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Pakistan et Afghanistan disent avoir tué des dizaines de soldats dans des affrontements frontaliers

Le Pakistan et l’Aghanistan ont affirmé avoir fait des dizaines de morts dans les rangs de l’armée adverse lors d’affrontements à leur frontière commune, qui ont débuté samedi soir avec une opération des forces talibanes, à laquelle Islamabad a promis dimanche une “réponse musclée”.Kaboul a dit avoir lancé “avec succès” cette opération armée contre les …

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Lecornu au défi de composer un gouvernement dans l’urgence

Fragilisé par les bisbilles chez LR et la tiédeur de ses alliés centristes, Sébastien Lecornu cherchait dimanche à composer dans l’urgence un gouvernement qui risque de ne durer que quelques jours mais aura pour objectif premier de déposer un projet de budget au Parlement.Le temps presse pour le Premier ministre tout juste renommé à Matignon qui est menacé de censure par un Parti socialiste échaudé par quatre semaines de négociations qui n’ont pas abouti à des concessions claires sur ses attentes. Mais qui, avec son exigence de suspension de la réforme des retraites pour prix d’une non-censure, est au centre de toutes les attentions.Les signes de nervosité se multiplient au sein du parti Les Républicains. Au moins une ministre sortante, Annie Genevard (Agriculture), serait tentée de rempiler dans le gouvernement Lecornu 2, et de braver ainsi la décision de non-participation de son parti prise samedi.”Annie, vous ne pouvez pas faire ça”, lui a intimé sur X le président des jeunes LR Théo Am’Saadi. “La décision du BP (Bureau politique) doit être respectée.”Le ministre LR sortant de la Santé Yannick Neuder a fait savoir de son côté qu’il avait décliné une proposition du Premier ministre de rester au gouvernement.Le Parlement doit disposer, selon la Constitution, de 70 jours pour examiner un projet de budget 2026 avant le 31 décembre. Il faudrait donc que le texte lui soit transmis lundi ou mardi, en principe après un passage en Conseil des ministres. Donc après la formation du gouvernement.Sébastien Lecornu, qui a démissionné lundi dernier parce que “les conditions n’étaient plus remplies”, a fait monter la pression dimanche en promettant dans la presse dominicale qu’il ferait de même si ces conditions “n’étaient plus remplies à nouveau”. “Je ne ferai pas n’importe quoi”, a-t-il assuré à La Tribune dimanche, selon laquelle la nomination d’un gouvernement pourrait intervenir lundi ou mardi. De fait, s’il devait démissionner à nouveau, la perspective d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, réclamée notamment par l’extrême droite, se rapprocherait davantage. Le président Emmanuel Macron, qui sera absent toute la journée de lundi, pour un voyage en Egypte de soutien au plan Trump sur Gaza, a d’ailleurs brandi cette menace aux différents partis qu’il a reçus vendredi, s’ils ne parvenaient pas à s’entendre. – “Partenaire obligé” -Pour résoudre son équation calendaire et politique alors que la plupart des partis composant le socle commun (LR, UDI, Horizons, MoDem, Renaissance) l’ont lâché, achoppant sur la question centrale de la suspension de la réforme des retraites, le Premier ministre pourrait décider de nommer un petit nombre de ministres régaliens, ainsi que les seuls titulaires des Finances et du Budget. Aucune prise de parole de M. Lecornu n’est prévue “à ce stade”, a assuré Matignon dimanche à l’AFP.Et si la question du casting et des délais était résolue, il faudrait passer à celle de se maintenir au pouvoir. A l’exception du PS, l’ensemble de la gauche a appelé à la censure immédiate du gouvernement Lecornu 2, de même que le Rassemblement national et l’UDR d’Eric Ciotti. Ce qui place le parti à la rose comme un “partenaire obligé” de la macronie finissante, a persifflé dimanche le patron des sénateurs centristes Hervé Marseille (Union des démocrates et indépendants, UDI), en prévenant qu’une censure est possible dès “cette semaine”.Car le groupe socialiste (69 députés) est le seul capable de sauver le futur gouvernement et a du coup placé la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prévenu dès vendredi.Une telle suspension “n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période”, a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, dans La Tribune Dimanche.- “Pas de deal caché” -“Il n’y a pas de deal caché (…) ce sera la censure et la dissolution ou pas”, prévient le Premier ministre dans la presse dominicale. La précédente dissolution “a coûté 15 milliards d’euros immédiatement à l’économie française et 0,5 point de croissance, sans compter un an d’inaction”, a rappelé Marine Tondelier dimanche à France Inter-franceinfo-Le Monde. Et politiquement, “ça ne résoudra pas grand chose”, a-t-elle estimé, comparant ce coût à celui, moins important en 2026, d’une suspension de la réforme des retraites. “La dissolution est possible, évidemment pas souhaitable et encore évitable”, a prévenu de son côté le député socialiste Jérôme Guedj sur LCI.La position de Sébastien Lecornu est d’autant plus délicate que les partis du bloc central, comme le MoDem de François Bayrou et Horizons d’Edouard Philippe, font planer la menace d’un soutien sans participation au gouvernement. Ce serait une première pour des formations qui ont soutenu sans ambiguïté tous les gouvernement d’Emmanuel Macron et réclament aujourd’hui des clarifications sur la feuille de route de Lecornu 2. 

Madagascar: une unité dit prendre le contrôle de l’armée, le président dénonce “une tentative de prise de pouvoir”

Une unité militaire malgache a déclaré dimanche prendre le contrôle de l’armée à Madagascar secouée par des manifestations antigouvernementales, le président Andry Rajoelina dénonçant une “tentative de prise de pouvoir illégale”.”Désormais, tous les ordres de l’armée malgache, terre, air, mer, émaneront du quartier général du CAPSAT” (Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques), ont annoncé des officiers de cette unité dans une déclaration vidéo. Des soldats du CAPSAT ont également rejoint les milliers de personnes à nouveau rassemblées dimanche à Antananarivo, cette fois pour une cérémonie d’hommage aux vies perdues depuis le début des manifestations antigouvernementales le 25 septembre. Les militaires ont été accueillis avec enthousiasme.Il n’y a eu aucune réaction pour le moment du commandement militaire.Les officiers du CAPSAT ont ajouté avoir nommé le général Démosthène Pikulas à la tête de l’armée – un poste vacant depuis que l’ancien chef a été nommé ministre des Forces armées la semaine dernière – sans que l’on sache dans l’immédiat si cette nomination peut être considérée comme officielle.”On vaincra, car le mal ne vaincra pas à Madagascar”, a déclaré le colonel du CAPSAT Michael Randrianirina lors des prières organisées dans la capitale en hommage aux personnes tuées dans les troubles.Les officiers ont été rejoints sur scène lors de la commémoration par plusieurs personnalités de l’opposition, dont l’ancien président Marc Ravalomanana, renversé lors du soulèvement de 2009. Une gerbe portant le message “À toutes les victimes mortes pour la nation” a été déposée.En 2009, le CAPSAT, basé dans la périphérie de la capitale, avait déjà mené une mutinerie lors du soulèvement populaire ayant porté au pouvoir l’actuel président Andry Rajoelina.Cette même unité avait annoncé samedi qu’elle “refuserait d’obéir à l’ordre de tirer” sur les manifestants, condamnant la répression policière récente – un tournant majeur depuis le début de la contestation.Des soldats étaient ensuite entrés samedi dans la capitale à bord de véhicules militaires pour rejoindre les manifestants, qui les ont accueillis avec jubilation et ont appelé à la démission du président. Des soldats ont affronté des gendarmes devant une caserne.- “Fautes et excès” -“Une tentative de prise du pouvoir illégale et par la force, contraire à la constitution et aux principes démocratiques, est actuellement en cours sur le territoire national”, a dénoncé dimanche dans un communiqué le président Rajoelina.”Le dialogue est la seule voie à suivre et la seule solution à la crise à laquelle le pays est actuellement confronté”, a-t-il ajouté.Des officiers de la gendarmerie, accusés de violences contre les manifestants, ont publié dans la matinée une déclaration vidéo reconnaissant “des fautes et des excès lors de nos interventions” et appelant à la “fraternité” entre l’armée et les gendarmes.”Nous sommes là pour protéger, pas pour terroriser”, ont-ils assuré, ajoutant que “désormais, tous les ordres viendront uniquement” du quartier général de la gendarmerie.Répondant à l’une des revendications de la contestation, le Sénat a annoncé dimanche la destitution de son président, Richard Ravalomanana, ancien général de la gendarmerie.La manifestation de samedi à Antananarivo a été l’une des plus importantes depuis le début de la contestation lancée par Gen Z pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité et qui s’est muée en une remise en cause des responsables politiques au pouvoir, à commencer par Andry Rajoelina.Samedi soir, le nouveau Premier ministre, le général Ruphin Zafisambo, a affirmé que le gouvernement, “qui se maintient fermement”, était “prêt à collaborer et à écouter toutes les forces: les jeunes, les syndicats et l’armée”.De son côté, la présidence a publié un communiqué assurant que le président “reste dans le pays” et “continue de gérer les affaires nationales”, sur fonds de rumeurs de fuite de l’intéressé à l’étranger.L’Union africaine a exhorté dimanche “toutes les parties prenantes malgaches, civiles et militaires, à faire preuve de calme et de retenue”. L’Afrique du Sud voisine a également appelé “à respecter le processus démocratique et l’ordre constitutionnel”.La compagnie aérienne Air France a suspendu ses vols vers l’île au moins jusqu’à mardi.Au moins 22 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Le président a démenti des “nombres erronés”, évoquant 12 morts, tous “des pilleurs, des casseurs”, selon lui.Selon des médias locaux, les services d’urgence ont signalé samedi deux nouveaux morts et 26 blessés supplémentaires. Le CAPSAT a indiqué qu’un soldat avait également été tué par balle par les gendarmes.Pays parmi les plus pauvres du monde, Madagascar, miné par la corruption, a connu de fréquents soulèvements populaires depuis son indépendance de la France en 1960.Bien que l’île soit riche en ressources naturelles, près des trois quarts de ses 32 millions d’habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2022, selon la Banque mondiale.strs-jcb-br/sba/clc/mba/ib

Le Cameroun aux urnes pour la présidentielle, Biya grand favori pour un 8e mandat

Les électeurs camerounais votaient dimanche pour l’élection présidentielle pour laquelle le président Paul Biya, 92 ans dont 43 au pouvoir, part grand favori. Avec face à lui 11 candidats, dont son ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, qui suscite un certain engouement inattendu.Les huit millions de Camerounais appelés à voter jusqu’à 17H00 GMT pour ce scrutin à un tour, ont pour la plupart toujours vécu sous le règne de Biya, au pouvoir depuis 1982, et qui l’a toujours emporté avec un score de plus de 70% ces 20 dernières années. “Rien n’est acquis, attendons qu’on connaisse le nom de l’élu”, a-t-il déclaré à la presse, accompagné de son épouse Chantal, à la sortie d’un bureau de vote, près du palais présidentiel à Yaoundé. Vendredi, le gouvernement a fermement mis en garde contre toute tentative de proclamer les résultats du scrutin avant l’annonce officielle du Conseil constitutionnel, en ciblant Issa Tchiroma Bakary sans toutefois le citer nommément.A Garoua, dans l’Extrême-Nord les candidats Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary ont également voté dimanche, selon la télévision d’Etat CRTV.A la mi-journée, l’affluence a commencé à augmenter dans les bureaux de vote à Yaoundé.Afez Njoya un étudiant de 23 ans, attend déjà depuis plus d’une heure sous le soleil pour “exercer son devoir de citoyen”. Constatant que “les choses ne vont pas bien dans (son) pays”, il nourrit l’espoir que son premier vote “pourra changer les choses”.”Il ne faut pas être naïf, on sait bien que le système gouvernant a beaucoup de moyens pour obtenir les résultats qui l’avantage”, explique à l’AFP Stéphane Akoa, politologue camerounais.Il note toutefois que la campagne a été ces derniers jours “beaucoup plus animée” que d’ordinaire et que “cette élection est donc peut-être plus susceptible de nous surprendre”, dans un pays où 40% des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, selon la Banque mondiale.Le Conseil constitutionnel a jusqu’au 26 octobre pour proclamer les résultats définitifs. En 2018, ils avaient été annoncés 15 jours après le scrutin.Paul Biya est comme à son habitude resté très discret pendant la campagne électorale. Il est finalement apparu en public mardi pour la première fois depuis le mois de mai, visiblement en forme, en tenant comme en 2018 un meeting de campagne à Maroua, dans la région de l’extrême-nord, stratégique avec son plus de 1,2 million d’électeurs, la deuxième plus grande réserve de voix du pays.- Contraste saisissant – Ses 11 rivaux ont quant à eux multiplié les apparitions publiques, promettant de tourner la page du long règne et de la main de fer du second président du Cameroun depuis son indépendance de la France en 1960.Jeudi soir, son principal rival, Issa Tchiroma Bakary, 79 ans, qui a quitté en juin le gouvernement et rejoint l’opposition après 20 ans dans le giron présidentiel, a à son tour tenu un meeting à Maroua.Dans cette région dont il est originaire, il a semblé susciter un élan populaire inédit, accueilli dans les rues par des milliers de partisans brandissant des pancartes louant “Tchiroma le Sauveur”. Un contraste saisissant avec le meeting de Paul Biya, tenu devant un public clairsemé de quelques centaines de personnes, contre 25.000 annoncés par son entourage.Le principal opposant de Paul Biya, Maurice Kamto, deuxième à la présidentielle de 2018, a lui vu sa candidature rejetée par le Conseil constitutionnel. Plusieurs ONG comme Human Rights Watch (HRW) ont ensuite exprimé leurs inquiétudes sur la “crédibilité du processus électoral”.- “Protéger le vote” -Une partie des Camerounais se disent désabusés face à la perpétuation du “système Biya”, alors que le chômage atteint 35% dans les grandes villes.Mais dans ce pays où la moitié de la population a moins de 20 ans, “beaucoup de jeunes veulent aller voter et sont allés chercher leur carte d’électeur”, a constaté le politologue Stéphane Akoa. Il y voit “un signal positif de changement, mais peut-être pas suffisamment fort pour faire descendre les jeunes dans la rue, comme on l’a vu à Madagascar, en Tunisie ou ailleurs.”Les Camerounais se plaignent de la cherté de la vie, du manque d’eau potable, de soins de santé et d’éducation de qualité, mais ces frustrations restent à ce stade cantonnées aux réseaux sociaux.Le ministère de l’Administration territoriale a autorisé 55.000 observateurs électoraux locaux et internationaux, dont l’Union africaine. Plusieurs plateformes ont prévu de compiler les résultats de manière indépendante, pour “protéger le vote”, s’attirant les critiques du gouvernement qui dénonce des tentatives de “manipuler l’opinion publique” et de “proclamer des résultats tronqués.”Le scrutin se déroulera à l’ombre du conflit meurtrier opposant des groupes séparatistes aux forces du gouvernement dans les régions à majorité anglophones du nord-ouest et du sud-ouest. Lors de la précédente élection en 2018, l’abstention avait été particulièrement élevée dans ces régions.