AFP World

Trente ans après leur apparition, les Tamagotchis séduisent de nouveaux fans

Jouet électronique venu du Japon, les “Tamagotchis” ont fait fureur dans les cours de récréation des années 1990: alors qu’ils célèbrent leur 30e anniversaire, ces animaux virtuels séduisent toujours, des jeunes épris de rétro ou des parents nostalgiques.Plus de 100 millions de ces oeufs en plastique de poche à écran -des animaux de compagnie virtuels qu’il faut nourrir et choyer au risque sinon de les voir dépérir – ont été vendus dans le monde depuis leurs débuts, selon leur producteur, Bandai Namco. Lors d’une exposition spéciale ouvrant mercredi à Tokyo, le groupe nippon présente l’évolution du Tamagotchi, passé de personnages sautillants et pixellisés en noir et blanc à des écrans couleur offrant une connectivité wifi, tout en se déclinant en produits dérivés.Accrochés à des porte-clés, les Tamagotchis, dont le nom est un mot-valise des termes japonais “oeuf” et “montre”, sont prisés ces dernières années comme un accessoire de mode chez les jeunes, assure Bandai, qui les commercialise dans quelque 50 pays.Si les ventes s’étaient essoufflées quelques années à peine après leur apparition, elles connaissent désormais un second souffle.Les ventes de produits Tamagotchi, hors jeux vidéo, ont été multipliées par environ sept en l’espace de cinq ans depuis 2019, précise l’entreprise, dont la 37e gamme du jouet est sortie l’été dernier.Et en 2025, le prestigieux vendeur de jouets britannique Hamleys a classé le Tamagotchi dans sa liste des 100 meilleurs jouets de tous les temps, aux côtés des Lego et du Rubik’s Cube.Le jouet est en tout cas exigeant: ces animaux numériques, qu’il faut nourrir, soigner ou nettoyer lorsqu’ils ont déféqué sur le sol virtuel, grandissent à mesure que leurs utilisateurs en prennent soin – mais peuvent mourir s’ils sont négligés.Yumeho Akita, 25 ans, une Japonaise croisée dans le quartier commerçant de Harajuku, confie à l’AFP avoir gardé de bons souvenirs du Tamagotchi qu’elle a élevé plusieurs mois durant son enfance. “J’en voulais vraiment un, et j’ai fini par en obtenir un, alors je l’ai choyé, j’ai pris grand soin de faire grandir le personnage”, se souvient-elle avec émotion.Et certains parents disent vouloir que leurs enfants vivent la même expérience: Justin Piasecki, scénariste américain en vacances au Japon, indique avoir récemment acheté des Tamagotchis pour Noël à ses deux filles, âgées de quatre et six ans. “À ce stade, elles ont quasiment un diplôme d’informatique en Tamagotchi”, assure en souriant le quadragénaire à l’AFP. “Je pensais devoir leur montrer comment faire, mais maintenant ce sont elles qui me donnent des leçons”.- Jouet culte -“C’est vraiment nostalgique et mignon. Un peu cette esthétique +cute+ des années 2000”, sourit Rafaela Miranda Freire, touriste brésilienne de 15 ans en visite dans la capitale nippone avec sa mère.Si elle ne possède pas encore de Tamagotchi et reconnaît que certains adolescents “n’aiment tout simplement pas ou trouvent que c’est enfantin”, elle-même assure adorer le concept: “C’est bien. On lâche son smartphone et on apprécie les petites choses de la vie”, indique-t-elle à l’AFP.En entrant dans l’exposition tokyoïte par un gigantesque oeuf blanc, les visiteurs peuvent découvrir divers dispositifs propices à réaliser des photos-souvenirs, et une salle de rétrospective historique où ils peuvent essayer certains des dizaines de modèles différents sortis au fil des ans.Près de la moitié des ventes de Tamagotchis ont été réalisées au Japon, 33% sur le continent américain, mais seulement 2% dans les autres pays d’Asie-Pacifique, selon Bandai Namco.Les premiers Tamagotchis avaient suscité au Japon un fort engouement, entre files d’attente interminables et ruptures de stock quotidiennes, une fièvre qui avait saisi ensuite d’autres pays.A l’époque où l’électronique grand public était encore rare, ce jouet considéré révolutionnaire se distinguait par son caractère addictif, au point de se voir parfois bannir des salles de classe. 

Nouvel épisode de neige et verglas sur le nord et l’ouest de la France

Neige et verglas touchent mercredi matin le nord et l’ouest de la France, un phénomène d’une “ampleur rare dans le climat actuel” selon Météo-France et qui entraîne d’importantes perturbations sur les routes et dans le transport aérien.”Des chutes de neige ont débuté des Hauts-de-France à la Normandie et progressent vers l’est, tandis que des pluies verglaçantes touchent les Pays-de-Loire”, a annoncé le prévisionniste dans son bulletin de 06H00, qui prévoit “un redoux” en milieu de journée, “mettant fin à l’épisode”. Trente-huit départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas par Météo-France. La vigilance orange est le deuxième niveau le plus élevé d’alerte. Elle appelle la population à être très attentive, des phénomènes dangereux étant prévus.Quelque 3 à 7 cm de neige devraient être “souvent” constatés dans les départements concernés, “très localement 10 cm, et jusqu’à 15 cm sur les Ardennes”, précisent les météorologues.- “Grande prudence” -Selon Météo-France, les chutes de neige observées mardi – jusqu’à 30 cm localement en Charente-Maritime – et attendues mercredi sont “d’une ampleur rare dans le climat actuel”, et les autorités ont appelé à la “prudence” dans les déplacements.”Il n’y a pas eu d’intervention significative des services de secours” tôt mercredi matin à cause de ces chutes de neige, a indiqué le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion, sur RTL. Températures négatives et chutes de neige affectent la circulation et le trafic aérien.Une centaine de vols ont été annulés mercredi matin à Roissy-Charles-de-Gaulle, le premier aéroport français, et environ 40 vols à Orly, le deuxième, à cause des opérations de déneigement des pistes et de dégivrage des avions, a annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot. A Paris et dans sa banlieue, le niveau 3 du Plan neige et verglas a été activé, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h et la suppression des transports scolaires en grande couronne.Plus de 600 km de bouchons étaient enregistrés sur les routes d’Ile-de-France peu avant 09H00, selon le site Sytadin, et la RN 118, au sud de Paris, a été partiellement fermée à la circulation.A 06H00, la RATP a invité les usagers à “privilégier le télétravail” si possible et à “réduire les déplacements”. L’ensemble des lignes de métro et de tramway fonctionnent ainsi que les RER A et B. Ile de France Mobilités (IDFM) a signalé des suppressions sur la ligne E.Mais tous les bus parisiens et franciliens ont progressivement cessé leur service vers 07H00, ont annoncé IDFM et la RATP. L’interruption devrait durer au moins jusqu’à 12h00.”La neige ne m’inquiète pas aujourd’hui. Ce matin, j’ai pu déposer mes enfants à l’école maternelle, puis prendre les RER A et E sans problème”, a raconté Jihane Nait, vendeuse de 26 ans, une habitante de Seine-Saint-Denis interrogée à Vincennes (Val-de-Marne) peu avant 07H00.Dans l’ouest de la France, des restrictions similaires sont mises en place, de même que la suppression des transports scolaires dans une dizaine de départements. Dans l’Allier également, les transports scolaires sont suspendus. En Nouvelle-Aquitaine, la circulation des poids lourds est interdite.A Guéret dans la Creuse, une pellicule de neige recouvre mercredi matin les véhicules et la chaussée.”Avoir autant de jours de neige depuis début décembre, c’est devenu assez rare. On n’aurait presque plus l’habitude mais, heureusement, on a toujours les bons réflexes”, témoigne Robert Jenart, retraité de 76 ans, allusion aux raclettes pour pare-brise et aux pneus neige dont sont équipés nombre d’habitants du département.A l’université de Lille, les étudiants ont, eux, été informés du report des examens prévus mercredi.- Inédit depuis 14 ans -Les intempéries ont fait, mardi, au moins cinq morts sur les routes de France.Météo-France rappelle que sous l’influence du réchauffement de la planète en raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les périodes de froid sont plus rares et moins intenses que par le passé.Les températures enregistrées lundi, jusqu’à -22°C à Mouthe dans le Doubs, et mardi matin (-13,4°C à Jaméricourt dans l’Oise, -13,2°C à Forges en Seine-Maritime) sont “inférieures aux normales de saison de 10 à 15 degrés”. Dimanche et lundi, les minimales en moyenne sur le pays étaient de -4°C, “ce qui n’était pas arrivé depuis fin février 2012”, souligne Météo-France.Bien que l’épisode de froid traversé par le pays soit “remarquable par son intensité”, il ne constitue pas pour autant une “vague de froid” en raison, entre autres, de sa brièveté, nuance le prévisionniste.

Groenland: Trump étudie “plusieurs options”, y compris “utiliser l’armée”

Donald Trump étudie “plusieurs options” pour acquérir le Groenland, y compris “utiliser l’armée”, a déclaré mardi sa porte-parole, de quoi attiser encore l’inquiétude en Europe sur le sort de l’île arctique, territoire autonome danois.Le président américain “a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique”, a fait savoir Karoline Leavitt dans une déclaration transmise à l’AFP.”Le président et son équipe discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef”, a-t-elle ajouté.Le ton déterminé de la Maison Blanche tranche avec les appels au dialogue, teintés d’alarme, venus d’Europe et du Groenland face aux revendications de Washington.Le Groenland et le gouvernement danois ont appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des “malentendus”.Nuuk et Copenhague contestent en particulier l’argument récurrent de Donald Trump selon lequel il lui faudrait agir contre l’omniprésence de la Chine au Groenland.”Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d’investissements chinois”, a dit le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen.”Nous veillons sur le royaume”, a insisté M. Løkke, ajoutant qu’il n’était pas utile de “dramatiser” les choses.Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces 12 derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d’euros).Le président américain a tourné cette dépense en ridicule dimanche, en lançant: “Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité du Groenland ? Ils ont ajouté un traîneau à chiens”.- “La fin de tout” -Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a déclaré aux législateurs américains que l’option privilégiée par M. Trump était d’acheter le Groenland au Danemark, écartant une invasion imminente.Mardi dans la soirée, le président français, Emmanuel Macron, a expliqué ne pas imaginer les Etats-Unis “violer la souveraineté danoise.”Le Danemark – Groenland compris – est membre de l’Otan et une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait “la fin de tout”, notamment de l’ordre de sécurité international établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a averti la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.”Il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…), mais bien avec l’Europe toute entière”, a-t-elle assuré à la télévision DR.”L’avenir du Danemark et du Groenland sont des décisions pour, uniquement, le peuple du Danemark et du Groenland”, a affirmé pour sa part le Premier ministre canadien, Mark Carney, aux côtés de Mette Frederiksen à Paris, où tous deux participaient à une conférence sur l’Ukraine.Le Canada suscite lui aussi les convoitises de Donald Trump, qui répète que le pays devrait devenir le 51ème Etat des Etats-Unis.Plus tôt, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient dans une déclaration commune également apporté leur soutien à Copenhague, sur un ton semblable.”Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland”, ont déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume fait “partie” de l’Otan comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés au Danemark par un accord de défense.Les ministres des Affaires étrangères nordiques ont émis un communiqué commun reprenant cette même idée de souveraineté.Plusieurs fois, le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle, a dit ne pas être à vendre et décider seul de son avenir.Donald Trump a des vues depuis longtemps sur l’île de 57.000 habitants, qui selon lui appartient à la sphère naturelle d’influence des Etats-Unis.Le président et son entourage ont remis cette revendication sur le tapis avec une ardeur renouvelée dans la foulée de l’opération militaire choc menée par les Etats-Unis au Venezuela.