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Le ministère américain de la Justice publie des tombereaux de documents du dossier Epstein

Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi la publication d’une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.”Aujourd’hui, nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2.000 vidéos et plus de 180.000 images”, a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, lors d’une conférence de presse.Ancien avocat personnel de Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein quand les deux hommes évoluaient au sein de la jet-set à New York et en Floride dans les années 1990, il a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus.”Nous nous sommes conformés à la loi et nous n’avons pas protégé le président Trump ni protégé ou omis de protéger qui que ce soit”, a assuré Todd Blanche.”Comme nous l’avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions”, a-t-il assuré.”Mais je ne pense pas que la population, ou vous, en découvrirez dans les documents Epstein, hélas”, a ajouté M. Blanche.Il faisait référence à un mémorandum publié conjointement en juillet par le ministère et le FBI, la police fédérale, concluant à l’absence d’élément nouveau dans le dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.L’annonce avait enflammé la base “MAGA” de Donald Trump qui voit dans l’affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de ses suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé vendredi dans un communiqué que les derniers documents publiés “exposaient” les femmes exploitées “tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés”. – “Fin du processus” -Au total, près de 3,5 millions de pages ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d’une loi, a relevé M. Blanche.”La publication d’aujourd’hui marque la fin d’un processus très approfondi de recensement et d’analyse de documents pour garantir la transparence au peuple américain et le respect de la loi”, a-t-il souligné en lisant une lettre au Congrès.Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, “le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi”, selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et M. Blanche.Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de 20 ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a précisé Todd Blanche.L’élu démocrate Ro Khanna, un des coauteurs de la loi, s’est dit “content que ces documents soient publiés”, après des semaines d’attente.”Mais je ne pourrai pas dire qu’ils ont agi de bonne foi avant d’avoir vu les documents”, a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision MS NOW.- “Menteur” -Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par ses relations avec le financier américain.La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias “des accusations absolument absurdes provenant d’un menteur patenté”.Un échange datant de fin septembre 2010 met lui en lumière les liens entre Jeffrey Epstein et l’ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion. Le financier avait été libéré le mois précédent de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure.Donald Trump, pour sa part, reconnaît avoir fréquenté Epstein à l’époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu’il ne soit inquiété par la justice.Le ministère de la Justice a justifié la diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, autorisé sous conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l’ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l’attention. Bill Clinton a également toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier.

Le chef de l’ONU alerte sur son “effondrement financier imminent”

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a tiré vendredi la sonnette d’alarme, avertissant les Etats membres d’un “effondrement financier imminent” de l’organisation si certains rechignent toujours à payer.L’institution a “déjà surmonté” des périodes délicates sur le plan financier “mais la situation actuelle est radicalement différente”, estime M. Guterres dans une lettre aux pays membres …

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La présidente par intérim du Venezuela annonce une amnistie générale

La présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodriguez a annoncé vendredi une amnistie générale et la fermeture de l’Hélicoïde, redoutée prison politique de Caracas,  moins d’un mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.”Nous avons décidé de promouvoir une loi d’amnistie générale couvrant toute la période de violence politique de 1999 à aujourd’hui”, a lancé Mme Rodriguez lors d’une déclaration devant la Cour suprême de justice (TSJ), précisant que la loi sera présentée à l’Assemblée nationale.”Qu’il s’agisse d’une loi qui serve à réparer les blessures laissées par la confrontation politique, nourrie par la violence et l’extrémisme. Qui permette de remettre la justice sur les rails dans notre pays et de réorienter la coexistence entre les Vénézuéliennes et les Vénézuéliens”, a-t-elle dit.La présidente a aussi promis la fermeture de la redoutée prison de l’Hélicoïde à Caracas, accusée d’être un centre de torture par l’opposition et des militants des droits humains : “Nous avons décidé que les installations de l’Hélicoïde, qui servent aujourd’hui de centre de détention, deviennent un centre social, sportif, culturel et commercial pour la famille policière et pour les communautés voisines”.Elle va aussi organiser “une grande consultation nationale pour un nouveau système judiciaire”, ONG et opposition accusant l’actuel d’être corrompu et inféodé au pouvoir.Les personnages les plus puissants de l’Etat, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, le président de l’Assemblée Jorge Rodriguez, le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez et le procureur général de la République Tarek William Saab, assistaient à la cérémonie.- Amnistie, pas “impunité” -Sous pression américaine après la capture du président Nicolas Maduro, le pouvoir vénézuélien a promis le 8 janvier des libérations de prisonniers politiques, mais ces dernières ont lieu au compte-gouttes.Les autorités affirment que plus de 800 prisonniers politiques -jamais mentionnés en tant que tels- ont été libérés, et que ces libérations ont commencé “avant décembre” et la capture de Maduro.L’ONG spécialisée Foro Penal conteste ce chiffre, et ne recense depuis décembre que 383 libérations, et 266 depuis le 8 janvier. Au Venezuela, il y a encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon cette ONG. Des dizaines de proches campent devant les prisons du pays, attendant les libérations.- “Chemin qui conduise à la liberté””C’est merveilleux! Cela fait six mois que je n’ai aucune nouvelle de mon fils, alors, bon sang, c’est une immense joie, c’est une amnistie, mon Dieu, c’est une libération totale”, s’est réjouie Betsy Orellana, 63 ans, interrogée par l’AFP près de l’Hélicoïde. Elle est la mère de Rodolfo Rodriguez, arrêté dans le cadre de l’opération Gedeon en 2020, une tentative ratée de débarquement de mercenaires qui a conduit à d’innombrables arrestations.”Je n’ai pas de mots, vraiment, tu ne peux pas imaginer la souffrance d’une mère”, ajoute-t-elle.”Les amnisties sont bonnes tant qu’elles ne conduisent pas à l’impunité”, s’est félicité le président de l’ONG Foro Penal. “Si l’amnistie sert à protéger quelques-uns pour échapper à la justice à l’avenir, ce n’est pas une amnistie, c’est simplement un mandat d’impunité”, a-t-il relevé.”Si l’amnistie entraîne réellement une réconciliation avec honnêteté et transparence, ce serait idéal (…) L’amnistie dépend de ce qui y est établi (…) on ne peut pas y inclure de graves violations des droits humains, c’est évident, et encore moins des crimes contre l’humanité”, a-t-il précisé.Le député d’opposition Tomas Guanipa, dont les deux frères sont en détention, espère que l’amnistie mettra fin “à une époque de répression”.”Que ceci soit le début d’un chemin qui nous conduise à la liberté et à la démocratie, définitivement et pour toujours”, a-t-il déclaré à l’AFP dans une interview à son domicile à Caracas.La prix Nobel de la paix et cheffe de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado a estimé depuis la Colombie voisine que “ce n’est pas un geste volontaire du régime, mais la réponse à la pression du gouvernement des Etats-Unis. J’espère que les prisonniers pourront bientôt être avec leur famille”.”Quand la répression disparaît et que la peur s’en va, c’est la fin de la tyrannie”, a-t-elle affirmé.Comme un symbole de ces tractations américaines, la nouvelle cheffe de mission diplomatique des Etats-Unis pour le Venezuela, Laura Dogu, arrivera samedi à Caracas, a confirmé ce vendredi à l’AFP une source diplomatique.Sa nomination, le 22 janvier, en tant que plus haute autorité d’une représentation diplomatique après un ambassadeur, marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, rompues depuis 2019.

Canal du Panama: le Danois Maersk exploitera temporairement deux ports après l’annulation de la concession de CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi que le géant danois du transport maritime Maersk exploitera temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation la veille par la justice panaméenne de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a invalidé la concession dont jouissait CK Hutchison pour exploiter deux ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Selon l’arrêt de 69 pages consulté parl’AFP, la concession a été déclarée “inconstitutionnelle” car elle avait “une inclination disproportionnée en faveur de l’entreprise” sans “aucune justification” et “au détriment des caisses de l’Etat”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour du canal de 80 kilomètres par lequel transite environ 5% du commerce maritime mondial.Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. L’Autorité maritime du Panama a indiqué vendredi que le gouvernement panaméen “comptera, le moment venu, sur le soutien spécialisé d’APM Terminals (filiale de Maersk) en tant qu’administrateur temporaire” des ports de Balboa et Cristobal. Cette entreprise “est l’un des opérateurs maritimes les plus fiables au monde, ce qui en fait une option adéquate pour assumer cette responsabilité”, a ajouté l’autorité dans un communiqué.Le président panaméen José Raul Mulino avait auparavant évoqué des “discussions” avec Maersk pour “prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a-t-il expliqué.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports.Dans un communiqué, la filiale de Maersk a confirmé “sa disposition à assumer l’exploitation temporaire” afin de “prévenir tout risque” pour le commerce mondial.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les Etats-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.

Syrie: Damas et les Kurdes annoncent un accord, salué par Washington et Paris

Après des mois d’impasse et de violents combats, Damas et les Kurdes ont annoncé vendredi un accord sur l’intégration progressive des forces et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’Etat syrien, salué par Washington et Paris.Cet accord “global”, selon le terme utilisé par les deux camps, porte un coup aux espoirs …

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