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Mercosur: l’UE compte bientôt signer l’accord

La Commission européenne n’en démord pas: Bruxelles espère “bientôt” signer l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur, grâce à des “progrès” dans les discussions entre Européens, malgré la colère des agriculteurs.Ce lundi, la porte-parole de la Commission, Paula Pinho, n’a pas confirmé la date du 12 janvier envisagée pour approuver ce traité de libre-échange avec l’Amérique latine.Mais l’Union européenne est sur la “bonne route” pour cette signature, a-t-elle affirmé, grâce à des “discussions” au sein des Vingt-Sept, du “travail” et des “progrès”.Avant de s’envoler pour l’Amérique latine, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen doit d’abord obtenir le feu vert des États membres à la majorité qualifiée.Ce vote pourrait avoir lieu vendredi lors d’une réunion entre les représentants des Vingt-Sept, selon des diplomates.Auparavant, les ministres de l’Agriculture des pays européens sont conviés à une réunion spéciale mercredi à Bruxelles. A l’ordre du jour: l’accord avec le Mercosur mais aussi l’avenir de la politique agricole commune, également au cœur des inquiétudes des agriculteurs.Le traité de libre-échange avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay permettrait notamment à l’UE d’y exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux.Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.La Commission espérait signer cet accord dès le mois de décembre, mais elle avait été contrainte de reculer sous la pression de la France et de l’Italie.Malgré ce report, Ursula von der Leyen reste “confiante” quant à la perspective d’aboutir à un accord, après plus de vingt-cinq ans de négociations avec les pays du Mercosur.- Un geste sur la PAC ? -Ce traité est ardemment soutenu par l’Espagne et par l’Allemagne, qui veut relancer son industrie, bousculée par la concurrence chinoise et les droits de douane aux États-Unis.L’Italie, qui avait soufflé le chaud et le froid, pourrait aussi donner son aval. Tout en demandant un report en décembre, la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni avait assuré qu’elle finirait par valider l’accord.Sans les Italiens, la Hongrie, la Pologne et la France ne sont pas en mesure de former une minorité de blocage pour barrer la route à ce traité, qui suscite toujours la colère du monde agricole.A Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit ce lundi et mardi les syndicats d’agriculteurs pour tenter de désamorcer les tensions.Le monde agricole français est secoué par une série de crises: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers et menace d’une concurrence accrue des pays du Mercosur.En pleine opération déminage, le gouvernement a promis un décret pour suspendre l’importation en France de fruits et légumes contenant des résidus de cinq fongicides et herbicides interdits en Europe. Sont concernés avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins, pommes, melons, cerises, fraises ou pommes de terre “d’Amérique du Sud ou d’ailleurs”, selon Paris.La mesure devra toutefois obtenir l’aval de Bruxelles dans un délai de dix jours, a rappelé la Commission.L’exécutif européen “travaille déjà” par ailleurs “à établir que les pesticides les plus dangereux, interdits dans l’Union européenne pour des raisons de santé et d’environnement, ne soient pas réintroduits dans l’UE via des produits importés”, a souligné une porte-parole de la Commission, Eva Hrncirova.Aux yeux du gouvernement français, le traité avec le Mercosur n’est toujours “pas acceptable en l’état”. Paris attend en outre un geste en faveur des revenus des agriculteurs dans la future politique agricole commune, que la Commission est accusée de vouloir “diluer” dans son projet de budget européen 2028-2034.Pour une meilleure PAC et contre le Mercosur, des milliers d’agriculteurs étaient venus faire entendre leur mécontentement à Bruxelles le 18 décembre en marge d’un sommet européen entre chefs d’État et de gouvernement.Ils reprochent aux pays du Mercosur de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis.

Incendie en Suisse : toutes les victimes identifiées, l’Italie dénonce une tragédie évitable

Le long travail d’identification des 40 morts et 116 blessés dans l’incendie d’un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana a pris fin lundi, quatre jours après ce drame qui continue de soulever interrogations et critiques.”Toutes les victimes blessées ont été identifiées”, a annoncé lundi la police cantonale du Valais après ce sinistre provoqué, selon l’enquête, par des bougies dites “fontaines” dans le sous-sol de l’établissement Le Constellation la nuit de la Saint-Sylvestre.Les clients du bar, principalement des adolescents et de jeunes adultes, s’étaient retrouvés piégés par les flammes à l’intérieur. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des personnes tentant désespérément d’en sortir.”Cette tragédie aurait pu” et “dû être évitée grâce à la prévention et au bon sens”, a tonné lundi l’ambassadeur d’Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, présent à l’aéroport de Sion, dans le canton du Valais, pour le rapatriement des corps de cinq des six adolescents italiens ayant péri.Depuis dimanche on sait que sur les 40 défunts, âgés de 14 à 39 ans, la moitié étaient mineurs. Il s’agit de 22 Suisses, dont un qui a également la nationalité française, et de 18 étrangers, selon la police cantonale du Valais. Celle-ci a en outre précisé lundi que le nombre des blessés, auparavant établi à 119, avait été ramené à 116, dont 83 toujours hospitalisés. Selon un comptage actualisé, parmi ces blessés figurent 69 Suisses, 23 Français et 12 Italiens, dont des binationaux. – Macron sur place vendredi -Le local et ses voies de sortie étaient-ils aux normes ? Pourquoi autant de mineurs y étaient-ils présents au moment du drame ? Pourquoi le feu s’est-il propagé aussi rapidement ?L’enquête devra faire la lumière sur ces nombreuses questions, qui pourront engager la responsabilité de la commune comme des propriétaires français du bar, qui avaient effectué des travaux d’ampleur à sa reprise en 2015.Ceux-ci, Jacques et Jessica Moretti, font depuis samedi l’objet d’une enquête pour “homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence” mais ils n’ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence, ce qui a suscité l’étonnement jusqu’au-delà des frontières.”En Italie, ils auraient été arrêtés”, a protesté lundi l’ambassadeur italien, pointant du doigt de “nombreuses lacunes en matière de sécurité et de prévention”.”On comprend et on partage la colère, on comprend et on partage les réactions très émotionnelles, très fortes après le drame”, a réagi lundi le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard. Mais “il faut que l’enquête se passe, il faut que la justice fasse son travail, il faut que des réponses soient apportées aux familles parce que même si ça ne leur rendra pas leurs petits, on doit cette transparence et justice à ces familles”, a-t-il ajouté.La commune de Crans-Montana, quant à elle, a annoncé s’être portée partie civile pour “apporter activement sa contribution à l’établissement complet des faits”.Lundi dans la ville voisine de Sion, les cercueils de couleur crème de cinq des six Italiens morts ont été transportés du centre funéraire jusqu’à l’aéroport militaire, d’où a décollé l’avion qui devait les déposer à Milan puis à Rome, ont dit les autorités italiennes.A Paris, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a fait savoir que le président Emmanuel Macron se rendrait vendredi en personne en Suisse, pour la cérémonie d’hommage prévue par les autorités.Un 9 janvier qui sera décrété jour de deuil national dans ce pays alpin. 

Lecornu met la pression pour disposer d’un budget face aux crises

Sébastien Lecornu a fait sa rentrée lundi en mettant la pression sur les parlementaires pour qu’ils s’entendent sur un budget d’ici la fin du mois qui puisse répondre aux colères de plusieurs secteurs, en même temps qu’aux tensions internationales accrues.Le Premier ministre avait exposé sa ligne le 23 décembre: “repousser le désordre”, qui guette sur le plan du budget, toujours pas voté, chez les agriculteurs et les médecins, en colère. Sur le plan international aussi, après le récent coup de force de Donald Trump au Venezuela qui inquiète les chancelleries occidentales. En emmenant ses ministres place Beauvau pour le traditionnel petit-déjeuner du Nouvel an -avant de rejoindre l’Elysée pour le premier Conseil des ministres de l’année- Sébastien Lecornu s’est entouré justement des ministres Catherine Vautrin (Armées), Annie Genevard (Agriculture) et Stéphanie Rist (Santé).”Il faut un budget en janvier, il y aura un budget en janvier”, a promis lundi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV-RMC.Pour aboutir, le gouvernement fait valoir que le budget peut répondre en partie à la grogne des agriculteurs, très remontés contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse et le traité UE-Mercosur. Leur voix pèse dans les circonscriptions et pourrait convaincre les députés d’avancer. Sébastien Lecornu a prévu de prendre des mesures en janvier en leur faveur mais a prévenu qu’il faudrait un budget pour les mettre en oeuvre. “Le monde agricole ne peut pas attendre le mois de février”, a insisté dimanche son entourage.- “Calculs politiques” -Dans l’intervalle, le gouvernement entend appliquer certaines mesures fiscales agricoles dès le début de l’année, malgré l’absence de budget, a indiqué mardi le ministère de l’Economie. Car la loi spéciale adoptée pour assurer la continuité de l’Etat ne permet pas d’intégrer de nouvelles décisions.Autre dossier en suspens, la hausse prévue des crédits aux armées (+6,7 mds) dans un contexte international tendu.”Le monde s’est durci et la France doit se préparer” avec un “réarmement militaire” et “l’augmentation des moyens de la défense”, a fait valoir Mme Bregeon à l’issue du Conseil des ministres. Catherine Vautrin s’était dite dimanche “préoccupée” par l’absence de budget pour la défense.Le Premier ministre juge pour sa part “possible” d’aboutir “si les calculs politiques sont mis de côté”.Dimanche, il a mis en garde le président LFI de la commission des Finances Eric Coquerel. Ce dernier serait tenté selon lui de remettre en cause le principe de “l’entonnoir”, selon lequel des sujets nouveaux ne peuvent plus être versés au débat budgétaire. Il a aussi intimé à la droite sénatoriale de “dire si elle souhaite participer à une solution de compromis ou non”, même si la procédure permet au gouvernement de donner le dernier mot à l’Assemblée, où il compte toujours sur les socialistes pour faire passer le budget. – “Avancer sur le fond” -Si l’exécutif et le PS trouvaient un compromis, le Premier ministre pourrait alors faire adopter le budget par ordonnances ou par l’article 49.3 de la Constitution sans être censuré par la suite.Le PS avait certes fait du renoncement au 49.3 une de ses conditions pour voter le budget de la Sécurité sociale -adopté fin décembre-, et Sébastien Lecornu s’était engagé à ne plus y recourir. Or leurs positions semblent avoir évolué depuis.Le patron du PS Olivier Faure menace de censurer le Premier ministre s’il utilise cette arme “sans compromis préalable”. “Le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi”, avait ensuite glissé M. Lecornu dans la cour de Matignon.Le PS renvoyait lundi la balle dans le camp du gouvernement. “Il va falloir maintenant qu’il accepte des compromis”, a dit à l’AFP Arthur Delaporte, porte-parole des députés socialistes.Pour l’heure, les ministres des Finances et des Comptes publics Roland Lescure et Amélie de Montchalin vont recevoir ensemble, mardi à 17H, les groupes parlementaires, hors LFI et RN, pour tenter de trouver un terrain d’entente, tout en restant en dessous de 5% de déficit public. Avant le retour jeudi du projet de budget devant la commission des finances de l’Assemblée.”Que ce soit 49.3 ou autre, si le texte n’est pas potable, on a ni gouvernement, ni budget. Le gouvernement tombe et on se retrouve à la case départ. Donc il faut d’abord avancer sur le fond”, a prévenu M. Lescure, qui a dit avoir “pas mal échangé” avec les socialistes pendant les congés de fin d’année. Tout comme Sébastien Lecornu.

Groenland: une attaque américaine sur un pays de l’Otan serait “la fin de tout”, prévient le Danemark

La réaffirmation par Donald Trump de son intention de faire passer le Groenland, territoire autonome danois, sous drapeau américain suscitait lundi une condamnation internationale, la Première ministre danoise soulignant que l’attaque par les Etats-Unis d’un pays de l’Otan serait “la fin de tout”.”Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, alors c’est la fin de tout. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale”, a dit Mette Frederiksen à la télévision TV2.La cheffe du gouvernement, qui juge la situation “sérieuse”, a affirmé faire “tout (s)on possible pour que ce ne soit pas le cas”.”Ca suffit maintenant”, avait réagi la veille le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen.Interrogé par le magazine américain The Atlantic sur les implications pour le Groenland de l’opération militaire menée par les forces spéciales américaines au Venezuela, Donald Trump venait de déclarer que c’était à ses partenaires de les évaluer : “Ils vont devoir se faire leur propre opinion”.”Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper”, a ensuite réaffirmé le président américain devant des journalistes à bord d’Air Force One dimanche soir.Le président américain a dit qu’il allait s’occuper “du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours”. “Je ne suis pas d’accord pour dire que la sécurité dans l’Arctique n’est pas assurée”, a réagi Mme Frederiksen. En 2025, le Danemark a alloué quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros) à la sécurité dans la région, a-t-elle rappelé.Pour la députée Aaja Chemnitz, qui représente le Groenland au Parlement danois, il faut “être prêt pour tous les scénarios”.”Que ce soit la rupture d’un câble de communication ou les menaces de Trump, le peuple groenlandais doit se préparer”, a-t-elle dit à l’AFP.Immense île arctique peuplée de 57.000 habitants, le Groenland dispose d’importantes ressources minières, majoritairement non exploitées, et est considéré comme un emplacement stratégique. Les Etats-Unis y ont déjà une base militaire et en exploitaient une dizaine pendant la guerre froide.- “Très inquiétant” -Le mois dernier, le président américain s’était plaint que des navires russes et chinois soient “partout” le long des côtes du Groenland.”Il répand des mensonges sur la présence de ces navires. C’est très inquiétant”, a souligné Mme Chemnitz.Lundi dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les États-Unis de “cesser d’utiliser la prétendue menace chinoise comme prétexte pour chercher des gains personnels”.Dimanche soir, Mette Frederiksen s’était déjà élevée avec fermeté contre les propos du président américain: “Je demande instamment aux Etats-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre”.”(…) Il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.Les dirigeants européens se rangeaient lundi derrière le Danemark et le Groenland, le Premier ministre britannique Keir Starmer déclarant lui aussi soutenir son homologue danoise.L’Union européenne attend de ses partenaires qu’ils respectent les principes de la souveraineté et de l’intégrité d’un territoire, a souligné la Commission.Samedi, une publication sur X de l’épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait déjà semé le trouble. Alors que les Etats-Unis intervenaient militairement à Caracas, Katie Miller publiait sur son compte X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales: “SOON” (“bientôt”).Le Danemark est un allié historique et traditionnel des Etats-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement. Le royaume, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, fait partie de l’Otan depuis sa creéation.”On a l’Otan donc je ne pense pas qu’il va faire quoique ce soit ici (au Danemark). J’espère !”, se rassurait une retraitée danoise, Marianne Larsen, interrogée par l’AFP.L’annonce fin décembre par Donald Trump de la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland avait déjà provoqué un accès de fièvre entre les deux pays.Le Groenland répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.En janvier 2025, 85% des Groenlandais s’étaient dits opposés à leur rattachement aux Etats-Unis, selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise. Seuls 6% y étaient favorables.Fin mars 2025, le vice-président américain, JD Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant de se rendre au Groenland sans y avoir été invité. Il y avait finalement renoncé pour se contenter de visiter la seule base militaire américaine du territoire.

Ukraine : une clinique touchée par des frappes russes à Kiev

Une clinique à Kiev a été touchée lundi par des frappes russes, qui ont au total causé la mort de deux personnes, à la veille d’une réunion des alliés de l’Ukraine destinée à poursuivre les efforts diplomatiques pour régler le conflit.Des alertes antiaériennes ont retenti au cours de la nuit sur tout le territoire ukrainien, visé par 165 drones selon le président Volodymyr Zelensky, qui a signalé de nouvelles coupures d’électricité.Dans la capitale ukrainienne, un incendie a été provoqué dans une clinique privée par ces attaques, y faisant un mort et trois blessés, selon les services de secours qui ont diffusé des images de l’évacuation en pleine nuit de patients sur des brancards.Margaryta Maliovana, la directrice de l’établissement, a témoigné auprès de l’AFP d’une “nuit terrible”. Selon elle, 26 patients se trouvaient sur place au moment de l’impact et un homme de 30 ans a péri.”Il y a des blessés légers mais ils ont été soignés à la clinique – quelques égratignures ici et là, quelques personnes étaient stressées”, a-t-elle ajouté.”Nous dormions, comme d’habitude. Et soudain, il y a eu une explosion. Nous nous sommes réveillés, sans comprendre. (…) Puis nous avons vu de la fumée”, a raconté Vitaly Chliaïev, un retraité 81 ans qui habite à proximité.Dans la périphérie de Kiev, plusieurs habitations et infrastructures essentielles ont souffert des bombardements, qui ont fait un mort, un homme, dans la localité de Fastiv, a expliqué le gouverneur Mykola Kalachnyk sur Telegram.Les frappes ont entraîné des coupures de courant, rendant nécessaire le déclenchement de systèmes de secours pour maintenir l’approvisionnement en eau et chauffage, a précisé ce responsable, alors que les températures nocturnes sont tombées à -8°C.- Guerre ou diplomatie -Ces attaques sont survenues à la veille d’une réunion à Paris de pays soutenant Kiev pour tenter d’avancer en vue d’un règlement du conflit qui entrera bientôt dans sa cinquième année.Les Etats-Unis seront représentés mardi dans la capitale française par l’émissaire Steve Witkoff et par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a déclaré lundi à l’AFP un responsable de la Maison Blanche.Pour préparer la rencontre, des conseillers à la sécurité de 15 pays, dont la France, l’Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l’UE et de l’Otan, se sont retrouvés à Kiev samedi.Steve Witkoff a participé à distance aux discussions, consacrées aux détails de la dernière mouture du plan pour arrêter les hostilités présenté par les Etats-Unis et négocié avec l’Ukraine.Une autre rencontre, préparatoire, de chefs d’état-major, était prévue pour lundi.Cette série de discussions a pour but d'”apporter une contribution supplémentaire à la défense (ukrainienne) et à accélérer la fin de la guerre”, a lancé dimanche soir le président Volodymyr Zelensky.- “Défense active” -“L’Ukraine sera prête pour les deux voies possibles : la diplomatie, que nous recherchons, ou la poursuite d’une défense active si la pression exercée par nos partenaires sur la Russie s’avère insuffisante”, a-t-il ajouté.Son homologue russe Vladimir Poutine a lui aussi répété ces dernières semaines que Moscou atteindrait ses objectifs en Ukraine, soit par la voie des négociations, soit par celle des armes.Le Kremlin a fait connaître son intention de “durcir” sa position dans les pourparlers après avoir accusé l’Ukraine d’avoir voulu viser avec des drones une résidence de Vladimir Poutine, ce que Kiev dément.Donald Trump, qui s’était dans un premier temps dit choqué par l’annonce de cette attaque présumée, a finalement déclaré dimanche ne pas croire “que cette frappe ait eu lieu”.Face aux doutes exprimés par les Européens sur la véracité de cette opération, la Russie avait diffusé une vidéo montrant les débris d’un drone, une carte montrant la trajectoire des engins et le témoignage d’un homme présenté comme un habitant d’un village situé près de cette résidence.Sur le terrain, les forces russes ont poursuivi leur avancée lundi, revendiquant la prise de la localité de Grabovské dans la région de Soumy, dans le nord-est de l’Ukraine, où M. Poutine avait ordonné à ses troupes de conquérir une “zone tampon” à la frontière.L’armée russe a réalisé sa plus forte progression sur le front en 2025 depuis la première année -en 2022- de l’invasion de l’Ukraine, s’emparant de plus de 5.600 km2 de territoires ukrainiens, selon l’analyse par l’AFP de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l’étude des conflits.

Maduro est arrivé au tribunal de New York pour sa première comparution après sa capture

Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro et son épouse sont arrivés lundi pour comparaître devant un tribunal de New York, deux jours après avoir été enlevés à Caracas lors d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le pays riche en pétrole.Détenu depuis samedi soir à Brooklyn, dans l’un des centres de détention les plus gros des Etats-Unis, connu pour son insalubrité et sa gestion défaillante, Nicolas Maduro, 63 ans doit répondre de quatre chefs d’accusation, principalement pour des faits de trafic de drogue. Son épouse Cilia Flores, 69 ans, répondra de trois chefs.Des images diffusées par les médias américains ont montré le couple menotté et escorté par des agents des forces de l’ordre lourdement armés. Leur comparution est prévue à partir de midi (17H00 GMT).Devant le tribunal de Manhattan du Southern District, où ils ont été conduits, des dizaines de journalistes ont patienté depuis l’aube pour assurer leur place dans l’enceinte judiciaire.Quelques dizaines de partisans et opposants du président se sont massés aux abords, se faisant face.  – “merci Trump!” -“Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, et c’est le plus beau cadeau que j’aie jamais reçu de toute ma vie”, dit Angel Montero, Vénézuélien de 36 ans, qui “tient à remercier Donald Trump”.”Je suis là pour m’opposer aux guerres américaines (…) Ca ne rendra pas l’Amérique plus sûre, ça rendra les gens de Wall Street plus riches”, croit au contraire Sydney Loving, 31 ans, venue de Minneapolis pour protester contre la capture de l’homme qui a dirigé le Venezuela d’une main de fer pendant une décennie.Le couple est visé par un nouvel acte d’accusation publié samedi, aux côtés de quatre autres personnes  – qui n’ont pas été arrêtées – dont le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l’un des hommes les plus puissants du pays, et le fils de Nicolas Maduro. Le leader vénézuélien était “à la tête d’un gouvernement corrompu et illégitime qui, depuis des décennies, a utilisé le pouvoir de l’Etat pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue. Ce trafic a enrichi et solidifié l’emprise de l’élite politique et militaire vénézuélienne”, écrit l’acte d’accusation.Il est notamment accusé de s’être allié avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme “terroriste”, ainsi qu’à des cartels criminels pour “acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis”.Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, nommée dirigeante vénézuélienne par intérim à l’issue de la spectaculaire opération menée samedi par les forces spéciales américaines, a affiché sa volonté de coopérer avec les Etats-Unis dans le cadre de relations “équilibrées et respectueuses (…) fondées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence”.Celle qui était la vice-présidente de Nicolas Maduro montre ainsi un premier signe d’ouverture envers Donald Trump qui ne cache pas ses intentions de diriger la transition ni ses ambitions pour les immenses ressources pétrolières vénézuéliennes.- “Cuba prêt à tomber -Donald Trump aussi a mis en garde la présidente par intérim: “si elle ne fait pas ce qu’il faut”, elle subira un sort pire que celui réservé au président déchu.De nombreux pays contestent la légalité de l’intervention américaine, présentée par les Etats-Unis comme une “opération de police”. Lors d’une réunion d’urgence lundi matin du Conseil de sécurité de l’ONU, à la demande du Venezuela et relayée par la Colombie, le secrétaire général Antonio Guterres a appelé au respect de l'”indépendance politique” des Etats, dans un texte lu par une adjointe.Certains alliés des États-Unis, dont l’Union européenne, ont exprimé leur inquiétude. A Paris, Emmanuel Macron a affirmé que la “méthode utilisée” par les Etats-Unis pour capturer Nicolas Maduro, n’était “ni soutenue ni approuvée” par la France. Lors de l’opération, minutieusement préparée, 32 membres des services de sécurité cubains ont été tués, a précisé le gouvernement de ce pays allié de Caracas.”Cuba est prêt à tomber”, a déclaré M. Trump à bord d’Air Force One, estimant qu’il serait difficile pour ce pays de “tenir le coup” sans les revenus issus du pétrole vénézuélien. Le président américain a affirmé dimanche soir qu’une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait “une bonne idée”.Si les Etats-Unis assurent ne plus vouloir s’impliquer dans les affaires politiques d’autres pays comme en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.Il a affirmé qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l’or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.Bien qu’aucune force américaine connue ne soit restée à l’intérieur du Venezuela, une présence navale massive, incluant un porte-avions, demeure au large des côtes.

La neige perturbe le trafic dans l’ouest de la France, 26 départements en vigilance orange

La neige tombée en abondance lundi sur l’ouest de la France a provoqué d’importantes perturbations routières, particulièrement en Normandie, placée en vigilance orange pour neige-verglas comme la Bretagne et l’Ile-de-France.Elle a également des conséquences sur le transport aérien, les compagnies devant réduire de 15% le nombre de leurs vols dans les aéroports parisiens de Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, a annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot.Des mesures nécessaires pour permettre les opérations de déneigement et de préparation des appareils.S’agissant du transport ferroviaire, la vitesse des TGV est réduite à 200 km/h (au lieu de 300 km/h) depuis ce matin, mesure obligatoire, a indiqué la SNCF à l’AFP.Au total, Météo-France a placé 26 départements, du Poitou-Charentes au bassin parisien, en vigilance orange jusqu’à mardi matin en raison des intempéries.Lundi matin, des chutes de neige notables ont frappé la Manche et la Seine-Maritime, provoquant de fortes perturbations sur certains axes routiers, comme l’autoroute A84 dans la Manche ou les autoroutes A28 et A29 en Seine-Maritime, entre Rouen et Abbeville.En début d’après-midi, “l’autoroute A28 enregistrait de grosses difficultés de circulation, dans le sens Abbeville-Rouen, du fait de poids lourds bloqués en travers des voies et empêchant le flux des véhicules légers, à l’arrêt derrière eux”, selon un communiqué de presse de la préfecture.Des dépanneurs poids lourds étaient mobilisés “pour retirer des voies les véhicules qui obstruent la circulation”, a ajouté la préfecture, qui demande aux usagers de la route de “limiter ou reporter, autant que possible, leurs déplacements”.La neige a notamment perturbé la circulation sur la rocade de Coutances (Manche), où les automobilistes ont été contraints de stationner sur le bas-côté le temps de dégager les voies.En Bretagne ou en Normandie les transports scolaires ont également été suspendus par mesure de précaution et la région Normandie a reconduit cette mesure mardi pour “l’ensemble des lignes de transports scolaires et commerciales dans tous les départements normands”. – Paris et sa région touchés -A 16h lundi, les précipitations neigeuses sont bien en place dans l’intérieur de la Bretagne en Normandie et jusqu’en région parisienne. Les valeurs relevées vont de 2 à 7cm en Normandie, localement 5 à 10 cm voire 15 cm sur les hauteurs et déjà quelques cms en région parisienne, selon Météo-France.La préfecture des Yvelines, où plusieurs centimètres de neige sont attendus lundi après-midi, a invité sur X les parents à récupérer leurs enfants “à partir de 15H00” et incite les employeurs, “lorsque cela est possible, à permettre aux salariés de quitter leur lieu de travail à partir de 15H00″. Les transports scolaires sont suspendus dans le département pour la journée de mardi.Quelque 1.250 places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes à Paris depuis l’activation du plan grand froid le 28 décembre et ont permis de mettre plus de 1.000 personnes à l’abri, a indiqué lundi le préfet d’Ile-de-France, Marc Guillaume. Depuis le 28 décembre, 17 lieux d’hébergements ont été ouverts.”Il faut qu’on poursuive cet effort parce qu’il va faire froid pendant trois jours”, a insiste M. Guillaume.Vinci autoroutes a annoncé qu’en Ile-de-France la vitesse était limitée à 80 km/h sur les nationales et les autoroutes.Plus au nord, la préfecture des Hauts-de-France a pris lundi un arrêté réduisant, dans les cinq départements de la région, de 20 km/h la vitesse maximale autorisée pour l’ensemble des véhicules sur les portions d’autoroutes et routes nationales habituellement limitées à 130 et 110 km/h.Les chutes de neige pourraient atteindre localement entre cinq et sept centimètres sur les routes et les trottoirs de la région parisienne, avant de s’étendre aux Pays de la Loire et au Poitou-Charentes. La Vendée et la Charente-Maritime sont les plus exposées aux intempéries dans la soirée, prévient Météo-France.”Dans la nuit de lundi à mardi, après les chutes de neige, les gelées seront encore marquées, ce qui rendra les conditions de circulation très délicates jusqu’à mardi matin”, souligne l’institut.Cette vigilance orange pour neige et verglas est valable jusqu’à mardi matin et une nouvelle extension pourrait être annoncée dans la journée.Sur le reste de la France, le temps est “glacial avec de fortes gelées et des brouillards givrants parfois tenaces”, du Poitou au Centre et au Nord-Est, selon Météo-France.

Le Premier ministre reçoit les syndicats agricoles, de nouveau mobilisés

Les tracteurs sont lancés et la mobilisation des agriculteurs reprend lundi pour faire pression sur le gouvernement dont le chef Sébastien Lecornu reçoit les syndicats afin d’écarter la menace d’un troisième hiver de colère paysanne.Les rencontres ont débuté lundi avec les Jeunes agriculteurs (JA) à 15H, puis la Coordination rurale (CR) à 18H, avant des entretiens mardi à 17H30 avec la puissante FNSEA, suivie de la Confédération paysanne à 19H00.Les crises sont nombreuses: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les bovins; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur; négociations ardues à venir concernant la politique agricole commune (PAC) européenne; détresse des viticulteurs…Plusieurs points de blocage ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Le Buisson, Lozère), A64 (Carbonne, Haute-Garonne), A51 (Roissard, Isère) et sur l’A7 au niveau de l’échangeur de Chanas dans le même département.D’autres voies d’accès à Lyon sont également perturbées. Un cortège de 30 tracteurs bloque depuis la mi-journée une voie d’accès à l’autoroute du Soleil (A7) au sud de la métropole.”On ne bouge pas jusqu’à ce que le gouvernement réponde à nos sollicitations” concernant la dermatose ou l’accord avec le Mercosur, explique Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale.La question sera de savoir si le président du syndicat appellera à sa sortie de Matignon à lancer les tracteurs vers Paris, rumeur qui s’amplifie ces derniers jours.La FNSEA, plus puissant des syndicats qui avait lancé ses tracteurs à l’assaut de la capitale début 2024, a sonné la mobilisation nationale dimanche, ce qui pourrait donner de l’ampleur au mouvement.- Réunion à Bruxelles -Après des premières rencontres à Matignon et à l’Elysée en décembre, le gouvernement a promis vendredi “de nombreuses mesures” pour les agriculteurs “tout au long du mois de janvier”, selon l’entourage de M. Lecornu. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé lundi matin sur X que le fonds hydraulique agricole passerait à 60 millions d’euros en 2026. En 2025, 20 millions d’euros étaient destinés à 97 projets.Dimanche, le Premier ministre s’est adressé aux agriculteurs dans une “lettre ouverte”, promettant d’entrer dans une phase “plus offensive”, notamment vis-à-vis de l’Union européenne.M. Lecornu appelle notamment l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs.Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe – les mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles, où Annie Genevard se rend mercredi pour une réunion spéciale avec ses homologues européens sur le Mercosur et la PAC.- Promesses “insuffisantes” -Pour l’heure, les syndicats jugent tous ces promesses “insuffisantes”, la FNSEA dénonçant notamment une “absence de vision (…) mortifère” et un manque de réponses concrètes aux “problématiques de revenus des agriculteurs”.Ces dernières semaines, le syndicat, soutien de la stratégie gouvernementale contre la dermatose nodulaire, avait laissé la main à ses sections locales pour se mobiliser, menant surtout une manifestation massive à Bruxelles en décembre contre le Mercosur.La Coordination rurale (2e syndicat, adepte des opérations coups de poing et anti-écologiste) et la Confédération paysanne (3e syndicat, classé à gauche) étaient en pointe de la contestation en France depuis décembre.Ils réclament la vaccination généralisée du cheptel bovin (près de 16 millions de bovins) et l’arrêt de l’abattage intégral du foyer dès le premier cas de dermatose nodulaire.La vaccination des bovins dans le Sud-Ouest devrait passer le cap décisif des 75% lundi, première condition pour prétendre ensuite à une levée des restrictions de mouvement d’animaux.Après une relative trêve, les syndicats avaient prévenu qu’ils relanceraient la mobilisation en janvier contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé le 12 janvier.Quelques dizaines d’agriculteurs et 35 tracteurs ont installé un barrage filtrant lundi à Calais, pour vérifier les marchandises transportées. Le but: “faire prendre conscience aux citoyens qu’on nous impose des normes de production que d’autres pays ne respectent pas”, explique Antoine Peenaert, responsable local de la FNSEA.