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Le royaume suisse des Saint-Bernard se réinvente

Syrah marche lentement sur un tapis roulant immergé dans un grand bassin d’eau, accompagnée de deux thérapeutes qui l’aident à garder l’équilibre, sous les yeux émerveillés du public.Cette femelle Saint-Bernard, âgée de huit ans, reçoit sa séance habituelle d’hydrothérapie, pendant que les visiteurs du parc thématique Barryland, récemment rouvert à Martigny, dans une vallée alpine suisse, observent chacun de ses mouvements.”Nous avons un bassin d’hydrothérapie. C’est de l’hydrothérapie pour les chiens âgés ou les chiens opérés”, explique Mélanie Glassey-Roth, directrice de Barryland.”Tout ici est conçu pour le bien-être de nos chiens.”Ce qui au départ était un petit musée sur les Saint-Bernard s’est transformé, après deux ans de travaux, en Barryland, un grand parc entièrement dédié au chien national suisse.Avec son nouveau bâtiment en forme d’empreinte de chien, il propose des expériences interactives et des visites en réalité virtuelle sur l’histoire et les mythes qui entourent le Saint-Bernard. A l’étage, les visiteurs peuvent interagir avec les animaux à quatre pattes.Grâce à cette rénovation, le parc espère accueillir jusqu’à 200.000 visiteurs par an, contre 83.000 auparavant.-  “Emblématique” -Dans les années 1990, les Saint-Bernard – fruit de croisements il y a plusieurs siècles entre chiens des régions alpines – ont atteint un regain de célébrité en figurant dans la comédie à succès hollywoodienne “Beethoven” (1992).A partir du 17e siècle, ils étaient élevés dans un hospice tenu par des religieux, perché à 2.500 mètres d’altitude, pour fournir des chiens de garde et de défense, dans le col du Grand-Saint-Bernard, passage entre la Suisse et l’Italie. Mais très vite, il est utilisé pour des opérations de sauvetage.”C’est un chien emblématique qui représente toute la région du col du Grand-Saint-Bernard”, affirme Jean-Maurice Tornay, directeur de la Fondation Barry, qui gère le parc.Barryland doit son nom au plus célèbre et au plus héroïque des Saint-Bernard.La légende locale raconte que Barry, qui portait un petit tonneau d’alcool autour de son cou afin de réchauffer les voyageurs fatigués, aurait effectué plus de 40 sauvetages au cours de sa vie.Le monastère a veillé en son honneur à toujours nommer un chien Barry – une tradition qui se perpétue aujourd’hui à Barryland.L’actuel Barry, un imposant mâle de sept ans et demi pesant environ 80 kg, est le plus grand et le plus primé des chiens.La Fondation Barry compte 36 Saint-Bernard au total, tous hébergés dans un chenil voisin à Martigny. Mais certains passent l’été au col du Grand-Saint-Bernard.Désormais, chaque matin, 16 chiens du chenil sont acheminés dans une grande camionnette dans le parc, pour y jouer les stars.- Nouvelle mission -À Barryland, ces chiens géants aux yeux entourés de noir et au pelage blanc avec de grandes taches de couleur, allant du roux au brun, gambadent dans de grands parcs verdoyants et se laissent toiletter, masser et soigner.Pour sa réouverture jeudi, le parc a présenté deux nouveaux chiots, Xcell et Xaver, tétant avec enthousiasme leur mère Lio, en la bousculant tendrement.À l’étage, Tosca, une femelle de huit ans, monte sur une grande balance, sous l’oeil attentif d’un de leurs soignants, Sahel Robette.”Soixante-cinq kilos !” s’exclame-t-il, avant de commencer le brossage, à la recherche de tiques dans son pelage, et d’inspecter ses oreilles et ses griffes.De nos jours, ces chiens ne sont plus utilisés comme sauveteurs de montagne, remplacés par les hélicoptères. Mais ils accomplissent désormais un travail héroïque dans d’autres domaines.Le Saint-Bernard a “trouvé aujourd’hui une nouvelle mission sociale”, affirme M. Tornay. Chaque année, les chiens de la fondation effectuent des centaines de visites dans des hôpitaux, des maisons de retraite et des prisons, où ils sont utilisés à des fins thérapeutiques et de réadaptation sociale en apportant “un peu de gentillesse”.Le Saint-Bernard est parfait pour ces missions, observe Mme Glassey-Roth, pendant qu’un chien pose paisiblement sa tête sur ses genoux : “C’est une force tranquille, il est très calme et très social”.

Reboiser après les incendies, des drones à la rescousse au Canada

A perte de vue, des forêts calcinées, des troncs brûlés au sol. Au-dessus dans le ciel, un drone imposant s’active, mitraillant le terrain sans discontinuer de capsules contenant des semences pour accélérer la reforestation.  Dans cette zone du nord du Québec ravagée par les mégafeux de l’été 2023, un projet pilote utilise des drones pour la deuxième année consécutive afin de reboiser certaines parties du territoire avec des épinettes noires et des pins gris.Plutôt que de larguer simplement des semences du ciel, l’entreprise Flash Forest, qui pilote l’initiative, se sert de graines insérées dans des capsules contenant de l’eau, des nutriments et des champignons pour maximiser les chances de survie.”Il existe un créneau approprié pour la reforestation par drone, que nous avons passé les cinq dernières années à l’identifier précisément”, explique Cameron Jones, cofondateur de l’entreprise.Il faut par exemple replanter rapidement après les feux. Car “les zones brûlées, il y a plus de trois ans, ont tendance à avoir trop de végétation concurrente (herbes, broussailles…) pour permettre l’établissement des graines, la végétation bloque la lumière et l’humidité”, poursuit-il. La société intervient donc une à deux années après un incendie après avoir identifié et exclu les zones avec une régénération naturelle. Donc dans les zones où la forêt ne parvient plus à se régénérer car les incendies sont trop violents et récurrents. En 2023, le Canada a vécu une année record avec des incendies qui ont touché toutes les provinces du pays, soit au final près de 18 millions d’hectares partis en fumée. Le Québec, et notamment cette zone du nord de la province francophone, a été particulièrement touché.- 50.000 capsules par jour -“Nous utilisons l’IA pour cartographier les sites à l’avance, explique Owen Lucas, ingénieur pour Flash Forest, les yeux rivés sur les écrans de contrôle. Nous les choisissons en fonction des variables climatiques, des caractéristiques topographiques, afin de nous assurer que nous plaçons les semences au bon endroit.”L’entreprise a des projets également dans une autre province canadienne, l’Alberta, et au Colorado aux Etats-Unis cette année. Les deux drones en action au Québec peuvent chacun envoyer au sol 50.000 capsules par jour.”Quand tu plantes, tu ne vois pas les impacts, mais quand tu reviens durant l’automne et que tu les vois grandir, tu sais que tu fais quelque chose de positif”, glisse Owen Lucas.En 2023, comme cette année, où plus de 4,2 millions d’hectares ont déjà brûlé dans le pays, la propagation des feux de forêt est favorisée par la sécheresse liée selon les experts au réchauffement climatique. “C’est triste d’avoir perdu autant de forêts”, regrette Angel Mianscum, une responsable des Cris, la communauté autochtone de la zone, associée au projet.Elle se réjouit toutefois de voir qu’il existe aujourd’hui des “façons novatrices de faire les choses”. Les communautés autochtones sont les plus touchées au Canada par les feux car elles vivent souvent dans des zones reculées au coeur de la forêt boréale.- Déperdition -“De plus en plus, on est obligé de reboiser au Canada, car si les arbres des forêts boréales sont adaptés aux feux, aujourd’hui la situation se complique”, explique Maxence Martin, professeur en écologie forestière à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.Il rappelle qu’en 2023, par exemple, ce sont en majorité des forêts très jeunes qui ont brûlé. “Si la forêt est trop jeune alors elle va mettre très longtemps à redémarrer, la replantation est alors la seule option.”Et si l’utilisation des drones peut être vue comme une option pour atteindre certaines zones et être plus rapide, cela pose aussi des questions. En effet, cette technique exige une grande quantité de graines car la déperdition est plus grande que lors d’une plantation à la main.”Cela va donc poser un problème de semences car elles sont compliquées à récolter”, et le Canada en manque, souligne Maxence Martin.

Pérou: le salaire de la présidente Boluarte doublé malgré une impopularité record

La présidente du Pérou, Dina Boluarte, l’une des dirigeantes les plus impopulaires au monde, a doublé son salaire à un an de la fin de son mandat, a reconnu mercredi le gouvernement.Agée de 63 ans, la cheffe de l’Etat, confrontée à des protestations récurrentes face à la montée du fléau de l’extorsion dans le pays, percevra désormais l’équivalent de 10.000 dollars par mois, selon un décret présenté en conférence de presse.Pourtant, le 26 mai, la présidence péruvienne avait démenti dans un communiqué les informations de presse faisant état d’une volonté de Mme Boluarte d’augmenter sa rémunération.Le nouveau montant a été fixé à la suite d’une comparaison avec les rémunérations des chefs d’Etat de douze pays d’Amérique latine, a expliqué le ministre de l’Economie, Raul Pérez-Reyes. Selon lui, le salaire de Mme Boluarte occupait jusque-là la 11e place, seulement devant celui du président bolivien.Mais l’annonce passe mal, alors que la présidente Boluarte, en poste depuis décembre 2022, affiche un taux de désapprobation supérieur à 90%. En mai, elle a atteint un niveau de popularité historiquement bas, avec seulement 2 % d’opinions favorables, selon l’institut Ipsos.”C’est le pire moment pour annoncer cette nouvelle compte tenu de ses niveaux d’approbation proches de zéro”, a estimé l’économiste Jorge Gonzales Izquierdo sur la chaîne de télévision N.Selon l’ancien ministre de l’Economie, Luis Miguel Castilla, la mesure “renforce l’impression de frivolité” autour de la présidente. En vingt ans, “aucun président n’a augmenté son salaire”, a-t-il rappelé. Le mandat de Mme Boluarte est en outre entaché par plusieurs affaires dont le scandale du “Rolexgate”, lié à des montres qu’elle n’aurait pas déclaré, ainsi qu’une rhinoplastie gardée secrète, en violation de son obligation légale d’en informer le Parlement.

Indonésie: 4 morts, 30 disparus dans le naufrage d’un ferry au large de Bali

Au moins quatre personnes sont mortes et près d’une trentaine sont portées disparues après le naufrage mercredi soir d’un ferry transportant 65 personnes vers l’île de Bali en Indonésie.Les sauveteurs qui ont déjà récupéré 31 personnes en mer, selon un nouveau bilan, tentent jeudi de trouver d’autres survivants du naufrage survenu peu avant minuit. Le ferry était parti de Banyuwangi, sur la côte orientale de Java, pour rejoindre le nord de l’île de Bali, selon l’agence nationale de recherche et de sauvetage.    “Quatre personnes sont mortes, donc 30 personnes sont toujours recherchées”, a déclaré au cours d’une conférence de presse le chef de cette agence Mohamada Syaffi, ajoutant qu’un hélicoptère participe aux recherches.Les autorités n’ont pas précisé si des étrangers se trouvaient à bord.”Le ferry a gîté et a immédiatement coulé”, a déclaré Eka Toniansyah, une survivante, aux journalistes dans un hôpital de Bali. “La plupart des passagers venaient d’Indonésie. J’étais avec mon père. (Il) est décédé”. Des vagues de 2,5 mètres de haut accompagnées de “vents forts et d’un fort courant”, ont perturbé les opérations de secours, a indiqué Nanang Sigit, directeur de l’agence de sauvetage locale basée à Surabaya, qui avait évoqué plus tôt un bilan de 38 disparus.”Le KMP Tunu Pratama Jaya (…) a sombré environ 25 minutes après avoir levé l’ancre,” a indiqué l’agence, précisant que le ferry “transportait également 22 véhicules, dont 14 camions”.Le président indonésien Prabowo Subianto, en visite en Arabie Saoudite, a ordonné le déploiement immédiat des secours d’urgence, a déclaré le secrétaire du cabinet Teddy Indra Wijaya dans un communiqué jeudi.Le ferry a sombré en raison “du mauvais temps”, a indiqué ce dernier.La traversée du port de Katapang, à l’est de Java vers le port de Gilimanuk, au nord de Bali, séparés d’environ 5 km, dure environ une heure, et est couramment effectuée par les habitants de la région.Selon la liste des personnes embarquées, “53 passagers et 12 membres d’équipage”, étaient à bord, a précisé jeudi l’agence de recherche et de sauvetage, ajoutant que le navire avait sombré vers 23H20 locales (15H20 GMT). Les équipes de secours tentent de vérifier si le nombre de personnes à bord est conforme à la liste déclarée.Les quatre personnes secourues ont utilisé un canot de sauvetage du ferry et ont été retrouvées en mer tôt jeudi matin.- Opérations de secours -Une cinquantaine d’agents de la marine et de la police, à bord de canots de sauvetage ont été dépêchés vers la zone et un navire a ensuite été envoyé de Surabaya.”Nous nous concentrons toujours sur les recherches à la surface de l’eau où les premières victimes ont été retrouvées”, a déclaré M. Nanang, ajoutant que les équipes élargiraient les recherches en fonction des courants.Les accidents maritimes surviennent régulièrement en Indonésie, un vaste archipel d’environ 17.000 îles, en partie en raison de normes de sécurité laxistes.En mars, un bateau transportant 16 personnes a chaviré dans des conditions de mer agitée au large de la même île touristique de Bali. Une Australienne a trouvé la mort et au moins une autre personne a été blessée.En 2018, plus de 150 personnes sont mortes lorsqu’un ferry a sombré dans le lac Toba, l’un des lacs les plus profonds du monde sur l’île de Sumatra.En 2022, un ferry transportant plus de 800 personnes s’était échoué dans des eaux peu profondes au large de la province de Nusa Tenggara orientale, dans l’est de l’archipel, et est resté bloqué pendant deux jours avant d’être dégagé. Aucun blessé n’avait été signalé.

France: le Haut Conseil pour le climat appelle à un “sursaut collectif”

Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a mis jeudi la pression sur le gouvernement de François Bayrou, appelant à un “sursaut collectif” à l’heure du ralentissement du rythme de décarbonation en France et de “reculs” sur certaines mesures comme la rénovation des bâtiments.Sous pression des partis de droite, d’extrême droite, de LFI ou de certains membres du bloc central selon les dossiers, plusieurs textes ont aussi acté des reculs au Parlement ces dernières semaines au sujet de l’artificialisation des sols (zéro artificialisation nette, ZAN) ou la restriction des véhicules les plus polluants dans les grandes villes (zones à faibles émissions, ZFE).”Nous avons besoin d’un sursaut collectif pour relancer l’action climatique, avec un cadre d’action publique clair, des actions structurelles, une gouvernance solide et des cibles bien définies”, a déclaré à des journalistes Jean-François Soussana, l’agronome qui préside le HCC.Cet organisme indépendant, installé en 2018 par le président Emmanuel Macron, est composé de douze experts chargés d’évaluer l’action climatique du gouvernement et d’émettre des recommandations.En mars, il avait alerté sur le fait que la France n’était “pas encore prête” face au réchauffement, qui atteint déjà +2,2°C dans le pays en 2015-2024. Un constat toujours d’actualité au moment où le pays sort progressivement d’une longue vague de chaleur, intense et précoce.”Ce type de canicule est une illustration du fait que l’on peut toucher dans certains cas des limites d’adaptation avec des impacts, par exemple sur la santé, qui sont importants”, souligne M. Soussana.Les mesures contenues dans le plan d’adaptation du gouvernement “sont encore en décalage par rapport aux vulnérabilités et aux besoins”, regrette le HCC.- Baisse “conjoncturelle” -Dans son rapport annuel intitulé “Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage”, il rappelle que le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre a beaucoup ralenti en 2024 (-1,8%).La baisse est restée forte pour la production d’énergie, mais a patiné dans les autres secteurs (agriculture, bâtiments, industrie, transports…). Le rythme devra pourtant doubler pour atteindre les objectifs de la France à l’horizon 2030.Les experts soulignent même qu’une grande partie (70%) de cette réduction peut être attribuée à des facteurs “conjoncturels”, tels que la douceur hivernale ou le redémarrage de réacteurs nucléaires.”Les éleveurs ont une vie difficile et gagnent mal leur vie et donc de plus en plus d’élevages arrêtent leur activité. Donc c’est ce qu’on appelle (un effet) conjoncturel, parce que ça n’est pas un phénomène politique voulu”, donne en exemple Marion Guillou, membre du HCC et spécialiste de l’alimentation.- “Lisibilité remise en cause” -Le HCC regrette aussi des “reculs” qui ont “souvent concerné des mesures rencontrant un succès important auprès des particuliers”: leasing social (location de véhicules électriques aux ménages modestes), soutien aux panneaux solaires en toiture ou à la rénovation des bâtiments.”La lisibilité de la politique climatique de la France a été remise en cause par ces reculs, créant une absence de visibilité pour le secteur privé et pour les collectivités territoriales”, juge le rapport.MaPrimeRénov’, aide de l’État pour la rénovation énergétique des logements, est ainsi actuellement suspendue pour les nouveaux dossiers de travaux d’ampleur, jusqu’à mi-septembre. Le président Macron avait lui-même affiché son mécontentement, critiquant les “incertitudes” quant à certains dispositifs. Le HCC cite également les reculs actés au Parlement sur les ZAN ou ZFE.Les experts répètent au passage leur critique des retards pris dans la publication de certains textes structurants pour l’énergie et le climat et regrettent “l’affaiblissement” du Secrétariat général à la planification écologique, organisme rattaché à Matignon.A l’international, ils suggèrent aussi de “relancer la diplomatie climatique de la France”.La Commission européenne a soumis mercredi aux États membres son objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 90% en 2040 par rapport à 1990, avec des “flexibilités”. Aucun vote n’interviendra avant septembre, si bien que le calendrier est très serré avant la conférence climat de l’ONU (COP30), en novembre au Brésil. L’UE doit dévoiler sa feuille de route climatique à l’horizon 2035 avant ce grand rendez-vous.”Ce retard fragilise la position de l’UE dans le contexte de la COP30 et participe au relâchement de la pression internationale sur le relèvement de l’ambition climatique”, regrettent les auteurs.

Impasse nocturne au Congrès américain sur la “grande et belle” loi de Trump

Les élus républicains au Congrès américain ne sont pas parvenus tard mercredi à surmonter leurs divisions et à avancer vers une adoption définitive du vaste projet de loi budgétaire de Donald Trump, qui a exprimé son impatience face au retard pris.Après le Sénat, qui l’a approuvé mardi de justesse, la Chambre des représentants devait se prononcer dans la journée de mercredi sur ce texte de plusieurs milliers de milliards de dollars.Mais l’opposition affichée de plusieurs élus conservateurs a forcé les responsables républicains à mettre un frein au processus, en laissant en suspens pendant plus de sept heures un vote de procédure.Avec une majorité de seulement huit sièges, le parti présidentiel ne peut pas se permettre plus de trois défections dans son propre camp.Or au moment où minuit sonnait à Washington, cinq voix “contre” étaient recensées chez les républicains pour le dernier scrutin de procédure avant le vote final, suffisamment donc pour couler le texte.Les élus disposent cependant de la possibilité de modifier leur vote avant la fermeture du vote et Mike Johnson, le président républicain de la Chambre des représentants, s’est engagé dans un travail au corps pour faire changer d’avis les “contre” dans sa majorité.Tard mercredi, il a ainsi annoncé sur Fox News qu’il garderait le scrutin ouvert “aussi longtemps qu’il le faudra”.- “MAGA n’est pas content” -Donald Trump a commencé de son côté à élever le ton.”Qu’est-ce que les républicains attendent??? Qu’est-ce que vous essayez de prouver???”, a-t-il lancé sur sa plateforme Truth Social peu après minuit.”MAGA n’est pas content, et ça vous coûte des voix”, a ajouté tout en majuscules le tempétueux président de 79 ans, en référence à son mouvement “Make America Great Again”.Cette “grande et belle loi”, comme il l’a baptisée, représente la clé de voûte de son programme économique. Depuis plusieurs semaines, il presse le Congrès de l’adopter avant vendredi, jour de la fête nationale qu’il a fixé comme échéance symbolique pour la promulgation.En tête d’affiche du projet de loi: la prolongation de colossaux crédits d’impôt adoptés lors du premier mandat du républicain. L’élimination de l’imposition sur les pourboires, promesse phare de sa campagne, est aussi prévue, de même que des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l’immigration.Donald Trump a promis mercredi qu’en cas d’adoption du texte, les Etats-Unis connaîtraient “une renaissance économique comme jamais vue auparavant”.Selon des analyses indépendantes, les principaux bénéficiaires seront cependant les ménages les plus aisés, tandis que des millions d’Américains aux revenus modestes pourraient perdre leur accès à des programmes publics d’assurance santé ou d’aide alimentaire.- “Freiner notre dette” -Experts comme politiques pointent aussi du doigt l’explosion attendue du déficit public.Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d’évaluer de manière non partisane l’impact des projets de loi sur les finances publiques, a estimé mardi que la “One Big Beautiful Bill” augmenterait la dette de plus de 3.400 milliards de dollars d’ici 2034. L’extension des crédits d’impôt coûterait à elle seule 4.500 milliards.”Je suis venu à Washington pour aider à freiner notre dette nationale”, a affirmé Keith Self, un élu républicain à la Chambre, pour justifier avoir voté “non” lors du vote de procédure.L’élu texan a accusé ses collègues du Sénat d’avoir “piétiné” la version adoptée précédemment à la Chambre, avant d’ajouter qu’au bout du compte “c’est une question de morale”.Pour compenser en partie le creusement du déficit, les républicains prévoient de sabrer dans Medicaid, programme public d’assurance santé dont dépendent des millions d’Américains aux faibles revenus.Une réduction drastique du programme Snap, principale aide alimentaire du pays, est également prévue, de même que la suppression de nombreuses incitations fiscales en faveur des énergies renouvelables adoptées sous Joe Biden.Sans surprise, les démocrates s’opposent en bloc au texte.Leur chef à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, l’a ainsi qualifié de “monstruosité répugnante” qui “fera souffrir les Américains ordinaires” au profit des plus riches.

Indonésie: 4 morts, 38 disparus dans le naufrage d’un ferry au large de Bali

Au moins quatre personnes sont mortes et près d’une quarantaine sont portées disparues après le naufrage mercredi soir d’un ferry transportant 65 personnes vers l’île de Bali en Indonésie, selon les autorités locales.Les sauveteurs qui ont déjà récupéré 23 personnes en mer, tentent jeudi de trouver d’autres survivants après le naufrage peu avant minuit du ferry qui se dirigeait vers le nord de l’île de Bali, après être parti de Banyuwangi, sur la côte orientale de Java.”Vingt-trois personnes secourues, 4 morts”, a déclaré à l’AFP Rama Samtama Putra, chef de la police de la ville de Banyuwangi, dans l’est de l’île de Java, d’où est parti le ferry. Ce bilan a été confirmé par une agence de recherche et de sauvetage locale qui avait initialement fait état de 61 disparus.La présidence indonésienne a invoqué le mauvais temps lors de l’accident alors que les autorités n’ont pas précisé si des étrangers se trouvaient à bord.Des vagues de 2,5 mètres de haut accompagnées de “vents forts et d’un fort courant”, ont perturbé les opérations de secours, a indiqué Nanang Sigit, directeur de l’agence de sauvetage basée à Surabaya.”Le KMP Tunu Pratama Jaya (…) a sombré environ 25 minutes après avoir levé l’ancre,” a indiqué l’agence, précisant que le ferry “transportait également 22 véhicules, dont 14 camions”.Le président indonésien Prabowo Subianto, en visite en Arabie Saoudite, a ordonné le déploiement immédiat des secours d’urgence, a déclaré le secrétaire du cabinet Teddy Indra Wijaya dans un communiqué jeudi.Le ferry a sombré en raison “du mauvais temps”, a indiqué M. Teddy.La traversée du port de Katapang, à l’est de Java vers le port de Gilimanuk, au nord de Bali, séparés d’environ 5 km, dure environ une heure, et est couramment effectuée par les habitants de la région.Selon la liste des personnes embarquées, “53 passagers et 12 membres d’équipage”, étaient à bord, a précisé jeudi l’agence de recherche et de sauvetage, ajoutant que le navire avait sombré vers 23H20 locales (15H20 GMT). Les équipes de secours tentent de vérifier si le nombre de personnes à bord est conforme à la liste déclarée.Les quatre personnes secourues ont utilisé un canot de sauvetage du ferry et ont été retrouvées en mer tôt jeudi matin.- Opérations de secours -Une équipe de secours et des canots de sauvetage ont été dépêchés vers la zone et un navire a ensuite été envoyé de Surabaya.Les accidents maritimes surviennent régulièrement en Indonésie, un vaste archipel d’environ 17.000 îles, en partie en raison de normes de sécurité laxistes.En mars, un bateau transportant 16 personnes a chaviré dans des conditions de mer agitée au large de la même île touristique de Bali. Une Australienne a trouvé la mort et au moins une autre personne a été blessée.En 2018, plus de 150 personnes sont mortes lorsqu’un ferry a sombré dans le lac Toba, l’un des lacs les plus profonds du monde sur l’île de Sumatra.En 2022, un ferry transportant plus de 800 personnes s’était échoué dans des eaux peu profondes au large de la province de Nusa Tenggara orientale, dans l’est de l’archipel, et est resté bloqué pendant deux jours avant d’être dégagé. Aucun blessé n’avait été signalé.

Indonésie: 4 morts, 38 disparus dans le naufrage d’un ferry au large de Bali

Au moins quatre personnes sont mortes et près d’une quarantaine sont portées disparues après le naufrage mercredi soir d’un ferry transportant 65 personnes vers l’île de Bali en Indonésie, selon les autorités locales.Les sauveteurs qui ont déjà récupéré 23 personnes en mer, tentent jeudi de trouver d’autres survivants après le naufrage peu avant minuit du ferry qui se dirigeait vers le nord de l’île de Bali, après être parti de Banyuwangi, sur la côte orientale de Java.”Vingt-trois personnes secourues, 4 morts”, a déclaré à l’AFP Rama Samtama Putra, chef de la police de la ville de Banyuwangi, dans l’est de l’île de Java, d’où est parti le ferry. Ce bilan a été confirmé par une agence de recherche et de sauvetage locale qui avait initialement fait état de 61 disparus.La présidence indonésienne a invoqué le mauvais temps lors de l’accident alors que les autorités n’ont pas précisé si des étrangers se trouvaient à bord.Des vagues de 2,5 mètres de haut accompagnées de “vents forts et d’un fort courant”, ont perturbé les opérations de secours, a indiqué Nanang Sigit, directeur de l’agence de sauvetage basée à Surabaya.”Le KMP Tunu Pratama Jaya (…) a sombré environ 25 minutes après avoir levé l’ancre,” a indiqué l’agence, précisant que le ferry “transportait également 22 véhicules, dont 14 camions”.Le président indonésien Prabowo Subianto, en visite en Arabie Saoudite, a ordonné le déploiement immédiat des secours d’urgence, a déclaré le secrétaire du cabinet Teddy Indra Wijaya dans un communiqué jeudi.Le ferry a sombré en raison “du mauvais temps”, a indiqué M. Teddy.La traversée du port de Katapang, à l’est de Java vers le port de Gilimanuk, au nord de Bali, séparés d’environ 5 km, dure environ une heure, et est couramment effectuée par les habitants de la région.Selon la liste des personnes embarquées, “53 passagers et 12 membres d’équipage”, étaient à bord, a précisé jeudi l’agence de recherche et de sauvetage, ajoutant que le navire avait sombré vers 23H20 locales (15H20 GMT). Les équipes de secours tentent de vérifier si le nombre de personnes à bord est conforme à la liste déclarée.Les quatre personnes secourues ont utilisé un canot de sauvetage du ferry et ont été retrouvées en mer tôt jeudi matin.- Opérations de secours -Une équipe de secours et des canots de sauvetage ont été dépêchés vers la zone et un navire a ensuite été envoyé de Surabaya.Les accidents maritimes surviennent régulièrement en Indonésie, un vaste archipel d’environ 17.000 îles, en partie en raison de normes de sécurité laxistes.En mars, un bateau transportant 16 personnes a chaviré dans des conditions de mer agitée au large de la même île touristique de Bali. Une Australienne a trouvé la mort et au moins une autre personne a été blessée.En 2018, plus de 150 personnes sont mortes lorsqu’un ferry a sombré dans le lac Toba, l’un des lacs les plus profonds du monde sur l’île de Sumatra.En 2022, un ferry transportant plus de 800 personnes s’était échoué dans des eaux peu profondes au large de la province de Nusa Tenggara orientale, dans l’est de l’archipel, et est resté bloqué pendant deux jours avant d’être dégagé. Aucun blessé n’avait été signalé.

La Thaïlande se prépare pour un troisième Premier ministre en trois jours

Un gouvernement remanié va prêter serment devant le roi jeudi, avec un nouveau Premier ministre intérimaire à sa tête, le troisième en trois jours, alors que la Thaïlande traverse une énième crise politique, centrée autour de la dynastie Shinawatra.Phumtham Wechayachai, 71 ans, futur ministre de l’Intérieur, est appelé à relever Suriya Jungrungreangkit, qui a pris les commandes provisoires du cabinet après la suspension par la justice de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, mardi.Bien qu’au cœur d’une procédure devant la Cour constitutionnelle qui risque de conduire à sa destitution, Paetongtarn doit occuper la fonction de ministre de la Culture, ce qui lui permettra de garder un œil à l’intérieur des affaires de l’Etat.La crise en cours est appelée à durer des semaines, voire des mois, le temps que les juges délibèrent sur le cas de la dirigeante, accusée de manquements à l’éthique lors d’un appel avec l’ex-Premier ministre cambodgien Hun Sen qui a fuité.Plus jeune Première ministre qu’ait connue le royaume (38 ans), Paetongtarn est l’héritière de la dynastie initiée par son père Thaksin, qui a longtemps incarné l’alternative au statu quo défendu par l’establishment militaro-royaliste.- Lieutenant loyal -Depuis les années 2000, leurs querelles tenaces ont nourri la réputation d’instabilité du royaume, de quoi dissuader les investisseurs et laisser flotter en permanence le scénario d’un coup d’Etat.Aujourd’hui, le gouvernement se trouve au devant de décisions cruciales, liées à la menace de se voir imposer une surtaxe de 36% sur ses exportations vers les Etats-Unis. Des émissaires de Bangkok doivent rencontrer des représentants de la Maison Blanche jeudi.Phumtham Wechayachai est considéré comme un loyal lieutenant de Thaksin, le charismatique milliardaire qui a dynamité les codes de la politique thaïlandaise dans les années 2000, avec un style à mi-chemin entre libéralisme et autoritarisme, qui lui a valu autant l’adulation des milieux ruraux que la haine des élites de Bangkok.Le clivant magnat des télécoms, qui a dirigé le pays de 2001 à 2006 jusqu’à un coup d’Etat, est aussi dans le collimateur de la justice: son procès pour lèse-majesté, pour lequel il risque jusqu’à 15 ans de prison, a débuté mardi et les auditions doivent durer jusqu’à la fin du mois de juillet.Avant son intronisation, Phumtham a assuré que Paetongtarn allait “survivre à l’enquête”.Ce vieux routier de la politique locale, qui a participé au mouvement étudiant communiste dans les années 1970, a occupé le poste de ministre de la Défense dans le précédent gouvernement, sans avoir réussi à endiguer la montée des tensions à la frontière avec le Cambodge, après la mort d’un soldat khmer à la suite d’un échange de tirs nocturnes fin mai.Bien que le climat soit toujours miné avec le voisin cambodgien, le poste de ministre de la Défense a été laissé vacant dans le nouveau cabinet.Par le passé, l’instabilité gouvernementale a aussi servi de justification à l’armée pour prendre le pouvoir. La Thaïlande a connu une douzaine de coups d’Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, et le dernier putsch remonte à 2014, contre la sœur de Thaksin, Yingluck.

La Thaïlande se prépare pour un troisième Premier ministre en trois jours

Un gouvernement remanié va prêter serment devant le roi jeudi, avec un nouveau Premier ministre intérimaire à sa tête, le troisième en trois jours, alors que la Thaïlande traverse une énième crise politique, centrée autour de la dynastie Shinawatra.Phumtham Wechayachai, 71 ans, futur ministre de l’Intérieur, est appelé à relever Suriya Jungrungreangkit, qui a pris les commandes provisoires du cabinet après la suspension par la justice de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, mardi.Bien qu’au cœur d’une procédure devant la Cour constitutionnelle qui risque de conduire à sa destitution, Paetongtarn doit occuper la fonction de ministre de la Culture, ce qui lui permettra de garder un œil à l’intérieur des affaires de l’Etat.La crise en cours est appelée à durer des semaines, voire des mois, le temps que les juges délibèrent sur le cas de la dirigeante, accusée de manquements à l’éthique lors d’un appel avec l’ex-Premier ministre cambodgien Hun Sen qui a fuité.Plus jeune Première ministre qu’ait connue le royaume (38 ans), Paetongtarn est l’héritière de la dynastie initiée par son père Thaksin, qui a longtemps incarné l’alternative au statu quo défendu par l’establishment militaro-royaliste.- Lieutenant loyal -Depuis les années 2000, leurs querelles tenaces ont nourri la réputation d’instabilité du royaume, de quoi dissuader les investisseurs et laisser flotter en permanence le scénario d’un coup d’Etat.Aujourd’hui, le gouvernement se trouve au devant de décisions cruciales, liées à la menace de se voir imposer une surtaxe de 36% sur ses exportations vers les Etats-Unis. Des émissaires de Bangkok doivent rencontrer des représentants de la Maison Blanche jeudi.Phumtham Wechayachai est considéré comme un loyal lieutenant de Thaksin, le charismatique milliardaire qui a dynamité les codes de la politique thaïlandaise dans les années 2000, avec un style à mi-chemin entre libéralisme et autoritarisme, qui lui a valu autant l’adulation des milieux ruraux que la haine des élites de Bangkok.Le clivant magnat des télécoms, qui a dirigé le pays de 2001 à 2006 jusqu’à un coup d’Etat, est aussi dans le collimateur de la justice: son procès pour lèse-majesté, pour lequel il risque jusqu’à 15 ans de prison, a débuté mardi et les auditions doivent durer jusqu’à la fin du mois de juillet.Avant son intronisation, Phumtham a assuré que Paetongtarn allait “survivre à l’enquête”.Ce vieux routier de la politique locale, qui a participé au mouvement étudiant communiste dans les années 1970, a occupé le poste de ministre de la Défense dans le précédent gouvernement, sans avoir réussi à endiguer la montée des tensions à la frontière avec le Cambodge, après la mort d’un soldat khmer à la suite d’un échange de tirs nocturnes fin mai.Bien que le climat soit toujours miné avec le voisin cambodgien, le poste de ministre de la Défense a été laissé vacant dans le nouveau cabinet.Par le passé, l’instabilité gouvernementale a aussi servi de justification à l’armée pour prendre le pouvoir. La Thaïlande a connu une douzaine de coups d’Etat réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, et le dernier putsch remonte à 2014, contre la sœur de Thaksin, Yingluck.