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L’Irak annonce des procédures judiciaires contre les détenus de l’EI transférés de Syrie

L’Irak a annoncé jeudi des procédures judiciaires contre des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI), transférés depuis le nord-est de la Syrie par l’armée américaine qui y craint des failles sécuritaires.Washington avait affirmé mercredi avoir transféré 150 membres de l’EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, “vers un lieu sûr en Irak”, …

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Collision ferroviaire en Espagne: le bilan monte à 45 morts

Deux nouveaux corps, les deux derniers, ont été retrouvés jeudi dans l’un des deux trains impliqués dans la collision de dimanche soir en Andalousie (sud), portant le bilan définitif de cette catastrophe à 45 morts.Les médecins légistes “ont pratiqué l’autopsie de 45 personnes, toutes décédées dans l’accident”, a indiqué le soir l’organisme en charge du décompte dans un communiqué, confirmant l’identification des deux derniers corps récupérés.Le chef du service d’enquête de la Garde civile, Fernando Domínguez, avait prévenu dans l’après-midi qu’il serait mis “fin au dispositif de recherche” dès l’identification des deux derniers corps.Au total, 45 signalements pour disparition ont été émis par des proches de passagers auprès de la police.Ces deux derniers corps ont été retrouvés dans une des voitures du train de la Renfe (la compagnie ferroviaire publique), percuté de plein fouet par trois voitures d’un train de l’opérateur Iryo – une société détenue majoritairement par le groupe italien Trenitalia – qui avaient déraillé et s’étaient déportées sur sa voie.Depuis plusieurs jours, des engins de chantier s’activaient à Adamuz pour dégager et découper la ferraille afin de retrouver les corps encastrés dans les rames de train qui circulaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision.Selon le dernier bilan détaillé transmis mercredi par l’Institut médico-légal (qui ne prenait donc pas en compte les derniers corps retrouvés), 28 dépouilles se trouvaient dans le train de la Renfe, six sur les voies, six autres dans le train Iryo et trois “entre les deux trains”.Quant aux signalements pour disparition, il y avait 22 femmes et 23 hommes. Il s’agissait pour la plupart d’Espagnols, sauf trois d’entre eux qui étaient allemand, marocain et russe.- Une enquête “complexe” -La tâche la plus urgente des autorités est maintenant de déterminer les causes de cette tragédie, qui restent à cette heure mystérieuses.D’après les médias espagnols, l’enquête – qui exclut l’hypothèse d’un acte de sabotage, selon le gouvernement – s’intéresse à une rupture du rail de plus de 30 centimètres de long à l’endroit de l’accident.Mercredi, des journaux ont également évoqué la piste d’un “bogie” (chariot placé dans la partie inférieure du châssis d’un train) retrouvé dans un cours d’eau proche du lieu de la collision.Le ministre des Transports, Óscar Puente, avait expliqué mercredi soir qu’il s’agissait d’une “enquête complexe qui demande du temps, une analyse approfondie et un examen exhaustif de tous les acteurs impliqués”, à savoir “l’infrastructure, le matériel roulant, les systèmes de sécurité et les conditions d’exploitation”.Il avait surtout défendu avec force le réseau ferroviaire et les transports publics du pays, dont l’image a terriblement souffert de cette semaine noire, également marquée mardi soir par un autre accident qui a fait un mort et 37 blessés à Gelida, en Catalogne (nord-est), lorsqu’un train de banlieue a percuté un mur de soutènement tombé sur les voies en raison de fortes pluies. Depuis, tout le réseau de trains de banlieue de la Catalogne est à l’arrêt, handicapant ses 400.000 voyageurs quotidiens.- “Point d’inflexion” -Jeudi, c’est un train de banlieue qui a été heurté par un camion-grue d’éclairage public près de Carthagène (sud est), faisant quelques blessés légers et confirmant cette loi des séries.Confronté à deux accidents ferroviaires mortels en 48 heures, le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, et surtout son ministre des Transports, sont sous pression à la fois de l’opposition de droite et du syndicat des conducteurs de train, le Semaf.Décrivant les accidents d’Adamuz et Gelida comme “un point d’inflexion”, ce syndicat a convoqué mercredi une grève de trois jours les 9, 10 et 11 février “pour que se soient réalisées toutes les réformes garantissant la sécurité des opérations ferroviaires”.Il dénonce notamment que “les nombreux rapports” remis par les conducteurs sur “le mauvais état des voies” dans certains endroits précis du réseau soient restés “sans “réponse ni intervention pendant des mois, voire des années”.

Ukraine: l’émissaire américain Witkoff s’entretient avec Poutine à Moscou

L’émissaire américain Steve Witkoff a rencontré jeudi le président russe Vladimir Poutine à Moscou dans le cadre des pourparlers sur la fin de la guerre en Ukraine, peu après une courte entrevue entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Suisse.A l’issue de ce dernier entretien en marge du Forum économique de Davos, le dirigeant ukrainien a affirmé avoir obtenu de son homologue américain un accord sur les garanties de sécurité promises par Washington à l’Ukraine.Il a également annoncé des discussions “trilatérales” entre l’Ukraine, les Etats-Unis et la Russie cette semaine aux Emirats arabes unis, sans toutefois en préciser les modalités ni le format exact.Dans ce contexte d’agitation diplomatique, Steve Witkoff, qui est accompagné par le gendre du président américain, Jared Kushner, a atterri dans la soirée à Moscou et s’est rendu dans la foulée au Kremlin.La présidence russe a annoncé le début de la rencontre peu après.M. Witkoff s’est déjà entretenu à plusieurs reprises avec le président russe depuis un an, dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à quatre ans de combats en Ukraine. Il doit aller ensuite aux Emirats arabes unis.Depuis Davos, M. Witkoff avait vanté les progrès “significatifs” accomplis lors de sa rencontre, le week-end dernier à Miami, avec les négociateurs ukrainiens. “Je pense que nous avons réduit le problème à un seul point”, a-t-il déclaré.- “Pas simple” -Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était de son côté jeudi à Davos, où il s’est brièvement entretenu avec Donald Trump, évoquant ensuite devant les journalistes une rencontre “positive” mais un dialogue “pas simple”.Il a plus tard assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les Etats-Unis à l’Ukraine pour dissuader la Russie d’attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.”Les garanties de sécurité, c’est prêt”, a-t-il déclaré, indiquant que “le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux”.M. Zelensky a en revanche indiqué que l’épineuse question des territoires de l’est de l’Ukraine revendiqués par Moscou n’est “pas encore résolue”.”La guerre doit prendre fin”, a de son côté indiqué Donald Trump après leur rencontre, à des journalistes qui l’interrogeaient sur le message qu’il voulait faire passer au chef de l’Etat russe Vladimir Poutine.M. Trump avait précédemment imputé le blocage dans les négociations à M. Zelensky, alors que les alliés européens de Kiev craignent que Washington ne fasse pression pour un accord jugé trop favorable à Moscou.- Zelensky tance les Européens -Volodymyr Zelensky a par ailleurs évoqué de prochaines discussions “trilatérales” entre l’Ukraine, les Etats-Unis et la Russie, qui doivent se tenir cette semaine aux Emirats arabes unis.Des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine avaient déjà eu lieu lors de la première année de la guerre, en 2022, et à plusieurs reprises en 2025, à Istanbul. Ces pourparlers n’avaient abouti qu’à des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats sans règler le conflit.Vladimir Poutine, dont les principales demandes sont un retrait des troupes ukrainiennes du Donbass, dans l’est industriel de l’Ukraine, et un engagement de Kiev de non-adhésion à l’Otan, avait averti que Moscou atteindrait ses objectifs par la voie militaire si la diplomatie échouait.L’armée russe a multiplié ces derniers mois les frappes massives sur le réseau énergétique ukrainien, provoquant des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur notamment dans la capitale, alors que les températures sont glaciales.De plus en plus critique des Européens ces dernières semaines, M. Zelensky a prononcé un discours particulièrement dur à Davos jeudi envers ses principaux soutiens, disant voir une Europe “fragmentée” et “perdue” lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump et manquant de “volonté politique” face à Vladimir Poutine.”Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances”, a-t-il déploré, évoquant des “querelles internes incessantes et des non-dits” qui “empêchent l’Europe de s’unir”.Il a également jugé, malgré les promesses européennes de déploiement de troupes en Ukraine après la guerre, “qu’aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les Etats-Unis” et que le soutien de son homologue américain était “indispensable”.

L’Irak annonce des procédures judiciaires contre les détenus de l’EI transférés de Syrie

L’Irak a annoncé jeudi des procédures judiciaires contre des prisonniers du groupe jihadiste Etat islamique (EI), transférés depuis le nord-est de la Syrie par l’armée américaine qui y craint des failles sécuritaires.Washington avait affirmé mercredi avoir transféré 150 membres de l’EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, “vers un lieu sûr en Irak”, en précisant que jusqu’à 7.000 prisonniers pourraient au total être concernés.”Les terroristes non-Irakiens ne resteront en Irak que temporairement”, a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, exhortant “les pays à assumer leurs responsabilités et à rapatrier leurs ressortissants”, en ligne avec la position des Etats-Unis depuis la défaite de l’EI en 2019. Des dizaines de pays, dont des Etats occidentaux, refusent de rapatrier leurs ressortissants.Les autorités irakiennes, qui ont confirmé jeudi avoir reçu un premier groupe de 150 prisonniers irakiens et étrangers, ont annoncé des procédures judiciaires et le placement des détenus “dans les établissements pénitentiaires appropriés”.”Tous les suspects, qu’importe leur nationalité ou leur position au sein de l’organisation terroriste, sont soumis exclusivement à l’autorité de la justice irakienne et nos procédures judiciaires leur seront appliquées sans exception”, indique le Conseil judiciaire suprême dans un communiqué.Les Etats-unis ont décidé de transférer les prisonniers de l’EI au moment où des affrontements entre l’armée syrienne et les forces kurdes, qui contrôlaient jusqu’ici les centres de détention depuis la défaite de l’EI en 2019, font craindre des brèches dans la surveillance.Mardi, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient annoncé être “contraintes de se retirer” d’al-Hol, le plus grand des camps de détention de proches de jihadistes, pour défendre leurs régions du nord-est menacées par l’armée syrienne.Cette dernière est entrée mercredi dans le camp, qui abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d’autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.Damas, qui a récemment rejoint la coalition antijihadiste, avait dit être en mesure de prendre le relais pour la surveillance des prisons et des camps, dans un accord prévoyant que l’administration kurde chargée de ce dossier soit intégrée aux institutions étatiques.Le président Ahmad al-Chareh cherche à reprendre le contrôle du nord-est de la Syrie, où les Kurdes jouissaient d’une autonomie de facto depuis plus de dix ans. Une source au ministère des affaires étrangères à indiqué à l’AFP qu’il avait choisi d’annuler son voyage prévu à Davos pour suivre la situation et les négociations sur place.Selon l’ONU, plus de 134.000 personnes ont été déplacées dans la province syrienne de Hassaké, après les affrontements entre l’armée et les forces kurdes.Jeudi, l’envoyé américain Tom Barrack a notamment rencontré à Erbil le chef des FDS Mazloum Abdi, selon la présidence de la région autonome du Kurdistan irakien. M. Barrack a indiqué sur X que Washington apportait son “fort soutien” et son engagement à faire avancer le processus d’intégration prévu par l’accord du 18 janvier entre les FDS et le gouvernement syrien.- Peine de mort -Lors d’un échange téléphonique avec le président syrien, l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, avait réclamé que “les forces syriennes et toutes les autres forces évitent toute action pouvant interférer” avec l’opération de transfert de prisonniers.A son apogée, l’EI contrôlait de vastes territoires en Syrie et en Irak, soumettant les populations des deux côtés de la frontière à un régime de terreur. Par le passé, l’Irak a été épinglé pour des centaines de procès qualifiés d’expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace, selon les défenseurs des droits humains.Les tribunaux irakiens ont déjà condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de personnes, dont de nombreux combattants étrangers, certains qui avaient été transférés de Syrie.En 2019, la justice irakienne avait condamné à mort 11 Français, avant de commuer leur peine en prison à vie.En 2024, après la fin de la mission d’enquête des Nations unies sur ces crimes, l’Irak a créé un Centre national pour la coopération judiciaire internationale, chargé de documenter les crimes du groupe jihadiste et d’assurer la coordination avec les différents pays concernés.

La France intercepte à nouveau un pétrolier de la flotte fantôme russe

La Marine française a arraisonné jeudi en Méditerranée un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, quatre mois après l’interception en Atlantique d’un de ces navires qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.Ce pétrolier, le Grinch, “sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon”, a été intercepté “avec …

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Ravagée par la guerre, la capitale du Soudan se reconstruit lentement

Une jungle exubérante engloutit la cour du ministère des Finances, jonchée de voitures brûlées, de débris de vitres et de meubles cassés. Sur les façades de brique rouge héritées des colons britanniques qui ont fondé la capitale du Soudan, les lianes prospèrent.”Le terrain n’a pas été déminé”, avertit un des gardes du bâtiment, situé à …

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La France intercepte à nouveau un pétrolier de la flotte fantôme russe

La Marine française a arraisonné jeudi en Méditerranée un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, quatre mois après l’interception en Atlantique d’un de ces navires qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.Ce pétrolier, le Grinch, “sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon”, a été intercepté “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, a annoncé sur X le président Emmanuel Macron.Le chef de l’Etat français avait appelé début octobre les Européens à franchir un “pas” dans la “politique d’entrave” de ces navires, dont le commerce pétrolier permet à Moscou de financer “30 à 40%” de son effort de guerre contre l’Ukraine.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué l’arraisonnement du Grinch. “Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, a-t-il réagi sur X.L’opération s’est déroulée jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, située entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, à bord du “pétrolier-cargo Grinch en provenance de Mourmansk”, port arctique de la Mer de Barents.Elle “visait à vérifier la nationalité (du) navire”, dont “l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré”, ce qui a donné lieu à “un signalement au procureur de Marseille” et à l’ouverture d’une enquête, selon la préfecture maritime de Méditerranée.Le Grinch a été dérouté et “est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications”, a-t-elle ajouté, précisant que l’opération a été menée “en coopération avec nos alliés dont le Royaume-Uni”.Le ministre britannique de la Défense John Healey a confirmé dans un communiqué que son pays avait fourni “un appui en matière de suivi et de surveillance”, notamment via le “déploiement du HMS Dagger pour surveiller le navire dans le détroit de Gibraltar”.Le pétrolier Grinch figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni, mais sous le nom de “Carl” sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.- Après le Boracay -Selon les sites marinetraffic et vesselfinder, spécialisés dans le suivi des navires, le pétrolier de 249 mètres de long faisait route vers l’est au moment de son arraisonnement, entre Almeria (Espagne) et Oran (Algérie), arborant le pavillon des Comores.Au moins deux hélicoptères et un navire de la Marine française ont été mobilisés, et une “équipe de visite” constituée de militaires cagoulés est montée à bord, selon des images diffusées par l’état-major des Armées.Pour Emmanuel Macron, cet arraisonnement, réalisé “dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer”, démontre que la France est “déterminé(e) à faire respecter le droit international et à garantir l’efficacité des sanctions” contre la “flotte fantôme” russe, dont “les activités contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine”.”Aux côtés de nos alliés, nous intensifions notre riposte aux navires fantômes afin de tarir les fonds qui alimentent l’invasion illégale de l’Ukraine par Poutine”, a aussi souligné John Healey.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay. Ce dernier, qui figure lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné fin septembre par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Le pétrolier avait finalement pu reprendre la mer six jours tard. Son capitaine est convoqué en février à Brest afin d’être jugé pour “refus d’obtempérer”.L’arraisonnement du Grinch constitue une “bonne nouvelle”, a salué sur X Elie Tenenbaum, directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Mais “il faut maintenant arriver à faire plus pour crédibiliser l’action: la saisie de la cargaison serait un défi juridique mais aurait un vrai poids stratégique”, a-t-il estimé.Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la “flotte fantôme” font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

Ravagée par la guerre, la capitale du Soudan se reconstruit lentement

Une jungle exubérante engloutit la cour du ministère des Finances, jonchée de voitures brûlées, de débris de vitres et de meubles cassés. Sur les façades de brique rouge héritées des colons britanniques qui ont fondé la capitale du Soudan, les lianes prospèrent.”Le terrain n’a pas été déminé”, avertit un des gardes du bâtiment, situé à Khartoum dans une zone classée rouge par le service anti-mines des Nations unies (UNMAS).Alors que des affrontements se poursuivent dans la région voisine du Kordofan, le Premier ministre Kamel Idris a récemment annoncé le retour du gouvernement pro-armée dans la capitale après près de trois années d’exil à Port-Soudan, à plus de 700 km au nord-est.Il multiplie depuis les visites de chantiers et les promesses de retour rapide à la normale.Ainsi, bien que le siège de la Banque centrale se résume à une carcasse noircie aux vitres explosées, sa direction a annoncé cette semaine, sans autre détail, la reprise de ses activités dans l’Etat de Khartoum, selon l’agence officielle Suna.Les rues de la capitale ont été déblayées et de rares grues se dressent ça et là, dans la ville ravagée par les combats entre les paramilitaires du Front de soutien rapide (FSR) et l’armée, qui a fini par reprendre le contrôle en mars dernier.Auparavant alliés, les deux camps se livrent une lutte acharnée pour le pouvoir et la guerre a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2023.Dans le quartier gouvernemental, le secrétariat général et la présidence du cabinet ont été rénovés, mais de nombreux bâtiments, criblés de balles, restent à l’abandon.- Quartier vide – Sur le trottoir défoncé d’un carrefour en ruine, une vendeuse a déployé des tabourets à l’ombre d’un grand arbre et propose aux passants thé ou café. Rentrée du sud où elle s’était réfugiée, Halim Ishaq a repris sa place “depuis deux semaines”.”Les affaires ne sont pas bonnes, le quartier reste vide”, déplore cette mère de 52 ans qui parvient tout juste à gagner 4 à 5.000 livres soudanaises quotidiennement (moins de deux euros), soit trois fois moins qu’avant la guerre.Comme elle, plus du tiers des neuf millions d’habitants de Khartoum ont fui quand les FSR l’ont prise au printemps 2023. Plus d’un million sont revenus depuis le retour de l’armée.La population est surtout masculine: les hommes sont revenus travailler, laissant leur famille à distance.”On vend peu, les gens n’ont pas d’argent et les grandes sociétés ne sont pas encore revenues”, déplore Abdellah Ahmed, vitrier.L’aéroport international, rénové, reste fermé depuis une frappe de drones des FSR en septembre peu avant l’inauguration officielle, signe de la fragilité de la situation.Le “Grand Hôtel”, qui se flatte d’avoir accueilli en son temps la reine d’Angleterre Elizabeth II, espère recevoir ses premiers clients mi-février, selon son gérant. Le grand lobby et ses lustres de cristal ont été épargnés, contrairement à l’arrière du bâtiment néo-classique rénové à la fin des années 2000, à l’époque où l’argent du pétrole coulait à flot.A l’horizon, la tour de la Greater Nile Petroleum Company, l’un des symboles du temps où Khartoum se rêvait en Dubaï de l’Afrique, se réduit à un squelette calciné. Pendant la guerre, le pays a perdu la moitié de ses revenus pétroliers, déjà amputés aux trois quarts après la sécession du Soudan du Sud, en 2011.”Beaucoup de commerçants ne reviennent pas car les grandes sociétés qui les fournissaient leur demandent de l’argent” pour rembourser les stocks détruits, explique Osman Nadir, 40 ans, un vendeur d’électroménager lui même visé par des poursuites judiciaires.De l’avis général, la priorité reste de restaurer l’eau et d’électricité, et d’assurer pleinement la sécurité.- Rues obscures – Quand la nuit tombe, “les rues sont obscures, désertes, on ne sent pas en sécurité”, confie Taghrid Awad al-Rim Saïd, une interne en médecine de 26 ans. “Autrefois, je pouvais sortir avec mes amies, je voudrais retrouver ma vie sociale, comme avant”.”Comme avant et même mieux qu’avant!”, espère l’ancien directeur du Théâtre national, Abdel Rafea Hassan Bakhit, un retraité engagé dans la réparation du bâtiment, où des bénévoles restaurent la scène aux rideaux poussiéreux qui vit passer de grands noms comme Oum Khaltoum ou Louis Armstrong.Ces dernières semaines, les visites officielles se succèdent en ville, avec à chaque fois des promesses d’aide. L’ONU estime à environ 350 millions de dollars la réhabilitation des infrastructures.Dans les gradins rouges et jaunes du stade Al-Merreikh, surnommé “le château rouge”, des ouvriers s’affairent à arracher des arbustes envahissants. Le terrain de football a été nivelé, deux engins de chantier sommeillent dans la cour.Dans le hall, quelques photographies poussiéreuses ont échappé aux pillages. Le dernier match s’est joué une semaine avant la guerre. Depuis, le club, un des plus anciens d’Afrique, joue en première ligue au Rwanda.

La Ciivise décapitée, plongée dans une nouvelle crise

La Ciivise est à nouveau plongée dans la crise, décapitée après la démission de deux de ses trois dirigeants, l’association Face à l’Inceste dénonçant un “climat délètère” et un “musèlement de la parole”.Face à l’Inceste a annoncé jeudi “claquer la porte” de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) en affirmant que “la parole des victimes n’est plus la boussole” de la commission.Celle-ci “se distancie des promesses faites aux victimes”, a affirmé à l’AFP la présidente de l’association, Solène Podevin-Favre, membre du collège directeur de la Ciivise depuis avril 2024.Un autre membre du triumvirat directeur, le pédopsychiatre Thierry Baubet, spécialiste du psychotrauma, avait annoncé sa démission mercredi, invoquant sur le réseau LinkedIn “des désaccords sur des décisions prises et sur les modalités de fonctionnement”.La Ciivise a été lancée en 2021 dans le sillage des révélations de “La Familia Grande” de Camille Kouchner. Elle est chargée de conseiller le gouvernement dans la lutte contre l’inceste. Face à l’Inceste était associée depuis le début.Sous la houlette de l’emblématique juge Edouard Durand, la Commission a recueilli 30.000 témoignages de victimes et remis en novembre 2023 un rapport de 82 préconisations pour protéger les enfants contre les violences sexuelles et accompagner les adultes qui en ont été victimes. Très peu se sont concrétisées.”Certains, au sein de la commission, remettent en cause les 82 recommandations”, dénonce Solène Podevin-Favre.Ils “se refusent à penser des questions centrales comme l’ordonnance de protection immédiate de l’enfant, l’inclusion des cousins comme auteurs incestueux, l’élaboration d’une infraction spécifique d’inceste, l’imprescriptibilité”, précise Face à l’Inceste dans un communiqué.Ces démissions laissent la magistrate Maryse Le-Men-Regnier seule à la tête de la Ciivise.Comptant plus d’une trentaine de membres experts (issus de la santé, la police, la justice), la Ciivise s’est divisée notamment sur le sujet polémique de l’imprescriptibilité des violences sexuelles sur mineurs, avec des échanges très tendus, selon des sources internes.Le secrétaire général de la Ciivise, Denis Roth-Fichet, assure à l’AFP que la commission n’a “jamais remis en cause une seule recommandation et a fortiori pas celle portant sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels dont l’inceste”.”Un débat a été organisé mardi au sein de la Ciivise où nous nous sommes interrogés sur les moyens de répondre à la demande sociale d’imprescriptibilité tout en prenant en compte les contraintes de sa mise en œuvre”, dit-il. – Mission indépendante d’appui -La ministre des Familles Stéphanie Rist, qui a reçu jeudi Solène Podevin, a souhaité le lancement d’une “mission indépendante d’appui à la transformation de la Ciivise, afin de garantir la continuité” des travaux, “en engageant les évolutions nécessaires sur le plan des méthodes de travail, de l’organisation interne”.Depuis le départ du juge Durand, la Ciivise a connu de nombreux problèmes de gouvernance, avec notamment début 2024 la démission de sa vice-présidente, Caroline Rey-Salmon, visée par une plainte pour agression sexuelle dans le cadre d’une expertise médicale, aujourd’hui classée, puis de son président Sébastien Boueilh.Ces soubresauts ont laissé “des stigmates et des rancœurs”, selon M. Roth-Fichet, qui cherche à les “apaiser” et “regrette personnellement” les démissions.Mme Podevin a dénoncé aussi le manque de moyens accordés à la Ciivise depuis la mise à l’écart du juge Durand fin 2023. “Le gouvernement a maintenu la Ciivise mais en la vidant de moyens et de sens. Elle n’a plus qu’un secrétaire général et une deuxième personne depuis début janvier. Ce sont des moyens dérisoires. Nous sommes tous bénévoles”, a-t-elle souligné.”Le président de la République avait dit aux victimes qu’il ferait évoluer les lois. Cinq ans plus tard, les évolutions juridiques se comptent sur les doigts d’une seule main”, déplore-t-elle.”L’expertise, les données, les recommandations, tout est sur la table. Si une politique publique, volontaire, transversale n’est pas décidée, c’est un choix politique”, selon elle.L’association va se consacrer à la coopération avec des parlementaires pour faire avancer des textes qui reprennent des recommandations de la Ciivise. Plusieurs sont en préparation, notamment sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs, l’inclusion des cousins dans la définition de l’inceste ou encore la création d’une ordonnance de protection pour les enfants.

Après le recul de Trump sur le Groenland, les Européens restent prudents

Soulagés mais pas dupes. Après le recul de Donald Trump sur le Groenland, les dirigeants européens ont appelé jeudi soir à la vigilance, au début d’un sommet consacré aux relations de leurs pays avec les Etats-Unis.Après une “forme d’escalade” et de “menaces”, “nous sommes revenus à une situation beaucoup plus acceptable” mais il faut rester “vigilant”, a résumé le président français Emmanuel Macron, à son arrivée à Bruxelles. Il a aussi appelé les Etats-Unis à “respecter” l’Europe.Les Européens acceptent le “leadership” américain mais pas la “domination” ni la “coercition”, a aussi prévenu le Premier ministre polonais Donald Tusk.Rudoyés par le président américain depuis son retour au pouvoir, les Vingt-Sept ont entamé l’année dans un état de sidération, confrontés à l’hypothèse que leur allié historique puisse recourir à la force pour s’emparer du territoire autonome danois.Si le milliardaire a, pour l’heure, écarté ce scénario et renoncé à imposer de nouveaux droits de douane après un “cadre” d’accord conclu mercredi à Davos, les Européens appellent à la prudence.”Tout le monde considère que la voie qui a été ouverte, qui engagera le Danemark et l’Otan, est bienvenue”, assure un diplomate européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat. “Tout le monde considère également qu’il convient de maintenir unité, solidarité et vigilance”, résume-t-il.Peu de détails ont fuité sur ce qui a été conclu à propos du Groenland eu cours d’une réunion mercredi entre le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et Donald Trump.Moi-même, “je ne sais pas ce que contient exactement l’accord concernant mon pays”, a déploré jeudi le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, pendant une conférence de presse à Nuuk, la capitale du Groenland.Mais la souveraineté et l’intégrité territoriale de cette île constituent une “ligne rouge”, a-t-il souligné, plaidant pour un “dialogue pacifique” dans le respect du “droit à l’autodétermination” des Groenlandais.Une source au fait des discussions a assuré à l’AFP que les Etats-Unis et le Danemark allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951.C’est “tout ce que nous voulions”, s’est réjoui le président américain en annonçant ce “cadre” et l’abandon de ses menaces.Tous les pays de l’Otan sont d’accord pour une “présence permanente de l’Alliance dans l’Arctique et autour du Groenland”, a affirmé la Première ministre danoise Mette Frederiksen à Bruxelles.- “Trump a franchi le Rubicon” -Faut-il vraiment croire cependant que Donald Trump a fait marche arrière pour de bon ? Et qu’il ne redonnera pas des sueurs froides aux Européens sur d’autres dossiers, que ce soit sur l’Ukraine ou lié à ses tentatives de remodeler l’ordre international avec son “Conseil de paix” ?Dès jeudi après-midi, le président américain a repris un ton menaçant, promettant des “représailles” si les Européens commençaient à vendre de la dette américaine.Autant de raisons pour les dirigeants européens de maintenir leur sommet à Bruxelles, portant très sobrement sur “les relations transatlantiques” – victimes ces derniers mois de secousses à répétition.”Trump a franchi le Rubicon. Il pourrait recommencer”, alerte un diplomate européen auprès de l’AFP, jugeant qu'”il n’y a pas de retour en arrière possible”, dans les relations entre le Vieux continent et les Etats-Unis. “On reste à un tweet près de la prochaine crise”, a averti un autre diplomate.Avant de se rendre à Bruxelles, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est inquiété que Washington ait radicalement remodelé sa “politique étrangère”.Il a exhorté ses “amis européens” à “investir massivement dans nos capacités de défense” et à “rendre nos économies plus compétitives”.Pour d’autres responsables, il faut continuer à réfléchir à ce que pourrait être une riposte européenne face au gouvernement Trump — non pas pour l’activer immédiatement mais en prévision du cas, considéré comme probable, où de nouvelles menaces viendraient à émerger.Un diplomate européen veut ainsi croire que la promesse d’une réaction forte de l’UE et d’une utilisation de son arsenal commercial, y compris l’outil anticoercition comparé par certains à un “bazooka”, a poussé Donald Trump à changer de pied sur le Groenland.”La fermeté et l’unité de l’UE ont contribué à le faire changer de position”, assure-t-il. “Tout comme évidemment les pressions politiques internes aux Etats-Unis et la réaction des marchés boursiers”.La relation transatlantique demeure “extrêmement importante” mais, “quand quelqu’un se met à casser la porcelaine de la famille, vous vivez avec l’idée que cela peut recommencer chaque jour”, conclut cette source diplomatique. max-fpo-cjc-adc/ob/bds