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Une nouvelle attaque russe prive de chauffage près de la moitié de Kiev

Une attaque nocturne aérienne de Moscou a de nouveau privé de chauffage plus de 5.600 immeubles résidentiels à Kiev, soit près de la moitié de la capitale où la température affiche -14°C, ont annoncé mardi matin les autorités.Ces nouveaux bombardements devraient être un “signal d’alarme” pour les dirigeants réunis au Forum économique de Davos, a estimé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.”Il est urgent de soutenir le peuple ukrainien; il n’y aura pas de paix en Europe sans une paix durable pour l’Ukraine”, a dit M. Sybiga, dénonçant une attaque “barbare”.”Après cette attaque, 5.635 immeubles d’habitation sont sans chauffage”, a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko sur Telegram. “La Russie n’a pas changé de cap: détruire l’Ukraine”, a déploré de son côté la vice-ministre des Affaires étrangères, Mariana Betsa.La vaste partie de la ville située sur la rive orientale du fleuve Dniepr et composée essentiellement de quartiers résidentiels est par ailleurs privée d’eau du robinet, selon le maire. Plusieurs journalistes de l’AFP habitant dans ces quartiers ont constaté l’absence d’eau courante et d’électricité. – “On est très fatigué” -Pendant l’attaque, Mariana Kravtchenko, 42 ans, s’est réfugiée dans le métro avec son fils et son chat. “On a eu peur parce qu’il y a eu plusieurs explosions”, dit-elle. Ils n’ont pas dormi de la nuit. “Maintenant, il faut aller travailler”, affirme à l’AFP cette employée d’un entrepôt. “On est très fatigué, mais ça ira, on garde le sourire et on croit en la victoire”, ajoute-t-elle.Marina Sergienko, une experte-comptable de 51 ans descendue dans le métro avec sa fille, constate que ces attaques répétées épuisent à la longue “le système nerveux”.Le 9 janvier, Kiev avait déjà subi une attaque russe qui avait privé de chauffage 6.000 immeubles, la pire attaque de Moscou sur le réseau énergétique de la capitale ukrainienne depuis le début de l’invasion il y a quatre ans.De très nombreux résidents avaient été privés d’électricité pendant des jours après cette attaque, en pleine vague de froid glacial.Selon l’armée de l’air ukrainienne, 34 missiles et 339 drones ont été lancés pendant la nuit contre le pays, avec la région de Kiev comme “cible principale”. Des impacts de projectiles ou de débris de cibles abattues par la défense antiaérienne ont été recensés dans 23 endroits différents, d’après cette source.Les autorités ukrainiennes mettaient en garde depuis plusieurs jours contre une nouvelle attaque massive russe contre le réseau énergétique. D’autres régions ukrainiennes, notamment celles d’Odessa (sud), Rivné (ouest) et Vinnytsia (centre-ouest), ont également subi des bombardements sur leurs infrastructures énergétiques pendant la nuit, selon les autorités locales.La compagnie énergétique d’Etat Ukrenergo a annoncé dans la matinée des coupures d’électricité d’urgence afin de stabiliser le système. Dans la région de Rivné, plus de 10.000 foyers ont été privés de courant, a annoncé l’administration régionale. Une femme a été blessée lors de l’attaque à Kiev, a précisé le maire Vitali Klitschko, précisant que plusieurs bâtiments avaient été endommagés, notamment une école primaire.- six heures d’alerte aérienne -Dans la région de Kiev, près de la ville de Boutcha, un homme de 50 ans a été mortellement blessé, a indiqué le gouverneur régional sur Telegram. Deux stations-service ont été endommagées. Dans la nuit, la Russie a d’abord tiré sur Kiev des drones longue portée avant de lancer des missiles balistiques en direction de la ville et sa région, selon les autorités.Plusieurs explosions ont été entendues dans le centre-ville pendant l’alerte aérienne qui a duré plus de six heures, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont également assisté aux opérations de la défense aérienne.Dans son compte-rendu quotidien, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir bombardé des industries militaires, des dépôts de munitions, et “des infrastructures énergétiques et de transport” utilisées par l’armée ukrainienne.Selon le maire de Kiev, presque 80% des immeubles privés de chauffage mardi étaient déjà touchés par le même problème à la suite de l’attaque du 9 janvier.  La Russie pilonne le système énergétique ukrainien depuis le début de son invasion à grande échelle en 2022, une tentative visant selon Kiev à saper le moral et briser la résistance des Ukrainiens. 

CAN-2025: les Lions fêtés par les Sénégalais lors d’une parade dans Dakar survoltée

Les joueurs de l’équipe de football sénégalaise, sacrés champions d’Afrique dimanche au Maroc, ont débuté leur grande parade populaire pour fêter leur triomphe à travers la capitale Dakar, où des dizaines de milliers de supporters fous de joie les célèbrent sur leur itinéraire.Les Lions de la Teranga poursuivaient lentement dans l’après-midi leur parade en bus à travers des quartiers populaires de la capitale, dans un vacarme assourdissant de vuvuzelas, de klaxons et de chants festifs entonnés par des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup portaient des maillots du Sénégal, ont constaté des journalistes de l’AFP.La victoire des Lions de la Teranga (1-0 en prolongation) dimanche à Rabat face au Maroc, la deuxième de l’histoire du pays en Coupe d’Afrique des nations, suscite une joie et une fierté immenses à travers tout le pays.Juchés sur un bus à impériale, les héros de Rabat brandissaient tour à tour la coupe, un drapeau aux couleurs du Sénégal, et pour certains tapaient dans leurs mains.Pour leurs fans, tous les moyens étaient bons pour espérer voir les Lions, même s’il fallait se percher sur le haut d’un panneau publicitaire ou sur le toit de voitures.- “Avec Sadio, tout est possible” -“Les Lions ont rendu fier tout un peuple”, a réagi auprès de l’AFP Hortense Kenny, agée d’une trentaine d’années, accompagnée de son enfant de cinq ans et postée sur l’itinéraire du cortège au quartier de Patte d’Oie.  “Ce qui reste maintenant, c’est remporter la Coupe du monde. Avec Sadio Mané, tout est possible!”, a-t-elle lancé, en référence à la superstar des Lions et à la prochaine échéance majeure que constitue le Mondial-2026 l’été prochain en Amérique du Nord -le Sénégal y affrontera notamment la France.La grande parade et cette communion populaire, enfiévrée et parfois tapageuse doit traverser plusieurs quartiers, populaires et huppés, et passer par l’emblématique corniche de Dakar.Brandissant haut les drapeaux du Sénégal, criant leur joie, des milliers de supporters et de jeunes se massaient également en centre-ville, près du palais présidentiel où les Lions seront reçus officiellement par le chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye en fin d’après-midi ou dans la soirée.Ce moment d’immense joie est l’un des rares qu’ait connu ces dernières années le Sénégal, qui a vécu entre 2021 et 2024 de graves troubles politiques ayant fait des dizaines de morts. Le pays est aussi confronté à une situation économique et sociale délicate.Les héros sont arrivés dans la nuit de lundi à mardi en provenance du Maroc par un vol privé. Des dizaines de milliers de personnes étaient attendues pour accompagner le cortège, alors que le président Faye a qualifié les joueurs de “patriotes” et ce sacre de “victoire pour tout le peuple”.A Patte d’Oie, des supporters étaient juchés sur des immeubles et sur un pont du voisinage pour contempler le spectacle, dans une clameur assourdissante. Des forces de sécurité étaient également présentes en nombre.- “Très fiers” -“On est très contents de cette équipe, on est très fiers!”, a déclaré à l’AFP Momo Isbak, 40 ans, coach sportif, présent et qui a lui aussi souhaité un succès des Lions lors du prochain Mondial.Abdulai Sy, 49 ans, commerçant, s’est dit “très, très heureux”. “Pour moi, cette victoire représente une très grande fierté d’être Sénégalais”, a-t-il encore lancé.   “Héroïques!”, avait titré lundi le quotidien Le Soleil. “De l’enfer au paradis, les Lions sont passés par toutes les émotions” au terme d’un “scénario fou” lors de la finale, avait souligné le journal.Ce titre vient récompenser la deuxième nation africaine au classement Fifa derrière le Maroc, et l’équipe la plus régulière du continent avec trois finales (pour deux titres en 2021 et 2025) de Coupe d’Afrique lors des quatre dernières éditions.Chaotique, la finale a été marquée par un but refusé pour le Sénégal et un penalty manqué par le Maroc dans les dernières minutes, suivis de tensions sur en en dehors du terrain.Alors que ses coéquipiers furieux avaient quitté le terrain pour protester contre le penalty accordé au Maroc, l’attaquant vedette Sadio Mané les a enjoints à revenir sur la pelouse pour terminer la rencontre.Des supporters sénégalais ont aussi tenté d’envahir le terrain lors de ces incidents, et ont été difficilement contenus par les stadiers, secondés par les forces de l’ordre.

Loi fin de vie: très réservé, le Sénat se penche sur l’aide à mourir

Maintes fois reportée, la réforme de la fin de vie revient mardi au Parlement avec l’examen au Sénat d’une proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Le dispositif suscite de grandes réserves à la chambre haute, dominée par la droite.Les sénateurs s’empareront du texte en milieu d’après-midi et débattront pendant une semaine de ce dossier sensible, avant un vote solennel prévu le mercredi 28 janvier à 16H30.Deux textes sont en réalité examinés en parallèle au Palais du Luxembourg: l’un, plutôt consensuel, sur le développement des soins palliatifs; et l’autre, examiné en premier, qui légalise un dispositif de suicide assisté et d’euthanasie même si ces mots ne sont pas écrits noir sur blanc.Nourris de nombreuses réflexions et travaux, ils ont été adoptés très largement à l’Assemblée nationale au printemps 2025, mais l’instabilité politique des derniers mois a reporté leur examen au Palais du Luxembourg.Si elle aboutissait, la réforme sur l’aide à mourir serait la plus importante dans le champ sociétal depuis l’instauration du mariage pour tous en 2012. La France rejoindrait d’autres pays à avoir légiféré sur la question, comme les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse, le Canada.Contraint de prendre du recul sur la vie parlementaire et la politique intérieure depuis la dissolution, Emmanuel Macron compte sur ce débat pour tenir l’une des promesses de son deuxième quinquennat. – Long chemin parlementaire -Il a promis d’aller “au bout du travail législatif” sur cette réforme dès cette année, ce qui nécessitera encore plusieurs aller-retours entre Sénat et Assemblée nationale, au sortir d’un interminable marathon budgétaire.L’examen du texte au Sénat n’est donc qu’une étape préliminaire. Dominé par une alliance entre la droite et les centristes, la chambre haute est plus que réservée, dans le sillage du patron des Républicains Bruno Retailleau, qui prendra la parole dans l’hémicycle dès mardi pour expliquer ses grandes réticences, après avoir été plutôt discret sur le sujet ces dernières semaines.”On veut nous faire avaler une des lois les plus permissives du monde sur l’euthanasie, un changement anthropologique majeur, au détriment de ce qui existe déjà, à savoir les soins palliatifs”, s’agace la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat (Les Républicains), qui s’est chargée de piloter l’examen du texte en commission des Affaires sociales.Très remontée mais divisée en interne, la droite sénatoriale est pourtant sur un fil et oscille entre deux stratégies: celle de rejeter en bloc le texte, quitte à ce que le gouvernement donne le dernier mot à l’Assemblée nationale, ou celle de refondre profondément le dispositif avec des critères très restrictifs et de nombreux garde-fous. En commission, le Sénat a donc transformé le droit à l’aide à mourir en une “assistance médicale à mourir” réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé “à court terme”. Cela réduirait considérablement le spectre des personnes éligibles par rapport à la version votée à l’Assemblée.”Si on ne s’exprime pas, si on rejette le texte, on n’existe plus. Il fallait que le Sénat s’exprime”, assure le sénateur Alain Milon (LR).- Débats imprévisibles -La gauche tentera elle très majoritairement de rétablir la version des députés.”La droite a vidé le texte de sa substance”, regrette la sénatrice socialiste Annie Le Houérou, estimant que les sénateurs LR ont “fait semblant d’avancer” sur ce débat. Une analyse partagée par l’auteur du texte, Olivier Falorni: si elle n’est pas modifiée, “ce sera une loi pour rien ou pas grand chose”, car elle “créera un principe inapplicable”, a-t-il regretté mardi.Les débats dépasseront largement les murs du Palais du Luxembourg, ravivant l’opposition entre associations et militants d’un camp et de l’autre, mais aussi les exigences des syndicats de soignants et autres représentants des cultes, ces derniers ayant publiquement rappelé leur hostilité.Plusieurs milliers d’opposants ont aussi manifesté dimanche à Paris dans le cadre de la “marche pour la vie”. L’association Les Eligibles, rassemblant des personnes handicapées, a, elle, craint des “dérives” en raison de critères d’accès jugés “flous et extensibles”, quand France Assos Santé, association de patients, a, au contraire, condamné le “sabotage du droit à une aide à mourir” opéré par la droite.

Parole à Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du FN

Une prestation capitale pour son destin politique: la cour d’appel de Paris a entamé mardi après-midi l’interrogatoire de Marine Le Pen au procès des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d’extrême droite, veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré, est montée à la barre quelques instants après la reprise de l’audience à 13H30. Son interrogatoire est prévu pour durer jusqu’à mercredi soir.L’échange avec la présidente Michèle Agi a débuté sur le point très technique de la mutualisation des assistants parlementaires d’eurodéputés.”Je note que sur toute cette période de dix ans, le Parlement européen ne nous a jamais ni conseillé ni reproché d’avoir eu des assistants qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés et cette connaissance était portée, à mon avis, à l’information du Parlement européen”, a déclaré la présidente des députés RN de 57 ans.La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.Les faits constituent “une succession de cas en réalité très différents les uns des autres, qui durent, ce qui me concerne, sur douze ans, puisque j’ai été douze ans eurodéputée”, a soutenu Mme Le Pen au début de son interrogatoire.Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.- Télescopage judiciaire -Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.Mardi, la cour d’appel a commencé la journée par l’interrogatoire du député de l’Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d’assistant parlementaire d’une eurodéputée frontiste en 2014-2015.Ayant rejoint le parti d’extrême droite en 2014, le prévenu disposait d’un contrat de travail comme assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l’organigramme du Front national publié à l’hiver 2015, qui éveillera l’attention du Parlement européen, le présentait comme “conseiller spécial” au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l’eurodéputée, sur les premiers mois, “je n’ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail”, a affirmé à la barre Julien Odoul, 40 ans.Sur une période d’un an et demi, il n’aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d’une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. “Rétrospectivement, elle n’avait pas besoin de mes services”, a-t-il dit regretter. Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul a soutenu s’être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car “Mylène Troszczynski m’avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national”.Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen était à la barre sur l’île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, dans le nord-est de la capitale, l’a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.Une ancienne étudiante de l’Institut d’études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l’avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'”islam radical” en commentaire d’une photographie où elle était voilée.

CAN-2025: des milliers de Sénégalais se rassemblent pour célébrer leurs Lions

Brandissant des drapeaux du Sénégal et scandant des chants festifs, des milliers de personnes se sont rassemblées mardi en banlieue de Dakar pour attendre les joueurs de la sélection, qui doivent participer à une parade à travers la capitale pour célébrer leur triomphe en finale de la CAN.La victoire des Lions de la Teranga (1-0 en prolongation) dimanche à Rabat face au Maroc, la deuxième de l’histoire du pays en Coupe d’Afrique des nations, a suscité une joie et une fierté immenses à travers tout le pays.Arrivés dans la nuit en provenance du Maroc par un vol privé, les héros sénégalais doivent entamer à travers la capitale et sa périphérie une parade qui les mènera jusqu’au palais présidentiel, où ils seront reçus officiellement par le chef de l’Etat en fin d’après-midi ou dans la soirée.Des milliers voire des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour accompagner le cortège, alors que le président Bassirou Diomaye Faye a qualifié les joueurs de “patriotes” et ce sacre de “victoire pour tout le peuple sénégalais”.Mardi, à la mi-journée, sous un soleil éclatant, la foule était rassemblée dans une ambiance festive dans la banlieue nord de Patte d’Oie, le long d’une autoroute menant au centre-ville de Dakar, ont constaté des journalistes de l’AFP.Des supporters étaient aussi juchés sur des immeubles et sur un pont du voisinage pour contempler le spectacle: vuvuzelas, klaxons de voitures et beaucoup de motos pétaradantes résonnaient dans une clameur assourdissante. Des forces de sécurité étaient également présentes en nombre.- “Très fiers” -“Je suis venu pour supporter nos Lions! On est très contents de cette équipe, on est très fiers!”, a dit à l’AFP Momo Isbak, 40 ans, coach en salle de sport, présent sur place et qui a souhaité un même succès des Lions lors du Mondial-2026 l’été prochain en Amérique du Nord.Abdulai Sy, 49 ans, commerçant, a lui aussi confié être “très, très heureux”. “Pour moi, cette victoire représente une très grande fierté d’être Sénégalais”, a-t-il lancé.   Initialement prévue à 11h00 (locales et GMT), la grande parade doit traverser plusieurs quartiers, populaires et huppés, et passer par l’emblématique corniche de Dakar bordant une mer bleu azur.Le coup d’envoi de cette grande communion populaire a cependant été décalée, les Lions ayant atterri avec plusieurs heures de retard sur l’horaire prévu dans la nuit.Ils ont été chaleureusement accueillis à leur sortie de l’avion par le président, le Premier ministre Ousmane Sonko et les membres du gouvernement.Ce moment d’immense joie est l’un des rares qu’ait connu ces dernières années le Sénégal, qui a vécu entre 2021 et 2024 de graves troubles politiques ayant fait des dizaines de morts. Le pays d’Afrique de l’Ouest est aussi confronté à une situation économique et sociale délicate.- “Scénario fou” -Mardi à la mi-journée, klaxons, vuvuzelas et cris de victoire résonnaient aussi dans le centre-ville de Dakar.”Héroïques!”, avait titré lundi en Une le quotidien sénégalais Le Soleil. “De l’enfer au paradis, les Lions sont passés par toutes les émotions” au terme d’un “scénario fou” lors de cette finale, avait souligné le journal.Ce titre vient récompenser la deuxième nation africaine au classement Fifa derrière le Maroc, et l’équipe la plus régulière du continent avec trois finales (pour deux titres en 2021 et 2025) de Coupe d’Afrique lors des quatre dernières éditions.Cette finale s’est cependant déroulée dans un contexte électrique, nourri de tensions survenues plusieurs jours avant le match et de critiques au Sénégal sur l’accueil réservé aux joueurs à Rabat avant la finale.Chaotique, la finale a été marquée par un but refusé pour le Sénégal et un penalty manqué par le Maroc dans les dernières minutes, suivis de tensions sur en en dehors du terrain.Alors que ses coéquipiers furieux avaient quitté le terrain pour protester contre le penalty discutable accordé au Maroc, l’attaquant vedette Sadio Mané les a enjoints à revenir sur la pelouse pour terminer la rencontre.Des supporters sénégalais ont aussi tenté d’envahir le terrain lors de ces incidents, et ont été difficilement contenus par les stadiers, secondés par les forces de l’ordre.Elu joueur du tournoi et encensé au Sénégal, Sadio Mané sera particulièrement fêté par la foule dakaroise.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs protestent devant le Parlement européen

Tracteurs et drapeaux au vent, des milliers d’agriculteurs européens sont arrivés mardi en fin de matinée devant le Parlement européen à Strasbourg, afin de protester contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ont gagné le bâtiment après avoir patienté à quelques centaines de mètres du Parlement. La manifestation rassemble plus de 4.500 personnes, selon la police. Dans le viseur: Ursula von der Leyen, qui a signé il y a trois jours au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Un manifestant transporte un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Des personnalités politiques ont fait le déplacement, dont le chef des députés LR, Laurent Wauquiez. De nombreux eurodéputés sont venus à la rencontre des manifestants comme Marion Maréchal (ECR), Fabrice Leggeri (Patriotes pour l’Europe) François-Xavier Bellamy (PPE) ou encore Raphaël Glucksmann (Sociaux Démocrates).L’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, va se traduire par l’importation de nourriture “produite de manière complètement différente qu’en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les mêmes normes”, redoute Baptiste Mary, 24 ans, agriculteur dans la Marne. Regrettant que dans les négociations commerciales, “l’agriculture ne fait pas le poids comparé à l’automobile”, il arbore une pancarte proclamant “UE veux-tu encore de tes paysans?” et “Mercosur = mort à coup sûr”.Les agriculteurs ne comptent “pas lâcher”, assure à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, qui a organisé la manifestation. Ils s’étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles.Les eurodéputés ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié” a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans, présente à  Strasbourg. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne. Moi, je le comprends et j’espère que cette démarche ira à son terme”, a dit mardi matin sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.Au lendemain du vote sur la saisine de la justice, les eurodéputés seront amenés à voter jeudi midi sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen.Cette motion, à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, a peu de chances de succès, son adoption requérant la majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des députés qui composent le Parlement.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

Catastrophe ferroviaire en Espagne: le roi et la reine sur les lieux

Le roi Felipe VI et la reine Letizia d’Espagne sont arrivés mardi à la mi-journée à Adamuz (Andalousie), lieu de la collision de deux trains qui a fait au moins 41 morts dimanche soir, pour témoigner leur soutien aux familles des victimes et aux rescapés.La visite royale coïncide avec la première journée d’un deuil national de trois jours décrété par le gouvernement.Vêtus de sombre, les souverains se sont rendus directement sur le site de la tragédie, où ils serré la main de membres des opérations de secours, selon des journalistes de l’AFP.La venue des souverains a marqué la première fois depuis dimanche soir que la presse a un accès visuel direct à la scène de l’accident. Auparavant, les images tournées sur les lieux du sinistre étaient fournies par la Garde civile.Le couple royal doit ensuite se rendre à Cordoue, à 35 kilomètres de là, notamment à l’hôpital Reina Sofía, où sont soignés certains des blessés de l’accident.Le bilan, passé  à 41 morts dans la matinée par les autorités, pourrait encore augmenter si de nouveaux corps sont découverts coincés dans les deux trains accidentés, dont certaines voitures sont réduites à un amas de ferraille.Par ailleurs, 39 personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles treize adultes sont toujours en soins intensifs.- Bilan encore provisoire -L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) avait indiqué lundi soir que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes.Cinq des personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d’autopsies, a ajouté cette source.Le nombre total de victimes pourra être connu “avec certitude” dans “les prochaines 24 à 48 heures”, avait estimé lundi soir le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, dont le gouvernement est en première ligne dans la gestion de la catastrophe. Cela signifie que le bilan définitif serait connu au plus tard mercredi.Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les trois dernières voitures d’un train de l’opérateur privé Iryo allant vers Madrid (nord) avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à coté, avant d’être percutées violemment par un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva (sud).Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.- Quelle cause ? -Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident “extrêmement étrange”, selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit “20 minutes avant” sans que “personne ne signale la moindre anomalie sur la voie”, a affirmé le ministre mardi matin.L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, visible sur certaines photos, est “la cause ou la conséquence” du déraillement du train Iryo qui a entraîné la collision. Ce qui était certain à ce stade, c’est que la vitesse des trains n’était pas en question et que “l’erreur humaine (était) pratiquement écartée”, avait assuré lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due “au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”.Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage.”La possibilité d’un sabotage n’a jamais été envisagée. Depuis le début, on a parlé de questions techniques liées au transport ferroviaire”, a-t-il affirmé en réponse à une question lors d’une conférence de presse après la réunion du Conseil des ministres à Madrid. Il n’y a “jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager”, a-t-il ajouté.Face à l’émotion, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une “transparence absolue” et “la vérité” sur cette catastrophe, qui bouleverse le pays plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans “deux ou trois mois”, avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé mardi César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels. 

Des bulldozers israéliens démolissent des bâtiments au siège de l’Unrwa à Jérusalem-Est

Des bulldozers israéliens ont commencé mardi à démolir sans avertissement préalable des bâtiments du siège de l’Unrwa à Jérusalem-Est, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens dénonçant une “attaque sans précédent”.Des forces israéliennes ont “pris d’assaut” le complexe peu après 07h00, a dit à l’AFP un porte-parole de l’Unrwa, Jonathan Fowler, précisant qu’elles avaient …

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Malgré la misère en Colombie, les migrants vénézuéliens n’envisagent pas de retour

Ils ont fui en famille la faim et la dureté du régime au Venezuela pour trouver refuge dans zone frontalière de Colombie elle-même exsangue et minée par les guérillas. Là, des migrants disent seulement survivre, à une enjambée d’un pays qu’ils chérissent mais qui leur paraît plus lointain que jamais.La joie suscitée par la chute …

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Intempéries dans l’Aude: baisse des précipitations, réouverture programmée des écoles

La baisse des précipitations dans l’Aude, après deux journées marquées par des inondations localisées, conduit le préfet à lever pour mercredi certaines mesures de sécurisation, comme la fermeture des écoles, a indiqué la préfecture.”Compte tenu de l’amélioration des conditions météorologiques, le préfet de l’Aude a décidé de la levée ce mercredi 21 janvier 2026 des mesures de fermeture des écoles, crèches et centres de loisirs et autres établissements publics”, indique un communiqué de la préfecture.L’Aude, en vigilance orange pluie-inondations depuis dimanche comme plusieurs autres départements, est désormais revenue en niveau jaune, selon un bulletin de Météo France publié autour de 10h00.Les fortes pluies qui ont touché le département depuis dimanche ont conduit à des débordements de cours d’eau et des inondations mais le niveau des fleuves locaux est finalement resté en-deçà des seuils d’alerte. Lundi, un habitant du village de Lespinassière a chuté d’un toit qu’il tentait de protéger d’une bâche. Grièvement blessé, il a été évacué vers le CHU de Toulouse. Deux autres personnes ont été blessées.”Des perturbations persistent” sur le réseau routier avec certains axes encore fermés, notamment autour de Narbonne, a souligné la préfecture qui a indiqué que des foyers restaient privés d’électricité.Les pompiers “ont réalisé plus de 130 interventions” en raison de ces intempéries, a-t-elle ajouté.