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Ukraine : 600.000 personnes ont quitté Kiev, privée de chauffage et d’électricité par les frappes russes

Environ 600.000 personnes ont quitté Kiev en janvier, selon son maire, tandis que des milliers d’immeubles résidentiels de la capitale ukrainienne et le Parlement étaient sans chauffage, eau ni électricité mardi après de nouvelles frappes russes nocturnes.Ces attaques ont aussi provisoirement privé la centrale nucléaire de Tchernobyl d’alimentation externe.Dans la journée, 4.000 bâtiments d’habitation étaient toujours sans chauffage, a souligné le maire de Kiev Vitali Klitschko, la Russie continuant ses bombardements sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine.Ceux-ci ont fait un blessé dans la capitale et un mort, plus au nord, à Boutcha, où un massacre a été commis pendant l’occupation russe début 2022.Conséquence de ces attaques aériennes, “plus d’un million” d’habitants de Kiev étaient sans électricité dans la soirée, a affirmé dans la soirée le président Volodymyr Zelensky.”Tout le monde n’a pas la possibilité de quitter la ville mais, en ce moment, la population a diminué”, a quant à lui déclaré M. Klitschko dans un entretien avec l’AFP, disant que 600.000 personnes avaient quitté la capitale, qui compte 3,6 millions d’habitants.Des journalistes de l’AFP y ont constaté la fermeture de magasins et de restaurants en raison des coupures de courant, ainsi que la mise hors service de feux de circulation et l’extinction de l’éclairage public la nuit dans certains quartiers.La Rada, le Parlement ukrainien, était également sans eau, électricité ni chauffage mardi, a annoncé son président Rouslan Stefantchouk.”La température frôle les -20°C et Poutine s’en sert pour briser la résistance, plonger tout le monde dans la dépression, créer de la tension dans la société”, a dénoncé M. Klitschko auprès de l’AFP.Pendant l’entretien, une alerte aérienne a retenti, avertissant d’un risque d’attaque sur Kiev.- Situation “très critique” à Kiev -Le 9 janvier, la capitale avait déjà subi un bombardement qui avait privé de chauffage 6.000 immeubles, la pire attaque russe sur son réseau énergétique depuis le début de l’invasion il y a bientôt quatre ans.Son maire a réitéré son appel à ceux qui le peuvent à quitter la ville pendant que les services ukrainiens s’acharnent à réparer les dégâts occasionnés aux infrastructures.”Imaginez qu’il n’y ait ni électricité ni eau chez vous. Vous ne pouvez pas prendre de douche. Vos radiateurs sont froids. La situation est très critique”, a résumé M. Klitschko.Selon l’armée de l’air ukrainienne, 34 missiles et 339 drones ont été envoyés pendant la nuit contre l’Ukraine, avec la région de Kiev comme “cible principale”.Pendant l’attaque, Mariana Kravtchenko, 42 ans, s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. “On a eu peur parce qu’il y a eu plusieurs explosions”, raconte-t-elle. Ils n’ont pas dormi de la nuit. “On est très fatigué mais ça ira, on garde le sourire et on croit en la victoire”, a dit à l’AFP cette employée d’un entrepôt.- Tchernobyl provisoirement coupée du réseau -D’autres régions ukrainiennes ont également subi des bombardements sur leurs infrastructures énergétiques au cours de la nuit, notamment celle de Rivné (nord-ouest) où plus de 10.000 foyers se sont retrouvés sans courant, d’après l’administration régionale.Les Nations unies ont déploré mardi ces “attaques à grande échelle” et répétées de la Russie. “On ne peut que les qualifier de cruelles. Elles doivent cesser. Viser des civils et des infrastructures civiles constitue une violation claire des règles de la guerre”, a déclaré le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk.Le ministère russe de la Défense a affirmé que des industries militaires, des dépôts de munitions et “des infrastructures énergétiques et de transport” utilisées par l’armée ukrainienne avaient été bombardés.La centrale nucléaire de Tchernobyl a été reconnectée au réseau électrique ukrainien dans l’après-midi, après avoir perdu toute alimentation externe en électricité en raison des frappes russes, a expliqué le directeur du site Serguiï Tarakanov.D’autres centrales nucléaires ont été affectées, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique.- Perte d’attention internationale -Le président Zelensky s’est dit “inquiet” d’une perte d’attention internationale sur le pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, à cause du différend causé par les velléités de Donald Trump de s’emparer du Groenland.Le président américain martèle depuis plusieurs semaines vouloir faire de cette île autonome danoise un territoire américain, déclenchant une sévère crise diplomatique avec ses alliés européens membres de l’Otan.M. Trump a imposé ce sujet à l’ordre du jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, où se sont rendus les négociateurs ukrainiens qui poursuivent les discussions sur les garanties de sécurité à accorder à l’Ukraine après un éventuel règlement du conflit. L’envoyé spécial russe Kirill Dmitriev est également dans cette station suisse et doit y rencontrer des représentants américains, selon le Kremlin.

Groenland: Trump impose le sujet à Davos, l’UE et Macron haussent le ton

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président français, Emmanuel Macron, ont haussé le ton mardi à Davos face aux menaces répétées sur le Groenland de Donald Trump, qui a annoncé une réunion “des différentes parties” dans la station des Alpes suisses.Le président américain veut s’emparer de ce territoire autonome appartenant au Danemark, invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois. Un sujet qui braque ses alliés européens au sein de l’Otan et qu’il a néanmoins imposé à l’ordre de jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial, qui se tient toute la semaine à Davos.”Nous plonger dans une spirale descendante ne ferait qu’avantager les adversaires que nous sommes tous deux déterminés à tenir à l’écart. Notre réponse sera donc ferme, unie et proportionnelle”, a martelé Ursula von der Leyen lors de son discours mardi matin à la tribune du Forum.Plus tard dans la journée, Emmanuel Macron, arrivé lui aussi sur place, a appelé l’UE à “utiliser” les outils “très puissants” dont elle dispose en matière commerciale quand elle “n’est pas respectée”.- “Loi de la jungle” -Il a dénoncé une “concurrence des Etats-Unis d’Amérique” à travers une politique commerciale qui “exige des concessions maximales et vise ouvertement à affaiblir et subordonner l’Europe”, tout en invoquant le recours à l’instrument “anti coercition” de l’UE, considéré comme un “bazooka” en cas de guerre commerciale.Les droits de douane supplémentaires, dont Washington menace plusieurs pays européens qui s’opposent à ses visées sur le Groenland, seraient une “erreur, en particulier entre alliés de longue date”, a insisté de son côté Mme von der Leyen. Et de rappeler: “L’UE et les Etats-Unis ont conclu un accord commercial en juillet dernier. Et en politique comme en affaires, un accord est un accord.”Le Parlement européen a d’ailleurs décidé de suspendre le processus de ratification de cet accord commercial à la suite des dernières menaces en date de Donald Trump.Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, qui s’exprimait juste après elle, a également mis en garde: “Un petit nombre de pays privilégiés ne devraient pas bénéficier d’avantages fondés sur leurs seuls intérêts, et le monde ne peut pas revenir à la loi de la jungle où les forts s’en prennent aux faibles.”Donald Trump malmène le multilatéralisme depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, utilisant les droits de douane comme une arme pour atteindre ses objectifs. Après son offensive sur le Venezuela et son pétrole, il multiplie ces derniers jours les déclarations sur le Groenland.Les dirigeants de l’UE réfléchissent à des mesures de rétorsion commerciale et prévoient de discuter du Groenland lors d’un sommet convoqué en urgence pour jeudi à Bruxelles. “Je ne pense pas qu’ils vont résister beaucoup. Nous devons l’avoir”, a assuré lundi Donald Trump à un journaliste en Floride qui l’interrogeait sur le territoire autonome.- “Le respect plutôt que les brutes” -“Le Groenland est essentiel pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière, sur ce point, tout le monde est d’accord!”, a-t-il insisté mardi sur son réseau Truth Social, indiquant avoir eu “un très bon entretien téléphonique” avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan.”Les Etats-Unis d’Amérique sont de loin le pays le plus puissant au monde (…). Nous sommes la seule PUISSANCE capable d’assurer la PAIX dans le monde et cela se fait, tout simplement, par la FORCE!”, a-t-il écrit.Le président américain a également posté une image générée par l’IA le montrant, accompagné du vice-président, JD Vance, et du ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, en train de planter un drapeau américain dans un paysage arctique. Un panneau indique: “Groenland, territoire américain depuis 2026.”Emmanuel Macron a dit préférer “le respect plutôt que les brutes”, et “l’état de droit plutôt que la brutalité”. Il doit repartir de Davos en principe dès mardi soir, sans croiser Donald Trump qui arrive seulement le lendemain. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a en revanche affirmé vouloir rencontrer en Suisse le président américain, disant vouloir “éviter une escalade douanière”.La délégation américaine est cette année l’une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d’après les organisateurs, et la présence des Etats-Unis est très visible, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une “USA House” installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.- “Gros rhume” -Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a notamment réfuté mardi à Davos l’hypothèse que les Européens puissent mettre en place des rétorsions financières et se débarrasser de leurs bons du Trésor américain. “Je suis sûr que les Européens vont continuer à en détenir”, a-t-il dit lors d’un point presse.Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer a de son côté estimé qu’il ne serait “pas judicieux” pour l’UE de recourir à son instrument “anti-coercition”, considéré comme un “bazooka”.Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos figure notamment le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays aux Etats-Unis et a récemment conclu un nouveau partenariat avec Pékin.Le Premier ministre canadien a apporté son soutien “ferme” au Groenland et au Danemark, soulignant “leur droit unique” à décider de l’avenir de cette grande île arctique. “Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu”, a ajouté M. Carney lors d’un discours à Davos.En revanche, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a annulé sa venue en raison d'”un gros rhume”.

CAN-2025: des dizaines de milliers de Sénégalais fêtent leurs Lions dans Dakar survoltée

Les joueurs de l’équipe de football sénégalaise, sacrés champions d’Afrique dimanche au Maroc, poursuivaient mardi dans une ambiance survoltée leur grande parade populaire pour fêter leur triomphe à travers la capitale Dakar, où des dizaines de milliers de supporters fous de joie les célèbrent sur leur itinéraire.Après avoir traversé des banlieues populaires pendant plusieurs heures, les Lions de la Teranga cheminaient en fin d’après-midi en bus sur l’emblématique corniche de Dakar qui borde une mer bleue azur. Brandissant des drapeaux du Sénégal, dansant en groupes, ou faisant des acrobaties en motos, plusieurs dizaines de milliers de supporters, en majorité des jeunes hommes et femmes, enveloppés pour beaucoup dans des maillots du Sénégal ou des maillots de l’équipe, célébraient leurs champions dans une ferveur d’une intensité rare. La capitale et sa périphérie étaient plongées le long du cortège dans un vacarme assourdissant et tapageur, provoqué par des centaines de vuvuzelas, de klaxons, de pétards, de motos vrombissantes et de chants festifs, ont constaté des journalistes de l’AFP.Juchés sur le toit d’un bus, l’équipe des Lions de la Teranga, certains assis sur le toit les jambes dans le vide et sourires aux lèvres, progressait très lentement dans les rues de la capitale, brandissant tour à tour la coupe, des drapeaux aux couleurs du Sénégal ou contemplant et saluant la foule enfiévrée.  – “Notre fierté” -La police anti-émeutes encadrait le bus des joueurs, décoré à l’arrière avec la photo de l’équipe nationale et à l’avant avec le slogan “Champions d’Afrique”. La victoire des Lions de la Teranga (1-0 en prolongation) dimanche à Rabat face au Maroc, la deuxième de l’histoire du pays en Coupe d’Afrique des nations, suscite une joie et une fierté immenses à travers tout le pays.”Pour rien au monde je n’aurais manqué ce moment”, a lancé à l’AFP Doudou Thiam, 26 ans, maillot du Sénégal sur le dos, interrogé le long du convoi.”Les Lions sont notre fierté et ils méritent tous les honneurs. Même s’il fallait rester ici toute une journée je l’aurais fait!”, a-t-il poursuivi. Pour leurs fans, tous les moyens étaient bons pour espérer voir les Lions, même s’il fallait se percher sur le toit d’un immeuble, sur le haut d’un panneau publicitaire ou le toit de voitures.Des supporters brandissaient aussi à travers le cortège un immense portrait de Pape Thiaw, le sélectionneur du Sénégal. “Les Lions ont rendu fier tout un peuple”, a réagi auprès de l’AFP Hortense Kenny, âgée d’une trentaine d’années, accompagnée de son enfant de cinq ans et postée sur l’itinéraire du cortège au quartier de Patte d’Oie.  – “Avec Sadio, tout est possible!” -“Ce qui reste maintenant, c’est remporter la Coupe du monde. Avec Sadio Mané, tout est possible!”, a-t-elle lancé, en référence à la superstar des Lions et à la prochaine échéance majeure que constitue le Mondial-2026 l’été prochain en Amérique du Nord -le Sénégal y affrontera notamment la France.La grande parade devait encore traverser plusieurs quartiers avant de parvenir devant le palais présidentiel en centre-ville, où les héros de Rabat seront reçus officiellement par le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye.Le chef de l’Etat avait qualifié dimanche soir à l’issue de la finale les joueurs de “patriotes” et ce sacre de “victoire pour tout le peuple sénégalais”.L’arrivée au palais était initialement prévue à 16H00 locales et GMT. Criant leur joie, des milliers de supporters et de jeunes se sont ainsi massés depuis plusieurs heures aux abords du palais de la République et attendaient leurs champions avec impatience. Ce moment d’immense joie est l’un des rares qu’ait connu ces dernières années le Sénégal, qui a vécu entre 2021 et 2024 de graves troubles politiques ayant fait des dizaines de morts. Le pays est aussi confronté à une situation économique et sociale délicate.Les héros étaient arrivés dans la nuit de lundi à mardi en provenance du Maroc par un vol privé. Ce titre vient récompenser la deuxième nation africaine au classement Fifa derrière le Maroc, et l’équipe la plus régulière du continent avec trois finales (pour deux titres en 2021 et 2025) de Coupe d’Afrique lors des quatre dernières éditions.Chaotique, la finale a été marquée par un but refusé pour le Sénégal et un penalty manqué par le Maroc dans les dernières minutes du temps réglementaire, suivis de tensions sur et en dehors du terrain.

Groenland: Moscou reste évasif sur les ambitions de Trump

Le Kremlin, accusé par Washington d’être une menace pour le Groenland, est resté pour l’heure évasif sur les ambitions de Donald Trump, qui réitère bruyamment depuis trois semaines sa volonté de s’emparer de ce territoire autonome danois.Mardi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que le Groenland n’était pas “une partie naturelle” …

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Assassinat de Lumumba: sa famille à Bruxelles pour obtenir “justice et vérité”

La famille de l’ex-Premier ministre congolais assassiné Patrice Lumumba a dit mardi son espoir qu’un procès puisse se tenir pour obtenir enfin “justice et vérité”, à l’occasion d’une audience judiciaire à Bruxelles, soixante-cinq ans après les faits.”Nous ne pouvons pas remonter le temps (…), mais nous comptons sur la justice belge pour faire son travail …

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Arrêtons de “flatter” Trump, dit un ancien chef de l’Otan

L’Otan fait face à la plus grave crise de son histoire, après les menaces de Donald Trump sur le Groenland, et il est temps de cesser de “flatter” le président américain, a estimé l’ancien patron de l’Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen.”Ce n’est pas seulement une crise pour l’Otan, c’est une crise pour la communauté transatlantique …

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Malgré les critiques, Londres approuve un projet de super-ambassade chinoise

Le gouvernement britannique a défendu mardi sa décision d’autoriser la construction d’une gigantesque ambassade chinoise à Londres, un projet très critiqué qui alimente des inquiétudes en matière d’espionnage et pèse sur ses relations avec Pékin.Les atermoiements du gouvernement travailliste sur ce dossier illustrent la position délicate du Premier ministre Keir Starmer, qui tente de relancer …

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Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens en colère à Strasbourg

Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ils ont rejoint le bâtiment en fin de matinée, parfois en tracteur. A la mi-journée, la police estimait qu’ils étaient plus de 5.500 personnes.Dans l’après-midi, l’ambiance s’est tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes.Cible des critiques: Ursula von der Leyen, qui a signé samedi au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Son nom a été hué et un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne a été exhibé.”La Commission européenne nous abandonne”, a déploré le Copa-Cogeca, une organisation qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens.”Nous sommes nombreux aujourd’hui parce que nous voulons continuer à nous battre pour une vision d’une agriculture qui produit en Europe”, a déclaré à la foule Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’accord commercial avec le Mercosur est “quelque chose que nous ne voulons pas”, a-t-il insisté, réclamant le soutien des députés européens quel que soit leur parti ou leur pays.Les parlementaires ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne” a dit sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, espérant que “cette démarche ira à son terme”.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié”, a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.Au sein même des groupes politiques, les eurodéputés sont divisés.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain”, a déclaré François-Xavier Bellamy, membre du PPE (droite).Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On se battra jusqu’au bout” a martelé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Jeudi, les eurodéputés seront amenés à voter cette fois sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen, une démarche à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui a peu de chances de succès.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

À son procès en appel, Le Pen nie tout “système” de détournement de fonds

Aux premières heures de son interrogatoire au procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front National, décisif pour sa candidature en 2027, Marine Le Pen s’est efforcée mardi de casser l’image d’un “système” institutionnalisé de détournements de fonds européens par son parti.L’interrogatoire depuis mardi après-midi de la cheffe de file de l’extrême droite, actuellement inéligible en raison de sa condamnation en première instance, est le premier temps fort de ce procès à hauts enjeux politiques prévue jusqu’au 11 février au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité.”Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”, déclare à la cour Marine Le Pen en évoquant un concept-clé de l’accusation, validé par les juges de première instance. La triple candidate à l’Elysée dément avoir intentionnellement commis un délit dans cette affaire.”Les cas des assistants parlementaires doivent être analysés les uns après les autres car il m’apparaît qu’ils recoupent des réalités très différentes”, soutient à la barre la patronne des députés RN de 57 ans, en veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Pugnace, méticuleuse, Marine Le Pen se montre ferme à la barre pour contrer les éléments de l’accusation, marquant sa réprobation de la tête à certaines questions de la présidente Michèle Agi.Son attitude contenue devant les juges tranche cependant avec l’atmosphère houleuse de son interrogatoire au premier procès. Sitôt que l’agacement commence à pointer dans la voix de Mme Le Pen, il se voit aussitôt bridé.”La masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter, en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté en quelque sorte d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ca ne se voit absolument nulle part”, affirme-t-elle.L’interrogatoire de Marine Le Pen est prévu jusqu’à mercredi soir.- Relaxée dans une autre affaire -Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, affirme à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, dit-il regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul soutient s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen montait la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.