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Washington et Pékin saluent une rencontre “positive” entre leurs chefs de la diplomatie

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a eu vendredi en Malaisie une rencontre “positive” avec son homologue chinois Wang Yi, ont indiqué les deux pays dans une apparente volonté d’aplanir leurs différends.Il s’agissait du premier entretien entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche en janvier de Donald Trump, sur fond de tensions persistantes sur le commerce, Taïwan ou les technologies de pointe.La rencontre se déroulait en marge des réunions des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Kuala Lumpur, où les droits de douane américains, vus avec inquiétude, étaient au coeur des discussions.”Il y a certains problèmes que nous devrons régler, ce qui est normal entre des pays de notre taille, de notre envergure et qui ont cette influence dans le monde”, a indiqué Marco Rubio à la presse après une heure d’entretien avec Wang Yi.”Mais j’ai trouvé cette rencontre très constructive et positive”, a affirmé M. Rubio, habituel pourfendeur du gouvernement chinois.Après une journée et demie à Kuala Lumpur, il s’est par ailleurs dit confiant qu’une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping aurait lieu.”Il y a une forte volonté des deux côtés d’y parvenir”, a-t-il déclaré.Adoptant le même ton apaisant, le ministère chinois des Affaires étrangères a salué dans un communiqué un entretien “positif, pragmatique et constructif”. De façon inhabituelle pour un compte-rendu officiel chinois faisant état d’un échange diplomatique avec Washington, aucun point de friction, pas même Taïwan, n’a été clairement évoqué dans le texte. Wang Yi a toutefois exhorté Washington à traiter avec Pékin “sur un pied d’égalité”.- “Inquiétude” -Marco Rubio effectuait sa première visite en Asie depuis sa prise de fonctions en janvier. Malgré ce délai, il avait assuré jeudi que les Etats-Unis n’ont “aucunement l’intention d’abandonner” l’Asie-Pacifique.Les droits de douane américains inquiètent toutefois fortement la région.Donald Trump a averti cette semaine qu’il imposera des surtaxes punitives de 20% à 50% à plus de 20 pays, notamment asiatiques, s’ils ne concluaient pas d’accords avec Washington d’ici au 1er août.A Kuala Lumpur, Marco Rubio a multiplié les rencontres avec ses homologues de toute l’Asie-Pacifique sur ces droits de douane. Mais en soulignant leur nécessité.”Quand on regarde certains (…) déficits commerciaux (avec les Etats-Unis), ils sont énormes. Il faut y remédier”, a-t-il déclaré. Les ministres des Affaires étrangères de l’Asean, qui comprend 10 pays dont la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam, ont toutefois exprimé leurs “inquiétudes” face aux droits de douane, qualifiés de “contreproductifs”, selon un communiqué conjoint publié vendredi.Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim avait déploré cette semaine des surtaxes devenues “des outils tranchants au service des rivalités géopolitiques”.Reçu par ce dernier vendredi, Wang Yi a dénoncé l’imposition “irresponsable et impopulaire” de droits de douane par Washington. La veille, il avait accusé Washington de “priver” l’Asie du Sud-Est de son “droit légitime au développement”.- Rivalité persistante -Un climat de méfiance persiste entre Pékin et Washington, chacun soupçonnant l’autre de chercher à affaiblir son influence.Au nom notamment de la lutte contre le déficit commercial américain, Donald Trump a engagé un bras de fer économique avec la Chine, à coup de droits de douane.En mai, Chinois et Américains sont toutefois convenus d’un cessez-le-feu et ont accepté de réduire temporairement les prohibitives surtaxes douanières qu’ils s’imposaient.La question très sensible de Taïwan, une île d’environ 23 millions d’habitants que la Chine dit vouloir “unifier” avec le reste de son territoire, par la force si nécessaire, continue toutefois de tendre les relations bilatérales.Les Etats-Unis sont le principal fournisseur d’armes de Taipei et lui offrent un soutien croissant face aux pressions chinoises – ce qui indispose Pékin.Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, avait accusé fin mai la Chine de se préparer “à potentiellement utiliser la force militaire pour modifier l’équilibre des forces” en Asie-Pacifique. Il avait assuré que Pékin “s’entraîne tous les jours” à envahir Taïwan.En réaction, la diplomatie chinoise avait appelé Washington à ne pas “jouer avec le feu” sur cette question.

Washington et Pékin saluent une rencontre “positive” entre leurs chefs de la diplomatie

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a eu vendredi en Malaisie une rencontre “positive” avec son homologue chinois Wang Yi, ont indiqué les deux pays dans une apparente volonté d’aplanir leurs différends.Il s’agissait du premier entretien entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche en janvier de Donald Trump, sur fond de tensions persistantes sur le commerce, Taïwan ou les technologies de pointe.La rencontre se déroulait en marge des réunions des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Kuala Lumpur, où les droits de douane américains, vus avec inquiétude, étaient au coeur des discussions.”Il y a certains problèmes que nous devrons régler, ce qui est normal entre des pays de notre taille, de notre envergure et qui ont cette influence dans le monde”, a indiqué Marco Rubio à la presse après une heure d’entretien avec Wang Yi.”Mais j’ai trouvé cette rencontre très constructive et positive”, a affirmé M. Rubio, habituel pourfendeur du gouvernement chinois.Après une journée et demie à Kuala Lumpur, il s’est par ailleurs dit confiant qu’une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping aurait lieu.”Il y a une forte volonté des deux côtés d’y parvenir”, a-t-il déclaré.Adoptant le même ton apaisant, le ministère chinois des Affaires étrangères a salué dans un communiqué un entretien “positif, pragmatique et constructif”. De façon inhabituelle pour un compte-rendu officiel chinois faisant état d’un échange diplomatique avec Washington, aucun point de friction, pas même Taïwan, n’a été clairement évoqué dans le texte. Wang Yi a toutefois exhorté Washington à traiter avec Pékin “sur un pied d’égalité”.- “Inquiétude” -Marco Rubio effectuait sa première visite en Asie depuis sa prise de fonctions en janvier. Malgré ce délai, il avait assuré jeudi que les Etats-Unis n’ont “aucunement l’intention d’abandonner” l’Asie-Pacifique.Les droits de douane américains inquiètent toutefois fortement la région.Donald Trump a averti cette semaine qu’il imposera des surtaxes punitives de 20% à 50% à plus de 20 pays, notamment asiatiques, s’ils ne concluaient pas d’accords avec Washington d’ici au 1er août.A Kuala Lumpur, Marco Rubio a multiplié les rencontres avec ses homologues de toute l’Asie-Pacifique sur ces droits de douane. Mais en soulignant leur nécessité.”Quand on regarde certains (…) déficits commerciaux (avec les Etats-Unis), ils sont énormes. Il faut y remédier”, a-t-il déclaré. Les ministres des Affaires étrangères de l’Asean, qui comprend 10 pays dont la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam, ont toutefois exprimé leurs “inquiétudes” face aux droits de douane, qualifiés de “contreproductifs”, selon un communiqué conjoint publié vendredi.Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim avait déploré cette semaine des surtaxes devenues “des outils tranchants au service des rivalités géopolitiques”.Reçu par ce dernier vendredi, Wang Yi a dénoncé l’imposition “irresponsable et impopulaire” de droits de douane par Washington. La veille, il avait accusé Washington de “priver” l’Asie du Sud-Est de son “droit légitime au développement”.- Rivalité persistante -Un climat de méfiance persiste entre Pékin et Washington, chacun soupçonnant l’autre de chercher à affaiblir son influence.Au nom notamment de la lutte contre le déficit commercial américain, Donald Trump a engagé un bras de fer économique avec la Chine, à coup de droits de douane.En mai, Chinois et Américains sont toutefois convenus d’un cessez-le-feu et ont accepté de réduire temporairement les prohibitives surtaxes douanières qu’ils s’imposaient.La question très sensible de Taïwan, une île d’environ 23 millions d’habitants que la Chine dit vouloir “unifier” avec le reste de son territoire, par la force si nécessaire, continue toutefois de tendre les relations bilatérales.Les Etats-Unis sont le principal fournisseur d’armes de Taipei et lui offrent un soutien croissant face aux pressions chinoises – ce qui indispose Pékin.Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, avait accusé fin mai la Chine de se préparer “à potentiellement utiliser la force militaire pour modifier l’équilibre des forces” en Asie-Pacifique. Il avait assuré que Pékin “s’entraîne tous les jours” à envahir Taïwan.En réaction, la diplomatie chinoise avait appelé Washington à ne pas “jouer avec le feu” sur cette question.

Washington et Pékin saluent une rencontre “positive” entre leurs chefs de la diplomatie

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a eu vendredi en Malaisie une rencontre “positive” avec son homologue chinois Wang Yi, ont indiqué les deux pays dans une apparente volonté d’aplanir leurs différends.Il s’agissait du premier entretien entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche en janvier de Donald Trump, sur …

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Israël: l’énergie solaire, nouvel atout des Bédouins pour garder leurs terres

Au bout d’un chemin poussiéreux, au bout d’un village de maisons inachevées surplombées par le dôme brillant d’une mosquée, un champ de panneaux solaires scintille sous le soleil brûlant du désert.Tirabin al-Sana, foyer de la tribu bédouine Tirabin dans le désert du Néguev en Israël, bénéficie du projet pilote d’une ONG israélienne, Shamsuna, qui équipe des villages de cette communauté en panneaux solaires.Descendants de bergers musulmans qui parcouraient autrefois librement les étendues désertiques bien au-delà des frontières actuelles d’Israël et des Territoires palestiniens, les Bédouins vivent principalement dans le sud du pays et nombre d’entre eux sont dans les rangs de l’armée ou la police.Mais les organisations de défense des droits documentent régulièrement, comme pour d’autres minorités arabes du pays, des discriminations à leur encontre.Aussi le projet de panneaux solaires a plusieurs enjeux: économiques et environnementaux, mais aussi fonciers puisque de nombreux villages bédouins n’ont aucune existence légale. Pour leurs habitants, contraints à batailler pour leurs terres, participer au projet est un moyen de “garantir leurs droits fonciers pour toujours”, met en avant Yosef Abramowitz, coprésident de l’ONG Shamsuna, à l’AFP.La délivrance des permis pour l’installation des panneaux solaires dépend en effet de la légalisation de la propriété des terres sur lesquels ils sont installés, en tant que parties du village auquel elles sont rattachées. “C’est la seule façon de résoudre la question foncière bédouine et d’assurer une énergie 100% renouvelable”, affirme M. Abramowitz. Le projet, pour le moment limité, permet aussi de créer des emplois locaux et de promouvoir une énergie moins chère. L’électricité produite est injectée dans le réseau national.- Reconnaissance foncière -Environ 300.000 Bédouins vivent dans le désert du Néguev, dans le sud d’Israël, dont la moitié dans des villages reconnus par les autorités israéliennes, comme Tirabin al-Sana. Quelque 110.000 personnes résident dans des villages non reconnus officiellement par le gouvernement.Des groupes d’extrême droite, parfois soutenus par le gouvernement actuel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont intensifié leurs efforts ces deux dernières années pour les chasser, notamment en lançant des procédures juridiques pour faire détruire des habitations, quand elles sont reconnues comme construites illégalement. “Depuis 2023, plus de 8.500 bâtiments ont été démolis dans ces villages non reconnus”, a déclaré Marwan Abou Frieh, de l’organisation d’aide juridique Adalah, lors d’une récente manifestation à Beersheva, la plus grande ville du Néguev.”Dans ces villages, des milliers de familles vivent désormais sans toit au dessus de leur tête”, a-t-il ajouté, décrivant la situation comme inédite depuis deux décennies.Pour Gil Yasur, qui travaille également avec Shamsuna, “tout le monde bénéficie” du projet solaire, “les propriétaires, le pays, le Néguev”. “C’est la meilleure façon d’avancer vers une économie verte”, ajoute-t-il.- Energie positive -A Um Batin, un village reconnu, les habitants utilisent eux l’énergie solaire pour alimenter en électricité un jardin d’enfants, surmonté d’un immense panneau solaire, tout au long de l’année.Jusqu’à l’an dernier, le village dépendait d’un générateur diesel polluant. “Ce n’était ni propre ni confortable ici avant”, explique Nama Abou Kaf, qui travaille sur place.”Maintenant, nous avons la climatisation et un projecteur pour que les enfants puissent regarder la télévision”, explique-t-elle.Malgré les défis et la bureaucratie, Hani al-Hawashleh, qui supervise le projet dans le village, et dans plusieurs autres localités, pour l’ONG Shamsuna, dit espérer que d’autres établissements éducatifs suivent l’exemple.”Nous avons besoin de personnes prêtes à collaborer avec nous pour aller de l’avant”, a-t-il dit, ajoutant qu’il “aimerait voir un système d’énergie solaire dans chaque village”.

Israël: l’énergie solaire, nouvel atout des Bédouins pour garder leurs terres

Au bout d’un chemin poussiéreux, au bout d’un village de maisons inachevées surplombées par le dôme brillant d’une mosquée, un champ de panneaux solaires scintille sous le soleil brûlant du désert.Tirabin al-Sana, foyer de la tribu bédouine Tirabin dans le désert du Néguev en Israël, bénéficie du projet pilote d’une ONG israélienne, Shamsuna, qui équipe …

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Russie: le suicide apparent d’un ministre sème la peur au sein de l’élite

Le suicide probable du ministre russe des Transports, Roman Starovoït, annoncé peu après son limogeage lundi par Vladimir Poutine sur fond d’allégations de corruption, a profondément choqué l’élite politique, où chacun redoute de faire les frais de la chasse aux profiteurs.Ses funérailles ont eu lieu vendredi dans un cimetière de Saint-Pétersbourg en présence de sa famille et de collègues, mais en l’absence de M. Poutine qui n’a pas non plus participé à la cérémonie d’adieu jeudi.Si les circonstances de la mort de Roman Starovoït, âgé de 53 ans, restent floues, les médias russes ont évoqué une enquête pour corruption le visant, assurant qu’il devait être arrêté prochainement.Limogé par le président Vladimir Poutine, il s’est probablement donné la mort, selon les premiers résultats de l’enquête, qui est en cours.”C’est une grande perte pour nous, très inattendue. Nous sommes tous choqués”, a déclaré à l’AFP Vassilissa, 42 ans, l’épouse d’un collègue de M. Starovoït, lors de la cérémonie de jeudi.”Il était tellement actif, joyeux, il aimait énormément la vie. Je ne comprends pas comment cela a pu arriver”, ajoute cette femme, les larmes aux yeux.Après avoir déposé devant le cercueil de grands bouquets de roses rouges, des anciens collègues de M. Starovoït, en costumes sombres, sont repartis très vite dans leurs luxueuses voitures noires.Dans une ambiance très lourde rappelant les funérailles dans le film culte “Le Parrain” de Francis Ford Coppola, d’autres personnes interrogées par les journalistes de l’AFP dans la foule ont refusé de parler.- “Bouc émissaire” -Roman Starovoït avait été gouverneur de la région russe de Koursk, frontalière de l’Ukraine, avant d’être promu ministre à Moscou en mai 2024, trois mois avant que les troupes ukrainiennes ne prennent le contrôle d’une petite partie de ce territoire lors d’une offensive surprise. Une attaque qui avait été un revers pour le Kremlin.Son successeur à la tête de cette région, Alexeï Smirnov, a lui été arrêté au printemps pour le détournement des fonds destinés à renforcer les fortifications à la frontière. Celle-là même que les Ukrainiens ont traversé facilement, pour n’être repoussés que neuf mois plus tard.Les autorités “ont essayé de faire de lui (Roman Starovoït) un bouc émissaire”, accuse auprès de l’AFP Andreï Pertsev, analyste du média indépendant Meduza, reconnu “indésirable” et interdit en Russie.L’incursion ukrainienne “s’est principalement produite parce qu’il n’y avait pas assez de soldats pour protéger la frontière”, mais c’était “plus facile de rejeter la faute sur un responsable civil”, explique-t-il.L’affaire Starovoït s’inscrit dans une vague récente de répression visant de hauts responsables soupçonnés de s’être enrichis illégalement pendant l’offensive russe en Ukraine. Et selon des analystes, si les scandales de corruption on toujours existé en Russie, la campagne militaire a changé les règles du jeu politique.”Il existait des règles auparavant, selon lesquelles les gens savaient: une fois qu’ils montaient suffisamment haut, on ne les embêtait plus”, estime M. Pertsev. “Mais elles ne fonctionnent plus.”- “On ne vole pas” -Alors que Vladimir Poutine promettait régulièrement de s’attaquer à la corruption – étant lui même accusé de s’être enrichi illégalement par ses détracteurs -, les rares arrestations médiatisées ont été davantage utilisées pour cibler des opposants ou résultaient de luttes internes entre les échelons inférieurs du pouvoir en Russie.Depuis l’offensive en Ukraine lancée en février 2022, “quelque chose dans le système a commencé à fonctionner de manière complètement différente”, souligne la politologue Tatiana Stanovaïa du Centre Carnegie Russie Eurasie, interdit en Russie en tant qu’organisation “indésirable”. “Toute action ou inaction qui, aux yeux des autorités, accroît la vulnérabilité de l’État face aux actions hostiles de l’ennemi doit être punie sans pitié et sans compromis”, estime Mme Stanovaïa en définissant la nouvelle approche du pouvoir.Pour le Kremlin, la campagne en Ukraine est une “guerre sainte” qui a réécrit les règles, confirme Nina Khrouchtcheva, professeure à The New School, une université de New York, et arrière-petite-fille du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.”Pendant une guerre sainte, on ne vole pas (…) on se serre la ceinture et on travaille 24 heures sur 24″, résume-t-elle.Signe des temps, plusieurs généraux et responsables de la Défense ont été arrêtés pour des affaires de détournement de fonds ces dernières années. Début juillet, l’ancien vice-ministre de la Défense Timour Ivanov a été condamné à 13 ans de prison.Cette ambiance, selon Mme Stanovaïa, a créé un “sentiment de désespoir” au sein de l’élite politique à Moscou, qui est peu susceptible de s’atténuer.”À l’avenir, le système sera prêt à sacrifier des figures de plus en plus en vue,” avertit-elle.

Russie: le suicide apparent d’un ministre sème la peur au sein de l’élite

Le suicide probable du ministre russe des Transports, Roman Starovoït, annoncé peu après son limogeage lundi par Vladimir Poutine sur fond d’allégations de corruption, a profondément choqué l’élite politique, où chacun redoute de faire les frais de la chasse aux profiteurs.Ses funérailles ont eu lieu vendredi dans un cimetière de Saint-Pétersbourg en présence de sa famille et de collègues, mais en l’absence de M. Poutine qui n’a pas non plus participé à la cérémonie d’adieu jeudi.Si les circonstances de la mort de Roman Starovoït, âgé de 53 ans, restent floues, les médias russes ont évoqué une enquête pour corruption le visant, assurant qu’il devait être arrêté prochainement.Limogé par le président Vladimir Poutine, il s’est probablement donné la mort, selon les premiers résultats de l’enquête, qui est en cours.”C’est une grande perte pour nous, très inattendue. Nous sommes tous choqués”, a déclaré à l’AFP Vassilissa, 42 ans, l’épouse d’un collègue de M. Starovoït, lors de la cérémonie de jeudi.”Il était tellement actif, joyeux, il aimait énormément la vie. Je ne comprends pas comment cela a pu arriver”, ajoute cette femme, les larmes aux yeux.Après avoir déposé devant le cercueil de grands bouquets de roses rouges, des anciens collègues de M. Starovoït, en costumes sombres, sont repartis très vite dans leurs luxueuses voitures noires.Dans une ambiance très lourde rappelant les funérailles dans le film culte “Le Parrain” de Francis Ford Coppola, d’autres personnes interrogées par les journalistes de l’AFP dans la foule ont refusé de parler.- “Bouc émissaire” -Roman Starovoït avait été gouverneur de la région russe de Koursk, frontalière de l’Ukraine, avant d’être promu ministre à Moscou en mai 2024, trois mois avant que les troupes ukrainiennes ne prennent le contrôle d’une petite partie de ce territoire lors d’une offensive surprise. Une attaque qui avait été un revers pour le Kremlin.Son successeur à la tête de cette région, Alexeï Smirnov, a lui été arrêté au printemps pour le détournement des fonds destinés à renforcer les fortifications à la frontière. Celle-là même que les Ukrainiens ont traversé facilement, pour n’être repoussés que neuf mois plus tard.Les autorités “ont essayé de faire de lui (Roman Starovoït) un bouc émissaire”, accuse auprès de l’AFP Andreï Pertsev, analyste du média indépendant Meduza, reconnu “indésirable” et interdit en Russie.L’incursion ukrainienne “s’est principalement produite parce qu’il n’y avait pas assez de soldats pour protéger la frontière”, mais c’était “plus facile de rejeter la faute sur un responsable civil”, explique-t-il.L’affaire Starovoït s’inscrit dans une vague récente de répression visant de hauts responsables soupçonnés de s’être enrichis illégalement pendant l’offensive russe en Ukraine. Et selon des analystes, si les scandales de corruption on toujours existé en Russie, la campagne militaire a changé les règles du jeu politique.”Il existait des règles auparavant, selon lesquelles les gens savaient: une fois qu’ils montaient suffisamment haut, on ne les embêtait plus”, estime M. Pertsev. “Mais elles ne fonctionnent plus.”- “On ne vole pas” -Alors que Vladimir Poutine promettait régulièrement de s’attaquer à la corruption – étant lui même accusé de s’être enrichi illégalement par ses détracteurs -, les rares arrestations médiatisées ont été davantage utilisées pour cibler des opposants ou résultaient de luttes internes entre les échelons inférieurs du pouvoir en Russie.Depuis l’offensive en Ukraine lancée en février 2022, “quelque chose dans le système a commencé à fonctionner de manière complètement différente”, souligne la politologue Tatiana Stanovaïa du Centre Carnegie Russie Eurasie, interdit en Russie en tant qu’organisation “indésirable”. “Toute action ou inaction qui, aux yeux des autorités, accroît la vulnérabilité de l’État face aux actions hostiles de l’ennemi doit être punie sans pitié et sans compromis”, estime Mme Stanovaïa en définissant la nouvelle approche du pouvoir.Pour le Kremlin, la campagne en Ukraine est une “guerre sainte” qui a réécrit les règles, confirme Nina Khrouchtcheva, professeure à The New School, une université de New York, et arrière-petite-fille du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.”Pendant une guerre sainte, on ne vole pas (…) on se serre la ceinture et on travaille 24 heures sur 24″, résume-t-elle.Signe des temps, plusieurs généraux et responsables de la Défense ont été arrêtés pour des affaires de détournement de fonds ces dernières années. Début juillet, l’ancien vice-ministre de la Défense Timour Ivanov a été condamné à 13 ans de prison.Cette ambiance, selon Mme Stanovaïa, a créé un “sentiment de désespoir” au sein de l’élite politique à Moscou, qui est peu susceptible de s’atténuer.”À l’avenir, le système sera prêt à sacrifier des figures de plus en plus en vue,” avertit-elle.

Russie: le suicide apparent d’un ministre sème la peur au sein de l’élite

Le suicide probable du ministre russe des Transports, Roman Starovoït, annoncé peu après son limogeage lundi par Vladimir Poutine sur fond d’allégations de corruption, a profondément choqué l’élite politique, où chacun redoute de faire les frais de la chasse aux profiteurs.Ses funérailles ont eu lieu vendredi dans un cimetière de Saint-Pétersbourg en présence de sa …

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Les fusils au feu: le PKK entame un désarmement symbolique

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a entamé vendredi dans le nord de l’Irak un désarmement symbolique censé mettre fin à l’un des plus anciens conflits de la région.Lors d’une cérémonie dans le nord de l’Irak, au coeur de la région autonome du Kurdistan, une trentaine de combattants en treillis, hommes et femmes, dont quatre commandants, ont jeté tour à tour fusils et cartouchières dans une grande vasque à laquelle ils ont mis le feu.Deux officiers du mouvement, une femme, Bese Hozat, puis un homme, Behzat Carçel, se sont relayés pour lire un communiqué saluant une “opération historique et démocratique” sous les vivats de quelque 300 personnes émues aux larmes, selon une journaliste de l’AFP.”Nous espérons que cette démarche apportera la paix et la liberté. Notre peuple a plus que jamais besoin d’une vie pacifique, libre, équitable et démocratique”, ont-ils dit.Cette cérémonie à laquelle ont assisté des représentants des autorités irakiennes et kurdes d’Irak ainsi que du parti turc pro-kurde DEM et des membres des services de renseignements turcs, selon des médias locaux, s’est déroulée devant la grotte de Casene, à 50 km à l’ouest de Souleimaniyeh, connue pour avoir notamment abrité l’imprimerie qui a publié l’un des premiers journaux kurdes.Les combattants ont ensuite regagné les montagnes proches où ils sont basés, selon un responsable du PKK, un mouvement considéré comme terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.- “Tournant irréversible” -Avec ce désarmement, le PKK, affaibli militairement, peut sauver la face, tout en permettant au président turc Recep Tayyip Erdogan de revendiquer une victoire sur une insurrection qui dure depuis des décennies, selon les analystes.Ankara s’est ainsi félicité d’un “tournant irréversible” vers une Turquie “sans terrorisme”, “une opportunité de protéger des vies innocentes”, assurant sa “détermination à soutenir tous les efforts en faveur du désarmement, de la stabilité et d’une réconciliation durable dans la région”.Ce processus de paix initié à l’automne doit permettre de tourner la page de décennies de violences qui ont fait au moins 40.000 morts et tenter d’apporter des réponses à la question kurde au plan national et régional, selon les experts.Le 27 février, le chef du PKK Abdullah Öcalan, 76 ans dont vingt-six en prison, a appelé le mouvement à “déposer les armes et (…) à se dissoudre”, affirmant “assumer la responsabilité historique de cet appel”.C’est paradoxalement l’allié du président Erdogan, le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l’ennemi public, lui proposant d’appeler les combattants à renoncer à la lutte armée.Mercredi, dans un message vidéo en turc, “Apo” (oncle) comme les fidèles d’Öcalan l’appellent, a confirmé l’imminence du désarmement.- “Politique et paix sociale” -“Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique”, a-t-il insisté.Le chef de l’Etat turc avait récemment dit son espoir que ce processus se conclurait “le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de sabotage”.Avec ce premier succès, il souhaite apparaitre comme celui qui a maîtrisé l’insurrection kurde et espère ainsi diviser les deux principaux partis d’opposition, le CHP et le DEM pro-kurde.Selon un commandant du PKK, cette première cérémonie était un “geste de bonne volonté”.Abdullah Öcalan, lui, est toujours détenu sur l’île prison d’Imrali, au large d’Istanbul, et ne réclame pas d’en sortir, alors que ses commandants faisaient de sa libération un des termes de l’équation.L’historien des mouvements kurdes Boris James a relevé l’absence “d’acteur tiers pour garantir la probité du processus”. Selon lui, “une très forte défiance subsiste entre le PKK et l’Etat turc; l’Etat a donné peu de gages” aux combattants kurdes auxquels aucune amnistie n’a été promise à ce stade.Ils ont régulièrement dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur leurs positions en Irak malgré le processus en cours dont une attaque de drones vendredi avant le début de la cérémonie.Depuis les derniers violents combats dans la ville turque à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont principalement restés cantonnés dans les montagnes de Qandil, en Irak, soumis également aux opérations de ratissage de l’armée turque.

Les fusils au feu: le PKK entame un désarmement symbolique

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a entamé vendredi dans le nord de l’Irak un désarmement symbolique censé mettre fin à l’un des plus anciens conflits de la région.Lors d’une cérémonie dans le nord de l’Irak, au coeur de la région autonome du Kurdistan, une trentaine de combattants en treillis, hommes et femmes, dont quatre commandants, ont jeté tour à tour fusils et cartouchières dans une grande vasque à laquelle ils ont mis le feu.Deux officiers du mouvement, une femme, Bese Hozat, puis un homme, Behzat Carçel, se sont relayés pour lire un communiqué saluant une “opération historique et démocratique” sous les vivats de quelque 300 personnes émues aux larmes, selon une journaliste de l’AFP.”Nous espérons que cette démarche apportera la paix et la liberté. Notre peuple a plus que jamais besoin d’une vie pacifique, libre, équitable et démocratique”, ont-ils dit.Cette cérémonie à laquelle ont assisté des représentants des autorités irakiennes et kurdes d’Irak ainsi que du parti turc pro-kurde DEM et des membres des services de renseignements turcs, selon des médias locaux, s’est déroulée devant la grotte de Casene, à 50 km à l’ouest de Souleimaniyeh, connue pour avoir notamment abrité l’imprimerie qui a publié l’un des premiers journaux kurdes.Les combattants ont ensuite regagné les montagnes proches où ils sont basés, selon un responsable du PKK, un mouvement considéré comme terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.- “Tournant irréversible” -Avec ce désarmement, le PKK, affaibli militairement, peut sauver la face, tout en permettant au président turc Recep Tayyip Erdogan de revendiquer une victoire sur une insurrection qui dure depuis des décennies, selon les analystes.Ankara s’est ainsi félicité d’un “tournant irréversible” vers une Turquie “sans terrorisme”, “une opportunité de protéger des vies innocentes”, assurant sa “détermination à soutenir tous les efforts en faveur du désarmement, de la stabilité et d’une réconciliation durable dans la région”.Ce processus de paix initié à l’automne doit permettre de tourner la page de décennies de violences qui ont fait au moins 40.000 morts et tenter d’apporter des réponses à la question kurde au plan national et régional, selon les experts.Le 27 février, le chef du PKK Abdullah Öcalan, 76 ans dont vingt-six en prison, a appelé le mouvement à “déposer les armes et (…) à se dissoudre”, affirmant “assumer la responsabilité historique de cet appel”.C’est paradoxalement l’allié du président Erdogan, le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, qui a tendu la main à l’ennemi public, lui proposant d’appeler les combattants à renoncer à la lutte armée.Mercredi, dans un message vidéo en turc, “Apo” (oncle) comme les fidèles d’Öcalan l’appellent, a confirmé l’imminence du désarmement.- “Politique et paix sociale” -“Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des armes. Et je vous appelle à mettre ce principe en pratique”, a-t-il insisté.Le chef de l’Etat turc avait récemment dit son espoir que ce processus se conclurait “le plus rapidement possible, sans obstacle, ni risque de sabotage”.Avec ce premier succès, il souhaite apparaitre comme celui qui a maîtrisé l’insurrection kurde et espère ainsi diviser les deux principaux partis d’opposition, le CHP et le DEM pro-kurde.Selon un commandant du PKK, cette première cérémonie était un “geste de bonne volonté”.Abdullah Öcalan, lui, est toujours détenu sur l’île prison d’Imrali, au large d’Istanbul, et ne réclame pas d’en sortir, alors que ses commandants faisaient de sa libération un des termes de l’équation.L’historien des mouvements kurdes Boris James a relevé l’absence “d’acteur tiers pour garantir la probité du processus”. Selon lui, “une très forte défiance subsiste entre le PKK et l’Etat turc; l’Etat a donné peu de gages” aux combattants kurdes auxquels aucune amnistie n’a été promise à ce stade.Ils ont régulièrement dénoncé la poursuite des bombardements turcs sur leurs positions en Irak malgré le processus en cours dont une attaque de drones vendredi avant le début de la cérémonie.Depuis les derniers violents combats dans la ville turque à majorité kurde de Diyarbakir (sud-est) en 2015, les combattants du PKK sont principalement restés cantonnés dans les montagnes de Qandil, en Irak, soumis également aux opérations de ratissage de l’armée turque.