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Surtaxes: l’Afrique du Sud mène des discussions “intensives” avec les Etats-Unis, selon Ramaphosa

L’Afrique du Sud est engagée dans des “négociations intensives” pour tenter de trouver un accord avec l’administration Trump, qui veut imposer à Pretoria des droits de douanes de 30% sur ses exportations vers les Etats-Unis, a déclaré vendredi le président sud-africain Cyril Ramaphosa.L’Afrique du Sud fait partie des quelque 70 pays visés par des surtaxes douanières décidées par le président américain Donald Trump, dont l’entrée en vigueur initialement prévue vendredi a été repoussée au 7 août.Les États-Unis sont le deuxième partenaire commercial de l’Afrique du Sud, après la Chine. Selon les estimations du gouverneur de la banque centrale sud-africaine, Lesetja Kganyago, 100.000 emplois sont menacés en Afrique du Sud par les surtaxes douanières américaines.”Durant cette fenêtre toujours ouverte, nous espérons trouver un moyen de régler cette question”, a déclaré à la presse M. Ramaphosa. “Des négociations intensives sont en cours”, a-t-il ajouté.”Notre tâche, c’est de négocier avec les États-Unis de la manière la plus forte et énergique que nous pouvons”, a expliqué le président Ramaphosa. “Notre objectif, vraiment, c’est de sauver des emplois”, a-t-il souligné.Les secteurs de l’agriculture et de l’industrie automobile seraient les plus touchés par des taxes douanières de 30%, qui risquent d’aggraver un taux de chômage culminant déjà à près de 33%.Le président sud-africain a aussi mentionné les efforts en cours de Pretoria pour conquérir d’autres marchés à l’exportation, “car il est trop risqué de ne se focaliser que sur un seul”. Dans ses discussions avec Washington, Pretoria a proposé d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) américain et de faciliter l’accès au marché pour certains produits agricoles des Etats-Unis, selon le ministre du Commerce sud-africain.Les liens entre les deux pays se sont détériorés depuis que M. Trump a pris ses fonctions en janvier, le président américain relayant notamment des accusations infondées selon lesquelles les agriculteurs blancs sud-africains sont victimes d’un “génocide”.

Trump met à jour ses surtaxes douanières, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays entrant aux Etats-Unis, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.La Maison-Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces nouvelles taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non ce vendredi 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour leur collecte.”Le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a souligné Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Ces décisions menacent d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs. Elles risquent d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale, même si le Fonds monétaire international (FMI) s’est montré mardi moins pessimiste qu’il y a encore trois mois.- Bourses en baisse -Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vendredi. La plupart des marchés asiatiques ont clôturé en petite baisse.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés, mais d’autres surtaxes restent en place, à l’instar du vin et spiritueux dont les exportateurs français ont dit vendredi craindre “des effets” sur l’emploi.- “Regret” et “déception” -Pour d’autres pays, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%).Le gouvernement fédéral suisse a pris acte de cette décision vendredi “avec grand regret”, mais veut croire à “une solution négociée”.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord. Son Premier ministre Mark Carney s’est dit “déçu”, mais a appelé à “acheter canadien et diversifier [les] marchés d’exportation” de son pays.Ottawa n’a pas coopéré afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues entrant aux Etats-Unis, selon la Maison-Blanche. Donald Trump a aussi jugé un accord “très difficile” en cas de reconnaissance de la Palestine par le Canada, envisagée par Mark Carney. La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir leurs exportations touchées par une surtaxe inférieure à ce que Washington avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou du Cambodge, 19% contre 49% initialement, qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.- Le Mexique épargné -La Chine, en négociations avec les Etats-Unis pour prolonger leur trêve commerciale courant jusqu’au 12 août, a dénoncé vendredi un protectionnisme qui nuit à “toutes les parties”.Un pays a échappé aux foudres de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Ses produits, hors exceptions, seront frappés par 50% de surtaxe, en représailles contre les poursuites visant l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes, sans l’approbation du Congrès. L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.

Trump met à jour ses surtaxes douanières, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays entrant aux Etats-Unis, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.La Maison-Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces nouvelles taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non ce vendredi 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour leur collecte.”Le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a souligné Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Ces décisions menacent d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs. Elles risquent d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale, même si le Fonds monétaire international (FMI) s’est montré mardi moins pessimiste qu’il y a encore trois mois.- Bourses en baisse -Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vendredi. La plupart des marchés asiatiques ont clôturé en petite baisse.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés, mais d’autres surtaxes restent en place, à l’instar du vin et spiritueux dont les exportateurs français ont dit vendredi craindre “des effets” sur l’emploi.- “Regret” et “déception” -Pour d’autres pays, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%).Le gouvernement fédéral suisse a pris acte de cette décision vendredi “avec grand regret”, mais veut croire à “une solution négociée”.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord. Son Premier ministre Mark Carney s’est dit “déçu”, mais a appelé à “acheter canadien et diversifier [les] marchés d’exportation” de son pays.Ottawa n’a pas coopéré afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues entrant aux Etats-Unis, selon la Maison-Blanche. Donald Trump a aussi jugé un accord “très difficile” en cas de reconnaissance de la Palestine par le Canada, envisagée par Mark Carney. La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir leurs exportations touchées par une surtaxe inférieure à ce que Washington avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou du Cambodge, 19% contre 49% initialement, qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.- Le Mexique épargné -La Chine, en négociations avec les Etats-Unis pour prolonger leur trêve commerciale courant jusqu’au 12 août, a dénoncé vendredi un protectionnisme qui nuit à “toutes les parties”.Un pays a échappé aux foudres de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Ses produits, hors exceptions, seront frappés par 50% de surtaxe, en représailles contre les poursuites visant l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes, sans l’approbation du Congrès. L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.

Prisons: 84.951 détenus au 1er juillet, nouveau record

Le nombre de détenus dans les prisons françaises était de 84.951 au 1er juillet 2025, un chiffre supérieur à celui enregistré au 1er juin et qui constituait déjà un niveau inégalé, selon des données publiées par le ministère de la Justice.Les prisons françaises comptaient seulement 62.509 places opérationnelles au 1er juillet, soit une densité carcérale globale de 135,9% qui dépassait même les 200% dans 29 établissements ou quartiers pénitentiaires et 150% dans 68 autres. En un an, les prisons françaises comptent 6.442 détenus de plus. La densité carcérale atteint 167% en maison d’arrêt, où sont incarcérés les détenus en attente de jugement, donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. Le seuil des 80.000 détenus a été franchi pour la première fois au 1er novembre 2024 (80.130). Il n’a cessé depuis de grimper sauf au 1er janvier où l’on avait enregistré un léger tassement (80.669 détenus contre 80.792 au 1er décembre), pas inhabituel à cette période de l’année.Parmi les personnes incarcérées au 1er juillet, 22.822 sont des prévenus, en détention dans l’attente de leur jugement définitif. Au total, 103.499 personnes étaient placées sous écrou au début du mois, un nombre qui ne cesse aussi d’augmenter. Parmi elles, on compte 18.548 personnes non détenues faisant l’objet d’un placement sous bracelet électronique ou d’un placement à l’extérieur. En plus du problème récurrent de surpopulation, les prisons françaises souffrent de la vétusté de leurs bâtiments, notamment lors des périodes de fortes chaleurs.La France figure parmi les mauvais élèves en Europe en terme de surpopulation carcérale, en troisième position derrière la Slovénie et Chypre, selon une étude publiée en juillet 2025 par le Conseil de l’Europe.

Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières

A rebours du discours protecteur de Donald Trump à l’égard des fermiers blancs afrikaners, l’agriculture sud-africaine est particulièrement frappée par les lourdes surtaxes douanières américaines visant Pretoria.Les nuages de l’hiver austral s’amoncellent au-dessus de la vallée viticole de Robertson, à 150 kilomètres à l’est du Cap. L’horizon s’y assombrit aussi avec l’entrée en application, désormais …

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Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières

A rebours du discours protecteur de Donald Trump à l’égard des fermiers blancs afrikaners, l’agriculture sud-africaine est particulièrement frappée par les lourdes surtaxes douanières américaines visant Pretoria.Les nuages de l’hiver austral s’amoncellent au-dessus de la vallée viticole de Robertson, à 150 kilomètres à l’est du Cap. L’horizon s’y assombrit aussi avec l’entrée en application, désormais fixée au 7 août, des droits de douanes américains de 30% visant tous les produits sud-africains.Le Cap Classique, vin blanc pétillant local élaboré selon la méthode champenoise, bénéficiait auparavant d’une exemption de surtaxes par Washington grâce à la loi AGOA. Comme tant d’autres produits agricoles: agrumes, noix de macadamia ou encore avocats…Dans les vignobles nus de Graham Beck, grand nom du Cap Classique, des ouvriers agricoles enveloppés d’épaisses polaires taillent les pampres. La maison, comptant 135 employés, a anticipé l’envoi des près de 300.000 bouteilles qu’elle écoule chaque année sur le marché américain, soit presque 15% de sa production annuelle.”Il fallait gagner du temps, en envoyant aux Etats-Unis un peu plus de stock pour nous permettre de tenir toute l’année sans affecter nos prix”, raconte à l’AFP le directeur général Pieter Ferreira. “Mais je ne pense pas que ça change grand chose, car la boule de cristal est floue pour 2026.”Au total, 4% des exportations agricoles sud-africaines étaient à destination des Etats-Unis l’an passé selon la Chambre d’agriculture locale. Soit près de 600 millions de dollars d’après des chiffres de cette organisation ainsi que du fisc sud-africain.Dans un pays où 72% des terres arables appartenaient encore en 2017 à la minorité blanche, selon des chiffres gouvernementaux, ces surtaxes douanières affectent surtout les descendants des premiers colons européens. Ces Afrikaners dont Donald Trump s’est fait le défenseur auto-proclamé en accueillant une cinquantaine d’entre eux, tels des réfugiés.Le président américain a encore accusé mardi Pretoria d’avoir des “politiques très mauvaises” en affirmant que “beaucoup de gens se font tuer”, dans la droite ligne de ses allégations sur une prétendue persécution des fermiers issus de la minorité blanche, qui représente 7,3% de la population.”Les souffrances des agriculteurs ne sont pas une question raciale, comme il tente de le faire croire”, balaie Pieter Ferreira. “Il affirme que le gouvernement (sud-africain) ne s’intéresse pas au sort des fermiers, mais il leur inflige lui-même des droits de douanes de 30% sur les produits agricoles”, constate-t-il.- 100.000 emplois en jeu -D’après le gouverneur de la banque centrale sud-africaine, les taxes douanières américaines pourraient coûter au total 100.000 emplois à la première économie du continent, déjà accablée par un chômage de près de 33%.”L’impact sur l’agriculture pourrait être assez dévastateur, car ce secteur emploie beaucoup de travailleurs peu qualifiés”, a averti ce même Lesetja Kganyago, citant en particulier le secteur des agrumes.Les Etats-Unis absorbent entre 6% et 8% de ces fruits sud-africains, selon qu’il s’agisse d’oranges ou de mandarines.Mais certaines exploitations, en particulier à Citrusdal à 200 km au nord du Cap, ont beaucoup misé sur le marché américain grâce aux conditions d’exportations préférentielles permises par l’AGOA.”A l’heure actuelle, ça représente environ 25 à 30% de notre activité. Il s’agit de notre produit haut de gamme, ce qui en fait l’un de nos marchés les plus importants”, explique à l’AFP Gerrit van der Merwe, entre deux allées parsemées d’oranges dans ses 1.000 hectares de plantation.Sa famille fêtera l’an prochain les 260 ans de l’exploitation familiale à Citrusdal, incarnant ce travail de la terre au coeur du mythe fondateur des Afrikaners – boer signifie d’ailleurs “fermier” en néerlandais comme en afrikaans.- Ville morte ? -“En tant qu’entreprise bien établie, on survivra à la situation”, explique le patron de cette exploitation (ALG), qui emploie environ 2.000 personnes. “Mais quelle est la réalité? Si on réduit la voilure de 100 hectares, c’est 200 personnes qui se retrouveront sans boulot l’an prochain à Citrusdal.”Un chiffre colossal pour une modeste ville rurale comptant moins de 10.000 habitants et très affairée en cette période intensive de récolte.”Les agrumes sont la seule source de revenus. Si on n’emploie pas ces 200 personnes, qui le fera? Sans compter que cela aura des répercussions sur le supermarché, la pharmacie, les magasins de vêtements”, alerte Gerrit van der Merwe. “A quoi bon survivre en tant qu’exploitant, si notre petite ville rurale meurt?”S’il avait un message au président américain, qu’il “respecte” pour “ses efforts à ramener des industries aux Etats-Unis” tout en étant en “désaccord avec sa méthodologie”, il rappellerait que les producteurs d’agrumes sud-africains exportent un “produit hors saison”.”Donc on ne vole aucun emploi à la Californie”, plaide-t-il. “Tout ce qu’on fait, c’est proposer un produit sain à un prix très abordable.”

Nayib Bukele, le “dictateur cool” autoproclamé

Le président salvadorien Nayib Bukele, que le Parlement a autorisé jeudi à se représenter indéfiniment, jouit d’une immense popularité dans son pays autrefois parmi les dangereux du monde pour la guerre sans merci qu’il mène contre les gangs, et se présente avec ironie comme un “dictateur cool”.Une réforme constitutionnelle adoptée jeudi par le Parlement, contrôlé de façon écrasante par ses partisans, va permettre à M. Bukele, 44 ans, de briguer dès 2027 un troisième mandat, allongé à six ans au lieu de cinq, et de se représenter autant de fois qu’il le voudra par la suite.Elu une première fois en 2019, à l’âge de 37 ans, Nayib Bukele avait été reconduit en juin 2024 avec 85% des voix. La Cour suprême du Salvador, dominée par des juges proches du pouvoir, l’avait autorisé à briguer un second mandat, ce qui était en principe interdit par la Constitution.Abondamment présent sur les réseaux sociaux (7,6 millions d’abonnés sur X), cet homme aux traits fins et à la barbe soigneusement taillée, allié-clé du président américain Donald Trump, fait fi des conventions, délaissant chemise et cravate au profit de jeans, t-shirts et casquettes à l’envers.Avant de s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies en 2019, Bukele, col de chemise ouvert, avait demandé aux diplomates rassemblés de patienter pendant qu’il prenait un selfie souriant à la tribune.- Impitoyable -Goûtant peu la critique, il répond directement à ses détracteurs, usant de l’ironie lorsqu’il lui est reproché de bafouer les droits humains dans sa guerre contre les maras, les bandes criminelles qui terrorisaient le pays.Son statut sur le réseau social X a évolué de “dictateur du Salvador” à “dictateur le plus cool du monde”, puis aujourd’hui à “roi philosophe”.Malgré son goût pour la plaisanterie, Bukele sait se montrer impitoyable.Lorsque des gangs ont juré de tuer des gens au hasard en réponse à l’état d’urgence proclamé en 2022, il a simplement menacé de priver de nourriture les membres emprisonnés du Barrio 18 et du MS-13.Bukele est également têtu. Il a parié sur les cryptomonnaies, en faisant du Bitcoin la monnaie officielle du pays à côté du dollar, balayant les avertissements du FMI et de la Banque mondiale sur les risques de volatilité.Marié à Gabriela Rodriguez, psychologue et danseuse de ballet avec qui il a eu deux filles, Nayib Bukele, d’origine palestinienne, est né à San Salvador le 24 juillet 1981. A l’âge de 18 ans, il abandonne ses études de droit et rejoint l’entreprise de son père spécialisée dans le textile, les produits pharmaceutiques et la publicité.Il entre en politique en 2012 sous la bannière du parti de gauche FMLN, d’abord comme maire de Nuevo Cuscatlan, dans la banlieue de San Salvador, puis de la capitale elle-même. Exclu du FMLN en 2017, il crée rapidement son propre parti, Nuevas Ideas (“Idées nouvelles”) et gagne l’élection présidentielle de 2019 en promettant de lutter contre la corruption et l’impunité sous le slogan: “il y a de l’argent quand personne ne le vole”.Son grand fait d’armes présidentiel est l’état d’urgence imposé depuis mars 2022, qui autorise les arrestations sans mandat pour s’attaquer aux maras, et qui a fait plonger le taux d’homicides de 106 pour 100.000 habitants en 2015 à 1,9 en 2024, un niveau similaire à celui du Canada.Plus de 87.000 membres réels ou supposés des gangs ont été mis sous les verrous depuis le début de cette campagne musclée. Selon Human Rights Watch (HRW), au moins 108.000 personnes au total sont actuellement incarcérées au Salvador, soit 1,7% de la population de ce petit pays de six millions d’habitants.Le gouvernement salvadorien affirme que plus de 8.000 innocents ont été libérés, mais les défenseurs des droits humains soutiennent que des milliers d’autres croupissent encore en prison.Bukele est par ailleurs devenu un allié important de Donald Trump dans sa politique de lutte contre l’immigration illégale. Il a accueilli pendant plusieurs mois dans sa méga-prison pour membres des gangs – le Centre de confinement du terrorisme (Cecot) – 252 Vénézuéliens expulsés de façon expéditive par les Etats-Unis et qui ont ensuite pu retourner dans leur pays.Les organisations de défense des droits humains dénoncent des détentions arbitraires et des mauvais traitements dans le Cecot, où peuvent s’entasser 40.000 détenus. A quoi s’ajoute une vague de répression contre les défenseurs des droits humains et les détracteurs du pouvoir, qui a contraint des dizaines de journalistes et d’activistes humanitaires à l’exil.Ce à quoi M. Bukele avait répondu en juin: “je me fiche d’être taxé de dictateur. Je préfère être traité de dictateur que de voir des Salvadoriens se faire tuer dans les rues”.

Trump met à jour ses surtaxes, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.Certains pays d’Asie, qui redoutaient une facture plus lourde, ont accueilli malgré tout avec des oufs de soulagement vendredi ces nouveaux nouveaux droits de douane, qui s’ajouteront à ceux qui existaient avant le retour de M. Trump au pouvoir. La Maison Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non le 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour la collecte, a indiqué un responsable de la Maison Blanche à la presse.Les Bourses asiatiques ont néanmoins reculé de concert vendredi après la publication des surtaxes.Celles-ci menacent, selon les experts, de freiner les échanges, d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs et d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale.”Il n’y a pas doute: le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a réagi Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles sur les exportations américaines.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits être taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés.- Sursis pour le Mexique -Pour d’autres, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%) alors que les autorités helvétiques misaient sur les négociations.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord.Le Canada n’a pas été en mesure de coopérer afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues” entrant aux Etats-Unis, selon la Maison Blanche, qui reproche aussi à Ottawa d’avoir “pris des mesures de représailles contre les Etats-Unis”.La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques, dépendantes du marché américain, ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir que leurs exportations seront touchées par une surtaxe inférieure à ce que l’exécutif américain avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou encore du Cambodge (avec 19% également contre 49% initialement), qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.Taïwan, dont les produits seront touchés par 20% de surtaxe, a dit de son côté espérer obtenir une baisse supplémentaire après avoir été menacé d’un montant supérieur en avril (32%).Au milieu des nombreuses annonces de la journée de jeudi aux Etats-Unis, un pays a échappé aux foudres douanières de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.- Risque juridique -L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Les produits brésiliens (hors exceptions) seront frappés par 50% de surtaxe douanière à l’entrée aux Etats-Unis. Donald Trump assume d’agir en représailles contre les poursuites visant l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une Cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes sans l’approbation du Congrès. Cela concerne les droits de douane universels, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas imposés à un secteur particulier comme l’automobile ou l’acier.L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.La Maison Blanche a déjà promis de saisir la Cour suprême si la décision lui était défavorable.

Trump met à jour ses surtaxes, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.Certains pays d’Asie, qui redoutaient une facture plus lourde, ont accueilli malgré tout avec des oufs de soulagement vendredi ces nouveaux nouveaux droits de douane, qui s’ajouteront à ceux qui existaient avant le retour de M. Trump au pouvoir. La Maison Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non le 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour la collecte, a indiqué un responsable de la Maison Blanche à la presse.Les Bourses asiatiques ont néanmoins reculé de concert vendredi après la publication des surtaxes.Celles-ci menacent, selon les experts, de freiner les échanges, d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs et d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale.”Il n’y a pas doute: le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a réagi Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles sur les exportations américaines.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits être taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés.- Sursis pour le Mexique -Pour d’autres, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%) alors que les autorités helvétiques misaient sur les négociations.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord.Le Canada n’a pas été en mesure de coopérer afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues” entrant aux Etats-Unis, selon la Maison Blanche, qui reproche aussi à Ottawa d’avoir “pris des mesures de représailles contre les Etats-Unis”.La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques, dépendantes du marché américain, ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir que leurs exportations seront touchées par une surtaxe inférieure à ce que l’exécutif américain avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou encore du Cambodge (avec 19% également contre 49% initialement), qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.Taïwan, dont les produits seront touchés par 20% de surtaxe, a dit de son côté espérer obtenir une baisse supplémentaire après avoir été menacé d’un montant supérieur en avril (32%).Au milieu des nombreuses annonces de la journée de jeudi aux Etats-Unis, un pays a échappé aux foudres douanières de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.- Risque juridique -L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Les produits brésiliens (hors exceptions) seront frappés par 50% de surtaxe douanière à l’entrée aux Etats-Unis. Donald Trump assume d’agir en représailles contre les poursuites visant l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une Cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes sans l’approbation du Congrès. Cela concerne les droits de douane universels, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas imposés à un secteur particulier comme l’automobile ou l’acier.L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.La Maison Blanche a déjà promis de saisir la Cour suprême si la décision lui était défavorable.

Le Salvador prépare une réforme pour permettre la réélection indéfinie de Bukele

Le Parlement du Salvador, dominé de façon écrasante par les partisans du président Nayib Bukele, a entamé jeudi l’examen d’une réforme constitutionnelle pour abolir la limite du nombre de mandats du chef de l’Etat et lui permettre de se représenter indéfiniment.Cette réforme, examinée selon une procédure accélérée, prévoit également l’abolition du second tour de scrutin et l’allongement du mandat présidentiel de cinq à six ans.Selon le texte, le mandat actuel de M. Bukele, extrêmement populaire pour la lutte impitoyable menée contre les gangs mais critiqué par les organisations de défense des droits humains,  s’achèverait deux ans plus tôt que prévu, en 2027 au lieu de 2029. Le président pourrait alors se représenter “sans réserves”.Sur les 60 sièges que compte le Parlement, 57 sont détenus par des partisans de ce proche allié de Donald Trump, ce qui garantit le passage sans anicroches de la réforme.Au pouvoir depuis 2019, Nayib Bukele avait été réélu en juin 2024 avec 85% des voix après avoir été autorisé à briguer un second mandat — ce qui était en principe interdit par la Constitution — par la Cour suprême dominée par des juges proches du pouvoir.”C’est très simple, peuple salvadorien. Vous seuls pourrez décider jusqu’à quand vous soutiendrez votre président”, a déclaré la députée pro-Bukele Ana Figueroa, qui a présenté mercredi ce projet qu’elle a qualifié d'”historique” avec l’appui de tous les autres élus de la majorité parlementaire.”Aujourd’hui, la démocratie est morte au Salvador (…) Ils ont tombé leurs masques”, a déploré pour sa part en séance plénière la députée de l’opposition Marcela Villatoro, qui a critiqué le dépôt soudain de ce projet de réforme devant les députés alors que le pays entame une semaine de vacances d’été.”Ce sont des cyniques”, a-t-elle affirmé.Nayib Bukele, 44 ans, doit son immense popularité au Salvador à sa guerre sans merci contre les “maras”, les gangs qui terrorisaient la population, qui a réduit la violence dans le pays à un niveau historiquement bas.- Réforme express -En vertu de l’état d’exception en vigueur depuis trois ans et qui permet les arrestations sans mandat, environ 87.000 personnes accusées d’appartenir à des “maras” ont été arrêtées. Selon des ONG telles que Cristosal et Socorro Jurídico, ce chiffre comprend des milliers d’innocents, et environ 430 personnes sont mortes en prison.Le président salvadorien est par ailleurs devenu un partenaire-clé de son homologue américain Donald Trump dans sa politique de lutte contre l’immigration illégale. Il a ainsi accueilli pendant plusieurs mois dans sa méga-prison pour membres des gangs, le Centre de confinement du terrorisme (Cecot), 252 Vénézuéliens expulsés de façon expéditive par l’administration américaine et qui ont ensuite pu retourner dans leur pays.La réforme constitutionnelle intervient après une vague de répression contre les défenseurs des droits humains et les détracteurs de M. Bukele, qui a contraint des dizaines de journalistes et d’activistes humanitaires à l’exil.”Le parti de Bukele promeut une réforme constitutionnelle express afin de permettre la réélection présidentielle indéfinie. Ils suivent la même voie que le Venezuela. Cela commence par un leader qui utilise sa popularité pour concentrer le pouvoir, et cela se termine par une dictature”, a écrit Juanita Goebertus, directrice de Human Rights Watch (HRW), sur le réseau social X.”A aucun moment nous ne proposons qu’un seul président reste en fonction et qu’il n’y ait plus jamais d’élections dans ce pays. Ce n’est pas vrai”, s’est défendue pour sa part la députée du parti au pouvoir Suecy Callejas lors de la séance plénière du Parlement.”Je me fiche d’être taxé de dictateur. Je préfère être traité de dictateur que de voir des Salvadoriens se faire tuer dans les rues”, avait déclaré en juin M. Bukele lors du premier anniversaire de sa réélection.