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Les Iraniens des Etats-Unis, mortifiés par la répression sanglante de Téhéran

Munis de pancartes dénonçant un “nouvel Holocauste”, un “génocide en cours” ou la “terreur” imposée par Téhéran, les Iraniens des Etats-Unis ont largement manifesté dimanche, pour protester contre la répression meurtrière de la République islamique face à la contestation dans leur pays d’origine.Quelques milliers de personnes sont descendus dans la rue à Los Angeles, qui compte la plus importante diaspora iranienne du monde, et plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à New York, ont constaté des journalistes de l’AFP.”Mon cœur est lourd et mon âme est brisée, les mots me manquent pour exprimer à quel point je suis en colère”, lâche Perry Faraz dans la manifestation en Californie.Cette gestionnaire de paie de 62 ans, qui a fui l’Iran en 2006, a appris cette semaine qu’un de ses petits cousins a été tué lors des récents rassemblements populaires dans son pays natal. “Il n’avait même pas 10 ans, c’est horrible”, pleure-t-elle.Lancé le 28 décembre par des commerçants pour protester contre l’inflation galopante en Iran, le mouvement a été réprimé dans le sang par les mollahs au pouvoir, qui ont coupé l’accès à internet. Les autorités iraniennes évoquent elles-mêmes des “milliers de personnes tuées”, et beaucoup d’ONG craignent une véritable hécatombe. Les bilans tenus par différentes organisations d’opposition oscillent entre 3.000 et 20.000 morts.- Appels à Donald Trump -“Ce massacre massif de la population est absolument bouleversant”, dénonce Ali Parvaneh.Comme de nombreux manifestants, l’avocat porte une pancarte “Make Iran Great Again” et souhaite que le président américain Donald Trump intervienne.”La localisation des centres des Gardiens de la révolution est bien connue”, estime cet Irano-Américain de 65 ans, qui faisait ses études aux Etats-Unis lors de la révolution de 1979 et n’est jamais rentré dans son pays.”Trump pourrait frapper ces sites à six heures du matin et se débarrasser d’eux”, ajoute-t-il.Dans la foule, certains vont jusqu’à souhaiter un assassinat ciblé du guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis plus de 25 ans en Iran. Après avoir ordonné des frappes sur des sites nucléaires en juin dernier, Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires cette semaine. Le milliardaire républicain a d’abord menacé d’intervenir si des manifestants iraniens étaient tués, avant d’afficher sa satisfaction en assurant que Téhéran renoncerait à exécuter les protestataires qui doivent être jugés.”J’espère vraiment que Trump fera plus qu’exprimer son soutien”, reprend M. Parvaneh.Comme la foule, il scande des slogans en faveur du président américain et de Reza Pahlavi, le fils de l’ex-chah d’Iran – qui a modernisé le pays dans les années 60 et 70.- Nostalgie du chah -“Si la monarchie était en place aujourd’hui, elle serait très différente et l’Iran serait dans une bien meilleure situation”, juge-t-il, en souhaitant la création d’une “république laïque” supervisée par un roi, comme au Royaume-Uni.Exilé près de Washington, M. Pahlavi s’est dit cette semaine prêt à retourner en Iran pour y mener une transition démocratique. Mais l’opposition iranienne reste divisée, car le souvenir de la répression menée par son père envers ses opposants de gauche reste vivace.La semaine dernière, un homme a fait quelques blessés légers en précipitant un camion dans une manifestation d’Iraniens à Los Angeles, affublé d’une pancarte qui ne souhaitait “ni chah, (…) ni mollah”.Dans le quartier de Westwood, surnommé “Tehrangeles”, Roozbeh Farahanipour estime que la diaspora doit soutenir les Iraniens sans empiéter sur “leur droit à décider de leur propre futur”.”Ils n’ont pas besoin d’une marionnette implantée par l’Occident”, insiste ce restaurateur.Des réserves partagées ailleurs en Californie.”Trump manipule le peuple iranien”, regrette la poétesse Karim Farsis, habitante de la baie de San Francisco.L’universitaire n’oublie pas que le président américain a instauré des sanctions contribuant à leur souffrance économique, après s’être retiré des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.Elle dénonce aussi l’interdiction d’entrée quasi totale visant les Iraniens depuis juin.”Nous vivons une période complètement tordue”, dénonce-t-elle. “Trump dit aux manifestants: +protestez, prenez le contrôle de vos institutions+. Mais s’ils se retrouvent en danger, ils ne peuvent même pas se réfugier aux Etats-Unis.”

Dans un Soudan en guerre, le marché central de Khartoum reprend vie

Au marché central de la capitale soudanaise Khartoum, les marchands et clients ont commencé à revenir mais “ce n’est pas comme avant”, selon Hashim Mohamed, un vendeur de fruits installé à un coin de rue.C’est à proximité de ce grand marché alimentaire que les premiers combats ont opposé en avril 2023, les forces armées et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).Auparavant alliés pour reprendre le pouvoir à un éphémère gouvernement de transition, après des décennies de dictature, les deux camps se livrent désormais une lutte acharnée pour le pouvoir.La guerre a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Dans l’agglomération de Khartoum, près de quatre des neuf millions d’habitants ont fui quand les FSR ont pris la ville.Hashim Mohamed, lui, n’est pas parti. “J’ai continué de travailler discrètement parce qu’il y avait des attaques” sur les commerces, dit le vendeur qui travaille depuis 50 ans sur ce marché. Comme lui, beaucoup évoquent la peur face aux miliciens armés, les pillages, les vols, les destructions.L’armée a repris la capitale au printemps 2025, après deux ans de combats meurtriers qui ont laissé décombres et destructions. Plus d’un million de personnes sont revenues depuis et le Premier ministre du gouvernement allié à l’armée a récemment annoncé le retour de l’administration repliée depuis deux ans à Port-Soudan, à 700 km à l’est, sur la mer Rouge.- “Un autre travail” -“Le marché n’est pas ce qu’il était mais c’est bien mieux que quand les FSR avaient le contrôle”, déclare Adam Haddad, un marchand qui se repose à l’ombre d’un auvent.Dans les ruelles étroites et poussiéreuses, les fruits et légumes s’entassent sur des étals précaires ou sur des bâches déployées sur le sol.Khartoum, où des quartiers entiers ont été endommagés par les affrontements, n’est plus menacée par la malnutrition ou la famine, qui frappent les zones de combats, les camps de déplacés et les régions isolées ailleurs au Soudan.Mais avec une économie en ruine, le quotidien reste difficile.”Les gens se plaignent des prix, ils disent que c’est trop cher, on trouve de tout mais tout augmente: les fournitures, la main d’œuvre, le transport”, détaille Hashim Mohamed.L’inflation s’est élevée à 151% en 2024 sur un an après un pic en 2021 (+358%), la monnaie s’est effondrée face au billet vert (570 livres soudanaises pour un dollar avant la guerre, 3500 début 2026, selon le cours du marché noir).Un enseignant, qui vivait bien il y a quelques années, explique ne plus pouvoir couvrir son loyer avec son salaire mensuel de 250.000 livres (71 dollars ou 61 euros). Pour nourrir sa famille, payer l’école, les frais de santé, ce père de deux enfants “travaille sur le marché ou n’importe où ailleurs” pendant ses jours de congés. “Il est indispensable d’exercer un autre travail afin de pouvoir couvrir le strict minimum des besoins vitaux”, confie-t-il sous couvert d’anonymat de peur de “problèmes avec les services de sécurité”.Pour Adam Haddad, les soucis sont tout aussi nombreux. “Nous manquons de ressources, de main-d’œuvre et de liquidités entrant sur le marché”, dit-il. Selon lui, “ce qui manque maintenant, c’est l’électricité: “le gouvernement s’efforce de tout rétablir, et si Dieu le veut, dans un futur proche, l’énergie reviendra et Khartoum redeviendra ce qu’elle était”. 

“Un patriote”: au Venezuela, le chagrin de la mère d’un cadet tué lors de l’opération américaine

Au moment où les premières explosions ont secoué sa base à Caracas, le cadet Saul Pereira Martinez a saisi son téléphone pour envoyer ces quelques mots à sa mère: “Je t’aime. Ca a commencé”.Cette nuit du 3 janvier, les Etats-Unis menaient une opération éclair pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro, avec bombardements sur la …

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Dans l’Inde du Sud, la passion du jallikatu, l’autre tauromachie

“Jallikatu”: chevaucher un taureau en pleine charge après l’avoir agrippé par les cornes. Dans l’Etat indien du Tamil Nadu (sud), c’est un spectacle très prisé, Saravanan B en a fait une passion et finalement sa vie.”J’ai commencé à l’âge de 18 ans”, raconte l’ouvrier du bâtiment, qui en a 31 aujourd’hui. “Ca m’a toujours intéressé, …

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Le président du Guatemala déclare l’état de siège après des meurtres de policiers par des gangs

Le président du Guatemala a déclaré dimanche l’état de siège dans le pays pour renforcer les pouvoirs des autorités face aux gangs, qui ont pris ces derniers jours le contrôle de plusieurs prisons du pays et tué huit policiers.Ces attaques, des mutineries et prises d’otages dans trois établissements pénitentiaires, ont eu lieu en représailles à …

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L’incendiaire de la cathédrale de Nantes jugé pour l’assassinat d’un prêtre

Déjà condamné pour avoir mis le feu en 2020 à la cathédrale de Nantes, Emmanuel Abayisenga est jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de Vendée pour l’assassinat un an plus tard du père Olivier Maire.Août 2021: sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale, Emmanuel Abayisenga, ressortissant rwandais, est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il vient d’effectuer un séjour de quelques semaines en hôpital psychiatrique. Le 9 août, en début de matinée, il se rend à la gendarmerie et s’accuse d’un meurtre. Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est retrouvé ensanglanté dans le bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. D’après l’autopsie, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites de coups violents portés à la tête. Entre ses aveux aux gendarmes et sa garde à vue – reprise en juin 2022 après un nouveau séjour en psychiatrie -, les explications du mis en cause ont varié sur les raisons de son passage à l’acte. Si lui a nié l’avoir anticipé, le magistrat instructeur a bien retenu la préméditation et renvoyé Emmanuel Abayisenga, aujourd’hui âgé de 45 ans, devant la cour d’assises pour assassinat. Les experts psychiatres qui l’ont examiné lors de l’instruction ont de leur côté retenu l’altération de son discernement au moment des faits. Parties civiles au procès prévu sur quatre jours, les deux frères d’Olivier Maire attendent “que la justice passe, qu’il y ait une déclaration de culpabilité et une sanction”, a déclaré à l’AFP leur avocate, Me Céline Party. “Ils se posent encore des questions, et surtout :+Pourquoi ?+ Ils espèrent des réponses”, a-t-elle ajouté. – Amertume -Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été bénévole pendant plusieurs années pour le diocèse de Nantes. Il est décrit par des témoins comme “serviable” et “discret”. Débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile, il a écopé de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019, selon l’enquête. Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant le meurtre du père Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison. Un prêtre de la communauté a toutefois déclaré aux enquêteurs que le mis en cause et M. Maire étaient “proches” et que ce dernier souhaitait “l’aider”, “l’accompagner”. Originaire du Doubs, Olivier Maire a été ordonné prêtre en 1990 et a séjourné par la suite en Ouganda, en Haïti et en Italie. Les témoins le décrivent comme un homme “calme”, “ouvert” et “cultivé”. Sa mort avait à l’époque provoqué un vif émoi, y compris au plus haut niveau de l’Eglise catholique: le pape François avait fait part de sa “douleur” lors de son audience publique hebdomadaire. 

Le prince Harry de retour devant la justice à Londres pour son combat contre les tabloïds

Un nouveau procès s’ouvre lundi à Londres dans la bataille menée par le prince Harry contre les tabloïds: le fils cadet du roi Charles III attaque l’éditeur du Daily Mail, qu’il accuse d’avoir obtenu des informations sur sa vie privée de façon illégale.Le prince, qui vit en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, devrait assister à l’ouverture du procès devant la Haute Cour. Selon le calendrier d’audience, il va témoigner toute la journée de jeudi, comme il l’avait fait en 2023 contre MGN, l’éditeur du Daily Mirror. Il était alors devenu le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d’un procès en plus de cent ans.Il s’agit selon son entourage du dernier procès intenté par le prince de 41 ans contre des éditeurs de tabloïds et leurs pratiques illicites. Au total, sept personnalités attaquent Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday: aux côtés de Harry, figurent notamment le chanteur Elton John et son époux David Furnish, ainsi que les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost. Ils accusent ANL d’avoir eu recours à des détectives privés pour installer des dispositifs d’écoute dans leurs voitures et domiciles, d’avoir piraté leurs conversations téléphoniques, d’avoir payé des policiers pour avoir accès à des informations confidentielles, principalement entre 1993 et 2011.Le groupe ANL “nie vigoureusement” ces accusations, qu’il a qualifiées dans le passé d'”absurdes”. Le procès est prévu pour durer neuf semaines.Harry, qui tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris, nourrit une forte animosité contre la puissante presse à scandale britannique.Les pratiques illicites des tabloïds ont “tellement eu d’impact sur sa vie, qu’il veut aller au fond des choses. Il s’est vraiment engagé dans cette cause”, a souligné à l’AFP Mark Stephens, avocat spécialisé dans les médias. – Pratiques “ignobles” -En 2023, il avait obtenu la condamnation de l’éditeur du Daily Mirror pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques et reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140.600 livres sterling (162.290 euros). Dans ce procès, il avait dénoncé à la barre les pratiques “ignobles” de certains journaux et parlé de sa “paranoïa” face aux intrusions dans sa vie privée. “J’ai connu l’hostilité de la presse depuis que je suis né”, avait-il déclaré.Il y a un an, il avait obtenu un dédommagement ainsi que des excuses du propriétaire du Sun. Cet accord avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch avait permis d’éviter un procès de plusieurs semaines. Harry, qui avec Meghan s’est mis en retrait de la famille royale en 2020 après un départ fracassant du Royaume-Uni, ne devrait pas voir son père lors de son passage à Londres. Charles III devrait se trouver en Ecosse.Harry et Charles se sont vus en septembre lors d’une rencontre brève, leur première depuis un an et demi. Le prince avait confié en mai 2025 à la BBC qu’il “aimerait beaucoup (se) réconcilier avec (sa) famille”, en particulier avec son père, âgé de 77 ans et atteint d’un cancer dont la nature n’a pas été dévoilée.Selon l’agence de presse PA, ils sont désormais en contact régulier. Chaque visite du prince Harry au Royaume-Uni pose aussi la question de sa sécurité. Il a perdu en mai un recours pour obtenir une protection policière similaire à celle qu’il avait lorsqu’il était un membre actif de la famille royale.Le prince s’était dit “abattu” par cette décision, qui l’empêchait, selon lui, de revenir avec Meghan et leurs deux enfants au Royaume-Uni pour des raisons de sécurité.Mais selon des médias britanniques, le ministère de l’Intérieur a ordonné une évaluation complète des risques pour Harry et une protection policière financée par les contribuables britanniques pourrait à terme être rétablie systématiquement lors de ses visites.

Présidentielle au Portugal: centre gauche et extrême droite s’affronteront au second tour

L’élection présidentielle au Portugal se décidera lors d’un rare second tour entre le candidat de centre gauche et le leader de l’extrême droite, qui a atteint dimanche un nouveau palier en se qualifiant pour le vote décisif prévu le 8 février.Selon des résultats partiels quasi complets, le socialiste Antonio José Seguro, 63 ans, est arrivé …

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