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Les forces de sécurité en Haïti mènent une intense campagne contre les gangs

Les forces de sécurité en Haïti mènent une large offensive contre les gangs criminels et ont délogé un de leurs membres les plus connus, Jimmy Cherizier, dit “Barbecue”, a déclaré samedi à l’AFP un responsable de la police du pays.Une attaque de drones lancée mercredi dans la capitale Port-au-Prince, a visé l’un des domiciles de …

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Ukraine: “plus d’un million” d’habitants de Kiev privés de courant, entretiens russo-américains

“Plus d’un million” d’habitants de Kiev sont privés d’électricité mardi soir à la suite de nouvelles frappes nocturnes russes, a déploré le président Volodymyr Zelensky, tandis qu’un émissaire russe dit avoir eu des entretiens “constructifs” en Suisse avec les Américains sur le conflit en Ukraine.  Des drones russes ont par ailleurs fait trois morts et deux blessés dans la journée à Zaporijjia, dans le sud, selon le ministère ukrainien de l’Intérieur.A Davos, une station suisse huppée, “les rencontres se déroulent de manière constructive et de plus en plus de personnes prennent conscience du bien-fondé de la position russe”, a affirmé en marge du Forum économique mondial l’envoyé russe Kirill Dmitriev après des discussions sur l’Ukraine notamment avec les Américains Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.Volodymyr Zelensky s’est pour sa part dit “inquiet” d’une perte d’attention internationale sur le pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, à cause du différend causé par les velléités du président américain de s’emparer du Groenland.- Le Parlement dans le noir -A Kiev, 4.000 immeubles résidentiels sont toujours sans chauffage après des attaques aériennes dans la nuit de lundi à mardi, a souligné son maire Vitali Klitschko, la Russie continuant de viser les installations énergétiques de l’Ukraine.Ces bombardements ont aussi provisoirement privé la centrale nucléaire de Tchernobyl d’alimentation externe en courant et ont fait un blessé dans la capitale et un mort, un peu plus au nord, à Boutcha, où un massacre avait été commis pendant l’occupation russe début 2022.”Tout le monde n’a pas la possibilité de quitter la ville mais, en ce moment, la population a diminué”, a assuré M. Klitschko dans un entretien avec l’AFP, disant que 600.000 de ses 3,6 millions d’habitants en étaient partis depuis son appel le 9 janvier à une évacuation provisoire, quand la moitié des bâtiments d’habitation avaient été privés de chauffage par des frappes russes massives.Des journalistes de l’AFP y ont constaté la fermeture de magasins et de restaurants en raison des coupures de courant, ainsi que la mise hors service de feux de circulation et l’extinction de l’éclairage public la nuit dans certains quartiers.La Rada, le Parlement ukrainien, était également sans eau, ni électricité ni chauffage mardi, a annoncé son président Rouslan Stefantchouk.”La température frôle les -20°C et Poutine s’en sert pour briser la résistance, plonger tout le monde dans la dépression, créer de la tension dans la société”, a dénoncé M. Klitschko auprès de l’AFP.Pendant l’entretien, une alerte aérienne a retenti à Kiev.- Appel à quitter Kiev -Le 9 janvier, la capitale ukrainienne avait déjà subi un bombardement qui avait laissé sans chauffage 6.000 immeubles, la pire attaque russe sur son réseau énergétique depuis le début de l’invasion il y a bientôt quatre ans.Son maire a réitéré son appel à ceux qui le peuvent à quitter la ville pendant que les services ukrainiens s’acharnent à réparer les dégâts occasionnés aux infrastructures.”Imaginez qu’il n’y ait ni électricité ni eau chez vous. Vous ne pouvez pas prendre de douche. Vos radiateurs sont froids. La situation est très critique”, a résumé M. Klitschko.Selon l’armée de l’air ukrainienne, 34 missiles et 339 drones ont été envoyés pendant la nuit contre l’Ukraine, avec la région de Kiev comme “cible principale”.Pendant l’attaque, Mariana Kravtchenko, 42 ans, s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. “On a eu peur parce qu’il y a eu plusieurs explosions”, raconte-t-elle. Ils n’ont pas dormi de la nuit. – “Violation claire des règles de la guerre” -“On est très fatigué mais ça ira, on garde le sourire et on croit en la victoire”, a dit à l’AFP cette employée d’un entrepôt.D’autres régions ukrainiennes ont également subi des bombardements sur leurs sites énergétiques au cours de la nuit de lundi à mardi, notamment celle de Rivné (nord-ouest) où plus de 10.000 foyers se sont retrouvés sans courant, d’après l’administration régionale.Les Nations unies ont déploré mardi ces “attaques à grande échelle” et répétées de la Russie. “On ne peut que les qualifier de cruelles. Elles doivent cesser. Viser des civils et des infrastructures civiles constitue une violation claire des règles de la guerre”, a déclaré le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk.Le ministère russe de la Défense a affirmé que des industries militaires, des dépôts de munitions et “des infrastructures énergétiques et de transport” utilisées par l’armée ukrainienne avaient été bombardés.La centrale de Tchernobyl a été reconnectée au réseau électrique ukrainien dans l’après-midi, a expliqué le directeur du site Serguiï Tarakanov, tandis que d’autres centrales nucléaires ont été affectées, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique.

À son procès en appel, Le Pen conteste tout “système” de détournement de fonds

“Il n’y a pas eu de système généralisé”: Marine Le Pen a tenté de convaincre mardi la cour d’appel de Paris, qui la juge pour détournement de fonds, de “cas différents” pour chaque contrat litigieux d’assistant parlementaire d’eurodéputés FN,  récusant avoir donné des consignes.A la barre pendant près de cinq heures, la triple candidate malheureuse à la présidentielle y revient à trois reprises: “Le terme de +système+ me gêne car on a le sentiment d’une manipulation”.Pour Marine Le Pen, il s’agit de s’en prendre à la pierre angulaire de l’accusation, identifiée comme déterminante dans la lourdeur de sa condamnation en première instance au printemps dernier. Elle avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100.000 euros d’amende et, surtout, cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat qui l’empêche à date de concourir à l’élection présidentielle.La justice lui reproche, ainsi qu’au parti (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, d’avoir embauché des assistants parlementaires pour leurs eurodéputés, rémunérés par des fonds européens, mais dont l’activité réelle n’était qu’au seul bénéfice de la formation d’extrême droite.En première instance, le détournement de fonds public au préjudice du Parlement européen – qui s’est constitué partie civile – a été chiffré à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des prévenus.Devant la présidente de la cour d’appel Michèle Agi, Marine Le Pen se montre d’abord contenue au début de son interrogatoire, dans un effort de contrition qui doit trancher avec l’atmosphère houleuse lors de l’audience de l’année dernière devant le tribunal correctionnel.La députée du Pas-de-Calais se veut ferme, mais peine rapidement à contenir un agacement au fur et à mesure qu’elle est questionnée sur des éléments du dossier équivoques, voire embarrassants.Cet email, envoyé entre “tiers payeurs” qui font le joint-venture avec le Parlement européen, qui propose un vaste plan de chaises musicales des assistants afin d’éviter la “catastrophe”? “On a l’impression qu’il n’y a que des considérations financières qui président”, observe la magistrate. “Vous avez raison, c’est le sentiment qu’on peut avoir, mais ils faisaient des plans sur la comète”, jure Marine Le Pen.Ce message du trésorier du parti Wallerand de Saint Just –“Je crois que Marine sait tout cela”–, en réponse à un eurodéputé qui s’inquiète d’un système d’emploi fictif? “Je n’en étais pas destinataire, mais ce qui est sûr, c’est que si j’avais reçu un mail comme celui-là, je n’y aurais pas répondu avec cette désinvolture”, assène-t-elle.D’ailleurs, fait-elle observer, “la masse salariale du Front national ne cesse d’augmenter en 2014, 2015, 2016. Si vraiment il y avait eu une volonté, en quelque sorte, d’alléger le FN, ça se verrait de partout. Ça ne se voit absolument nulle part”.- Responsabilité de Jean-Marie Le Pen -Mardi, la cour d’appel avait commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015 Mylène Troszczynski, alors que l’organigramme du parti le présentait comme “conseiller spécial” de Marine Le Pen, alors présidente de la formation.”Je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a-t-il admis à la barre. L’enquête avait établi qu’en un an et demi, il n’avait eu que douze communications avec sa supérieure théorique et que de leur trois appels, le plus long avait duré quatre minutes et dix-sept secondes.Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car Mylène Troszczynski lui “avait dit de (se) rendre utile au sein du siège du Front national”.Quelques heures plus tard, Marine Le Pen confirme, au prix de contorsions: “Il pouvait être conseiller spécial à mon cabinet et être assistant parlementaire”, d’autant “qu’il ne faisait pas huit heures de travail pour moi”. Et si elle “supposait” qu’il avait un emploi, elle assure qu’elle ignorait qu’il était censé être au service de Mylène Troszczynski.Après avoir esquissé à l’ouverture des débats, la semaine dernière, une inflexion dans sa défense – “si tant est qu’un délit a été commis” – en se concentrant sur la contestation de toute “intention” fautive, Marine Le Pen s’est finalement contentée d’un mea culpa a minima: “C’était peut être contestable, condamnable, le fonctionnement n’était peut-être pas idéal, mais tous ces gens travaillaient” pour leurs eurodéputés.Seule évolution notable: une bascule des responsabilités sur son père, Jean-Marie Le Pen, qui était, selon elle, “en quelque sorte dirigeant de ce mini-groupe” d’eurodéputés jusqu’en 2016, même après qu’elle lui avait succédé à la tête du parti cinq ans plus tôt.L’interrogatoire doit se poursuivre mercredi.

Budget: le Premier ministre actionne un premier 49.3

Une promesse rompue, et un pas décisif vers l’adoption du budget: Sébastien Lecornu a engagé mardi après-midi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget de l’État pour 2026, un premier 49.3 d’une série de trois, qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.”Les choses (…) sont désormais bloquées. Le texte n’est plus votable (…) Or, nous considérons que la France doit avoir un budget”, a déclaré le Premier ministre, fustigeant devant les députés les “agissements” de différents groupes “qui devront en rendre compte devant les Françaises et les Français”.Un peu plus de trois mois après y avoir renoncé, le locataire de Matignon avait officialisé lundi le recours à cet outil constitutionnel, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une censure.Faisant part de son “amertume” et de ses regrets, il avait reconnu devoir, faute de majorité, “revenir sur (sa) parole”, pour permettre l’adoption d’un budget nécessaire tant pour renforcer le budget des armées que pour répondre à la colère agricole.Le président de la République, Emmanuel Macron, avait salué devant les ministres une copie budgétaire qui “permet de contenir le déficit à 5%” du Produit intérieur brut (PIB) et “permet au pays d’avancer”.La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a elle acté une forme d’échec auprès de la presse mardi: “C’est la démocratie évidemment qui perd aujourd’hui”, a-t-elle estimé, appelant de nouveau à une modification des règles de la discussion budgétaire.- La majorité elle aussi “amère” -Dans la foulée de ce 49.3, les groupes LFI, GDR (communistes et ultra-marins) et écologistes ont déposé une motion de censure commune, de même que le RN avec son allié l’UDR, le parti d’Eric Ciotti.Le PS n’en votera aucune, convaincu que le 49.3 est la “moins mauvaise des solutions” et qu’il a obtenu sur le fond des victoires, ce qui devrait permettre à M. Lecornu de se maintenir à Matignon.”Nous ne censurerons pas le gouvernement”, a confirmé sur France Inter le patron du parti Olivier Faure.Si le PS ne reconnaît pas le budget comme le sien, il y voit “des avancées”, selon le président de groupe Boris Vallaud, comme la suppression du gel du barème de l’impôt sur le revenu, la hausse de la prime d’activité pour les salariés les plus modestes ou la généralisation des repas à un euro pour les étudiants.Des concessions minimisées par Éric Coquerel (LFI), qui a fustigé “un budget de coupes budgétaires, (…) un budget d’inégalité (…) qui ne répond pas aux besoins des Français”, appelant les députés PS et LR hésitants à voter la censure.De fait Les Républicains sont mécontents. “Tout le monde dit +cocorico, nous allons être à moins de 5%+ mais il y a un an, l’objectif était d’être à 4,7%”, a rappelé Philippe Juvin (LR), le rapporteur général du budget, se disant “très inquiet”.Au sein du bloc macroniste, une certaine amertume s’exprime aussi face à un budget perçu comme faisant la part trop belle aux promesses socialistes. C’est un budget pour “durer”, “ni pour économiser ni pour moins fiscaliser ni pour rationaliser les dépenses publiques”, a ainsi déploré sous couvert d’anonymat un député Horizons.”On attend la copie finale. Personne aujourd’hui, vu les annonces, ne sait comment on fera 5%”, a ajouté cette source.- “Transparence” -Le gouvernement n’a pas encore dévoilé l’ensemble de sa copie au Parlement, conduisant nombre de députés à lui reprocher un manque de “transparence”. Bercy a transmis mardi à l’Assemblée sa version de la partie recettes, mais celle sur les dépenses ne sera connue que vendredi.Philippe Juvin s’en est ému mardi lors de la conférence des présidents, selon des sources parlementaires.Le Premier ministre a cependant adressé dans l’après-midi une lettre aux parlementaires précisant les contours du budget, où il affirme que l’effort “net” des collectivités locales représentera finalement “près de 2 milliards d’euros”, contre 4,4 milliards dans le projet initial. La surtaxe d’impôt sur les sociétés (IS) pour les grandes entreprises est chiffrée à 7,5 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025.Sébastien Lecornu devrait engager sa responsabilité sur la partie “dépenses” du budget vendredi. Après une nouvelle motion de censure, le texte devrait partir au Sénat, avant de revenir à l’Assemblée pour être adopté définitivement.sl-are-parl/sde/vmt