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Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles

Départ de convois pour Paris ou rassemblements locaux: les actions des agriculteurs diffèrent mardi selon les syndicats, dont deux ont été reçus à Matignon après une ultime concession budgétaire de Bruxelles pour essayer de faire passer la pilule de l’accord UE-Mercosur.La première organisation du secteur, la FNSEA, est repartie de sa rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu avec selon elle la promesse d’annonces d’ici à vendredi sur “les mesures qu’il entend très concrètement mettre en place” pour répondre aux revendications de la profession.”Nous lui avons rappelé ce qui compte aujourd’hui, ce ne sont plus les mots, mais les actes”, a asséné le président de la FNSEA Arnaud Rousseau face aux journalistes, en disant espérer voir “clarifier” d’ici à la fin de la semaine les détails de ces “mesures d’urgence attendues qui sont rappelées depuis très longtemps” par son syndicat.Les annonces gouvernementales ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur…Mardi soir, M. Rousseau a répété que l’accord UE-Mercosur, qui semble devoir franchir des étapes décisives dans les prochains jours, représentait “le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne”.Plus tôt mardi, l’UE a promis une rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros dès 2028 dans la future politique agricole commune (PAC), à la veille d’une réunion spéciale des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, visant à répondre aux “préoccupations” du secteur.Cette annonce ressemble à une ultime concession avant la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, envisagée le 12 janvier.- Accord Mercosur “mal né” -Le président Emmanuel Macron s’est réjoui de cette rallonge, estimant que la France pourrait “ainsi garantir le maintien du niveau actuel de ces aides jusqu’en 2034″, dans un message sur X (ex-Twitter).Sur le Mercosur, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a besoin au préalable du feu vert des Etats membres, lors d’un vote attendu dès vendredi.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. En sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.”Nous avons redit clairement au Premier ministre que pour nous il n’était pas question qu’on puisse accepter quoi que ce soit sur cet accord qui est encore une fois un accord mal né”, a martelé M. Rousseau mardi soir.”Nous allons attendre de voir ce week-end ce qui se passe, et si le Mercosur devait être signé, évidemment nous appellerions à de nouvelles mobilisations”, a mis en garde le président de la FNSEA.Un arrêté pour empêcher d’importer en France des produits agricoles notamment sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons…) traités avec des substances chimiques interdites dans l’Union européenne doit être publié mercredi.La Commission européenne aura dix jours pour s’y opposer éventuellement mais elle pourrait aussi l’étendre à toute l’Union, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Pour la Confédération paysanne, ces mesures “ne sont pas structurelles (…) pour nous, il faut que la France reste sur un +non+ ferme et définitif” à l’accord UE-Mercosur, a déclaré à l’AFP une porte-parole du syndicat, Fanny Métrat, à sa sortie de Matignon. Le syndicat a répété à M. Lecornu son rejet de l’abattage total des troupeaux de vaches touchés par la DNC, sans obtenir gain de cause, a-t-elle concédé, en prévenant que la colère du monde agricole restait “immense” et que la mobilisation se poursuivrait, notamment lors du salon de l’Agriculture prévu fin février.- Pression sur Bruxelles -Les ministres européens de l’Agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la PAC. Si la FNSEA et leurs alliés des Jeunes agriculteurs promettent des actions fortes après une éventuelle signature, la Coordination rurale a haussé le ton dès lundi, à sa sortie de Matignon.Son président Bertrand Venteau s’est insurgé contre l’interdiction des convois de tracteurs qu’il prévoyait d’envoyer à Paris et maintenu son appel à “monter” sur la capitale. Des cortèges sont partis de plusieurs départements, Corse comprise, mais surtout depuis le Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre.Le blocage de l’A64 se poursuit à proximité de Toulouse où plusieurs organisations syndicales d’Occitanie ont prévu de converger mercredi pour “assiéger” la ville rose, malgré l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation.Bertrand Venteau a assumé lundi de ne vouloir “rien lâcher” notamment sur le sujet des abattages de l’intégralité d’un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté.

A la frontière colombienne, quelques passages de Vénézuéliens et beaucoup d’anxiété

A un poste frontière surveillé par des blindés et des soldats colombiens, quelques Vénézuéliens chargés de valises, une armada de journalistes et beaucoup d’anxiété régnaient mardi, trois jours après l’opération militaire éclair des Etats-Unis qui a déchu le président Nicolas Maduro.”Nous étions venus pour passer Noël et régler quelques formalités administratives, et on a encore du mal à y croire”, témoigne Evelyn Cardenas, une architecte de 57 ans originaire de San Cristobal, au Venezuela, et qui vit au Chili depuis neuf ans.Elle traîne une grosse valise, suivie par son mari. Sitôt la frontière franchie au niveau du pont international Simon Bolivar, qui relie San Antonio del Tachira au village colombien de Villa del Rosario, les bouches se délient. “Tous les Vénézuéliens sont heureux, mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement (…) je peux le dire maintenant parce que j’ai déjà traversé le pont”, lâche-t-elle dans un soupir. Elle est convaincue que “cette fois, quelque chose de positif va arriver pour notre pays” dirigé depuis 2013 par Nicolas Maduro, après Hugo Chavez depuis 1999. “Nous allons enfin sortir des ténèbres!”, espère-t-elle.D’autres, qui se rendent fréquemment à Cucuta, côté colombien car les prix y sont plus avantageux, préfèrent ne pas donner leur avis sur la situation incertaine. Mardi, un nouvel appel au rassemblement de partisans de Nicolas Maduro a été lancé pour exiger sa libération.Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis étaient désormais “aux commandes” du pays aux quelque 30 millions d’habitants et à la grande pauvreté. L’objectif affiché du président américain est la lutte contre le narcotrafic émanant selon lui de ce pays, qui dispose par ailleurs des plus grandes réserves de pétrole au monde.- “Sous le choc” -Walter Monsalve, professeur de 55 ans, dit être encore “sous le choc” après l’opération menée en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi à Caracas et d’autres Etats du pays par près de 200 soldats américains et 150 appareils.”Ce qu’ils font maintenant, c’est voir ce qu’ils peuvent prendre”, estime M. Monsalve, par ailleurs circonspect sur le rôle des Nations Unies. “Ces organismes internationaux ne stoppent pas ces situations”, déplore-t-il. Peu après, passe Kayleig Jiménez, une étudiante de 16 ans qui se dit encore incrédule mais remplie d’espoir de voir revenir des proches et amis qui ont fui. “Nous sommes désormais +Veneyork+”, mot valise entre Vénézuéliens et New York où doit être jugé le président déchu.Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait conduit sans succès une politique de sanctions maximales contre le Venezuela.- “Ne partez pas !” -“Merci de tout raconter sur le Venezuela, ne partez pas !”, crient aux journalistes des Vénézuéliens qui franchissent le pont aux rambardes jaunes. Des studios de télévision improvisés sous des tentes et un enchevêtrement de câbles, micros et trépieds s’ajoutent au décor, dont trois blindés colombiens.Mais peu passent la frontière. Il est difficile pour un journaliste de pénétrer sur le sol vénézuéliens, de nombreux reporters ont tenté en vain de demander un visa au consulat vénézuélien à Cucuta.Le Venezuela figure en queue de peloton dans le classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse de 2025, à la 160e position sur 180.Mardi, le syndicat de la presse vénézuélienne a indiqué que 14 professionnels des médias, “dont 13 d’agences et de médias internationaux”, avaient été arrêtés la veille, puis libérés, lors de la session du Parlement vénézuélien au cours de laquelle Delcy Rodriguez la présidente par intérim a prêté serment.

Incendie en Suisse: les propriétaires du bar ne se “déroberont” pas à l’enquête

Les propriétaires du bar ravagé par l’incendie meurtrier dans la station de ski suisse de Crans-Montana ont assuré mardi qu’ils ne se “déroberaient pas” dans le cadre de l’enquête menée après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés, se disant “dévastés”.La journée de mardi a aussi été marquée par les révélations devant …

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Iran: heurts dans le Grand bazar de Téhéran au 10e jour de contestation

Des incidents entre manifestants et policiers ont éclaté mardi dans le bazar de Téhéran, poumon économique du pays, pour la première fois depuis le début de la contestation qui secoue l’Iran.Le mouvement, qui a débuté le 28 décembre dans la capitale avant de gagner d’autres provinces du pays, a fait au moins 27 morts, dont …

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Trump reproche à Maduro d’avoir copié sa célèbre danse

Trois jours après la capture du président vénézuélien, Donald Trump a reproché mardi à Nicolas Maduro d’avoir imité ses désormais célèbres gestes de danse, dans un discours particulièrement hétéroclite devant des élus conservateurs.”C’est un homme violent. Il se montre et il essaie un peu d’imiter ma danse”, a déclaré le président américain.Selon le New York …

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Le Premier ministre groenlandais refuse de céder à la “panique” après les menaces de Trump

Le Premier ministre groenlandais a appelé lundi à ne pas céder à la “panique” après la réaffirmation par Donald Trump de son intention de faire passer le territoire autonome danois sous drapeau américain, et a souhaité rétablir une “bonne coopération” avec les États-Unis.”La situation n’est pas telle que les États-Unis puissent conquérir le Groenland. Ce …

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L’avocat de Maduro, Barry Pollack, a permis à Julian Assange de retrouver la liberté

L’avocat américain du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro, Barry Pollack, est rompu aux dossiers complexes et médiatiques, pour avoir défendu notamment Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks.Dès la toute première et brève comparution de Nicolas Maduro devant la justice américaine lundi pour y répondre d’accusations de trafic de drogue, Barry Pollack, 61 ans, a contesté “la …

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