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Saint-Trop’ dit adieu à BB

Personnalités et fans se pressent à Saint-Tropez pour un dernier hommage mercredi voulu “sans chichi” et en grande partie privé à Brigitte Bardot, sex-symbol mondial du cinéma puis passionaria de la cause animale au discours parfois controversé.”C’était un amour platonique évidemment, mais c’était de l’amour que je ressentais, une admiration sur ce parcours de vie assez extraordinaire. C’était important et j’ai fait 1.200 kilomètres pour ça,” explique à l’AFPTV Sébastien Ulens, 35 ans, venu spécialement de Bruxelles où il dirige une salle de sport.La messe pour BB, décédée le 28 décembre à 91 ans, débute à 11H00 dans ce petit port méditerranéen qu’elle a propulsé, à son grand dam, au premier rang de la jet-set internationale. La cérémonie est réservée aux invités de la famille et de la Fondation Brigitte Bardot, acheminés par navette maritime pour accéder à une vaste zone interdite au public.Aucune liste d’invités n’a filtré, le défenseur des baleines Paul Watson a été aperçu venant de Paris. Le fils de la star, Nicolas Charrier, délaissé par celle qui disait ne pas avoir d’instinct maternel, viendra-t-il de Norvège où il vit? Côté politiques, la personnalité de l’ancienne actrice, plusieurs fois condamnée pour propos racistes et homophobes, divise. Le gouvernement sera représenté par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont chacun annoncé leur venue à titre “amical”.- Fleurs simples et “sans chichi”-Dans la petite église Notre-Dame de l’Assomption au clocher emblématique et aux murs peints de couleurs chaudes, des chaises blanches ont été rajoutées et des bouquets de fleurs simples et champêtres ornent les bancs. Des couronnes ont déjà été déposées selon un photographe de l’AFP: un cœur de la part de Mireille Mathieu ou une gerbe avec du mimosa de la part de Michel Drucker et sa femme.La fondation a annoncé une cérémonie “sans chichi”, à l’image de BB, retirée du cinéma en pleine gloire en 1973 pour une vie “de fermière” au service des animaux.La célébration sera retransmise devant la mairie pour les riverains, ainsi que sur le port et la place des Lices, dans le centre mais les chaînes de télé, présentes en masse, devront se débrouiller sans signal.Tous les hôtels affichent complet et la mairie redoute une saturation des accès.Après l’église, la procession passera à proximité des différents lieux de diffusion et “le public est invité à accompagner le convoi par un hommage respectueux”, selon la mairie, avant l’inhumation strictement privée au cimetière marin, face à la Méditerranée, non loin de La Madrague, maison de pêcheur où elle a vécu et s’est éteinte.Lundi, des ouvriers sont venus graver son nom sur la tombe où reposent déjà ses parents et grands-parents, non loin de celles d’Eddie Barclay, figure du Saint-Trop’ jet-set ou de Roger Vadim, son premier mari qui en avait fait une star internationale avec “Et Dieu… créa la femme”.- Anti-drones -Pour tenter de garantir l’intimité du dernier voyage de celle qui a tant été traquée par les paparazzis, la mairie a prohibé toute prise d’images à des fins journalistiques dans le cimetière et le préfet pris un arrêté anti-avions et drones.Vers 14H00, “un moment de partage, d’amitié et d’hommage public” est organisé par la mairie sur un pan de colline verdoyant situé entre le village et le cimetière.Si elle a grandement participé à la renommée internationale du “si joli petit village de pêcheurs” dans les années 1950, BB a entretenu des relations parfois tendues avec Saint-Tropez, fustigeant l’explosion du luxe et du tourisme de masse qui en ont fait “une ville de milliardaires”, écrivait-elle dans son “BBcédaire” paru en septembre.”Brigitte Bardot c’était la figure mythique du village”, estime Clélie Leveugle, Tropézienne de 48 ans. “Les gens ont peur que le village soit un petit peu débordé (mais) tout le monde est prêt à recevoir à bras ouverts, tous les gens, tous les fans pour lui rendre hommage”.Ensuite, le bourg sera rendu à son silence hivernal, commerces de luxe fermés, comme la plupart des bars et restaurants. Une arrière saison qu’avait chantée BB dans “La madrague”, “sur la plage abandonnée”.

Nouvel épisode de neige et verglas attendu sur le nord et l’ouest de la France

Neige et verglas vont de nouveau toucher le nord et l’ouest de la France mercredi matin, un phénomène d’une “ampleur rare dans le climat actuel” selon Météo-France, qui va entraîner d’importantes perturbations sur les routes et dans le transport aérien.De nouvelles chutes de neige sont attendues mercredi “dès la fin de la nuit”, selon le prévisionniste, qui prévoit 3 à 7 cm “des Hauts-de-France au nord de la région Centre en passant par la région parisienne”. Trente-huit départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas pour une partie de la nuit et toute la journée de mercredi, a annoncé Météo-France. Des pluies verglaçantes sont annoncées sur l’ouest et de fortes chutes de neige sur l’Ile-de-France et le nord-est. La vigilance orange est le deuxième niveau le plus élevé d’alerte. Elle appelle la population à être très attentive, des phénomènes dangereux étant prévus.- “Grande prudence” -Selon Météo-France, les chutes de neige observées mardi – avec notamment jusqu’à 30 cm localement en Charente-Maritime – et attendues mercredi sont “d’une ampleur rare dans le climat actuel”. “La plus grande prudence est recommandée à ceux qui sont dans l’obligation de se déplacer tout comme suivre les informations données par les préfectures”, a rappelé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur son compte X.Mercredi, températures négatives et chutes de neige vont affecter la circulation et le trafic aérien: les compagnies aériennes vont devoir renoncer à une partie de leurs vols prévus mercredi matin dans les aéroports parisiens.Ces annulations, rendues nécessaires par les opérations de déneigement des pistes et de dégivrage des avions, concerneront environ 40% des mouvements prévus entre 09H00 et 14H00 à Paris-Charles-de-Gaulle, le premier aéroport français, et 25% entre 06H00 et 13H00 à Orly, le deuxième, a indiqué le ministre des Transports Philippe Tabarot.Il a aussi “fortement conseillé” aux automobilistes et aux usagers des transports en commun d’éviter tout déplacement en Ile-de-France et de privilégier le télétravail.A Paris et dans sa banlieue, le niveau 3 du Plan neige et verglas a été activé, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h.”Les métros devraient fonctionner, les RER devraient fonctionner, les trains devraient fonctionner, nous avons des réserves sur les bus”, en fonction de l’épaisseur de la neige, selon M. Tabarot.Dans l’ouest de la France, des restrictions similaires sont mises en place, de même que la suppression des transports scolaires dans une dizaine de départements. Dans l’Allier également, les transports scolaires seront suspendus. En Nouvelle-Aquitaine, la circulation des poids lourds est interdite.A l’université de Lille, les étudiants ont, eux, été informés du report des examens prévus mercredi.- Inédit depuis 14 ans -Les intempéries ont fait, mardi, au moins cinq morts sur les routes de France.Météo-France rappelle que sous l’influence du réchauffement de la planète en raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les périodes de froid sont plus rares et moins intenses que par le passé.Les températures enregistrées lundi, jusqu’à -22°C à Mouthe dans le Doubs, et mardi matin (-13,4°C à Jaméricourt dans l’Oise, -13,2°C à Forges en Seine-Maritime) sont “inférieures aux normales de saison de dix à quinze degrés”. Les 4 et 5 janvier, les minimales en moyenne sur le pays étaient de -4°C, “ce qui n’était pas arrivé depuis fin février 2012”, souligne Météo-France.Bien que l’épisode de froid traversé par le pays soit “remarquable par son intensité”, il ne constitue pas pour autant une “vague de froid” en raison, entre autres, de sa brièveté, nuance le prévisionniste national.

A la frontière colombienne, quelques passages de Vénézuéliens et beaucoup d’anxiété

A un poste frontière surveillé par des blindés et des soldats colombiens, quelques Vénézuéliens chargés de valises, une armada de journalistes et beaucoup d’anxiété régnaient mardi, trois jours après l’opération militaire éclair des Etats-Unis qui a déchu le président Nicolas Maduro.”Nous étions venus pour passer Noël et régler quelques formalités administratives, et on a encore …

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Cinq ans après l’assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d’assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l’attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient …

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Cinq ans après l’assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d’assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l’attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient suivi l’assaut, le consensus a aujourd’hui disparu au sein de la classe politique. Si les démocrates continuent de dénoncer une attaque envers la démocratie, l’appareil républicain est aujourd’hui dévoué au président de 79 ans, qui a toujours refusé de condamner les actions de ses partisans, évoquant une “journée d’amour” et un “débordement d’affection” à son égard.Le 20 janvier 2025, dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait gracié l’ensemble des participants, rayant d’un trait de feutre la plus vaste enquête jamais menée par le ministère américain de la Justice.Il a fait brièvement allusion au 6-Janvier lors d’un discours mardi devant des parlementaires républicains, minimisant à nouveau son rôle dans les violences de cette journée.- “Déformation vicieuse” -Mais l’opposition démocrate avait prévenu qu’elle s’attacherait mardi à garder fraîche la mémoire des événements qui avaient secoué la capitale américaine en 2021.”Il y a cinq ans aujourd’hui, une foule violente a brutalement attaqué le Capitole des Etats-Unis”, a déclaré dans un communiqué Hakeem Jeffries, ténor démocrate au Congrès.”Leur mission était de renverser les résultats d’une élection libre et juste. Nous ne permettrons jamais aux extrémistes d’étouffer leur traîtrise”, a-t-il ajouté.Dans la soirée, des parlementaires démocrates se sont rassemblés sur les marches du Capitole, bougies électriques à la main, pour commémorer l’attaque et dénoncer l’attitude des républicains depuis celle-ci.Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a fustigé devant la presse la publication mardi par la Maison Blanche d’un site web qui accuse les démocrates d’avoir “mis en scène l’insurrection” et qui blâme la police du Capitole pour avoir fait “escalader les tensions” le 6 janvier 2021.Une “déformation vicieuse de la vérité”, a tonné Chuck Schumer devant la presse, qui a exhorté: “Disons tous la vérité, et laissons les générations futures s’en souvenir.”- “Encore plus fier” -A l’extérieur du Capitole, des partisans de Donald Trump ont marqué également le cinquième anniversaire avec une marche retraçant le parcours effectué en 2021.Parmi eux: Enrique Tarrio, ancien chef de la milice d’extrême droite Proud Boys qui, jusqu’à la grâce prononcée par Donald Trump, purgeait une peine de 22 ans de prison pour son rôle jugé clé dans les événements du 6-Janvier.Rencontré par l’AFP mardi, il a dit être “encore plus fier” d’être membre des Proud Boys aujourd’hui, “parce qu’on a eu ces grâces.”Le 6 janvier 2021, des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump, alors à la fin de son premier mandat, affluaient à Washington à l’appel du républicain qui affirmait, sans fondement, que l’élection présidentielle perdue quelques semaines plus tôt face à Joe Biden était entachée de fraudes massives.- “Comme des diables” -Ce jour-là, Donald Trump a donné devant la Maison Blanche un discours lors duquel il a appelé ses partisans à se “battre comme des diables”, sans quoi leur pays disparaîtrait.Dans les heures qui ont suivi, les manifestants se sont massés devant le Capitole, situé à moins de trois kilomètres du lieu du discours, avant de forcer des barrages de police et de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment.Fracassant des vitres, saccageant des bureaux, et blessant en tout plus de 140 policiers, ils ont provoqué la fuite des élus qui devaient certifier la victoire de Joe Biden.Au cours des années suivantes, le rôle exact de Donald Trump dans les événements du 6-Janvier a fait l’objet d’une enquête par une commission du Congrès, qui a recommandé en 2022 des poursuites pénales à son encontre. Inculpé en 2023 par un tribunal fédéral pour ses tentatives présumées illicites d’obtenir l’inversion des résultats de l’élection de 2020, il a finalement échappé aux poursuites pénales avec sa victoire à la présidentielle de 2024.

CAN-2025: la Côte d’Ivoire tenante du titre complète un tableau de rêve pour les quarts

La Côte d’Ivoire, tenante du titre, portée par sa jeune garde, s’est qualifiée par les quarts de finale de la Coupe d’Afrique 2025 au Maroc en disposant facilement du Burkina Faso 3-0 mardi à Marrakech.Les Éléphants qui défieront l’Égypte de Mohamed Salah samedi à Agadir, complètent ainsi un tableau des quarts de finale de rêve où tous les prétendants au titre s’affronteront dans des affiches toutes alléchantes et équilibrées.Parfois balbutiants durant leurs trois matches de groupe, mais porté par leur star Amad Diallo, auteur du premier but de la rencontre, ils n’ont cette fois laissé aucune chance aux Étalons burkinabé.Comme une passation de pouvoir, Emerse Faé, le sélectionneur ivoirien a choisi de titulariser au milieu de terrain dès le coup d’envoi, Christ Inao Oulai, 19 ans, coqueluche des supporters et de laisser sur le banc Seko Fofana, 30 ans, l’un des piliers du titre acquis à domicile il y a deux ans. “Si le fait d’avoir aligné le petit Inao, nous a permis de tuer les matches, ce qui nous fuyait, Dieu merci!”, s’est amusé Faé en conférence de presse à propos de sa nouvelle pépite. “Mais je crois surtout qu’il a profité de notre force collective”, a-t-il repris plus sérieusement louant le travail de ses cadres pour mettre leur “petit frère” dans les meilleurs conditions.- Jeunesse et collectif -Et c’est la fougue de sa jeunesse symbolisée par Inao Oulai, Yan Diomandé, 19 ans également et Amad Diallo, 23 ans, joueur du match, qui a mis au supplice en début de la rencontre la rugueuse défense burkinabè. Amad Diallo, notamment, sur son côté droit a terrorisé Adamo Nagalo, dépassé et sanctionné d’un carton jaune dès la 6e minute, obligeant Brama Traoré, le sélectionneur burkinabè à remplacer le défenseur du PSV Eindhoven par Ibrahim Touré avant même la fin de la première période (42e).L’attaquant de Manchester United, meilleur buteur ivoirien avec deux buts en deux rencontres avant ce huitième, avait déjà donné un premier avantage aux Éléphants en ouvrant le score après une action collective limpide, conclue par un raid dans la surface des Etalons (1-0, 20e).La pression pour le Burkina n’a pas été moins forte à gauche où Yan Diomandé a également donné beaucoup de fil à retordre aux défenseurs chargés de le marquer, incapables de savoir si l’ailier de Leipzig allait préférer frapper de son pied gauche ou de son pied droit.C’est du pied droit qu’il a doublé la mise à la demi-heure de jeu, parfaitement lancé par Diallo, ne laissant aucune chance à Hervé Koffi qui a tenu sa place malgré une blessure à une cuisse contractée lors du dernier match de poule face au Soudan (2-0, 32e).Et s’ils ont continué leurs assauts en seconde période, les Ivoiriens ont dû attendre la fin de rencontre pour porter l’estocade lorsque Bazoumana Touré, 19 ans lui encore, rentré en jeu à la place de Diomandé, a parachevé le succès ivoirien en contre et en solitaire (3-0, 87e).Un frisson a traversé le camp ivoirien en voyant Inao Oulai, leur nouveau métronome au milieu de terrain dépité en pensant être suspendu contre l’Égypte pour avoir écopé de deux cartons jaunes lors de ses deux dernières rencontres.Mais le milieu de Trabzonspor en Turquie s’est adonné à une danse enflammée au coup de sifflet final, lorsqu’il a relu le règlement qui le laissait qualifié. L’insouciance de la jeunesse.

Les Européens serrent les rangs derrière l’Ukraine, les Américains en soutien

Européens et Américains ont convenu mardi à Paris d’un ensemble de garanties de sécurité pour l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu, les Etats-Unis restant toutefois flous sur la nature de leur engagement.Dans une “Déclaration de Paris”, les 35 pays membres de la “Coalition des Volontaires”, essentiellement européens, se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à une surveillance du cessez-le-feu, sous “leadership” américain, une fois un accord de paix trouvé avec la Russie, une perspective encore très hypothétique.Cette déclaration “reconnaît pour la première fois” une “convergence opérationnelle” entre la Coalition, l’Ukraine et les Etats-Unis, avec des garanties de sécurité “robustes”, a salué le président français Emmanuel Macron à l’issue d’une réunion à l’Elysée. Ces garanties de sécurité sont “la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine”, a-t-il martelé.Emmanuel Macron a annoncé dans la foulée sur la chaîne France 2 que “plusieurs milliers” de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine, après la signature d’un cessez-le-feu avec la Russie.S’ils ont affiché leur volonté d’être en “soutien”, les Etats-Unis ne sont toutefois pas signataires de la déclaration et les contours précis de leur engagement militaire restent encore flous.Donald Trump “soutient fortement ces protocoles de sécurité”, qui visent à “dissuader toute attaque” future en Ukraine, a relevé l’envoyé spécial Steve Witkoff.- “Pas seulement des paroles” -“Si l’Ukraine conclut un accord final (de paix), elle doit savoir qu’ensuite elle aura, de toute évidence, une dissuasion solide et de réels +filets de sécurité+ pour être sûre que tout cela ne se reproduise pas”, a renchéri le gendre du président américain, Jared Kushner.La force multinationale, à l’étude depuis des mois, sera formée par les pays volontaires de la Coalition, menée par les Européens et “soutenue” par les Etats-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.La contribution américaine en matière “de renseignement et de logistique” et surtout l’engagement des Etats-Unis à apporter un “soutien” à la force en “cas d’attaque”, qui figuraient dans le projet de déclaration consulté par l’AFP, ne sont toutefois pas mentionnés dans le texte final.”Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles”, a salué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, même si plusieurs questions “restent ouvertes” selon lui, comme celle, ultrasensible, des concessions territoriales exigées par Moscou.La balle est désormais dans le camp de la Russie, ont martelé les Européens. Tout cela “requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l’agresseur russe également”, avait souligné, un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre polonais Donald Tusk, alors que le Kremlin s’est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine.Moscou continue aussi de marteler ces exigences territoriales sur la totalité de la région minière et industrielle du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, y compris les territoires encore contrôlés par l’armée de Kiev.”Espérons que nous serons en mesure d’arriver à certains compromis”, a relevé Steve Witkoff qui s’est félicité de “progrès significatifs”. Le président ukrainien a rappelé que certaines “idées” – dont une démilitarisation de territoires contestés – étaient sur la table et a suggéré d’en discuter désormais “au niveau des dirigeants”.- L’ombre du Groenland et du Venezuela -Les contours opérationnels de la force multinationale restent par ailleurs encore imprécis, d’autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution. Comme l’Italie, qui a réitéré mardi son refus d’envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l’Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.L’opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à une main mise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont aussi été au menu de la journée, même si les dirigeants européens ont évité de répondre aux questions des journalistes sur le sujet en présence des émissaires américains.Nouvelle manifestation du jeu d’équilibriste diplomatique auquel ils s’astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain. “Il n’y a pas pour moi de scénario où les Etats-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise” au Groenland, a assuré Emmanuel Macron sur France 2.Plus tard dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a indiqué à l’AFP que Donald Trump étudiait “plusieurs options” pour acquérir le Groenland, y compris “utiliser l’armée”.Concernant l’Ukraine, les Etats-Unis ne sont pas membres de la Coalition des volontaires, mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s’engager. Car la perspective d’un cessez-le-feu reste hypothétique: une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des appels entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n’ont pas permis d’avancer sur les concessions territoriales exigées par Moscou.

“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, répond à Trump la présidente par intérim

“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, a lancé mardi Delcy Rodriguez au premier jour de son mandat en tant que présidente par intérim après l’enlèvement tonitruant et décrié du chef de l’Etat Nicolas Maduro à Caracas par l’armée américaine.A Donald Trump qui a clamé que les Etats-Unis étaient désormais “aux commandes” et que Mme Rodriguez “paierait plus cher que Maduro” si elle ne faisait pas “ce qu’il faut”, la vice-présidente propulsée présidente par intérim a déclaré que “le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre”.”Le peuple vénézuélien reste ferme et mobilisé pour défendre notre patrie (…) C’est un peuple qui ne se rend pas”, a-t-elle encore martelé lors d’une allocation télévisée trois jours après la capture par les Etats-Unis de M. Maduro, une opération éclair qui a fait 55 morts au sein des forces vénézuéliennes et cubaines.Lundi, Mme Rodriguez, 56 ans, a prêté serment devant le Parlement, prenant la tête d’un gouvernement qui compte toujours dans ses rangs le ministre de l’Intérieur et tenant d’une ligne dure, Diosdado Cabello, ainsi que le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.D’après la Constitution, l’intérim de Mme Rodriguez n’est que de 90 jours, une période qui peut-être prorogée de trois mois supplémentaires par l’Assemblée nationale.En cas de déclaration de vacance absolue de Nicolas Maduro, qui n’a pas encore été décrétée, la loi l’oblige à convoquer des élections dans les 30 jours suivants.Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a affirmé lundi prévoir de retourner “le plus vite possible” au Venezuela. Le président américain l’a disqualifiée samedi pour prendre la tête du pays.Tout en affirmant ne pas vouloir s’impliquer dans les affaires politiques d’autres nations, comme les Etats-Unis l’ont fait en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, qui dispose des premières réserves de brut prouvées de la planète.”Dizaines de victimes”Mardi, le procureur général du Venezuela Tarek William Saab a fait état de “dizaines de victimes parmi les civils innocents et les militaires” lors de l’opération américaine menée dans la nuit de vendredi à samedi.  Les avis de décès de 23 militaires, dont cinq amiraux, ont été rendus publics sur le compte Instagram de l’armée vénézuélienne, dans un premier bilan officiel fourni par les autorités à Caracas.Par ailleurs, Cuba, un allié du Venezuela, avait auparavant annoncé que 32 membres de ses services de sécurité avaient été tués, et a divulgué leur identité mardi dans la presse officielles.L’ONU a averti mardi que cette intervention, présentée par les Etats-Unis comme une opération de police, avait “sapé un principe fondamental du droit international”.Après des mois de frappes sur des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, les Américains se sont emparés samedi de Nicolas Maduro, 63 ans, et de son épouse Cilia Flores, 69 ans. Tous deux doivent répondre de quatre chefs d’accusation, dont celui de “narcoterrorisme”. Tous deux ont plaidé non coupables lundi lors d’une première audience devant un tribunal fédéral à New York. Maduro va rester incarcéré dans cette ville et comparaîtra à nouveau le 17 mars. A Caracas, un nouveau appel au rassemblement de ses partisans a été lancé mardi au Venezuela pour exiger sa libération.Sara Pilar Rodriguez, militante pro-pouvoir estime que les Etats-Unis ont commis un “abus institutionnel”: À notre présidente par intérim, qu’elle sache qu’elle peut compter sur le soutien de toutes les femmes, de toutes les forces politiques. Nous sommes ici prêts à défendre tout cela jusqu’au retour de Maduro, qui reviendra bientôt. Maduro doit revenir, en tout cas moi je l’attends, et il arrivera bientôt”.Alors que la peur de la répression règne au Venezuela, les langues se délient parfois à la frontière colombienne: Evelyn Cardenas, qui sort du Venezuela, se dit convaincue que “tous les Vénézuéliens sont heureux” de la chute de Maduro, “mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement”.- “Gouvernement instable” -Le syndicat de la presse vénézuélienne (SNTP) a signalé mardi sur les réseaux sociaux que, en marge de cette session à l’Assemblée nationale, 14 journalistes et collaborateurs de médias, “dont 13 d’agences et de médias internationaux”, avaient été interpellés, puis libérés, ainsi que deux correspondants de la presse internationale à la frontière avec la Colombie. Mme Rodriguez, qui a pris en main la gestion du pétrole, la principale ressource du Venezuela, devra également préserver l’unité du chavisme, la doctrine héritée de l’ex-président de gauche Hugo Chavez (1999-2013) qui a procédé à de nombreuses nationalisations.Le nouveau gouvernement est “instable”, juge l’analyste politique Marino de Alba, expliquant que “malgré les divergences internes, le chavisme a bien intégré que seule une cohésion apparente lui donnait une chance de se perpétuer au pouvoir”.”L’objectif principal est de gagner du temps pour (…) profiter du fait que les revendications et les conditions de Washington sont centrées sur la question pétrolière”, selon lui.bur-jt-pgf-lab-al/ial/