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Visite d’Etat, acte II: Macron rencontre Starmer, l’immigration au menu des discussions

Le président français Emmanuel Macron poursuit mercredi sa visite d’Etat au Royaume-Uni par un entretien avec le Premier ministre Keir Starmer, au coeur duquel doit figurer le sujet difficile des migrants traversant la Manche. Après une première journée consacrée essentiellement au faste royal, place aux discussions délicates.Plus de 21.000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année, un record alors que Keir Starmer a promis de “reprendre le contrôle des frontières”.Dans son discours lors du dîner d’Etat au château de Windsor mardi soir, le roi Charles III a évoqué “les défis importants” que sont “le terrorisme, la criminalité organisée, les cyberattaques et, bien sûr, la migration irrégulière à travers la Manche”.Emmanuel Macron et Keir Starmer doivent discuter mercredi de ce sujet sensible. Il sera également au menu des discussions lors d’un sommet jeudi, qui va réunir les deux dirigeants et une douzaine de ministres. La France est accusée de ne pas en faire assez contre les “small boats”, les embarcations des migrants, alors que depuis 2018, Londres a financé des actions visant à sécuriser la frontière pour plus de 750 millions d’euros, selon un rapport du parlement britannique. Les discussions portent notamment sur une expérimentation d’un échange de migrants, qui reposerait sur le “principe de un pour un”. – “L’entente amicale” -Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont quitté le château de Windsor, à une trentaine de kilomètres de Londres, en milieu de matinée mercredi. Le chef de l’Etat français a fait la bise à la reine Camilla et son épouse au roi Charles III, bien loin du strict protocole royal.Emmanuel Macron a démarré la journée de mercredi en se recueillant sur la tombe de la reine Elizabeth II, décédée en septembre 2022.Il a également échangé avec le roi sur les enjeux de biodiversité lors d’une promenade dans le parc du château. La visite d’Etat, qui a démarré mardi, est la première d’un président français au Royaume-Uni depuis Nicolas Sarkozy en 2008 et de la première d’un chef d’Etat de l’Union européenne depuis le Brexit en 2020.La journée de mardi s’est achevée par un dîner d’Etat dans le décor somptueux du château de Windsor. Le souverain a alors souligné que l’amitié entre le Royaume-Uni et la France était “essentielle à la préservation des libertés et de la paix en Europe”, face à une “multitude de menaces”.Les deux pays, qui avaient déjà renoué en 2023 après les tensions liées au Brexit, à l’occasion d’une visite d’Etat du roi et d’un sommet avec le Premier ministre Rishi Sunak en France, ont proclamé une nouvelle ère d'”entente amicale”, à l’image de “l’Entente cordiale” scellée en 1904.- “Faire la différence”  -Mardi après-midi, le chef de l’Etat qui s’exprimait, honneur rare, devant le Parlement britannique, avait déjà appelé la France et le Royaume-Uni à “travailler ensemble” pour protéger l’ordre mondial hérité de 1945 et renforcer les liens entre Londres et l’Union européenne.”Le Royaume-Uni et la France doivent aujourd’hui de nouveau montrer au monde que notre alliance peut faire toute la différence”, a-t-il lancé.Le président français a promis des résultats “tangibles” durant la visite en matière de coopération économique, de défense, et de lutte contre l’immigration.Mercredi matin, le président français va également échanger avec des entrepreneurs et scientifiques sur l’intelligence artificielle à l’Imperial College de Londres.Il rencontrera aussi la communauté d’affaires lors d’un dîner organisé en son honneur au Guildhall, bâtiment historique de la City, en présence de 650 convives.- “Changement d’échelle” -“Une nouvelle ère” post-Brexit s’ouvre pour une collaboration plus poussée”, a affirmé mardi à l’AFP le lord-maire de Londres Alastair King, représentant de la City.La puissante place financière cherche à défendre son attractivité, surtout depuis le Brexit, face à la concurrence de ses rivales européennes, après avoir connu une série de revers ces dernières années.Le chef de l’Etat se rendra aussi mercredi au British Museum pour sceller l’annonce du prêt au Royaume-Uni de la célèbre tapisserie de Bayeux, symbole quasi-millénaire des relations longtemps belliqueuses entre l’Angleterre et le continent.Elle sera exposée au British Museum entre septembre 2026 et juin 2027. En échange, le musée britannique va prêter à la France des pièces issues notamment du trésor de Sutton Hoo, un des joyaux de sa collection.Côté défense, “nous franchirons une nouvelle étape qui changera l’échelle de (notre) coopération”, a promis Emmanuel Macron devant le Parlement.La coopération militaire entre les deux pays repose sur les accords de Lancaster House, signés en 2010, qui comprennent un volet nucléaire, la mise en place d’une force expéditionnaire conjointe et la fabrication en commun de missiles.

Espagne: l’incendie de Tarragone toujours actif mais le confinement partiellement levé

Les pompiers espagnols continuent mercredi de lutter contre l’incendie ayant ravagé quelque 3.200 hectares de forêt près de Tarragone (nord-est) mais les autorités ont levé une grande partie des mesures de confinement imposées aux habitants, l’incendie étant en passe d’être circonscrit. “Le confinement a pris fin dans les municipalités touchées par le feu de forêt”, à l’exception de Paüls, où il est “maintenu”, a annoncé dans un message sur X la Protection civile, qui avait appelé quelque 18.000 personnes au total à rester chez elles face à l’avancée des flammes.”Malgré le déconfinement, évitez les déplacements inutiles dans la zone où les opérations sont en cours”, a toutefois ajouté la Protection civile.Les pompiers ont assuré de leur côté avoir “travaillé intensément” durant la nuit “pour terminer de maîtriser l’incendie”, avec la mise en place de “manoeuvres techniques” pour tenter de contenir les flammes. “Pour l’heure”, le feu “est toujours actif”, ont-ils toutefois précisé.Selon les agents forestiers de Catalogne, la superficie brûlée à cause de cet incendie, qui s’est déclenché lundi près de Tarragone, dans le nord-est de l’Espagne, atteint désormais 3.200 hectares, dont 1.125 dans le parc naturel d’Els Ports à Paüls.L’Espagne a affronté ces derniers jours des températures caniculaires, qui ont asséché les sols et accru les risques d’incendies.Selon l’agence météorologique espagnole (Aemet), le pays a connu son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, avec une température moyenne de 23,6°C. L’agence souligne que la fréquence des épisodes de chaleur a triplé depuis dix ans en Espagne.En 2022, 300.000 hectares avaient été détruits par plus de 500 incendies dans le pays, un record en Europe, selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis). En 2024, ce chiffre a nettement baissé à environ 42.000 hectares.Il y a quelques jours, la ministre de la Transition écologique Sara Aagesen avait dit s’attendre à un été “très compliqué” sur le front des feux de forêt.

Jordan Bardella annonce une perquisition en cours du siège du RN et dénonce “un acharnement”

Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a annoncé mercredi qu’une perquisition était en cours au siège du parti à Paris, menée selon lui par “une vingtaine de policiers de la brigade financière” et “deux juges d’instruction”, assurant ne pas connaître son motif.”Tous les mails, documents et éléments de comptabilité du premier parti d’opposition sont saisis, sans que nous sachions à ce stade quels sont précisément les griefs qui en sont le fondement”, a-t-il détaillé sans un message sur X, dénonçant un “acharnement”. Le chef de parti a assuré que cette perquisition avait commencé à 8H50 mercredi et a précisé qu’elle concernait aussi “les bureaux des dirigeants”. “L’intégralité des dossiers qui concernent les dernières campagnes régionales, présidentielles, législatives et européennes sont aujourd’hui entre les mains de la justice”, a expliqué Jordan Bardella. Il a dénoncé une “opération spectaculaire et inédite” qui s’inscrit selon lui “dans une nouvelle opération de harcèlement”. “C’est une atteinte grave au pluralisme et à l’alternance démocratique”, s’est-il indigné, estimant que “jamais aucun parti d’opposition n’a subi un tel acharnement sous la Ve République”. Une information judiciaire a été ouverte en juillet 2024 sur des prêts accordés par des particuliers au mouvement d’extrême droite, après un signalement de la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Ces prêts accordés aux partis politiques par des particuliers sont autorisés, selon des conditions précises et avec un plafond, mais le RN est “le parti qui les a le plus utilisés”, selon le président de la CNCCFP, Christian Charpy. Ces dernières années, le parti à la flamme a “concentré une forte majorité” de ce type d’emprunts: 613 en 2021 sur un total de 764 tous partis confondus, puis 425 en 2022 (sur un total de 492) et encore 96 en 2023 (sur un total de 123), selon ce responsable.Au total, le RN affichait fin 2023 plus de 20 millions d’encours à rembourser “auprès de personnes physiques”, le plus ancien remontant à 2007. “Il est essentiel que ces prêts soient remboursés, sinon ce sont des dons déguisés”, ce qui serait “contraire au code électoral”, avait souligné M. Charpy la semaine dernière.Mardi, le parquet européen avait annoncé avoir ouvert une enquête sur la famille politique à laquelle appartenait le Rassemblement national au Parlement européen avant 2024 pour diverses irrégularités financières. Mais la perquisition n’est pas liée à cette enquête, a-t-il précisé mercredi.”Un an après avoir volé les élections par ses magouilles et ses mensonges, le Système sombre dans les basses œuvres”, a commenté sur X le président délégué du groupe RN à l’Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy. “Les institutions sont dévoyées par des bandes qui veulent garder le pouvoir à tout prix !”, a-t-il lancé. 

Espagne: face aux scandales, Sánchez dégaine un plan anti-corruption, sans convaincre l’opposition

Confronté à la plus grave crise depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a tenté de circonscrire les dégâts en présentant mercredi un plan anti-corruption élaboré avec l’OCDE, sans toutefois convaincre l’opposition, qui a de nouveau réclamé des élections anticipées.Dans une allocution solennelle d’environ 45 minutes prononcée devant les députés, M. Sánchez a assuré avoir “envisagé” de démissionner et de convoquer des élections après les révélations ayant abouti au placement en détention provisoire de l’ex-N.3 du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Santos Cerdán.Mais “après avoir réfléchi et écouté beaucoup de gens, j’ai compris que jeter l’éponge n’était pas une option”, a-t-il lancé.”Nous allons continuer (…) parce que je suis un homme politique propre”, a poursuivi celui qui était arrivé au pouvoir en 2018 après un vaste scandale de corruption ayant touché, à l’époque, le gouvernement du Parti populaire (PP, droite conservatrice).Santos Cerdán, jusqu’alors secrétaire de l’organisation du PSOE et proche de Sánchez, a été mis en cause après la publication le 12 juin d’un rapport de police laissant penser qu’il était au coeur d’un réseau de corruption et avait touché des pots-de-vin en échange de contrats publics. – 15 mesures anti-corruption -Au coeur de cette même enquête se trouvent également l’ancien ministre et ex-bras droit du Premier ministre, José Luis Ábalos, ainsi que son proche conseiller, Koldo García.Ces révélations ont suscité un scandale tel que Pedro Sánchez lui-même a demandé pardon à plusieurs reprises, dont une nouvelle fois mercredi devant les députés, assurant qu’il ignorait tout de l’affaire et que son parti n’avait jamais bénéficié de financements illégaux. “Les partis politiques, les organes de direction des différentes administrations, les entreprises doivent adopter davantage de mesures” pour faire face à la corruption, a toutefois convenu Pedro Sánchez, en proposant “l’approbation d’un plan national de lutte contre la corruption” de 15 mesures élaboré avec l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).Ce plan a également été préparé à la suite de réunions avec les différents groupes parlementaires et incorpore des propositions du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne, a encore précisé le dirigeant socialiste, sous pression de ses alliés au Parlement, qui lui réclamaient des mesures fortes contre la corruption.Parmi les mesures énumérées par le chef du gouvernement devant les députés figurent la mise en place d’une “agence d’intégrité publique indépendante”, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter des “indices de fraude” dans la plateforme d’attribution des contrats publics, des contrôles de patrimoine aléatoires des hauts fonctionnaires ou encore un renforcement des mesures de protection des lanceurs d’alerte.- “Organisation criminelle” -“Ce plan de lutte contre la corruption représentera le plus grand effort en matière de prévention, de lutte et de réparation de la corruption réalisé au cours des dernières décennies dans notre pays”, a martelé le Premier ministre.Mais le discours de M. Sánchez a été immédiatement rejeté sans ambage par le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, qui a assimilé le PSOE à “une organisation criminelle”.”Nous ne savons pas où commence et où finit votre responsabilité directe”, a-t-il lancé au Premier ministre. “Alors, comment allez-vous nous sortir de ce cauchemar si c’est vous qui nous y avez plongés? Le mieux pour vous est d’avouer tout ce que vous savez, d’aider à rendre le butin et de convoquer des élections”, a-t-il lancé.La chute brutale de Santos Cerdán est survenue alors que les enquêtes judiciaires visant des proches du Premier ministre se multiplient depuis des mois et que la liste des dossiers qui l’éclaboussent ne cessent de s’allonger.Outre MM. Cerdán, Ábalos et Garcia, sa femme Begoña Gómez est visée par une enquête pour corruption et trafic d’influence, son frère David doit bientôt être jugé pour trafic d’influence et le procureur général de l’Etat, plus haut magistrat du parquet, nommé sur proposition du gouvernement de gauche, pourrait être jugé pour des fuites d’informations judiciaires.

Le feu à Marseille en “très nette régression”, l’évaluation des dégâts commence

Le violent incendie qui a menacé Marseille mardi, dopé par une longue canicule et un mistral violent, est en “très nette régression” mercredi matin, selon le préfet, même s’il n’est toujours pas fixé, et la phase d’évaluation des dégâts a commencé, avec au moins 10 maisons détruites.”Le feu est en très nette régression mais il est évident que sur un feu aussi impactant, sur autant de surface, il peut y avoir de nouveaux départs, des sauts, des fumerolles”, a insisté le préfet des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors d’un point presse au PC sécurité installé dans les quartiers Nord à Marseille.”La progression du feu est arrêtée, nous sommes à 750 hectares” touchés, a ajouté le vice-amiral Lionel Mathieu, chef du bataillon des marins-pompiers de la deuxième ville de France. Et 700 pompiers sont toujours mobilisés. A ce stade, 70 maisons ont été “atteintes” et 10 ont été totalement détruites et “nous sommes en train de réfléchir ensemble, dès que nous aurons le bilan bâtimentaire, à une aide aux victimes”, a indiqué le préfet.Face à cette amélioration, les 15.000 habitants du 16e arrondissement ont été déconfinés tôt dans la matinée. Ils avaient été confinés mardi vers 16h00 alors que le feu arrivait sur leur quartier, tous prévenus sur leurs téléphones par le système FR.alert.Plus tôt mercredi, les autorités avaient évoqué une “réactivation du feu” dans la nuit du côté des Pennes-Mirabeau, cette commune limitrophe de Marseille au nord, d’où était parti mardi en fin de matinée cet incendie, après un feu de véhicule.Si le ciel est redevenu bleu mercredi matin dans la cité phocéenne, une odeur de brûlé persiste. Le mistral s’est considérablement calmé mais les autorités craignent une reprise des bourrasques à la mi-journée.Aucune information sur la qualité de l’air n’était disponible mercredi, en raison de “l’évacuation du centre de données”, indique AtmoSud.- “Eté à haut risque” -Le panache de fumée dégagé avait provoqué la veille une concentration en particules fines dix fois supérieure aux normes sur Marseille et s’étendait en mer sur une centaine de kilomètres, selon les images satellites.Et un vent de panique avait gagné le nord de la ville: “J’ai essayé d’éteindre au maximum le feu dans le jardin, les haies et compagnie. Et bon, quand j’ai réussi à éteindre, j’ai vu que la maison de mon voisin prenait feu. Avec la chaleur, je ne pouvais plus rester. Donc, je me suis complètement arrosé, j’ai pris ma voiture et je suis descendu”, a témoigné auprès de l’AFPTV Djamel Yahiaoui, retraité de 56 ans habitant l’Estaque.Ces feux virulents dans le sud du pays en tout début d’été inquiètent.”Il y a tout lieu de penser qu’on va vers un été à haut risque”, avait averti Bruno Retailleau mardi soir, à Marseille. 400 personnes au total ont été évacuées face à cet incendie, dont les 71 résidents d’un Ehpad aux Pennes-Mirabeau, selon le ministre de l’Intérieur. De fait, les conditions météo, canicule et végétation desséchée, rendent ce début d’été particulièrement dangereux: rien que mardi, les pompiers des Bouches-du-Rhône sont intervenus à 40 reprises sur des incendies ou départs de feu mardi, un chiffre “exceptionnel”, six fois plus élevé qu’en moyenne.Le ministre a appelé au civisme, rappelant que neuf incendies sur dix sont d’origine humaine.Interrompu mardi après-midi, avec plus de 110 vols annulés, le trafic à l’aéroport d’Aix-Marseille Provence, le quatrième français en nombre de passagers, situé sur l’étang-de-Berre, à Marignane, a repris partiellement sans la soirée.Et la reprise totale des vols a été décidée mercredi matin. Mais la situation pourrait évoluer en fonction des besoins aériens à mettre en place, a précisé la porte-parole de l’aéroport.- Reprise du trafic des TGV -Sur la route, le trafic doit également reprendre dans la matinée sur l’A55, en direction de Marseille, et c’est “en prévision” dans l’autre sens.Sur l’autoroute A7, vers Aix-en-Provence et Lyon, “deux voies devraient être sanctuarisées pour les secours dans le sens Lyon Marseille”, avait précisé dans la matinée la préfecture des Bouches-du-Rhône.La circulation des trains à grande vitesse à Marseille a repris depuis 06h00, mais le trafic TER sur la ligne Marseille-Miramas est toujours interrompu jusqu’à midi par la Côte bleue et Rognac.A l’autre bout du littoral méditerranéen, près de Narbonne, dans l’Aude, département touché par trois feux de forêt en une semaine, plus d’un millier de pompiers venus de toute la France continuent de lutter contre l’incendie qui a parcouru au moins 2.000 hectares de forêt depuis lundi. Là aussi le feu, parti d’un domaine viticole des Corbières, s’est très vite propagé, sur une végétation desséchée et sous l’effet d’un vent soufflant jusqu’à 90 km/h.Dans l’Hérault, l’incendie de Castelnau-de-Guers, qui avait entraîné la fermeture temporaire mardi de l’autoroute A9 entre Sète et Agde, a été fixé vers 05h00 mercredi. Celui de Montdardier (Gard), qui a parcouru 500 hectares, n’est pas encore maîtrisé, selon les pompiers.burs-san/ol/so/pta

A Cuba, un parcours du combattant face à la pénurie de médicaments

Dans l’attente d’une greffe de l’œsophage pour son fils de quatre ans, la Cubaine Jessica Rodriguez lutte chaque jour pour trouver les traitements et le matériel médical dont il a désespérément besoin, dans un pays où près des deux tiers des médicaments essentiels manquent à l’appel. “Je suis constamment angoissée à l’idée de ne pas avoir ce dont il pourrait avoir besoin”, explique à l’AFP cette mère de 27 ans depuis sa maison à Santa Fe, quartier de l’ouest de La Havane. À ses côtés, le petit Luis Angelo regarde un dessin animé. Né avec une malformation de l’œsophage, il survit grâce à une trachéotomie et se nourrit par voie gastrique. En plus d’être asthmatique et allergique, l’enfant souffre d’une légère cardiopathie et de crises d’épilepsie. Dans un pays soumis aux effets du durcissement de l’embargo américain, plongé dans sa pire crise économique depuis plus de trois décennies – avec des pénuries de toute sorte et une inflation galopante-, obtenir les sept médicaments et l’équipement médical dont Luis Angelo a besoin est un combat quotidien pour sa famille.”L’absence d’un médicament, le manque de sondes d’aspiration ou le fait de ne pas pouvoir changer un cathéter peut nuire à sa santé et entraîner des maladies graves qui pourraient lui coûter la vie”, souligne Mme Rodriguez. Comme elle, de nombreux Cubains vivent dans la crainte de ne pas pouvoir se procurer des médicaments indispensables. “Plus de 70% des médicaments essentiels sont affectés” par la pénurie, a récemment reconnu le président Miguel Diaz-Canel lors d’un entretien à la télévision.Ces dernières années, Cuba n’a pas eu les moyens d’importer les matières premières permettant de produire sur place la majorité des 650 médicaments qui constituent sa liste de médicaments essentiels.- Étagères désespérément vides – Dans l’île communiste de 9,7 millions d’habitants, connue pour faire bénéficier d’autre pays de ses médecins hautement qualifiés et pour son industrie pharmaceutique développée, les étagères des pharmacies sont vides et les hôpitaux manquent du matériel médical élémentaire tel que compresses, fils de suture, désinfectants ou oxygène. “Il y a des jours où il n’y a rien”, dit à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, un médecin travaillant dans un hôpital de la capitale. Les malades chroniques comme Luis Angelo disposent d’une carte pour acheter à prix subventionné des médicaments mais il arrive qu’il n’y en ait pas de disponible pendant des mois, témoigne sa mère, souvent obligée de les acheter sur le marché noir à prix d’or.Physiothérapeute, Jessica Rodriguez a arrêté de travailler pour s’occuper de son fils et touche une aide de l’État de 1.400 pesos par mois, moins de 12 dollars au taux officiel. Le père du petit garçon travaille à son compte.Les parents déboursent régulièrement entre 350 et 450 pesos (environ 3 ou 4 dollars) pour une plaquette de comprimés achetée en dehors des pharmacies, publiques, seules autorisées à distribuer les médicaments. Un prix élevé alors que le salaire moyen mensuel est de 6.500 pesos, soit 54 dollars au taux officiel, et 17 dollars sur le marché informel. Face à la pénurie, le gouvernement communiste autorise depuis 2021 la population à ramener de l’étranger des médicaments exonérés d’impôts, pour un usage non commercial. De nombreux médicaments introduits dans le pays par cette voie alimentent un marché informel florissant, opérant via des groupes WhatsApp et des sites internet et se nourrissant du désespoir des habitants. – Entraide -Plusieurs initiatives basées sur l’entraide ont également fleuri.Sur les réseaux sociaux, un groupe propose ainsi des médicaments gratuits ou en échange d’aliments. Sophi y laisse un message: elle cherche de la dorzolamide, un traitement contre l’hypertension oculaire, pour sa grand-mère de 86 ans.Des projets comme Palomas ont aussi vu le jour. La plateforme récupère des médicaments auprès des particuliers, “des restes de traitements ou bien de médicaments ramenés de l’étranger”, explique son coordinateur général, Sergio Cabrera. Elle publie quotidiennement sur divers groupes de messagerie en ligne les produits disponibles et ceux qui sont recherchés. Palomas affirme avoir réussi à distribuer des médicaments gratuits à plus de 179.000 Cubains depuis sa création à La Havane en 2021. “Grâce à ce projet, aujourd’hui, j’ai pu obtenir les médicaments pour ma maman” diabétique, introuvables au niveau national, déclare à l’AFP Ibis Montalban, reconnaissante. Témoin de la détresse des familles confrontées au manque criant de médicaments, M. Cabrera explique qu'”ici, beaucoup de gens pleurent”. Palomas leur offre au moins un peu d’espoir.

A Cuba, un parcours du combattant face à la pénurie de médicaments

Dans l’attente d’une greffe de l’œsophage pour son fils de quatre ans, la Cubaine Jessica Rodriguez lutte chaque jour pour trouver les traitements et le matériel médical dont il a désespérément besoin, dans un pays où près des deux tiers des médicaments essentiels manquent à l’appel. “Je suis constamment angoissée à l’idée de ne pas avoir ce dont il pourrait avoir besoin”, explique à l’AFP cette mère de 27 ans depuis sa maison à Santa Fe, quartier de l’ouest de La Havane. À ses côtés, le petit Luis Angelo regarde un dessin animé. Né avec une malformation de l’œsophage, il survit grâce à une trachéotomie et se nourrit par voie gastrique. En plus d’être asthmatique et allergique, l’enfant souffre d’une légère cardiopathie et de crises d’épilepsie. Dans un pays soumis aux effets du durcissement de l’embargo américain, plongé dans sa pire crise économique depuis plus de trois décennies – avec des pénuries de toute sorte et une inflation galopante-, obtenir les sept médicaments et l’équipement médical dont Luis Angelo a besoin est un combat quotidien pour sa famille.”L’absence d’un médicament, le manque de sondes d’aspiration ou le fait de ne pas pouvoir changer un cathéter peut nuire à sa santé et entraîner des maladies graves qui pourraient lui coûter la vie”, souligne Mme Rodriguez. Comme elle, de nombreux Cubains vivent dans la crainte de ne pas pouvoir se procurer des médicaments indispensables. “Plus de 70% des médicaments essentiels sont affectés” par la pénurie, a récemment reconnu le président Miguel Diaz-Canel lors d’un entretien à la télévision.Ces dernières années, Cuba n’a pas eu les moyens d’importer les matières premières permettant de produire sur place la majorité des 650 médicaments qui constituent sa liste de médicaments essentiels.- Étagères désespérément vides – Dans l’île communiste de 9,7 millions d’habitants, connue pour faire bénéficier d’autre pays de ses médecins hautement qualifiés et pour son industrie pharmaceutique développée, les étagères des pharmacies sont vides et les hôpitaux manquent du matériel médical élémentaire tel que compresses, fils de suture, désinfectants ou oxygène. “Il y a des jours où il n’y a rien”, dit à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, un médecin travaillant dans un hôpital de la capitale. Les malades chroniques comme Luis Angelo disposent d’une carte pour acheter à prix subventionné des médicaments mais il arrive qu’il n’y en ait pas de disponible pendant des mois, témoigne sa mère, souvent obligée de les acheter sur le marché noir à prix d’or.Physiothérapeute, Jessica Rodriguez a arrêté de travailler pour s’occuper de son fils et touche une aide de l’État de 1.400 pesos par mois, moins de 12 dollars au taux officiel. Le père du petit garçon travaille à son compte.Les parents déboursent régulièrement entre 350 et 450 pesos (environ 3 ou 4 dollars) pour une plaquette de comprimés achetée en dehors des pharmacies, publiques, seules autorisées à distribuer les médicaments. Un prix élevé alors que le salaire moyen mensuel est de 6.500 pesos, soit 54 dollars au taux officiel, et 17 dollars sur le marché informel. Face à la pénurie, le gouvernement communiste autorise depuis 2021 la population à ramener de l’étranger des médicaments exonérés d’impôts, pour un usage non commercial. De nombreux médicaments introduits dans le pays par cette voie alimentent un marché informel florissant, opérant via des groupes WhatsApp et des sites internet et se nourrissant du désespoir des habitants. – Entraide -Plusieurs initiatives basées sur l’entraide ont également fleuri.Sur les réseaux sociaux, un groupe propose ainsi des médicaments gratuits ou en échange d’aliments. Sophi y laisse un message: elle cherche de la dorzolamide, un traitement contre l’hypertension oculaire, pour sa grand-mère de 86 ans.Des projets comme Palomas ont aussi vu le jour. La plateforme récupère des médicaments auprès des particuliers, “des restes de traitements ou bien de médicaments ramenés de l’étranger”, explique son coordinateur général, Sergio Cabrera. Elle publie quotidiennement sur divers groupes de messagerie en ligne les produits disponibles et ceux qui sont recherchés. Palomas affirme avoir réussi à distribuer des médicaments gratuits à plus de 179.000 Cubains depuis sa création à La Havane en 2021. “Grâce à ce projet, aujourd’hui, j’ai pu obtenir les médicaments pour ma maman” diabétique, introuvables au niveau national, déclare à l’AFP Ibis Montalban, reconnaissante. Témoin de la détresse des familles confrontées au manque criant de médicaments, M. Cabrera explique qu'”ici, beaucoup de gens pleurent”. Palomas leur offre au moins un peu d’espoir.

Après les inondations au Texas, à la recherche de mamie Alicia

Javier Torres creuse dans la boue sèche du Guadalupe, en se rappelant les bons souvenirs de sorties de pêche avec sa grand-mère au bord de ce fleuve du Texas, celui-là même qui l’a peut-être engloutie.Le vendredi précédent, le niveau du Guadalupe montait de huit mètres en seulement 45 minutes, douché par des pluies diluviennes que le sol alentour, asséché, n’a pas pu absorber. Les inondations qui se sont ensuivies ont fait au moins une centaine de morts, alors que 161 personnes manquent à l’appel.Javier, 24 ans, continue de chercher sa mamie.Alicia Olvera, née au Mexique, a célébré ses 68 ans deux semaines avant le désastre, avec sa grande famille dans la maison de sa fille Angélica, près d’Austin, la capitale texane.La grand-mère retourne ensuite à Hunt, près du fleuve Guadalupe, où elle s’occupe depuis deux décennies d’une maison avec son mari José, 70 ans. Elle est là, à l’aube du 4 juillet, quand la pluie s’abat.Ses proches ne réussissent pas à la joindre. Le samedi matin, ils finissent par arriver sur les lieux, recouverts de boue.La piscine où Javier se baignait: un marécage. Et autour de la bâtisse, une tourbière de plusieurs mètres de haut se dérobe sous les pas des chercheurs. Ils commencent par découvrir José.”Il était enterré dans la boue, près d’une camionnette. On l’a sorti de là, mais sans vie. Il était avec un garçon et une fille” qui avaient vraisemblablement été emportés par le courant, raconte Javier.La famille bricole un autel et dispose trois croix pour leur rendre hommage. Toujours aucun signe d’Alicia.”Nous continuons à chercher ma mère, nous cherchons depuis samedi sans résultat, on a demandé à la communauté de nous envoyer plus d’aide parce que ce que nous voulons le plus, c’est la retrouver. J’aimerais qu’elle soit en vie mais, à ce stade, nous avons perdu tout espoir”, confie Angélica Torres, fille d’Alicia, âgée de 48 ans.- “Miracle”La maison d’Alicia Olvera se situe à cinq minutes en voiture de Camp Mystic, un camp de vacances chrétien pour filles sur les rives du Guadalupe. Sur les 750 enfants qui séjournaient là, 27 sont morts.Mardi, les affaires abandonnées sur les lieux étaient soigneusement disposées devant les cabanes du camp. Des hélicoptères survolent toujours la zone, alors que les autorités visitent le complexe sinistré, où l’accès est restreint.Les secouristes ont été rejoints par des volontaires pour retrouver les victimes. Brett Lang est arrivé chez Alicia avec ses trois chiens renifleurs pour ratisser la zone. Mais pas de trace de la grand-mère pour le moment.Pendant ce temps, ses enfants et petits-enfants s’affairent à retourner chaque centimètre de terre autour de la maison, qui leur rappelle de bons souvenirs.”Nous nous sentions à l’aise quand on venait, elle aimait beaucoup cuisiner, nous étions toujours en train de manger, elle voulait faire ses +tamales+ à chaque fois que nous lui rendions visite”, se remémore Angélica, évoquant ce plat traditionnel mésoaméricain à base de pâte de maïs.”Je veux la retrouver, même si c’est différent, je veux qu’elle soit là pour la suite (…) Je demande ce miracle à Dieu”, implore-t-elle.

Incendie: le feu encore actif à Marseille mais baisse en intensité

Le violent incendie qui menace Marseille depuis mardi, dopé par une longue période de canicule et un mistral violent, a baissé en intensité mais n’est toujours pas fixé, a indiqué la préfecture mercredi matin, après que le ministre de l’Intérieur a averti d’un “été à haut risque”.”A Marseille, le feu baisse en intensité” mercredi matin, “mais les lisières sont toujours actives et non stabilisées”, a indiqué une porte-parole de la préfecture à l’AFP, précisant que le feu n’était pas fixé à ce stade.Devant cette amélioration de la situation, la préfecture a cependant averti sur X que les habitants du 16e arrondissement de Marseille, touché par les flammes hier après-midi, dans le nord de la ville, étaient désormais “déconfinés” mais qu’il était “encore trop tôt pour les personnes évacuées”, au nombre d’environ 400, “regagnent leur domicile”. Du côté des Pennes-Mirabeau, commune limitrophe dans le nord-ouest de Marseille d’où était parti cet incendie mardi en fin de matinée après un feu de véhicule, il y a “une réactivation du feu”, a précisé la Préfecture de région, sans détailler.”Il y a tout lieu de penser qu’on va vers un été à haut risque”, avait averti Bruno Retailleau mardi soir, lors d’un point presse à Marseille auprès des marins-pompiers de la ville et des pompiers du département. Ils ont été plus de 800 mobilisés.Le ministre a souligné que 400 personnes avaient été évacuées, dont les 71 résidents d’un Ehpad aux Pennes-Mirabeau. Egalement “63 maisons ont été touchées, dont une dizaine brûlées et pratiquement détruites”.Soulignant que jusqu’à 400 tonnes d’eau avaient été déversées par la dizaine d’aéronefs mobilisés, pour empêcher que les flammes, venues toucher les quartiers nord de Marseille, fassent plus de dégâts, le ministre a appelé au civisme des habitants, rappelant que neuf incendies sur dix sont d’origine humaine.En quelques heures, cet incendie avait parcouru 700 hectares mardi entre les Pennes-Mirabeau et Marseille dans la journée, entraînant à la mi-journée la fermeture de l’aéroport d’Aix-Marseille Provence, le quatrième français en nombre de passagers, situé sur l’étang-de-Berre, à Marignane. Une reprise partielle du trafic a eu lieu vers 21H30 mardi soir, mais celui-ci pourrait à nouveau être fermé mercredi, pour prioriser les moyens aériens de lutte contre le feu, a averti la Préfecture.Le panache de fumée dégagé a provoqué sur Marseille une concentration en particules fines dix fois supérieure aux normes, selon Atmo-Sud, et s’étendait en mer sur une centaine de kilomètres, selon les images satellites.- Reprise du trafic des TGV -Arrivé à 16h00 aux portes des quartiers Nord de la cité phocéenne, l’incendie a poussé les autorités à appeler au confinement les quelque 15.000 habitants du 16e arrondissement, tous prévenus sur leurs téléphones par le système FR.alert.La police a aussitôt bouclé le secteur, juste en dessous du centre commercial Grand Littoral. La préfecture a signalé mercredi matin une “possible réouverture partielle de l’A55 (l’autoroute qui dessert Marseille par le nord, NDLR), avec une voie sanctuarisée pour sécuriser l’action des pompiers en bordure d’autoroute dans les deux sens”. De même, il y aurait “une possible réouverture des tunnels Vieux port et Prado carénage”, les deux tunnels qui permettent de traverser la ville du sud au nord, selon la préfecture.Enfin, sur l’autoroute A7, vers Aix-en-Provence et Lyon, “deux voies devraient être sanctuarisées pour les secours dans le sens Lyon Marseille”, a précisé une porte-parole.La circulation des trains à grande vitesse à Marseille doit reprendre “normalement” mercredi matin après une interruption liée aux incendies, tandis que celle des trains locaux reste fortement perturbée, a annoncé la SNCF.”Il est à nouveau possible d’exploiter la ligne à grande vitesse entre Marseille et Aix TGV”, a-t-elle indiqué dans un communiqué diffusé dans la nuit de mardi à mercredi.A l’autre bout du littoral méditerranéen, près de Narbonne, dans l’Aude, département touché par trois feux de forêt en une semaine, plus d’un millier de pompiers venus de toute la France continuent toujours à lutter contre un incendie qui a parcouru 2.000 hectares de forêt depuis lundi. Là aussi le feu, parti lundi d’un domaine viticole des Corbières, s’est très vite propagé, sur une végétation desséchée et sous l’effet d’un vent soufflant jusqu’à 90 km/h. Une enquête a été ouverte par le parquet de Narbonne afin de déterminer les causes de l’incendie.Pour fluidifier le trafic routier, en cette période de congés, l’autoroute A9, avait été fermée partiellement lundi et mardi, causant des dizaines de kilomètres d’embouteillages.Cet axe incontournable entre la vallée du Rhône et l’Espagne a finalement été rouvert vers 21h45 mardi, a-t-on appris auprès des pompiers et de Vinci.burs-san/ol/lgo/pta

Visite d’Etat, acte II: Macron rencontre Starmer et la communauté des affaires à Londres

Le président français Emmanuel Macron poursuit mercredi sa visite d’Etat au Royaume-Uni par un entretien avec le Premier ministre Keir Starmer, après avoir célébré la veille avec le roi Charles III “l’entente amicale” entre les deux pays.Au lendemain d’une première journée consacrée essentiellement au faste royal, avec procession en calèche et dîner d’Etat dans le décor somptueux du château de Windsor, le chef de l’Etat et son épouse Brigitte vont d’abord s’incliner sur la tombe d’Elizabeth II, décédée en 2022.Emmanuel Macron échangera ensuite avec le roi Charles III sur les enjeux de biodiversité lors d’une promenade dans le parc du château avant de prendre congé de son hôte pour rejoindre Londres, à une trentaine de kilomètres.Il s’agit de la première visite d’Etat d’un président français au Royaume-Uni depuis Nicolas Sarkozy en 2008 et de la première d’un chef d’Etat de l’Union européenne depuis le Brexit en 2020.Mardi soir, le souverain a souligné que l’amitié entre le Royaume-Uni et la France était “essentielle à la préservation des libertés et de la paix en Europe”, face à une “multitude de menaces”.Les deux pays, qui avaient déjà renoué en 2023 après les tensions liées au Brexit, à l’occasion d’une visite d’Etat du roi et d’un sommet avec le Premier ministre Rishi Sunak en France, ont proclamé une nouvelle ère d'”entente amicale”, à l’image de “l’Entente cordiale” scellée en 1904.Emmanuel Macron a souligné que Paris et Londres étaient “aux avant-postes de la défense de la sécurité de notre continent et de ses valeurs démocratiques”.- “Faire la différence”  -Dans l’après-midi, le chef de l’Etat qui s’exprimait, honneur rare, devant le Parlement au palais de Westminster, avait déjà appelé la France et le Royaume-Uni à “travailler ensemble” pour protéger l’ordre mondial hérité de 1945, à commencer par l’Ukraine, en renforçant les liens entre Londres et l’Union européenne.”Le Royaume-Uni et la France doivent aujourd’hui de nouveau montrer au monde que notre alliance peut faire toute la différence”, a-t-il lancé.Pour ce faire, le président français a promis des résultats “tangibles” durant la visite en matière de coopération économique, de défense, et de lutte contre l’immigration, un sujet souvent source de tensions entre les deux pays.Il va évoquer mercredi ces enjeux autour d’un déjeuner avec Keir Starmer, avant un sommet jeudi des deux dirigeants et d’une douzaine de ministres concernés. Sur le front économique, l’Elysée a déjà annoncé que l’énergéticien public EDF allait prendre une participation de 12,5% dans la future centrale nucléaire britannique de Sizewell C, dans l’est de l’Angleterre.Mercredi matin, le président français va échanger avec des entrepreneurs et scientifiques sur l’intelligence artificielle à l’Imperial College de Londres.Il rencontrera aussi la communauté d’affaires lors d’un dîner organisé en son honneur au Guildhall, bâtiment historique de la City, en présence de 650 convives.- “Changement d’échelle” -“Une nouvelle ère” post-Brexit s’ouvre pour une collaboration plus poussée”, a affirmé mardi à l’AFP le lord-maire de Londres Alastair King, représentant de la City.La puissante place financière cherche à défendre son attractivité, surtout depuis le Brexit, face à la concurrence de ses rivales européennes, après avoir connu une série de revers ces dernières années.Le chef de l’Etat se rendra aussi au British Museum pour sceller l’annonce du prêt au Royaume-Uni de la célèbre tapisserie de Bayeux, symbole quasi-millénaire des relations longtemps belliqueuses entre l’Angleterre et le continent.Elle sera exposée au British Museum entre septembre 2026 et juin 2027. En échange, le musée britannique va prêter à la France des pièces issues notamment du trésor de Sutton Hoo, un des joyaux de sa collection.Côté défense, “nous franchirons une nouvelle étape qui changera l’échelle de (notre) coopération”, a promis Emmanuel Macron devant le Parlement.La coopération militaire entre les deux pays repose sur les accords de Lancaster House, signés en 2010, qui comprennent un volet nucléaire, la mise en place d’une force expéditionnaire conjointe et la fabrication en commun de missiles.Côté britannique, les attentes sont fortes sur la lutte contre l’immigration clandestine, après un nombre record d’arrivées de migrants par la Manche depuis janvier (plus de 21.000).