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Venezuela: “avec on sans négociation”, Maduro “quittera le pouvoir”, promet la prix Nobel Machado

La prix Nobel de la paix 2025 Maria Corina Machado s’est dite convaincue lors d’un entretien par visioconférence avec l’AFP lundi que le président vénézuélien Nicolas Maduro “quittera le pouvoir avec ou sans négociation”, rappelant que des “garanties” lui avaient été proposées. La cheffe de l’opposition vénézuélienne, 58 ans, qui est entrée dans la clandestinité quelques jours après la présidentielle de 2024, estime que sa récompense et le déploiement américain sont un “coup fatal” pour le pouvoir.Washington a déployé en août huit navires de guerre au large des côtes du Venezuela.L’administration Trump a frappé en mer au moins quatre embarcations qu’elle a présentées comme étant celles de narcotrafiquants, pour un bilan d’au moins 21 morts. Plusieurs sources proches du pouvoir américain font état de frappes imminentes visant le territoire vénézuélien. – “Avec ou sans négociation” -“Maduro a en ce moment la possibilité d’avancer vers une transition pacifique. (…) Avec ou sans négociation, il quittera le pouvoir”, a-t-elle lancé. “Nous avons dit être prêts à offrir des garanties, que nous ne rendrons pas publiques tant que nous ne serons pas assis à cette table de négociation. S’il insiste, les conséquences seront directement de sa responsabilité. De personne d’autre”, prévient-elle.”Ils (le pouvoir) sont conscients que nous sommes dans une phase finale et décisive (…) Ces dernières heures, plusieurs camarades ont été arrêtés, la répression augmente. C’est une façon d’essayer de paraître forts parce qu’ils savent que tout ce qui se passe (déploiement et prix Nobel) est un coup fatal”, assure Mme Machado.”Le monde entier sait qu’ils ont été battus à plate couture. Nous avons démontré notre triomphe”, ajoute-elle à propos de la présidentielle de 2024. L’opposition qui a collecté les procès-verbaux des bureaux de vote assure avoir prouvé la fraude du pouvoir. Le conseil national électoral, considéré aux ordres de Maduro, l’a déclaré vainqueur, sans publier de chiffres détaillés, affirmant avoir été victime d’une attaque informatique. – Intervention américaine -“Je ne vais pas spéculer”, a-t-elle réagi sur le déploiement américain. “Celui qui a déclaré la guerre aux Vénézuéliens, c’est Nicolas Maduro”.”Je l’ai répété d’innombrables fois: sans liberté, il n’y a pas de paix et sans force, il n’y a pas de liberté quand tu fais face à une structure narco-terroriste. Nous avons tout essayé”, a-t-elle néanmoins souligné.”L’invasion qui existe ici est celle des Cubains, des Russes, des Iraniens (alliés traditionnels de Caracas), du Hezbollah, du Hamas, des cartels de la drogue, de la guérilla des Farc”, accuse-t-elle.”Nous, les Vénézuéliens, nous n’avons pas d’armes à feu, nous avons la parole, nous avons l’organisation citoyenne, nous avons la pression, nous avons la dénonciation”, dit-elle.- Relations avec Trump et les Etats-Unis -Mme Machado qui a dédié son prix au “peuple vénézuélien qui souffre” mais aussi au président américain souligne que c’est “reconnaître au président Trump ce que nous considérons juste et nécessaire (…) C’est pour lui transmettre à quel point le Venezuela a besoin de son leadership et de la coalition internationale qui s’est formée”.”Nous avons un grand respect et une communication fluide (avec Washington), comme j’en ai avec de nombreux autres gouvernements”, confie Mme Machado. Elle a refusé d’évoquer la périodicité des contacts ou la lutte d’influence que se livrent, selon les médias, le secrétaire d’Etat Marco Rubio et l’envoyé spécial Richard Grenell.- “Corruption et répression” -“L’argent, lorsqu’il leur parvient (au pouvoir) passe d’abord dans la corruption. C’est le plus grand pillage de l’histoire de l’humanité. En deuxième lieu, (l’argent) va à la répression. (…) Mais il n’y pas d’argent pour les médicaments, les enseignants, les services publics, les personnes âgées”, assure Mme Machado.- Armée -“Il faut offrir des garanties, et ceux qui facilitent une transition en auront (…) Ce message, nous l’avons adressé à toute la structure des Forces armées, aux corps policiers et aux employés publics”, dit-elle.Imagine-t-elle un soulèvement ? “Nous avons tous – civils, militaires – un rôle à jouer et, dans tous les cas, toute action qui respecte (la victoire revendiquée par l’opposition à la présidentielle) le 28 juillet serait le rétablissement de la Constitution”.- Son avenir -“Notre président élu (Edmundo Gonzalez Urrutia, selon l’opposition) a déclaré qu’il souhaite que je l’accompagne en tant que vice-présidente”, a déclare Mme Machado, qui n’avait pu se présenter car déclarée inéligible. “Je serai là où je pourrais être le plus utile à notre pays”. A propos de sa clandestinité, elle affirme ne “pas compter les jours, mais soustraire ceux qui restent, parce que je ne doute pas une seule seconde que nous sommes dans un compte à rebours”.

Israël: l’armée annonce que les quatre dépouilles d’otages rendues lundi ont été identifiées

Les quatre dépouilles d’otages rendues lundi par le Hamas ont été identifiées, parmi lesquelles celle de l’étudiant népalais Bipin Joshi et de trois Israéliens, a annoncé mardi l’armée israélienne.”A l’issue du processus d’identification (des quatre dépouilles) par l’Institut national de médecine légale, les représentants de l’armée ont informé les familles de Guy Illouz, Bipin Joshi, et de deux autres otages décédés (…) que leurs proches ont été ramenés pour être enterrés”, indique un communiqué militaire.Guy Illouz avait été enlevé au festival de musique Nova, où les commandos du Hamas ont tué plus de 370 personnes le 7 octobre 2023. Etudiant en agriculture arrivé en Israël trois semaines avant l’attaque du Hamas, Bipin Joshi avait été enlevé au kibboutz Aloumim.La publication des deux autres noms n’a pas encore été autorisée par les familles.Guy Illouz, 26 ans au moment de son décès, “a été blessé et enlevé vivant” par le mouvement islamiste Hamas. “Il est décédé des suites de ses blessures après n’avoir pas reçu de soins médicaux appropriés pendant sa captivité par le Hamas”, a indiqué l’armée.Bipin Joshi, 22 ans au moment de son “enlèvement dans un abri du kibboutz Aloumim par le Hamas, a été assassiné pendant sa captivité au cours des premiers mois de la guerre”, selon l’armée. Il était le dernier otage non-Israélien captif à Gaza.L’armée souligne que “les conclusions finales (sur les causes des décès) seront déterminées une fois achevé l’examen des circonstances” par le centre de médecine médico-légale.”Malgré le chagrin”, le retour des quatre dépouilles “apporte un certain réconfort aux familles qui ont vécu dans l’incertitude et le doute pendant plus de deux ans”, a indiqué dans un communiqué le Forum des familles d’otages, principale organisation israélienne militant pour la libération des otages retenus à Gaza.- Un lent rétablissement -Simultanément à l’annonce de l’identification des dépouilles, de premières informations ont commencé à affleurer mardi sur l’état de santé des 20 otages libérés la veille.Noa Eliakim Raz, responsable du département chargé d’accueillir les otages à l’hôpital Beilinson près de Tel-Aviv, dans lequel ont été accueillis plusieurs otages, a indiqué mardi en milieu de matinée qu’ils se réveillaient progressivement, soulignant que c’était “leur première nuit hors de captivité” depuis deux ans.”Ils ont subi des analyses sanguines et des examens préliminaires (…) Le fait d’avoir été sous terre affecte tous les systèmes de l’organisme”, a-t-elle indiqué à la radio publique israélienne Kan.Elle a fait état d’une “perte de poids importante” chez certains d’entre eux et précisé que l’hôpital s’adapterait à chaque cas. “Il n’y a pas de calendrier fixe, chacun suit son propre rythme (…) il est important qu’ils se rétablissent lentement”, a-t-elle ajouté.Les jumeaux Ziv et Gali Berman, 28 ans, qui se sont longuement tenus par le cou lors de leurs retrouvailles lundi, ont expliqué avoir été séparés tout au long de leur captivité et détenus en isolement total sans savoir si leur jumeau était en vie, selon des informations publiées par la chaîne 12.Ils ont fait état de longues périodes pendant lesquelles ils ont souffert de la faim, alternant avec de courtes périodes où ils étaient mieux nourris, selon la chaîne.Avinatan Or, 32 ans, dont les images de l’enlèvement avec sa petite amie, Noa Argamani, avaient fait le tour du monde, a perdu 30% à 40% de sa masse corporelle et a été maintenu en isolement complet pendant deux ans, selon les informations de la chaîne 12. L’ingénieur n’a appris qu’une fois relâché que Noa avait été libérée lors d’une opération des commandos israéliens.

Procès Jubillar: pour les parties civiles, la solidité de l’enquête démontre un “féminicide”

Les premiers avocats des parties civiles à plaider mardi devant les assises du Tarn ont insisté sur la solidité d’une “enquête honnête et exhaustive” qui permet selon eux de démontrer que l’affaire Jubillar est celle d’un “féminicide”.”Toutes les pièces s’assemblent pour former ce puzzle de la vérité, qui est que, ce soir-là, Cédric Jubillar a bien tué son épouse”, a souligné Philippe Pressecq, qui défend les intérêts d’une des cousines de Delphine Jubillar, née Aussaguel.L’avocat a appuyé sur le fait que la gendarmerie, dans la foulée de la nuit de sa disparition, du 15 au 16 décembre 2020, avait déployé “des moyens technologiques et humains inédits”.”Est-ce une enquête orientée, superficielle ou malhonnête? Non”, a martelé le conseil, réfutant les arguments d’une défense qui n’a eu de cesse de dénoncer les “imprécisions” voire les “mensonges” de l’enquête mais, a fait remarquer l’avocat, n’a demandé l’annulation d’aucun acte de procédure alors qu’elle en avait la possibilité.Dans son sillage, Mourad Battikh, avocat de plusieurs cousins, oncles et tantes de Delphine, mais aussi depuis lundi de son amant qui a annoncé se constituer partie civile, a lui aussi insisté sur le faisceau d’indices réunis contre M. Jubillar, des éléments qui sont autant de “caméras”, “d’angles de vue” démontrant le crime.- Lunettes “fracassées” -L’avocat a listé, de son débit rythmé au style direct et imagé, le témoignage de Louis, le fils du couple qui a évoqué une dispute entre ces parents ce soir-là, les lunettes “fracassées” de l’infirmière qui établissent la violence, ou encore le téléphone de la disparue qui continue à borner près de son domicile le matin du 16, écartant la thèse d’un rôdeur ou d’un départ volontaire.Il a également dépeint un Cédric Jubillar “menteur” qui cherche, par ses affirmations, à entraîner les jurés “loin de chez lui”, car “dans les cas de féminicide, on peut naturellement convoquer l’image du rôdeur dans la nuit noire et froide” alors que “la réalité est tristement plus banale”: dans ce type de crime, “l’endroit le plus dangereux (…) c’est la cuisine, la chambre à coucher, le salon”.La thèse du féminicide est également celle sur laquelle s’est appesantie Pauline Rongier, l’avocate d’une amie de Delphine Jubillar, qui a demandé aux jurés de trouver le “courage” de condamner l’accusé malgré l’absence de corps, car cette affaire constitue un “cas d’école”, voire un “paroxysme du féminicide”.Paroxysme, “car il l’a tuée, mais en plus, l’a fait disparaître, peut-être à jamais”, a-t-elle insisté, estimant que “cette absence de corps n’est pas une preuve en moins” mais “une sauvagerie en plus”.”Isolement” de son épouse, dénigrement, “surveillance”, “violences sur les enfants”, Pauline Rongier a décrit la “chape de plomb, la prison dans laquelle était Delphine”, ce “contrôle coercitif” exercé par Cédric sur son épouse qui, selon elle, précède la plupart des féminicides.Dans son box vitré, l’accusé a continué mardi de montrer quelques signes de nervosité, se grattant la tête puis l’arête du nez, notamment lorsque s’est avancée à la barre l’avocate de sa mère, assise non du côté de la défense, mais des parties civiles.- “Rien à gagner” -“Moi aussi, je veux la vérité, quelle qu’elle soit”, avait lancé Nadine Jubillar lors de sa déposition.Qu’elle soit assise sur le banc des victimes, “c’est à l’image de sa vie”, a estimé mardi son avocate Géraldine Vallat, à propos de sa cliente qui a donné naissance à Cédric à 16 ans, avant qu’il ne soit placé en famille d’accueil à deux reprises.Cette mère “n’a rien à gagner dans ce procès contre son fils”, a souligné l’avocate, affirmant qu’elle sortirait “d’ici avec un verdict, une vérité judiciaire” pour avancer avec ses petits-enfants, Louis et Elyah.Après les plaidoiries des parties civiles qui devraient se poursuivre jusqu’à mercredi matin, les avocats généraux prendront la parole, ainsi que la défense, jeudi. Vendredi, l’accusé aura une dernière fois l’occasion de s’exprimer avant que la cour ne se retire pour délibérer puis rende son verdict.

Nouveaux droits, nouvelles sanctions, la Chine prête à se battre “jusqu’au bout”

La Chine s’est dite mardi prête à se battre “jusqu’au bout” s’il le faut, tout en déclarant rester ouverte à la discussion avec les Etats-Unis, le jour où les deux puissances échangeaient une nouvelle salve commerciale dans leurs ports.Le géant asiatique impose depuis mardi des droits spéciaux aux bateaux américains entrant dans ses ports, en représailles, dit-il, à des mesures similaires censées entrer en vigueur le même jour aux Etats-Unis contre les bateaux chinois.L’enquête américaine débouchant sur ces nouveaux droits a été ouverte sous le président Joe Biden pour mettre à jour les pratiques jugées déloyales de la Chine dans les secteurs de la construction navale, du transport maritime et de la logistique. Elle a été suivie d’effet sous son successeur Donald Trump.Après des mois de tensions et de relatif apaisement consécutifs au retour de M. Trump à la Maison Blanche, le mois d’octobre a montré que la guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis pouvait reprendre de plus belle. “Si vous voulez vous battre, nous nous battrons jusqu’au bout. Si vous souhaitez négocier, notre porte reste ouverte”, a dit un porte-parole du ministère chinois du Commerce dans un communiqué.La Chine a annoncé jeudi l’instauration de nouveaux contrôles sur les exportations de technologies liées aux terres rares. Le lendemain, M. Trump a annoncé que les Etats-Unis frapperaient les marchandises chinoises de droits de douane supplémentaires de 100%, s’ajoutant à ceux déjà en vigueur, à partir du 1er novembre “ou avant”.La Chine est le premier producteur mondial des terres rares essentielles pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement. Elles sont l’un des grands enjeux de la confrontation commerciale en cours.La Chine a fait savoir mardi qu’elle sanctionnait cinq filiales américaines de l’une des grandes entreprises de construction navale sud-coréennes, Hanwha Ocean. Le ministère du Commerce les accuse d’avoir “contribué à et soutenu” l’enquête américaine sur les pratiques de l’industrie navale chinoise.Toute transaction et coopération avec elles est désormais interdite, a indiqué le ministère.Le ministère chinois des Transports a simultanément annoncé l’ouverture d’une enquête qui dira si d’autres entreprises ou individus ont contribué aux investigations américaines.Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a dit dans un message transmis à l’AFP évaluer l’impact potentiel des mesures contre les filiales de Hanwha Ocean.- Chaud et froid -La Chine construit près de la moitié des navires mis à l’eau dans le monde, devant la Corée du Sud et le Japon. L’industrie américaine ne représente plus que 0,1% de la construction navale mondiale.La Chine a soufflé le chaud et le froid dans ses communications mardi. Après avoir délivré le coup de semonce des 100% de droits de douanes supplémentaires vendredi, M. Trump lui-même s’était montré plus conciliant dimanche.Les droits américains sur les bateaux chinois sont des “actes typiques d’unilatéralisme et de protectionnisme”, a dit le ministère du Commerce. Il a prédit qu’ils se retourneraient contre les Etats-Unis en y augmentant l’inflation et en perturbant les chaînes d’approvisionnement.Néanmoins, le ministère du Commerce s’est référé aux différents rounds de négociations commerciales entre Américains et Chinois en 2025 pour signifier que la Chine restait favorable à la discussion.Des négociations à Madrid en septembre avaient débouché sur un accord sur la cession de la plateforme TikTok et avaient semblé faire baisser la température.Quant aux nouvelles dispositions sur les technologies relatives aux terres rares, le ministère a assuré qu’elles “ne (constituaient) pas une interdiction des exportations”.”Les demandes (d’exportation) qui répondront aux exigences en vigueur continueront de se voir accorder des licences comme auparavant, et nous maintiendrons à la fois la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales”, a dit le ministère.Mais, depuis Madrid, “la partie américaine persiste à instaurer de nouvelles restrictions contre la Chine, portant gravement atteinte à ses intérêts et nuisant gravement à l’atmosphère des négociations économiques et commerciales bilatérales”, a dit le ministère.

Une femme à la tête de l’ONU? La candidate costaricienne refuse tout traitement de faveur

Rebeca Grynspan, cheffe d’une agence onusienne et candidate du Costa Rica dans la course au poste de secrétaire général de l’ONU, plaide pour que la sélection se fasse sans discrimination ni traitement de faveur à l’égard des femmes.”Si on peut avoir un processus qui ne discrimine pas les femmes et que nous sommes capables d’accéder …

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Une femme à la tête de l’ONU? La candidate costaricienne refuse tout traitement de faveur

Rebeca Grynspan, cheffe d’une agence onusienne et candidate du Costa Rica dans la course au poste de secrétaire général de l’ONU, plaide pour que la sélection se fasse sans discrimination ni traitement de faveur à l’égard des femmes.”Si on peut avoir un processus qui ne discrimine pas les femmes et que nous sommes capables d’accéder au poste de secrétaire général, nous montrerons au monde que nous pouvons vivre sur un pied d’égalité, qu’il y a vraiment de l’espoir”, a estimé Mme Grynspan dans un entretien accordé à l’AFP à Genève.Quelques jours plus tôt, son gouvernement annonçait la candidature de la dirigeante de l’agence de l’ONU pour le Commerce et Développement (Cnuced), estimant qu’elle était “la plus qualifiée”.Le second mandat de l’actuel secrétaire général portugais Antonio Guterres s’achèvera fin 2026, et les appels se multiplient pour qu’une femme dirige enfin l’ONU, ce qui serait une première.Outre Mme Grynspan, d’autres noms de femmes circulent comme ceux de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, de la ministre mexicaine de l’Environnement Alicia Barcena, ou de la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley.Ces femmes “ont toutes d’excellents CV et aucune d’entre nous n’a besoin d’un traitement de faveur. Nous refusons toute discrimination”, même positive, a insisté Mme Grynspan. “Nous ne voulons pas que la discrimination dicte (ce) choix”, a-t-elle ajouté.”Le vrai sujet n’est pas de dire qu’il faut une femme mais de se demander pourquoi il n’y en pas eu jusqu’à présent”, a encore souligné l’ancienne vice-présidente du Costa Rica.Nommée à la tête de la Cnuced en 2021, cette économiste de 69 ans est la première femme dans l’histoire à diriger cette agence. Elle quittera provisoirement son poste pendant la campagne qui devrait débuter dans les prochains mois.  “Avoir été capable de surmonter tant d’obstacles dans ma carrière et à travers mon expérience m’a rendue très résiliente et persévérante”, a-t-elle expliqué, estimant que c’étaient là des “qualités” utiles pour diriger les Nations unies.   – Le commerce “outil pour la paix” -Depuis sa fondation en 1945, l’ONU a eu seulement un Latino-Américain à sa tête, le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, entre 1982 et 1991.A la Cnuced, Mme Grynspan a dû relever d’importants défis pesant sur le commerce international, tels que le changement climatique et les conflits à Gaza et en Ukraine. Elle a notamment été chargée de négocier pour l’ONU “l’Initiative de la mer Noire”, en 2022, pour faciliter l’exportation de dizaines de millions de tonnes de céréales et d’autres denrées alimentaires depuis les ports ukrainiens à travers le monde, malgré l’invasion russe en Ukraine.”Je crois vraiment que le commerce peut être un outil pour la paix, mais aussi pour la diplomatie”, a-t-elle avancé, alors que les nouveaux droits de douane lancés par les Etats-Unis de Donald Trump sont encore venus compliquer sa tâche cette année. A une semaine de la grande session quadriennale de la Cnuced à Genève, Mme Grynspan souligne que cette réunion aura lieu dans “une période critique pour le commerce mondial et le multilatéralisme”.”Il y a eu un changement tectonique dans la manière dont le système commercial opère”, avec notamment une plus forte prise en compte des politiques industrielles et des questions de sécurité, explique-t-elle à l’AFP.”Il sera très difficile de revenir en arrière”, selon elle, mais la question est avant tout de savoir si, malgré ces changements, les règles du commerce mondial vont rester imprévisibles ou pas.Elle juge à cet égard “essentiel que les Etats-Unis et la Chine poursuivent la voie de la négociation” pour éviter une guerre commerciale aux répercussions mondiales, et appelle aussi à mieux “protéger les pays vulnérables”, qui pour beaucoup se sont vu imposer des droits de douane américains “plus élevés que les pays développés”.

Cameroun: le candidat d’opposition Issa Tchiroma Bakary revendique sa victoire à la présidentielle

L’ancien ministre passé à l’opposition Issa Tchiroma Bakary a revendiqué mardi la victoire à l’élection présidentielle camerounaise de dimanche, défiant le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans, alors que les résultats officiels ne sont attendus que dans deux semaines.Plus vieux chef d’État en exercice au monde, Paul Biya, 92 ans, brigue un 8e mandat. Issa Tchiroma Bakary, 79 ans et ancien ministre du camp présidentiel jusqu’en juin, a suscité un engouement inattendu pendant la campagne, alors que la candidature de l’opposant historique Maurice Kamto a été rejetée.”Notre victoire est claire. Elle doit être respectée”, a déclaré M. Tchiroma. Il a appelé le régime de Biya à “accepter la vérité des urnes” ou à “plonger le pays dans un tourment”. “Le peuple a choisi, et ce choix doit être respecté”, a-t-il insisté sur sa page Facebook, promettant de publier un rapport détaillé des résultats par région. Depuis lundi, les militants des deux camps revendiquaient chacun leur victoire sur les réseaux sociaux, postant des photos de procès-verbaux ou des résultats inscrits sur les tableaux noirs dans les bureaux de vote. Et certaines figures de l’opposition partageaient déjà publiquement leurs félicitations à M. Tchiroma.Son équipe de campagne, qui affirme avoir placé des observateurs dans 90% des bureaux de vote, attendait la compilation des procès-verbaux pour “une approche statistique de cette victoire”. Dans son fief de Garoua, où le candidat Tchiroma s’est retrouvé pris dans des échauffourées entre ses partisans et les forces de l’ordre dimanche, la présence militaire est renforcé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP.- Campagne “plus animée” -S’il est autorisé de rendre public les procès-verbaux de chacun des bureaux de vote, il est en revanche illégal de proclamer le résultat du vote avant le Conseil constitutionnel.”C’est la ligne rouge à ne pas franchir” avait réitéré le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, lors d’une conférence de presse dimanche soir.Les autorités n’ont ni communiqué le taux de participation ni précisé la date exacte de proclamation des résultats, prévue avant le 26 octobre par le Conseil constitutionnel. Un délai alimentant des craintes de fraude en faveur de Paul Biya, 92 ans, réélu avec plus de 70 % des voix depuis plus de deux décennies.Dans sa vidéo de près de cinq minutes, Tchiroma, “ému”, a fait état d’une “victoire écrasante” qui représente pour lui “une sanction claire du régime en place et un plébiscite en faveur d’un changement immédiat”.Cet ancien porte-parole du gouvernement a rassemblé plusieurs milliers de personnes lors de ses meetings à travers le pays.”La campagne a été beaucoup plus animée” que d’ordinaire explique à l’AFP Stephane Akoa, un politologue camerounais “cette élection est donc peut-être plus susceptible de nous surprendre”, dans un pays où 40% des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2024, selon la Banque mondiale.- “Au revoir Biya” -Dimanche soir à la clôture du scrutin, de nombreux partisans scandaient “Au revoir Paul Biya, Tchiroma arrive” dans le quartier de la Briqueterie, fief du candidat Tchiroma à Yaoundé.L’ex-ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et président de son parti, le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a été désigné à la mi-septembre comme candidat par l’Union pour le changement 2025, une coalition de partis d’opposition minoritaires et membres de la société civile.En déplacement en région anglophone pendant la campagne, il a demandé “pardon” pour avoir, du temps où il était ministre et porte-parole du gouvernement, “nié l’existence d’un problème anglophone dans ce pays”.Dans son programme, il propose “3 à 5 ans de transition pour reconstruire” le pays qu’il estime “détruit” par 43 ans du régime Biya.En 2018, lors de la dernière présidentielle, Maurice Kamto, arrivé deuxième du scrutin et dont la candidature a été rejetée cette année, s’était proclamé vainqueur au lendemain du vote. Kamto avait ensuite été arrêté, et les rassemblements de ses partisans dispersés à coups de gaz lacrymogènes et canons à eau et des dizaines de manifestants arrêtés – certains demeurent toujours emprisonnés.

Madagascar: le président s’accroche au pouvoir et dissout l’Assemblée

La crise politique à Madagascar tourne au bras de fer institutionnel. Le président malgache Andry Rajoelina, contesté dans la rue mais accroché au pouvoir, a dissous mardi l’Assemblée nationale avant un vote le visant pour abandon de poste.Fragilisé par le ralliement ce weekend des militaires à la contestation ayant embrasé le pays et désormais réfugié dans un lieu inconnu, le chef de l’État a écarté la veille toute démission en appelant à “respecter la Constitution” lors de sa première apparition à l’écran depuis ce revirement.Élu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina était sous la menace d’un vote le visant pour “empêchement temporaire” qui nécessitait la majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale.”Conformément aux dispositions de l’article 60 de la Constitution, l’Assemblée nationale est dissoute”, indique donc un décret diffusé sur la page Facebook de la présidence dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP par l’entourage du président.”Ce choix s’impose pour rétablir l’ordre au sein de notre nation et renforcer la démocratie”, a-t-il justifié dans un message sur les réseaux sociaux dans la foulée.Des députés de l’opposition assuraient avoir collecté suffisamment de signatures pour procéder à un vote lors d’une session extraordinaire mardi qu’ils justifient par une vacance du pouvoir, le chef de l’État ayant, selon la radio française RFI, quitté le pays dimanche à bord d’un avion militaire français.- Milliers de manifestants -Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 ayant porté au pouvoir Andry Rajoelina à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.La plupart des forces armées lui ont emboîté le pas depuis et ont renouvelé leur chaîne de commandement, y compris la gendarmerie, auparavant en première ligne de la répression des manifestations.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.D’après la Constitution, les élections législatives doivent se tenir “soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après le prononcé de la dissolution” de l’Assemblée.L’incertitude gagne encore plus cette île très pauvre de l’océan Indien où des milliers de manifestants se sont encore rassemblés mardi à Antananarivo.Comme depuis le 25 septembre, il s’agit de jeunes mobilisés par le collectif Gen Z, désormais joints par des fonctionnaires appelés à la grève par plusieurs syndicats et des protestataires de toutes générations.Les pancartes anti-françaises ont aussi fleuri, a constaté une équipe de l’AFP dans la capitale malgache. “Dégage la France”, “Dégage Rajoelina et Macron” pouvait-on y lire.”Je ne confirme rien aujourd’hui”, avait répondu le président français Emmanuel Macron la veille à une question sur l’exfiltration d’Andry Rajoelina.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Madagascar: le président s’accroche au pouvoir et dissout l’Assemblée

La crise politique à Madagascar tourne au bras de fer institutionnel. Le président malgache Andry Rajoelina, contesté dans la rue mais accroché au pouvoir, a dissous mardi l’Assemblée nationale avant un vote le visant pour abandon de poste.Fragilisé par le ralliement ce weekend des militaires à la contestation ayant embrasé le pays et désormais réfugié dans un lieu inconnu, le chef de l’État a écarté la veille toute démission en appelant à “respecter la Constitution” lors de sa première apparition à l’écran depuis ce revirement.Élu en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina était sous la menace d’un vote le visant pour “empêchement temporaire” qui nécessitait la majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale.”Conformément aux dispositions de l’article 60 de la Constitution, l’Assemblée nationale est dissoute”, indique donc un décret diffusé sur la page Facebook de la présidence dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP par l’entourage du président.”Ce choix s’impose pour rétablir l’ordre au sein de notre nation et renforcer la démocratie”, a-t-il justifié dans un message sur les réseaux sociaux dans la foulée.Des députés de l’opposition assuraient avoir collecté suffisamment de signatures pour procéder à un vote lors d’une session extraordinaire mardi qu’ils justifient par une vacance du pouvoir, le chef de l’État ayant, selon la radio française RFI, quitté le pays dimanche à bord d’un avion militaire français.- Milliers de manifestants -Ce weekend, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 ayant porté au pouvoir Andry Rajoelina à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale.La plupart des forces armées lui ont emboîté le pas depuis et ont renouvelé leur chaîne de commandement, y compris la gendarmerie, auparavant en première ligne de la répression des manifestations.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.D’après la Constitution, les élections législatives doivent se tenir “soixante jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après le prononcé de la dissolution” de l’Assemblée.L’incertitude gagne encore plus cette île très pauvre de l’océan Indien où des milliers de manifestants se sont encore rassemblés mardi à Antananarivo.Comme depuis le 25 septembre, il s’agit de jeunes mobilisés par le collectif Gen Z, désormais joints par des fonctionnaires appelés à la grève par plusieurs syndicats et des protestataires de toutes générations.Les pancartes anti-françaises ont aussi fleuri, a constaté une équipe de l’AFP dans la capitale malgache. “Dégage la France”, “Dégage Rajoelina et Macron” pouvait-on y lire.”Je ne confirme rien aujourd’hui”, avait répondu le président français Emmanuel Macron la veille à une question sur l’exfiltration d’Andry Rajoelina.Madagascar, île à la population très démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.