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Mercosur: l’UE compte bientôt signer l’accord

La Commission européenne n’en démord pas: Bruxelles espère “bientôt” signer l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur, grâce à des “progrès” dans les discussions entre Européens, malgré la colère des agriculteurs.Ce lundi, la porte-parole de la Commission, Paula Pinho, n’a pas confirmé la date du 12 janvier envisagée pour approuver ce traité de libre-échange …

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Neige: en Île-de-France, bouchons en pagaille et trafic RATP très perturbé

Un épisode neigeux intense a mis la pagaille lundi dans les déplacements en Île-de-France: plus de 1.000 km de bouchons cumulés y ont été enregistrés et le trafic RATP a été perturbé sur les lignes RER et suspendu pour les bus.Au total, Météo-France a maintenu 26 départements situés dans un grand quart nord-ouest en vigilance orange neige-verglas jusqu’à mardi matin, et prévenu que le “fort regel” rendrait “les sols très glissants” à l’aube.En région parisienne, le cumul des encombrements routiers a entamé une décrue après avoir atteint un pic inédit d’environ 1.020 km vers 18H00.Il était encore de 200 km peu avant 21H00, un chiffre très élevé à cet horaire tardif qui confirme un début de soirée très compliqué pour les déplacements des Franciliens.”Ici on n’est pas dans un pays du tiers monde! Le Canada a des températures de -40°C et ils s’en sortent parce qu’ils prennent les devants, ils s’équipent, contrairement à nous”, s’agace Stéphanie Anoh, 51 ans, rencontrée à la gare Saint-Lazare. Secrétaire dans un hôpital parisien, elle a tenté de regagner son domicile d’Herblay (Val-d’Oise) mais son train de retour a accusé du retard.”J’ai dû changer d’itinéraire au vu de la situation climatique”, témoigne également Marie Encana, travailleuse sociale de 40 ans habitant en région parisienne.La présence de verglas rend les conditions de circulation dangereuses dans certains secteurs, a averti la RATP dans un point de situation, annonçant plusieurs mesures de restriction.Sur le réseau de surface, la régie a pris la décision de suspendre progressivement depuis 16H00 l’exploitation de l’ensemble des lignes de bus et ce jusqu’à la fin de service.Par mesure de précaution, certaines lignes de Noctilien ne devaient pas non plus être exploitées dans la nuit de lundi à mardi.Concernant le réseau ferré, le trafic sur les lignes de RER A et B est perturbé en raison des chutes de neige, tandis que l’ensemble des lignes de métro fonctionnent normalement, selon un point de la RATP communiqué vers 20H00.Face aux prévisions, la préfecture de police de Paris avait conseillé dès la mi-journée aux automobilistes d’anticiper leur retour chez eux.En Île-de-France, la vitesse a été limitée à 80 km/h sur les grands axes et Vinci Autoroutes a appliqué cette restriction sur son réseau, tandis que la circulation des poids lourds de plus de 3,5 tonnes a été interdite sur les principales routes.- Vols annulés et TGV ralentis -Les conséquences ont été également lourdes dans le ciel.Les compagnies aériennes ont dû réduire de 15% leur programme de vols à Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly, a annoncé le ministre des Transports, Philippe Tabarot.Ces mesures, nécessaires pour le dégivrage des avions et le déneigement des pistes, ont entraîné des retards moyens de 50 minutes à Roissy et 37 minutes à Orly.Côté transport ferroviaire, la vitesse de certains TGV a été réduite à 200 km/h (au lieu de 300 km/h) depuis l’après-midi.Le front neigeux, qui a d’abord frappé l’ouest du pays, s’est ensuite étendu du Poitou-Charentes aux Ardennes.Les cumuls relevés à 16H00 allaient de 2 à 7 cm en Normandie, avec des pointes locales à 10 voire 15 cm sur les hauteurs.- Accidents de cars – En Normandie, l’autoroute A28 a connu de “grosses difficultés” dans le sens Abbeville-Rouen en début d’après-midi, bloquée par des poids lourds en travers des voies, selon la préfecture de Seine-Maritime. Des dépanneurs ont été mobilisés pour dégager les véhicules obstruant la circulation.Quelques dizaines de poids lourds étaient toujours à l’arrêt en fin d’après-midi sur une voie de l’A28 et de l’A29, juste après la gare de péage de Cottévrard, dans le sens Abbeville-Rouen. Les chauffeurs maintenus sur les aires de stockage pouvaient se ravitailler auprès des commerces présents sur ces sites.Dans la Manche, l’A84 et la rocade de Coutances ont également subi de fortes perturbations, contraignant des automobilistes à stationner sur le bas-côté.Face aux risques, les transports scolaires ont été suspendus pour la journée de mardi dans l’ensemble de la Normandie, en Bretagne, mais aussi dans les Yvelines, l’Oise, la Somme et les Ardennes.En Mayenne, la préfecture a fait état de deux accidents de cars: un à Astillé où trois enfants ont été pris en charge pour des urgences relatives, un autre à Cossé-le-Vivien avec un bus couché et une porte bloquée. Les 33 jeunes passagers et le conducteur sont indemnes.Les autorités se sont préparées à une nuit difficile.”Les gelées seront encore marquées, ce qui rendra les conditions de circulation très délicates jusqu’à mardi matin”, a prévenu Météo-France.Le préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume, a confirmé l’ouverture de 1.250 places d’hébergement supplémentaires à Paris dans le cadre du plan grand froid.”Il faut qu’on poursuive cet effort parce qu’il va faire froid pendant trois jours”, a-t-il insisté.ban-mas-kau-imk-mby-djb/bfa/abl

Iran: la justice affiche sa fermeté face aux “émeutiers” après des menaces de Trump

La justice iranienne a prévenu lundi qu’elle ne ferait preuve “d’aucune indulgence” envers “les émeutiers”, au neuvième jour d’un mouvement de contestation, après une menace d’intervention de Donald Trump en cas de répression meurtrière.   Le président américain a menacé dimanche de “frapper” l’Iran si ses autorités “commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé”. La contestation a débuté le 28 décembre à Téhéran, menée au départ par des commerçants sur le coût de la vie, avant de gagner 23 provinces sur les 31 que compte le pays avec des revendications désormais politiques.Elle touche ou a touché au moins 45 villes, essentiellement petites et moyennes et surtout situées dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias.Policiers et police antiémeute étaient déployés lundi aux principaux carrefours de Téhéran, a constaté un correspondant de l’AFP. Des policiers étaient aussi présents devant certains établissements scolaires, tandis que plusieurs universités ne dispensent plus leurs cours qu’en ligne. La majorité des commerces étaient en revanche ouverts lundi dans la capitale.L’agence de presse du pouvoir judiciaire, Mizan, affirme lundi que les services de renseignement de la police de la capitale ont saisi “des armes, des munitions et du matériel servant à fabriquer des engins explosifs artisanaux” dans une cache.Au moins 12 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lors d’affrontements localisés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan de l’AFP basé sur des annonces officielles et des médias.Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a souligné “la nécessité d’éviter d’autres victimes”, jugeant que “tous les individus doivent être autorisés à manifester pacifiquement”, a rapporté son porte-parole.- “Saper l’unité” -“J’ordonne au procureur général et aux procureurs de tout le pays d’agir conformément à la loi et avec détermination contre les émeutiers et ceux qui les soutiennent” sans “aucune indulgence ni aucune complaisance”, a déclaré lundi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï. A l’instar de la position affichée par le pouvoir depuis le début du mouvement, il a toutefois reconnu un droit légitime à manifester pour des revendications économiques. “La République islamique écoute les manifestants (…) et fait une distinction avec les émeutiers”, a-t-il ajouté. Téhéran a par ailleurs accusé lundi Israël de chercher à “saper l’unité nationale” après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit dimanche “solidaire du combat” des Iraniens.  Il est “très possible que nous soyons à un moment décisif, un moment où le peuple iranien prend son destin en main”, a surenchéri lundi M. Netanyahu.De nouveaux affrontements ont opposé durant le week-end manifestants et forces de l’ordre en Iran. Samedi soir, des slogans politiques tels que “+Mort au dictateur+” ont été entendus dans la capitale, selon l’agence de presse Fars, évoquant des rassemblements sporadiques et isolés. Des images prises dimanche dans le centre-ville et authentifiées par l’AFP montrent des forces de l’ordre utiliser du gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants.La situation était tendue ces derniers jours dans l’ouest du pays, à plusieurs centaines de kilomètres de Téhéran, notamment à Malekshahi, où vit une importante population kurde.L’organisation Iran Human Rights, basée en Norvège, a notamment fait état de quatre morts et trente blessés dans cette ville. Et publié des images, authentifiées par l’AFP, de ce qui paraissait être des corps ensanglantés au sol. – Geste des autorités -L’agence de presse iranienne Fars a assuré pour sa part lundi que “la tendance observée dimanche soir est à une baisse notable du nombre de rassemblements et de leur étendue géographique”.Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement ni en détail sur tous les incidents. Des vidéos sur la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.Dimanche, les autorités ont annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials (environ six euros) par personne, pendant quatre mois, pour “réduire la pression économique sur la population”. Les 86 millions d’Iraniens subissent depuis des années une hyperinflation à deux chiffres dans un pays plombé par des sanctions internationales liées à son programme nucléaire. Le salaire moyen est d’environ 170 euros par mois et le salaire minimum d’environ 85 euros.  Le mouvement n’est à ce stade pas de l’ampleur de celui déclenché fin 2022 par la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin. En 2019, des manifestations avaient aussi fait des dizaines de morts en Iran après l’annonce d’une envolée du prix de l’essence.

Colère agricole: les déplacements de tracteurs interdits, Lecornu reçoit la Coordination rurale

La mobilisation a repris et le moteur des tracteurs tourne, mais ils ne pourront peut-être pas venir jusqu’à Paris pour porter la colère des agriculteurs, dont les syndicats ont commencé à être reçus lundi par le Premier ministre Sébastien Lecornu.Selon plusieurs arrêtés préfectoraux consultés par l’AFP, les mouvements de tracteurs sont interdits dans plusieurs régions de France jusqu’à jeudi. Ces textes ont été rendus publics après que la Coordination rurale, reçue depuis 18H00 à Matignon, a fait planer la menace de lancer ses tracteurs vers la capitale.Les crises sont nombreuses et, depuis début décembre, la colère monte: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les bovins; faible cours du blé et prix élevé des engrais qui plombent les céréaliers; menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur; négociations ardues à venir concernant la politique agricole commune (PAC) européenne; détresse des viticulteurs…Les rencontres à Matignon ont débuté lundi avec les Jeunes agriculteurs (JA) à 15H, puis la Coordination rurale (CR) à 18H, avant des entretiens mardi à 17H30 avec la puissante FNSEA, suivie de la Confédération paysanne à 19H00.”On restera mobilisés” contre l’accord UE-Mercosur, a déclaré le président des JA à la sortie du rendez-vous, annonçant, si l’accord devait être signé comme la Commission européenne l’espère dans les prochains jours, une mobilisation au Parlement européen le 19 janvier. Sans donner de détail sur la mobilisation des prochains jours.Son allié, la FNSEA, qui avait lancé ses tracteurs à l’assaut de la capitale début 2024, a sonné la “mobilisation nationale” dimanche, ce qui pourrait donner de l’ampleur au mouvement mais ses actions semblent pour le moment locales et ne pas se diriger vers de grands déplacements.Plusieurs points de blocage ont été dénombrés par la gendarmerie lundi, notamment sur les autoroutes A75 (Lozère), A64 (Haute-Garonne), A51 (Isère) et sur l’A7 à différents niveaux, notamment aux abords de Lyon.La question sera de savoir si le président du syndicat appellera à sa sortie de Matignon à lancer les tracteurs vers Paris malgré les interdictions de déplacements.- Réunion à Bruxelles -Après des premières rencontres à Matignon et à l’Elysée en décembre, le gouvernement a promis vendredi “de nombreuses mesures”, “tout au long du mois de janvier”. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé lundi que le fonds hydraulique agricole passerait à 60 millions d’euros en 2026.Dimanche, le Premier ministre avait promis dans une lettre ouverte aux agriculteurs d’entrer dans une phase “plus offensive”.M. Lecornu appelait notamment l’UE à “amplifier rapidement” ses contrôles aux frontières pour tous les produits agricoles qui “ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires” de l’Union imposées aux producteurs.Sébastien Lecornu et Annie Genevard ont confirmé dimanche qu’ils suspendraient par arrêté l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe. Attendu mardi au Journal officiel, l’arrêté devra toutefois obtenir un feu vert de Bruxelles, où Annie Genevard se rend mercredi pour une réunion spéciale avec ses homologues européens sur le Mercosur et la PAC.- Promesses “insuffisantes” -Pour l’heure, les syndicats jugent toutes ces promesses “insuffisantes”.”On ne bouge pas jusqu’à ce que le gouvernement réponde à nos sollicitations” concernant la dermatose ou l’accord avec le Mercosur, explique sur le barrage au sud de Lyon Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale.La Coordination rurale (2e syndicat, adepte des opérations coup de poing et anti-écologiste) et la Confédération paysanne (3e syndicat, classé à gauche) étaient en pointe de la contestation en France depuis décembre.Ils réclament la vaccination généralisée du cheptel bovin (près de 16 millions de bovins) et l’arrêt de l’abattage intégral du foyer dès le premier cas de dermatose nodulaire.La vaccination des bovins dans le Sud-Ouest a passé le cap décisif de 75% lundi, première condition pour prétendre ensuite à une levée des restrictions de mouvement d’animaux.Après une relative trêve, les syndicats avaient prévenu qu’ils relanceraient la mobilisation en janvier contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur, qui devrait être signé le 12 janvier.Quelques dizaines d’agriculteurs et 35 tracteurs ont installé un barrage filtrant lundi à Calais, pour vérifier les marchandises transportées. Le but: “faire prendre conscience aux citoyens qu’on nous impose des normes de production que d’autres pays ne respectent pas”, explique Antoine Peenaert, responsable local de la FNSEA.bur-mdz/uh/dch