opérations au sol et bombardements dans et autour de la ville de Gaza pour s’emparer de l’un des derniers bastions du Hamas dans le territoire.A l’hôpital Al-Chifa de Gaza-ville, des Palestiniens pleurent leurs proches tués dans des raids ayant touché des tentes de déplacés, selon des images de l’AFP. Là, des femmes sanglotent près des corps de deux fillettes de 2 et 5 ans. Plus loin, un homme touche le visage de son bébé d’un an dont le corps est enveloppé dans un linceul blanc.”Des enfants meurent, qu’ont-ils fait de mal ? Un bébé d’un an, qu’a-t-il fait de mal?”, s’exclame son grand-père Hazem Issa.L’armée dit contrôler aujourd’hui environ 75% de la bande de Gaza et 40% de Gaza-ville. Selon des estimations récentes de l’ONU, près d’un million de personnes vivent dans la ville et ses environs.- “Gaza est un cimetière” -L’armée a appelé la population de la ville de Gaza (nord) à évacuer vers la zone d’al-Mawassi (sud) déclarée “humanitaire” depuis plusieurs mois. Mais cette région a été ciblée maintes fois par des bombardements israéliens meurtriers.Environ 100.000 personnes ont déjà fui Gaza-ville, d’après M. Netanyahu. “Je suis horrifié par l’utilisation ouverte d’une rhétorique génocidaire et la déshumanisation honteuse des Palestiniens par de hauts responsables israéliens”, a dit Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. “Gaza est un cimetière.”L’Espagne et Israël ont échangé des déclarations véhémentes, après l’annonce par Madrid de mesures destinées à “mettre un terme au génocide à Gaza”, fustigée par le gouvernement israélien comme l’illustration d’une “campagne anti-israélienne”. Considéré comme un mouvement terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007, deux ans après un retrait unilatéral israélien de ce territoire occupé pendant 38 ans.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. D’après l’armée, 47 captifs restent retenus à Gaza dont 25 présumés morts, sur un total de 251 personnes enlevées durant l’attaque.Les représailles israéliennes ont fait au moins 64.522 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.