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A la frontière colombienne, quelques passages de Vénézuéliens et beaucoup d’anxiété

A un poste frontière surveillé par des blindés et des soldats colombiens, quelques Vénézuéliens chargés de valises, une armada de journalistes et beaucoup d’anxiété régnaient mardi, trois jours après l’opération militaire éclair des Etats-Unis qui a déchu le président Nicolas Maduro.”Nous étions venus pour passer Noël et régler quelques formalités administratives, et on a encore …

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Cinq ans après l’assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d’assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l’attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient …

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Cinq ans après l’assaut du Capitole, démocrates et républicains plus que jamais divisés

Le 6 janvier 2021, des centaines de partisans de Donald Trump prenaient d’assaut le Capitole de Washington, ébranlant la démocratie américaine. Mardi marque le cinquième anniversaire de l’attaque qui, un an après le retour du milliardaire au pouvoir, divise plus que jamais républicains et démocrates.Car loin des condamnations quasi unanimes dans les jours qui avaient suivi l’assaut, le consensus a aujourd’hui disparu au sein de la classe politique. Si les démocrates continuent de dénoncer une attaque envers la démocratie, l’appareil républicain est aujourd’hui dévoué au président de 79 ans, qui a toujours refusé de condamner les actions de ses partisans, évoquant une “journée d’amour” et un “débordement d’affection” à son égard.Le 20 janvier 2025, dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait gracié l’ensemble des participants, rayant d’un trait de feutre la plus vaste enquête jamais menée par le ministère américain de la Justice.Il a fait brièvement allusion au 6-Janvier lors d’un discours mardi devant des parlementaires républicains, minimisant à nouveau son rôle dans les violences de cette journée.- “Déformation vicieuse” -Mais l’opposition démocrate avait prévenu qu’elle s’attacherait mardi à garder fraîche la mémoire des événements qui avaient secoué la capitale américaine en 2021.”Il y a cinq ans aujourd’hui, une foule violente a brutalement attaqué le Capitole des Etats-Unis”, a déclaré dans un communiqué Hakeem Jeffries, ténor démocrate au Congrès.”Leur mission était de renverser les résultats d’une élection libre et juste. Nous ne permettrons jamais aux extrémistes d’étouffer leur traîtrise”, a-t-il ajouté.Dans la soirée, des parlementaires démocrates se sont rassemblés sur les marches du Capitole, bougies électriques à la main, pour commémorer l’attaque et dénoncer l’attitude des républicains depuis celle-ci.Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, a fustigé devant la presse la publication mardi par la Maison Blanche d’un site web qui accuse les démocrates d’avoir “mis en scène l’insurrection” et qui blâme la police du Capitole pour avoir fait “escalader les tensions” le 6 janvier 2021.Une “déformation vicieuse de la vérité”, a tonné Chuck Schumer devant la presse, qui a exhorté: “Disons tous la vérité, et laissons les générations futures s’en souvenir.”- “Encore plus fier” -A l’extérieur du Capitole, des partisans de Donald Trump ont marqué également le cinquième anniversaire avec une marche retraçant le parcours effectué en 2021.Parmi eux: Enrique Tarrio, ancien chef de la milice d’extrême droite Proud Boys qui, jusqu’à la grâce prononcée par Donald Trump, purgeait une peine de 22 ans de prison pour son rôle jugé clé dans les événements du 6-Janvier.Rencontré par l’AFP mardi, il a dit être “encore plus fier” d’être membre des Proud Boys aujourd’hui, “parce qu’on a eu ces grâces.”Le 6 janvier 2021, des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump, alors à la fin de son premier mandat, affluaient à Washington à l’appel du républicain qui affirmait, sans fondement, que l’élection présidentielle perdue quelques semaines plus tôt face à Joe Biden était entachée de fraudes massives.- “Comme des diables” -Ce jour-là, Donald Trump a donné devant la Maison Blanche un discours lors duquel il a appelé ses partisans à se “battre comme des diables”, sans quoi leur pays disparaîtrait.Dans les heures qui ont suivi, les manifestants se sont massés devant le Capitole, situé à moins de trois kilomètres du lieu du discours, avant de forcer des barrages de police et de pénétrer dans l’enceinte du bâtiment.Fracassant des vitres, saccageant des bureaux, et blessant en tout plus de 140 policiers, ils ont provoqué la fuite des élus qui devaient certifier la victoire de Joe Biden.Au cours des années suivantes, le rôle exact de Donald Trump dans les événements du 6-Janvier a fait l’objet d’une enquête par une commission du Congrès, qui a recommandé en 2022 des poursuites pénales à son encontre. Inculpé en 2023 par un tribunal fédéral pour ses tentatives présumées illicites d’obtenir l’inversion des résultats de l’élection de 2020, il a finalement échappé aux poursuites pénales avec sa victoire à la présidentielle de 2024.

CAN-2025: la Côte d’Ivoire tenante du titre complète un tableau de rêve pour les quarts

La Côte d’Ivoire, tenante du titre, portée par sa jeune garde, s’est qualifiée par les quarts de finale de la Coupe d’Afrique 2025 au Maroc en disposant facilement du Burkina Faso 3-0 mardi à Marrakech.Les Éléphants qui défieront l’Égypte de Mohamed Salah samedi à Agadir, complètent ainsi un tableau des quarts de finale de rêve où tous les prétendants au titre s’affronteront dans des affiches toutes alléchantes et équilibrées.Parfois balbutiants durant leurs trois matches de groupe, mais porté par leur star Amad Diallo, auteur du premier but de la rencontre, ils n’ont cette fois laissé aucune chance aux Étalons burkinabé.Comme une passation de pouvoir, Emerse Faé, le sélectionneur ivoirien a choisi de titulariser au milieu de terrain dès le coup d’envoi, Christ Inao Oulai, 19 ans, coqueluche des supporters et de laisser sur le banc Seko Fofana, 30 ans, l’un des piliers du titre acquis à domicile il y a deux ans. “Si le fait d’avoir aligné le petit Inao, nous a permis de tuer les matches, ce qui nous fuyait, Dieu merci!”, s’est amusé Faé en conférence de presse à propos de sa nouvelle pépite. “Mais je crois surtout qu’il a profité de notre force collective”, a-t-il repris plus sérieusement louant le travail de ses cadres pour mettre leur “petit frère” dans les meilleurs conditions.- Jeunesse et collectif -Et c’est la fougue de sa jeunesse symbolisée par Inao Oulai, Yan Diomandé, 19 ans également et Amad Diallo, 23 ans, joueur du match, qui a mis au supplice en début de la rencontre la rugueuse défense burkinabè. Amad Diallo, notamment, sur son côté droit a terrorisé Adamo Nagalo, dépassé et sanctionné d’un carton jaune dès la 6e minute, obligeant Brama Traoré, le sélectionneur burkinabè à remplacer le défenseur du PSV Eindhoven par Ibrahim Touré avant même la fin de la première période (42e).L’attaquant de Manchester United, meilleur buteur ivoirien avec deux buts en deux rencontres avant ce huitième, avait déjà donné un premier avantage aux Éléphants en ouvrant le score après une action collective limpide, conclue par un raid dans la surface des Etalons (1-0, 20e).La pression pour le Burkina n’a pas été moins forte à gauche où Yan Diomandé a également donné beaucoup de fil à retordre aux défenseurs chargés de le marquer, incapables de savoir si l’ailier de Leipzig allait préférer frapper de son pied gauche ou de son pied droit.C’est du pied droit qu’il a doublé la mise à la demi-heure de jeu, parfaitement lancé par Diallo, ne laissant aucune chance à Hervé Koffi qui a tenu sa place malgré une blessure à une cuisse contractée lors du dernier match de poule face au Soudan (2-0, 32e).Et s’ils ont continué leurs assauts en seconde période, les Ivoiriens ont dû attendre la fin de rencontre pour porter l’estocade lorsque Bazoumana Touré, 19 ans lui encore, rentré en jeu à la place de Diomandé, a parachevé le succès ivoirien en contre et en solitaire (3-0, 87e).Un frisson a traversé le camp ivoirien en voyant Inao Oulai, leur nouveau métronome au milieu de terrain dépité en pensant être suspendu contre l’Égypte pour avoir écopé de deux cartons jaunes lors de ses deux dernières rencontres.Mais le milieu de Trabzonspor en Turquie s’est adonné à une danse enflammée au coup de sifflet final, lorsqu’il a relu le règlement qui le laissait qualifié. L’insouciance de la jeunesse.

Les Européens serrent les rangs derrière l’Ukraine, les Américains en soutien

Européens et Américains ont convenu mardi à Paris d’un ensemble de garanties de sécurité pour l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu, les Etats-Unis restant toutefois flous sur la nature de leur engagement.Dans une “Déclaration de Paris”, les 35 pays membres de la “Coalition des Volontaires”, essentiellement européens, se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à une surveillance du cessez-le-feu, sous “leadership” américain, une fois un accord de paix trouvé avec la Russie, une perspective encore très hypothétique.Cette déclaration “reconnaît pour la première fois” une “convergence opérationnelle” entre la Coalition, l’Ukraine et les Etats-Unis, avec des garanties de sécurité “robustes”, a salué le président français Emmanuel Macron à l’issue d’une réunion à l’Elysée. Ces garanties de sécurité sont “la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine”, a-t-il martelé.Emmanuel Macron a annoncé dans la foulée sur la chaîne France 2 que “plusieurs milliers” de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine, après la signature d’un cessez-le-feu avec la Russie.S’ils ont affiché leur volonté d’être en “soutien”, les Etats-Unis ne sont toutefois pas signataires de la déclaration et les contours précis de leur engagement militaire restent encore flous.Donald Trump “soutient fortement ces protocoles de sécurité”, qui visent à “dissuader toute attaque” future en Ukraine, a relevé l’envoyé spécial Steve Witkoff.- “Pas seulement des paroles” -“Si l’Ukraine conclut un accord final (de paix), elle doit savoir qu’ensuite elle aura, de toute évidence, une dissuasion solide et de réels +filets de sécurité+ pour être sûre que tout cela ne se reproduise pas”, a renchéri le gendre du président américain, Jared Kushner.La force multinationale, à l’étude depuis des mois, sera formée par les pays volontaires de la Coalition, menée par les Européens et “soutenue” par les Etats-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française.La contribution américaine en matière “de renseignement et de logistique” et surtout l’engagement des Etats-Unis à apporter un “soutien” à la force en “cas d’attaque”, qui figuraient dans le projet de déclaration consulté par l’AFP, ne sont toutefois pas mentionnés dans le texte final.”Il est important que la coalition dispose aujourd’hui de documents substantiels, et pas seulement de paroles”, a salué le président ukrainien Volodymyr Zelensky, même si plusieurs questions “restent ouvertes” selon lui, comme celle, ultrasensible, des concessions territoriales exigées par Moscou.La balle est désormais dans le camp de la Russie, ont martelé les Européens. Tout cela “requiert de toute évidence de la bonne volonté du côté de l’agresseur russe également”, avait souligné, un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre polonais Donald Tusk, alors que le Kremlin s’est systématiquement opposé à tout déploiement militaire occidental en Ukraine.Moscou continue aussi de marteler ces exigences territoriales sur la totalité de la région minière et industrielle du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, y compris les territoires encore contrôlés par l’armée de Kiev.”Espérons que nous serons en mesure d’arriver à certains compromis”, a relevé Steve Witkoff qui s’est félicité de “progrès significatifs”. Le président ukrainien a rappelé que certaines “idées” – dont une démilitarisation de territoires contestés – étaient sur la table et a suggéré d’en discuter désormais “au niveau des dirigeants”.- L’ombre du Groenland et du Venezuela -Les contours opérationnels de la force multinationale restent par ailleurs encore imprécis, d’autant que certains pays ont maintenu une certaine prudence sur leur contribution. Comme l’Italie, qui a réitéré mardi son refus d’envoyer des soldats en Ukraine, ou encore l’Allemagne, dont les troupes allemandes pourraient participer à la force multinationale, mais seulement dans un pays membre de l’Otan, voisin de l’Ukraine, selon le chancelier Friedrich Merz.L’opération américaine au Venezuela et les déclarations de Donald Trump appelant à une main mise américaine sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, ont aussi été au menu de la journée, même si les dirigeants européens ont évité de répondre aux questions des journalistes sur le sujet en présence des émissaires américains.Nouvelle manifestation du jeu d’équilibriste diplomatique auquel ils s’astreignent, plusieurs pays du Vieux Continent dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont publié mardi une déclaration commune de soutien au Groenland et au Danemark face aux revendications du président américain. “Il n’y a pas pour moi de scénario où les Etats-Unis d’Amérique seraient mis dans une situation de violer la souveraineté danoise” au Groenland, a assuré Emmanuel Macron sur France 2.Plus tard dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a indiqué à l’AFP que Donald Trump étudiait “plusieurs options” pour acquérir le Groenland, y compris “utiliser l’armée”.Concernant l’Ukraine, les Etats-Unis ne sont pas membres de la Coalition des volontaires, mais leur soutien à Kiev reste crucial, y compris pour convaincre les autres alliés de s’engager. Car la perspective d’un cessez-le-feu reste hypothétique: une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin décembre et des appels entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine n’ont pas permis d’avancer sur les concessions territoriales exigées par Moscou.

“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, répond à Trump la présidente par intérim

“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, a lancé mardi Delcy Rodriguez au premier jour de son mandat en tant que présidente par intérim après l’enlèvement tonitruant et décrié du chef de l’Etat Nicolas Maduro à Caracas par l’armée américaine.A Donald Trump qui a clamé que les Etats-Unis étaient désormais “aux commandes” et que Mme Rodriguez “paierait plus cher que Maduro” si elle ne faisait pas “ce qu’il faut”, la vice-présidente propulsée présidente par intérim a déclaré que “le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre”.”Le peuple vénézuélien reste ferme et mobilisé pour défendre notre patrie (…) C’est un peuple qui ne se rend pas”, a-t-elle encore martelé lors d’une allocation télévisée trois jours après la capture par les Etats-Unis de M. Maduro, une opération éclair qui a fait 55 morts au sein des forces vénézuéliennes et cubaines.Lundi, Mme Rodriguez, 56 ans, a prêté serment devant le Parlement, prenant la tête d’un gouvernement qui compte toujours dans ses rangs le ministre de l’Intérieur et tenant d’une ligne dure, Diosdado Cabello, ainsi que le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.D’après la Constitution, l’intérim de Mme Rodriguez n’est que de 90 jours, une période qui peut-être prorogée de trois mois supplémentaires par l’Assemblée nationale.En cas de déclaration de vacance absolue de Nicolas Maduro, qui n’a pas encore été décrétée, la loi l’oblige à convoquer des élections dans les 30 jours suivants.Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a affirmé lundi prévoir de retourner “le plus vite possible” au Venezuela. Le président américain l’a disqualifiée samedi pour prendre la tête du pays.Tout en affirmant ne pas vouloir s’impliquer dans les affaires politiques d’autres nations, comme les Etats-Unis l’ont fait en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, qui dispose des premières réserves de brut prouvées de la planète.”Dizaines de victimes”Mardi, le procureur général du Venezuela Tarek William Saab a fait état de “dizaines de victimes parmi les civils innocents et les militaires” lors de l’opération américaine menée dans la nuit de vendredi à samedi.  Les avis de décès de 23 militaires, dont cinq amiraux, ont été rendus publics sur le compte Instagram de l’armée vénézuélienne, dans un premier bilan officiel fourni par les autorités à Caracas.Par ailleurs, Cuba, un allié du Venezuela, avait auparavant annoncé que 32 membres de ses services de sécurité avaient été tués, et a divulgué leur identité mardi dans la presse officielles.L’ONU a averti mardi que cette intervention, présentée par les Etats-Unis comme une opération de police, avait “sapé un principe fondamental du droit international”.Après des mois de frappes sur des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, les Américains se sont emparés samedi de Nicolas Maduro, 63 ans, et de son épouse Cilia Flores, 69 ans. Tous deux doivent répondre de quatre chefs d’accusation, dont celui de “narcoterrorisme”. Tous deux ont plaidé non coupables lundi lors d’une première audience devant un tribunal fédéral à New York. Maduro va rester incarcéré dans cette ville et comparaîtra à nouveau le 17 mars. A Caracas, un nouveau appel au rassemblement de ses partisans a été lancé mardi au Venezuela pour exiger sa libération.Sara Pilar Rodriguez, militante pro-pouvoir estime que les Etats-Unis ont commis un “abus institutionnel”: À notre présidente par intérim, qu’elle sache qu’elle peut compter sur le soutien de toutes les femmes, de toutes les forces politiques. Nous sommes ici prêts à défendre tout cela jusqu’au retour de Maduro, qui reviendra bientôt. Maduro doit revenir, en tout cas moi je l’attends, et il arrivera bientôt”.Alors que la peur de la répression règne au Venezuela, les langues se délient parfois à la frontière colombienne: Evelyn Cardenas, qui sort du Venezuela, se dit convaincue que “tous les Vénézuéliens sont heureux” de la chute de Maduro, “mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement”.- “Gouvernement instable” -Le syndicat de la presse vénézuélienne (SNTP) a signalé mardi sur les réseaux sociaux que, en marge de cette session à l’Assemblée nationale, 14 journalistes et collaborateurs de médias, “dont 13 d’agences et de médias internationaux”, avaient été interpellés, puis libérés, ainsi que deux correspondants de la presse internationale à la frontière avec la Colombie. Mme Rodriguez, qui a pris en main la gestion du pétrole, la principale ressource du Venezuela, devra également préserver l’unité du chavisme, la doctrine héritée de l’ex-président de gauche Hugo Chavez (1999-2013) qui a procédé à de nombreuses nationalisations.Le nouveau gouvernement est “instable”, juge l’analyste politique Marino de Alba, expliquant que “malgré les divergences internes, le chavisme a bien intégré que seule une cohésion apparente lui donnait une chance de se perpétuer au pouvoir”.”L’objectif principal est de gagner du temps pour (…) profiter du fait que les revendications et les conditions de Washington sont centrées sur la question pétrolière”, selon lui.bur-jt-pgf-lab-al/ial/

Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles

Départ de convois pour Paris ou rassemblements locaux: les actions des agriculteurs diffèrent mardi selon les syndicats, dont deux ont été reçus à Matignon après une ultime concession budgétaire de Bruxelles pour essayer de faire passer la pilule de l’accord UE-Mercosur.La première organisation du secteur, la FNSEA, est repartie de sa rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu avec selon elle la promesse d’annonces d’ici à vendredi sur “les mesures qu’il entend très concrètement mettre en place” pour répondre aux revendications de la profession.”Nous lui avons rappelé ce qui compte aujourd’hui, ce ne sont plus les mots, mais les actes”, a asséné le président de la FNSEA Arnaud Rousseau face aux journalistes, en disant espérer voir “clarifier” d’ici à la fin de la semaine les détails de ces “mesures d’urgence attendues qui sont rappelées depuis très longtemps” par son syndicat.Les annonces gouvernementales ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur…Mardi soir, M. Rousseau a répété que l’accord UE-Mercosur, qui semble devoir franchir des étapes décisives dans les prochains jours, représentait “le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne”.Plus tôt mardi, l’UE a promis une rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros dès 2028 dans la future politique agricole commune (PAC), à la veille d’une réunion spéciale des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, visant à répondre aux “préoccupations” du secteur.Cette annonce ressemble à une ultime concession avant la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, envisagée le 12 janvier.- Accord Mercosur “mal né” -Le président Emmanuel Macron s’est réjoui de cette rallonge, estimant que la France pourrait “ainsi garantir le maintien du niveau actuel de ces aides jusqu’en 2034″, dans un message sur X (ex-Twitter).Sur le Mercosur, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a besoin au préalable du feu vert des Etats membres, lors d’un vote attendu dès vendredi.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. En sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.”Nous avons redit clairement au Premier ministre que pour nous il n’était pas question qu’on puisse accepter quoi que ce soit sur cet accord qui est encore une fois un accord mal né”, a martelé M. Rousseau mardi soir.”Nous allons attendre de voir ce week-end ce qui se passe, et si le Mercosur devait être signé, évidemment nous appellerions à de nouvelles mobilisations”, a mis en garde le président de la FNSEA.Un arrêté pour empêcher d’importer en France des produits agricoles notamment sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons…) traités avec des substances chimiques interdites dans l’Union européenne doit être publié mercredi.La Commission européenne aura dix jours pour s’y opposer éventuellement mais elle pourrait aussi l’étendre à toute l’Union, a indiqué mardi le ministère de l’Agriculture.Pour la Confédération paysanne, ces mesures “ne sont pas structurelles (…) pour nous, il faut que la France reste sur un +non+ ferme et définitif” à l’accord UE-Mercosur, a déclaré à l’AFP une porte-parole du syndicat, Fanny Métrat, à sa sortie de Matignon. Le syndicat a répété à M. Lecornu son rejet de l’abattage total des troupeaux de vaches touchés par la DNC, sans obtenir gain de cause, a-t-elle concédé, en prévenant que la colère du monde agricole restait “immense” et que la mobilisation se poursuivrait, notamment lors du salon de l’Agriculture prévu fin février.- Pression sur Bruxelles -Les ministres européens de l’Agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la PAC. Si la FNSEA et leurs alliés des Jeunes agriculteurs promettent des actions fortes après une éventuelle signature, la Coordination rurale a haussé le ton dès lundi, à sa sortie de Matignon.Son président Bertrand Venteau s’est insurgé contre l’interdiction des convois de tracteurs qu’il prévoyait d’envoyer à Paris et maintenu son appel à “monter” sur la capitale. Des cortèges sont partis de plusieurs départements, Corse comprise, mais surtout depuis le Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre.Le blocage de l’A64 se poursuit à proximité de Toulouse où plusieurs organisations syndicales d’Occitanie ont prévu de converger mercredi pour “assiéger” la ville rose, malgré l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation.Bertrand Venteau a assumé lundi de ne vouloir “rien lâcher” notamment sur le sujet des abattages de l’intégralité d’un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté.

A la frontière colombienne, quelques passages de Vénézuéliens et beaucoup d’anxiété

A un poste frontière surveillé par des blindés et des soldats colombiens, quelques Vénézuéliens chargés de valises, une armada de journalistes et beaucoup d’anxiété régnaient mardi, trois jours après l’opération militaire éclair des Etats-Unis qui a déchu le président Nicolas Maduro.”Nous étions venus pour passer Noël et régler quelques formalités administratives, et on a encore du mal à y croire”, témoigne Evelyn Cardenas, une architecte de 57 ans originaire de San Cristobal, au Venezuela, et qui vit au Chili depuis neuf ans.Elle traîne une grosse valise, suivie par son mari. Sitôt la frontière franchie au niveau du pont international Simon Bolivar, qui relie San Antonio del Tachira au village colombien de Villa del Rosario, les bouches se délient. “Tous les Vénézuéliens sont heureux, mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement (…) je peux le dire maintenant parce que j’ai déjà traversé le pont”, lâche-t-elle dans un soupir. Elle est convaincue que “cette fois, quelque chose de positif va arriver pour notre pays” dirigé depuis 2013 par Nicolas Maduro, après Hugo Chavez depuis 1999. “Nous allons enfin sortir des ténèbres!”, espère-t-elle.D’autres, qui se rendent fréquemment à Cucuta, côté colombien car les prix y sont plus avantageux, préfèrent ne pas donner leur avis sur la situation incertaine. Mardi, un nouvel appel au rassemblement de partisans de Nicolas Maduro a été lancé pour exiger sa libération.Donald Trump a déclaré que les Etats-Unis étaient désormais “aux commandes” du pays aux quelque 30 millions d’habitants et à la grande pauvreté. L’objectif affiché du président américain est la lutte contre le narcotrafic émanant selon lui de ce pays, qui dispose par ailleurs des plus grandes réserves de pétrole au monde.- “Sous le choc” -Walter Monsalve, professeur de 55 ans, dit être encore “sous le choc” après l’opération menée en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi à Caracas et d’autres Etats du pays par près de 200 soldats américains et 150 appareils.”Ce qu’ils font maintenant, c’est voir ce qu’ils peuvent prendre”, estime M. Monsalve, par ailleurs circonspect sur le rôle des Nations Unies. “Ces organismes internationaux ne stoppent pas ces situations”, déplore-t-il. Peu après, passe Kayleig Jiménez, une étudiante de 16 ans qui se dit encore incrédule mais remplie d’espoir de voir revenir des proches et amis qui ont fui. “Nous sommes désormais +Veneyork+”, mot valise entre Vénézuéliens et New York où doit être jugé le président déchu.Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait conduit sans succès une politique de sanctions maximales contre le Venezuela.- “Ne partez pas !” -“Merci de tout raconter sur le Venezuela, ne partez pas !”, crient aux journalistes des Vénézuéliens qui franchissent le pont aux rambardes jaunes. Des studios de télévision improvisés sous des tentes et un enchevêtrement de câbles, micros et trépieds s’ajoutent au décor, dont trois blindés colombiens.Mais peu passent la frontière. Il est difficile pour un journaliste de pénétrer sur le sol vénézuéliens, de nombreux reporters ont tenté en vain de demander un visa au consulat vénézuélien à Cucuta.Le Venezuela figure en queue de peloton dans le classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse de 2025, à la 160e position sur 180.Mardi, le syndicat de la presse vénézuélienne a indiqué que 14 professionnels des médias, “dont 13 d’agences et de médias internationaux”, avaient été arrêtés la veille, puis libérés, lors de la session du Parlement vénézuélien au cours de laquelle Delcy Rodriguez la présidente par intérim a prêté serment.