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Coup d’arrêt pour le Mercosur: le Parlement européen saisit la justice de l’UE
Le Parlement européen a porté un coup d’arrêt à l’accord commercial avec le Mercosur en saisissant la justice, une décision accueillie par des cris de joie d’agriculteurs mercredi à Strasbourg.Les eurodéputés ont soutenu ce recours devant la Cour de justice de l’Union européenne avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.Cette décision bloque en théorie l’entrée en vigueur de cet accord commercial avec l’Amérique latine pendant plusieurs mois. Dans l’intervalle, la Commission européenne a toutefois la possibilité de l’appliquer à titre provisoire si elle le souhaite. L’exécutif européen n’a pas tranché sur ce point, mais a fait part mercredi de sa “profonde déception” après le vote du Parlement.Ardent défenseur de ce traité de libre-échange, le chancelier allemand Friedrich Merz a lui aussi jugé “regrettable” la décision des eurodéputés. “Convaincu de la légalité de l’accord”, il a demandé son application “à titre provisoire”.- Les agriculteurs “fiers” -Le gouvernement français s’est en revanche réjoui de ce vote, estimant que le Parlement s’était “exprimé en cohérence avec la position” de la France.En dehors de l’institution à Strasbourg, le vote a été accueilli par une effusion de joie d’agriculteurs, encore réunis devant le Parlement européen au lendemain d’une manifestation de plusieurs milliers d’entre eux. Ils étaient encore 600 mercredi à faire face à d’importantes forces de police, leurs tracteurs garés non loin de l’hémicycle.”On peut être fiers (…). On est rincés, ça fait des mois et des mois, des années qu’on est sur ce sujet”, a réagi Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs.”C’est un peu l’euphorie, c’est un très long combat” a dit à l’AFP Romain Blanchard, 44 ans, qui produit du vin et des céréales dans les Bouches-du-Rhône. “On a fait neuf heures de route, on laisse nos fermes, nos familles pour être là. Ça s’est joué à pas grand chose”.La saisine de la Cour pourrait retarder d’un an et demi le vote global du Parlement européen sur la ratification de ce traité conclu avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.- Premier signal -Ce premier vote donne un signal sur les équilibres à Strasbourg, dans un dossier fortement marqué par les considérations nationales.Opposés au Mercosur, les 81 députés français s’étaient ainsi tous engagés à voter pour cette saisine, et il faudra attendre le décompte des votes pour vérifier qu’ils ont bien tenu parole.”Victoire, notre stratégie de combat (…) porte ses fruits, le Mercosur trébuche”, a réagi l’eurodéputée française Céline Imart, membre de la droite, la première formation politique au Parlement.Le chef de son groupe, l’eurodéputé allemand Manfred Weber, avait pourtant mis tout son poids dans la balance pour empêcher cette saisine. Mardi, il avait qualifié ce traité de libre-échange avec le Mercosur “d’accord anti-Trump”, dans l’espoir de convaincre les derniers hésitants à voter contre.Les opposants à la saisine soulignaient la nécessité de mettre en œuvre l’accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l’Europe.Les partisans d’un recours devant la Cour européenne espèrent au contraire, avec ce vote, retarder la ratification de l’accord et donc sa mise en œuvre.Ce traité crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’UE, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. Ils restent néanmoins prudents après cette courte victoire.Certes, la ratification du traité avec le Mercosur est bloquée pendant des mois, mais la Commission européenne pourrait passer outre, en lançant une application provisoire.La “vraie bataille” sera là, a averti l’eurodéputé français David Cormand du groupe des Verts.
Groenland : Trump au Forum de Davos dans un climat électrique
Le président américain Donald Trump est arrivé mercredi à Davos où il participe au Forum économique mondial dans un climat rendu électrique par sa volonté d’annexer le Groenland au risque de faire éclater l’alliance transatlantique.M. Trump doit prononcer un discours très attendu, initialement prévu à 14H30 (13H30 GMT), mais il a rejoint avec retard la station chic des Alpes suisses, à la suite d’un problème à bord d’Air Force One qui l’a contraint à faire demi-tour en vol et prendre un autre appareil.Le président américain participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Il entend par ailleurs tenir plusieurs réunions sur le Groenland.Avant de quitter Washington, Donald Trump a raillé avec virulence les dirigeants européens opposés à ses convoitises sur le Groenland.- “Vous verrez bien!” -Interrogé jusqu’où il était prêt à aller pour prendre le contrôle de la vaste île arctique aux dépens du Danemark, membre de l’Otan, il répondu : “Vous verrez bien”.”L’Amérique sera bien représentée à Davos – par moi”, a-t-il ensuite déclaré sur son réseau Truth Social.M. Trump insiste sur le fait que le Groenland, territoire autonome danois riche en minerais, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine, alors que la fonte des glaces dans l’Arctique ouvre de nouvelles routes et que les superpuissances rivalisent pour obtenir des avantages stratégiques. Il a accentué la pression en menaçant d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.”Le Royaume-Uni ne cédera pas sur ses principes et valeurs et sur l’avenir du Groenland, sous la menace de droits de douanes”, a déclaré mercredi son Premier ministre Keir Starmer devant la chambre des Communes.Les États-Unis “se comportent très bizarrement pour des alliés”, a déploré mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde.La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a appelé l’Europe à rompre avec sa “prudence traditionnelle” face aux défis d’un monde “de plus en plus anarchique” et défini par la “puissance brute”.La France a demandé un “exercice de l’Otan au Groenland” et est “prête à y contribuer”, a annoncé l’Elysée.- “Déclarations incendiaires” -“Inspirez profondément. N’ayez pas ce réflexe de colère”, a rétorqué le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, reprochant aux Européens des déclarations “incendiaires” et les appelant à écouter les arguments de Donald Trump.Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte a plaidé pour “une diplomatie réfléchie”, “seule manière” de “faire face” à la situation.Au Forum mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines “inacceptables” de “subordonner l’Europe”. “Nous préférons le respect aux brutes (…), l’état de droit à la brutalité”, a-t-il déclaré.Le président français a été la cible des moqueries de Donald Trump, qui a révélé publiquement un SMS proposant un sommet du G7 à Paris jeudi, consacré au Groenland et à l’Ukraine, une proposition restée lettre morte. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui s’efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain, a été ovationné pour son discours mardi à Davos.”Le Canada soutient fermement le Groenland et le Danemark”, a lancé M. Carney au Forum.”Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu”, a-t-il ajouté.- “La fin de l’Otan” -Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom a exhorté les Européens à “s’affirmer” sur le sujet du Groenland face à Donald Trump.”Il est passé maître dans l’art d’exploiter les faiblesses, mais il recule lorsqu’on le frappe au visage”, a-t-il dit. “Assez de politesses”, a-t-il ajouté: “Arrêtez de chercher à l’apaiser. Combattez le feu par le feu”.Donald Trump souhaite selon la Maison Blanche se concentrer dans son discours à Davos sur l’économie américaine, confrontée à une hausse du coût de la vie qui menace le Parti républicain à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.Mais le Groenland sera immanquablement évoqué.Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a appelé mardi ses 57.000 concitoyens à se préparer à une éventuelle intervention militaire. Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a souligné que toute action de ce type des Etats-Unis contre un allié “signifierait la fin de l’Otan”.Jeudi, Donald Trump devrait annoncer la première charte de son “Conseil de paix”, un organe de résolution des conflits internationaux concurrent des Nations unies, tandis que plusieurs pays ont évoqué une possible cérémonie de signature le jour-même.
A son procès en appel, Marine Le Pen plaide la “bonne foi” du Front national
Marine Le Pen a plaidé mercredi la “bonne foi” du Front national au deuxième jour de son interrogatoire, lors du procès en appel à Paris des assistants parlementaires d’eurodéputés de son parti.”Pourquoi est-ce que nous, qui sommes des gens rigoureux, semblons avoir fait preuve, dans la façon dont ce dossier est présenté, d’une absence totale de rigueur? Car nous étions totalement de bonne foi”, a fait valoir mercredi matin la cheffe de file de l’extrême droite.La justice lui reproche, ainsi qu’au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres, le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.Devant la cour d’appel, la présidente des députés RN, actuellement inéligible et qui joue lors du procès sa candidature à la présidentielle de 2027, soutient que si le parti à la flamme a commis un délit, ce n’était en rien intentionnel, blâmant l’administration du Parlement européen.Certes, concède-t-elle, “des reproches incontestablement peuvent nous être faits”. Mais les problèmes liés à l’emploi d’assistants parlementaires découlent selon elle d’un défaut d’information et de contrôle de l’institution communautaire, car “l’administration du Parlement européen était beaucoup plus coulante que ce qu’elle est aujourd’hui”.Pour Marine Le Pen, l’activité politique des assistants parlementaires résultait du “cordon sanitaire” mis en place contre la formation d’extrême droite dans l’hémicycle européen.”L’objectif était d’interdire à un député du FN d’avoir la moindre mission au sein d’une commission (…) On nous avait un petit peu condamné à une fonction tribunitienne”, dit-elle, vêtue d’un tailleur bleu marine.Pour la députée du Pas-de-Calais, le temps écoulé depuis les faits rend “extrêmement difficile de faire peser la preuve de son innocence”, tandis que la cour d’appel décortique un par un les différents contrats d’assistants parlementaires liés à son mandat d’eurodéputée.”Je ne sais pas comment faire pour vous prouver ce que je ne peux pas vous prouver, que je dois vous prouver”, finit-elle par s’agacer.Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.Son interrogatoire doit se poursuivre mercredi après-midi.
Manifestations en Iran: “plus de retour en arrière” possible, selon la veuve de l’ex-chah
La veuve de l’ex-chah d’Iran, Farah Pahlavi, estime qu’il n’y a “plus de retour en arrière” possible après les manifestations contre la République islamique et se dit convaincue que les Iraniens sortiront “vainqueurs de cette confrontation inégale”, dans un entretien exclusif à l’AFP.Chassée avec son mari de son pays en janvier 1979 lors de la …
Enorme coup de filet dans le trafic de drogues de synthèse en Europe
Europol a annoncé mercredi le démantèlement d’un important réseau de production et de distribution de drogues de synthèse opérant dans plusieurs pays européens, lors de la “plus vaste opération jamais menée” de ce type.Les autorités des pays concernés ont démantelé 24 laboratoires, saisi plus de neuf tonnes de stupéfiants et quelque 1.000 tonnes de produits …
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Au Pakistan, la résistance citoyenne s’organise pour défendre son “droit à respirer de l’air pur”
Au Pakistan, où la pollution de l’air atteint depuis plusieurs années des niveaux record, des citoyens excédés prennent les choses en main. Faute d’actions jugées suffisantes de la part des autorités, ils installent des capteurs à bas coût pour mesurer la qualité de l’air, alerter l’opinion publique et appuyer des recours en justice.Chaque hiver, ce pays …
L’armée syrienne dans le camp des proches de jihadistes d’Al-Hol
L’armée syrienne est entrée mercredi dans le camp d’al-Hol où sont détenues des familles de jihadistes du groupe Etat Islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, au lendemain du retrait sous la pression militaire des forces kurdes de territoires qu’elles contrôlaient.Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi soir un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, forcées de se replier dans leur bastion de Hassaké et lâchées par leur allié américain.Damas, déterminé à étendre son autorité sur l’ensemble du pays, a accordé un délai de quatre jours expirant samedi soir aux Kurdes syriens pour présenter un plan sur l’intégration de leur région au sein de l’Etat.Les Kurdes avaient instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile (2011-2024) et leurs forces avaient défait l’EI, avec l’aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis.Depuis, ces Forces Démocratiques Syriennes (FDS) contrôlaient les prisons où sont détenus des jihadistes, et les camps abritant leurs familles.Mardi, les FDS ont annoncé avoir été “contraintes de se retirer” d’al-Hol, le plus grand de ces camps, pour défendre leurs régions menacées par l’armée.Et mercredi, l’armée syrienne est entrée dans cet immense camp situé dans une zone désertique, où des tentes blanches s’étendent à perte de vue.Le correspondant de l’AFP a vu un grand nombre de soldats ouvrir la barrière métallique et pénétrer à pied dans le camp, tandis que d’autres en gardaient l’entrée. – “L’annexe” -Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d’autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier. Les Syriens et les Irakiens vivent dans le camp principal, tandis que les étrangers sont détenus dans une “annexe” isolée, sous haute sécurité.Les forces kurdes contrôlent toujours Roj, un camp plus petit situé près de la frontière turque.Mardi, l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack a estimé que “la mission initiale” des FDS, la lutte contre les jihadistes ayant rejoint l’EI par milliers pendant le conflit, était terminée. Et que le nouveau pouvoir syrien était désormais capable de contrôler les centres de détention établis par les Kurdes.En conférence de presse ensuite, le président Donald Trump a déclaré qu’il “aimait les Kurdes” mais a surtout couvert d’éloges son nouvel allié, le président Ahmad al-Chareh, qu’il a dit soutenir dans son offensive.- Evasion -En vertu d’un accord avec les Kurdes, l’armée s’était déployée lundi dans de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie dont les FDS se sont retirées. L’accord prévoit que l’Etat syrien devienne “responsable” des prisonniers de l’EI et que l’administration kurde chargée de ce dossier soit “intégrée aux institutions étatiques”.Le ministère syrien de l’Intérieur a assuré “prendre les mesures nécessaires en coordination avec la coalition internationale pour maintenir la sécurité” des centres de détention.Des milliers d’ex-jihadistes, dont des étrangers, sont en outre détenus dans sept prisons dont certaines se trouvent dans les territoires repris par l’armée syrienne.Dans la province de Raqa, les forces de sécurité syriennes sont déployées mercredi autour de la prison d’Al Aqtan, toujours sous le contrôle des forces kurdes, selon un correspondant de l’AFP.Des centaines de proches de prisonniers syriens étaient massés devant la prison dans l’attente de nouvelles.”Mon fils est emprisonné depuis dix mois, les FDS l’ont arrêté et accusé de terrorisme”, dit Hilal Hamadé al-Cheikh. “On veut savoir si les détenus sont morts ou vivants”.Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu’une autre prison, Chaddadi, qui abrite des prisonniers de l’EI, avait été “attaquée” par les troupes gouvernementales, qui ont en retour accusé les FDS d’avoir libéré des détenus.Le ministère de l’Intérieur a annoncé mardi que 120 membres de l’EI s’étaient évadés de cette prison, et dit avoir réussi à “arrêter 81 fugitifs”.Donald Trump a lui soutenu qu’il avait “arrêté une évasion” de “terroristes européens” de cette prison, “en collaboration” avec les autorités syriennes.”Ils ont capturé tous les prisonniers et les ont renvoyés en prison”, a-t-il affirmé.







