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De jeunes Américains défient Trump au tribunal pour son recul climatique

Existe-t-il un droit à un futur climatique viable? De jeunes Américains tentent mardi de saisir la justice contre l’administration Trump, qu’ils accusent de bafouer leurs droits fondamentaux en promouvant le pétrole et le gaz.”Cela m’angoisse beaucoup de penser à mon avenir”, a confié à l’AFP Eva Lighthiser, plaignante principale, dont la famille a dû déménager pour des raisons climatiques.Pour cette femme de 19 ans, “c’est très difficile à accepter pour quelqu’un qui entre tout juste dans l’âge adulte”.Elle témoignera mardi et mercredi aux côtés de 21 autres jeunes, dont plusieurs mineurs, dans le cadre de cette action portée devant un tribunal fédéral à Missoula, dans le Montana, Etat rural du nord-ouest des Etats-Unis.Leur plainte illustre le déplacement croissant du combat climatique sur le terrain judiciaire, souvent à l’initiative de jeunes du même âge. Cet été, ce sont des étudiants de l’archipel du Vanuatu qui ont obtenu une victoire retentissante devant la Cour internationale de justice, plus haute juridiction de l’ONU.Citant des répercussions sur leur santé, le groupe de jeunes Américains attaque des décrets de Donald Trump pour faciliter la production de pétrole et de gaz, entraver celle d’énergies renouvelables et occulter le suivi des effets du changement climatique.Des climatologues, un pédiatre ou l’ancien émissaire climatique démocrate John Podesta témoigneront pour appuyer leur démarche.Ce sera “la première fois” que les plaignants pourront témoigner directement face au nouveau gouvernement républicain sur la façon dont sa politique “provoque la crise climatique et porte préjudice aux jeunes”, explique à l’AFP Andrea Rogers, avocate de l’association Our Children’s Trust, qui les représente.- Cour suprême conservatrice -L’action est pour l’instant au stade procédural: elle vise à obtenir du juge qu’il ordonne la tenue d’un procès. Le gouvernement fédéral, rejoint par 19 Etats conservateurs et le territoire de Guam, réclame un classement sans suite.Bien que le juge, Dana Christensen, soit connu pour des décisions en faveur de l’environnement, les observateurs ne sont pas optimistes. Même en cas de procès, la procédure risque de finir devant la Cour suprême, dominée par les conservateurs.Et l’absence de jurisprudence fédérale forte sur un “droit constitutionnel à un environnement propre” ne joue pas en faveur du mouvement, dit à l’AFP Michael Gerrard, professeur de droit environnemental à l’université Columbia.”Cette Cour suprême est plutôt encline à retirer des droits qu’à en accorder, à moins que vous n’ayez une arme à feu”, tranche-t-il.L’équipe juridique garde néanmoins espoir, après de récentes victoires remportées au niveau des Etats.En 2023, un juge du Montana a donné raison à de jeunes plaignants qui contestaient la non-prise en compte du climat dans la délivrance de permis pétroliers et gaziers, estimant que cela violait leur droit constitutionnel à un environnement sain.Un an plus tard, de jeunes militants hawaïens ont obtenu un accord obligeant leur Etat à accélérer la décarbonation du secteur des transports.Mais au niveau fédéral, la balance ne penche pas du côté des militants. L’affaire la plus connue, remontant à 2015, a été close en 2023… par la Cour suprême.Le gouvernement Trump pourrait faire valoir que la question climatique relève du politique et non des tribunaux.Mais, note l’avocate Andrea Rogers, “la question de savoir si le pouvoir exécutif viole les droits constitutionnels des jeunes est précisément le genre de question que les tribunaux tranchent depuis des décennies”.

Sous le feu des critiques, le directeur du FBI Kash Patel s’explique devant le Congrès

Le directeur du FBI, Kash Patel, rend compte mardi de son action à la tête de la police fédérale américaine devant le Congrès quelques jours après sa communication hasardeuse dans l’enquête sur l’assassinat de l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.Ce qui aurait dû être une audition presque de routine devant la commission judiciaire du Sénat, avant celle de la Chambre des représentants mercredi, risque de se transformer en examen de rattrapage sur ses compétences pour ce poste stratégique.Son autorité est d’autant plus entamée qu’une partie de la base du président Donald Trump lui reproche, ainsi qu’à la ministre de la Justice Pam Bondi, leur gestion de l’affaire Jeffrey Epstein, délinquant sexuel mort en prison en août 2019 avant son procès.Quelques heures à peine après l’assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre, Kash Patel claironnait sur X que l’auteur présumé de ce “meurtre atroce” était en détention, brûlant la politesse aux autorités sur place, qui se montraient bien plus circonspectes. Pour devoir se dédire piteusement au bout d’une heure et demie en annonçant que ce suspect, mis hors de cause, avait été relâché.Il a reconnu lundi qu’il aurait “pu mieux formuler cela dans le feu de l’action”, mais a assuré n’avoir aucun regret sur son annonce prématurée, cette ancienne figure de la sphère complotiste se targuant d’être le directeur le plus “transparent” de l’histoire du FBI. Kash Patel revendique même un rôle central dans la reddition du meurtrier présumé, Tyler Robinson, reconnu par son père sur les images de vidéosurveillance diffusées par les autorités, et qui doit être présenté à un juge pour la première fois mardi.Comme de nombreux commentateurs judiciaires, l’ancien procureur fédéral Glenn Kirschner dénonce le caractère “irresponsable” des annonces de Kash Patel dans cette affaire, espérant ouvertement son éviction.- “Politisé” -“Kash Patel est dangereusement inapte à diriger le FBI”, assène Glenn Kirschner sur sa chaîne YouTube, citant également les accusations portées contre lui par d’anciens hauts responsables de la police fédérale. Dans une plainte au civil la semaine dernière, trois dirigeants du FBI abruptement limogés en août par Kash Patel l’accusent d’avoir “politisé” cette agence pour complaire à ses supérieurs, dont Donald Trump.Ils disent avoir été sanctionnés notamment pour leur opposition au limogeage d’agents dont le seul tort était d’être considérés comme insuffisamment alignés sur les priorités de la nouvelle administration ou ayant été publiquement dénoncés par les partisans du président républicain.L’un d’entre eux, Brian Driscoll, directeur du FBI par intérim pendant le premier mois du mandat de Donald Trump, jusqu’à l’entrée en fonction de Kash Patel, affirme avoir tenté en vain de le dissuader de licencier un agent.”Le FBI a tenté de mettre le président en prison et il ne l’a pas oublié”, lui a répondu Kash Patel, se disant obligé pour garder son poste de renvoyer tous ceux ayant travaillé sur les procédures pénales contre Donald Trump avant son élection, selon la plainte.Mais cette indéfectible allégeance de Kash Patel, dont les opposants démocrates ont tenté de bloquer la nomination en raison de sa défense des émeutiers du Capitole le 6 janvier 2021 et de son soutien passé à la mouvance complotiste d’extrême droite QAnon, pourrait ne pas suffire à sauver sa tête.Son crédit est en effet largement entamé auprès de la frange complotiste du mouvement trumpiste MAGA (“Make America Great Again”, “Rendre sa grandeur à l’Amérique”), frustrée des révélations fracassantes qu’elle espérait dans l’affaire Epstein.En juillet, le ministère de la Justice et le FBI ont annoncé conjointement n’avoir découvert aucun élément nouveau dans ce dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires.

Sous le feu des critiques, le directeur du FBI Kash Patel s’explique devant le Congrès

Le directeur du FBI, Kash Patel, rend compte mardi de son action à la tête de la police fédérale américaine devant le Congrès quelques jours après sa communication hasardeuse dans l’enquête sur l’assassinat de l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.Ce qui aurait dû être une audition presque de routine devant la commission judiciaire du Sénat, avant celle de la Chambre des représentants mercredi, risque de se transformer en examen de rattrapage sur ses compétences pour ce poste stratégique.Son autorité est d’autant plus entamée qu’une partie de la base du président Donald Trump lui reproche, ainsi qu’à la ministre de la Justice Pam Bondi, leur gestion de l’affaire Jeffrey Epstein, délinquant sexuel mort en prison en août 2019 avant son procès.Quelques heures à peine après l’assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre, Kash Patel claironnait sur X que l’auteur présumé de ce “meurtre atroce” était en détention, brûlant la politesse aux autorités sur place, qui se montraient bien plus circonspectes. Pour devoir se dédire piteusement au bout d’une heure et demie en annonçant que ce suspect, mis hors de cause, avait été relâché.Il a reconnu lundi qu’il aurait “pu mieux formuler cela dans le feu de l’action”, mais a assuré n’avoir aucun regret sur son annonce prématurée, cette ancienne figure de la sphère complotiste se targuant d’être le directeur le plus “transparent” de l’histoire du FBI. Kash Patel revendique même un rôle central dans la reddition du meurtrier présumé, Tyler Robinson, reconnu par son père sur les images de vidéosurveillance diffusées par les autorités, et qui doit être présenté à un juge pour la première fois mardi.Comme de nombreux commentateurs judiciaires, l’ancien procureur fédéral Glenn Kirschner dénonce le caractère “irresponsable” des annonces de Kash Patel dans cette affaire, espérant ouvertement son éviction.- “Politisé” -“Kash Patel est dangereusement inapte à diriger le FBI”, assène Glenn Kirschner sur sa chaîne YouTube, citant également les accusations portées contre lui par d’anciens hauts responsables de la police fédérale. Dans une plainte au civil la semaine dernière, trois dirigeants du FBI abruptement limogés en août par Kash Patel l’accusent d’avoir “politisé” cette agence pour complaire à ses supérieurs, dont Donald Trump.Ils disent avoir été sanctionnés notamment pour leur opposition au limogeage d’agents dont le seul tort était d’être considérés comme insuffisamment alignés sur les priorités de la nouvelle administration ou ayant été publiquement dénoncés par les partisans du président républicain.L’un d’entre eux, Brian Driscoll, directeur du FBI par intérim pendant le premier mois du mandat de Donald Trump, jusqu’à l’entrée en fonction de Kash Patel, affirme avoir tenté en vain de le dissuader de licencier un agent.”Le FBI a tenté de mettre le président en prison et il ne l’a pas oublié”, lui a répondu Kash Patel, se disant obligé pour garder son poste de renvoyer tous ceux ayant travaillé sur les procédures pénales contre Donald Trump avant son élection, selon la plainte.Mais cette indéfectible allégeance de Kash Patel, dont les opposants démocrates ont tenté de bloquer la nomination en raison de sa défense des émeutiers du Capitole le 6 janvier 2021 et de son soutien passé à la mouvance complotiste d’extrême droite QAnon, pourrait ne pas suffire à sauver sa tête.Son crédit est en effet largement entamé auprès de la frange complotiste du mouvement trumpiste MAGA (“Make America Great Again”, “Rendre sa grandeur à l’Amérique”), frustrée des révélations fracassantes qu’elle espérait dans l’affaire Epstein.En juillet, le ministère de la Justice et le FBI ont annoncé conjointement n’avoir découvert aucun élément nouveau dans ce dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires.

Début du procès en appel du “violeur de Tinder” Salim Berrada

Le procès en appel de celui que les médias ont surnommé le “violeur de Tinder”, Salim Berrada, s’ouvre mardi à Créteil, un an et demi après sa condamnation à 18 ans de réclusion pour avoir violé ou agressé sexuellement 15 femmes rencontrées en ligne.Tout au long de son premier procès, en mars 2024 à Paris, Salim Berrada avait clamé son innocence, arguant que les relations avec ces femmes étaient consenties, ou n’avaient pas existé.Au terme de deux semaines d’audience, où le consentement avait été au cœur des débats, la cour criminelle de Paris avait reconnu coupable cet ex-photographe marocain d’aujourd’hui 40 ans de 12 viols et trois agressions sexuelles.Pour deux autres plaignantes, elle l’avait acquitté, considérant que les preuves manquaient et que “le doute” devait lui bénéficier. Ces 17 femmes se sont de nouveau constituées parties civiles.En première instance, l’accusé s’était vu infliger une peine de 18 ans de réclusion criminelle, assortie d’une obligation de quitter le territoire. Il avait aussitôt interjeté appel.Les faits dénoncés s’étalent de 2014 à 2016.Agées à l’époque d’une petite vingtaine d’années pour la plupart, les plaignantes livrent des récits similaires de leur rencontre avec Salim Berrada, qui les avait attirées dans son studio via des messages sur des réseaux sociaux ou sites de rencontres, proposant des séances photos.Une fois à son domicile, elles se voient offrir de l’alcool, que beaucoup n’osent pas refuser. Toutes décrivent alors une ivresse anormale et rapide. Vient ensuite l’état second, l’impression d’avoir été droguées. Certaines vomissent, d’autres tombent.Toutes racontent le changement de comportement du photographe. Il les plaque, les maintient aux poignets alors qu’elles répètent qu’elles ne veulent pas, puis les viole.En mars 2024, le président de la cour criminelle de Paris, Thierry Fusina, avait souligné le “caractère particulièrement organisé”, le “mode opératoire éprouvé” et le “caractère sériel de ces crimes et délits”, jugé “particulièrement inquiétant”.L’avocat général, qui avait requis une peine de 19 ans de réclusion, avait fustigé un “insatiable chasseur égocentrique”, qui “ne reconnaît rien”.La défense avait pour sa part longuement prié la cour d’au moins “douter” de sa culpabilité.”J’aimerais juste dire que ce monstre (…) ce n’est pas moi”, avait murmuré Salim Berrada, avant que la cour ne se retire pour délibérer.Le verdict de son procès en appel est attendu le 2 ou le 3 octobre. Il encourt la peine maximale de 20 ans de réclusion.

Allemagne : verdict pour un Afghan jugé pour une attaque meurtrière au couteau

Un tribunal allemand doit rendre mardi son jugement concernant un Afghan accusé du meurtre d’un policier, lors d’une attaque aux motivations jihadistes, première d’une série qui avait choqué le pays et contribué à la progression de l’extrême droite.Le procureur a requis une peine de prison à perpétuité pour Sulaiman A., 26 ans, assortie d’une reconnaissance de la gravité particulière de la culpabilité qui rendrait très difficile une libération anticipée.Accusé d’un meurtre et de cinq tentatives de meurtre, l’accusé avait gardé le silence sur le motif de son acte présumé à l’ouverture de son procès, mi-février, dans une salle sécurisée de la prison de Stuttgart-Stammheim (sud-ouest).Le 31 mai 2024 à Mannheim (ouest), sur la place du marché, il s’en était pris à plusieurs membres d’une organisation anti-islam, le Mouvement citoyen Pax Europa (BPE), poignardant l’orateur principal, Michael Stürzenberger, déjà condamné pour incitation à la haine raciale. L’accusé a ensuite donné plusieurs coups de couteau à quatre personnes qui voulaient l’arrêter, avant de s’en prendre à un policier de 29 ans.Une vidéo le montrant en train de frapper l’agent à la tête avait largement circulé sur les réseaux sociaux, accentuant l’émotion. La victime était décédée deux jours plus tard à l’hôpital.- Mineur non accompagné -Selon les enquêteurs, Sulaiman A., un partisan du groupe jihadiste Etat islamique (EI), aurait décidé au printemps 2024 de commettre un attentat en Allemagne contre des “infidèles”.Des médias allemands ont affirmé qu’il était arrivé en Allemagne à l’âge de 14 ans, avec son frère, mais sans leurs parents. Ils se sont vu refuser l’asile mais, en tant que mineurs non accompagnés, ont bénéficié d’un sursis, puis d’un titre de séjour.Le verdict est attendu une semaine après la condamnation à perpétuité d’un Syrien pour une autre attaque jihadiste au couteau, à Solingen, qui avait fait trois morts en août 2024.Espacées de trois mois, ces deux attentats avaient pesé sur les élections législatives de l’hiver suivant, marquées par la progression du parti d’extrême droite AfD.Au cours de la campagne, l’Allemagne a connu d’autres violences meurtrières impliquant des ressortissants étrangers qui ont enflammé le débat sur la politique d’asile et la sécurité.Mi-février, l’ouverture du procès de Sulaiman A. avait d’ailleurs coïncidé avec une attaque à la voiture-bélier à Munich, dont l’auteur présumé est également afghan. Elle a fait 2 morts et 44 blessés graves.- Un million de réfugiés -Juste avant, fin janvier, un Afghan souffrant de troubles psychiatriques s’en est pris à un groupe d’enfants dans un parc à Aschaffenbourg (sud), poignardant à mort deux personnes, dont un garçon de deux ans.La première économie européenne a accueilli plus d’un million de réfugiés, dont de très nombreux Syriens et Afghans, lors de la crise migratoire de 2015-2016. Mais elle a aujourd’hui définitivement tourné cette page associée à l’ex-chancelière Angela Merkel (2005-2021).Pour enrayer l’ascension de l’AfD, le chancelier conservateur Friedrich Merz a opéré un nouveau tour de vis sur la politique migratoire, instaurant notamment le refoulement des demandeurs d’asile aux frontières.En juillet, sa coalition a organisé le rapatriement de 81 condamnés afghans dans leur pays, malgré la présence au pouvoir des talibans.Samedi, le ministère de l’Intérieur a redit à l’AFP son intention de “permettre des rapatriements réguliers et fréquents vers l’Afghanistan”, justifiant ainsi des “discussions techniques” avec les talibans.

Allemagne : verdict pour un Afghan jugé pour une attaque meurtrière au couteau

Un tribunal allemand doit rendre mardi son jugement concernant un Afghan accusé du meurtre d’un policier, lors d’une attaque aux motivations jihadistes, première d’une série qui avait choqué le pays et contribué à la progression de l’extrême droite.Le procureur a requis une peine de prison à perpétuité pour Sulaiman A., 26 ans, assortie d’une reconnaissance de la gravité particulière de la culpabilité qui rendrait très difficile une libération anticipée.Accusé d’un meurtre et de cinq tentatives de meurtre, l’accusé avait gardé le silence sur le motif de son acte présumé à l’ouverture de son procès, mi-février, dans une salle sécurisée de la prison de Stuttgart-Stammheim (sud-ouest).Le 31 mai 2024 à Mannheim (ouest), sur la place du marché, il s’en était pris à plusieurs membres d’une organisation anti-islam, le Mouvement citoyen Pax Europa (BPE), poignardant l’orateur principal, Michael Stürzenberger, déjà condamné pour incitation à la haine raciale. L’accusé a ensuite donné plusieurs coups de couteau à quatre personnes qui voulaient l’arrêter, avant de s’en prendre à un policier de 29 ans.Une vidéo le montrant en train de frapper l’agent à la tête avait largement circulé sur les réseaux sociaux, accentuant l’émotion. La victime était décédée deux jours plus tard à l’hôpital.- Mineur non accompagné -Selon les enquêteurs, Sulaiman A., un partisan du groupe jihadiste Etat islamique (EI), aurait décidé au printemps 2024 de commettre un attentat en Allemagne contre des “infidèles”.Des médias allemands ont affirmé qu’il était arrivé en Allemagne à l’âge de 14 ans, avec son frère, mais sans leurs parents. Ils se sont vu refuser l’asile mais, en tant que mineurs non accompagnés, ont bénéficié d’un sursis, puis d’un titre de séjour.Le verdict est attendu une semaine après la condamnation à perpétuité d’un Syrien pour une autre attaque jihadiste au couteau, à Solingen, qui avait fait trois morts en août 2024.Espacées de trois mois, ces deux attentats avaient pesé sur les élections législatives de l’hiver suivant, marquées par la progression du parti d’extrême droite AfD.Au cours de la campagne, l’Allemagne a connu d’autres violences meurtrières impliquant des ressortissants étrangers qui ont enflammé le débat sur la politique d’asile et la sécurité.Mi-février, l’ouverture du procès de Sulaiman A. avait d’ailleurs coïncidé avec une attaque à la voiture-bélier à Munich, dont l’auteur présumé est également afghan. Elle a fait 2 morts et 44 blessés graves.- Un million de réfugiés -Juste avant, fin janvier, un Afghan souffrant de troubles psychiatriques s’en est pris à un groupe d’enfants dans un parc à Aschaffenbourg (sud), poignardant à mort deux personnes, dont un garçon de deux ans.La première économie européenne a accueilli plus d’un million de réfugiés, dont de très nombreux Syriens et Afghans, lors de la crise migratoire de 2015-2016. Mais elle a aujourd’hui définitivement tourné cette page associée à l’ex-chancelière Angela Merkel (2005-2021).Pour enrayer l’ascension de l’AfD, le chancelier conservateur Friedrich Merz a opéré un nouveau tour de vis sur la politique migratoire, instaurant notamment le refoulement des demandeurs d’asile aux frontières.En juillet, sa coalition a organisé le rapatriement de 81 condamnés afghans dans leur pays, malgré la présence au pouvoir des talibans.Samedi, le ministère de l’Intérieur a redit à l’AFP son intention de “permettre des rapatriements réguliers et fréquents vers l’Afghanistan”, justifiant ainsi des “discussions techniques” avec les talibans.