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Harcèlement chez Ubisoft: jusqu’à trois ans avec sursis pour trois ex-cadres

Des années à rabaisser, insulter ou sexualiser des collègues sous couvert de ce qui était pour eux “la culture Ubisoft”: trois anciens cadres de la société de jeux vidéos ont été condamnés mercredi à Bobigny à jusqu’à trois ans de prison avec sursis.Figure de proue de l’entreprise avant d’être licencié pour faute grave après la révélation du scandale dans la presse, Thomas François a été condamné à la peine la plus lourde, soit trois ans de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende, pour harcèlement moral, sexuel et une tentative d’agression sexuelle.Contraindre une jeune subalterne en jupe à faire le poirier au milieu de l’open space, lancer des “bitch” ou “morue” en guise de salut, jouer à chat-bite ou embrasser des collègues masculins par surprise… Telles étaient des habitudes de travail du vice-président du tout puissant service éditorial.La “culture Ubi” avait été un calvaire pour la poignée de jeunes ayant brisé le silence et porté plainte dans ce dossier qui fait figure d’un Me Too des jeux vidéos. L’ex-numéro 2 d’Ubisoft, Serge Hascoët, a été condamné par la justice à 18 mois de prison avec sursis et à 45.000 euros d’amende pour harcèlement moral et complicité de harcèlement sexuel. Un troisième cadre, Guillaume Patrux, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende.”C’est une très bonne décision aujourd’hui et également pour la suite. Pour toutes les sociétés, cela veut dire que quand on a un management toxique, les managers doivent être condamnés et les employeurs ne peuvent plus laisser passer”, s’est félicitée Me Maude Beckers, avocate de parties civiles.En se constituant parties civiles, un petit groupe solidaire s’est constitué et s’est renforcé au fil des douloureux témoignages et des interrogatoires recueillis par le tribunal correctionnel de Bobigny lors de l’audience du mois dernier.Thomas François, qui avait entre 38 et 46 ans au moment des faits retenus par la justice entre 2012 et 2020, a confessé à la barre avoir “manqué de recul” car il avait eu “à l’époque l’impression d’être dans le respect des gens”.Des propos sexistes, des bizutages dégradants qui se déroulaient à quelques mètres de son bureau vitré, Serge Hascoët a affirmé au tribunal n’en avoir jamais eu connaissance.- “Caprices” -Numéro 2 d’Ubisoft en sa qualité de directeur créatif, il avait démissionné à l’été 2020 dès que les enquêtes du quotidien Libération et du média en ligne Numérama avaient révélé la toxicité de cet univers de travail.Le tribunal a pu constater les difficultés que l’homme, aujourd’hui âgé de 60 ans, pouvait avoir à séparer vie privée et vie professionnelle, assignant ses employées à des tâches personnelles sans lien aucun avec leurs compétences.Aller chercher sa plus jeune fille de six ans à la sortie de l’école ou traverser Paris pour acheter des cacahuètes à coque…  malgré leur fonction d’assistantes de direction, elles ont été contraintes à ces “caprices” comme l’a qualifié le ministère public. “C’est aussi ce qu’on voit dans les films,” s’est défendu Serge Hascoët devant le tribunal dont la présidente, atterrée, a eu à lui signaler que “les films, ça n’est pas la réalité”. Dans son réquisitoire, le procureur avait précisé que les actes de harcèlement moral de M. Patrux avaient été “à une échelle plus réduite que Serge Hascoët et Thomas François, mais particulièrement intense pour son équipe”.Durant le procès, les avocats de la défense n’ont eu de cesse de répéter que leurs clients n’avaient jamais reçu “aucun avertissement disciplinaire, aucun entretien avec les RH”.  Au grand dam de toutes les parties, ni la personne morale Ubisoft, ni son PDG Yves Guillemot ni sa responsable des ressources humaines Marie Derain n’ont fait l’objet de poursuites dans ce dossier. 

Climat: l’UE propose des flexibilités autour de son objectif 2040

Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé mercredi de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040, mais elle introduit des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.Au moment où l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, Bruxelles a réaffirmé ses ambitions en matière de lutte contre le réchauffement climatique.Il a fallu toutefois faire preuve de “pragmatisme” tant la discussion est politiquement “sensible” entre les 27, a reconnu Wopke Hoekstra, le commissaire européen chargé du climat, devant la presse à Bruxelles.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an, la Commission vise toujours une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90% à l’horizon 2040 par rapport à 1990.Mais au grand dam des organisations environnementales, l’exécutif introduit de la souplesse dans le calcul, dans le but de rallier les États les plus sceptiques.A partir de 2036, la Commission est prête à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, déplore Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat, qui souligne l’importance de maintenir le cap des 90%.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…”Nous maintenons fermement notre engagement à décarboner l’économie européenne d’ici 2050″, a assuré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.- Calendrier serré -Le plus dur commence pour l’exécutif bruxellois qui devra convaincre les ministres de l’Environnement lors d’une réunion informelle les 10 et 11 juillet avant un possible vote le 18 septembre. Le texte sera ensuite transmis au Parlement européen où tout dépendra de l’attitude de la droite (PPE), premier groupe dans l’hémicycle.Pour arracher un vote favorable, la Commission propose aussi de mieux récompenser les entreprises qui captent et stockent le CO2 et de permettre aux États de compenser les secteurs où ils sont plus polluants par une meilleure prise en compte de ceux où ils sont très performants.Bruxelles espère encore que cet objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier paraît extrêmement serré et les négociations s’annoncent délicates tant les 27 sont divisés, dans une Europe de plus en plus à droite.Certains États critiquent ouvertement les ambitions climatiques comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” envisagées correspondent aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée. Emmanuel Macron réclamait des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Pour contenter Paris, la Commission a repris noir sur blanc dans sa proposition législative le concept de “neutralité technologique”, cher aux autorités françaises qui voudraient que renouvelables et énergie nucléaire soient sur un pied d’égalité dans l’UE.Du point de vue des obligations internationales, Emmanuel Macron souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, avait lancé Emmanuel Macron à Bruxelles.

Climat: l’UE propose des flexibilités autour de son objectif 2040

Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé mercredi de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040, mais elle introduit des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.Au moment où l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, Bruxelles a réaffirmé ses ambitions en matière de lutte contre le réchauffement climatique.Il a fallu toutefois faire preuve de “pragmatisme” tant la discussion est politiquement “sensible” entre les 27, a reconnu Wopke Hoekstra, le commissaire européen chargé du climat, devant la presse à Bruxelles.Comme elle le recommandait il y a plus d’un an, la Commission vise toujours une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90% à l’horizon 2040 par rapport à 1990.Mais au grand dam des organisations environnementales, l’exécutif introduit de la souplesse dans le calcul, dans le but de rallier les États les plus sceptiques.A partir de 2036, la Commission est prête à prendre en compte l’acquisition de crédits carbone internationaux, à hauteur de 3% du total, afin de financer des projets en dehors de l’Europe.Les ONG y sont fermement opposées. Études scientifiques à l’appui, elles remettent en cause l’impact “réel” de tels crédits sur les réductions d’émissions de CO2.”3%, ce n’est pas négligeable. Ce sont potentiellement des sommes considérables qui vont être dépensées à l’étranger au lieu de financer la transition” en Europe, déplore Neil Makaroff, un expert du centre de réflexion Strategic Perspectives.”Mais il y a un compromis politique à trouver”, concède ce spécialiste du climat, qui souligne l’importance de maintenir le cap des 90%.2040 est une étape cruciale pour l’Europe qui ambitionne d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Avec à la clé des transformations majeures pour l’industrie comme pour le quotidien des Européens: électrification des voitures, sortie progressive des énergies fossiles, rénovation énergétique des bâtiments…”Nous maintenons fermement notre engagement à décarboner l’économie européenne d’ici 2050″, a assuré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.- Calendrier serré -Le plus dur commence pour l’exécutif bruxellois qui devra convaincre les ministres de l’Environnement lors d’une réunion informelle les 10 et 11 juillet avant un possible vote le 18 septembre. Le texte sera ensuite transmis au Parlement européen où tout dépendra de l’attitude de la droite (PPE), premier groupe dans l’hémicycle.Pour arracher un vote favorable, la Commission propose aussi de mieux récompenser les entreprises qui captent et stockent le CO2 et de permettre aux États de compenser les secteurs où ils sont plus polluants par une meilleure prise en compte de ceux où ils sont très performants.Bruxelles espère encore que cet objectif 2040 sera approuvé avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre à Belém au Brésil.Mais le calendrier paraît extrêmement serré et les négociations s’annoncent délicates tant les 27 sont divisés, dans une Europe de plus en plus à droite.Certains États critiquent ouvertement les ambitions climatiques comme la Hongrie du nationaliste Viktor Orban ou la République tchèque, qui défend son industrie lourde.L’Italie de Giorgia Meloni suggérait de s’en tenir à une baisse des émissions de 80 ou 85% en 2040.D’autres soutiennent la Commission, comme l’Espagne ou le Danemark, qui vient de récupérer la présidence tournante de l’UE pour six mois. Les “flexibilités” envisagées correspondent aux exigences de l’Allemagne, dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement.La France défend de son côté une position plus ambiguë. Paris ne s’oppose pas directement aux 90%, mais critique la méthode employée. Emmanuel Macron réclamait des garanties sur la décarbonation de l’industrie et un soutien à l’énergie nucléaire, l’une des clés de cette négociation.Pour contenter Paris, la Commission a repris noir sur blanc dans sa proposition législative le concept de “neutralité technologique”, cher aux autorités françaises qui voudraient que renouvelables et énergie nucléaire soient sur un pied d’égalité dans l’UE.Du point de vue des obligations internationales, Emmanuel Macron souligne aussi que l’UE doit seulement présenter une trajectoire 2035 — et non 2040 — à la COP30 au Brésil cet automne.”Ne nous surcontraignons pas”, “si on a (un objectif 2040) pour Belém super, si cela doit prendre plus de temps, prenons-le”, avait lancé Emmanuel Macron à Bruxelles.

Climat: l’UE propose des flexibilités autour de son objectif 2040

Après plusieurs mois de flottement, la Commission européenne a proposé mercredi de maintenir son objectif de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre en 2040, mais elle introduit des “flexibilités” face aux réticences de certains pays.Au moment où l’Europe étouffe sous des températures extrêmes, Bruxelles a réaffirmé ses ambitions en matière …

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Le Dalaï Lama confirme qu’il aura un successeur, la Chine veut approuver son nom

Le Dalaï Lama a confirmé mercredi qu’un successeur serait désigné à sa mort pour perpétuer sa fonction de chef spirituel de la communauté tibétaine, s’attirant la riposte immédiate de la Chine qui exige d’approuver son nom.”J’affirme que l’institution du Dalaï Lama sera perpétuée”, a-t-il indiqué dans un message très attendu lu lors d’une réunion religieuse à McLeod Ganj, dans le nord de l’Inde, où il vit en exil.Sans surprise, la Chine, dont les troupes ont envahi le Tibet en 1950 et en ont fait une province chinoise, a aussitôt réagi.”La réincarnation de grandes figures bouddhistes comme le Dalaï Lama et le Panchen Lama doit être désignée par tirage au sort (…) et ensuite approuvée par le gouvernement central”, a rappelé Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Né le 6 juillet 1935, Tenzin Gyatso pour l’état civil est devenu dès l’âge de 2 ans le quatorzième chef spirituel et politique des Tibétains, dûment identifié par la tradition bouddhiste comme la réincarnation de son prédécesseur.Il a fui “sa” capitale Lhassa et la répression chinoise en 1959 et passe depuis l’essentiel de son temps dans un monastère de McLeod Ganj, dans les contreforts de l’Himalaya indien.Lauréat en 1989 du prix Nobel de la paix, il incarne depuis dans le monde entier le combat pour la liberté du territoire himalayen.La question de sa succession fait l’objet d’un bras de fer entre le Dalaï Lama et Pékin, qui entend bien lui nommer un successeur à sa main.- “Selon la tradition” -“La responsabilité (de la nomination d’un successeur, ndlr) reposera exclusivement sur les membres du Ganden Phodrang Trust, le bureau de Sa Sainteté le Dalaï Lama”, a rappelé mercredi le message du dirigeant tibétain.”Ils conduiront les procédures de recherche et de reconnaissance (du successeur) en accord avec la tradition passée”, a-t-il insisté”, “personne d’autre n’a l’autorité requise pour se mêler de cette question”.L’actuel Dalaï Lama, considéré comme un dangereux séparatiste par Pékin, a déjà écarté à plusieurs reprises l’idée que le 15e Dalaï Lama puisse être nommé par les Chinois.Il sera forcément “né dans le monde libre”, a-t-il promis publiquement .”Rien n’a changé en ce qui concerne l’implication de la Chine, le sujet n’a pas été évoqué en détail”, a précisé devant la presse, après la diffusion du message, un représentant du bureau du Dalaï Lama, Samdhong Rinpoche.En 1995, la Chine avait enlevé et placé en détention un enfant de 6 ans que le Dalaï Lama venait de désigner comme Panchen Lama, l’autre figure religieuse tibétaine de premier plan.Et elle avait dans la foulée nommé à ce titre le candidat de son choix, aussitôt rejeté par les Tibétains comme le “faux Panchen”.Le défi lancé à la Chine par le Dalaï Lama a réjoui mercredi la communauté tibétaine.”Nous nous opposons résolument à toute interférence ou tentative de la Chine d’installer un Dalaï Lama fantoche”, a souligné auprès de l’AFP un Tibétain en exil, Jigme Taydeh.- “Combat” -“Cette décision donne à la communauté internationale l’occasion historique (…) d’envoyer un message fort à Pékin et à tous les régimes autoritaires”, a renchéri une partisane de l’autonomie du Tibet, Chemi Lhamo, 30 ans.”Je n’ai aucun doute sur le fait que notre combat pour la vérité et la justice finira par l’emporter”, a ajouté cette femme, exilée aux Etats-Unis.Même si ces dernières années, le Dalaï Lama a suggéré l’idée qu’il pourrait être le dernier, une majorité de Tibétains était favorable à la poursuite du “cycle de la réincarnation”.Dans son message, il a fait état mercredi des nombreuses sollicitations de sa communauté en faveur de la prolongation de sa charge.”J’ai reçu en particulier, par divers moyens, de nombreux messages de Tibétains du Tibet répétant ce même appel”, a-t-il indiqué.An nom de son bureau, Samdhong Rinpoche, a précisé qu’aucune autre instruction n’avait pour l’heure été donnée sur la procédure de nomination.”Elles ne sont pas nécessaires à cette heure”, a indiqué M. Rinpoche lors d’une conférence de presse, “Sa Sainteté le Dalaï Lama est actuellement en pleine forme”.En 2011, le Dalaï Lama avait renoncé au pouvoir politique de sa charge, confiée à un Premier ministre, élu par la diaspora, et à un gouvernement en exil.Les festivités organisées pour son 90e anniversaire se poursuivent jusqu’à la fin de la semaine.

Trump confronté aux doutes dans son camp sur sa “grande et belle loi”

Donald Trump espère remporter mercredi une victoire législative majeure avec la possible adoption finale au Congrès américain de son imposant projet de loi budgétaire. Mais face aux dissensions au sein de la majorité républicaine, le vote s’annonce plus que serré.Après le Sénat, qui a approuvé mardi – de justesse déjà – ce texte de plusieurs milliers de milliards de dollars, la Chambre des représentants doit se prononcer avec un vote potentiellement attendu dans la matinée à Washington.Sans certitude cependant sur l’issue de celui-ci, puisque de nombreux élus de la majorité républicaine ont publiquement exprimé leur aversion pour certains aspects de la législation.Cette “grande et belle loi”, comme l’a baptisée le président américain, représente la clé de voûte de son programme économique. Il presse le Congrès à l’adopter avant vendredi, jour de la fête nationale qu’il a fixé comme échéance symbolique pour la promulgation.”Notre pays va gagner une fortune cette année, plus que tous nos rivaux, mais seulement si la Grande et Belle Loi est adoptée!”, a-t-il lancé sur sa plateforme Truth Social mercredi.En tête d’affiche de ce vaste projet de loi: la prolongation de colossaux crédits d’impôt adoptés lors du premier mandat du républicain (2017-2021). L’élimination de l’imposition sur les pourboires, promesse phare de sa campagne, est aussi prévue, de même que des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l’immigration.”Les plus grands gagnants seront les Américains”, avait assuré mardi Donald Trump.- “Monstruosité” -Selon des analyses indépendantes, les principaux bénéficiaires seront cependant les ménages les plus aisés, tandis que des millions d’Américains aux revenus modestes pourraient perdre leur accès à des programmes publics d’assurance santé ou d’aide alimentaire.Experts comme politiques pointent aussi du doigt l’explosion attendue du déficit public.Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d’évaluer de manière non partisane l’impact des projets de loi sur les finances publiques, a estimé mardi que le texte augmenterait la dette de plus de 3.400 milliards de dollars d’ici 2034.L’extension de crédits d’impôt coûterait à elle seule 4.500 milliards. Pour la compenser en partie, les républicains prévoient de sabrer dans Medicaid, programme public d’assurance santé dont dépendent des millions d’Américains aux faibles revenus.Une réduction drastique du programme Snap, principale aide alimentaire du pays, est également prévue, de même que la suppression de nombreuses incitations fiscales en faveur des énergies renouvelables adoptées sous Joe Biden.Sans surprise, les démocrates s’opposent en bloc au texte.Leur chef à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, l’a ainsi qualifié de “monstruosité répugnante” qui “fera souffrir les Américains ordinaires” au profit des plus riches.- Orages -Du côté républicain, le soutien au texte est aussi loin d’être unanime, entre ultraconservateurs s’indignant d’une augmentation si forte du déficit et modérés opposés aux coupes dans Medicaid et Snap. Plusieurs d’entre eux ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre la version révisée par le Sénat.”Il est dur pour moi d’imaginer qu’il passera en l’état. Il y a des trucs incroyablement mauvais là-dedans”, a déclaré le républicain Andy Biggs à KTAR News, une radio de son Etat, l’Arizona.Avec une majorité extrêmement fine, les responsables républicains ne peuvent se permettre qu’une poignée de défections.Mardi, Donald Trump avait exhorté les réfractaires à rentrer dans le rang, appelant à ce que “les républicains à la Chambre s’unissent” et “ignorent ceux qui font parfois les intéressants (vous savez qui vous êtes!)”.Une autre variable pourrait rebattre les cartes: la météo.De nombreux élus de la Chambre étaient partis dans leurs circonscriptions dans l’attente du vote au Sénat et devaient revenir mardi à Washington. Mais de forts orages ont touché la capitale américaine et entraîné l’annulation de centaines de vols.Avec une participation encore incertaine mercredi matin, le chef de la Chambre des représentants, le républicain Mike Johnson, pourrait bien décider de retarder le vote final.

Nucléaire: l’Iran suspend sa coopération avec l’AIEA

L’Iran a officiellement suspendu mercredi sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après avoir multiplié les accusations à son encontre depuis la récente guerre avec Israël.Le 25 juin, au lendemain du cessez-le-feu imposé par Donald Trump après 12 jours de guerre, le Parlement iranien avait voté massivement un projet de loi qui suspend la coopération avec cette agence de l’ONU chargée de la sûreté nucléaire. Le texte est entré en vigueur mercredi après avoir été promulgué par le président iranien, Massoud Pezeshkian.Cette décision a provoqué la colère d’Israël, ennemi de l’Iran depuis la Révolution islamique de 1979, dont le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé le monde à “utiliser tous les moyens à sa disposition pour mettre fin aux ambitions nucléaires iraniennes”.Il a appelé l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, les trois pays européens signataires avec la Chine et les Etats-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, à “rétablir toutes les sanctions contre l’Iran”, “maintenant”. Cet accord était devenu caduc après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 et l’Iran avait alors commencé à s’affranchir de ses obligations. Berlin a qualifié mercredi de “signal désastreux” la décision iranienne, “essentielle pour une solution diplomatique” sur le nucléaire.Affirmant que la République islamique était près de fabriquer l’arme nucléaire, Israël avait lancé le 13 juin une attaque massive contre ce pays, frappant des centaines de sites nucléaires et militaires. L’Iran, qui dément vouloir se doter de la bombe atomique mais défend son droit à enrichir de l’uranium à des fins civiles, a riposté avec des tirs de missiles et de drones sur Israël.Les bombardements ont fait au moins 935 morts en Iran, selon un bilan officiel. En Israël, 28 personnes ont été tuées par les tirs iraniens.- “Une obligation juridique” -La loi promulguée mercredi vise à “assurer un plein soutien aux droits de la République islamique d’Iran” et “en particulier à l’enrichissement de l’uranium” en vertu du Traité de non prolifération (TNP), selon les médias iraniens.La question de l’enrichissement est au coeur des désaccords entre l’Iran et les Etats-Unis, qui avaient engagé en avril des pourparlers indirects, interrompus par la guerre. L’Iran a adhéré en 1970 au TNP, qui garantit l’usage pacifique de l’énergie atomique, mais a commencé à préparer le terrain d’un éventuel retrait durant l’offensive israélienne qui “a porté un coup irréparable” à ce pacte de non-prolifération, selon l’ambassadeur iranien à Vienne, Reza Najafi.Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait souligné le 26 juin que la coopération de l’Iran avec cette agence était “une obligation juridique, pour autant que l’Iran reste un pays signataire” du TNP.Le texte de loi ne précise pas quelles mesures concrètes pourrait entraîner la suspension de la coopération avec l’AIEA, dont les inspecteurs n’ont pas eu accès aux stocks d’uranium iraniens depuis le 10 juin.Selon le député Alireza Salimi, cité par l’agence Isna, les inspecteurs auront désormais besoin de l’accord du Conseil suprême de sécurité nationale pour accéder aux sites.L’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, avait déclaré dimanche sur la chaîne américaine CBS que des inspecteurs se trouvaient “en sécurité” en Iran mais que “leurs activités ont été suspendues et qu’ils n’étaient pas autorisés” à se rendre sur les sites.”Il n’y a aucune menace” contre les inspecteurs, a-t-il assuré.- “Quelques mois” -Des responsables iraniens avaient vivement dénoncé ce qu’ils appellent le “silence” de l’AIEA face aux bombardements israéliens et américains sur les sites nucléaires de l’Iran.Téhéran avait aussi critiqué l’agence pour une résolution adoptée le 12 juin, à la veille des premières frappes israéliennes, qui accusait l’Iran de non respect de ses obligations dans le domaine nucléaire.Des responsables iraniens avaient affirmé que cette résolution était l’une des “excuses” pour l’attaque israélienne.L’Iran a en outre rejeté une demande de Rafael Grossi de visiter ses installations nucléaires bombardées, afin de pouvoir établir ce qu’il est advenu de son stock d’uranium enrichi à un niveau proche du seuil de conception d’une bombe atomique.M. Grossi a estimé que l’Iran disposait des capacités techniques pour recommencer à enrichir de l’uranium d’ici “quelques mois”.Le 27 juin, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait dénoncé les “intentions malveillantes” du chef de l’AIEA. En soutien à l’offensive israélienne, le président américain, Donald Trump, avait envoyé dans la nuit du 21 au 22 juin des bombardiers frapper le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et les installations nucléaires à Ispahan et Natanz, dans le centre de l’Iran.L’étendue des dommages portés à ces installations reste cependant incertaine.

Nucléaire: l’Iran suspend sa coopération avec l’AIEA

L’Iran a officiellement suspendu mercredi sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après avoir multiplié les accusations à son encontre depuis la récente guerre avec Israël.Le 25 juin, au lendemain du cessez-le-feu imposé par Donald Trump après 12 jours de guerre, le Parlement iranien avait voté massivement un projet de loi qui suspend la coopération avec cette agence de l’ONU chargée de la sûreté nucléaire. Le texte est entré en vigueur mercredi après avoir été promulgué par le président iranien, Massoud Pezeshkian.Cette décision a provoqué la colère d’Israël, ennemi de l’Iran depuis la Révolution islamique de 1979, dont le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé le monde à “utiliser tous les moyens à sa disposition pour mettre fin aux ambitions nucléaires iraniennes”.Il a appelé l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, les trois pays européens signataires avec la Chine et les Etats-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, à “rétablir toutes les sanctions contre l’Iran”, “maintenant”. Cet accord était devenu caduc après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 et l’Iran avait alors commencé à s’affranchir de ses obligations. Berlin a qualifié mercredi de “signal désastreux” la décision iranienne, “essentielle pour une solution diplomatique” sur le nucléaire.Affirmant que la République islamique était près de fabriquer l’arme nucléaire, Israël avait lancé le 13 juin une attaque massive contre ce pays, frappant des centaines de sites nucléaires et militaires. L’Iran, qui dément vouloir se doter de la bombe atomique mais défend son droit à enrichir de l’uranium à des fins civiles, a riposté avec des tirs de missiles et de drones sur Israël.Les bombardements ont fait au moins 935 morts en Iran, selon un bilan officiel. En Israël, 28 personnes ont été tuées par les tirs iraniens.- “Une obligation juridique” -La loi promulguée mercredi vise à “assurer un plein soutien aux droits de la République islamique d’Iran” et “en particulier à l’enrichissement de l’uranium” en vertu du Traité de non prolifération (TNP), selon les médias iraniens.La question de l’enrichissement est au coeur des désaccords entre l’Iran et les Etats-Unis, qui avaient engagé en avril des pourparlers indirects, interrompus par la guerre. L’Iran a adhéré en 1970 au TNP, qui garantit l’usage pacifique de l’énergie atomique, mais a commencé à préparer le terrain d’un éventuel retrait durant l’offensive israélienne qui “a porté un coup irréparable” à ce pacte de non-prolifération, selon l’ambassadeur iranien à Vienne, Reza Najafi.Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait souligné le 26 juin que la coopération de l’Iran avec cette agence était “une obligation juridique, pour autant que l’Iran reste un pays signataire” du TNP.Le texte de loi ne précise pas quelles mesures concrètes pourrait entraîner la suspension de la coopération avec l’AIEA, dont les inspecteurs n’ont pas eu accès aux stocks d’uranium iraniens depuis le 10 juin.Selon le député Alireza Salimi, cité par l’agence Isna, les inspecteurs auront désormais besoin de l’accord du Conseil suprême de sécurité nationale pour accéder aux sites.L’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, avait déclaré dimanche sur la chaîne américaine CBS que des inspecteurs se trouvaient “en sécurité” en Iran mais que “leurs activités ont été suspendues et qu’ils n’étaient pas autorisés” à se rendre sur les sites.”Il n’y a aucune menace” contre les inspecteurs, a-t-il assuré.- “Quelques mois” -Des responsables iraniens avaient vivement dénoncé ce qu’ils appellent le “silence” de l’AIEA face aux bombardements israéliens et américains sur les sites nucléaires de l’Iran.Téhéran avait aussi critiqué l’agence pour une résolution adoptée le 12 juin, à la veille des premières frappes israéliennes, qui accusait l’Iran de non respect de ses obligations dans le domaine nucléaire.Des responsables iraniens avaient affirmé que cette résolution était l’une des “excuses” pour l’attaque israélienne.L’Iran a en outre rejeté une demande de Rafael Grossi de visiter ses installations nucléaires bombardées, afin de pouvoir établir ce qu’il est advenu de son stock d’uranium enrichi à un niveau proche du seuil de conception d’une bombe atomique.M. Grossi a estimé que l’Iran disposait des capacités techniques pour recommencer à enrichir de l’uranium d’ici “quelques mois”.Le 27 juin, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait dénoncé les “intentions malveillantes” du chef de l’AIEA. En soutien à l’offensive israélienne, le président américain, Donald Trump, avait envoyé dans la nuit du 21 au 22 juin des bombardiers frapper le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et les installations nucléaires à Ispahan et Natanz, dans le centre de l’Iran.L’étendue des dommages portés à ces installations reste cependant incertaine.

Violences à l’école: des “monstruosités” et un “Etat défaillant”, accuse la commission parlementaire

Dénonçant des “monstruosités” et un “Etat défaillant” face à un déferlement de violences en milieu scolaire pendant des décennies, la commission parlementaire lancée après le scandale Bétharram propose 50 mesures pour mieux protéger les enfants.La commission d’enquête a permis de dresser le “constat accablant” d’une “défaillance majeure de l’Etat” a déclaré le corapporteur de la commission d’enquête, Paul Vannier (LFI) lors d’une conférence de presse mercredi, appelant à une “révolution” face aux violences scolaires.La commission d’enquête est née du scandale autour des révélations sur l’affaire des violences sexuelles et physiques qui se sont poursuivies pendant des décennies à Notre-Dame-de-Bétharram, établissement huppé du Béarn où le Premier ministre François Bayrou a eu des enfants scolarisés. L’affaire a entraîné des révélations en chaîne de mauvais traitements et agressions sexuelles dans d’autres établissements, souvent catholiques à travers toute la France.Elle a secoué François Bayrou qui était ministre de l’Education nationale pendant que de premières plaintes liées à des violences sur des enfants dans l’école et son internat étaient déposées.- “Déchaînement de violences” -Les députés pointent chez lui un “défaut d’action” à l’époque qui a pu laisser les violences “perdurer”, alors qu’il était “informé” et “avait les moyens” d’agir.Fatiha Keloua Hachi, la présidente de la commission parlementaire, fustige aussi les attaques lancées par François Bayrou, lors de son audition fleuve devant la commission, contre l’ex-professeure de Bétharram Françoise Gullung, qu’il a accusée d’avoir “affabulé” alors qu’elle était l’une des rares lançeuses d’alerte et l’accuse de vivre dans un monde “différent du nôtre” où l’on peut donner des “claques éducatives”.Les rapporteurs évoquent à Notre-Dame-de-Bétharram “un véritable déchaînement de violences” avec “une communauté de notables au soutien indéfectible”, dont des “membres du gouvernement”.Les députés décrivent les mêmes “logiques à l’oeuvre” dans d’autres établissements, dont des “violences institutionnalisées sous prétexte d’excellence pédagogique”. Paul Vannier répète à l’envi que François Bayrou a menti sur ce qu’il savait des sévices à Bétharram et qu’il a commis un parjure, mais Fatiha Keloua-Hachi a écarté l’idée d’une action en justice. Pour les rapporteurs, les mécanismes d’omerta et de mauvais traitements étaient “accentués dans l’enseignement catholique”, du fait d’un “modèle éducatif explicitement plus strict, s’appuyant sur de nombreux internats”.Le rapport souligne que des violences “encore invisibilisées” dans l’enseignement public persistent de façon “préoccupante” dans l’enseignement privé, “notamment catholique”.- 80 signalements -Les travaux de la commission d’enquête ont permis 80 signalements à la justice. Paul Vannier a fustigé le fait que la relation entre les établissements privés et le ministère de l’Education nationale soit “perturbée par le fait qu’un acteur, le Secrétariat général à l’enseignement catholique (Sgec), s’est imposé comme un intermédiaire” sans statut légal pour cela.Il appelle à dépasser ce “ministère bis” qui selon lui agit comme un véritable lobby.Philippe Delorme, Secrétaire général du Sgec, dénonce pour sa part “une orientation qui voudrait que l’enseignement public et privé fonctionnent exactement de la même manière, ce qui est complètement absurde”, a-t-il dit à l’AFP.”On ne peut pas dire que nos 7.200 établissements dysfonctionnent”, insiste-t-il.La corapporteure Violette Spillebout (Renaissance) promet toutefois qu’il ne s’agit pas de “rouvrir la guerre scolaire” entre enseignement publié et privé ou de faire “la guerre à François Bayrou”.”Ce que nous voulons, c’est la paix pour les victimes”, insiste-t-elle.Parmi les recommandations, le rapport appelle à reconnaître “la responsabilité de l’Etat pour les carences” ayant permis ces violences et créer un “fonds d’indemnisation et d’accompagnement des victimes”. “François Bayrou, le 15 février, nous a assuré qu’il créerait ce fonds. Nous sommes le 2 juillet. Nous n’avons toujours rien”, a toutefois déploré sur RTL Alain Esquerre, porte-parole d’un collectif d’anciens élèves de Bétharram.Les députés veulent aussi lancer une mission parlementaire transpartisane chargée de propositions pour “rendre imprescriptibles certaines infractions commises sur les mineurs”.Ils demandent plus de contrôles dans tous les établissements et surtout le privé où ils étaient quasi inexistants jusqu’à il y a peu, notamment dans les internats, plaident pour “lever systématiquement le secret” de la confession s’il “porte sur des faits de violences commis sur mineur de moins de 15 ans”.Quant à la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, elle va à présent examiner “si il y a lieu d’adapter le plan +Brisons le silence+ lancé en mars” qui rend les signalements de violences dans les établissements privés sous contrat obligatoires, augmente les contrôles de l’Etat et le nombre d’inspecteurs dédiés, entre autres, selon le ministère.

L’Allemagne sue sous la canicule qui a essoré l’Europe

Après la France et le pourtour méditerranéen, le nord de l’Europe, peu habitué aux canicules, transpire sous la fournaise avec un pic de chaleur mercredi en Allemagne où les autorités multiplient les messages de prévention.Dans le pays européen le plus peuplé, la température doit atteindre des maximales comprises entre 34 et 38°C, et jusqu’à 40°C localement, tel à Mannheim, dans le sud-ouest, selon le service météorologique allemand.Comme pour la Belgique et les Pays-Bas, la canicule est arrivée mardi mais avec des températures moindres que dans le sud du continent qui affronte des conditions extrêmes depuis plusieurs jours.”Je vais travailler et transpirer — je donne des cours jusqu’à midi et demi, puis on aura des réunions l’après-midi. Je ne ferai pas de sport et je boirai beaucoup”, confie Klaus Hirsch, enseignant à Francfort (ouest).- Asphalte déformé -Les chemins de fer allemands, la Deutsche Bahn, s’attendent à des retards et des restrictions de circulation sur certaines lignes, particulièrement dans l’ouest, plus touché par la chaleur.Sur les autoroutes de ce pays où l’automobile est reine, l’asphalte de la chaussée s’est déformé sous l’effet des températures, rapporte la presse allemande.Dans un geste symbolique et pragmatique, les militants du collectif Fridays for Future manifesteront pour la première fois à la nuit tombée, à partir de 22H00, afin d’échapper à la fournaise. Ces activistes climatiques protesteront contre les plans du chancelier conservateur Friedrich Merz de miser davantage sur le gaz, une des énergies fossiles source du réchauffement de la planète.Cette journée de températures record pour début juillet pourrait s’achever par des orages particulièrement forts accompagnés de grêle et de rafales de vent jusqu’à 120 km/h, dans le nord-ouest du pays – de Cologne à Hambourg.En Belgique, l’Atomium, monument emblématique de Bruxelles en inox, sera fermé mercredi après-midi à cause de la chaleur.Dans les écoles de Wallonie qui ne sont pas encore en vacances, contrairement à celles de Flandre, les enseignants s’efforcent de maintenir les enfants au frais en utilisant des ventilateurs et des climatiseurs lorsqu’ils sont disponibles, organiser des jeux d’eau et des pauses à l’ombre.Les Pays-Bas ont quant à eux connu leur première “nuit tropicale” de l’année, avec des températures bloquées au dessus de 20°C.Humains et animaux tentent de s’adapter à cette vague de chaleur précoce : un berger néerlandais a fait paître ses moutons beaucoup plus tôt que d’habitude mercredi matin, dans le centre du pays, car “les animaux supportent mieux le froid que la chaleur”, a-t-il expliqué au média local Omroep Gelderland.Il n’a pas tondu ses moutons, car la “laine les protège de la chaleur (…) ils attraperaient des coups de soleil beaucoup plus vite”, a-t-il ajouté.- Inégalités -Les habitants du sud de l’Europe espèrent un peu de répit, après un mois de juin aux températures record et plusieurs journées suffoquantes qui ont de nouveau mis en lumière les inégalités face à la chaleur.”Vers 3h du matin, on se réveille en se disant +qu’est-ce qu’il faut chaud !+ On ne met pas la clim car même dans les foyers de la classe moyenne on ne peut pas se le permettre”, souligne Julia Munoz, 60 ans, rencontrée dans le métro de Madrid.Le “pic le plus intense” est passé en France, selon le gouvernement.De Rome à Paris, les autorités dressent les premiers bilans sanitaires, même si une estimation plus globale des décès liés à cet épisode devrait prendre des mois.”Plus de 300 personnes ont été prises en charge en urgence par les pompiers et deux sont décédées à la suite de malaises liés à la chaleur”, a déclaré mercredi la ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.En Italie, selon la Simeu, regroupant médecins et infirmiers travaillant aux urgences, la vague de chaleur a entraîné une hausse de 10% des arrivées aux urgences dans les grandes villes comme Milan, Florence ou Naples, selon leur service de presse contacté par l’AFP.Les canicules de 2003 et 2022 avaient provoqué respectivement 70.000 et 61.000 décès prématurés en Europe, selon des études d’excès de mortalité.Si les vagues de chaleur en été ne sont pas nouvelles, après des décennies de combustion de charbon, de pétrole et de gaz responsables du réchauffement, les canicules surviennent plus tôt et plus tard dans l’année.burs-clp/smk/dsa